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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 17:13
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Etat des armées : 

 


 

Armée ou Ost dit "Franc" (Etats latins d'Orient) :

 


 

Dans le cadre du système féodal, tout vassal doit à son suzerain un service de 40 jours par an sous forme d'opération militaire (pour le roi) ou de chevauchée de durée inférieure et limitée (pour le seigneur), chaque homme est à même de pourvoir à son équipement et besoins.

 

Ce système de hiérarchie pyramidale fait que le plus puissant des suzerains réunit le plus grand nombre de vassaux et donc de chevaliers, mais l'équipement reste inégal.

 

 

 

Pour ce qui est de cette campagne le roi de Jérusalem lève ce que l'on appelle l'arrière-ban ; tous les hommes valides du territoire auxquels s'ajoutaient les pèlerins, généralement pour l'infanterie ; les autorités laissant accéder à la chevalerie des hommes bien moins entraînés tels que le définissaient les critères draconiens d'exercices. Les Italiens sont équipés légèrement, les Allemands sont surnommés par les Musulmans « la nation de fer ».

 

 

 

L'armée se divise en plusieurs groupes, le premier considéré à l'époque est donc la cavalerie généralement lourdement armée relevant de l'Ost ou bien relevant des Ordres militaires, ensuite en appoint on trouve une cavalerie légère de Turcopoles (mercenaires) archers montés, une cavalerie légère de sergenterie, puis l'infanterie d'armes d'hast et l'infanterie d'armes de jet (arcs, arbalètes, javelots), des fantassins d'orient latin.

 

 

 

Chaque chevalier doit fournir une « Lance garnie » soit au mieux une suite composée d'un écuyer, un archer, un page, coustillier (armé de couteau et lance) de chevaux pour chacun si possible ainsi que tout l'armement, appareillage et vêture, seuls le chevalier et l'écuyer participent au combat. Les unités sont responsables de leur intendance, matériel et campement.

 

 

 

A titre indicatif en 1303 donc plus d'un siècle après Hattin l'Ordre des Hospitaliers donne pour l'équipement militaire d'un chevalier la somme de 2000 tournois d'argent (4/5 de parisis) et de 1500 tournois pour un frère sergent ; ce qui équivaut aux contributions annuelles d'une grosse commanderie.

 

 

 

La cavalerie lourde:

 

 

 

 

 

La cavalerie est l'élément primordial de l'armée franque et se divise en « batailles » ; celle-ci est commandée par un noble de rang élevé qui ordonne des chevaliers bannerets qui eux-mêmes dirigent 50 à 100 bannières.Cet ensemble compose une cavalerie lourdement équipée en moyenne. Le chevalier ne combat à cheval que durant la charge d'assaut, puis descend de sa monture, cette dernière est retenue par l'écuyer qui attends la fin du combat. Ce détail anodin mais primordial fait songer au sceau du Temple, deux  cavaliers pour une monture, au moment ou  l'ordre ne pouvait subvenir à deux montures pour deux cavaliers (à sa création), l'un de toute façon gardant le cheval lors du combat à pieds , tel que cela était convenu par les règles de chevalerie. Toujours l'un ramenant le blessé ou le trépassé au camps.

 

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Les Ordres militaires du Temple et des Hospitaliers fournissent également des chevaliers. Dès la seconde moitié du XIIème les Hospitaliers se rangent sous l'oriflamme rouge à croix blanche. En 1248 le pape autorise alors le surcot noir orné d'une croix blanche, lui même onze ans plus tard remplacé par une surveste rouge.

 

 

 

La cavalerie légère :

 

 

 

Les écuyers à cheval des «batailles » en troisième ligne de front lors de la charge et tenant les montures lors des combats à terre des chevaliers.

 

 

 

Les sergents à cheval des Ordres du Temple et de Saint de Jérusalem (Hospitaliers) de couleur brune viennent en deuxième ligne de front. L'Ordre du Temple pour subvenir à son manque de fantassins crée une troupe d'arbalétriers à cheval ; les deux ordres peuvent supplémenter leurs troupes par celle des turcopoles.

 

 

 

La sergenterie roturière à cheval plus légère vient faire l'appoint en deuxième ligne de charge.

 

 

 

Les « Turcopoles » : (voir article antécédant concernant Gilbert d'Assailly Vème Grand Maître de l'Ordre de Saint Jean de l'Hospital)

 

 

 

archers à cheval maronites très rapides, habiles, adaptés aux techniques locales de combat, s'opposent aux tactiques de harcèlement de l'adversaire. Elles sont le pendant des cavaliers sarrasins car ce sont des mercenaires recrutées par les seigneurs mais aussi les Ordres du Temple et Hospitaliers dans les populations demi-byzantines, arméniennes, bédouines et franques de Syrie. Ils étaient utilisés en riposte à des attaques répétées, mais aussi pour des missions d'éclaireurs, raid et harcèlement de caravanes. Ils sont équipés de chevaux arabes, petits, vifs, nerveux, rapides. Ils sont protégés par un "haubergeon", ne possèdent pas de cottes de mailles, comme les chevaliers, ils ne doivent compter que sur leur lances de roseau et leur arcs recurve, arc court qui accroit la force de traction par sa forme maniable sur monture vive, on peut compter une fréquence de 10 flèches à la minute, en charge pour un archer très entrainé. Les vagues se succèdent en arasant les forces ennemies d'une portée de flèches, elles se succèdent en flots discontinus et tournants pouvant ainsi immobiliser des troupes au sol et les anéantir ; comme les cavaliers Parthes face au légions romaines à la bataille de Ctésiphon en 363 ap. JC

 

 

 

Les armées régulières n'acceptent que des chrétiens malgré l'utilisation de bédouins pour les réseaux de renseignements.

 

 

 

 

 

L'infanterie nommée « piétaille (du latin) »se divise en « establies » dirigée par un capitaine; son rôle est celui de bouclier défensif lors charges ennemies.

 

 

 

L'infanterie d'armes d'hast :

 

 

 

Les fantassins sont placés en première ligne armées d'armes dites d'hast ( du franc) (fauchards, vouges, ...) sortent de faucilles à ergots sur de longs manches dont l'office est de couper les jarrets des chevaux, désarçonner les cavaliers tout en restant hors de portée des coups.

 

 

 

L'infanterie d'armes de jet :

 

 

 

Au second rang on trouve les fantassins équipés d'armes dites de jet (arcs, arbalètes, javelots) dont les traits ralentissent les charges avant d'atteindre les premières lignes, parfois complétés d'archers syriaques.Les archers et arbalètiers ont pour rôle de viser les chevaux adverses. Cependant l'Infanterie à un rôle subalterne et dévalué, conséquence du poids de la hiérarchie sociale

 

 

 

 

 

Déplacement des troupes :

 

 

 

Celle-ci se déplace de la manière suivante : en colonnes pour augmenter la mobilité sur terrains adaptés avec arrière-garde, avant-garde et flancs-gardes à cheval encadrant les fantassins (une navette à cheval transmet les ordres à l'avant-garde de chaque colonne), ce qui permet au cavaliers de se lancer rapidement sur l'adversaire sans rompre les rangs. Sur une longue colonne l'infanterie est disposée autour de la cavalerie (- 1ère ligne armes d'hast et grands boucliers, - 2ème ligne armes de jet) ; en cas de raid ennemi elle dépêche alors des « eschielles » (échelles) unités tactiques souples assez petites pour franchir les lignes d'infanterie sans les désorganiser et atteindre des objectifs mouvants adverses avec l'inconvénient de se retrouver encerclées quand elles sont isolées.

 

 

Ce type d'armée ne peut réagir dans son ensemble à des attaques sporadiques surtout si elle est en cortège.

 

Tactiques :

 

 

 

Pour prendre de son efficacité cette cavalerie doit se mouvoir sur un terrain adéquat, plat de préférence, ou du moins sans obstacle. La tradition occidentale ne peut déroger à ce principe de bataille rangée ou le courage et la force sont mis en exergue ; aussi dès que le terrain propice à ce genre de mouvement est trouvé, installe-t-on les tentes à l'arrière des lignes de fantassins.

 

 

 

De ce point la cavalerie se déploie sur trois rangs en ligne en un front compact serré, hérissé de lances, elle charge au trot puis au galop pour bénéficier du maximum d'élan (accentuation rapport poids/vitesse de la charge). Les chevaux sont protégés de bardes ( armures à lames de fers qui protégeaient la croupe et le poitrail) contre les lances adverses, mais la tête et les flancs ne sont protégés que par une chemise pour les chevaux du temple en cas de forte chaleur et pour les autres en général une housse matelassée contre les projectiles, mais insupportables sous le soleil. La force de l'impact brise n'importe quelles lignes adverses dans la mesure ou la ligne de charge n'a pas été brisée avant d'atteindre l'objectif, par conséquent des armes de jet (exemple d'Azincourt et Crécy ou les lignes de charges françaises sont brisées par les archers anglais)

 

 

 

Sous l'effet de la surprise et du choc, l'ennemi est pris au corps à corps, les cavaliers descendent de leur montures et pourfendent à tour de bras avec leurs épées, avant de faire retraite à cheval derrière leur ligne d'infanterie ; de là la ligne se reforme pour de nouveau ré attaquer.

 

 

Cet intermittence fait que l'infanterie est vulnérable aux charges répétitives et ne peut pas compter sur une cavalerie en réorganisation de ligne.

 

 

 

Armement :

 

 

 

Le XIIème siècle est un siècle de croissance et les techniques anciennes d'armurerie sont redécouvertes et améliorées.

 

 

 

Pour les chevaliers, sergents, écuyers (mais de manière très disparate) :

 

 

 

Les épées réservées aux chevaliers car leur coût est onéreux, sont fabriquées de deux manières ; généralement les épées sont des armes de prestiges transmissibles de génération en génération, elles mesures au environs de plus ou moins un mètre :

 

 

Le damasquinage la méthode d'origine germanique (mais aussi celtique) - : ou lame damassée, on superpose des couches de fer doux et d'acier, les soudes ensemble par martelage à chaud, on torsade la barre et lui redonne une section carrée, on rajoute deux à trois barres identiques que l'on travaille de la même manière afin d'obtenir le noyau central, à ce lui ci sont rapportés de chaque côté des tranchants d'acier soudés par martelage. La lame est polie et trempée dans un bain d'acide pour faire ressortir les moirures, elle l'est aussi dans un bain d'huile pour durcir les tranchants. Cependant ces tranchants se détachent de l'âme centrale lors de chocs répétés aux contacts des nouvelles cottes en se fissurant et accrochant aux mailles.

 

Il se peut que manquant d'acier l'âme soit fabriquée en fer doux ou en métal ayant une haute teneur en fer.

 

Le damasquinage - la méthode « romaine » - : lamelles de fer et lamelles d'aciers sont intercalées puis martelées, repliées, étirées, de manière à ce que le souple soit mêlé au résistant de façon uniforme ; l'ensemble est gainé d'acier. Cette dernière sera de plus en plus retenue. Mais il faut avouer que la metallurgie, malgré les appellations est plutot une tradition des peuples "nordiques", les celtes pratiquaient cet art avec dextérité telles que le démontrent de nombreuses sépultures antiques, les peuples méditerranéens sont moins au fait de cette pratique, ce n'est que par le mélange des cultures que cette technique se modifiera et s'améliorera.

 

 

Les cottes de mailles, très efficaces contres les flèches et coups. « J'ai vu de ces fantassins francs qui avaient d'une à dix flèches fichées dans le dos et qui marchaient de leur pas ordinaire sans quitter leurs rangs » Bahâ el-Dîn, anecdotes et beaux traits de la vie du sultan Youssouf. 1884 T III.

 

Les cottes d'armes, répandues chez les templiers (ainsi qu'une chemise d'été), était une tunique sans manche, descendant aux genoux, fabriquées en peaux ou en toile de gros grain à fin d'empêcher la pluie d'atteindre la cotte de métal pour qu'elle ne rouille ou que le soleil ne s'y réfléchisse.

 

 

 

Les heaumes de fer à fond plat matelassés de gambeson ou haubert représentés parfois sur des sceaux avec des voiles pour éviter l'insolation très courante. Ce type de casque était condensateur de chaleur.

 

 

 

Les casques des sergents ou chapels ronds à bords larges protégeant du soleil.

 

 

 

Les boucliers en forme d'écusson assez grands pour protéger la poitrine lors du premier choc.

 

 

 

Les bardes caparaçonnent les chevaux à l'avant et l'arrière de l'animal, parfois de simples chemises remplacent les housses matelassées qui protègent les côtés ; notamment chez les templiers.

 

 

 

 

 

Pour l'infanterie :

 

 

 

Les boucliers, longs de forme oblongues fuselés vers le bas pour être plantés dans le sol et couvrants à mi-corps de manière à pouvoir s'agenouiller derrière en défense ou couvrir les parties vitales en action offensive.

 

 

 

Les armes d'hast :

 

 

 

Les fauchards, guisarmes, vouges; ce sont des les armes les plus répandues issues d'outils agricoles faits pour le fauchage, l'abatage, l'émondage. Généralement à lame courbe avec ou sans ergots. Les lames servants à couper les jarrets des chevaux et les ergots à harponner et désarçonner les cavaliers.

 

Les haches

 

 

 

Les épieux : piques de bois simples dont la pointe est endurcie au feu, ou avec embout métallique.

 

 

 

Les masses d'armes ou massues de bois, parfois des masses turques qui brisent les épaules, casques et membres.

 

 

 

Les armes de jet :

 

 

 

Les arcs sont courts mais se rapprochent plus en technique de fabrication des long bow anglais, d'un seul tenant, non recurves, plus puissants, les traits plus pénétrants mais moins faciles à manier.

 

 

 

Les arbalètes sont favorisées, mais leur coût est onéreux, les templiers ont une cavalerie d'arbalétriers, les carreaux sont précis, pénétrants (équivalent à une balle de révolver), de longue portée notamment pour les chevaux sarrasins qui tombent aux premiers assauts; leur seul inconvénient, le temps le réarmement du carreau. Cette arme par la puissance développée transperce les armures, l'Église en a interdit l'usage entre chrétiens, mais elle est admise en terre sainte

 

 

 

Les javelots et lances aux pointes métalliques.

 

 

 

Les frondes de moindre coût mais très efficaces si elles sont habilement maniées.

 

 

 

Les armes d'une manière générale circulent dans tout le Moyen Orient, sur les marchés notamment à Saint Jean d'Acre (territoire chrétien), Damas ou Alep (territoire Sarrasin) ou sont fabriquées des armes légères, si bien que ce trafic si lucratif est arrêté en 1251 par les Musulmans. Sur les champs de bataille les combattants se jettent sur les cadavres ou mourants pour les dépouiller ; comme après tous combats. Les Francs prisent particulièrement les épées (sabres), javelots, carquois, arcs, flèches, boucliers et surtout les masses d'armes turques particulièrement adaptées pour briser les casques et les épaules. On récupère aussi les carreaux d'arbalètes, mais aussi les vêtements, ce qui fait que parfois lors des combats, avec tous ces usages, on ne savait plus qui était avec qui ; outre le fait que chacun s'équipait selon ses goûts et ses moyens ; de plus les Musulmans après l'appel à la guerre sainte regroupaient des populations (Égyptiens, Numides, Turcomans, Turcs....) aussi variées que celle des francs parfois ce sont les mêmes, seule la religion diffère.

 

Seuls les Ordres militaires arrivent avec leurs moyens financiers conséquents à couvrir les frais en équipements, logistiques et en hommes, les États également ; les dons privés sans cesse renouvelés abondent cette manne en argent, en armes de qualités inégales souvent inadaptées au combats locaux. Les hommes venant d'occident sont souvent en quête de fortune rapide et de gloire ; ce qui les poussent aussi à rompre les trêves au profits de razzias faciles afin de ramener bétail, vivres et butin. Ces raids ne font qu'accroître le sentiment d'exaspération des populations Sarrasines, qui trouveront en Saladin leur défenseur. 
Les raids de Renaud de Châtillon  seigneur de Kérak de Moab et d'Outrejourdain contre la grande caravane mettent fin à la période de trêve conclue entre les états belligérants ; mais c'est pour le moins son incursion en Mer rouge avec le but d'atteindre Médine et La Mecque qui porte un coup ultime a  tout arrangement  diplomatique ; de ces faits  la parole des chrétiens est irrémédiablement dévaluée. 

Saladin attendra les derniers souffles de son jeune adversaire Baudoin IV "le roi lépreux" pour coaliser ses peuples. Quelques années auparavant ce dernier avait vaincu Saladin à Montgisard. Contre toute attente, il avait projetté son front de cavalerie , tel un fléau sur les blés, à l'encontre des forces sarrasines ; dans un ultime assaut  pour finalement les mettre en déroute. L'infériorité numérique, la tactique impétueuse et la bravoure de Baudoin  scellèrent à jamais le destin des deux hommes, l'un ayant pour l'autre la considération des derniers chevaliers arthuriens et mazdéens. Pour lors, le temps des lions devait s'effacer pour celui des loups. Saladin saura  leur rappeler  qu'il n'est pas de leur espèce. Ce n'est pratiquement qu'au terme de sa vie qu'il se reconnaîtra dans les yeux  d'un autre souverain : Richard Plantagenêt, et pourtant ils ne devaient jamais se rencontrer.


autres parties :

Textes originaux :
- Ibn' Al Athir,
- Guillaume de Tyr;

Etudes :
- Etat de l'armée  musulmane,
- Chevaux arabes
- Chevaux des armées franques.

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:13

 

cavalier-sarrasin.jpg

Cheval arabe :

 

L'instant de la visée, (peinture Mongole ci-dessus) :

Le cavalier attend que le cheval ne touche plus terre, le corps en osmose avec l'animal, les muscles de ses cuisses sentent l'amplitude des foulées, en un éclair il se dresse sur les étriers, les bras bandent l'arc, l'iris vise la fente du heaume, le cheval seul respire,  il vole, la flèche s'échappe des doigts, le traît fuse, la mort frappe.

 


 

taille de : 1m45 à 1m60

 

poids de : 350 à 400 kgs

 

esthétique équilibrée, raffinée

 

recherché pour son endurance, sa rapidité

 

trois types sont définis :

 

le Kehylan correspond au masculin à la force et l'endurance,

 

le Seglawi correspond au féminin à la grâce et la beauté,

 

le Muniqui plus sec correspond à la vitesse et à la course

 


 

Il proviendrait semble-t-il du dressage de chevaux à front plat des environs de la Caspienne au sud du Caucase vers quatre mille ans avant J.-C. Les nomades le sélectionne de manière à obtenir un cheval adapté aux climats du Moyen-Orient puis de la péninsule arabique.

 

Il peut maintenir une allure de 15 à 18 kms/h sur 80 km, il est naturellement conformé pour le galop, il produit des foulées amples avec une minimum d'efforts constants car il à des paturons et des canons plus courts que les grandes races. Il possède des qualités de proprioception ; c'est à dire que son mouvement est adapté à la configuration du terrain afin de fatiguer les articulations au minima, ce qui lui permet de se déplacer sur des terrains pierreux et accidentés, il a une ossature dite « sèche », dense et capable d'absorber des chocs par répétitions mais aussi par le fait de sa morphologie générale. En outre un réseau dense de capillaires (petits vaisseaux sanguins) sous la peau lui permet une excellente thermorégulation, son appareil digestif plus petit rend disponible le flux sanguin dans l'effort, la transpiration est moindre et donc la soif aussi. Le rythme cardiaque se régularise rapidement après la course, il reconstitue rapidement ses besoins énergétiques a de faibles quantités et demeure très résistant aux maladies. Il révèle des qualités exceptionnelles d'opiniâtreté, de courage tout en étant très vif et doté d'une forte personnalité mais affectueux s'il est correctement dressé.

 


 

Ces innombrables qualités sont soulignées dans les préceptes du Coran :

 


 

AIlah prit une poignée de vent du Sud, souffla dessus et créa le cheval. Il dit
"Ton nom sera arabe, la vertu sera attachée aux poils de ta crinière et tu porteras sur ton dos le butin des ennemis. C'est toi que j'ai choisi entre tous les animaux de somme, et j'ai fait de ton maître un ami. Je t'ai donné le pouvoir de voler sans ailes, que ce soit à l'attaque ou à la retraite. Je placerai sur ton dos des hommes qui me loueront et me glorifieront et chanteront alléluia sur mon nom". 

Le Prophète vouait une véritable passion à son cheval au point de partager sa nouriturre et sa tente avec celui-ci . Il échangeait volontiers esclaves contre coursiers renommés.

 

Les conquêtes amènent ce cheval au Magreb d'où naîtra le « Barbe » du mot berbère, puis en Espagne dont les croisements donneront l'Andalou. Bien qu'aux Croisades il soit considéré encore par les Francs comme un cheval de parade. Les populations du Moyen-Orient, Proche-Orient et Afrique du Nord améliorent scrupuleusement et minutieusement pour la première fois une race, sa filiation est transmise verbalement ou par écrits, de nombreux documents vantent ses qualités, la pureté de ses traits, son allure aérienne.

 

Dans l'éducation des enfants le tir à l'arc est à l'égal de l'art de monter à cheval mais aussi écrire ; l'instruction et l'instruction militaire en particulier sont des devoirs auxquels de bons parents ne peuvent se soustraire. Les conditions climatiques, le nomadisme, la chasse, les guerres permanentes conduisent naturellement vers cette éducation.

La pratique du cheval se fait le plus tôt possible, celle du tir à l'arc également, l'un se mêle à l'autre de manière instinctive. Les charges ne sont pas sans rappeler les fantasias marocaines

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:10

 

tournois.jpg

Les tournois (image ci-dessus) préfigurent les combats, les violentes charges en lice, lance calée sous le bras, ne sont que la reproduction colorée et festive des charges offensives du Proche Orient.

 

Les joutes montrent les capacités du chevalier à conduire sa monture tout en gardant l'allure et l'équilibre au galop ; le destrier dans sa lancée développe au maximum la puissance de frappe du cavalier, ce dernier fait corps avec le cheval,l égèrement courbé en avant lance calée en direction de l'écu adverse, au moment du contact. Les chevaliers sont parfois désarçonnés ou projetés hors de leur monture par la violence du choc. Les pointes des lances doivent se briser sur l'objectif suivant les règles, mais les accidents sont nombreux, généralement s'en suivent des combats au corps à corps a armes égales ; ainsi les sélectionnés doivent-ils se soumettre à plusieurs combats journaliers. Il faut une constitution robuste, une bonne résistance physique et des entrainements réguliers pour conserver l'avantage, la natation fait partie de ces exercices car elle soulage les efforts musculaires et osseux, en particulier la colonne vertébrale qui est très sollicitée en équitation.

Ces manifestations sont très prisées de la gente féminine, car souvent c'est en leur honneur que le chevalier risque les meurtrissures, certains ont voulu voir en la lance un symbole phallique et en l'écu le sexe féminin.

 

Ces opérations de communication et de prestige avant l'heure glorifient le passé, la chevalerie des romans, mais légitiment aussi le pouvoir féodal  et sa hiérarchie. La croissance démographique permet aux jeunesses en quête d'idéal et de fortune de s'engager dans ces aventures apparemment pleines de promesses que sont les croisades... et au pouvoir de se débarrasser des plus belliqueux.

Voir : "Traictié de la forme et devis d'ung tournoy" du roi René d'Anjou

 

 

 percheron-libre-de-droits.jpg

 

Les chevaux :

 

 

 


 

Les chevaux viennent d'Europe, beaucoup meurent durant le voyage, la chaleur les épuisent, ce sont en général des chevaux de traits lourds (type percheron, renommés suite à la victoire de Charles Martel en 732 pour la puissance de la charge). On retrouve des races de Bretagne aux chevaux petits, trapus, nerveux; de Normandie ou les haras étaient très développés et très tôt ; des brabants, des frises, des castillonsardennais, boulonnais , du nord de l'Europe, d'Angleterre ; puissants, mais lents, formant en ligne un front compact, terrible, hérissé de lance.

 

Ce sont des chevaux en général débonnaires, faciles à dresser, résistants à la tâche, adaptés aux climats tempérés à froid, ils mesurent de 1m50 au garrot pour les plus petits à 1m80 pour les plus grands, ils pésent de 500 kgs à 1 tonne, généralement les plus forts et plus grands sont réservés pour la charge ; en effet la puissance de frappe de la lance est démultipliée par le poids et la vitesse de l'animal capable de briser n'importe quelle ligne sur terrain favorable même lorsque l'ennemi est numériquement très supérieur en nombre (bataille de Mongisard le 24 novembre 1177 remportée par Beaudoin IV avec 400 chevaliers contre 26000 turcs d'après Michel le Syrien) soit 10 ans avant Hattin.

 

Mais ces chevaux sont peu adaptés au terrain sablonneux, dans lequel ils s'enfoncent, ou rocailleux, qui blesse les sabots, les mulets et ânes servent au transport des hommes et du matériel.

- Conquête de la Syrie et de la Palestine par Saladin - Imâd ad-Dîn en 1190 identifiait - "les montagnes, impraticables par les chevaux francs à des citadelles" -

 

Morphologiquement ils sont issus de races faites pour le trait, les efforts puissants comme le débardage, car la déforestation et le déffrichage sont courants durant cette période en Europe, ils peuvent tirer deux fois et demie leur poids. Leur structure osseuse n'est pas adaptée de manière permanente pour les terrains accidentés et leur physiologie correspond au climat tempéré européen ou l'eau et les paturages sont abondants.

La course a un développement d'une durée plus longue, lourd dont la puissance s'accroit avec la distance mais nécessite énormément d'énergie ; l'ossature et la musculature ne sont pas façonnées pour des volte-face. Ce cheval excelle dans l'assaut de ligne si bien même que le grondement terrible des sabots sur le sol lors de la charge préludait tel un orage à la dévastation.

 

- Chronique d'Ernoul et de Bernard le Trésorier - "Les Musulmans craignaient particulièrement cette force et hésitaient à attaquer quand elle était trop nombreuse" -

 

Les montures ici soulignent mieux l'écart entre les deux civilisations, l'essence même de leur fonctionnement. Le cheval et l'homme sont indiscociables depuis des siècles, leur quotidien et l'image de l'homme se reflètent dans l'animal. Les lettrés, souvent écclésiastiques, portent peu d'intéret aux équidés, la noblesse, les chevaliers sont généralement peu ou pas instruits ce qui explique la rareté des ressources sur le sujet. Le cheval est moins accessible qu'au Moyen et Proche-Orient, les populations y sont plus sédentaires, cependant avec les conquêtes de Guillaume de Normandie, les conflits ibériques entre chrétiens et musulmans, puis les croisades ; les puissants, dont certaines abbayes, ressentent la nécessité de fournir à leur armées des montures plus adaptées, une lente sélection s'opére alors dans les harras.

 

Dans les Etats latins les croisés s'orientent vers les chevaux locaux dit « Turcoman » très appréciés pour leur grandeur, leur robustesse et leur adaptabilité au terrain.

 

Les destriers chevaux de combat sont à l'opposé du palefroi, cheval de parade, rare et coûteux provenant d'Espagne, de 0Lusitanie ou bien du Magreb (barbe du mot berbère) puis du Moyen Orient et avec lesquels des croisements s'opèrent déjà pour modifier les races occidentales.

 

Alexandre 1er roi d'Ecosse en 1121 fit un leg à l'Eglise de Saint André d'un cheval arabe ramené de croisade, plus tard Richard Coeur de Lion achète deux coursiers orientaux à Chypre, à leur exemple les barons vassaux s'empressent de développer les haras - Le Cheval normand au moyen âge par Ephrem Houel inspecteur général honoraire des Haras 1881 -

autres parties :

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- Ibn' Al Athir,
- Guillaume de Tyr;

Etudes :
- Etat de l'armée  musulmane,
- Etat de l'armée franque,
- Chevaux arabes et cavalerie.

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 14:45

louis-XIV-en-majest--.jpgHistoire de la ville de Niort : situation du Bas Poitou au moment de la révocation de l'Edit de Nantes :

"il a été reconnu qu'au moyen des privilèges de noblesse, cy devant accordés aux maires, eschevins et conseillers des villes de Poitiers, Niort, ... il se commet de grands abus, en ce que la plupart de ceux qui parviennent aux dites charges, ne pouvant satisfaire à la dépense qu'il convient de faire ... sont obligés d'abandonner leur commerce et profession ordinaire et de quitter les villes pour résider à la campagne qu'ils peuplent de quantité de pauvres nobles à la surcharge de nos sujets taillables, pour à quoi remédier, nous avons révoqué et révoquons les dits privilèges pour l'avenir ». 
La noblesse d'échevinage à Niort. Bulletin Soc. Stat., H. Proust.1882-1884, tome V, p. 450.
 

Corruption au niveau des attributions des charges d'eschevins sur la ville de Niort : 

30 juin
1673. - Distribution des places d'échevins et pairs vacantes dans le corps de ville. Le maire prend par droit de chaire la place d'échevin vacante; la première qui sera vacante est promise à Pierre Rousseau, sur la recommandation du duc et de la duchesse de Navailles. La place de pair d'Augier. maire, monté échevin, est donnée à Pierre MOREAU, sieur de la Richardière, premier consul de la juridiction des marchands de la ville; il paiera trente livres pour son entrée. Le procureur du roi présente à cette occasion des remontrances au sujet des abus commis par les fils d'échevins. qui ne prennent les places de leurs pères que pour en faire un commerce honteux et les vendre à beaux deniers comptants... Le corps de ville décide sur ce sujet qu'il sera fait un règlement, que les fils d'échevins devront demander la place trois jours après le décès de leur père et la garder trois ans avant de pouvoir la résigner »
- Ephémérides - Bardonnet Mém. Soc. Stat.,p.342
_______________________________________________________________________________________Par 


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Arrêt du Conseil d'Etat du roi Louis XIV du 18 juillet 1681, ce dernier montre sa toute puissance face à la corruption, mais est-ce bien là le véritable fond d'une affaire qui est commune. Il est vrai que les abus sont patents, mais curieusement ces libéralités toujours reconduites et dont la corruptabilité ne se découvre qu'a la fin de plusieurs siècles d'exercices de métier de gouvernant est bien étonnante. J'y verrai plutôt l'abandon d'une pièce du jeu d'échec, Niort ne réprésentant plus aucun intérêt économique ou stratégique notoire pour les raisons qui seront démontrées ensuite. Si la ville commerce encore avec la Belle Province ( Québec) pour les peaux notamment et ce depuis le début en 1608 ; elle n'est plus considérée comme une place de développement économique, comme Nantes ou Bordeaux, pour le principe du nouveau commerce des esclaves ; plus rentable ; de la nouvelle construction de Rochefort (comme base de construction navale au milieu de marais) qui mobilise l'énergie du Poitou tout entier. Niort aussi bien que La Rochelle ou bien Fontenay-Le-Comte, font partie d'une coalition protestante virulente depuis 1534, date à laquelle Calvin se rendit à Poitiers ; période qu'il consacra à la prédication avec notamment les étudiants de la ville. Sa prédication fit effet d'autant plus facilement qu'elle touchait un secteur ou le commerce d'exportation était florissant ; à Fontenay-Le-Comte venaient de s'installer des imprimeurs. Létude des Lettres et textes antiques fut vulgarisée, mais également l'étude des textes bibliques et leur interprétation accessible à tous. La bourgeoisie, la noblesse du Poitou, d'Aunis et Saintonge,  adhérérent rapidement à cette nouvelle religion ; notamment sous l'instigation de Jean de Saint Gelais Abbé de Saint Maixent et Evèque d'Uzes (suite d'Arnaud de Saint Gelais (abbé de 1509-1512), puis son neveu Jacques de Saint Gelais (1512-1528) - la famille de Saint Gelais comptant parmis les plus anciennes du bas Poitou) 
Louis XIII en 1621 fait abandonner La Rochelle par Niort moyennant une assurance de paix après les exils de 1608 (départ de 60 navires pour le Québec de La Rochelle) et les guerres de religions qui ravagèrent l'intérieur des terres d'une façon dramatique, sans escompter un quelconque appui maritime. En 1681 Louis le "Grand" vide l'intérieur des possibles contestations et velléités à l'encontre de sa politique. La Cour comptait se régaler des restes du labeur des industries des détracteurs de la foi officielle, sans n'avoir que l'effort d'intriguer à leur perte ; même le mémoire de Vauban sur l'issu de cette désastreuse politique est écarté. Ces années 1681-1685 sont des années terribles en métropole, elles fourniront le prétexte de guerre aux ligues étrangères, appuyés par les nouveaux exilés de France. A ceci s'ajouteront la famine, les épidémies et une période de désordre climatique. Le Soleil, "roi des astres",  aura allumé les brandons d'un feu qui couvera un siècle et qui surgira pour embraser toute l'Europe.

Et pour faire bonne mesure je joins le lien suivant www.histoiredevendee.com/ch20.htm#PRÉLUDES%20DE%20LA%20SAINT-BARTHÉLEMY.%20-%20BATAILLE%20DE%20MONTCONTOUR%20(3%20Octobre%201569).%20-%20REPRISE%20DE%20NIORT%20ET%20DE%20LUSIGNAN.%20-%20FONTENAY%20ÉVACUÉ%20PAR%20LES%20PROTESTANTS%20(11%20Octobre%201569).%20-%20MARANS%20PRIS%20ET%20REPRIS%20PAR%20LES%20DEUX%20PARTIS.%20-%20AFFAIRE%20DE%20LILE-DELLE.%20-%20GUÉ-DE-VELLUIRE,%20BEAUVOIR,%20ETC

Déjà à quelques kilomètres la vue change, et pourtant on est toujours sur le même terrain!!!! C'est de bonne guerre!!!!

 

«On voyoit que les cavaliers n'estaient logez que chez ceux de notre religion et qu'ils n'en partaient qu'après avoir entièrement ruiné leurs hostes... un jour, au bourg de Fressine, un seul cavalier, dans moins de deux heures fit changer trois des meilleures familles »
- Journal de Jean Migault, Maître d'école (1681-1688). Weiss et Clouzot.Paris, 1910, p. 67.

dragonnades-2.jpg

«1688, - Le 27 février de la mesme année, sur l'avis donné à M, Foucault, intendant de cette province, que les nouveaux convertis, au prejudice des defenses portées par les declarations du Roy, faisoient une assemblée proche le château de Granry, mon dit sieur se transporta sur les lieux, avec deux compagnies de dragons, et ayant surpris ces seditieux dans le délit, qui d'abord firent quelques resistances de peu de durée, parce qu'ils furent obligés de prendre la fuite, qui de ça, que de là, dans un étrange désordre de confusion, M. l'Intendant en fit arrester un grand nombre, dont cinq des plus coupables furent condamnés d'estre pendus, et qui estant conduits au lieu où leur sentence fut exécutée, firent amande honorable à Dieu et au très-saint Sacrement devant le grand portail de nostre église; quarente autres furent condamnés aux galères, et le château de Granry, démoli rez terre, On tient que cette assemblée estoit composée d'environ dix-huit cent personnes, qui se prometoient d'en faire une autre, et bientost beaucoup plus nombreuse, si celle-cy n'avoit pas esté rigoureusement réprimée »

- L'Abbaye de St-Maixent, Richard T, XVIII. p, 419.

 




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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 12:28

 

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Histoire de la Ville de Niort : 


Quelques dates  (sans aucun commentaire, cela se suffit à lui même) :

- 2 février 1671 : nouveaut traité secret entre la France et l'Angleterre contre les provinces unies de Hollande,
- mars 1672 : début du conflit avec la Hollande,
- février l'Angleterre rompt le traité,
- 1676-1677 : la Hollande est défaite à Agosta et Cassel, elle perd la Guyane,
- 4 juin M. de Vauban est nommé Commissaire aux fortifications,
- 25 octobre 1679 : traité secret entre le Brandebourg et la France,

- novembre 1680 : Interdiction de mariages entre protestants et catholiques,
- 18 mars 1681 M. de Louvois fait donner les premières dragonnades en Poitou,
- 30 août 1682 : Interdiction de réunion pour les protestants,
- 9 octobre 1683 : Mariage secret entre Louis XIV et Madame de Maintenon (née à Niort, née d'Aubigné),
- mars 1685 Ordonnance coloniale ou "Code noir" qui fixe les régles de l'esclavage,
- 18 octobre 1685 : Révocation de l'Edit de Nantes,
-  8 novembre 1685 : Edit de Postdam par lequel le grand électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, organise l'accueil des exilés protestants.

- 9 juillet 1686 : Création de la Ligue d'Augsbourg, réunissant, les états d'Allemagne, la Bavière et la Suède contre la France. La guerre durera jusqu'en 1697
- 17 mai 1689 : l'Angleterre se joint à la Ligue d'Augsbourg
- janvier 1695 : création de l'impôt par capitation (par tête) pour financer l'effort de guerre contre la Ligue, jusqu'en décembre 1697,
- 11 mai 1700 : Création de la Loterie Royale,
- mars 1701 : Rétablissement de l'impôt par capitation,
- septembre 1701 : première émission de papier de monnaie ou "billet",
- 14 octobre 1710 : création d'un nouvel impôt de guerre "le Dixième" supprimé en 1717,
- 1er septembre 1715 mort de Louis XIV, après avoir vu disparaître le Grand Dauphin en 1711, le Dauphin en 1712, Charles de France en 1714. Sa succession directe se résume à son aiière-petit-fils alors âgé de quatre ans.

 Louis-XIV-bataille-de-Tournai.jpg

ARREST DU CONSEIL D'ESTAT DU ROY 
PORTANT RÉDUCTION DU NOMBRE DES ESCHEVINS ET OFFICIERS DE L'HOTEL COMMUN DE LA VILLE DE NYORT, ET RÉGLEMENT SUR CE SUJET.

(Du 18 juillet 1681 .)

Extrait des registres du conseil d'estat du roy.

LE ROY estant en son conseil, ayant esté informé que la maison de ville de Nyort est composée de cent officiers; sçavoir d'un maire, de douze eschevins, de douze autres eschevins appellez conseillers, et de soixante seize pairs; et que ce grand nombre d'officiers tourne non-seulement à la charge des autres habitans de ladite ville, au moyen des privileges et exemptions dont ils jouissent: mais aussi à cause des brigues continuelles qui arrivent dans ledit hôtel de ville. Et Sa Majesté voulant, pour le bien de ladite viIle deNyort, reduire les officiers dudit hôtel de ville au nombre qui est absolument necessaire , et regler en même lernps toutes choses sur ce sujet, afin qu'il n'en arrive pas de desordre: Sa Majesté estant en son conseil, a ordonné et ordonne ce qui ensuit.

Qu'à l'avenir, à commencer du jour et datte de la publication du present arest et réglement, il n'y aura en ladite ville de Nyort qu'un maire et six eschevins, et que ledit maire sera élu tous les ans par le maire qui se trouvera en charge, et par les six eschevins qui seront tenus, comme il est, et a de coutume de nommer trois personnes pour ladite charge de maire, lesquelles trois personnes seront prises de tous les bons habitans de ladite ville, excepté les petits marchands et artisans; que l'une des trois personnes sera choisie par le senéchal de Poitou, ou en son absence, par le lieutenant general de la ville, sans que l'un desdits eschevins élisans puisse étre élu maire, ni même d'un an aprés être sorti d'eschevinage, ni que le maire sortant de mairie puisse être élu eschevin qu'après deux ans, et qu'il ne puisse être continué, que pour des causes extraordinaires dont il sera fait mention dans l'acte de l'élection; laquelle en ce cas devra être faite tout d'une voix, et être approuvée par Sa Majesté.

Que les eschevins seront trois ans eschevins, dont tous les ans il en sortira deux de charge, et qu'il en entrera deux autres nouveaux, qui seront élus d'entre tous les bons habitans de la ville; comme le maire, par le maire, et les six eschevins : et qu'aprés êtrR sorti de l'eschevinage, il ne poura être élu de trois ans eschevin.

Que les nouveaux eschevins prendront les dernieres places, et monteront successivement aux premieres; et les deux plus anciens sortiront de l'eschevinage pour faire place aux nouveaux, sans que les habitans de ladite ville faisant profession de la religion prétendue réformée puissent être élus esdites charges de maire et eschevins : mais seulement ceux faisans profession de la religion catholique, apostolique et romaine.

Que le maire pourra porter l'épée, ainsi qu'il est accoutumé, et que les eschevins seront revétus de robes semblables à celles des juges-consuls, avec cette distinction qu'ils porteront sur l'épaule un roquet d'escarlatte.

Que les elections et installations seront faites aux jours accoutumez, à la reserve de celle qui sera faite le lendemain de la publication du present arrest.

Que le procureur de la police, le secretaire dudit hôtel de

ville, receveurs, et autres menus officiers demeureront dans leurs offices, tant qu'il sera jugé par le maire et les six eschevins, qui en pourront élire d'autres en leurs places, dans le temps des élections seulement.

Que les baux des revenus dudit hôlel de ville, et de tous les ouvrages publics dudit Nyort , seront faits devant le maire et les six eschevins, et qu'ils seront signés au moins de quatre d'entr'eux, avec le maire.

Que ladite ville de Nyort sera, pour ce qui regarde la police, separée en six quartiers, dont chacun aura soin d'un quartier, et que tous lesdits qnartiers seront donnez tous les ans à chaque eschevin, dans le temps des elec!ions , aprés qu'elles auront été faites; lesquels quartiers Seront assignés par le maire aux eschevins , et que lesdits eschevins rapporteront au corps de ville, une fois au moins toutes les semaines, les affaires du quartier dont ils auront le soin, dans lesquels ils seront obligez de taire la visite chaque semaine.

Que le maire aura toujours la police generale Sur toute la ville, comme il a eu jusques icy; et que lorsqu'il ira faire la visite dans un quartier, il sera accompagné de l'eschevin à qui ce quartier sera assigné.

Que ledit maire rendra son compte trois mois aprés qu'il sera sorti de charge, au plus tard, par devant le maire nouveau et les six eschevins.

Qu'en cas que le maire vienne à déceder pendant son année de mairie, le premier eschevin en fera les fonctions jusques au temps de l'election et que pareillement si un eschevin vient à mourir dans l'année, quelqu'autre eschevin prendra le soin de son quartier, par la destination du maire, jusques au temes de l'election, que l'on élira à toutes les places vacantes par mort, ou autrement, entre les maire et eschevins qui se trouveront en place.

Que toutes les affaires de la maison de ville passeront par l'avis des maire et six eschevins; et que s'il arrive quelque affaire publique qui interesse toute la ville, ils pourront convoquer les habitans pour prendre leurs avis: et qu'au surplus il en sera usé comme par le passé.

Et d'autant que Sa Majesté estime important à son service, et au bien de ladite ville, de choisir pour la premiere fois les maire et eschevins dudit Nyort , elle a pour cette fin choisi et nommé, sçavoir pour ladite charge de maire le sr MARSAULT de la Cailletiere, president en l'élection de Nyort; et pour celle d'eschevins, les sieurs Jean FRANCE doyen des conseillers, Charles GUYOT avocat du roy. Christophle AUGIER de la Terraudiere avocat, Isaac MAROT procureur du roy, Pierre DAGUlN sieur de Beauregard , et Laurens CHEBROU , comme personnes desquelles Sa Majesté a receu des temoignages de leur probité, et de leur zèle à son service, et ainsi qu'au bien et avantage de ladite ville; desirant à l'égard dudit sieur MARSAULT de la Cailletiere, pour des considerations importantes à son service, qn'il exerce ladite charge de maire pendant deux ans, et ce sans tirer à conséquence. Veut Sa Majesté que le present arrest et réglement soit à ['avenir gardé; observé et executé en ladite ville de Nyort, selon sa forme et teneur: Enjoint pour cette fin Sa Majesté au gouverneur et ses lieutenans generaux en Poitou; comme aussi à l'intendant de la justice, police et finances en ladite province, de tenir la main chacun comme il appartiendra, à l'execution du present arest. Fait au conseil d'Estat du roy Sa Majesté. y estant, tenu à Versailles le dix-huitiéme juillet mil six cent quatrevingt-un. Signé, LE TELLIER.

LOUIS, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre: à notre amé et féal conseiller d'Eslat, Me des requêtes ordinaire de notre hôtel, intendant de la justice, police et finances en Poitou, le sieur DE MARILLAC, salut. Voulant que l'arrest de ce jourd'huy, donné en notre conseil d'Estat, nous y étant, cy attaché sous le contre conseill de notre chancellerie, portant réduction du nombre des eschevins et officiers de ville, et autres menus officiers dans leurs offices, tant qu'il sera jugé par le maire et les six éschevins, qui en pourront élire d'autres en leurs places, dans le temps des élections seulement.....Enjoint pour cette fin Sa Majesté au gouverneur et ses lieutenants généraux en Poitou ; comme aussi à l'intendant de la justice, police et finances en ladite province, de tenir la mains chacun comme il appartiendra, à l'exécution du présent arest. Fait au conseil d'Estat du roy Sa Majesté. y estant, tenu à Versailles le dix-huitiéme juillet mil six cent quatrevingt-un. Signé, LE TELLIER.


Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 14:50
Cherveux-vue-a--rienne.jpg


La ville de Niort, de part sa position stratégique sur les axes Poitiers-La Rochelle, Poitiers/Saintes/Bordeaux, Limoges/Nantes fût assez tôt dotée d'une conséquente ceinture de remparts, puis enfin d'une seconde...

 

Pour renforcer le verrou plusieurs forteresses contrôlaient les axes précités, en amont et en aval de la ville. Nous en verrons quelques unes. Le système défensif se déployaient sur un premier rayon de 20 kms environ puis 10, ainsi c'est au moment des guerres de religions que le second cercle fut rasé pour établir une sorte de contre marche, afin d'empêcher les armées de se positionner à proximité de la ville.

 

On comprends dès lors l'importance et le rôle stratégique qui sont mis en relief durant les campagnes militaires des guerres de religions pour la ville de Saint Maixent, tenir cette ville revenait toujours a maintenir une base pour des offensive contre la cité de Niort. C'est sous Richelieu et Louis XIV que cette place prend son essort et c'est également l'explication de la localisation de régiments dans cette ville.

 

Donc le château qui nous concerne "Cherveux" fût à l'origine une motte castrale appartenant à la famille des Lusignans. Cette famille vraisemblablement l'une des plus ancienne du Poitou, s'illustra très tôt pour son esprit d'indépendance et sa vélléité à toute autorité royale. Son ancienneté et ses alliances familiales firent hisser les Lusignans aux fonctions les plus hautes dans les Etats Latins d'Orient.

 

Lorsque l'empire des Plantagenêts s'effondre, le Poitou retombe dans l'escarcelle royale capétienne, les Lusignans partent en guerre contre leur suzerain. En 1242 Saint Louis confisque   à Hugues XI de Lusignan six fiefs ,suite à la défaite de Taillebourg,  et remet la citadelle à son frère Alphonse de Poitiers(époux également de la fille du Comte de Toulouse - les deux meurent sans enfants et les domaines des Comtés de  Toulouse et Poitou vont directement à la couronne-).

 

Entre temps Hugues fait son serment d'allégeance, va combattre au côté de Louis IX en Egypte ou il meurt en 1249. Le château est restitué aux descendants de la famille de Lusignan. En 1303 il passe aux Mello, puis Craôn et enfin Châlons.

Durant la guerre de cent ans cette place imposante est de nouveau enlevée en 1363 par les troupes anglaises d'Edouard III, ce dernier le donne à son Sénéchal de Poitou Guillaume Felton.

 

Du Guesglin avant de s'emparer de Niort par ruse, fait tomber Cherveux en 1369. Il est alors restitué a Amaury de Craon, et enfin c'est Guy de la Trémoille d'une illustre famille du Poitou qui acquiert le château. Il cumule les postes de premier Chambellan, Ministre et Gouverneur du royaume sous Charles VII.

Louis de la Trémoille le cède à la famille d'Estissac, il change de mains plusieurs fois pour aboutir dans celles de famille Chenin (curieusement c'est aussi le nom d'un cépage ancien)

Louise Chenin l'apporte en 1470 par mariage à Robert de Conningham qui devient dés lors seigneur de Cherveux.

 

Robert de Conningham est capitaine de la très prestigieuse "Carde écossaise" du roi Charles VII puis Louis XI, en effet depuis près de 400 ans la "Old alliance" (vieille alliance) entre le royaume d'Ecosse et de France est effective par le biais de cette garde d'élite au service de la couronne. Tout comme les régiments Suisses plus tardivement, ainsi que ceux de Pologne.

 

Conningham s'illustre notamment durant la campagne de reconquête de la Normandie en 1450, et de la ville de Bayonne en 1451. Il est impliqué dans un complot contre le roi mais est réhabilité par la "French court" (Justice) en 1461. Louis XI reconnait ses mérites et lui accorde la Capitainerie de la Garde avec 50 lances fournies

 

Conningham family

 

Conningham fait doté Cherveux d'une architecture médiévale défensive impressionnante, et luxueuse pour l'époque. La construction s'opére en une seule fois.


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Cherveux est transmis de succession en succession pour aboutir dans les mains des Puyguyon et de la famille de Saint Gelais - vieille famille des environs de Niort -

Louis de Saint Gelais est amiral de la flotte protestante sous le futur Henry IV, il est naturellement l'un des chefs de la région du Poitou, car il connaît les lieux. Il s'empare habilement de la ville de Niort ou il trouve 2 ans de blés pour nourrir la ville et les armées. Il obtient le commandement général de la province. Henry IV lorsqu'il accède au trône le nomme Lieutenant Général. C'est donc en ce sens que Saint Gelais fait fortifier la place pour la rendre redoutable.

 

Mme. Redien propriétaire du Château se fera un plaisir de vous guider au cours de cette inoubliable visite. Un des rares vestiges défensif encore debout de la région et qui mérite que l'on y prête toute l'attention nécessaire. Le propriétaire propose ausi des chambres d'hôtes et parfois de la cuisine médiévale.

 

Il est fort probable que la vie de Robert de  Conningham ait inspiré Walter Scott en 1823 pour sa nouvelle historique "Quentin Durward"

 

Il en résulte donc de ce fait un excellent film du réalisateur Richard Thorpe en 1955 : "The adventures of Quentin Durward" avec avec Robert Taylor, Kay Kendall, Robert Morley, George Cole.

 

Une série télévisée franco-allemande en 1971 "Quentin Durward" par Gilles Grangier

annuaire gratuit Annuaire de la Guadeloupe
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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 23:00

Chant du début XVème siècle "Quant la doulce jouvencelle" -  anonyme - Manuscrit d'Oxford, interprété par l'ensemble Astéria au château de Germolles à la mi avril 2007.





Le ténor Eric Redlinger accompagne au luth Sylvia Rhyne qui amène au duo sa voix cristalline de soprano.

Eric Redlinger fût formé à la Schola Cantorum de Bâle, durant cette période il compléta sa science musicale par des recherches d'archives sur des sources originales. Après avoir obtenu son diplôme au collège Middlebury il entreprend des études de musicologie au conservatoire de Francfort, tout en complétant ses recherches archivistiques mais cette fois ci au niveau européen. Il vit à New-York.

Sylvia Rhyne imprégnée de musique classique, d'opéra et de danse dès sa prime jeunesse, se prend de passion pour la musique ancienne au collège Carleton ou elle obtient son diplôme de musique. Elle entreprend une carrière dans le music hall, notamment à Broadway, puis dans le cinéma.

Après leur rencontre ils travaillent plusieurs morceaux de la fin du Moyen - Age dans Central Park ; pour aboutir à un ensemble harmonieux, à la fois, clair et doux pour nous transporter avec délices avant la Renaissance.

 

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 14:10

Virelai "Douce Dame Jolie" de Guillaume de Machaut



Virelai Monophonique remarquablement interprété avec la prononciation en vieux français (vieux françois):

Le lai est une forme fixe de la poésie apparu au XIIe siècle, virer c'est tourner ; ce qui évoque à la fois danse et refrain. Il est composé d'un nombre variable de strophes à deux rimes ayant pour trait commun un vers servant de refrain.

Guillaume de Machaut (1300-1377) est le plus célébre auteur et compositeur du XIVème siècle et marque incontestablement la production artistique européenne. Il entre au service de plusieurs grands féodaux parmi lesquels figuraient Bonne de Luxembourg, Charles II de Navarre, Jean de Berry et Charles duc de Normandie futur Charles V.


Sources: Manuscrits de Guillaume de MachautA B C E & G


Douce dame jolie,
Pour dieu ne pensés mie
Que nulle ait signorie
Seur moy fors vous seulement.


Qu'adès sans tricherie
Chierie
Vous ay et humblement
Tous les jours de ma vie
Servie
Sans villain pensement.
Helas! et je mendie
D'esperance et d'aïe;
Dont ma joie est fenie,
Se pité ne vous en prent.
Douce dame jolie.

Mais vo douce maistrie
Maistrie
Mon cuer si durement
Qu'elle le contralie
Et lie
En amour tellement
Qu'il n'a de riens envie
Fors d'estre en vo baillie;
Et se ne li ottrie
Vos cuers nul aligement.
Douce dame jolie.


Et quant ma maladie
Garie
Ne sera nullement
Sans vous, douce anemie,
Qui lie
Estes de mon tourment,
A jointes mains deprie
Vo cuer, puis qu'il m'oublie,
Que temprement m'ocie,
Car trop langui longuement.
Douce dame jolie,
Pour dieu ne pensés mie
Que nulle ait signorie
Seur moy fors vous seulement.

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 11:24

Pierre de Ronsard (1524-1585) - "Ode au plaisir" par Jacques Marchais : un texte du XVIème siècle contemporain des guerres de religions qui sévissent en France et  remarquablement interprété et trop méconnu!



Il y est question d'Anacréon :

Poête lyrique grec (-550 à -464) qui célèbre l'amour et les banquets. Les athéniens le voient inspiré par Dionysos.
Durant ses multiples périples et péripéties d'artiste il compte parmi ses amis Xanthyppe père de Périclès.

Ode Anacréontique :

LA COUPE

Prends ce bloc d’argent, adroit ciseleur.
N’en fais point surtout d’arme belliqueuse,
Mais bien une coupe élargie et creuse
Où le vin ruisselle et semble meilleur.
Ne grave à l’entour Bouvier ni Pléiades,
Mais le chœur joyeux des belles Mainades,
Et l’or des raisins chers à l’oeil ravi,
Et la verte vigne, et la cuve ronde
Où les vendangeurs foulent à l’envi,
De leurs pieds pourprés, la grappe féconde.
Que j’y voie encore Evoé vainqueur,
Aphrodite, Éros et les Hyménées,
Et sous les grands bois les vierges menées
La verveine au front et l’amour au cœur !


Le genre Anacréontique est réapproprié au XVIème siècle par Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay et Clément Marot puis au XVIIIème c'est Voltaire qui s'en empare.
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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 09:49

 

Histoire de la ville de Niort :

 

Louis XIII crée le régiment royal de Niort ainsi que douze compagnies le 26 juin 1621 au camp de Saint Jean d'Angély. Il est bien noté que catholiques et protestants sont admis. Ces Compagnies comme énumérées une partie ci-dessous servent à la défense de la région et des côtes (notamment en Charente Maritime actuelle et Vendée) suivant le besoin (1674), le détail en est donné pour la composition, lors d'une revue (un médecin est toujours attaché à l'Etat-Major).

 

 

Nous sommes avant la révocation de l'Edit de Nantes qui à lieu en Octobre 1685, mais les premières dragonnades effectives ont lieu dès 1679. Dès ces jours les dragons du roi (Louis XIV) logeront chez les protestants, seront nourris à leurs frais et certains devront abjurer leur foi, d'autres seront conduits aux galères. M. de Vauban dans son "Mémoire pour la défense des huguenots" démontre inéluctablement les conséquences calamiteuses de cette révocation. Il s'en suivra une guerre civile par intermédiaire, ou les protestants en exil soutiendront la coalition étrangère contre Louis XIV. Le mémoire de M. de Vauban, ne sera pas lu par le roi, car il ne lui sera pas présenté. La cour soutenant des hommes plus jeunes, plus en vue, futiles, moins sages et pas forcément plus compétents, mais qui avaient l'heurt de plaire aux esprits qui semblent faire de la météorologie de salon.

 

Le 6 juillet 1414 Jean de Berry, comte de Poitou, Estampes, Boulogne, Auvergne avait lui par lettres exemptés maire, éschevins, bourgeois et habitants de la ville de Niort de Ban et arrière Ban (servir à l'Ost du roy - participer à la levée des troupes en cas de guerre) :

"Que nozdiz bourgeois et habitans, ne aucun d'eulx vous ne vous molestiez, ne empeschiez, ne souffrez estre molestiez, ne empeschiez en corps ne en biens, pour non servir ne envoier pardevers mondit seigneur...." (1)

 

Cette dispense ne s'accorde plus qu'aux maire, eschevins et conseillers de Niort le 28 novembre 1551, et enfin à quelques personnes, car les guerres de religions commencent. ( contresigné par Gauvaing échesvin) (2)

 

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"LE roy desirant establir quelque ordre pour la garde et la conservation de la ville de Nyort, par le moyen duquel tous ses subjects tant catholiques que de la religion pretandue reformée y soient admis, et s'estant faict representer le roolle des principaux hahitans de ladite vine, veult et ordonne qu'il soit estably douze compagnies soubz la charge de douze capitaines, lieutenans et enseignes cy dessus desnommez.

Mandons au sieur de Parabere, gouverneur de ladite ville, de prendre et recevoir leur serment, et ensuite les establir et ordronner à la garde des portes de ladife ville, et leur commander ce qu'ils auront il faire pour la seureté et Conservation d'icelle, tenant la main il ce qu'ils vivent et se comportent ensemblernent en toute union, amitié et concorde. Faict au camp de St. .Jean d'Angely Je 26 juin 1621. Signé Louys et plus bas, PHELlPPEAUX.

 

 

Depuis ce temps là ledit regirnent s'est toujours maintenu suivant son establissement et les officiers en ont esté renouvelIez de temps en temps, ayans non seulement esté employés pour la garde de la ville, mais encore pour servir au dehors soit pour aller en party comme j'on fit pendant les guerrescivilles des princes contre les ennemis de l'estat, sur lesquels on fit des prisonniers et du butin, soit pour aler servir sur es costes de la province, comme il est arrivé l'année 1674.

Monsieur le duc DE LA VIEUVILLE gouverneur de Poitou ayant ordonné un détachement de 500 hommes d'infanterie dudit regiment avec leurs officiers qui sont allés servir sur lescosts avec un zele extraordinaire pour le service du roy, dont Monsieur Je duc de la Vieuville a témoigné estre tres-satisfait par diverses lettres qu'il en a escrites au S. de la Terraudiere maire, pur les soings duquel la chose a esté conduite, et a donné une attestation publique du service qu'ils ont rendu, en la forme qui suit.

Le Duc DE LA VIEUVILLE, pair de France, chevallier d'honneur de la reine, gouverneur et lieutenant generaJ pour le roy du haut et bas Poictou, Chastelleraudois et Loudounois.

Certiffions à tous qu'il appartiendra que les cinq cens hommes destachés du regimcnt de Nyort pour le service du roy par nos ordres pour la deffence des costes de Poictou, et commendés par les sieurs de la Voute France, de la Fontenelle, Migau1t, Villepain Marot, de Luns Guyot, el

la Brosse Chebrou, capitaines; Jacques Fradet, Pierre Chehrou, Gabriel Hugueteau et Jean Gresseau, lieutenans, et ledit Chebrou ayde-major; Louis Madien, Jacques Gorrin et Jean Bidault soubs

lieutenans, avec 20 sergents et 20 caporaux, ont bien et fidellement servi Sa Majesté dans l'isle de Bouin, aux Sables d'Olonne et ailleurs, et bien vcscu en tous les endroits de leur passage et lieux de garnison, en foy de quoy nous avons signé ces presentes de nostre main, icelles fait signer à nostre secretaire et apposer le seau de nos armes. Aux Sables le dernier juillet 1614. Signé le duc DE LA VIEUVILLE, et plus bas par Monseigneur, TACONNET , et scellé des armes dudit Seigneur.

Et au paravant, sçavoir le 13 dudit mois de juillet, ledit détachement avoit passé en reveue à Beauvoir sur' mer devant Monsieur DE MARILLAC intendant de Poitou, qui en fit dresser un estat en la forme qui suit :

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REVEUE DES CINQ COMPAGNIES DÉTACHÉES DU RÉGIMENT D'INFANTERIE DE NYORT, A LEUR PASSAGE A BEAUVOIR SUR MER, POUR ALLER EN L'ISLE DE BOUIN.

 

COMPAGNIE DE LA VOUTE.

Capitaine présent, trois chevaux,

Lieutenant present, un cheval, Sous-lieutenant present, un cheval, Quatre sergens, deux chevaux,

Cent trois soldats et un tambour.

 

COMPAGNIE DE FONTENELLE.

Capitaine present, trois chevaux,

Lieutenant present ,un cheval,

Sous-lieutenant present, un cheyal, Quatre sergens presens, deux chevaux,

Cent soldats. et un tambour.

 

COMPAGNIE DE VILLEPAIN.

Capitaine present, trois chevaux,

Lieutenant present, deux chevaux,

Sous-lieutenant, un cheval,

Quatre sergens, deux chevaux,

Cent soldats et un tambour.

 

COMPAGNIE DE LUNS.

Capitaine present, trois chevaux,

Lieutenant present, un cheval,

Sous-lieutenant present, un cheval,

Quatre sergens presens, deux chevaux,

Cent soldats et un tambour.

 

COMPAGNIE DE LA BROUSSE.

Capitaine present, trois chevaux ,

Lieutenant present, un cheval,

Sous-lieutenant present, un cheval,

Quatre sergens , deux chevaux ,

Cent cinq soldats et le tambour.

 

ESTAT MAJOR.

Major VILLEPAIN , troisiéme capitaine suprâ.

Ayde-major, lieutenant dudit troisiéme capitaine.

Chirurgien present.

 

La revue cy-dessus a esté faite par nous RENÉ DE MARILLAC, chevallier seigneur d'Olinville, conseiller du roy en ses conseils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, commissaire départy pour l'execution des Ordres de Sa Majesté en la generalité de Poictiers, dans laquelle rcveue nous avons trouvé tous les officiers et soldats cy dessus presens et effectifs. Fait audit Beauvoir les an et jour que dessus. Signé DE MARILLAC, et plus bas par Monseigneur, DUPONT."

 

Sources : Thrésor de la ville de Nyort, Augier de la Terraudière, 1886 2ème édition, chez Clouzot à Niort, p.119, 120,121, 122.

 

1) ibid. p. 61,

2) ibid. p. 62.


Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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