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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 08:06

Partie I : Bataille de Vouillé, 507, de nouveaux éléments en faveur de la localisation près de Niort dans les Deux-Sèvres. Il n’y a plus aveugles que ceux qui ne veulent voir, l’évidence est toujours mise à la vue de tous, ainsi en était il des anciles de Mars. Une seule véritable, les autres servant de miroir aux alouettes!!!!

« L’analyse critique des arguments développés en faveur de la fixité du dogme fait apparaître combien est chancelante la certitude proclamée » André Berthier.

Lettre de Saint Avit à Clovis :

«  Dum ist a nos  aeternitati committimus, dum, quid recti in praesentibus interlucens radius veritatis emicuit. Invenit quippe tempori nostro arbitrum quendam divina provisio. Dum vobis eligitis, omnibus indicatis ; vestra fides nostras victoria »

«  Alors que nous en étions remis à l’éternité et que nous attendions du jugement futur que soit dit ce qu’il y a de droit dans ce que chacun sent, voici qu’il a brillé parmi les hommes d’aujourd’hui un rayon de vérité éclairant. La divine Providence a enfin trouvé un arbitre pour notre époque. Le choix que vous faites pour vous- même est une sentence qui vaut pour tous. Votre foi est notre Victoire. »

Avit également se félicite également que les grecs ne soient plus les seuls a avoir un prince catholique.

- Almici edicti Aviti (Avitus Episcopus Chlodovecho regi) M.G.H.AA. , t. VI, 2 Berlin 1883, éd. R. Peiper, 46(41), p. 75

« Je ne puis souffrir, leur dit-il, de voir des ariens posséder la plus belle partie de la Gaule. Marchons contre eux avec l’aide de Dieu ; et, quand nous aurons vaincu les hérétiques, nous partagerons et posséderons leurs fertiles provinces » Historia Francorum - Grégoire de Tours

Ainsi commence le chapitre de l’Historia Francorum - 37 - Bellum cum Alarico, « La guerre avec Alaric »

Du contexte religieux et politique de l’avant guerre :

Dans la bible gothique arienne comme en usage général, le Christ et le roi sont nommés « franja » ce qui donne « despotès » en grec. Les catholiques eux disent « Kyrios »  - celui qui a de l’autorité - pour le Christ et « Basileus » pour le roi.
Chez les uns la sacralité du roi-prêtre germanique est perpétuée dans l’arianisme, en somme un totalitarisme chrétien dans la lignée du culte impérial.
Le catholicisme divise les deux pouvoirs et fait renoncer le monarque à sa sacralité, de plus Dieu a une indivisibilité a la fois trinitaire et relationnelle. Il inverse le processus indo-européen de l’homme fait Dieu vers celui du  Dieu fait Homme, incluant ainsi une parcelle divine en chacun de nous. La nuance n’est pas mince surtout pour un monarque. - « Clovis » - Michel Rouche - Fayard 2005, p. 264-265

Clovis est nommé après son baptême à Reims « Dominus illuster » et après avoir vaincu Syagrius à Tolbiac « Magister militum » inaugurant ainsi un nouveau type de royauté en Occident.  Mais il est bien isolé, même avec le soutien des moines de Saint Martin de Tours, Saint Rémi archevêque de Reims et son ami Saint Vaast évêque d’Arras, comme Saint Martin avait pour ami  Sulpice Sèvère.


Cependant beaucoup en Gaule comme Avit, « désiraient d’un amour ardent, avoir les Francs pour maître » H.F. (Historia Francorum, car c’est dorénavant comme ceci que cela sera noté) II, 23 ; II, 35
Les évêques Volusien et Vérus de Tours sont frappés d’exil par Alaric II, en 505 les évêques Pupicius et Césaire d’Arles sont déportés à Bordeaux,

Quintanius évêque de Rodez également, ce dernier prêche en faveur de la libération par les Francs. « Histoire du déclin et de la chûte de l’Empire romain » - Gibbon - Bouquins, Robert Laffond, 1983, p. 1121

Il existait alors une vingtaine d’évêques ou d’évêchés opposés à la domination arienne par le principe de la crainte des persécutions commises du temps d’Euric, des rebaptêmes chez les gallo-romains.
La situation économique n’était guère florissante puisque Alaric en vint à faire dévaluer le sou d’or émis par son père Euric. Pour pallier à cette situation inconfortable Alaric fait promulguer son Bréviaire, un stratagème politique sans aucune influence sur les populations, l’illusion  ne fait pas long feu, d’autant qu’Alaric s’emploi à user du despotisme sur les populations locale à l’égal de son beau-père Théodoric roi des Ostrogoths.

Pour ce qui est du caractère des Francs en général, dans leur attitude dans les guerres privées ou publiques,
peuvent faire penser plus comme le peuple juif, celui du Juste des Psaumes, en but à ses ennemis.
« Ils laissent à Dieu et aux saints le soin de punir de mort, à travers des miracles de vengeance, des oppresseurs qui sont uniquement de leurs sanctuaires » Cf. « Histoires » - Roccolène, V, 4

Cependant comme à l’image des Gaulois ils « s’assemblent si facilement en grande quantité, c’est que leur caractère simple et droit les pousses à soutenir les protestations de leurs voisins qu’ils croient victimes d’une injustice » « Géographie » - Strabon, IV; 2 p. 158

Donc ce trait de caractère de pugnacité et d’esprit de justice, mais aussi de communautarisme d’intérêt les pousse inexorablement dans la difficulté à rejaillir et offrir le recours aux armes, pour la juste cause. C’est un prélude à la chevalerie en somme.

Du contexte militaire :


Après plusieurs défaites et campagnes mal préparées, s’allie avec les Armoricains, eux aussi avaient participé à la bataille des Champs Catalauniques aux côtés d’Aetius en 451. Cette ancienne alliance ressurgit à certaines conditions « Que les armoricains, bien que sujets des Francs, ne leur paient ni impôt, ni taxe » H.F. IV, 4. Les armoricains fournissent un important contingent de cavalerie à celui-ci  vient se rajouter la cavalerie lourde des

Alains, pour contrer celle des goths jusqu’alors invicible (bataille d’Andrinople). Des garnisons aux extrémités des Gaules - Conscription militaire - comme celles du « Dux Tractus Armoricani » portant avec elles le « Labarum » de Constantin.

« Les Francs ne pouvaient les faires plier de force (les armoricains), ils leurs proposèrent l’alliance et les mariages réciproques. Les Arboryques acceptèrent cette proposition, car les deux peuples étaient chrétiens, et de la sorte ils ne formèrent plus qu’un seul et acquirent une grande puissance ». « Guerre des Goths » - Procope I, 12

A cet ensemble viennent s’ajouter les troupes des Francs Rhénans conduites par Clodéric fils de Sisgebert de Cologne dit « Le boiteux » depuis la bataille des Champs Catalauniques en 451.

De son côté Alaric recours à la mobilisation désespérée de tous ces contingents pour tenir le camp retranché de Poitiers après la chute de Tours. Les milices urbaines, dont une s’illustrera aux batailles sous Poitiers en 573, mais qui se rangent en général du côté du vainqueur par ce qu’il porte la légitimité de l’Empire, donc ici « Magister militum » pour Clovis « Clovis » - G. Kurth, Tours, 1896, p. 275

Ensuite les «stationarii » (garnisaires-colons ), troupes barbares qui cantonnent en Poitou « Annuaire Imperial - Noticia utriusque Imperii - les tares de la Noticia digitaux - Le duché d’Armorique » C. Jullian - Revue des études anciennes, 1921, 103-109

- à saint Liguaire (Deux sèvres près de Niort) , camp de la Tiffardière occupé par les auxiliaires Taïphales,
- à Aiffres (Deux Sèvres près de Niort), nom qui vient de ce que des légionnaires d’Afrique l’occupèrent durant la période romaine « Histoire des Communes des Deux-Sèvres - Le pays Niortais» - Maurice Poignat  p. 89 et 249.

En outre la loi des Wisigoths (I. IX. Tit. 2, t. IV p. 425) « obligeant tous les maîtres à armer et à envoyer ou conduire à l’armée la dixième partie de leurs esclaves ».

« Une grande partie du peuple des Arvernes, qui étaient venus avec Apollinaire et qui étaient les premiers des sénateurs tombèrent alors » H. F. IV.

Le parti gallo-romain Arverne ainsi que celui Burgonde craignait un échec semblable à celui de Sidoine père d’Apollinaire, donc par prudence et crainte ils se rangèrent du côté des Wisigoths ; alors que le parti gallo-romain picte et aquitain était favorable aux Francs pour des raisons historiques évoquées ci-après.

Du contexte diplomatique :

Clovis devient en ce temps, l’allié incontournable de Constantinople. En effet en 504, Théodoric (roi des Ostrogoth) envoie le comte Pitzia pour repousser les Gépides en Illiricum. En récupérant la capitale de la Pannonie Seconde Sirmium, les troupes pénétrèrent sur les terres de l’Empire d’Orient ou elles défont les troupes de ce dernier. Dès ce jour l’Empereur d’Orient Anastase, voit ressurgir le spectre de 487, ou les Goths avaient menacéConstantinople. De cette manière Anastase s’entend à renverser les alliances. Clovis saisit l’opportunité d’affaiblir Théodoric II roi des Ostrogoths, beau-père d’Alaric II et soutien militaire.
Clovis s’allie avec Gondebaud de Burgondie qui se promet d’y gagner la Provence, comme Clovis une part de la Septimanie.

Au début de 507, alors que Théodoric et ses troupes sont clouée par une attaque de l’Empire d’Orient en Italie, Clovis passe à l’attaque et s’empare pour la troisième fois de la cité de Tours, capitale de la Troisième Lyonnaise, mais également axe spirituel des Gaules. Gibbon en fait « l’oracle des Gaules ». Ce sont les psaumes déclinés et entendus en pénétrant dans l’abbaye là ou se trouvait la chasse de saint Martin qui donnait l’avenir militaire

des troupes. Il fut aisé d’y voir le nouveau Josué, ou le nouveau Gédéon. « Histoire du déclin et de la chûte de l’Empire romain » - Gibbon - Bouquins, Robert Laffond, 1983, p. 1122

Dès son entrée il promulgue un édit « par respect pour Saint Martin, un édit afin que personne n’osât prendre aucun aliment aux dépens de cette région, sauf de l’herbe et de l’eau » H.F. II, 38

De cette manière il ébranle un peu plus l’édifice de cartes Wisigoths et  s’accorde l’appui des gallo-romains en majorité catholiques. Saint Martin et Saint Hilaire (évêque de Poitiers exilé en Phrygie au Ivème siècle pour antiarianisme) confortent historiquement sa position en terre pictave.

De la guerre de Clovis contre Alaric :


37. Bellum cum Alarico « Historia Francorum » - Grégoire de Tours-

« Igitur Chlodovechus rex ait suis: 'Valde molestum fero, quod hi Arriani partem teneant Galliarum. Eamus cum Dei adiutorium, et superatis redegamus terram in ditione nostra'. Cumque placuisset omnibus hic sermo, conmoto exercitu, Pectavus dirigit. Ibi tunc Alaricus commorabatur. Sed quoniam pars hostium per territurium Turonicum transiebat, pro reverentia beati Martini dedit edictum, ut nullus de regione illa aliud quam herbarum alimenta

aquamque praesumeret. Quidam autem de exercitu, inventum cuiusdam pauperis faenum, ait: 'Nonne rex herbam tantum praesumi mandavit, nihil aliud? Et hoc, inquid, 'herba est. Non enim erimus transgressores praecepti eius, si eam praesumimus'. Cumque vim faciens pauperi faenum vertute tulisset, factum pervenit ad regem. Quem dicto citius gladio peremptum, ait: 'Et ubi erit spes victuriae, si beato Martino offendimus?' Satisque fuit exercitui nihil

ulterius ab ac regione praesumere. Ipsi vero rex direxit nuntius ad beatam basilicam, dicens: 'Ite et forsitan aliquod victuriae auspicium ab aedae sancta suscipitis'. Tunc datis muneribus, quod loco sancto exhiberent, ait: 'Si tu, Domine, adiutor mihi es et gentem hanc incredulam semperque aemulam tibi meis manibus tradere decrevisti, in ingressu basilicae sancti Martini dignare propitius revelare, ut cognuscam, quia propitius dignaberis esse tamulo tuo'. Maturantibus autem pueris et ad locum accedentibus iuxta imperium regis, dum sanctam ingrederentur basilicam, hanc antefanam ex inproviso primicirius, qui erat, inposuit: Praecinxisti me, Domine, virtutem ad bellum, subplantasti insurgentes in me subtus me et inimicorum meorum dedisti mihi dorsum et odientes me disperdedisti. Quod psallentium audientes, Domino gratias agentes et vota beato confessori promittentes, laeti nuntiaverunt regi.

Porro ille cum ad fluvium Vigennam cum exercitu advenisset, in quo loco eum transire deberit, paenitus ignorabat. Intumuerat enim ab inundationem pluviarum. Cumque illa nocte Dominum depraecatus fuisset, ut ei vadum quo transire possit dignaretur ostendere, mane facto cerva mirae magnitudinis ante eos nuto Dei flumine ingreditur, illaque vadante, populus quo transire possit agnovit. Veniente autem rege apud Pictavus, dum eminus in tenturiis commoraret, pharus ignea, de basilica sancti Helari egressa, visa est ei tamquam super se advenire, scilicet ut, lumine beati confessoris adiutus

Helarii, liberius hereticas acies, contra quas saepe idem sacerdos pro fide conflixerat, debellaret. Contestatus est autem omni exercitu, ut nec ibi quidem aut in via aliquem expoliarent aut res cuiusquam direperent.

Erat in his diebus vir laudabilis sanctitatis Maxentius abba, reclausus in monastyrio suo ob Dei timore infra terminum Pictavensim. Cuius monastyrio nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie Cellula sancti Maxenti vocatur. Cuius monachi cum unum hostium cuneum ad monastyrium cernerent propinquare, abbatem exorant, ut de cellola sua egrederetur ad consolandum eos.
 Illoque demorante, hii timore perculsi, eum aperto ustio de cellola sua producunt. At ille in occursum hostium, quasi pacem rogaturus, perget intrepidus. Unus autem ex his evaginato gladio, ut capud eius libraret, manus ad aurem erecta diriguit, gladiusque retrursum ruit. Ad ipse ad pedes beati viri veniam deposcens sternitur. Quod videntes reliqui, cum timore maximo ad exercitum redierunt, timentes, ne et ipse pariter interirent. Huius

vero brachium beatus confessor cum oleo benedicto contrectans, inposito signo crucis, restituit sanum, eiusque obtentu monastyrio permansit inlaesum. Multasque et alias virtutes operatus est, quas si quis diligenter inquiret, librum Vitae illius legens cuncta repperiet. [Anno 25. Chlodovechi.]

Interea Chlodovechus rex cum Alarico rege Gothorum in campo Vogladense decimo ab urbe Pictava miliario convenit, et confligentibus his eminus, resistunt comminus illi. Cumque secundum consuetudinem Gothi terga vertissent, ipse rex Chlodovechus victuriam, Domino adiuvante, obtinuit. Habebat autem in

adiuturium suum filium Sygiberthi Claudi nomen Chlodericum. Hic Sygiberthus pugnans contra Alamannos apud Tulbiacensim oppidum percussus in genuculum claudicabat. Porro rex, cum, fugatis Gothis, Alaricum regem interfecisset, duo ex adverso subito advenientes, cum contis utraque ei latera feriunt. Sed

auxilio tam luricae quam velocis equi, ne periret, exemptus est. Maximus ibi tunc Arvernorum populus, qui cum Apollinare venerat, et primi qui erant ex senatoribus corruerunt. De hac pugna Amalaricus, filius Alarici, in Spaniam fugit regnumque patris sagaciter occupavit. Chlodovechus vero filium suum Theudoricum per Albigensim ac Rutinam civitatem ad Arvernus dirigit. Qui abiens, urbes illas a finibus Gothorum usque Burgundionum terminum patris sui dicionibus subiugavit. Regnavit autem Alaricus annos 22. Chlodovechus vero apud Burdigalinsi urbe hiemem agens, cunctos thesauros Alarici a Tholosa auferens, Ecolisnam venit. Cui tantam Dominus gratiam tribuit, ut in eius contemplatione muri sponte corruerent. Tunc, exclusis Gothis, urbem suo

dominio subiugavit. Post haec, patrata victuria, Turonus est regressus multa sanctae basilicae beati Martini munera offerens »


« Le roi Clovis dit à ses soldats [l’an 507] : Je supporte avec grand chagrin que ces Ariens possèdent une partie des Gaules. Marchons avec l’aide de Dieu, et, après les avoir vaincus, réduisons le pays en notre pouvoir. Ce discours ayant plu à tous les guerriers, l’armée se mit en marche et se

dirigea vers Poitiers ; là se trouvait alors Alaric. Mais comme une partie de l’armée passait sur le territoire de Tours, par respect pour saint Martin, Clovis donna l’ordre que personne ne prît dans ce pays autre chose que des légumes et de l’eau. Un soldat de l’armée s’étant emparé du foin d’un pauvre

homme, dit : Le roi ne nous a-t-il pas recommandé de ne prendre que de l’herbe et rien autre chose ? Et bien, c’est de l’herbe. Nous n’aurons pas transgressé ses ordres si nous la prenons. Et ayant fait violence au pauvre, il lui arracha son foin par force. Ce fait parvint aux oreilles du roi

Ayant aussitôt frappé le soldat de son épée, il dit : Où sera l’espoir de la victoire, si nous offensons saint Martin ? Ce fut assez pour empêcher l’armée de rien prendre dans ce pays. Le roi renvoya des députés à la basilique du saint, leur disant : Allez, et vous trouverez peut-être dans le saint

temple quelque présage de la victoire. Après leur avoir donné des présents pour orner le lieu saint, il ajouta : Seigneur, si vous êtes mon aide, et si vous avez résolu de livrer en mes mains cette nation incrédule et toujours ennemie de votre nom, daignez me faire voir votre faveur à l’entrée de la

basilique de saint Martin, afin que je sache si vous daignerez être favorable à votre serviteur. Les envoyés s’étant hâtés arrivèrent à la sainte basilique, selon l’ordre du roi ; au moment où ils entraient, le premier chantre entonna tout à coup cette antienne : Seigneur, vous m’avez revêtu de force pour la guerre, et vous avez abattu sous moi ceux qui s’élevaient contre moi, et vous avez fait tourner le dos à mes ennemis devant moi, et vous

avez exterminé ceux qui me haïssaient. Ayant entendu ce psaume, et rendu grâce à Dieu, ils présentèrent les dons au saint confesseur, et allèrent pleins de joie annoncer au roi ce présage. L’armée étant arrivée sur les bords de la Vienne, on ignorait entièrement dans quel endroit il fallait passer ce

fleuve, car il était enflé par une inondation de pluie. Pendant la nuit le roi ayant prié le Seigneur de vouloir bien lui montrer un gué par où l’on pût passer, le lendemain matin, par l’ordre de Dieu, une biche d’une grandeur extraordinaire entra dans le fleuve aux yeux de l’armée, et passant à gué,

montra par où on pouvait traverser. Arrivé sur le territoire de Poitiers, le roi se tenait dans sa tente sur une élévation ; il vit de loin un feu qui sortait de la basilique de saint Hilaire, et semblait voler vers lui, comme pour indiquer qu’aidé de la lumière du saint confesseur Hilaire, le roi triompherait plus futilement de ces bandes hérétiques, contre qui le pontife lui-même avait souvent soutenu la foi. Clovis défendit a toute l’armée de

dépouiller personne ou de piller le bien de qui que ce soit dans cet endroit ou dans la route.

Il y avait dans ce temps un homme d’une admirable sainteté, l’abbé Maxence, renfermé par la crainte de Dieu dans son monastère situé dans le territoire de Poitiers. Nous n’indiquons pas au lecteur le nom de ce monastère, parce que cet endroit s’appelle encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Maixent ; les moines, voyant qu’un corps de troupes s’avançait vers le monastère, prièrent leur abbé de sortir de sa cellule pour les exhorter à se retirer.

Effrayés de ce qu’il tardait, ils ouvrirent la porte et le firent sortir de la cellule. Maxence marcha courageusement au-devant de la troupe, comme pour demander la paix ; un soldat avait tiré son épée pour lui trancher la tête, mais sa main qu’il avait levée jusques auprès de son oreille, se raidit tout à coup et l’épée tomba en arrière. Le soldat, se prosternant aux pieds du saint homme, lui demanda pardon. A cette vue, les autres, saisis d’une brande

terreur, retournèrent à l’armée craignant de subir le même sort. Le saint confesseur ayant touché le bras du soldat avec de l’huile bénite, et fait le signe de la croix, lui rendit la santé ; ainsi sa protection préserva le monastère de tout outrage. Il fit encore un grand nombre d’autres miracles. Si quelqu’un est curieux de s’en instruire, il les trouvera tous en lisant le livre de sa vie. C’était la vingt-cinquième année de Clovis.

Cependant Clovis en vint aux mains avec Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouglé à dix lieues de la ville de Poitiers. Les Goths ayant pris la fuite selon leur coutume, le roi Clovis, aidé de Dieu, remporta la victoire ; il avait pour allié le fils de Sigebert Claude, nommé Chlodéric. Ce Sigebert boitait d’un coup qu’il avait reçu au genou à la bataille de Tolbiac contre les Allemands. Le roi, après avoir mis les Goths en fuite et tué leur roi Alaric, fut tout a coup surpris par derrière, par deux soldats qui lui portèrent des coups de lance sur les deux côtés. Mais la bonté de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le préservèrent de la mort. Il périt dans cette bataille un grand nombre d’Auvergnats qui étaient venus avec Apollinaire, ainsi que les premiers des sénateurs. Après le combat, Amalaric, fils d’Alaric, s’enfuit en Espagne et gouverna avec sagesse le royaume de

son père. Clovis envoya, son fils Théodoric en Auvergne par Albi et Rodez ; celui-ci soumit à son père toutes les villes depuis la frontière des Goths jusqu’à celle des Bourguignons. Alaric avait régné vingt-deux ans. Clovis après avoir passé l’hiver dans la ville de Bordeaux et emporté de Toulouse tous les trésors d’Alaric, marcha sur Angoulême. Le Seigneur lui accorda une si grande grâce qu’à sa vue les murs s'écroulèrent d’eux-mêmes. Après en avoir chassé les Goths, il soumit la ville à son pouvoir ; ayant ainsi complété sa victoire; il rentra dans Tours et offrit un grand nombre de présents à la sainte basilique du bienheureux Martin [l’an 508]. »

Sur le miracle de Saint Maixent et sa localisation :


(carte H.)

Reprenons la partie du  texte  du miracle de Saint Maixent qui précède juste la bataille :

« Erat in his diebus vir laudabilis sanctitatis Maxentius abba, reclausus in monastyrio suo ob Dei timore infra terminum Pictavensim. Cuius monastyrio nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie Cellula sancti Maxenti vocatur. Cuius monachi cum unum hostium cuneum ad monastyrium cernerent propinquare, abbatem exorant, ut de cellola sua egrederetur ad consolandum eos. »

Soit : « Il y avait dans ce temps un homme d’une admirable sainteté, l’abbé Maxence, renfermé par la crainte de Dieu dans son monastère situé dans le territoire de Poitiers. Nous n’indiquons pas au lecteur le nom de ce monastère, parce que cet endroit s’appelle encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Maixent ; les moines, voyant qu’un corps de troupes s’avançait vers le monastère, prièrent leur abbé de sortir de sa cellule pour les exhorter à se retirer. »

Ce passage précède bien la bataille, il est intéressant en plusieurs points et mérite que l’on s’y attarde. Dans - « Histoire chronologique de la Royalle abbaye  de Saint Maixent en Poitou » -  A.N. fonds latin 12684 folio 110.

Adjutor (futur Saint Maixent) est décrit comme étant né en 448 dans une famille noble et chrétienne établie sur les rives de la Méditerranée dans l’antique cité d’Adge en Narbonnaise. Il est confié dès sa première

enfance à Severus futur Saint Sever, plus tard il partit vers l’Ouest « se laissant conduire par la divine Providence » guidé par la réputation du grand Saint Hilaire. Arrivé à Poitiers, il rejoint la petite communauté érémitique des disciples d’Agapit dans le lieu  à l’époque sous le vocable « cellula Sancti Saturnini ». Agapit localise cette abbaye dans la forêt de Vauclair.

- « Son emplacement primitif (celui du Monastère de Saint Saturnin, plus tard Saint Maixent) paraît avoir été dans une forêt nommée Saura, et postérieurement Sèvre ou Saivre. D’après la tradition, les moines s’établirent dans la partie de cette forêt connue sous le nom de Vau-clair, Vallis clara, dénomination qui lui fut probablement affectée par ce que le sol était absolument nu » « Histoire du Poitou » - Dufour -   , tome I, note XXIV
 

- « On tient que du temps du roy Clovis, un soldat, ayant voulu frapper Saint Maixent, solitaire au dit lieu, qui étoit, pour lors une forest appelée la forest de Vauclès, le bras qu’il leva pour cet effet demeura sec et sans mouvement, ce qui ayant été rapporté à ce grand prince, il se transporta avec son armée vers ce saint, auprès duquel il implora la guérison de ce malheureux, qui en fut sur-le-champ, à la vue de l’armée, miraculeusement guéry. » « Mémoire statistique sur l’élection de Saint Maixent » - Samuel Levêque - dressé en 1698.

A la mort d’Agapit, Adjutor prend le nom de Maixent en mémoire du saint évêque de Poitiers du siècle précédent, né à Sillé près de Loudun, et obtient la charge de l’abbaye Saint Saturnin.
Clovis après la bataille accorde à l’abbaye le domaine de Milon (ou se dresse aujourd’hui le château de Couldray-Salbart) et une grande partie de la forêt de Sèvre.

Maixent meurt le 26 juin 515 à l’âge de 77 ans, il est inhumé auprès d’Agapit, dès ce jour une foule considérable vient en pélérinage et le nom d’abbaye Saint Saturnin est remplacé par celui de Saint Maixent, d’où la remarque de Grégoire de Tours sur le lieu de Saint Maixent, car Grégoire de Tours écrit

son « Historia francorum » après la mort de Clovis et celle de Saint Maixent « Vie de Grégoire de Tours » né à Riom le 30 novembre 538, mort à Tours vers 594 - abbé Odoat. Soit plus de 50 ans environ après les évènements.

« Saint Agapit fonda un monastère, vers le milieu du Vème siècle, à l’endroit appelé aujourd’hui Saint Maixent ; l’église fût dédiée à Saint Saturnin, évêque de Toulouse. Par la suite saint Agapit abandonna l’abbatiat en faveur de son disciple Maixent. » Cf.  « Chartes et documents pour servir à l’histoire de l’abbaye de Saint Maixent » -  A. Richard - p. LXI


Il faut aussi rajouter que « cellula Sancti Maxentii » n’est que le diminutif de Cella qui signifie habitation de prêtres, de religieux, donc monastère.

On remarque également cette phrase de Grégoire de Tours « Cuius monachi cum unum hostium cuneum »  qui souligne une formation militaire constituée, c’est donc d’un détachement qu’il s’agit.

La suite du miracle par Grégoire de Tours :

«  Illoque demorante, hii timore perculsi, eum aperto ustio de cellola sua producunt. At ille in occursum hostium, quasi pacem rogaturus, perget intrepidus. Unus autem ex his evaginato gladio, ut capud eius libraret, manus ad aurem erecta diriguit, gladiusque retrursum ruit. Ad ipse ad pedes beati viri veniam deposcens sternitur. Quod videntes reliqui, cum timore maximo ad exercitum redierunt, timentes, ne et ipse pariter interirent. Huius

vero brachium beatus confessor cum oleo benedicto contrectans, inposito signo crucis, restituit sanum, eiusque obtentu monastyrio permansit inlaesum. Multasque et alias virtutes operatus est, quas si quis diligenter inquiret, librum Vitae illius legens cuncta repperiet. [Anno 25. Chlodovechi. »

« Effrayés de ce qu’il tardait, ils ouvrirent la porte et le firent sortir de la cellule. Maxence marcha courageusement au-devant de la troupe, comme pour demander la paix ; un soldat avait tiré son épée pour lui trancher la tête, mais sa main qu’il avait levée jusques auprès de son oreille, se raidit tout à coup et l’épée tomba en arrière. Le soldat, se prosternant aux pieds du saint homme, lui demanda pardon. A cette vue, les autres, saisis d’une

brande terreur, retournèrent à l’armée craignant de subir le même sort. Le saint confesseur ayant touché le bras du soldat avec de l’huile bénite, et fait le signe de la croix, lui rendit la santé ; ainsi sa protection préserva le monastère de tout outrage. Il fit encore un grand nombre d’autres miracles. Si quelqu’un est curieux de s’en instruire, il les trouvera tous en lisant le livre de sa vie. C’était la vingt-cinquième année de Clovis. »

À ce texte se rajoute celui-ci :

« Eo tempore contigit ut Franci cum Gothis conflictu bellico advenirent, proecedente eos Chlodoveo Rege. Cùm autem monasterio propinquassent, in quo S. Maxentius Pastor habebatur égéries, et venissent in villam vocabulo Vocladum, instinctu diabloli cogitare coeperunt, ut idem monasterium debellare deberent…

Cùm hoec ad aures Principis pervenissent Chlodovoei’ accurrens ocius ipse, ad sanctus virum pervenit ; seque prosternens in terram humililter adoravit… Quem locum in quo idem Princeps venerabilis ad sancti viri jacuerat, in eodem monasterio usque ad hodiernum diem apparere manifestum est… »

« En ce temps-là, il arriva que les Francs, sous les ordre de Clovis, en virent à une lutte avec les Goths… Or, comme ils (les Francs) s’étaient approchés du monastère ou habitait le saint abbé Maixent et étaient arrivés dans l’endroit appelé villa Voclade, poussés par le diable, ils eurent l’idée de piller le monastère….

Lorsque le récit du miracle arriva aux oreilles de Clovis, accourant au plus vite, il se rendit auprès du saint et, se prosternant jusqu’à terre, il pria humblement… Ce lieu, où le vénérable prince se jeta aux pieds du saint, on sait qu’il est encore visible dans ce monastère… » « Acta santorum ordinis S. Benedicti - Vita sancti Maxentii » - C. I., apud Mabillon soec. 1.

Épisode certainement repris dans la « Vie de Saint Maixent »  Grégoire de Tours aujourd’hui perdue, mais récupéré par un moine du VIIème siècle.


Donc la dénomination exacte du lieu est Villa Voclade, c’est-à-dire celui d’où arrivent les troupes de Clovis vers le monastère de Saint Maixent, ces deux lieux semblent donc très proches puisque comme nous le voyons plusieurs fois ils font partis d’un ensemble de terres nommées primitivement Vauclès

ce qui donne Voclade, le substantif Vocladum et l‘adjectif Vocladensis. On y apprend également que Clovis accoure au plus vite, ce qui laisse présumé d’une distance courte, cet incident se produisant avant la bataille et est a lier à la bataille, car se passant avant celle-ci.

« Je sais que l’ancien cartulaire de Saint Maixent, en indiquant, comme arrivé au lieu ou existe actuellement la ville de Saint Maixent, le miracle relatif aux soldats frank, ajoute qu’à l’endroit où Chludwig (Clovis) était venu de sa personne pour faire agréer à Maixent ses excuses à raison de cet attentat, on avait élevé un petit oratoire, dans lequel on avait placé une image de la Vierge. Cet oratoire, qui se trouvait près de la porte par laquelle on entrait des cloîtres dans la sacristie, existait même encore, en 1675, et aurait été détruit depuis, ainsi que le savant Mabillon, qui entre dans beaucoup de détails à ce sujet dans ses Acta Sanctorum » « Recherches sur les Chroniques du monastère de Saint Maixent en Poitou » - A.D. de la Fontenelle de Vaudoré - Poitiers, 1838

Ce miracle était donc inscrit dans un oratoire de l’abbatiale de Saint Maixent et était encore visible en 1675 (déjà fort endommagée par les guerres de religions), il fût détruit lors de la réfection de l’abbatiale de 1668 à 1682. A la suite de ce miracle Clovis accorde donc le domaine de Milon et une grande partie de la forêt de Sèvre à l’abbaye de Saint Maixent, comme il est dit plus haut.


Reprenons la partie du texte localisant la bataille après le miracle par Saint Maixent :


« Interea Chlodovechus rex cum Alarico rege Gothorum in campo Vogladense decimo ab urbe Pictava miliario convenit »
« Cependant Clovis se présente devant Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouillé à dix lieues de la ville de Poitiers »
« Interea » est à souligner car il exprime « Dans l’intervalle, pendant ce même temps, ou sur ces entrefaits », il exprime une continuité et une rapidité.


Sur le mille, la lieue et la grande lieue gauloise :


Borne milliaire de Rom dans les Deux Sèvres :

« A l’empereur César Caius Pius Esuvius Tétricus, (sur le haut) »
« C(ivitas) P(ictavium) Limonum L (eugae) XVI ; FIN(es) L(eugae) XX »
Notons entre parenthèse que le poète Ausone possédait une villa à Rom. Le Rom des Deux Sèvres et non la ville de Rome.

Soit XVI lieues en partant de Poitiers, et Fin sur la limite du territoire des Pictons

Celle de Brioux ( également dans les Deux Sèvres) est datée du règne de Constance Chlore (fin du IIIème) et est traduite ainsi :

« A nos deux maîtres, A. Flavius Valerius Constance (Chlore), très grand, très noble, César, pieux, heureux et invincible, Auguste, grand pontife revêtu de la puissance tribunice, consul » - Revue historique Poitou et Saintonge - Espérandieu - 1887-1888, p. 154-156

Ce détail laisse planer un doute sur la référence milliaire, nous sommes ici sur une voie principale qui va de Poitiers à Saintes et non une voie secondaire ou les indications milliaires sont plus difficilement repérables, voire inexistante. Car dans cette affaire nous sommes sur plusieurs voies, une majeur celle de Poitiers à Saintes (Bordeaux) (Limonum - Santonum (Burdigala) et sur des voies mineures (via minor) de Poitiers à Saint Maixent,

mais également plusieurs autres voies, dont celles vicinales ou de l’entretien des propriétaires terriens.

« Il y a des voies publiques, construites aux frais de l’Etat, qui portent le nom de ceux qui les ont tracées. Ces routes sont sous la surveillance des curateurs qui les font construire par des entrepreneurs. Pour certaines d’entre elles, on exige aussi périodiquement, une somme fixe des propriétaires de la région. Il y a en outre les voies vicinales qui s’embranchant sur la grande route, conduisent à travers la campagne et, souvent, aboutissent elles-mêmes sur d’autres voies publiques. Elles sont construites et entretenues par pagi, c’est-à-dire par les magistri des pagi qui, d’ordinaire, exigent des propriétaires les corvées nécessaires ou plutôt assignent à chaque propriétaire le soin d’entretenir la portion de voie qui traverse son domaine. Aux limites de ces parcours, on voit même des inscriptions indiquant quel est le territoire, quel est le propriétaire et quel est le parcours qu’il doit entretenir. L’accès de tous ces chemins est libre… Il y a enfin des chemins traversant les domaines particuliers qui ne doivent pas livrer de passage à tout le monde mais seulement à ceux qui en ont besoin pour parvenir à leurs champs. Ces chemins partent des voies vicinales. Parfois aussi ils s’embranchent sur des voies appartenant en commun à deux propriétaires qui se sont entendus pour les prendre sur l’extrémité de leurs domaines et les entretenir à frais communs. En exlusion, les voies publiques, les chemins vicinaux et, parmi les chemins privés, ceux qui appartiennent en commun à deux propriétaires,, coïncident avec leurs limites. Ces chemins n’ont cependant pas été tracés pou servir de limites mais pour ouvrir des voies de

communications »  - De condicionibus agrorum - Siculus Flaccus - p. 146, l. 1 et suiv. Lachmann.


Par ce principe on connait le rôle et les conditions de l’organisation du territoire romain pour ses voies de communications. On sait aussi en outre que le bas Poitou possède de grandes propriétés terriennes et de ce fait de multiples voies qui lient les via major aux via via minor par les voies vicinales ou les voies de limites de domaines. Cet extrait illustre assez bien le fondement du droit de la propriété et ses servitudes. 

Ensuite le principe voudrait que nombre de voies soient bornées jusqu’à Lyon en lieues gauloises soit 2222 m et en dessous en mille de pas soit 1480 m, ce qui correspond au mille romain. Cependant la lieue gauloise se généralise au Bas-Empire.
Mais il faut voir ce lien Cours sur la lieue gauloise par M. le Professeur Christian Goudineau  (sur Internet)et tout particulièrement le paragraphe citant les études de topographie historique  de M. J. Dassié au cours de

prospection aérienne en Poitou-Charentes et les méthodes concourantes des analyses de l’itinéraire d’Antonin et la table de Peutinger sur le trajet Poitiers-Bordeaux et la localisation des cités suivantes d’après une déduction métrique de 2400 à 2500 m :

- Tamnum à Consac,
- Lamnum à Pons,
- Novioregum à Barzan.

Ensuite sur la démonstration statistique des bornes milliaires, leur marquage dans le - « Corpus Inscriptionum Latinarum » - G. Walser tome XVII, 2 sur une base de 100 bornes par exemple, 42,5 sont inscrites, et sur ces 42, 27% sont en milles romains et 73 % en lieues gauloises. Ensuite «quarta leuga signabatur et decima, id est, unum et vigenti millia passuum » Ammien Marcellin XVI, 12, 8, extrait relatant la campagne de l’Empereur Julien ; ce qui signifie que « l’armée avait encore quatorze lieues à franchir, c’est-à-dire vingt et un mille » mais « signabatur » signalée, soit sur bois ou sur pierre, ce qui veut dire également que sur une via major les bornes n’étaient pas uniquement matériaux solides mais aussi provisoires et de plus certaines n’étaient pas inscrites en distances mais servaient d’office à la gloire de l’empereur.
Quoiqu’il en soit par cette démonstration il y a une équivalence quasi miraculeuse théorique du mille à la lieue soit 1,5 mille appliquée sur des distances en unités que les administrateurs romains n’avaient pu faire disparaître.

Donc pour rappel on a trois possibilités :

- le mille romain (1480 m), soit pour X milles : 14,8 kms
- la lieue gauloise (2222 m), soit pour X lieues gauloises : 22,22 kms
- la grande lieue (2400 à 2500 m), soit pour X grandes lieues gauloises : 24 à 25 kms

Tout en sachant que le système n’est pas véritablement fiable et que de plus la localisation de bataille antique uniquement par un texte est sujette à échec d’une manière générale.

Fin de la première Partie

Le dimanche 4 janvier 2009


HENRY

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