Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Contact : Administrateur@henrydarthenay.com

  • : Vouillé un peu d'Histoire
  • : Histoire, politique historique comparée, économie, finance, généalogie, techniques Moyen âge,
  • Contact

vous êtes 152 000 visiteurs 248 000 pages et je vous en remercie vues , merci de votre visite

contact :henry.darthenay@hotmail.fr
 
Facebook :
 
https://www.facebook.com/people/Henry-Darthenay/1649294905
 
Musique (un florilège d'oeuvres musicales) :
 
 http://www.youtube.com/user/henrydarthenay
 
 

Recherche

1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 13:18

Une majorité des images proviennent de la "Dolce Vita" de Fellini, musique de Nino Rota, avec l'acteur fétiche de Frédérico, Marcello Mastroianni et la pulpeuse Anita Ekbergpuis une autre de "8 1/2"  (Lien vidéo)

Ce clip est un montage de caractères Felliniens qui résument assez bien son oeuvre sur une musique "Sing, sing, sing" de Benny Goodman (1935)par Gene Krupa. Excellente idée de liaison!!!


Nino Rota

Le chef d'orchestre Arturo Toscanini conseilla à Nina Rota d'aller se perfectionner à Philadelphie (Pennsylvanie). Rota y obtint une bourse d'études au Curtis Institute, où il étudia, de 1930 à 1932, sous la direction de Fritz Reiner (direction d'orchestre) et de Rosario Scalero (composition).



Comme toujours Fellini, joue de l'onirisme, du surréalisme. il dépeind une humanité vraie avec tendresse  sans jamais la caricaturer, la dénigrer.
Voir un Fellini c'est visiter en songe une galerie de portraits vivants,  avec toujours l'incroyable talent d'union avec Nino Rota.


L'Histoire est vivante par la musique, mais elle l'est aussi par les techniques, les objets,l'architecture, le cinéma et d'une manière générale l'art ou les arts, qui démontrent le degré de culture d'une civilisation ; sans oublier le vecteur principal qui est et demeure la littérature.

Partager cet article

Repost0
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 14:14
Extrait musical d'un des deux hymnes Delphiques dédiés à Apollon :


 

Ces hymnes delphiques à Apollon ont été découverts en Mai 1893 à Delphes, par l’École française d’Athènes, lors d’une exploration des ruines du " Trésor des Athéniens ".
Lors des fêtes delphiques les ambassadeurs se réunissaient en ce lieu ainsi que les pélerins, les murs y étaient couverts d'inscriptions notamment de décrets, poèmes ou catalogues d'ambassades, sur l'un des mur figurait ces hymnes, qui sont désormais conservés aux Musée de Delphes. 

Ces hymnes ont été fixés aux dates lors de deux Pythaïades (138 et 128 av. J.-C.) par le chœur dionysiaque
d’Athènes qui devait compter une cinquantaine de membre.

Un extrait de la traduction possible :


" Venez sur cette double cime qui regarde au loin, le Parnasse ami des chœurs, et présidez à mes chants, ô Piérides, qui habitez les roches neigeuses de l’Hélicon. Venez chanter le Pythien aux cheveux d’or, le maître de l’arc et de la lyre, Phébus, qu’enfanta l’heureuse Latone près du lac illustre, quand, dans ses douleurs, elle eût touché de ses mains un rameau verdoyant de l’olivier ".

 

Pythagore jette les bases des mathématiques musicales, en proposant une liaison entre le monde connu et la vibration du monde, une sorte d'harmonie céleste, une préfiguration presque augurale de la théorie des cordes actuelle

Cette résonnance entre les mathématiques et la musique est nommé la divine "Tetraktys" signifie "à quatre rayons", "au quadruple éclat rayonnant". Ce mot évoque une lumière rayonnante ("aktys"), et le nombre 4 ("tetra").

Il existe un symbole :



•    •

•    •    •

•    •    •    •

 

10 points ordonnés en un triangle équilatéral, un point central entouré de 9 points, chaque base du triangle composée de 4 points, quatre rangées des 4 premiers nombres successifs, dont la somme vaut 10... il y a de multiples manières de voir la Tetraktys.



Dans le Timée de Platon, une évocation de la divine Tétraktys mais avec un doublement des points pairs et impairs sur chaque corde.


Sur un triangle initial sont placées les puissances successives de 2 et de 3. Les diverses fractions obtenues en combinant dans tous les sens ces puissances permettent d'obtenir presque toute l'étendue de la gamme

 

Il y a une notion de cohérence du Monde de son ordonnance, de sa résonnance par le musicien, elle exprime en une sorte de miroir l'Harmonie ou le Chaos. Cet hymne delphique a Apollon a une consonnance orientale, car se sont les orientaux ou moyen-orientaux qui ont poursuivis cet état d'esprit pour en faire un langage musical plus varié et subtil qu'en Occident. Quoiqu'il en soit cette vidéo restitue une sonorité particulière venue du passé et qui semble transcivilisationnelle a la fois intemporelle et irrèelle tout en étant réglée.

Une autre vidéo complète ce texte avec de suberbes photos de Melos Apxaion :



Partager cet article

Repost0
13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:33

Une étude scientifique démontre l'utilisation de la technique du sfumato pour la Joconde par Léonard de Vinci :


Vinci, Dürer et Copernic sont tous trois contemporains, tous ont séjournés en Italie, et tous trois ont eus des amis communs!!!
Léonard de Vinci étudie la morphologie des chevaux dans les écuries de Galéazzo de San Sévérino, neveu du duc de Milan, ce dernier se réfugie à Nuremberg en 1499 et a pour connaissance ;  parmi le groupe d'Humanistes ;  Willibald Pirckheimer (1470-1530), puisqu'il est son camarade d'université. Pirckheimer quand a lui, passe ses soirées avec Albrecht Dürer afin de l'initier entre autre au grec et au latin.
D'autre part il est admis que plusieurs dessins anatomiques de Dürer sont des répliques exactes des esquisses de Vinci. C'est bizarre que Vinci n'ait pas été mis au courant de la technique du sfumato (fumée ou brouillard) pratiquée en Hollande, alors qu'au Nord de l'Europe on connaissait et reproduisait ses oeuvres!!!!

Partager cet article

Repost0
8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 06:29

Eratosthène en - 205

Directeur de la grande bibliothèque d'Alexandrie en 236 avant J.C., il s'inspira sans doute des expériences astronomiques d'Aristarque de Samos (Lors des éclipses de Lune la projection de l'ombre de la terre sur la Lune montre une section circulaire). En 205 avant J.C, il propose une méthode purement géométrique pour mesurer la taille de la Terre (mesure du méridien terrestre en passant par les pôles ce qui induit la circonférence de la terre). Il confirme ainsi la connaissance de la différence de position entre l'horizon et l'étoile Polaire en Grèce et en Egypte et les observations d'Aristarque de Samos

Eratosthène compara les ombres le jour du solstice d'été dans deux villes : Syène (aujourd'hui Assouan ou Souenet en ancien égyptien )au sud de l'Egypte et Alexandrie au nord.

Souenet est la ville la plus méridionale de l'ancienne Egypte et se situe près de la première cataracte, elle est aussi la porte du pays des deux terres qui s'ouvre sur la Nubie et inversement.

Il se rend donc à Assouan et observe que les rayons du Soleil atteignent le fond d'un puit le jour du solstice d'été, au moment ou le soleil est à son zénith sur ce point dans le tropique du Cancer. Le Soleil est donc exactement à la verticale du fond de ce puit et l'éclaire parfaitement.

Le même jour, à Alexandrie, plus au nord, on observe l'ombre d'un  obélisque, dont on peut mesurer l'angle soit 7,2° avec la verticale de ce même obélisque. Par l'outil de la géométrie (angles alternes-internes), on peut déduire que l'angle de 7,2° entre la verticale à Alexandrie et les rayons du Soleil forme une inclinaison prouvant que la terre n'est pas plate mais sphérique; car si l'on prolonge les deux verticales, celle de l'obélisque d'Alexandrie et la mesure du zénith d'Assouan on suppose que celles ci vont se rejoindre au centre de la Terre.
Il utilisa la distance (arc de cercle) entre les deux villes et trouva 5000 stades. Une simple règle de proportionnalité lui permis de calculer la circonférence de la Terre, soit un arc de cercle correspondant à 360°.

angle 360°
arc de cercle 5000 stades 257000 stades

Un stade vaut 157 m.

La circonférence de la Terre est donc de :257.000 x 157 = 40349000 m, soit 40349 kms.

Les calculs actuels permettent de donner une mesure plus précise de 40074kms, ce qui démontre que les calculs d'Eratosthène sont justes.


Une démonstration vidéo sous titrée en Français permet de comprendre la méthodologie employée par Eratosthène.

Carl Sagan est scientifique et astronome, ancien directeur et Professeur de l'université de Cornell, réalisateur de la série de vulgarisation scientifique Cosmos.




Pour ce qui concerne le contexte Alexandrie est fondée par Alexandre le Grand en -331, ce dernier confie à la colonie grecque  présente dans le delta du Nil ainsi qu'a Cléomène de Naucratis et Dinocrate de Rhodes le soin de la construction de la citée ; cette dernière sera conçue suivant un plan orthogonal ou en damier avec de larges artères se coupant à angles droit.

Ptolémée fils de Lagos fondateur de la dynastie des Lagides installe sa nouvelle capitale à Alexandrie lors de la mort et du partage de l'empire d'Alexandre en -323.

Dès ce jour Alexandrie devient le phare intellectuel du monde Méditerranéen, qui après les conquêtes d'Alexandre à pour langue commune le grec.

L'école d'Alexandrie joua un rôle majeur dans le domaine des sciences et des mathématiques. D'Euclide à Claude Ptolémée, on ne compte pas les scientifiques qui y vécurent ou y séjournèrent, amenant des avancées primordiales, particulièrement dans l'histoire de l'astronomie. Ce qui va se vérifier plusieurs fois dans ce blog. Il faut ne pas oublier aussi la fameuse grande Bibliothèque qui compta 400 000 rouleaux à son origine puis 700 000 du temps de Cléopâtre et César.

Partager cet article

Repost0
5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 09:32
Stonehedge, le disque de Nebra, la mécanique d'Anticythère, trois découvertes sous études.

La construction astronomique de Stonehedge semble complétée par l'étude du disque de Nébra. Y-a-t-il un lien!!!



Puis le disque de Nébra de l'âge du Bronze



Enfin le mécanisme d'Anticythère, un lien sur le projet d'étude du mécanisme d'Anticythère, puis une vidéo explicative :



Qui suivrait les travaux d'Hypparque en astronomie.


Cicéron cite deux machines, dont l’une lui ayant appartenue, et l’autre construite par son ami Posidonius, machines capables de reproduire les mouvements du Soleil, de la Lune et de cinq planètes.


Cicéron, De la République, livre I



1,13]

XIII. (19) Tum Philus: 'non mihi uidetur' inquit 'quod hi uenerunt alius nobis sermo esse quaerendus, sed agendum accuratius et dicendum dignum aliquid horum auribus'. hic Laelius: 'quid tandem agebatis, aut cui sermoni nos interuenimus?' (Philus) 'quaesierat ex me Scipio quidnam sentirem de hoc quod duo soles uisos esse constaret'. (Laelius) 'ain uero, Phile? iam explorata nobis sunt ea quae ad domos nostras quaeque ad rem publicam pertinent? siquidem quid agatur in caelo quaerimus'. et ille (Philus): 'an tu ad domos nostras non censes pertinere scire quid agatur et quid fiat domi? quae non ea est quam parietes nostri cingunt, sed mundus hic totus, quod domicilium quamque patriam di nobis communem secum dederunt, cum praesertim si haec ignoremus, multa nobis et magna ignoranda sint. ac me quidem ut hercule etiam te ipsum Laeli omnisque auidos sapientiae cognitio ipsa rerum consideratioque delectat'. (20) tum Laelius: 'non inpedio, praesertim quoniam feriati sumus; sed possumus audire aliquid an serius uenimus?' (Philus) nihil est adhuc disputatum, et quoniam est integrum, libenter tibi, Laeli, ut de eo disseras equidem concessero'. (Laelius) 'immo uero te audiamus, nisi forte Manilius interdictum aliquod inter duos soles putat esse componendum, ut ita caelum possideant ut uterque possederit'. tum Manilius: 'pergisne eam, Laeli, artem inludere, in qua primum excellis ipse, deinde sine qua scire nemo potest quid sit suum quid alienum? sed ista mox; nunc audiamus Philum, quem uideo maioribus iam de rebus quam me aut quam P- Mucium consuli'.


 

[1,13] XIII. « Je ne crois pas, dit alors Philus, que l'arrivée de nos amis doive nous faire changer d'entretien ; la seule obligation qu'elle nous impose, c'est de traiter le sujet avec le plus grand soin, et de nous montrer dignes d'un tel auditoire. — Quel est donc ce sujet, demanda Lélius, et quelle conversation avons-nous interrompue ? — Scipion me demandait, dit Philus, ce que je pensais de l'apparition incontestable d'un second soleil. — Lélius. Eh quoi! Philus, sommes-nous assez édifiés sur ce qui se passe chez nous ou dans la république, pour nous mettre ainsi en quête des phénomènes célestes? — Philus. Croyez-vous donc, Lélius, que nos intérêts les plus chers ne demandent pas que nous sachions ce qui se passe dans notre propre demeure? Mais la demeure de l'homme n'est pas renfermée dans l'étroite enceinte d'une maison; elle est aussi vaste que le monde, cette patrie que les Dieux ont voulu partager avec nous. Et d'ailleurs, si nous ignorons ce qui se passe dans les cieux , combien de vérités, que de choses importantes nous seront éternellement cachées! Pour moi du moins, et je puis dire hardiment pour vous aussi, Lélius, et pour tous les vrais amis de la sagesse, étudier la nature, approfondir ses mystères, est une source de plaisirs inexprimables. — Lélius. Je ne m'oppose pas à ces belles spéculations, surtout un jour de fête; mais pouvons-nous encore vous entendre, ou sommes-nous arrivés trop tard? — Philus. Nous n'avions pas même commencé; le champ est entièrement libre, et je suis tout prt, Lélius, à vous céder la parole. — Lélius. Il vaut bien mieux vous entendre; à moins toutefois que Manilius ne veuille, en jurisconsulte consommé, régler le litige entre les deux soleils, et assigner à chacun la possession définitive d'une partie du ciel. — Manilius. Vous ne cesserez donc pas, Lélius, de tourner en raillerie un art dans lequel vous excellez vous-même, et dont les lumières sont indispensables à l'homme pour qu'il sache quel est son droit, quel est le droit d'autrui? Tout n'est pas dit là-dessus entre nous; mais pour le moment écoutons Philus, que l'on consulte, à ce que je vois, sur des matières plus graves que celles qui nous exercent d'ordinaire, Mucius et moi. »

 

Cicéron, De la nature des Dieux, Livre II
 

(88)

Quod si in Scythiam aut in Brittanniam sphaeram aliquis tulerit hanc, quam nuper familiaris noster effecit Posidonius, cuius singulae conuersiones idem efficiunt in sole et in luna et in quinque stellis errantibus, quod efficitur in caelo singulis diebus et noctibus, quis in illa barbaria dubitet, quin ea sphaera sit perfecta rarione?


« Si l'on transportait en Scythie ou en Bretagne cette sphère qu'a construite naguère mon ami Posidonius et qui, dans ses révolutions successives, montre le soleil, la lune et les cinq planètes tournant, comme ces astres le font dans le ciel, jours après jours, nuits après nuits, lequel parmi les habitants de ces pays barbares hésiterait à considérer cette sphère comme un parfait exemple de ce que peut le calcul? »

Partager cet article

Repost0
29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 14:16
Pour donner une idée fort interessante de la machinerie théatrale du début du XVIIIème de manière visuelle, visionner ce clip.



Berlin - Komische Oper - 7 décembre 1984 - dir. Harmut Haenchen - mise en scène Harry Kupfer - avec Michael Rabsilber, ténor (L'empereur), Jana Smitkova (L'impératrice), Violetta Madjarowa, Jochen Kowalski, contre-ténor (Giustino), Grabowski, Neumann, Nau, Barbara Sternberger (la Fortune), Asmus

Impressionant !!!!

Outre cela cet air de Haendel plus ancien que celui de "La reine de la Nuit" dans "La flute enchantée" de W.A. Mozart semble assez similaire quand à l'architecture.

Cette mise en scène est fidèle par rapport à restitution scénographique qui était mis en oeuvre durant cette période.
Donc il faut penser à toute la technique mécanique que cela engendrait au regard des moyens du temps, une véritable prouesse. A l'époque les cours d'Europe rivalisaient dans cet exercice, c' était un moyen de démontrer son avance technologique tout en alliant le plaisir. La science n'est pas une contrainte mais exercice ludique aussi dans le divertissement. Cette machinerie applqiuée avec le tempo musical ou parfois inversement  démontre un génie musical d'une part par la virtuosité, mais aussi le raccord visuel.

Les jeux d'eaux aussi éclataient dans les bassins de manière identique!!!!

Partager cet article

Repost0
15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 16:12
Un peu hors propos dans le cadre de ce site, mais je pense que vraiment lorsqu'on voit quelque chose d'exceptionnel il faut le faire savoir. C'est absolument le cas avec ce blog :

Chez Becky et Liz

Je pense que vous ne serez pas déçus, en tout cas pour ma part non. Une cuisine délicieuse, aromatique, lègère, condimentée, aussi exotique et raffinée. Un jaillissement d'imagination et de créativité dans le monde de la cuisine tout en alliant la subtilité et la facilité de préparation.

D'excellents photos suggèrent une mise en bouche savoureuse

Merci à Hélène Picken entre autre

cordialement

Henry

Partager cet article

Repost0
3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 07:17




Les crises économiques obligent certains citoyens romains à être réduits en esclavage pour dettes, mais le fait devînt si outrageant que le Sénat dût intervenir sous la pression et l'émotion populaire des citoyens ; évènemement relaté par Tacite au travers de l'épisode qui suit :


Histoire du Droit :


 TITE-LIVE, VIII, 28, 1-9

Période républicaine
Des XII Tables à la fin de la République
 

Lex Poetelia Papiria (326 ap J.) (par Appius Claudius Caecus est un homme d'État et auteur romain qui fut censeur en 312 av. J.-C., consul en 307 et 296 av. J.-C. ; c'est le premier écrivain latin connu. Dès -312, il passe pour pythagoricien)


Suppression de l'esclavage pour dettes


Eo anno plebi Romanae velut aliud initium libertatis factum est quod necti desierunt ; mutatum autem ius ob unius feneratoris simul libidinem, simul crudelitatem insignem. L. Papirius is fuit, cui cum se C. Publilius ob aes alienum paternum nexum dedisset, quae aetas formaque misericordiam elicere poterant, ad libidinem et contumeliam animum accenderunt.   (Ut) florem aetatis eius fructum adventicium crediti ratus, primo perlicere adulescentem sermone incesto est conatus ; dein, postquam aspernabantur flagitium aures, minis territare atque identidem admonere fortunae ; postremo, cum ingenuitatis magis quam praesentis condicionis memorem videret, nudari iubet verberaque adferri. Quibus laceratus iuvenis cum se in publicum proripuisset, libidinem crudelitatemque conquerens feneratoris, ingens vis hominum cum aetatis miseratione atque indignitate iniuriae accensa, tum suae condiciones liberumque suorum respectu, in forum atque inde agmine facto ad curiam concurrit; et cum consules tumultu repentino coacti senatum vocarent, introeuntibus in curiam patribus laceratum iuvenis tergum procumbentes ad singulorum pedes ostentabant. Victum eo die ob impotentem iniuriam unius ingens vinculum fidei iussique consules ferre ad populum ne quis, nisi qui noxam meruisset, donec poenam lueret, in compedibus aut in nervo teneretur ; pecuniae creditae bona debitoris, non corpus obnoxium esset. Ita nexi soluti, cautumque in posterum ne necterentur.

Eo anno plebi Romanae velut aliud initium libertatis factum est quod necti desierunt ; mutatum autem ius ob unius feneratoris simul libidinem, simul crudelitatem insignem. L. Papirius is fuit, cui cum se C. Publilius ob aes alienum paternum nexum dedisset, quae aetas formaque misericordiam elicere poterant, ad libidinem et contumeliam animum accenderunt.   (Ut) florem aetatis eius fructum adventicium crediti ratus, primo perlicere adulescentem sermone incesto est conatus ; dein, postquam aspernabantur flagitium aures, minis territare atque identidem admonere fortunae ; postremo, cum ingenuitatis magis quam praesentis condicionis memorem videret, nudari iubet verberaque adferri. Quibus laceratus iuvenis cum se in publicum proripuisset, libidinem crudelitatemque conquerens feneratoris, ingens vis hominum cum aetatis miseratione atque indignitate iniuriae accensa, tum suae condicionis liberumque suorum respectu, in forum atque inde agmine facto ad curiam concurrit; et cum consules tumultu repentino coacti senatum vocarent, introeuntibus in curiam patribus laceratum iuvenis tergum procumbentes ad singulorum pedes ostentabant. Victum eo die ob impotentem iniuriam unius ingens vinculum fidei iussique consules ferre ad populum ne quis, nisi qui noxam meruisset, donec poenam lueret, in compedibus aut in nervo teneretur ; pecuniae creditae bona debitoris, non corpus obnoxium esset. Ita nexi soluti, cautumque in posterum ne necterentur. 

Cette année-là fut pour la plèbe romaine comme le début d'une ère nouvelle de liberté grâce à la disparition des esclaves pour dettes ; le droit fut modifié à cause à la fois de la passion et de la cruauté extraordinaire d'un unique créancier. Il s'agit de ce L. Papirius à qui C. Publilius avait livré sa propre personne en gage en raison des dettes de son père : la jeunesse et la beauté du garçon, qui auraient pu susciter sa pitié, ne firent qu'enflammer en son coeur un désir honteux. Ayant pensé que le jeune homme, en pleine fleur de l'âge, constituait un bénéfice inattendu de sa créance, il chercha tout d'abord à le séduire par des propos indécents; puis, comme l'adolescent repoussait cet outrage, il l'effraya par des menaces et, à diverses reprises, se mit à lui rappeler son sort ; enfin, voyant qu'il se rappelait davantage sa condition d'homme libre que sa situation présente, il le fit dépouiller de ses vêtements et ordonna d'apporter des verges.
Déchiré par ces verges, le jeune homme se précipita dehors, accusant à grands cris la passion et la cruauté de son créancier. Une foule de gens, qu'enflammaient non seulement la compassion pour son jeune âge et le traitement odieux et indigne dont il avait été l'objet, mais aussi la considération de leur propre condition et de celle de leurs enfants, accourent en masse au forum et de là, en rangs serrés, se dirigent vers la Curie. Les consuls, forcés par cette agitation soudaine, convoquent le Sénat et, à l'entrée des sénateurs dans la Curie, on leur montre avec insistance, en se jetant aux pieds de chacun d'eux, le dos lacéré du jeune homme. On rompit ce jour-là, en raison de l'outrage immodéré d'un seul homme un lien puissant du crédit, et les consuls reçurent l'ordre de proposer au peuple que nul, mis à part les criminels pendant la durée de leur peine, ne pourrait être maintenu dans les fers ou en prison. Une dette ne serait cautionnée que par les biens du débiteur, non par sa personne. C'est ainsi que furent délivrés les esclaves pour dettes, et l'on veilla pour l'avenir à ce qu'il n'y en eût plus d'autres.

 



Il en était de même à Athènes, c'est Solon (-640 à - 558 av. J.C.)qui met un terme à cet asservissement par la dette, conséquence de la ruine économique :

- Aristote -
 

PREMIÈRE PARTIE  - HISTOIRE DE LA CONSTITUTION D'ATHÈNES 
 

CHAPITRE IV - II. - ÉPOQUE DE DRACON - Constitution de Dracon

-
Mais, comme on l'a dit, les pauvres étaient soumis à la contrainte par corps pour dettes, et la terre était toujours entre les mains d'un petit nombre d'hommes.



CHAPITRE VI - SOLON : Réformes sociales. - Abolition des dettes.

Devenu maître du pouvoir, Solon affranchit le peuple, en défendant que dans le présent et à l'avenir la personne du débiteur servît de gage. Il donna des lois et abolit toutes les dettes, tant privées que publiques. C'est la réforme qu'on appelle la délivrance du fardeau (seis‹xyeia), par allusion à la charge qu'ils avaient comme rejetée de leurs épaules.

On a essayé d'attaquer Solon à ce sujet. Au moment en effet où il projetait l'abolition des dettes, il lui arriva d'en parler à l'avance à quelques-uns des nobles, et ses amis, selon la version des démocrates, firent, à l'encontre de ses projets, une manœuvre, dont il aurait aussi profité, ajoutent ceux qui le veulent calomnier. Ils s'entendirent pour emprunter de l'argent et acheter beaucoup de terre, et l'abolition des dettes survenant presque aussitôt, ils firent fortune. Ce fut, dit-on, l'origine de ces fortunes que dans la suite on fit remonter à une si haute antiquité. Mais la version des démocrates est plus plausible ; l'autre n'a pas la vraisemblance pour elle : comment un homme, qui fut si modéré et si attaché aux intérêts publics que, pouvant tourner les lois à son profit et établir sa tyrannie dans la ville, il s'attira plutôt la haine de l'un et de l'autre parti, mettant l'honneur et le salut de la cité au-des­sus de ses propres intérêts, se serait-il sali à d'aussi petites et aussi indignes opérations ? Et ce n'est pas le pouvoir qui lui manqua et c'est bien lui qui porta remède au mauvais état des affaires : lui-même l'a rappelé souvent dans ses vers et tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Il faut donc regarder comme mensongère une telle accusation


CHAPITRE XII -

SOLON -Témoignages de Solon lui-même sur ses réformes.

Voici ce qu'il dit aussi sur la misère des pauvres, serfs hier et maintenant libres, grâce à l'abolition des dettes :


"J'ai mis fin aux maux dont souffrait le peuple... Et pourquoi? Je la prends à témoin devant le tribunal du temps, la mère, très grande et très bonne, des divinités de l'Olympe, la Terre noire dont jadis j'arrachai les bornes qui se dressaient partout à sa surface : auparavant esclave, la voilà libre aujourd'hui. Ils sont nombreux, ceux que j'ai ramenés à Athènes, dans la patrie fondée par les Dieux : beaucoup avaient été vendus, les uns justement, les autres injustement ; ceux-là, réduits à l'exil par la dure nécessité, ne parlaient plus la langue attique, errants qu'ils étaient de tous côtés; - d'autres, ici même, subissaient un joug humiliant et tremblaient devant la violence de leurs maîtres; tous je les ai rendus libres. Voilà ce que j'ai fait par la force de la loi, en alliant la violence et la justice, et j'ai tenu jusqu'au haut mes promesses. J'ai donné des lois pour le bon comme pour le méchant, et elles assuraient à chacun une droite justice. Un autre eût-il pris en main, comme moi, l'aiguillon, un homme malveillant et avide, il n'eût pas contenu le peuple. Car si j'avais voulu faire ce qui plaisait alors à l'un des partis, puis ce que voulait l'autre, cette ville fût devenue veuve de bien des citoyens. Voilà pourquoi, résistant de part et d'autre, je me suis, trouvé cerné comme un loup par une meute de chiens."


Et encore ripostant par un reproche aux blâmes qui vinrent plus tard des deux côtés :


"Au peuple, puisqu'il lui faut une brutale franchise, je dirai que les biens qu'il possède aujourd'hui, il ne les a même pas vus en rêve, les yeux fermés... Quant aux grands, plus redoutables par leur force, ils devraient me louer et me traiter comme leur ami. Si en effet quelque autre

, dit-il, avait eu ce même honneur que moi, il n'aurait pas contenu le peuple, et ne l'eût pas apaisé, avant d'avoir battu le lait pour en enlever la crème. Mais moi, placé au milieu, ainsi qu'entre deux armées en bataille, je me suis tenu comme une borne infranchissable"

Partager cet article

Repost0
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 04:46
Dans la suite du "Bâton d'Euclide" l'astrophysicien, écrivain et poète Jean Pierre Luminet, vient d'éditer le quatrième volet de sa suite sur l'histoire de l'astrophysique.

- Les Bâtisseurs du Ciel : "L'oeil de Galilée"

suite des Bâtisseurs du Ciel :

- Le Secret de Copernic,
- La discorde céleste : Képler et le trésor de Tycho Brahé.

Une initiation de la géométrie appliquée à la dimension de la mécanique céleste, au travers de l'Histoire.
Par ces livres rarest et d'une qualité exceptionnelle l'on découvre les fils de la connaissance de la Renaissance et leurs prolongements relationnels entre les grands chercheurs de cette période.

Ces bouleversements seront la révolution Copernicienne mais aussi par ces faits la révolution mécanique, l'horlogerie, le développement de la pensée, de l'architecture, l'essor de la navigation, de ses instruments de mesures, celui de la géographie, de la mesure terrestre, de la cartographie, mais aussi de la peinture d'abords en perspective, puis à suggestion de perspective.

Au seuil d'une nouvelle période charnière pour l'humanité, ces livres permettent d'apréhender le futur avec doute mais aussi confiance, car c'est bien la science qui détermine le devenir des hommes, c'est aussi à cette période que l'on prend conscience en haut lieu que la science est la mesure du progrès et de la connaissance.

Les conséquences concrètes les voici :

Par la suite se crée le canal du midi, les manufactures, Versailles devient la vitrine des artisans de France, la flotte de guerre et commerciale prend un essort considérable, Vauban applique la balistique à la défense architecturale, les Cassini dressent la cartographie, puis Lambert, Bréguet améliore la mécanique horlogère, Poussin reçoit des commandes, Mazarin crée l'Académie Française, l'Académie des Sciences suit, ainsi s'ouvre la période baroque du temps des Lumières qui place la France dans le concert des nations. Outre cela d'autres inventions bousculent les anciennes Lunes auxquelles les esprits rétrogrades étaient attachés et le monde en sera transfiguré.
Bientôt la société elle même s'adaptera par le Code Civil, la Banque de France, le système métrique etc....

Henry

Partager cet article

Repost0
4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 08:06

Partie I : Bataille de Vouillé, 507, de nouveaux éléments en faveur de la localisation près de Niort dans les Deux-Sèvres. Il n’y a plus aveugles que ceux qui ne veulent voir, l’évidence est toujours mise à la vue de tous, ainsi en était il des anciles de Mars. Une seule véritable, les autres servant de miroir aux alouettes!!!!

« L’analyse critique des arguments développés en faveur de la fixité du dogme fait apparaître combien est chancelante la certitude proclamée » André Berthier.

Lettre de Saint Avit à Clovis :

«  Dum ist a nos  aeternitati committimus, dum, quid recti in praesentibus interlucens radius veritatis emicuit. Invenit quippe tempori nostro arbitrum quendam divina provisio. Dum vobis eligitis, omnibus indicatis ; vestra fides nostras victoria »

«  Alors que nous en étions remis à l’éternité et que nous attendions du jugement futur que soit dit ce qu’il y a de droit dans ce que chacun sent, voici qu’il a brillé parmi les hommes d’aujourd’hui un rayon de vérité éclairant. La divine Providence a enfin trouvé un arbitre pour notre époque. Le choix que vous faites pour vous- même est une sentence qui vaut pour tous. Votre foi est notre Victoire. »

Avit également se félicite également que les grecs ne soient plus les seuls a avoir un prince catholique.

- Almici edicti Aviti (Avitus Episcopus Chlodovecho regi) M.G.H.AA. , t. VI, 2 Berlin 1883, éd. R. Peiper, 46(41), p. 75

« Je ne puis souffrir, leur dit-il, de voir des ariens posséder la plus belle partie de la Gaule. Marchons contre eux avec l’aide de Dieu ; et, quand nous aurons vaincu les hérétiques, nous partagerons et posséderons leurs fertiles provinces » Historia Francorum - Grégoire de Tours

Ainsi commence le chapitre de l’Historia Francorum - 37 - Bellum cum Alarico, « La guerre avec Alaric »

Du contexte religieux et politique de l’avant guerre :

Dans la bible gothique arienne comme en usage général, le Christ et le roi sont nommés « franja » ce qui donne « despotès » en grec. Les catholiques eux disent « Kyrios »  - celui qui a de l’autorité - pour le Christ et « Basileus » pour le roi.
Chez les uns la sacralité du roi-prêtre germanique est perpétuée dans l’arianisme, en somme un totalitarisme chrétien dans la lignée du culte impérial.
Le catholicisme divise les deux pouvoirs et fait renoncer le monarque à sa sacralité, de plus Dieu a une indivisibilité a la fois trinitaire et relationnelle. Il inverse le processus indo-européen de l’homme fait Dieu vers celui du  Dieu fait Homme, incluant ainsi une parcelle divine en chacun de nous. La nuance n’est pas mince surtout pour un monarque. - « Clovis » - Michel Rouche - Fayard 2005, p. 264-265

Clovis est nommé après son baptême à Reims « Dominus illuster » et après avoir vaincu Syagrius à Tolbiac « Magister militum » inaugurant ainsi un nouveau type de royauté en Occident.  Mais il est bien isolé, même avec le soutien des moines de Saint Martin de Tours, Saint Rémi archevêque de Reims et son ami Saint Vaast évêque d’Arras, comme Saint Martin avait pour ami  Sulpice Sèvère.


Cependant beaucoup en Gaule comme Avit, « désiraient d’un amour ardent, avoir les Francs pour maître » H.F. (Historia Francorum, car c’est dorénavant comme ceci que cela sera noté) II, 23 ; II, 35
Les évêques Volusien et Vérus de Tours sont frappés d’exil par Alaric II, en 505 les évêques Pupicius et Césaire d’Arles sont déportés à Bordeaux,

Quintanius évêque de Rodez également, ce dernier prêche en faveur de la libération par les Francs. « Histoire du déclin et de la chûte de l’Empire romain » - Gibbon - Bouquins, Robert Laffond, 1983, p. 1121

Il existait alors une vingtaine d’évêques ou d’évêchés opposés à la domination arienne par le principe de la crainte des persécutions commises du temps d’Euric, des rebaptêmes chez les gallo-romains.
La situation économique n’était guère florissante puisque Alaric en vint à faire dévaluer le sou d’or émis par son père Euric. Pour pallier à cette situation inconfortable Alaric fait promulguer son Bréviaire, un stratagème politique sans aucune influence sur les populations, l’illusion  ne fait pas long feu, d’autant qu’Alaric s’emploi à user du despotisme sur les populations locale à l’égal de son beau-père Théodoric roi des Ostrogoths.

Pour ce qui est du caractère des Francs en général, dans leur attitude dans les guerres privées ou publiques,
peuvent faire penser plus comme le peuple juif, celui du Juste des Psaumes, en but à ses ennemis.
« Ils laissent à Dieu et aux saints le soin de punir de mort, à travers des miracles de vengeance, des oppresseurs qui sont uniquement de leurs sanctuaires » Cf. « Histoires » - Roccolène, V, 4

Cependant comme à l’image des Gaulois ils « s’assemblent si facilement en grande quantité, c’est que leur caractère simple et droit les pousses à soutenir les protestations de leurs voisins qu’ils croient victimes d’une injustice » « Géographie » - Strabon, IV; 2 p. 158

Donc ce trait de caractère de pugnacité et d’esprit de justice, mais aussi de communautarisme d’intérêt les pousse inexorablement dans la difficulté à rejaillir et offrir le recours aux armes, pour la juste cause. C’est un prélude à la chevalerie en somme.

Du contexte militaire :


Après plusieurs défaites et campagnes mal préparées, s’allie avec les Armoricains, eux aussi avaient participé à la bataille des Champs Catalauniques aux côtés d’Aetius en 451. Cette ancienne alliance ressurgit à certaines conditions « Que les armoricains, bien que sujets des Francs, ne leur paient ni impôt, ni taxe » H.F. IV, 4. Les armoricains fournissent un important contingent de cavalerie à celui-ci  vient se rajouter la cavalerie lourde des

Alains, pour contrer celle des goths jusqu’alors invicible (bataille d’Andrinople). Des garnisons aux extrémités des Gaules - Conscription militaire - comme celles du « Dux Tractus Armoricani » portant avec elles le « Labarum » de Constantin.

« Les Francs ne pouvaient les faires plier de force (les armoricains), ils leurs proposèrent l’alliance et les mariages réciproques. Les Arboryques acceptèrent cette proposition, car les deux peuples étaient chrétiens, et de la sorte ils ne formèrent plus qu’un seul et acquirent une grande puissance ». « Guerre des Goths » - Procope I, 12

A cet ensemble viennent s’ajouter les troupes des Francs Rhénans conduites par Clodéric fils de Sisgebert de Cologne dit « Le boiteux » depuis la bataille des Champs Catalauniques en 451.

De son côté Alaric recours à la mobilisation désespérée de tous ces contingents pour tenir le camp retranché de Poitiers après la chute de Tours. Les milices urbaines, dont une s’illustrera aux batailles sous Poitiers en 573, mais qui se rangent en général du côté du vainqueur par ce qu’il porte la légitimité de l’Empire, donc ici « Magister militum » pour Clovis « Clovis » - G. Kurth, Tours, 1896, p. 275

Ensuite les «stationarii » (garnisaires-colons ), troupes barbares qui cantonnent en Poitou « Annuaire Imperial - Noticia utriusque Imperii - les tares de la Noticia digitaux - Le duché d’Armorique » C. Jullian - Revue des études anciennes, 1921, 103-109

- à saint Liguaire (Deux sèvres près de Niort) , camp de la Tiffardière occupé par les auxiliaires Taïphales,
- à Aiffres (Deux Sèvres près de Niort), nom qui vient de ce que des légionnaires d’Afrique l’occupèrent durant la période romaine « Histoire des Communes des Deux-Sèvres - Le pays Niortais» - Maurice Poignat  p. 89 et 249.

En outre la loi des Wisigoths (I. IX. Tit. 2, t. IV p. 425) « obligeant tous les maîtres à armer et à envoyer ou conduire à l’armée la dixième partie de leurs esclaves ».

« Une grande partie du peuple des Arvernes, qui étaient venus avec Apollinaire et qui étaient les premiers des sénateurs tombèrent alors » H. F. IV.

Le parti gallo-romain Arverne ainsi que celui Burgonde craignait un échec semblable à celui de Sidoine père d’Apollinaire, donc par prudence et crainte ils se rangèrent du côté des Wisigoths ; alors que le parti gallo-romain picte et aquitain était favorable aux Francs pour des raisons historiques évoquées ci-après.

Du contexte diplomatique :

Clovis devient en ce temps, l’allié incontournable de Constantinople. En effet en 504, Théodoric (roi des Ostrogoth) envoie le comte Pitzia pour repousser les Gépides en Illiricum. En récupérant la capitale de la Pannonie Seconde Sirmium, les troupes pénétrèrent sur les terres de l’Empire d’Orient ou elles défont les troupes de ce dernier. Dès ce jour l’Empereur d’Orient Anastase, voit ressurgir le spectre de 487, ou les Goths avaient menacéConstantinople. De cette manière Anastase s’entend à renverser les alliances. Clovis saisit l’opportunité d’affaiblir Théodoric II roi des Ostrogoths, beau-père d’Alaric II et soutien militaire.
Clovis s’allie avec Gondebaud de Burgondie qui se promet d’y gagner la Provence, comme Clovis une part de la Septimanie.

Au début de 507, alors que Théodoric et ses troupes sont clouée par une attaque de l’Empire d’Orient en Italie, Clovis passe à l’attaque et s’empare pour la troisième fois de la cité de Tours, capitale de la Troisième Lyonnaise, mais également axe spirituel des Gaules. Gibbon en fait « l’oracle des Gaules ». Ce sont les psaumes déclinés et entendus en pénétrant dans l’abbaye là ou se trouvait la chasse de saint Martin qui donnait l’avenir militaire

des troupes. Il fut aisé d’y voir le nouveau Josué, ou le nouveau Gédéon. « Histoire du déclin et de la chûte de l’Empire romain » - Gibbon - Bouquins, Robert Laffond, 1983, p. 1122

Dès son entrée il promulgue un édit « par respect pour Saint Martin, un édit afin que personne n’osât prendre aucun aliment aux dépens de cette région, sauf de l’herbe et de l’eau » H.F. II, 38

De cette manière il ébranle un peu plus l’édifice de cartes Wisigoths et  s’accorde l’appui des gallo-romains en majorité catholiques. Saint Martin et Saint Hilaire (évêque de Poitiers exilé en Phrygie au Ivème siècle pour antiarianisme) confortent historiquement sa position en terre pictave.

De la guerre de Clovis contre Alaric :


37. Bellum cum Alarico « Historia Francorum » - Grégoire de Tours-

« Igitur Chlodovechus rex ait suis: 'Valde molestum fero, quod hi Arriani partem teneant Galliarum. Eamus cum Dei adiutorium, et superatis redegamus terram in ditione nostra'. Cumque placuisset omnibus hic sermo, conmoto exercitu, Pectavus dirigit. Ibi tunc Alaricus commorabatur. Sed quoniam pars hostium per territurium Turonicum transiebat, pro reverentia beati Martini dedit edictum, ut nullus de regione illa aliud quam herbarum alimenta

aquamque praesumeret. Quidam autem de exercitu, inventum cuiusdam pauperis faenum, ait: 'Nonne rex herbam tantum praesumi mandavit, nihil aliud? Et hoc, inquid, 'herba est. Non enim erimus transgressores praecepti eius, si eam praesumimus'. Cumque vim faciens pauperi faenum vertute tulisset, factum pervenit ad regem. Quem dicto citius gladio peremptum, ait: 'Et ubi erit spes victuriae, si beato Martino offendimus?' Satisque fuit exercitui nihil

ulterius ab ac regione praesumere. Ipsi vero rex direxit nuntius ad beatam basilicam, dicens: 'Ite et forsitan aliquod victuriae auspicium ab aedae sancta suscipitis'. Tunc datis muneribus, quod loco sancto exhiberent, ait: 'Si tu, Domine, adiutor mihi es et gentem hanc incredulam semperque aemulam tibi meis manibus tradere decrevisti, in ingressu basilicae sancti Martini dignare propitius revelare, ut cognuscam, quia propitius dignaberis esse tamulo tuo'. Maturantibus autem pueris et ad locum accedentibus iuxta imperium regis, dum sanctam ingrederentur basilicam, hanc antefanam ex inproviso primicirius, qui erat, inposuit: Praecinxisti me, Domine, virtutem ad bellum, subplantasti insurgentes in me subtus me et inimicorum meorum dedisti mihi dorsum et odientes me disperdedisti. Quod psallentium audientes, Domino gratias agentes et vota beato confessori promittentes, laeti nuntiaverunt regi.

Porro ille cum ad fluvium Vigennam cum exercitu advenisset, in quo loco eum transire deberit, paenitus ignorabat. Intumuerat enim ab inundationem pluviarum. Cumque illa nocte Dominum depraecatus fuisset, ut ei vadum quo transire possit dignaretur ostendere, mane facto cerva mirae magnitudinis ante eos nuto Dei flumine ingreditur, illaque vadante, populus quo transire possit agnovit. Veniente autem rege apud Pictavus, dum eminus in tenturiis commoraret, pharus ignea, de basilica sancti Helari egressa, visa est ei tamquam super se advenire, scilicet ut, lumine beati confessoris adiutus

Helarii, liberius hereticas acies, contra quas saepe idem sacerdos pro fide conflixerat, debellaret. Contestatus est autem omni exercitu, ut nec ibi quidem aut in via aliquem expoliarent aut res cuiusquam direperent.

Erat in his diebus vir laudabilis sanctitatis Maxentius abba, reclausus in monastyrio suo ob Dei timore infra terminum Pictavensim. Cuius monastyrio nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie Cellula sancti Maxenti vocatur. Cuius monachi cum unum hostium cuneum ad monastyrium cernerent propinquare, abbatem exorant, ut de cellola sua egrederetur ad consolandum eos.
 Illoque demorante, hii timore perculsi, eum aperto ustio de cellola sua producunt. At ille in occursum hostium, quasi pacem rogaturus, perget intrepidus. Unus autem ex his evaginato gladio, ut capud eius libraret, manus ad aurem erecta diriguit, gladiusque retrursum ruit. Ad ipse ad pedes beati viri veniam deposcens sternitur. Quod videntes reliqui, cum timore maximo ad exercitum redierunt, timentes, ne et ipse pariter interirent. Huius

vero brachium beatus confessor cum oleo benedicto contrectans, inposito signo crucis, restituit sanum, eiusque obtentu monastyrio permansit inlaesum. Multasque et alias virtutes operatus est, quas si quis diligenter inquiret, librum Vitae illius legens cuncta repperiet. [Anno 25. Chlodovechi.]

Interea Chlodovechus rex cum Alarico rege Gothorum in campo Vogladense decimo ab urbe Pictava miliario convenit, et confligentibus his eminus, resistunt comminus illi. Cumque secundum consuetudinem Gothi terga vertissent, ipse rex Chlodovechus victuriam, Domino adiuvante, obtinuit. Habebat autem in

adiuturium suum filium Sygiberthi Claudi nomen Chlodericum. Hic Sygiberthus pugnans contra Alamannos apud Tulbiacensim oppidum percussus in genuculum claudicabat. Porro rex, cum, fugatis Gothis, Alaricum regem interfecisset, duo ex adverso subito advenientes, cum contis utraque ei latera feriunt. Sed

auxilio tam luricae quam velocis equi, ne periret, exemptus est. Maximus ibi tunc Arvernorum populus, qui cum Apollinare venerat, et primi qui erant ex senatoribus corruerunt. De hac pugna Amalaricus, filius Alarici, in Spaniam fugit regnumque patris sagaciter occupavit. Chlodovechus vero filium suum Theudoricum per Albigensim ac Rutinam civitatem ad Arvernus dirigit. Qui abiens, urbes illas a finibus Gothorum usque Burgundionum terminum patris sui dicionibus subiugavit. Regnavit autem Alaricus annos 22. Chlodovechus vero apud Burdigalinsi urbe hiemem agens, cunctos thesauros Alarici a Tholosa auferens, Ecolisnam venit. Cui tantam Dominus gratiam tribuit, ut in eius contemplatione muri sponte corruerent. Tunc, exclusis Gothis, urbem suo

dominio subiugavit. Post haec, patrata victuria, Turonus est regressus multa sanctae basilicae beati Martini munera offerens »


« Le roi Clovis dit à ses soldats [l’an 507] : Je supporte avec grand chagrin que ces Ariens possèdent une partie des Gaules. Marchons avec l’aide de Dieu, et, après les avoir vaincus, réduisons le pays en notre pouvoir. Ce discours ayant plu à tous les guerriers, l’armée se mit en marche et se

dirigea vers Poitiers ; là se trouvait alors Alaric. Mais comme une partie de l’armée passait sur le territoire de Tours, par respect pour saint Martin, Clovis donna l’ordre que personne ne prît dans ce pays autre chose que des légumes et de l’eau. Un soldat de l’armée s’étant emparé du foin d’un pauvre

homme, dit : Le roi ne nous a-t-il pas recommandé de ne prendre que de l’herbe et rien autre chose ? Et bien, c’est de l’herbe. Nous n’aurons pas transgressé ses ordres si nous la prenons. Et ayant fait violence au pauvre, il lui arracha son foin par force. Ce fait parvint aux oreilles du roi

Ayant aussitôt frappé le soldat de son épée, il dit : Où sera l’espoir de la victoire, si nous offensons saint Martin ? Ce fut assez pour empêcher l’armée de rien prendre dans ce pays. Le roi renvoya des députés à la basilique du saint, leur disant : Allez, et vous trouverez peut-être dans le saint

temple quelque présage de la victoire. Après leur avoir donné des présents pour orner le lieu saint, il ajouta : Seigneur, si vous êtes mon aide, et si vous avez résolu de livrer en mes mains cette nation incrédule et toujours ennemie de votre nom, daignez me faire voir votre faveur à l’entrée de la

basilique de saint Martin, afin que je sache si vous daignerez être favorable à votre serviteur. Les envoyés s’étant hâtés arrivèrent à la sainte basilique, selon l’ordre du roi ; au moment où ils entraient, le premier chantre entonna tout à coup cette antienne : Seigneur, vous m’avez revêtu de force pour la guerre, et vous avez abattu sous moi ceux qui s’élevaient contre moi, et vous avez fait tourner le dos à mes ennemis devant moi, et vous

avez exterminé ceux qui me haïssaient. Ayant entendu ce psaume, et rendu grâce à Dieu, ils présentèrent les dons au saint confesseur, et allèrent pleins de joie annoncer au roi ce présage. L’armée étant arrivée sur les bords de la Vienne, on ignorait entièrement dans quel endroit il fallait passer ce

fleuve, car il était enflé par une inondation de pluie. Pendant la nuit le roi ayant prié le Seigneur de vouloir bien lui montrer un gué par où l’on pût passer, le lendemain matin, par l’ordre de Dieu, une biche d’une grandeur extraordinaire entra dans le fleuve aux yeux de l’armée, et passant à gué,

montra par où on pouvait traverser. Arrivé sur le territoire de Poitiers, le roi se tenait dans sa tente sur une élévation ; il vit de loin un feu qui sortait de la basilique de saint Hilaire, et semblait voler vers lui, comme pour indiquer qu’aidé de la lumière du saint confesseur Hilaire, le roi triompherait plus futilement de ces bandes hérétiques, contre qui le pontife lui-même avait souvent soutenu la foi. Clovis défendit a toute l’armée de

dépouiller personne ou de piller le bien de qui que ce soit dans cet endroit ou dans la route.

Il y avait dans ce temps un homme d’une admirable sainteté, l’abbé Maxence, renfermé par la crainte de Dieu dans son monastère situé dans le territoire de Poitiers. Nous n’indiquons pas au lecteur le nom de ce monastère, parce que cet endroit s’appelle encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Maixent ; les moines, voyant qu’un corps de troupes s’avançait vers le monastère, prièrent leur abbé de sortir de sa cellule pour les exhorter à se retirer.

Effrayés de ce qu’il tardait, ils ouvrirent la porte et le firent sortir de la cellule. Maxence marcha courageusement au-devant de la troupe, comme pour demander la paix ; un soldat avait tiré son épée pour lui trancher la tête, mais sa main qu’il avait levée jusques auprès de son oreille, se raidit tout à coup et l’épée tomba en arrière. Le soldat, se prosternant aux pieds du saint homme, lui demanda pardon. A cette vue, les autres, saisis d’une brande

terreur, retournèrent à l’armée craignant de subir le même sort. Le saint confesseur ayant touché le bras du soldat avec de l’huile bénite, et fait le signe de la croix, lui rendit la santé ; ainsi sa protection préserva le monastère de tout outrage. Il fit encore un grand nombre d’autres miracles. Si quelqu’un est curieux de s’en instruire, il les trouvera tous en lisant le livre de sa vie. C’était la vingt-cinquième année de Clovis.

Cependant Clovis en vint aux mains avec Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouglé à dix lieues de la ville de Poitiers. Les Goths ayant pris la fuite selon leur coutume, le roi Clovis, aidé de Dieu, remporta la victoire ; il avait pour allié le fils de Sigebert Claude, nommé Chlodéric. Ce Sigebert boitait d’un coup qu’il avait reçu au genou à la bataille de Tolbiac contre les Allemands. Le roi, après avoir mis les Goths en fuite et tué leur roi Alaric, fut tout a coup surpris par derrière, par deux soldats qui lui portèrent des coups de lance sur les deux côtés. Mais la bonté de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le préservèrent de la mort. Il périt dans cette bataille un grand nombre d’Auvergnats qui étaient venus avec Apollinaire, ainsi que les premiers des sénateurs. Après le combat, Amalaric, fils d’Alaric, s’enfuit en Espagne et gouverna avec sagesse le royaume de

son père. Clovis envoya, son fils Théodoric en Auvergne par Albi et Rodez ; celui-ci soumit à son père toutes les villes depuis la frontière des Goths jusqu’à celle des Bourguignons. Alaric avait régné vingt-deux ans. Clovis après avoir passé l’hiver dans la ville de Bordeaux et emporté de Toulouse tous les trésors d’Alaric, marcha sur Angoulême. Le Seigneur lui accorda une si grande grâce qu’à sa vue les murs s'écroulèrent d’eux-mêmes. Après en avoir chassé les Goths, il soumit la ville à son pouvoir ; ayant ainsi complété sa victoire; il rentra dans Tours et offrit un grand nombre de présents à la sainte basilique du bienheureux Martin [l’an 508]. »

Sur le miracle de Saint Maixent et sa localisation :


(carte H.)

Reprenons la partie du  texte  du miracle de Saint Maixent qui précède juste la bataille :

« Erat in his diebus vir laudabilis sanctitatis Maxentius abba, reclausus in monastyrio suo ob Dei timore infra terminum Pictavensim. Cuius monastyrio nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie Cellula sancti Maxenti vocatur. Cuius monachi cum unum hostium cuneum ad monastyrium cernerent propinquare, abbatem exorant, ut de cellola sua egrederetur ad consolandum eos. »

Soit : « Il y avait dans ce temps un homme d’une admirable sainteté, l’abbé Maxence, renfermé par la crainte de Dieu dans son monastère situé dans le territoire de Poitiers. Nous n’indiquons pas au lecteur le nom de ce monastère, parce que cet endroit s’appelle encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Maixent ; les moines, voyant qu’un corps de troupes s’avançait vers le monastère, prièrent leur abbé de sortir de sa cellule pour les exhorter à se retirer. »

Ce passage précède bien la bataille, il est intéressant en plusieurs points et mérite que l’on s’y attarde. Dans - « Histoire chronologique de la Royalle abbaye  de Saint Maixent en Poitou » -  A.N. fonds latin 12684 folio 110.

Adjutor (futur Saint Maixent) est décrit comme étant né en 448 dans une famille noble et chrétienne établie sur les rives de la Méditerranée dans l’antique cité d’Adge en Narbonnaise. Il est confié dès sa première

enfance à Severus futur Saint Sever, plus tard il partit vers l’Ouest « se laissant conduire par la divine Providence » guidé par la réputation du grand Saint Hilaire. Arrivé à Poitiers, il rejoint la petite communauté érémitique des disciples d’Agapit dans le lieu  à l’époque sous le vocable « cellula Sancti Saturnini ». Agapit localise cette abbaye dans la forêt de Vauclair.

- « Son emplacement primitif (celui du Monastère de Saint Saturnin, plus tard Saint Maixent) paraît avoir été dans une forêt nommée Saura, et postérieurement Sèvre ou Saivre. D’après la tradition, les moines s’établirent dans la partie de cette forêt connue sous le nom de Vau-clair, Vallis clara, dénomination qui lui fut probablement affectée par ce que le sol était absolument nu » « Histoire du Poitou » - Dufour -   , tome I, note XXIV
 

- « On tient que du temps du roy Clovis, un soldat, ayant voulu frapper Saint Maixent, solitaire au dit lieu, qui étoit, pour lors une forest appelée la forest de Vauclès, le bras qu’il leva pour cet effet demeura sec et sans mouvement, ce qui ayant été rapporté à ce grand prince, il se transporta avec son armée vers ce saint, auprès duquel il implora la guérison de ce malheureux, qui en fut sur-le-champ, à la vue de l’armée, miraculeusement guéry. » « Mémoire statistique sur l’élection de Saint Maixent » - Samuel Levêque - dressé en 1698.

A la mort d’Agapit, Adjutor prend le nom de Maixent en mémoire du saint évêque de Poitiers du siècle précédent, né à Sillé près de Loudun, et obtient la charge de l’abbaye Saint Saturnin.
Clovis après la bataille accorde à l’abbaye le domaine de Milon (ou se dresse aujourd’hui le château de Couldray-Salbart) et une grande partie de la forêt de Sèvre.

Maixent meurt le 26 juin 515 à l’âge de 77 ans, il est inhumé auprès d’Agapit, dès ce jour une foule considérable vient en pélérinage et le nom d’abbaye Saint Saturnin est remplacé par celui de Saint Maixent, d’où la remarque de Grégoire de Tours sur le lieu de Saint Maixent, car Grégoire de Tours écrit

son « Historia francorum » après la mort de Clovis et celle de Saint Maixent « Vie de Grégoire de Tours » né à Riom le 30 novembre 538, mort à Tours vers 594 - abbé Odoat. Soit plus de 50 ans environ après les évènements.

« Saint Agapit fonda un monastère, vers le milieu du Vème siècle, à l’endroit appelé aujourd’hui Saint Maixent ; l’église fût dédiée à Saint Saturnin, évêque de Toulouse. Par la suite saint Agapit abandonna l’abbatiat en faveur de son disciple Maixent. » Cf.  « Chartes et documents pour servir à l’histoire de l’abbaye de Saint Maixent » -  A. Richard - p. LXI


Il faut aussi rajouter que « cellula Sancti Maxentii » n’est que le diminutif de Cella qui signifie habitation de prêtres, de religieux, donc monastère.

On remarque également cette phrase de Grégoire de Tours « Cuius monachi cum unum hostium cuneum »  qui souligne une formation militaire constituée, c’est donc d’un détachement qu’il s’agit.

La suite du miracle par Grégoire de Tours :

«  Illoque demorante, hii timore perculsi, eum aperto ustio de cellola sua producunt. At ille in occursum hostium, quasi pacem rogaturus, perget intrepidus. Unus autem ex his evaginato gladio, ut capud eius libraret, manus ad aurem erecta diriguit, gladiusque retrursum ruit. Ad ipse ad pedes beati viri veniam deposcens sternitur. Quod videntes reliqui, cum timore maximo ad exercitum redierunt, timentes, ne et ipse pariter interirent. Huius

vero brachium beatus confessor cum oleo benedicto contrectans, inposito signo crucis, restituit sanum, eiusque obtentu monastyrio permansit inlaesum. Multasque et alias virtutes operatus est, quas si quis diligenter inquiret, librum Vitae illius legens cuncta repperiet. [Anno 25. Chlodovechi. »

« Effrayés de ce qu’il tardait, ils ouvrirent la porte et le firent sortir de la cellule. Maxence marcha courageusement au-devant de la troupe, comme pour demander la paix ; un soldat avait tiré son épée pour lui trancher la tête, mais sa main qu’il avait levée jusques auprès de son oreille, se raidit tout à coup et l’épée tomba en arrière. Le soldat, se prosternant aux pieds du saint homme, lui demanda pardon. A cette vue, les autres, saisis d’une

brande terreur, retournèrent à l’armée craignant de subir le même sort. Le saint confesseur ayant touché le bras du soldat avec de l’huile bénite, et fait le signe de la croix, lui rendit la santé ; ainsi sa protection préserva le monastère de tout outrage. Il fit encore un grand nombre d’autres miracles. Si quelqu’un est curieux de s’en instruire, il les trouvera tous en lisant le livre de sa vie. C’était la vingt-cinquième année de Clovis. »

À ce texte se rajoute celui-ci :

« Eo tempore contigit ut Franci cum Gothis conflictu bellico advenirent, proecedente eos Chlodoveo Rege. Cùm autem monasterio propinquassent, in quo S. Maxentius Pastor habebatur égéries, et venissent in villam vocabulo Vocladum, instinctu diabloli cogitare coeperunt, ut idem monasterium debellare deberent…

Cùm hoec ad aures Principis pervenissent Chlodovoei’ accurrens ocius ipse, ad sanctus virum pervenit ; seque prosternens in terram humililter adoravit… Quem locum in quo idem Princeps venerabilis ad sancti viri jacuerat, in eodem monasterio usque ad hodiernum diem apparere manifestum est… »

« En ce temps-là, il arriva que les Francs, sous les ordre de Clovis, en virent à une lutte avec les Goths… Or, comme ils (les Francs) s’étaient approchés du monastère ou habitait le saint abbé Maixent et étaient arrivés dans l’endroit appelé villa Voclade, poussés par le diable, ils eurent l’idée de piller le monastère….

Lorsque le récit du miracle arriva aux oreilles de Clovis, accourant au plus vite, il se rendit auprès du saint et, se prosternant jusqu’à terre, il pria humblement… Ce lieu, où le vénérable prince se jeta aux pieds du saint, on sait qu’il est encore visible dans ce monastère… » « Acta santorum ordinis S. Benedicti - Vita sancti Maxentii » - C. I., apud Mabillon soec. 1.

Épisode certainement repris dans la « Vie de Saint Maixent »  Grégoire de Tours aujourd’hui perdue, mais récupéré par un moine du VIIème siècle.


Donc la dénomination exacte du lieu est Villa Voclade, c’est-à-dire celui d’où arrivent les troupes de Clovis vers le monastère de Saint Maixent, ces deux lieux semblent donc très proches puisque comme nous le voyons plusieurs fois ils font partis d’un ensemble de terres nommées primitivement Vauclès

ce qui donne Voclade, le substantif Vocladum et l‘adjectif Vocladensis. On y apprend également que Clovis accoure au plus vite, ce qui laisse présumé d’une distance courte, cet incident se produisant avant la bataille et est a lier à la bataille, car se passant avant celle-ci.

« Je sais que l’ancien cartulaire de Saint Maixent, en indiquant, comme arrivé au lieu ou existe actuellement la ville de Saint Maixent, le miracle relatif aux soldats frank, ajoute qu’à l’endroit où Chludwig (Clovis) était venu de sa personne pour faire agréer à Maixent ses excuses à raison de cet attentat, on avait élevé un petit oratoire, dans lequel on avait placé une image de la Vierge. Cet oratoire, qui se trouvait près de la porte par laquelle on entrait des cloîtres dans la sacristie, existait même encore, en 1675, et aurait été détruit depuis, ainsi que le savant Mabillon, qui entre dans beaucoup de détails à ce sujet dans ses Acta Sanctorum » « Recherches sur les Chroniques du monastère de Saint Maixent en Poitou » - A.D. de la Fontenelle de Vaudoré - Poitiers, 1838

Ce miracle était donc inscrit dans un oratoire de l’abbatiale de Saint Maixent et était encore visible en 1675 (déjà fort endommagée par les guerres de religions), il fût détruit lors de la réfection de l’abbatiale de 1668 à 1682. A la suite de ce miracle Clovis accorde donc le domaine de Milon et une grande partie de la forêt de Sèvre à l’abbaye de Saint Maixent, comme il est dit plus haut.


Reprenons la partie du texte localisant la bataille après le miracle par Saint Maixent :


« Interea Chlodovechus rex cum Alarico rege Gothorum in campo Vogladense decimo ab urbe Pictava miliario convenit »
« Cependant Clovis se présente devant Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouillé à dix lieues de la ville de Poitiers »
« Interea » est à souligner car il exprime « Dans l’intervalle, pendant ce même temps, ou sur ces entrefaits », il exprime une continuité et une rapidité.


Sur le mille, la lieue et la grande lieue gauloise :


Borne milliaire de Rom dans les Deux Sèvres :

« A l’empereur César Caius Pius Esuvius Tétricus, (sur le haut) »
« C(ivitas) P(ictavium) Limonum L (eugae) XVI ; FIN(es) L(eugae) XX »
Notons entre parenthèse que le poète Ausone possédait une villa à Rom. Le Rom des Deux Sèvres et non la ville de Rome.

Soit XVI lieues en partant de Poitiers, et Fin sur la limite du territoire des Pictons

Celle de Brioux ( également dans les Deux Sèvres) est datée du règne de Constance Chlore (fin du IIIème) et est traduite ainsi :

« A nos deux maîtres, A. Flavius Valerius Constance (Chlore), très grand, très noble, César, pieux, heureux et invincible, Auguste, grand pontife revêtu de la puissance tribunice, consul » - Revue historique Poitou et Saintonge - Espérandieu - 1887-1888, p. 154-156

Ce détail laisse planer un doute sur la référence milliaire, nous sommes ici sur une voie principale qui va de Poitiers à Saintes et non une voie secondaire ou les indications milliaires sont plus difficilement repérables, voire inexistante. Car dans cette affaire nous sommes sur plusieurs voies, une majeur celle de Poitiers à Saintes (Bordeaux) (Limonum - Santonum (Burdigala) et sur des voies mineures (via minor) de Poitiers à Saint Maixent,

mais également plusieurs autres voies, dont celles vicinales ou de l’entretien des propriétaires terriens.

« Il y a des voies publiques, construites aux frais de l’Etat, qui portent le nom de ceux qui les ont tracées. Ces routes sont sous la surveillance des curateurs qui les font construire par des entrepreneurs. Pour certaines d’entre elles, on exige aussi périodiquement, une somme fixe des propriétaires de la région. Il y a en outre les voies vicinales qui s’embranchant sur la grande route, conduisent à travers la campagne et, souvent, aboutissent elles-mêmes sur d’autres voies publiques. Elles sont construites et entretenues par pagi, c’est-à-dire par les magistri des pagi qui, d’ordinaire, exigent des propriétaires les corvées nécessaires ou plutôt assignent à chaque propriétaire le soin d’entretenir la portion de voie qui traverse son domaine. Aux limites de ces parcours, on voit même des inscriptions indiquant quel est le territoire, quel est le propriétaire et quel est le parcours qu’il doit entretenir. L’accès de tous ces chemins est libre… Il y a enfin des chemins traversant les domaines particuliers qui ne doivent pas livrer de passage à tout le monde mais seulement à ceux qui en ont besoin pour parvenir à leurs champs. Ces chemins partent des voies vicinales. Parfois aussi ils s’embranchent sur des voies appartenant en commun à deux propriétaires qui se sont entendus pour les prendre sur l’extrémité de leurs domaines et les entretenir à frais communs. En exlusion, les voies publiques, les chemins vicinaux et, parmi les chemins privés, ceux qui appartiennent en commun à deux propriétaires,, coïncident avec leurs limites. Ces chemins n’ont cependant pas été tracés pou servir de limites mais pour ouvrir des voies de

communications »  - De condicionibus agrorum - Siculus Flaccus - p. 146, l. 1 et suiv. Lachmann.


Par ce principe on connait le rôle et les conditions de l’organisation du territoire romain pour ses voies de communications. On sait aussi en outre que le bas Poitou possède de grandes propriétés terriennes et de ce fait de multiples voies qui lient les via major aux via via minor par les voies vicinales ou les voies de limites de domaines. Cet extrait illustre assez bien le fondement du droit de la propriété et ses servitudes. 

Ensuite le principe voudrait que nombre de voies soient bornées jusqu’à Lyon en lieues gauloises soit 2222 m et en dessous en mille de pas soit 1480 m, ce qui correspond au mille romain. Cependant la lieue gauloise se généralise au Bas-Empire.
Mais il faut voir ce lien Cours sur la lieue gauloise par M. le Professeur Christian Goudineau  (sur Internet)et tout particulièrement le paragraphe citant les études de topographie historique  de M. J. Dassié au cours de

prospection aérienne en Poitou-Charentes et les méthodes concourantes des analyses de l’itinéraire d’Antonin et la table de Peutinger sur le trajet Poitiers-Bordeaux et la localisation des cités suivantes d’après une déduction métrique de 2400 à 2500 m :

- Tamnum à Consac,
- Lamnum à Pons,
- Novioregum à Barzan.

Ensuite sur la démonstration statistique des bornes milliaires, leur marquage dans le - « Corpus Inscriptionum Latinarum » - G. Walser tome XVII, 2 sur une base de 100 bornes par exemple, 42,5 sont inscrites, et sur ces 42, 27% sont en milles romains et 73 % en lieues gauloises. Ensuite «quarta leuga signabatur et decima, id est, unum et vigenti millia passuum » Ammien Marcellin XVI, 12, 8, extrait relatant la campagne de l’Empereur Julien ; ce qui signifie que « l’armée avait encore quatorze lieues à franchir, c’est-à-dire vingt et un mille » mais « signabatur » signalée, soit sur bois ou sur pierre, ce qui veut dire également que sur une via major les bornes n’étaient pas uniquement matériaux solides mais aussi provisoires et de plus certaines n’étaient pas inscrites en distances mais servaient d’office à la gloire de l’empereur.
Quoiqu’il en soit par cette démonstration il y a une équivalence quasi miraculeuse théorique du mille à la lieue soit 1,5 mille appliquée sur des distances en unités que les administrateurs romains n’avaient pu faire disparaître.

Donc pour rappel on a trois possibilités :

- le mille romain (1480 m), soit pour X milles : 14,8 kms
- la lieue gauloise (2222 m), soit pour X lieues gauloises : 22,22 kms
- la grande lieue (2400 à 2500 m), soit pour X grandes lieues gauloises : 24 à 25 kms

Tout en sachant que le système n’est pas véritablement fiable et que de plus la localisation de bataille antique uniquement par un texte est sujette à échec d’une manière générale.

Fin de la première Partie

Le dimanche 4 janvier 2009


HENRY

Partager cet article

Repost0

Pages