Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 09:31

Daumier "Aspect de Paris, depuis qu'on a joué la fameuse comédie morale intitulée LA BOURSE"

Cette réunion de la dernière chance est déjà contestée sous prétexte qu'un non résultat entrainerait une dépression encore plus importante des places boursières.
Les arguments s'échafaudent comme suit :

- La Présidence Française européenne se termine en fin d'année, l
- Les élections américaines ne permettraient d'avoir un exécutif opérationnel avant cette date,
- Les états auraient des difficultés à trouver des points convergents......

autrement dit il est toujours trop tôt ou tard pour ne rien faire.
Il semble bien que ces partisans là ne veulent pas remettre en cause un système qui a fait ses preuves, serait-ce par peur, ou bien parce que les intérêts sont trop grands, donc on préfère écarter d'emblé une chance pour des pretextes soit prudent ou fallacieux, mais qui en aucun cas n'apporte de solution et va laisser dépérir le système économique et financier avec un espoir lointain d'une soit disant reprise.

Mon argument c'est justement parce qu'ils seront obligés de trouver une solution qu'ils en trouveront une parce qu'ils n'auront plus de choix. Une réunion ça se prépare. L'inaction est un luxe que nous ne pouvons nous payer.

A la suite de ces arguments d'attentisme, il est conclu qu'après avoir tourné l'action vers la collaboration entre états, les gouvernants vont devoir assumer leur responsabilité envers leurs citoyens, ce qui est d'un cynisme le plus total, car non seulement on leur suggère de  ne rien faire, mais en plus on leur demande de prendre de façe l'onde de choc sociale qui va en résulter. C'est sans  nul doute le remerciement d'avoir éponger les faramineuses dettes privées qui insuffle autant d'ingratitude, ou est-ce qu'en plus certains en souhaiteraient à voir la faillite des Etats.... 

C'est à  se poser des questions!!! NON

Les PME et PMI vont être particulièrement touchées par la récession, car c'est bien le mot a utiliser, la plupart des clients se voyants refuser l'accès à des crédits bancaires, gelés pour l'instant. Certains organismes professionnels de PME-PMI ont demandé à surveiller la gestion et la distribution des 22 milliards alloués par l'Etat pour leur secteur via les Banques.

L'Etat semble user de son droit de regard sur cette distribution, il ne fait que son travail et ce n'est pas une grâce de sa part, car il est garant de l'argent de l'équilibre de la nation puisque nous en sommes arrivés à la retribution des profits à titre individuel et à la répartition des dettes à titre collectif, sans que l'on demande plus de compte à rendre aux investisseurs, ni même sur leur sens des responsabilité dont ils sont complétement dénués.
"N'affolons pas les marchés = ne faisons pas fuir les capitaux" mais à la fin si la dette publique l'emporte sur la génération de plus en plus improbable des profits, car la bête sera morte et exangue. cela n'entraîne à terme une mondialisation des chaos, ne déchaine en tout lieux la colère et la violence, conséquences inévitables de la cupidité, la vénalité et surtout de l'incurie. Le temps de la magie financière à fait son oeuvre.


Paul Krugman propose une finalisation de la politique du New Deal de Franklin Délano Roosevelt, c'est à dire revenir à une régulation des Marchés, vous aurez les infos sur quelques objectifs politiques et économiques du New Deal sur mon site il évoque aussi le compromis Keynesien notamment pour Bretton Woods

Déclaration de Paul Krugman - Prix Nobel d'Economie - Professeur à Princeton

"Nous n'allons pas revenir à Karl Marx, mais nous allons redécouvrir des choses qu'avait découvertes (le président démocrate) Franklin Roosevelt il y a 75 ans", a ajouté l'économiste de l'université Princeton, en rappelant que "laisser les marchés se débrouiller avait été désastreux dans les années 1930, et nous a de nouveau amenés au bord du désastre".

Pour autant, M. Krugman a estimé que les Etats-Unis se dirigeaient toujours vers "une grave récession". "Cela aurait pu être bien pire, mais (le plan gouvernemental) ne nous débarrasse pas de la nécessité de quelque chose pour aider l'économie réelle", a-t-il dit en plaidant pour un "plan de relance plus vaste et amélioré".

(AWP/14 octobre 2008 16h00)

Pour ceux qui sont intéressés par l'Economie vous avez les liens suivants :

- L'économie Internationale selon Paul Krugman par Steven Coissard

- The Official Paul Krugman Web Page

autres articles :

  Stratégie - Notion d’Empire - Rapport de forces : Surface contre densitéBourses

- Neuro-économie - Ou les mécanismes cérébraux déjouent la théorie mathématique économique,


L’administration de Turgot et la Guerre des Farines (spéculation sur les blès et céréales, orges, seigle)

Programme de politique générale de Turgot présenté le 24 août 1774 : l’Impossible Réforme et quelques natures du déficit

Par Henry - Publié dans : crise 2008 -2012...
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 10:02
Chers Internau(tes),

Je me permet d'intervenir sur un sujet que je n'aurais pas eu normalement a évoquer, La liberté d'opinion.

On a eu la maladresse et la malencontreuse idée de me suggèrer que mon site était assez bien mais qu'il ne fallait qu'il tombe dans certains travers... etc....

Mauvaise idée, très mauvaise, on peut à la rigueur imposer ses directives au travail, mais dans l'ordre du Privé, je ne tolère aucune ingérance, que ce soit concernant ma famille ou ma façon de m'exprimer, de penser et d'écrire.
Je pensais qu'il suffisait de lire ces textes pour les comprendre, lire qu'après quelques siècles il n'y a pas eu de serviteurs sous aucune livrée que ce fût et donc par ce fait, il n'y en aura jamais. Que survivre au milieu d'événements historiques peut donner  une teneur, un sens et une appréciation de ce qu'est la liberté et la saveur de la démocratie et d'une manière générale pour les habitants de ma localité.

Déjà en 1942 ou étaient leurs grands parents alors que le mien créeait pour la France Libre le 1er bataillon de Chasseurs à pieds, je suppose qu'en 44 ils étaient légions à tondre les femmes....

Donc je suis désolé de signifier une bonne fois pour toute que je ne suis pas  homme de chapelles et d'orthodoxie,  nul ne viendra me dicter ma conduite, ou me souffler mes textes, c'est rêver, autant perdre ses illusions immédiatement.
Alors que ces gens là sachent définitivement, qu'au lieu de me venir me donner des leçons sur ma façon d'appréhender tel ou tel sujet, 'ils feraient mieux de songer dans la situation ou ils sont que mon aide leur serait plus qu'utile et non l'inverse.
C'est ainsi que l'on impose dans certaines officines la stupeur et les tremblements comme garants d'allégeance pour vous maintenir dans la servilité.....
Donc tout faux

Mesdames et Messieurs les souffleurs à bon entendeur Salut

Cher Internau(tes) bonsoir


Henry
Par Henry
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Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /Oct /2008 11:43


Déroulement des jours précédents le Krach de Wall Sreet le 29 septembre 1929.
A méditer!!!!!
Par Henry - Publié dans : crise 1929 - 1939
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 08:48


Ces événements illustrent la prédominance du rapport de force politique, économique et militaire, sur la discussion rationnelle que privilégiait Keynes. Une gestion rationnelle de l'économie par l'Etat doit aboutir à la réduction des inégalités entre classes qui composent la société, ainsi qu'entre les Etats, elle doit venir à bout du paupérisme et du chomage. Mais le rôle paradoxal de Bretton Wood et le poids des concessions vident graduellement le contenu et la substance de ce que Keynes tenait à préserver.

Aujourd'hui c'est notre capacité à nous unir dans les difficultés qui est mise à l'épreuve, nous verrons si nos gouvernants sont à la mesure des espoirs que leurs peuples ont porté en eux.  S'ils sont capables par la volonté et l'esprit de modifier le cours des événements, par la vision au- delà de leur intérêts s'ils s'incarnent eux mêmes dans cet espoir et cette attente. Tous nous attendons qu'ils accomplissent leur travail sans faille, leur devoir sans rechigner, il y va de notre avenir commun.

Ne doutez pas un instant que cette crise soit passagère, elle n'est que le prélude à une suite bien plus inquiétante. Il y aura un mieux,  si le blé est semé dans une terre pourrie, il ne germera pas, si la graine est mauvaise elle ne germera pas. Alors que chacun prenne la mesure du futur, sans joies, ni peines, là nu, et sachez ce qu'il vous reste à faire, non plus pour vous mais pour tous, car c'est par tous qu'est l'issue et la survie des hommes.

"Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire" -  Albert Einstein

Autrement dit on ne verra en vous que des moutons, qui si vous désirez vous faire tondre ou dévorer. Demain sera le jour des Hommes.
Par Henry - Publié dans : crise 1929 - 1939
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 08:41




Franklin Delano Roosevelt : New Deal 1933 - 1934  - Lois bancaires -  

L'Emergency Banking Relief Act  -

texte ratifié par le Congrès le 9 mars 1933 :
 Il impose la fermeture des banques insolvables dans le but de les réorganiser et renflouer avant leur réouverture. Face au risque de faillite par effet domino des banques américaines, cette loi met ainsi en place un plan de fermeture généralisée en arrêtant la course aux liquidités. Le décret du 5 mars 1933 prévoit une fermeture des banques durant quatre jours, temps durant lequel des inspecteurs fédéraux  jugeraient de leur solvabilité et à ce terme si validation de leur réouverture. Le Secrétaire au Trésor peut confisquer l'or des particuliers en échange de papier monnaie, ce dernier connaitra une dévaluation par rapport au cours de l'or.

Le Glass-Steagall Act son autre nom prévoit l'incompatibilité des métiers de Banque de dépôts et de Banque d'investisssements, il crée un système fédéral d'assurance de dépôts bancaire et introduit un plafonnement des taux d'intérêts sur ces mêmes dépôts.

Le Securities Act of 1933

Cette loi a deux objectifs principaux :

I - assurer aux investisseurs la mise à disposition d’informations financières et de toute autre information significative concernant les produits financiers (actions, obligations) faisant appel public à l’épargne, et

II - interdire la dissimulation, la déformation et toute autre fraude dans la vente de produits financiers.

Le Securities Exchange Act of 1934

Cette loi est à l’origine de la création de la SEC et lui donne toute autorité sur l’industrie financière en matière de régulation et de supervision. La New York Stock Exchange, l’American Stock Exchange et la National Association of Securities Dealers, qui gère le NASDAQ, sont sous la supervision de la SEC.

Cette loi identifie et interdit certains comportements sur les marchés et dote la SEC de pouvoirs disciplinaires sur les entités et les personnes qui y sont associées.

La loi donne également à la SEC le droit d’exiger des rapports d’information périodiques de la part des sociétés faisant appel public à l’épargne.

Par Henry - Publié dans : crise 1929 - 1939
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 06:36

Une intevention de ma part!!!!
Cette semaine du 29  septembre 2008 au 3 octobre 2008 va être à marquée d'une pierre noire en matière de finances, car les décisions prises ne seront qu'un pis-aller, elles engendreront une successions de conséquences incalculables aujourd'hui. Nous allons donc vivre un moment historique de transition que je n'aurais personnellement pas souhaité voir et dont vous aussi, certainement,  vous vous seriez bien passé.
Voir mes articles sur :
La Neuro économie, en politique intérieur le la présentation du Programme  Général de Gouvernement de Turgot  présenté le 24 août 1774 sur ce site - tout est dit - ce discours est intemporel.

Henry

Par Henry - Publié dans : crise 2008 -2012...
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Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /Sep /2008 09:49
"La Gloire est comme un cercle dans l'onde qui va toujours s'élargissant jusqu'à ce qu'à force de s'étendre, il finisse par disparaître" - William Shakespeare - Henry VI


Les empires qui s'étendent doivent se trouver face à ces deux alternatives : - la force décroissante de l'offensive ou bien la surextension. Trop concentrée ou trop dispersée une force ne peut réagir. Ainsi les empires sont amenés a se fondre dans leur conquêtes ou s'écrouler de l'intérieur.

La surface représente donc le kilométrage ne km2, les hommes, le matériel, la durée ; la densité représente  la supériorité numérique, sa rapidité et sa capacité d'action et réaction

Donc vous trouverez un exemple sur cette opposition sur le terrain militaire illustré par l'exemple de la bataille d'Hattin dans mon site. Ici c'est la densité qui utilise le terrain lié à la surface par harcèlement. par usage de la mobilité.

Les grecs anciens préféraient la densité, les romains également - Vègèce "La valeur l'emporte sur le nombre", Les armées concentrées en légions (entre autre) mobiles sont donc privilégiées par rapport aux armées de surfaces orientales. Mais la stratégie inverse est adoptées par les Wisigoths (les Germains en général)  - Alaric "Plus l'herbe était dense, plus elle était facile à tondre" On voit donc finalement s'opposer deux réflexions stratégiques qui en leur temps sont valables, mais l'une devient obsolète par rapport à l'autre selon le cas de figure et l'étendue à défendre ou a assaillir.

La surface est donc le nombre en avantage mais les pertes excessives en cas de soutient d'une position ; la densité est donc la rapidité daction mais s'use dans la durée.

La stratégie l'emporte en matière classique mais la technologie sert la tactique. Les moyens stratégiques servent à obtenir l'action et la projection de l'action et finalement le résultat par calculs.

Il y donc la stratégie indirecte qui en espace et temps permet la durée et à pour finalité l'usure en action.
ou dans le second cas, la stratégie directe qui agit dans le temps rapidement et qui dans l'espace ralentit et dilue ses forces par action fulgurante si les objectifs deviennent trop importants. Il s'agit donc de cibler l'essentiel. Stratégie d'Alexandre III de Macédoine à la Bataille de Gaugamèles, l'infériorité numérique et la tactique lui permette de cibler l'axe fondamental et de frapper par psychologie l'essence même des Perses c'est-à dire Darius.

Cependant le terrain acquis par stratégie directe par la densité tendra à se diluer dans le terrain qu'elle aura conquis. - d'ou l'illustration par la citation de Shakespeare. C'est tout le problème des empires arrivés à leur point zénithal.

D'ou le choix d'abandon des empires territoriaux pour les substituer à des empires hégémoniques, ces derniers nous projettent dans la grèce antique, avec Athènes son 'empire Panhéllènique. L'hégémonie contraint à des coûts d'influences politiques et économiques et oblige à des calculs de projections. Il use peut de force et fait en général porter le coût sur ses alliès, la limite se trouve à l'incapacité de financement par cet empire. Tout l'équilibre subtil est entre le coût et les ressources, qui de fait est fragilisé par les aléas économiques et sociaux. Les empires territoriaux comme Sparte font porter directement le poids de la gestion aux administrés et l'effet de rupture reposera sur l'Etat central.

Nous voilà donc dans l'optique oligarchique et l'optique démocratique, dont on voit la finalité dans Thucydide et la Guerre du Péloponnèse  « L'histoire est un perpétuel recommencement. »  et cet autre citation « Un homme qui ne se mêle pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile. »  c'est le prix qu'implique le choix démocratique, mais il y a aussi le choix oligarchique.L'intemporalité du texte de Thucydide démontre avec force et génie les consèquences implacables qui font qu'une démocratie s'écroule et que le temps de la guerre qui se profile puis éclate devient la source de tous les maux et le déchainemement de toutes les violences. Le grand siècle de Périclès périclite et les idéaux humains sont foulés aux pieds, notamment dans l'affaire de Corcyre, qui non seulement devient un affrontement entre Athènes et Corinthe, mais est l'enjeu de manipulation des groupes corcyréens démocrates pro Athénienset oligarques pro Péloponnèsiens (Sparte), ceci conduit à une terrible guerre civile et d'effroyables massacres.

Cependant éviter le piège de la surextension n'est pas éviter le déclin.
Par Henry - Publié dans : sciences
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 09:42




Ammien Marcellin - Histoire de Rome (Res gestae) - Livre XXXI - Chapitre 4 :


"Toute la race des Goths-Tervinges se montra donc, sous la conduite d'Alaviv, sur la rive gauche du Danube, et de là envoya une députation à Valens, sollicitant humblement son admission sur l'autre bord, avec promesse d'y vivre paisiblement, et de lui servir au besoin d'auxiliaire. 
Déjà la renommée avait fait pénétrer à l'intérieur cette effrayante nouvelle, que des convulsions insolites se manifestaient chez les peuples du Nord; que tout l'espace qui s'étend du pays des Marcomans et des Quades jusqu'aux plages du Pont-Euxin était inondé de populations barbares qui, poussées par d'autres nations, jusqu'alors inconnues, hors de leurs territoires, couvraient de leur foule vagabonde toute la rive du Danube. 
D'abord on n'accorda chez nous que peu d'attention à ces rumeurs, par la raison que nous ne recevons d'ordinaire avis de ces guerres lointaines que lorsqu'elles sont terminées ou assoupies. 
Le bruit ne laissait pas cependant de s'accréditer, et reçut bientôt une pleine confirmation par l'arrivée de l'ambassade barbare, qui venait avec instance implorer, au nom des peuples expulsés, leur admission en deçà du fleuve. La première impression de cette ouverture fut plutôt de satisfaction que d'alarme. Les courtisans employèrent toutes les formes d'adulation pour exalter le bonheur du prince, à qui la fortune amenait à l'improviste des recrues des extrémités de la terre. L'incorporation de ces étrangers dans notre armée allait la rendre invincible; et, converti en argent, le tribut que les provinces devaient en soldats viendrait accroître indéfiniment les ressources du trésor. 
On dépêche donc sans délai de nombreux agents, chargés de procurer des moyens de transport à tous ces hôtes redoutables. On veilla soigneusement à ce qu'aucun des destructeurs futurs de l'empire, fût-il atteint de maladie mortelle, ne restât sur l'autre bord. Jour et nuit, en vertu de la permission impériale, les Goths, entassés sur des barques, des radeaux et des troncs d'arbres creusés, étaient transportés au-delà du Danube, pour prendre possession d'un territoire en Thrace. Mais la presse était si grande, que plus d'un fut englouti par les vagues, et se noya en essayant de passer à la nage ce fleuve dangereux, dont une crue récente augmentait encore en ce moment la rapidité ordinaire. 
Et tout cet empressement, tout ce labeur, pour aboutir à la ruine du monde romain! Il est constant que les officiers chargés de cette fatale mission tentèrent, à plusieurs reprises, le recensement de la masse d'individus dont ils opéraient le passage, et que finalement ils durent y renoncer. Autant il eût valu (comme dit un poète admirable) vouloir nombrer les grains de sable soulevés par le vent sur les plages de la Libye. 
Réveillez-vous, vieux souvenirs des immenses soulèvements armés de la Perse contre la Grèce; de l'Hellespont franchi; de l'Athos ouvrant à la mer un passage artificiel; de ces innombrables escadrons passés en revue dans la plaine du Dorisque! tous faits que les âges suivants ont traités de fables, 
Mais dont l'antique témoignage est confirmé par nos propres yeux, qui ont vu cette inondation de peuples étrangers se répandre dans nos provinces, couvrir au loin nos campagnes, et envahir jusqu'à la cime des monts les plus élevés. Alaviv et Fritigern furent transportés les premiers. L'empereur leur fit distribuer des vivres pour quelque temps, et leur assigna des terres à cultiver. 
Nos barrières s'étaient ouvertes devant cette émigration armée. Le sol barbare avait vomi, comme la lave de l'Etna, ses enfants sur notre territoire. Une crise aussi menaçante exigeait du moins que la force militaire da pays fût confiée aux mains reconnues les plus fermes et les plus expérimentées; et cependant, comme si quelque divinité ennemie eût dicté les choix, elle ne comptait alors à sa tête que les noms les plus mal notés. En première ligne se présentaient Lupicin, comte de Thrace, et Maxime, commandant malencontreux, tous deux imprudents et brouillons à l'envi l'un de l'autre.
L'ignoble cupidité de ces hommes fut le principe de toutes les calamités qui suivirent. Sans rapporter toutes les malversations qu'ils commirent ou tolérèrent, touchant l'entretien de ces étrangers jusqu'alors inoffensifs, citons un fait dégoûtant et inouï, que condamneraient à coup sûr les coupables eux-mêmes s'ils étaient constitués juges dans leur propre cause.
La disette qui accablait les émigrés suggéra l'idée à ces deux misérables de la plus infâme des spéculations. Ils firent ramasser autant de chiens qu'on put en trouver, et les vendaient aux pauvres affamés, au prix d'un esclave la pièce. Des chefs en furent réduits à livrer ainsi leurs propres enfants.
Dans le même temps, Vitheric, roi des Greuthunges, arrivé sur les bords de l'Hister avec ses trois conseillers Alathée, Safrax et Farnobe, qui le dirigeaient en tout, s'empressait de solliciter par ambassade la même concession de l'humanité de Valens.
(Cette fois, l'intérêt de l'État dicta un refus, qui jeta les pétitionnaires dans la dernière perplexité. Athanaric, appréhendant la même réponse, préféra s'abstenir. Il se rappelait quelle obstination hautaine il avait montrée à l'égard de Valens lorsqu'il négociait avec lui de la paix, prétendant s'être interdit par serment de mettre le pied sur le territoire romain, et, par là, contraignant l'empereur à venir ratifier le traité au milieu des eaux du fleuve. Athanaric supposa que la rancune durait encore, et il conduisit tout son monde à Caucalanda, canton défendu par une ceinture d'épaisses forêts et de hautes montagnes, et dont il expulsa les Sarmates, qui l'occupaient."


Ammien Marcellin - Histoire de Rome (Res gestae) - Livre XXXI - Chapitre 5 :


"Cependant les Tervinges, bien qu'ils eussent obtenu le passage du fleuve, n'en restaient pas moins errants sur ses bords, où les retenait le manque de vivres. C'était l'effet des manoeuvres employées par les officiers de l'empereur pour favoriser les abominables transactions dont nous avons parlé.
Les émigrants n'en furent pas dupes; déjà ils menaçaient tout bas d'en appeler aux armes, des perfides procédés dont ils étaient victimes. Lupicin, craignant une révolte, employa toutes les forces dont il disposait pour les contraindre à prendre plus vite la route.
Cette diversion de nos troupes n'échappa point aux Greuthunges, qui, ne voyant plus de barques armées croiser sur le fleuve pour empêcher leur passage, profitèrent de l'occasion, le franchirent à la hâte sur des radeaux à peine joints, et allèrent placer leur camp sur un point très éloigné de celui de Fritigern.
Ce chef, dont la prévoyance naturelle devinait ce qui allait arriver, tout en obtempérant à l'ordre de l'empereur, mettait dans sa marche une lenteur calculée. C'était pour se ménager un puissant renfort, en laissant aux nouveaux venus le temps de le joindre. Il n'arriva donc qu'assez tard à Marcianopolis. Là se passa une scène de telle nature, qu'elle détermina une rupture ouverte.
Lupicin avait invité Fritigern et Alaviv à un festin; mais un cordon de troupes placé sur les remparts interdisait par son ordre, à tout leur monde, l'entrée de la ville; et ce fut vainement que les barbares, protestant de leur soumission et des intentions les plus pacifiques, implorèrent la grâce d'y acheter des vivres. Insensiblement les esprits s'échauffèrent de part et d'autre; on en vint aux coups. Les émigrants, outrés de cette exclusion, ulcérés déjà de s'être vu ravir leur progéniture, massacrèrent un poste, et s'emparèrent de ses armes.
On donna secrètement avis de ce qui se passait à Lupicin, qui, abruti par les excès d'une orgie prolongée, s'endormait au bruit des instruments. Appréhendant l'issue de ce démêlé, il fit faire main basse sur la garde d'honneur que les deux chefs avaient conservée autour de leur personne; exécution dont la triste nouvelle se répandit bientôt hors des murs, et mit le comble à l'exaspération de la multitude, qui, croyant ses chefs prisonniers, menaçait d'en tirer une terrible vengeance. Fritigern, esprit prompt et décidé, craignant d'être retenu comme otage, s'écria que le seul moyen de prévenir une plus grave collision, était de le laisser sortir lui et les siens; se faisant fort de calmer, par sa présence au milieu de ses compatriotes, une irritation qui n'avait pour cause de leur part que la supposition d'un guet-opens, et la croyance que leurs chefs en étaient les victimes. La proposition fut acceptée; on les laissa rejoindre leur monde, qui les accueillit avec transport. Tous deux alors, sautant sur leurs chevaux, s'éloignèrent à toute bride, bien résolus de tenter le sort des armes.
La renommée, qui publia ces détails en les envenimant, enflamma d'une ardeur guerrière toute la nation des Tervinges. L'étendard des Goths se déploie; leur cor fait entendre ses lugubres accents; des bandes armées parcourent les campagnes, et, par le ravage des moissons, le pillage et l'incendie des fermes, préludent aux calamités qui bientôt vont se développer sur une plus grande échelle.
Lupicin ramassa précipitamment quelques troupes, et, sans plan arrêté, marcha contre l'ennemi, dont il attendit la rencontre à neuf milles de la cité. Les barbares, qui voient à qui ils ont affaire, tombent tout à coup sur nos bataillons, heurtant du corps les boucliers, et perçant les hommes de leurs lances. Leur choc fut si terrible, que, tribuns et soldats, presque tout y périt. Ce corps y perdit ses enseignes, mais non son général, qui ne revint à lui-même que pour fuir pendant que l'on se battait, et qui regagna la ville à toute bride. Après ce premier succès, les ennemis, couverts d'armes romaines, se répandirent de tous côtés, ne trouvant plus d'opposition nulle part.
Arrivé à cette période de ma narration partant de phases diverses, je crois devoir (en supposant que ce livre soit lu) prier mes lecteurs de n'exiger de mol ni le détail précis des faits ni le chiffre exact des pertes. Ce serait demander l'impossible. Il faut qu'on se contente de notions approximatives, exemptes seulement de toute altération volontaire du vrai, et empreintes de cette conscience qui est le premier devoir de l'historien.
Jamais pareilles calamités n'affligèrent la république, disent ceux qui n'ont pas lu nos vieilles annales. C'est une erreur, née du sentiment trop vif des maux présents: un coup d'oeil jeté sur l'histoire des temps anciens, ou même du siècle qui s'écoule, démontrerait facilement que des événements de même nature, et aussi graves, n'ont eu que trop d'exemples.
L'Italie ne s'est elle pas vue subitement inondée de Cimbres et de Teutons, hôtes des plages les plus reculées? mais, après des maux infinis causés par eux à la république, la défaite de leurs armées, et la presque destruction de leur race par des généraux habiles, leur ont montré, à leurs dépens, ce que peut le courage réglé par la discipline.
Sous le règne de Marc Aurèle, un mélange incohérent de nations conjurées.
Mais, après une courte période, de calamités et de souffrances, l'ordre et le calme sont revenus, grâce à la rigide simplicité des moeurs de nos ancêtres, chez qui la mollesse, le luxe de table, et la passion effrénée du gain, n'avaient pas tout envahi; grâce à ce patriotisme ardent qui régnait alors dans toutes les classes, et faisait envisager à chacun, comme le port le plus désirable, une mort glorieuse en combattant pour le pays.
Des hordes de Scythes franchirent autrefois, sur deux mille vaisseaux, le Bosphore et la Propontide. Mais cette multitude armée, après avoir répandu la destruction sur ces mers et sur leurs rivages, revint sur ses pas, diminuée de plus de la moitié de son nombre.
Les deux Dèces, père et fils, trouvèrent la mort en combattant contre les barbares. Toutes les villes de Pamphylie ont souffert les horreurs d'un siège; nombre d'îles ont été ravagées, et l'incendie s'est promené sur la Macédoine entière. Thessalonique et Cyzique se virent bloquées par des myriades d'ennemis; Anchialos fut prise, et le même sort échut à Nicopolis, élevée par Trajan, en souvenir de ses victoires contre les Daces.
Philippopolis, après les alternatives d'une longue et sanglante défense, fut détruite de fond en comble; et cent mille hommes (si l'histoire dit vrai) sont ensevelis sous ses ruines. L'Épire, la Thessalie, toute la Grèce enfin a subi l'invasion étrangère. Mais, devenu empereur de général illustre, Claude commença et, après sa mort glorieuse, le terrible Aurélien consomma, la délivrance de ces provinces. Des siècles s'écoulèrent depuis sans qu'on entendît parler de barbares, si ce n'est à propos de brigandages essayés par eux sur les terres voisines, et toujours sévèrement réprimés."


Liens complémentaires :

- Rudolf Fellmann Professeur émérite d'archéologie des provinces romaines à l'université de Berne

- TACITE -Origine et territoire des Germains, dit "La Germanie" (I-IV) Traduction nouvelle avec notes de Danielle De Clercq

Par Henry - Publié dans : Histoire générale/Politique/Religion
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /Sep /2008 15:34



Jordanès "Histoire des Goths" :

Texte original expliquant les raisons par lesquelles les peuples goths furent contraints à demander d'intégrer l'Empire en délégation auprès de l'Empereur Valens frère de l'Empereur Valentinien Ier. Après négociations ci-dessous énumérées ils obtinrent de s'installer en Dacie Ripuaire,  Moesie et  Thrace.

CHAPITRE XXIV.

Or, peu de temps après, au rapport d'Orose, les Huns, la plus féroce de toutes les nations barbares, éclatèrent contre les Goths. Si l'on consulte l'antiquité, voici ce qu'on apprend sur leur origine: Filimer, fils de Gandaric le Grand, et roi des Goths, le cinquième de ceux qui les avaient gouvernés depuis leur sortie de file Scanzia, étant entré sur les terres de la Scythie à la tête de sa nation, comme nous l'avons dit, trouva parmi son peuple certaines sorcières que, dans la langue de ses pères, il appelle lui-même Aliorumnes. La défiance qu'elles lui inspiraient les lui fit chasser du milieu des siens; et, les ayant poursuivies loin de son armée, il les refoula dans une terre solitaire. Les esprits immondes qui vaguaient par le désert les ayant vues, s'accouplèrent à elles, se mêlant à leurs embrassements, et donnèrent le jour à cette race, la plus farouche de toutes. Elle se tint d'abord parmi les marais, rabougrie, noire, chétive : à peine appartenait-elle à l'espêce humaine, à peine sa langue ressemblait-elle à la langue des hommes. Telle était l'origine de ces Huns, qui arrivèrent sur les frontières des Goths. Leur féroce nation, comme l'historien Priscus le rapporte, demeura d'abord sur le rivage ultérieur du Palus-Méotide, faisant son unique occupation de la chasse, jusqu'à ce que, s'étant multipliée, elle portât le trouble chez les peuples voisins par ses fraudes et ses rapines. Des chasseurs d'entre les Huns étant, selon leur coutume, en quête du gibier sur le rivage ultérieur du Palus-Méotide, virent tout à coup une biche se présenter devant eux. Elle entra dans le marais, et, tantôt s'avançant, tantôt s'arrêtant, elle semblait leur indiquer un chemin. Les chasseurs la suivirent, et traversèrent à pied le Palus-Méotide, qu'ils imaginaient aussi peu guéable que la mer; et puis quand la terre de Scythie, qu'ils ignoraient, leur apparut, soudain la biche disparut. Ces esprits dont les Huns sont descendus machinèrent cela, je crois, en haine des Scythes. Les Huns, qui ne se doutaient nullement qu'il y eût un autre monde au delà du Palus-Méotide, furent saisis d'étonnement à la vue de la terre de Scythie ; et comme ils ont de la sagacité, il leur sembla voir une protection surnaturelle dans la révélation de ce chemin que peut-être personne n'avait connu jusqu'alors. Ils retournent auprès des leurs, racontent ce qui s'est passé, vantent la Scythie, tant qu'enfin ils persuadent leur nation de les suivre, et se mettent en marche tous ensemble vers ces contrées, par le chemin que la biche leur a montré. Tous les Scythes qui tombêrent dans leurs mains dès leur arrivée, ils les immolèrent à la victoire; le reste fut vaincu et subjugué. A peine en effet eurent-ils passé cet immense marais, qu'ils entraînèrent comme un tourbillon les Alipzures, les Alcidzures, les Itamares, les Tuncasses et les Boïsques, qui demeuraient sur cette côte de la Scythie. Ils soumirent également par des attaques réitérées les Alains, leurs égaux dans les combats, mais ayant plus de douceur dans les traits et dans la manière de vivre. Aussi bien ceux-là même qui peut-être auraient pu résister à leurs armes ne pouvaient soutenir la vue de leurs effroyables visages, et s'enfuyaient à leur aspect, saisis d'une mortelle épouvante. En effet, leur teint est d'une horrible noirceur; leur face est plutôt, si l'on peut parler ainsi, une masse informe de chair, qu'un visage; et ils ont moins des yeux que des trous. Leur assurance et leur courage se trahissent dans leur terrible regard. Ils exercent leur cruauté jusque sur leurs enfants dès le premier jour de leur naissance; car à l'aide du fer ils taillent les joues des mâles, afin qu'avant de sucer le lait ils soient forcés de s'accoutumer aux blessures. Aussi vieillissent-ils sans barbe aprês une adolescence sans beauté, parce que les cicatrices que le fer laisse sur leur visage y étouffent le poil à l'âge où il sied si bien. Ils sont petits, mais déliés; libres dans leurs mouvements, et pleins d'agilité pour monter à cheval; les épaules larges; toujours armés de l'arc et prêts à lancer la flèche; le port assuré, la tête toujours dressée d'orgueil; sous la figure de l'homme, ils vivent avec la cruauté des bêtes féroces. Les mouvements rapides des Huns, leurs brigandages sur un grand nombre de peuples dont le bruit venait jusqu'à eux, jetèrent les Goths dans la consternation, et ils tinrent conseil avec leur roi sur ce qu'il fallait faire pour se mettre à couvert d'un si terrible ennemi. Ermanaric lui-même, malgré ses nombreux triomphes dont nous avons parlé plus haut, ne laissait pas d'être préoccupé de l'approche des Huns, quand il se vit trahi par la perfide nation des Roxolans, l'une de celles qui reconnaissaient son autorité. Voici à quelle occasion : Le mari d'une femme nommée Sanielh et de cette nation, l'ayant perfidement abandonné, le roi, transporté de fureur, commanda qu'on attachât cette femme à des chevaux sauvages, dont on excita encore la fougue, et qui la mirent en lambeaux. Mais ses frères, Ammius et Sarus, pour venger la mort de leur soeur, frappèrent de leur glaive Ermanaric au côté; et depuis cette blessure celui-ci ne fit plus que traîner dans un corps débile une vie languissante. Profitant de sa mauvaise santé, Balamir, roi des Huns, attaqua les Ostrogoths, qui dès lors furent abandonnés par les Visigoths , avec lesquels ils étaient unis depuis longtemps. Au milieu de ces événements, Ermanaric, accablé tant par les souffrances de sa blessure que par le chagrin de voir les courses des Huns, mourut fort vieux et rassasié de jours, à la cent dixième année de sa vie; et sa mort fournit aux Huns l'occasion de l'emporter sur ceux d'entre les Goths qui demeuraient, comme nous l'avons dit, du côté de l'orient, et qui portaient le nom d'Ostrogoths.

CHAPITRE XXV.

Les Visigoths, c'est-à-dire ceux d'entre les Goths qui demeuraient à l'occident, étaient, à cause des Huns, dans les mêmes alarmes que leurs frères, et ne savaient à quoi se résoudre. A la fin, après s'être longtemps consultés, ils tombèrent d'accord d'envoyer une députation en Romanie auprès de l'empereur Valens, frère de l'empereur Valentinien Ier, pour lui demander de leur céder une partie de la Thrace ou de la Moesie pour s'y établir. Ils s'engageaient en retour a vivre sous ses lois et à se soumettre à sou autorité; et, afin de lui inspirer plus de confiance, ils promettaient de se faire chrétiens, pourvu qu'il leur envoyât des prêtres qui parlassent leur langue. Valens leur accorda aussitôt avec joie une demande qu'il eût voulu leur adresser le premier. Il reçut les Goths.dans la Moesie, et les établit dans cette province comme le rempart de l'empire contre les attaques des autres nations. Et comme en ce temps-là cet empereur, infecté des erreurs perfides des ariens, avait fait fermer toutes les églises de notre croyance, il envoya vers eux des prédicateurs de sa secte, qui d'abord versèrent le venin de leur hérésie dans l'âme de ces nouveaux venus incultes et ignorants. C'est ainsi que, par les soins de l'empereur Valens, les Visigoths devinrent non pas chrétiens, mais ariens. Ceux-ci à leur tour annoncèrent l'Évangile tant aux Ostrogoths qu'aux Gépides, auxquels les unissaient les liens du sang et de l'amitié; ils leur transmirent leurs croyances hérétiques, et attirèrent de toutes parts aux pratiques de cette secte tous les peuples qui parlaient leur langue. En même temps ils passèrent le Danube, comme il a été dit, et s'établirent, avec le consentement de l'empereur, dans la Dacie Ripuaire, la Moesie et la Thrace.

CHAPITRE XXVI.

Il leur arriva ce qui d'ordinaire arrive à toute nation encore mal établie dans un pays : ils eurent la famine. Alors Fridigerne, Alathéus et Safrach , les plus considérables d'entre eux et leurs chefs, qui les gouvernaient à défaut de rois, prenant en pitié la disette de l'armée, supplièrent les généraux romains, Lupicinus et Maximus, de leur vendre des vivres. Mais à quels excès la soif impie de l'or ne porte-t-elle pas! Poussés par la cupidité, ceux-ci se mirent à leur vendre non seulement de la viande de brebis et de boeuf, mais encore de la chair de chien et d'animaux dégoûtants morts de maladie, et si chèrement, qu'ils exigeaient un esclave pour une livre de pain, dix livres pour un peu de viande. Bientôt les esclaves manquèrent, et les meubles aussi : alors ces sordides marchands, ne pouvant plus rien leur ôter, en vinrent jusqu'à leur de-mander leurs enfants; et les pères se résignèrent à les livrer, aimant mieux, dans leur sollicitude pour ces gages si chers, leur voir perdre la liberté que la vie. N'y a-t-il pas en effet plus d'humanité à vendre un homme pour lui assurer sa nourriture, qu'à le laisser mourir de faim pour le sauver de l'esclavage? Or il arriva, dans ce temps d'affliction, que Lupicinus, le général des Romains, invita Fridigerne, régule des Goths, à un festin : c'était un piège qu'il lui tendait, comme la suite le prouva. Fridigerne, sans défiance, vint au banquet avec une suite peu nombreuse; et voilà qu'étant à table dans l'intérieur du prétoire, il entendait les cris des malheureux qui mouraient de faim. Puis il s'aperçut qu'on avait renfermé ceux qui l'accompagnaient dans un lieu séparé, et que des soldats romains, par ordre de leur général, s'efforçaient de les massacrer. Les cris pénibles des mourants tonnaient à ses oreilles, et le remplissaient de soupçons. Tout à coup, ne pouvant plus douter des embûches qu'on lui tend, Fridigerne tire son glaive au milieu du festin; il sort précipitamment, non sans courir un grand danger, délivre les siens d'une mort certaine, et les excite à exterminer les Romains. Voyant s'offrir une occasion qu'ils appelaient de leurs voeux, ces vaillants hommes aimèrent mieux s'exposer à périr en combattant que par la famine, et prirent aussitôt les armes pour immoler les généraux Lupicinus et Maximus. Ce jour-là mit lin à la disette des Goths et à la sécurité des Romains. Les Goths commencèrent dès lors à ne plus être des étrangers et des fugitifs, mais des citoyens, et les maîtres absolus des possesseurs des terres; et ils tinrent sous leur autorité toutes les provinces septentrionales jusqu'au Danube. L'empereur Valens en apprit la nouvelle à Antioche, et aussitôt il fit prendre les armes à son armée, et se dirigea sur la Thrace. II y livra une bataille qui lui fut fatale, car les Goths le vainquirent. Blessé lui-même et fugitif, il se réfugia dans une ferme auprès d'Hadrianopolis. Les Goths, ne sachant point que cette chétive masure recelât l'empereur, y mirent le feu, qui, redoublant de violence, comme il arrive, le consuma dans sa pompe royale. Ainsi s'accomplit le jugement de Dieu, qui voulut qu'il fût brûlé par ceux qu'il avait égarés vers l'hérésie, quand ils lui demandaient d'être instruits dans la vraie foi, et qu'il avait détournés du feu de la charité pour les vouer aux flammes de l'enfer. Après cette victoire si glorieuse pour eux, les Goths, devenus maîtres de la Thrace et de la Dacie Ripuaire, s'y établirent, comme si ces contrées leur eussent tou jours appartenu.

CHAPITRE XXVII.

Cependant l'empereur Gratien choisit pour succéder à Valens son oncle Théodose, qu'il rappela d'Espagne et mit à la tête de l'empire d'O-rient. Bientôt la discipline militaire fut remise en vigueur; et les Goths, voyant bannies la mollesse et la négligence des anciens princes, eurent une grande crainte. Le nouvel empereur, pour relever le courage de l'armée, tempérait la sévérité du commandement par sa libéralité et sa douceur. Doué d'ailleurs d'un génie plein d'activité, il se faisait remarquer par sa bravoure autant que par sa prudence. Dès que I'avénement d'un prince plus digne de commander eut rendu la confiance aux troupes, elles s'enhardirent à attaquer les Goths, et les chassèrent de la Thrace; mais Théodose étant tombé si dangereusement malade qu'on désespérait presque de ses jours, les Goths reprirent de nouveau courage. Ils divisèrent leur armée : Fridigerne alla ravager la Thessalie, l'Épire et l'Achaïe, tandis qu'Alathéus et Safrach gagnaient la Pannonie avec le reste des troupes. L'empereur Gratien avait quitté Rome pour passer dans les Gaules à cause de l'irruption des Wandales, quand il apprit cette nouvelle. Voyant que, tandis que Théodose succombait sans espoir à une maladie fatale, les Goths étendaient leurs ravages, il rassembla une armée, et marcha aussitôt contre eux; mais ne se fiant point en ses forces, il aima mieux les réduire par des avances et des présents; et leur ayant accordé la paix et des vivres, il conclut avec eux un traité. PIus tard, quand l'empereur Théodose se rétablit, et qu'il eut connaissance des conventions que Gratien avait conclues entre les Goths et les Romains, cette alliance, que lui-même avait désirée, le combla de joie et il se tint au traité de paix.

Par Henry - Publié dans : Histoire générale/Politique/Religion
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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /Sep /2008 14:29


Une citation d'une déclaration des Corinthiens à l'encontre de ses alliés Péloponnésiens dont Sparte entre autre "Il serait impardonnable que la richesse vous fit perdre les avantages que la pauvreté vous avait fait acquérir" 
 
les armées romaines recrutaient dans le fond extérieur à l'empire, l'armée se compte sous ce chiffre approximatif soit 350 000 soldats représentent 0,85% de la population libre et entre 3 et 4% des citoyens, tablons cela à la population européenne et voyons le différentiel. on est très largement au dessous du compte, sans compter que c'est également une armée de métier.
C'est sous Hadrien que les numéri sont adoptés pour pallier au déficit ( unités militaires) sous commandement indigène, avec conservation de leur culte et langue.
outre les légions les pérégrins des auxiliaires obtiennent la citoyenneté romaine au bout de 25 ans de service.
On est à peu près au maximum de l'expansion sous Marc Aurèle. Cela exige donc un effort constant de l'empire pour protéger ses frontières d'ou la locution latine "Si vis para bellum".- si tu veux la paix prépare la guerre.

En outre on peut constater comme durant le conflit des guerres du Péloponnése qui se déroula entre les alliés de Sparte et Athènes et sa confédération panhéllénique (de - 431 à - 404 av J.C.) que c'est la richesse économique qui prima.
Au final, si Athènes détenait la puissance et le controle maritime, ainsi que des fonds considérables pour construire sa flotte, elle ne pouvait se mesurer a Sparte et ses alliés sur terre, l'éternisation du conflit va éprouver très sensiblement l'économie des deux belligérants, Sparte ne vaincra qu'avec l'aide des fonds Perses. Thucydide le souligne justement. La guerre entre héllénes est un désastre qui anéantit à jamais tout espoir de visée expansionniste sur l'Italie, la Sicile par exemple, le sort en eut été autre si les occasions de négocier habilement la paix et l'union entre les peuples héllénes.

On peut considérer également, mais sans regret aucun le financement de la guerre d'Indépendance des Etats Unis d'Amérique par Louis XVI à un moment ou la fragilité économique française est a son zénith. Si cette guerre est une véritable projection stratégique qui contre l'impérium anglais et conforte ainsi les positions Françaises sur le plan international, elle n'en demeure pas moins une position suicidaire du point de vue économique, son financement accroit considérablement le déficit national et de ce fait met terme au régime pluriséculaire qui gouverne au destinée de la Nation. Cette action compromet les avancées sociales telle que l'Edit de Versailles (abrogeant dans les grandes lignes la Révocation de l'Edit de Nantes) qui réunit a nouveau les Français.

On peut également s'accorder sur le point des erreurs stratégiques telles que la Ligne Maginot, et les l'abandon du renouvellement du matériel militaire avant la seconde guerre mondiale alors que les Etats extérieurs continuaient a augmenter leur budget aux armées, utilisant toutes les avancées technologiques. Au final il est donc question d'apprécier un sujet sous un biais uniquement et exclusivement pragmatique ou la démagogie ou le jeu inconsidéré des alliances peut anéantir ou hypothéquer toute issue à venir. Il ne s'agit  pas évidemment de faire l'apologie de Mars mais de considérer la fin en toutes choses.

Si nous devions assister à ce jeu inconsidéré et inconséquent du positionnement des blocs, la Nation dans son ensemble devra assumer les choix de quelques uns étant donné qu'il ne sera plus proposé sur le plan de la politique international d'alternative qu'au conflit, la voie de temporisation qui a été privilégiée par nos prédécesseurs dans une vision juste et équilibrée dans un premier temps par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer à l'encontre des visées bellicistes de la guerre froide sera purement et simplement effacée. La voix de la France ne sera plus celle de l'issue salvatrice de la paix mais celle de la déchéance de l'espoir qu'elle a été et est capable d'incarner pour les hommes de bonne volonté, qui seuls sont capables de faire passer l'intérêt de leur peuples avant celui des priorités fallacieuses et démagogiques capables d'entrainer des conflits dont chacun connait l'issue.

Alcibiade (stratége grec) meurt assassiné en Phrygie sous l'instigation de Lysandre (Sparte) en 404, le grand Périclès meurt en - 429 d'une épidémie de Peste a Athènes. Toute l'aristocratie athénienne succombe en majeure partie au combat, la population civile est anéantie par les deux pestes d'Athènes.

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Henry

Par Henry - Publié dans : Histoire générale/Crises politiques et économiques
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