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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 19:06

Les promesses d’Olivier Véran de ne plus réduire le nombre de lits d’hôpital se font attendre. Certaines suppressions sont toujours programmées. Avec les risques de troisième vague, l’hôpital public pourrait se retrouver de nouveau submergé. L’économiste Philippe Murer revient pour Sputnik sur cette «catastrophe comptable de réduction des coûts».

 
Épinglé sur Humour
«On aurait pu espérer que ça se calme» avec «les erreurs» de la crise sanitaire, «mais non!», s’étrangle l’économiste Philippe Murer.

Car malgré l’engagement du gouvernement, qui promettait en décembre 2020 une sortie du «dogme de la réduction des lits», la logique de «rentabilité» et d’efficience semble perdurer au sein de l’hôpital public, en dépit de la menace constante de saturation.

 

11.093 nouvelles hospitalisations (avec 1.811 en réanimation) ont d’ailleurs été enregistrées sur les sept derniers jours. Ainsi Les Échos évoquaient-ils le 21 janvier le projet de fusion des hôpitaux Beaujon (Clichy) et Bichat (Paris), toujours en cours. Le futur hôpital Grand Paris-Nord, qui s’installera à Saint-Ouen d’ici 2028, devrait faire disparaître plus de 300 lits. De quoi faire bondir les soignants épuisés depuis le début de la crise sanitaire.

Des suppressions de lits sur tout le territoire

Le virage à 360 degrés annoncé par Olivier Véran faisait suite à la polémique ouverte au mois d’avril 2020 par le directeur de l’Agence régionale de santé du Grand-Est. Alors que la région était frappée de plein fouet par la première vague, ce dernier déclarait ne pas voir «de raison de remettre en cause» le plan de réorganisation de l’hôpital de Nancy. Celui-ci prévoyait la suppression de 174 lits et de 598 postes. Quelques jours plus tard, le haut fonctionnaire était limogé. Olivier Véran redressait la barre et promettait la suspension de «tous les plans de réorganisation».

© AFP 2020 BERTRAND GUAY
Olivier Véran

Depuis, les promesses n’ont pas vraiment été tenues. À Nantes, Marseille ou Nancy, les projets en cours, déjà amorcés par les fameux plans Copermo, n’ont visiblement pas été entravés par la pandémie. Le mois dernier, Le Monde publiait un long article pour évoquer «l’inquiétude» des soignants et des syndicats devant la poursuite de ces restructurations d’hôpitaux.

«Il y a eu une suppression de lits de réanimation incroyable entre le début de la crise du Covid en mars 2020 et aujourd’hui, ajoute l’économiste Philippe Murer au micro de Sputnik. C’est vraiment catastrophique, alors qu’on a besoin de lits pour soigner les gens du Covid et […] ne pas détruire notre économie.»

Et l’économiste de rappeler l’information diffusée au mois d’octobre 2020 par Le Canard enchaîné, mentionnée récemment par l’économiste Gaël Giraud sur son compte Twitter. Le journal satirique avait révélé que le nombre de lits de réa en Île-de-France avait chuté depuis mars 2020, de 2.500 places –«très difficilement atteintes» soulignait le palmipède– à 1.700, soit une baisse de 30%.

Réduire les coûts par l’ambulatoire

Selon Le Monde, si le ministère de la Santé est revenu de son «pur objectif financier d’économies», le voici toutefois qui opte pour une approche «projet par projet». Entendre par là que si des suppressions de lits sont toujours pertinentes, elles seront maintenues. L’option «ambulatoire» sera ainsi privilégiée quand elle le pourra. Cette prise en charge par l’hôpital sans hospitalisation justifie une diminution du nombre de lits disponibles et donc… une réduction des coûts. Un modèle critiqué par les soignants et profondément mis à mal par la surcharge des hôpitaux au moment de l’épidémie, comme à chaque grippe hivernale, d’ailleurs.

​Philippe Murer rappelle également une autre information, diffusée cette fois-ci par le collectif Inter-Urgences, association composée d’aides-soignants et d’infirmiers. Celui-ci partageait sur son compte Twitter le 28 janvier dernier une carte tirée d’une enquête du site Bastamag répertoriant l’ensemble des fermetures d’hôpitaux sur tout le territoire français.

Le collectif n’en est pas à sa première dénonciation des conditions de travail et des économies dans l’hôpital public. Son action militante avait abouti à structurer la grève nationale de 2019. Face à la pression de la rue, Agnès Buzyn, à l’époque ministre de la Santé, annonçait un plan d’urgence au service des hôpitaux publics.

La catastrophe, c’est la faute à l’Europe?

Cette tendance à la réduction des coûts ne date pas d’hier. «65.000 lits ont été supprimés entre 2011 et 2018», ajoute Philippe Murer. Une logique «catastrophique» qui aura contraint l’État, devant la hausse des hospitalisations, à faire «l’erreur d’une gestion par le confinement.» L’économiste s’appuie sur l’étude parue au début du mois de janvier 2021 dans la prestigieuse revue European Journal of Clinical Investigation. Signée par l’éminent épidémiologiste de l’université de Stanford, le Pr John Loannidis, elle conclut à l’inefficacité du confinement.

​Une erreur qui aura coûté la bagatelle de «400 milliards d’euros» à la France, estime Philippe Murer, qui dénonce cette «caste stupide de financiers et de comptables qui nous dirige!» Une caste qui n’aurait fait que respecter «les ordres de l’Union européenne», en quête «de petites économies au jour le jour, de centaines de millions d’euros par an.»

«Il y a eu 63 demandes de l’Union européenne dans les dernières années pour supprimer des dépenses de santé dans tous les pays d’Europe, conclut notre interlocuteur. Pour elle, tout ce qui est privatisé devient un marché privé européen. C’est une vision ultralibérale des choses, selon laquelle le privé est toujours mieux que le public.»
 
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