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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 09:57

accueil-des-r-fugi-s-hugenots-en-Brandebourg-1686.jpg (accueil des réfugiés huguenots en Brandebourg en 1686)

Dès le lendemain de la Révocation de l'Edit de Nantes les flux migratoires massifs sont constatés, vers toute l'Europe mais également vers la Nouvelle France. Nous sommes à l'apogée du "pouvoir personnel" de Louis XIV :

Voici donc quelques mesures inscrites dans cette Révocation ou Edit de Fontainebleau :


- défend l'exercice public de ce culte,
- la destruction immédiate des lieux liés à ce culte,
- les ministres du culte protestants ont quinze jours pour quitter le sol Français (560 partent, 140 abjurent), et durant ce terme, ne faire ni aucun prêche, ni aucune fonction du ministère sous peine de galères,
- pour les protestants en général il est interdit de quitter le territoire, l'effraction est punissable des mesures suivantes :

- galère pour les hommes, 
- prison pour les femmes,
- confiscation totale des biens,

- les enfants qui naîtront seront baptisés par le curé de leur paroisse,

- les enterrements :

"Avons faict et faisons inhibition et deffenses aux dits manans et habitans du dit bourg et paroisse de Germon de la religion prétendue réformée de non plus enterrer leurs corps morts dans les cimetières des catholicques ne aultre lieu. qu'en celuy par eux indiqué sous les peynes que de droit" (3 juil. 1656). (Desaivre. Textes publiés dans Mém. Soc. Hist. des O.-S., T. 1, 1905, p. 386).

 

Au XVIIIème les ordonances royales prévoient de faire une requête pour l'enterrement d'un non catholique :

«Supplie humblement Pierre Bonnet, journalier, demeurant à Cerzault, paroisse d'Azay, disant que Michelle Bonnet, sa sœur, veuve de Pierre Papot, tisserant, âgée de soixante et onze ans ou environ, est aujourd'huy décédée au village d'Aiript, paroisse de Romans, duquel déceds le suppliant en a fait informer le sieur curé de ladite paroisse de Romans, et /'a fait prier et requérir d'accorder au corps de ladite Michelle Bonnet la sépulture ecclésiastique. Mais c'est ce que ledit sieur curé a esté refusant de faire" sur le fondement qu'il ne luy a pas administré les sacrements requis pendant sa maladie. Comme il n'est pas juste qu'au moyen de ce refus que le corps de ladite Bonnet reste sans sépulture, et comme le suppliant ne peut le faire inhumer sans au préalable votre permission, c'est le motifde la présente requestre.. Le procureur fiscal accepte - pourveu que cela soit de nuit et sans scandale... -. (Arch. dép. (Deux-Sèvres) H. 165 , 1er Janvier 1754)

 



On compte entre 1685 et 1715, 200.000 émigrés vers l'Europe entière, notamment vers les pays  à majorité protestante.

Soit  environ :

- 60 000 vers les Royaumes Unis et le Nord de l'Irlande,
- 60 000 vers les Pays bas - Amsterdam, La Haye, Rotterdam,
- 30 000 vers l'Allemagne (Brandebourg / Prusse) - Francfort sur le Main  - Berlin,
- 22 000 vers la Suisse - Genève - Bern - Zurich.

Les chiffres des "Nouveaux convertis", c'est-à-dire de ceux qui ont été contraint d'abjurer leur foi en France est d'environ un million, tout en sachant que le plus dur restait à venir pour ceux qui restèrent fidèles à leur croyance.

Le Poitou quand à lui perd de 18 à 25000 huguenots, Fontenay le Comte, Niort (Huit cent feux, dans un premier temps) et à proportion Saint Maixent beaucoup plus et bien sûr La Rochelle.

Finalement la population de Niort qui était en 1685 de 11 000 âmes tombe à 7 000. Ce sont les drapiers, chamoiseurs, fabricants de serge, bonnetiers et toute l'industrie de la fabrique de laine qui sont obligés à l'exil. 


Les crises économiques liées aux aléas climatiques d'une société à l'économie à majorité agricole, sont accuentuées par décision d'un seul qui pour des raisons personnelles, certainement de sécurité intérieure  - de son  point de vue -, entraîne le secteur de l'industrie, mais aussi de la Banque  - majoritairement représentés par la population protestante - vers le déclin. Le siècle qui suit voit s'installer un commerce médiocre qui auparavant était considérable. C'est également avec intérêt que les pays à majorité protestante accueillent cette force qui nourirra les forges de leurs industries, en peu de temps la Prusse s'élévera au concert des Nations occidentales ; le tout  finalement pour une bévue,  lourdes de conséquences.




Annexe

Description des galères :

"Le jour même de mon arrivée, on donna la bastonnade à un malheureux forçat: on fait dépouiller tout nu, de la ceinture au haut, le malheureux qui doit la recevoir; le ventre sur le coursier de la galère, ses jambes pendantes et ses bras à l'opposite, on lui fait tenir ses jambes par deux forçats et les bras par deux autres; et le comité (celui qui commande les cadences de rame) est derrière lui qui frappe un robuste Turc pour l'animer à frapper de toutes ses forces avec une grosse corde sur le dos du pauvre patient... Après le barbier vient lui frotter le dos tant déchiré avec du fort vinaigre et du sel pour faire reprendre la sensibilité à ce pauvre corps et pour empêcher que la gangrène ne s'y mette."

"Je me suis trouvé avoir ramé à toute force pendant 24 heures sans nous reposer un moment... Pour lors on n'entend que les hurlements de ces malheureux ruisselants de sang par les coups de corde meurtriers qu'on leur donne... Et lorsqu'un de ces malheureux forçats crève sur la rame, on le jette à la mer comme une charogne."

Blessé au cours d'une bataille navale "on m'emporta à fond de câle... A cause du grand nombre de blessés, je fus trois jours sans être pansé qu'avec un peu d'eau de vie camphrée que l'on mit sur une compresse pour arrêter le sang sans aucun bandage ni médicament. Les blessés crevaient comme des mouches dans ce fond de càle où il faisait une chaleur à étouffer et une puanteur horrible. On me sortit de là, de même que plusieurs autres, avec le palan à poulie, comme des bêtes."

- "Mémoires de Jean Martheilhe" 1684-1777 



Dragonnades :

"Le 20 août 1685 les troupes entrèrent dans Montauban et furent logées par groupe chez les habitants protestants. La volonté de faire le mal était si grande que tous, officiers et soldats, par la permission expresse des autorités, rivalisèrent de violences et de désordres. Tous les habitants de la religion, sans distinction d'âge, ni de sexe, eurent tellement des menaces, des coups et du pillage de leurs biens, que la ville fut aussi maltraitée que si elle eût été une ville rebelle prise d'assaut. Ma maison fut remplie de soldats et de chevaux d'officiers. Ces hommes s'emparèrent de toutes les chambres avec si peu de réserve que je ne pus même pas en garder une seule pour ma famille. Il me fut également impossible de faire entendre à ces misérables que je leur offrais sans résistance tout ce que je possédais. Ils enfoncèrent toutes les portes, brisèrent les coffres et les armoires, préférant saccager mon bien de cette façon brutale que d'accepter les clés que ma femme et moi leur tendions. Ils convertirent en écurie mes granges pleines de blé et de farine qu'ils firent fouler aux pieds de leurs chevaux avec beaucoup de barbarie ; ils en firent autant du pain destiné à la nourriture de mes petits enfants, sans qu'il nous fut possible d'arrêter leur fureur. Je fus mis à la porte avec ma femme qui était sur le point d'accoucher et quatre petits enfants, et nous n'eûmes le droit de rien emporter sauf le berceau et quelques langes pour l'enfant qui allait naître."

- Samuel de Péchels de Montauban -




Sources :

- Histoire des communes des Deux-Sèvres - Maurice Poignat Editions Projet 1982

en ligne :

http://www.museeprotestant.org/index.php?Lget=FR


Autres articles :

Edit de Nantes (1er Partie) 30 avril 1598,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Edit de Tolèrance signé par Louis XVI le 7 novembre 1787 à Versailles,

Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,Edit de Nantes (2ème Partie) 30 avril 1598,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,

Danse de la Musique du Temps de Nicolas Poussin 1640 et Fontaine de Fortune 1457,

Edit de Tolèrance signé par Louis XVI le 7 novembre 1787 à Versailles,
Edit de Fontainebleau ou Révocation de l’Edit de Nantes signé par Louis XIV le 16 octobre 1685,
Edit de Nantes (2ème Partie) 30 avril 1598

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