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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 13:55

 

Quelques notes de rapports de police concerant des écrivains au XIXème et XXème.

 

Notes et explications notamment par le Préfet Andrieux entre autre, puis quelques notes de rapports sur Victor Hugo, Vallès, Verlaine, et Colette!!!

 

La constitution des dossiers au XIXème et leur utilité par le Préfet Andrieu (dont ironie du sort Louis Aragon était le fils naturel)  :

 

- « C'est un député bien plus qu'un fonctionnaire qu'on appela en ma personne à la préfecture de police »,

 

- « Le dossier n'a pas seulement pour but de faire connaître qui vous êtes, mais surtout ce qu'on a dit de vous »,

 

- « L'agent sert moins à surveiller les gens qu'à préparer la calomnie » disait Yves Guyot en 1884,

 

- « Tout Paris a son dossier ..... les dossiers bleus sont (…), les plus nombreux et les plus variés. Ce sont les dossiers politiques ou mondains»,

 

- « Aussi mettra-t-on dans votre dossier pêle-mêle sans distinguer entre le vrai et le faux tout rapport dont vous aurez été l'objet, toute dénonciation vous concernant, tout article de journal, tout fait divers où vous serez nommé »,

 

- La réaction du préfet Andrieux à la lecture de son dossier personnel : « Je le garde au fond de ma bibliothèque avec toutes les calomnies grossières et les dénonciations haineuses qui sont d'ordinaire le fonds de ces sortes de documents. Et cependant tels qu'ils sont ces dossiers sont utiles, indispensables même pour les recherches de police, mais à la condition de n'être connus ni de particuliers, ni même de la justice et de n'être jamais ouverts que par des chefs de service expérimentés, sachant les lire et y démêler, parmi tant d'allégations inexactes et souvent contradictoires, la part de vérité qu'ils contiennent. "

 

Note des archives anglaises à ce sujet  (AMAE, Archives du ministère des Affaires étrangères, Grande-Bretagne. Affaires politiques diverse) : A Londres, le 20 octobre 1852, le représentant français a reçu l'offre de services d'un certain Aubrey, lieutenant colonel des horse guards :  « J'ai consenti non sans répugnance à écouter ce qu'il pouvait avoir à me dire, il ne m'a fallu qu'un moment pour juger que cet individu ne sait rien de précis et qu'il venait pour offrir ses services moyennant un prix qu'il voulait toucher d'avance » ce à quoi il rajoute laconiquement : « A. n'inspire aucune confiance, la somme qui lui est allouée est de 9 livres pour lui et son informateur."

 

Quelques divagations complotistes notées par Coeurderoy "Jour d'exil" : « Les sociétés de Londres, reliées à celles de Bruxelles et de Jersey se sont mises à la tête de ce mouvement concerté ; elles doivent constituer un gouvernement à Boulogne, où elles tenteront une descente prochaine avec les fonds de l'emprunt italien »

 

Victor Hugo retrace dans "l'Histoire d'un crime", l'affaire Hubert, l'histoire d'un mouchard condamné à mort par les proscrits et sauvé par l'écrivain hostile à un jugement expéditif et à la cruauté de cette peine, certainement suite à une accusation de n'avoir pas reçu en exil un proscrit et dont il donne la réponse dans le Journal "Rive Gauche" le 14 mars 1866 : « Il vient à Hauteville House trois à quatre cents visiteurs par an. Il m'est impossible de retenir tous leurs noms. En outre je suis souvent absent. Ce que je puis dire, le voici : quiconque se présente chez moi comme proscrit politique est prié d'en faire la preuve. La moindre suffit mais il en faut une. C'est une habitude dont je ne me départirai pas dans l'intérêt de la dignité de l'exilé »

 

Victor Hugo justement quelques rapports le concernant :

 

5 septembre 1879 :

 

- "On raconte que Victor Hugo se fait exploiter par une jeune fille dont il a fait sa maîtresse et qui le fait chanter après avoir ignoré longtemps que son amant était l'illustre poète.  Cette jeune fille qui demeurait du côté de la gare d'Ivry aurait un enfant (...) elle dit à Victor Hugo que cet enfant est de lui et cela le flatte énormément" il est vrai qu'il avait 77 ans.

 

- Pamphile (un pseudonyme) est l'un des proches d'Hugo rapporte par le menu le détail d'un repas

«  potage, bisque, soles grillées, côtelettes de chevreuil sauce piquante… » puis griffonnerait sur une « vieille brochure » affranchie pour éviter de payer un timbre à 25 centimes.

 

Le 2 avril 1877 par « Jack » :

 

« Victor Hugo place tout son argent en Angleterre afin de pouvoir retrouver ce qu’il possède en quittant la France dès qu’il y aura pour lui un danger quelconque »

 

Verlaine; rapport du 1er août 1873 :

 

- « (…) le ménage n’allait pas bien à cause des toquades insensées de Verlaine, dont le cerveau est depuis longtemps détraqué, lorsque le malheur amena à Paris, un gamin Rimbaud, originaire de Charleville, qui vînt tout seul présenter ses œuvres au Parnassiens. Comme moral et comme talent, ce Raimbaud, âgé de 15 à 16 ans était et est une monstruosité. Il a la mécanique des vers comme personne, mais seulement ses œuvres sont absolument inintelligibles et repoussantes. Verlaine devînt amoureux de Raimbaud, qui partagea sa flamme, et ils allèrent goûter en Belgique la paix du cœur et ce qui s’en suit (…) On a vu les deux amants à Bruxelles, pratiquer ouvertement leurs amours. Il y a quelques temps, madame Verlaine, alla trouver son mari, pour essayer de le ramener. Verlaine répondit qu’il était trop tard, qu’un rapprochement était impossible et que d’ailleurs il ne s’appartenait plus. « La vie du ménage m’est odieuse » s’écriait il. « Nous avons des amours de tigres! », et ce disant, il montra à sa femme sa poitrine tatouée et meurtrie de coups de couteau que lui avait appliqués son ami Rimbaud. Ces deux êtres se battaient et se déchiraient comme des bêtes féroces, pour avoir le plaisir de se raccommoder. »

 

 

Vallès surnommé insidieusement « l’apôtre du progrès social » ; rapport du 12 octobre 1875 :

 

- « Lorsque Vallès est arrivé à Londres il était nanti d’une somme que l’on évalue entre 100 et 200 000 francs. Il vivait à l’écart, évitant ses coreligionnaires politiques et s’attachant à faire croire qu’il était dans une position de fortune très précaire (…). Il est proprement vêtu, mais ses vêtements sont râpés, et tout indique qu’il vit de privations ».

Autre sur Vallès « Vallès est un faiseur »

 

 

Claude-Villars dit « Willy » époux de l’écrivain Colette; le 1er mai 1901 :

 

« On apprend que le romancier Claude-Villars (Henry) dit « Willy », auteur de Claudine à Paris, demeurant 93 rue de Courcelles, depuis 5 ans a retenu pour l’après-midi du 29 avril écoulé un petit appartement sis au 4ème étage d’une maison discrète de la rue Pasquier dans le but d’y rencontrer deux lesbiennes, sa femme légitime (la romancière Colette) et une dame âgée d’environ 30 ans, demeurant 107 rue de la Pompe, que l’on croît être le comtesse de Noailles »

 

 

Ce en quoi  pour conlure dans "L'exil" Alain Corbin « l'ombre des mouchards et la force avec laquelle leurs rapports pèsent sur la construction des sources risquent de déterminer le tableau brossé par l'historien" 

 

Edifiant non!!! non sur les personnes sur lesquelles on émet des rapports mais sur ceux qui les font et du crédit qui leur est accordé.

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