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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 12:45

Francs, Goths, Huns.....

 

Historiquement Show : quelques réalités et précisions sur les barbares du Haut Moyen Age, notamment par le spécialiste Bruno Dumézil, mais aussi par Michel Rouche arbitré par Jean-François Colosimo interviewé par Michel Field

 

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 08:06

Partie I : Bataille de Vouillé, 507, de nouveaux éléments en faveur de la localisation près de Niort dans les Deux-Sèvres. Il n’y a plus aveugles que ceux qui ne veulent voir, l’évidence est toujours mise à la vue de tous, ainsi en était il des anciles de Mars. Une seule véritable, les autres servant de miroir aux alouettes!!!!

« L’analyse critique des arguments développés en faveur de la fixité du dogme fait apparaître combien est chancelante la certitude proclamée » André Berthier.

Lettre de Saint Avit à Clovis :

«  Dum ist a nos  aeternitati committimus, dum, quid recti in praesentibus interlucens radius veritatis emicuit. Invenit quippe tempori nostro arbitrum quendam divina provisio. Dum vobis eligitis, omnibus indicatis ; vestra fides nostras victoria »

«  Alors que nous en étions remis à l’éternité et que nous attendions du jugement futur que soit dit ce qu’il y a de droit dans ce que chacun sent, voici qu’il a brillé parmi les hommes d’aujourd’hui un rayon de vérité éclairant. La divine Providence a enfin trouvé un arbitre pour notre époque. Le choix que vous faites pour vous- même est une sentence qui vaut pour tous. Votre foi est notre Victoire. »

Avit également se félicite également que les grecs ne soient plus les seuls a avoir un prince catholique.

- Almici edicti Aviti (Avitus Episcopus Chlodovecho regi) M.G.H.AA. , t. VI, 2 Berlin 1883, éd. R. Peiper, 46(41), p. 75

« Je ne puis souffrir, leur dit-il, de voir des ariens posséder la plus belle partie de la Gaule. Marchons contre eux avec l’aide de Dieu ; et, quand nous aurons vaincu les hérétiques, nous partagerons et posséderons leurs fertiles provinces » Historia Francorum - Grégoire de Tours

Ainsi commence le chapitre de l’Historia Francorum - 37 - Bellum cum Alarico, « La guerre avec Alaric »

Du contexte religieux et politique de l’avant guerre :

Dans la bible gothique arienne comme en usage général, le Christ et le roi sont nommés « franja » ce qui donne « despotès » en grec. Les catholiques eux disent « Kyrios »  - celui qui a de l’autorité - pour le Christ et « Basileus » pour le roi.
Chez les uns la sacralité du roi-prêtre germanique est perpétuée dans l’arianisme, en somme un totalitarisme chrétien dans la lignée du culte impérial.
Le catholicisme divise les deux pouvoirs et fait renoncer le monarque à sa sacralité, de plus Dieu a une indivisibilité a la fois trinitaire et relationnelle. Il inverse le processus indo-européen de l’homme fait Dieu vers celui du  Dieu fait Homme, incluant ainsi une parcelle divine en chacun de nous. La nuance n’est pas mince surtout pour un monarque. - « Clovis » - Michel Rouche - Fayard 2005, p. 264-265

Clovis est nommé après son baptême à Reims « Dominus illuster » et après avoir vaincu Syagrius à Tolbiac « Magister militum » inaugurant ainsi un nouveau type de royauté en Occident.  Mais il est bien isolé, même avec le soutien des moines de Saint Martin de Tours, Saint Rémi archevêque de Reims et son ami Saint Vaast évêque d’Arras, comme Saint Martin avait pour ami  Sulpice Sèvère.


Cependant beaucoup en Gaule comme Avit, « désiraient d’un amour ardent, avoir les Francs pour maître » H.F. (Historia Francorum, car c’est dorénavant comme ceci que cela sera noté) II, 23 ; II, 35
Les évêques Volusien et Vérus de Tours sont frappés d’exil par Alaric II, en 505 les évêques Pupicius et Césaire d’Arles sont déportés à Bordeaux,

Quintanius évêque de Rodez également, ce dernier prêche en faveur de la libération par les Francs. « Histoire du déclin et de la chûte de l’Empire romain » - Gibbon - Bouquins, Robert Laffond, 1983, p. 1121

Il existait alors une vingtaine d’évêques ou d’évêchés opposés à la domination arienne par le principe de la crainte des persécutions commises du temps d’Euric, des rebaptêmes chez les gallo-romains.
La situation économique n’était guère florissante puisque Alaric en vint à faire dévaluer le sou d’or émis par son père Euric. Pour pallier à cette situation inconfortable Alaric fait promulguer son Bréviaire, un stratagème politique sans aucune influence sur les populations, l’illusion  ne fait pas long feu, d’autant qu’Alaric s’emploi à user du despotisme sur les populations locale à l’égal de son beau-père Théodoric roi des Ostrogoths.

Pour ce qui est du caractère des Francs en général, dans leur attitude dans les guerres privées ou publiques,
peuvent faire penser plus comme le peuple juif, celui du Juste des Psaumes, en but à ses ennemis.
« Ils laissent à Dieu et aux saints le soin de punir de mort, à travers des miracles de vengeance, des oppresseurs qui sont uniquement de leurs sanctuaires » Cf. « Histoires » - Roccolène, V, 4

Cependant comme à l’image des Gaulois ils « s’assemblent si facilement en grande quantité, c’est que leur caractère simple et droit les pousses à soutenir les protestations de leurs voisins qu’ils croient victimes d’une injustice » « Géographie » - Strabon, IV; 2 p. 158

Donc ce trait de caractère de pugnacité et d’esprit de justice, mais aussi de communautarisme d’intérêt les pousse inexorablement dans la difficulté à rejaillir et offrir le recours aux armes, pour la juste cause. C’est un prélude à la chevalerie en somme.

Du contexte militaire :


Après plusieurs défaites et campagnes mal préparées, s’allie avec les Armoricains, eux aussi avaient participé à la bataille des Champs Catalauniques aux côtés d’Aetius en 451. Cette ancienne alliance ressurgit à certaines conditions « Que les armoricains, bien que sujets des Francs, ne leur paient ni impôt, ni taxe » H.F. IV, 4. Les armoricains fournissent un important contingent de cavalerie à celui-ci  vient se rajouter la cavalerie lourde des

Alains, pour contrer celle des goths jusqu’alors invicible (bataille d’Andrinople). Des garnisons aux extrémités des Gaules - Conscription militaire - comme celles du « Dux Tractus Armoricani » portant avec elles le « Labarum » de Constantin.

« Les Francs ne pouvaient les faires plier de force (les armoricains), ils leurs proposèrent l’alliance et les mariages réciproques. Les Arboryques acceptèrent cette proposition, car les deux peuples étaient chrétiens, et de la sorte ils ne formèrent plus qu’un seul et acquirent une grande puissance ». « Guerre des Goths » - Procope I, 12

A cet ensemble viennent s’ajouter les troupes des Francs Rhénans conduites par Clodéric fils de Sisgebert de Cologne dit « Le boiteux » depuis la bataille des Champs Catalauniques en 451.

De son côté Alaric recours à la mobilisation désespérée de tous ces contingents pour tenir le camp retranché de Poitiers après la chute de Tours. Les milices urbaines, dont une s’illustrera aux batailles sous Poitiers en 573, mais qui se rangent en général du côté du vainqueur par ce qu’il porte la légitimité de l’Empire, donc ici « Magister militum » pour Clovis « Clovis » - G. Kurth, Tours, 1896, p. 275

Ensuite les «stationarii » (garnisaires-colons ), troupes barbares qui cantonnent en Poitou « Annuaire Imperial - Noticia utriusque Imperii - les tares de la Noticia digitaux - Le duché d’Armorique » C. Jullian - Revue des études anciennes, 1921, 103-109

- à saint Liguaire (Deux sèvres près de Niort) , camp de la Tiffardière occupé par les auxiliaires Taïphales,
- à Aiffres (Deux Sèvres près de Niort), nom qui vient de ce que des légionnaires d’Afrique l’occupèrent durant la période romaine « Histoire des Communes des Deux-Sèvres - Le pays Niortais» - Maurice Poignat  p. 89 et 249.

En outre la loi des Wisigoths (I. IX. Tit. 2, t. IV p. 425) « obligeant tous les maîtres à armer et à envoyer ou conduire à l’armée la dixième partie de leurs esclaves ».

« Une grande partie du peuple des Arvernes, qui étaient venus avec Apollinaire et qui étaient les premiers des sénateurs tombèrent alors » H. F. IV.

Le parti gallo-romain Arverne ainsi que celui Burgonde craignait un échec semblable à celui de Sidoine père d’Apollinaire, donc par prudence et crainte ils se rangèrent du côté des Wisigoths ; alors que le parti gallo-romain picte et aquitain était favorable aux Francs pour des raisons historiques évoquées ci-après.

Du contexte diplomatique :

Clovis devient en ce temps, l’allié incontournable de Constantinople. En effet en 504, Théodoric (roi des Ostrogoth) envoie le comte Pitzia pour repousser les Gépides en Illiricum. En récupérant la capitale de la Pannonie Seconde Sirmium, les troupes pénétrèrent sur les terres de l’Empire d’Orient ou elles défont les troupes de ce dernier. Dès ce jour l’Empereur d’Orient Anastase, voit ressurgir le spectre de 487, ou les Goths avaient menacéConstantinople. De cette manière Anastase s’entend à renverser les alliances. Clovis saisit l’opportunité d’affaiblir Théodoric II roi des Ostrogoths, beau-père d’Alaric II et soutien militaire.
Clovis s’allie avec Gondebaud de Burgondie qui se promet d’y gagner la Provence, comme Clovis une part de la Septimanie.

Au début de 507, alors que Théodoric et ses troupes sont clouée par une attaque de l’Empire d’Orient en Italie, Clovis passe à l’attaque et s’empare pour la troisième fois de la cité de Tours, capitale de la Troisième Lyonnaise, mais également axe spirituel des Gaules. Gibbon en fait « l’oracle des Gaules ». Ce sont les psaumes déclinés et entendus en pénétrant dans l’abbaye là ou se trouvait la chasse de saint Martin qui donnait l’avenir militaire

des troupes. Il fut aisé d’y voir le nouveau Josué, ou le nouveau Gédéon. « Histoire du déclin et de la chûte de l’Empire romain » - Gibbon - Bouquins, Robert Laffond, 1983, p. 1122

Dès son entrée il promulgue un édit « par respect pour Saint Martin, un édit afin que personne n’osât prendre aucun aliment aux dépens de cette région, sauf de l’herbe et de l’eau » H.F. II, 38

De cette manière il ébranle un peu plus l’édifice de cartes Wisigoths et  s’accorde l’appui des gallo-romains en majorité catholiques. Saint Martin et Saint Hilaire (évêque de Poitiers exilé en Phrygie au Ivème siècle pour antiarianisme) confortent historiquement sa position en terre pictave.

De la guerre de Clovis contre Alaric :


37. Bellum cum Alarico « Historia Francorum » - Grégoire de Tours-

« Igitur Chlodovechus rex ait suis: 'Valde molestum fero, quod hi Arriani partem teneant Galliarum. Eamus cum Dei adiutorium, et superatis redegamus terram in ditione nostra'. Cumque placuisset omnibus hic sermo, conmoto exercitu, Pectavus dirigit. Ibi tunc Alaricus commorabatur. Sed quoniam pars hostium per territurium Turonicum transiebat, pro reverentia beati Martini dedit edictum, ut nullus de regione illa aliud quam herbarum alimenta

aquamque praesumeret. Quidam autem de exercitu, inventum cuiusdam pauperis faenum, ait: 'Nonne rex herbam tantum praesumi mandavit, nihil aliud? Et hoc, inquid, 'herba est. Non enim erimus transgressores praecepti eius, si eam praesumimus'. Cumque vim faciens pauperi faenum vertute tulisset, factum pervenit ad regem. Quem dicto citius gladio peremptum, ait: 'Et ubi erit spes victuriae, si beato Martino offendimus?' Satisque fuit exercitui nihil

ulterius ab ac regione praesumere. Ipsi vero rex direxit nuntius ad beatam basilicam, dicens: 'Ite et forsitan aliquod victuriae auspicium ab aedae sancta suscipitis'. Tunc datis muneribus, quod loco sancto exhiberent, ait: 'Si tu, Domine, adiutor mihi es et gentem hanc incredulam semperque aemulam tibi meis manibus tradere decrevisti, in ingressu basilicae sancti Martini dignare propitius revelare, ut cognuscam, quia propitius dignaberis esse tamulo tuo'. Maturantibus autem pueris et ad locum accedentibus iuxta imperium regis, dum sanctam ingrederentur basilicam, hanc antefanam ex inproviso primicirius, qui erat, inposuit: Praecinxisti me, Domine, virtutem ad bellum, subplantasti insurgentes in me subtus me et inimicorum meorum dedisti mihi dorsum et odientes me disperdedisti. Quod psallentium audientes, Domino gratias agentes et vota beato confessori promittentes, laeti nuntiaverunt regi.

Porro ille cum ad fluvium Vigennam cum exercitu advenisset, in quo loco eum transire deberit, paenitus ignorabat. Intumuerat enim ab inundationem pluviarum. Cumque illa nocte Dominum depraecatus fuisset, ut ei vadum quo transire possit dignaretur ostendere, mane facto cerva mirae magnitudinis ante eos nuto Dei flumine ingreditur, illaque vadante, populus quo transire possit agnovit. Veniente autem rege apud Pictavus, dum eminus in tenturiis commoraret, pharus ignea, de basilica sancti Helari egressa, visa est ei tamquam super se advenire, scilicet ut, lumine beati confessoris adiutus

Helarii, liberius hereticas acies, contra quas saepe idem sacerdos pro fide conflixerat, debellaret. Contestatus est autem omni exercitu, ut nec ibi quidem aut in via aliquem expoliarent aut res cuiusquam direperent.

Erat in his diebus vir laudabilis sanctitatis Maxentius abba, reclausus in monastyrio suo ob Dei timore infra terminum Pictavensim. Cuius monastyrio nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie Cellula sancti Maxenti vocatur. Cuius monachi cum unum hostium cuneum ad monastyrium cernerent propinquare, abbatem exorant, ut de cellola sua egrederetur ad consolandum eos.
 Illoque demorante, hii timore perculsi, eum aperto ustio de cellola sua producunt. At ille in occursum hostium, quasi pacem rogaturus, perget intrepidus. Unus autem ex his evaginato gladio, ut capud eius libraret, manus ad aurem erecta diriguit, gladiusque retrursum ruit. Ad ipse ad pedes beati viri veniam deposcens sternitur. Quod videntes reliqui, cum timore maximo ad exercitum redierunt, timentes, ne et ipse pariter interirent. Huius

vero brachium beatus confessor cum oleo benedicto contrectans, inposito signo crucis, restituit sanum, eiusque obtentu monastyrio permansit inlaesum. Multasque et alias virtutes operatus est, quas si quis diligenter inquiret, librum Vitae illius legens cuncta repperiet. [Anno 25. Chlodovechi.]

Interea Chlodovechus rex cum Alarico rege Gothorum in campo Vogladense decimo ab urbe Pictava miliario convenit, et confligentibus his eminus, resistunt comminus illi. Cumque secundum consuetudinem Gothi terga vertissent, ipse rex Chlodovechus victuriam, Domino adiuvante, obtinuit. Habebat autem in

adiuturium suum filium Sygiberthi Claudi nomen Chlodericum. Hic Sygiberthus pugnans contra Alamannos apud Tulbiacensim oppidum percussus in genuculum claudicabat. Porro rex, cum, fugatis Gothis, Alaricum regem interfecisset, duo ex adverso subito advenientes, cum contis utraque ei latera feriunt. Sed

auxilio tam luricae quam velocis equi, ne periret, exemptus est. Maximus ibi tunc Arvernorum populus, qui cum Apollinare venerat, et primi qui erant ex senatoribus corruerunt. De hac pugna Amalaricus, filius Alarici, in Spaniam fugit regnumque patris sagaciter occupavit. Chlodovechus vero filium suum Theudoricum per Albigensim ac Rutinam civitatem ad Arvernus dirigit. Qui abiens, urbes illas a finibus Gothorum usque Burgundionum terminum patris sui dicionibus subiugavit. Regnavit autem Alaricus annos 22. Chlodovechus vero apud Burdigalinsi urbe hiemem agens, cunctos thesauros Alarici a Tholosa auferens, Ecolisnam venit. Cui tantam Dominus gratiam tribuit, ut in eius contemplatione muri sponte corruerent. Tunc, exclusis Gothis, urbem suo

dominio subiugavit. Post haec, patrata victuria, Turonus est regressus multa sanctae basilicae beati Martini munera offerens »


« Le roi Clovis dit à ses soldats [l’an 507] : Je supporte avec grand chagrin que ces Ariens possèdent une partie des Gaules. Marchons avec l’aide de Dieu, et, après les avoir vaincus, réduisons le pays en notre pouvoir. Ce discours ayant plu à tous les guerriers, l’armée se mit en marche et se

dirigea vers Poitiers ; là se trouvait alors Alaric. Mais comme une partie de l’armée passait sur le territoire de Tours, par respect pour saint Martin, Clovis donna l’ordre que personne ne prît dans ce pays autre chose que des légumes et de l’eau. Un soldat de l’armée s’étant emparé du foin d’un pauvre

homme, dit : Le roi ne nous a-t-il pas recommandé de ne prendre que de l’herbe et rien autre chose ? Et bien, c’est de l’herbe. Nous n’aurons pas transgressé ses ordres si nous la prenons. Et ayant fait violence au pauvre, il lui arracha son foin par force. Ce fait parvint aux oreilles du roi

Ayant aussitôt frappé le soldat de son épée, il dit : Où sera l’espoir de la victoire, si nous offensons saint Martin ? Ce fut assez pour empêcher l’armée de rien prendre dans ce pays. Le roi renvoya des députés à la basilique du saint, leur disant : Allez, et vous trouverez peut-être dans le saint

temple quelque présage de la victoire. Après leur avoir donné des présents pour orner le lieu saint, il ajouta : Seigneur, si vous êtes mon aide, et si vous avez résolu de livrer en mes mains cette nation incrédule et toujours ennemie de votre nom, daignez me faire voir votre faveur à l’entrée de la

basilique de saint Martin, afin que je sache si vous daignerez être favorable à votre serviteur. Les envoyés s’étant hâtés arrivèrent à la sainte basilique, selon l’ordre du roi ; au moment où ils entraient, le premier chantre entonna tout à coup cette antienne : Seigneur, vous m’avez revêtu de force pour la guerre, et vous avez abattu sous moi ceux qui s’élevaient contre moi, et vous avez fait tourner le dos à mes ennemis devant moi, et vous

avez exterminé ceux qui me haïssaient. Ayant entendu ce psaume, et rendu grâce à Dieu, ils présentèrent les dons au saint confesseur, et allèrent pleins de joie annoncer au roi ce présage. L’armée étant arrivée sur les bords de la Vienne, on ignorait entièrement dans quel endroit il fallait passer ce

fleuve, car il était enflé par une inondation de pluie. Pendant la nuit le roi ayant prié le Seigneur de vouloir bien lui montrer un gué par où l’on pût passer, le lendemain matin, par l’ordre de Dieu, une biche d’une grandeur extraordinaire entra dans le fleuve aux yeux de l’armée, et passant à gué,

montra par où on pouvait traverser. Arrivé sur le territoire de Poitiers, le roi se tenait dans sa tente sur une élévation ; il vit de loin un feu qui sortait de la basilique de saint Hilaire, et semblait voler vers lui, comme pour indiquer qu’aidé de la lumière du saint confesseur Hilaire, le roi triompherait plus futilement de ces bandes hérétiques, contre qui le pontife lui-même avait souvent soutenu la foi. Clovis défendit a toute l’armée de

dépouiller personne ou de piller le bien de qui que ce soit dans cet endroit ou dans la route.

Il y avait dans ce temps un homme d’une admirable sainteté, l’abbé Maxence, renfermé par la crainte de Dieu dans son monastère situé dans le territoire de Poitiers. Nous n’indiquons pas au lecteur le nom de ce monastère, parce que cet endroit s’appelle encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Maixent ; les moines, voyant qu’un corps de troupes s’avançait vers le monastère, prièrent leur abbé de sortir de sa cellule pour les exhorter à se retirer.

Effrayés de ce qu’il tardait, ils ouvrirent la porte et le firent sortir de la cellule. Maxence marcha courageusement au-devant de la troupe, comme pour demander la paix ; un soldat avait tiré son épée pour lui trancher la tête, mais sa main qu’il avait levée jusques auprès de son oreille, se raidit tout à coup et l’épée tomba en arrière. Le soldat, se prosternant aux pieds du saint homme, lui demanda pardon. A cette vue, les autres, saisis d’une brande

terreur, retournèrent à l’armée craignant de subir le même sort. Le saint confesseur ayant touché le bras du soldat avec de l’huile bénite, et fait le signe de la croix, lui rendit la santé ; ainsi sa protection préserva le monastère de tout outrage. Il fit encore un grand nombre d’autres miracles. Si quelqu’un est curieux de s’en instruire, il les trouvera tous en lisant le livre de sa vie. C’était la vingt-cinquième année de Clovis.

Cependant Clovis en vint aux mains avec Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouglé à dix lieues de la ville de Poitiers. Les Goths ayant pris la fuite selon leur coutume, le roi Clovis, aidé de Dieu, remporta la victoire ; il avait pour allié le fils de Sigebert Claude, nommé Chlodéric. Ce Sigebert boitait d’un coup qu’il avait reçu au genou à la bataille de Tolbiac contre les Allemands. Le roi, après avoir mis les Goths en fuite et tué leur roi Alaric, fut tout a coup surpris par derrière, par deux soldats qui lui portèrent des coups de lance sur les deux côtés. Mais la bonté de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le préservèrent de la mort. Il périt dans cette bataille un grand nombre d’Auvergnats qui étaient venus avec Apollinaire, ainsi que les premiers des sénateurs. Après le combat, Amalaric, fils d’Alaric, s’enfuit en Espagne et gouverna avec sagesse le royaume de

son père. Clovis envoya, son fils Théodoric en Auvergne par Albi et Rodez ; celui-ci soumit à son père toutes les villes depuis la frontière des Goths jusqu’à celle des Bourguignons. Alaric avait régné vingt-deux ans. Clovis après avoir passé l’hiver dans la ville de Bordeaux et emporté de Toulouse tous les trésors d’Alaric, marcha sur Angoulême. Le Seigneur lui accorda une si grande grâce qu’à sa vue les murs s'écroulèrent d’eux-mêmes. Après en avoir chassé les Goths, il soumit la ville à son pouvoir ; ayant ainsi complété sa victoire; il rentra dans Tours et offrit un grand nombre de présents à la sainte basilique du bienheureux Martin [l’an 508]. »

Sur le miracle de Saint Maixent et sa localisation :


(carte H.)

Reprenons la partie du  texte  du miracle de Saint Maixent qui précède juste la bataille :

« Erat in his diebus vir laudabilis sanctitatis Maxentius abba, reclausus in monastyrio suo ob Dei timore infra terminum Pictavensim. Cuius monastyrio nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie Cellula sancti Maxenti vocatur. Cuius monachi cum unum hostium cuneum ad monastyrium cernerent propinquare, abbatem exorant, ut de cellola sua egrederetur ad consolandum eos. »

Soit : « Il y avait dans ce temps un homme d’une admirable sainteté, l’abbé Maxence, renfermé par la crainte de Dieu dans son monastère situé dans le territoire de Poitiers. Nous n’indiquons pas au lecteur le nom de ce monastère, parce que cet endroit s’appelle encore aujourd’hui la chapelle de Saint-Maixent ; les moines, voyant qu’un corps de troupes s’avançait vers le monastère, prièrent leur abbé de sortir de sa cellule pour les exhorter à se retirer. »

Ce passage précède bien la bataille, il est intéressant en plusieurs points et mérite que l’on s’y attarde. Dans - « Histoire chronologique de la Royalle abbaye  de Saint Maixent en Poitou » -  A.N. fonds latin 12684 folio 110.

Adjutor (futur Saint Maixent) est décrit comme étant né en 448 dans une famille noble et chrétienne établie sur les rives de la Méditerranée dans l’antique cité d’Adge en Narbonnaise. Il est confié dès sa première

enfance à Severus futur Saint Sever, plus tard il partit vers l’Ouest « se laissant conduire par la divine Providence » guidé par la réputation du grand Saint Hilaire. Arrivé à Poitiers, il rejoint la petite communauté érémitique des disciples d’Agapit dans le lieu  à l’époque sous le vocable « cellula Sancti Saturnini ». Agapit localise cette abbaye dans la forêt de Vauclair.

- « Son emplacement primitif (celui du Monastère de Saint Saturnin, plus tard Saint Maixent) paraît avoir été dans une forêt nommée Saura, et postérieurement Sèvre ou Saivre. D’après la tradition, les moines s’établirent dans la partie de cette forêt connue sous le nom de Vau-clair, Vallis clara, dénomination qui lui fut probablement affectée par ce que le sol était absolument nu » « Histoire du Poitou » - Dufour -   , tome I, note XXIV
 

- « On tient que du temps du roy Clovis, un soldat, ayant voulu frapper Saint Maixent, solitaire au dit lieu, qui étoit, pour lors une forest appelée la forest de Vauclès, le bras qu’il leva pour cet effet demeura sec et sans mouvement, ce qui ayant été rapporté à ce grand prince, il se transporta avec son armée vers ce saint, auprès duquel il implora la guérison de ce malheureux, qui en fut sur-le-champ, à la vue de l’armée, miraculeusement guéry. » « Mémoire statistique sur l’élection de Saint Maixent » - Samuel Levêque - dressé en 1698.

A la mort d’Agapit, Adjutor prend le nom de Maixent en mémoire du saint évêque de Poitiers du siècle précédent, né à Sillé près de Loudun, et obtient la charge de l’abbaye Saint Saturnin.
Clovis après la bataille accorde à l’abbaye le domaine de Milon (ou se dresse aujourd’hui le château de Couldray-Salbart) et une grande partie de la forêt de Sèvre.

Maixent meurt le 26 juin 515 à l’âge de 77 ans, il est inhumé auprès d’Agapit, dès ce jour une foule considérable vient en pélérinage et le nom d’abbaye Saint Saturnin est remplacé par celui de Saint Maixent, d’où la remarque de Grégoire de Tours sur le lieu de Saint Maixent, car Grégoire de Tours écrit

son « Historia francorum » après la mort de Clovis et celle de Saint Maixent « Vie de Grégoire de Tours » né à Riom le 30 novembre 538, mort à Tours vers 594 - abbé Odoat. Soit plus de 50 ans environ après les évènements.

« Saint Agapit fonda un monastère, vers le milieu du Vème siècle, à l’endroit appelé aujourd’hui Saint Maixent ; l’église fût dédiée à Saint Saturnin, évêque de Toulouse. Par la suite saint Agapit abandonna l’abbatiat en faveur de son disciple Maixent. » Cf.  « Chartes et documents pour servir à l’histoire de l’abbaye de Saint Maixent » -  A. Richard - p. LXI


Il faut aussi rajouter que « cellula Sancti Maxentii » n’est que le diminutif de Cella qui signifie habitation de prêtres, de religieux, donc monastère.

On remarque également cette phrase de Grégoire de Tours « Cuius monachi cum unum hostium cuneum »  qui souligne une formation militaire constituée, c’est donc d’un détachement qu’il s’agit.

La suite du miracle par Grégoire de Tours :

«  Illoque demorante, hii timore perculsi, eum aperto ustio de cellola sua producunt. At ille in occursum hostium, quasi pacem rogaturus, perget intrepidus. Unus autem ex his evaginato gladio, ut capud eius libraret, manus ad aurem erecta diriguit, gladiusque retrursum ruit. Ad ipse ad pedes beati viri veniam deposcens sternitur. Quod videntes reliqui, cum timore maximo ad exercitum redierunt, timentes, ne et ipse pariter interirent. Huius

vero brachium beatus confessor cum oleo benedicto contrectans, inposito signo crucis, restituit sanum, eiusque obtentu monastyrio permansit inlaesum. Multasque et alias virtutes operatus est, quas si quis diligenter inquiret, librum Vitae illius legens cuncta repperiet. [Anno 25. Chlodovechi. »

« Effrayés de ce qu’il tardait, ils ouvrirent la porte et le firent sortir de la cellule. Maxence marcha courageusement au-devant de la troupe, comme pour demander la paix ; un soldat avait tiré son épée pour lui trancher la tête, mais sa main qu’il avait levée jusques auprès de son oreille, se raidit tout à coup et l’épée tomba en arrière. Le soldat, se prosternant aux pieds du saint homme, lui demanda pardon. A cette vue, les autres, saisis d’une

brande terreur, retournèrent à l’armée craignant de subir le même sort. Le saint confesseur ayant touché le bras du soldat avec de l’huile bénite, et fait le signe de la croix, lui rendit la santé ; ainsi sa protection préserva le monastère de tout outrage. Il fit encore un grand nombre d’autres miracles. Si quelqu’un est curieux de s’en instruire, il les trouvera tous en lisant le livre de sa vie. C’était la vingt-cinquième année de Clovis. »

À ce texte se rajoute celui-ci :

« Eo tempore contigit ut Franci cum Gothis conflictu bellico advenirent, proecedente eos Chlodoveo Rege. Cùm autem monasterio propinquassent, in quo S. Maxentius Pastor habebatur égéries, et venissent in villam vocabulo Vocladum, instinctu diabloli cogitare coeperunt, ut idem monasterium debellare deberent…

Cùm hoec ad aures Principis pervenissent Chlodovoei’ accurrens ocius ipse, ad sanctus virum pervenit ; seque prosternens in terram humililter adoravit… Quem locum in quo idem Princeps venerabilis ad sancti viri jacuerat, in eodem monasterio usque ad hodiernum diem apparere manifestum est… »

« En ce temps-là, il arriva que les Francs, sous les ordre de Clovis, en virent à une lutte avec les Goths… Or, comme ils (les Francs) s’étaient approchés du monastère ou habitait le saint abbé Maixent et étaient arrivés dans l’endroit appelé villa Voclade, poussés par le diable, ils eurent l’idée de piller le monastère….

Lorsque le récit du miracle arriva aux oreilles de Clovis, accourant au plus vite, il se rendit auprès du saint et, se prosternant jusqu’à terre, il pria humblement… Ce lieu, où le vénérable prince se jeta aux pieds du saint, on sait qu’il est encore visible dans ce monastère… » « Acta santorum ordinis S. Benedicti - Vita sancti Maxentii » - C. I., apud Mabillon soec. 1.

Épisode certainement repris dans la « Vie de Saint Maixent »  Grégoire de Tours aujourd’hui perdue, mais récupéré par un moine du VIIème siècle.


Donc la dénomination exacte du lieu est Villa Voclade, c’est-à-dire celui d’où arrivent les troupes de Clovis vers le monastère de Saint Maixent, ces deux lieux semblent donc très proches puisque comme nous le voyons plusieurs fois ils font partis d’un ensemble de terres nommées primitivement Vauclès

ce qui donne Voclade, le substantif Vocladum et l‘adjectif Vocladensis. On y apprend également que Clovis accoure au plus vite, ce qui laisse présumé d’une distance courte, cet incident se produisant avant la bataille et est a lier à la bataille, car se passant avant celle-ci.

« Je sais que l’ancien cartulaire de Saint Maixent, en indiquant, comme arrivé au lieu ou existe actuellement la ville de Saint Maixent, le miracle relatif aux soldats frank, ajoute qu’à l’endroit où Chludwig (Clovis) était venu de sa personne pour faire agréer à Maixent ses excuses à raison de cet attentat, on avait élevé un petit oratoire, dans lequel on avait placé une image de la Vierge. Cet oratoire, qui se trouvait près de la porte par laquelle on entrait des cloîtres dans la sacristie, existait même encore, en 1675, et aurait été détruit depuis, ainsi que le savant Mabillon, qui entre dans beaucoup de détails à ce sujet dans ses Acta Sanctorum » « Recherches sur les Chroniques du monastère de Saint Maixent en Poitou » - A.D. de la Fontenelle de Vaudoré - Poitiers, 1838

Ce miracle était donc inscrit dans un oratoire de l’abbatiale de Saint Maixent et était encore visible en 1675 (déjà fort endommagée par les guerres de religions), il fût détruit lors de la réfection de l’abbatiale de 1668 à 1682. A la suite de ce miracle Clovis accorde donc le domaine de Milon et une grande partie de la forêt de Sèvre à l’abbaye de Saint Maixent, comme il est dit plus haut.


Reprenons la partie du texte localisant la bataille après le miracle par Saint Maixent :


« Interea Chlodovechus rex cum Alarico rege Gothorum in campo Vogladense decimo ab urbe Pictava miliario convenit »
« Cependant Clovis se présente devant Alaric, roi des Goths, dans le champ de Vouillé à dix lieues de la ville de Poitiers »
« Interea » est à souligner car il exprime « Dans l’intervalle, pendant ce même temps, ou sur ces entrefaits », il exprime une continuité et une rapidité.


Sur le mille, la lieue et la grande lieue gauloise :


Borne milliaire de Rom dans les Deux Sèvres :

« A l’empereur César Caius Pius Esuvius Tétricus, (sur le haut) »
« C(ivitas) P(ictavium) Limonum L (eugae) XVI ; FIN(es) L(eugae) XX »
Notons entre parenthèse que le poète Ausone possédait une villa à Rom. Le Rom des Deux Sèvres et non la ville de Rome.

Soit XVI lieues en partant de Poitiers, et Fin sur la limite du territoire des Pictons

Celle de Brioux ( également dans les Deux Sèvres) est datée du règne de Constance Chlore (fin du IIIème) et est traduite ainsi :

« A nos deux maîtres, A. Flavius Valerius Constance (Chlore), très grand, très noble, César, pieux, heureux et invincible, Auguste, grand pontife revêtu de la puissance tribunice, consul » - Revue historique Poitou et Saintonge - Espérandieu - 1887-1888, p. 154-156

Ce détail laisse planer un doute sur la référence milliaire, nous sommes ici sur une voie principale qui va de Poitiers à Saintes et non une voie secondaire ou les indications milliaires sont plus difficilement repérables, voire inexistante. Car dans cette affaire nous sommes sur plusieurs voies, une majeur celle de Poitiers à Saintes (Bordeaux) (Limonum - Santonum (Burdigala) et sur des voies mineures (via minor) de Poitiers à Saint Maixent,

mais également plusieurs autres voies, dont celles vicinales ou de l’entretien des propriétaires terriens.

« Il y a des voies publiques, construites aux frais de l’Etat, qui portent le nom de ceux qui les ont tracées. Ces routes sont sous la surveillance des curateurs qui les font construire par des entrepreneurs. Pour certaines d’entre elles, on exige aussi périodiquement, une somme fixe des propriétaires de la région. Il y a en outre les voies vicinales qui s’embranchant sur la grande route, conduisent à travers la campagne et, souvent, aboutissent elles-mêmes sur d’autres voies publiques. Elles sont construites et entretenues par pagi, c’est-à-dire par les magistri des pagi qui, d’ordinaire, exigent des propriétaires les corvées nécessaires ou plutôt assignent à chaque propriétaire le soin d’entretenir la portion de voie qui traverse son domaine. Aux limites de ces parcours, on voit même des inscriptions indiquant quel est le territoire, quel est le propriétaire et quel est le parcours qu’il doit entretenir. L’accès de tous ces chemins est libre… Il y a enfin des chemins traversant les domaines particuliers qui ne doivent pas livrer de passage à tout le monde mais seulement à ceux qui en ont besoin pour parvenir à leurs champs. Ces chemins partent des voies vicinales. Parfois aussi ils s’embranchent sur des voies appartenant en commun à deux propriétaires qui se sont entendus pour les prendre sur l’extrémité de leurs domaines et les entretenir à frais communs. En exlusion, les voies publiques, les chemins vicinaux et, parmi les chemins privés, ceux qui appartiennent en commun à deux propriétaires,, coïncident avec leurs limites. Ces chemins n’ont cependant pas été tracés pou servir de limites mais pour ouvrir des voies de

communications »  - De condicionibus agrorum - Siculus Flaccus - p. 146, l. 1 et suiv. Lachmann.


Par ce principe on connait le rôle et les conditions de l’organisation du territoire romain pour ses voies de communications. On sait aussi en outre que le bas Poitou possède de grandes propriétés terriennes et de ce fait de multiples voies qui lient les via major aux via via minor par les voies vicinales ou les voies de limites de domaines. Cet extrait illustre assez bien le fondement du droit de la propriété et ses servitudes. 

Ensuite le principe voudrait que nombre de voies soient bornées jusqu’à Lyon en lieues gauloises soit 2222 m et en dessous en mille de pas soit 1480 m, ce qui correspond au mille romain. Cependant la lieue gauloise se généralise au Bas-Empire.
Mais il faut voir ce lien Cours sur la lieue gauloise par M. le Professeur Christian Goudineau  (sur Internet)et tout particulièrement le paragraphe citant les études de topographie historique  de M. J. Dassié au cours de

prospection aérienne en Poitou-Charentes et les méthodes concourantes des analyses de l’itinéraire d’Antonin et la table de Peutinger sur le trajet Poitiers-Bordeaux et la localisation des cités suivantes d’après une déduction métrique de 2400 à 2500 m :

- Tamnum à Consac,
- Lamnum à Pons,
- Novioregum à Barzan.

Ensuite sur la démonstration statistique des bornes milliaires, leur marquage dans le - « Corpus Inscriptionum Latinarum » - G. Walser tome XVII, 2 sur une base de 100 bornes par exemple, 42,5 sont inscrites, et sur ces 42, 27% sont en milles romains et 73 % en lieues gauloises. Ensuite «quarta leuga signabatur et decima, id est, unum et vigenti millia passuum » Ammien Marcellin XVI, 12, 8, extrait relatant la campagne de l’Empereur Julien ; ce qui signifie que « l’armée avait encore quatorze lieues à franchir, c’est-à-dire vingt et un mille » mais « signabatur » signalée, soit sur bois ou sur pierre, ce qui veut dire également que sur une via major les bornes n’étaient pas uniquement matériaux solides mais aussi provisoires et de plus certaines n’étaient pas inscrites en distances mais servaient d’office à la gloire de l’empereur.
Quoiqu’il en soit par cette démonstration il y a une équivalence quasi miraculeuse théorique du mille à la lieue soit 1,5 mille appliquée sur des distances en unités que les administrateurs romains n’avaient pu faire disparaître.

Donc pour rappel on a trois possibilités :

- le mille romain (1480 m), soit pour X milles : 14,8 kms
- la lieue gauloise (2222 m), soit pour X lieues gauloises : 22,22 kms
- la grande lieue (2400 à 2500 m), soit pour X grandes lieues gauloises : 24 à 25 kms

Tout en sachant que le système n’est pas véritablement fiable et que de plus la localisation de bataille antique uniquement par un texte est sujette à échec d’une manière générale.

Fin de la première Partie

Le dimanche 4 janvier 2009


HENRY

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 06:00

Partie II :

Bataille de Vouillé, 507, de nouveaux éléments en faveur de la localisation près de Niort dans les Deux-Sèvres

 

 

Des textes anciens (VII-IXème) concernant la bataille :

Outre Grégoire de Tours il y a les auteurs suivant et leurs textes :

 

- Frédégaire, au VIIIème siècle dans « Fredegarii Scholastia Chronicon » :

« Clodoveus adversus Alaricum arma commovit quem in campania Voglavensem decime ab urbe Pictavâ milliario interfecit »


- Dans « Gesta francorum usque ad regem Theodoricum IV perducta » du VIIIème siècle :

« Clodoveus rex cum Alarico rege gothorum in campo Vogladise super fluvium Clinno, milliaro decimo ab urbe Pictavâ convenit »


- Hincmar dans « Vita Sancti Remigii » du IXème siècle on lit :

« Chlodowicus


- Isidorus Hispalensis dans « Historia de regibus Gothorum, Vandalorum et Suevorum »

.. Cum rege gothorum in campo Mogothensis super fluvium Clinno, milliario decimo ab urbe Pictavis bellum conventit »

« Aera DXXI, ann. X imperii Zenonis, Eurico mortuo, Alaricus, filius ejus, apud Tolosanam urbem princeps. Gothorum constituitur, regnans ann. XXIII, adversus quem Fludujus Francorum princeps Galliae regnum affectans, Burgundionibus sibi auxiliantibus, bellum movet, fusisque Gothorum copiis, ipsum postremo regem apud Pictavium superatum interficit. Theudericus autem Italiae rex, dum interitum generi comperisset, confestim ab Italia proficiscitur, Francos proterit, partem regni, quam manus hostium occupaverat, recepit, Gothorum juri restituit. »


- « Adonis Viennensis archapiscope chronicon » :

« Clodoveus rex Francorum, milliaro, decime ab urbe Pictavis cum Alarico rege gothorum pugnam imiit, ibi que victor Alaricum occidit 
»

Des distances actuelles en kms entre villes et villages concernés par l’épisode ou la démonstration :


Poitiers est dans le département 86

- Voulon (dans le département 86) - Poitiers : 30 kms,

- Mougon (dans le département 86) - Poitiers : 17,33 kms,

- Vouillé (dans le département 86) - Poitiers : 19,24 kms,

- Saint Maixent (dans le département 79) - Poitiers : 53,55 kms,

- Melle (dans le département 79) - Poitiers : 59 kms,

- Rom (dans le département 79) - Poitiers : 42 kms,

- Vouillé (dans le département 79) - Saint Maixent (dans le département 79) : 19, 32 kms

- Mougon (dans le département 79) - Saint Maixent (dans le département 79) : 17,82 kms

- Vouillé (dans le département 79) - Mougon (dans le département 79) : 7,25 kms

Seul Mougon dans la Vienne est a plus ou moins égale distance en mille romains (17, 33kms pour 14, 8 kms au calcul du mille),

Seul Vouillé dans la Vienne est plus ou moins à distance égale en lieues gauloise (19,24 kms pour 22,22 kms au calcul de la lieue gauloise),

Seul Voulon dans la Vienne est approximativement à distance égale en grandes lieues (30 kms pour 24 à 25 kms au calcul de la grande lieue gauloise).

Cela donne trois solutions approximatives, la notation « superfluvium Clinno » est plus tardive, une donne « 

campo Vogladise super fluvium Clinno » ce qui est faux, car Vouillé de la Vienne est sur l’Auxance.

Puisque les trois se prévalent du lieu, il faut avouer que le principe est intellectuellement intéressant mais il a un désavantage majeur, qui occulte l’épisode du miracle de Saint Maixent, alors tranchons ce nœud Gordien et remettons les éléments en place.

  - Procope - XVIII, l. 155-190


De la stratégie et la localisation :


« Ainsi commencèrent les Goths et les Germains à avoir les uns et les autres, une part dans le territoire de la Gallie. Après cela, les Germains, dont la puissance faisait de tels progrès, se souciant peu de Theuderich et de la crainte qu'il inspirait, menèrent une armée contre Alarich et les Wisigoths.

À cette nouvelle, Alarich pria Theuderich de lui venir en aide au plus vite. Et ce prince vint à son secours avec une nombreuse armée. Sur ce point, les Wisigoths, apprenant que les Germains, campaient devant la ville de Carcasianè, vinrent à leur rencontre et, ayant aussi dressé un camp, s'y établirent. Mais le temps fut long qui se consuma pour eux à ce siège, ils s'y ennuyèrent, et voyant leur propre territoire ravagé par l'ennemi, ils s'en firent une idée effrayante et finirent par de grandes injures contre Alarich, trouvant mauvais qu'il eût peur des ennemis, et lui reprochant les lenteurs de son beau-père. Ils affirmaient qu'ils étaient par eux-mêmes capables de soutenir le combat; et qu'à eux seuls il leur serait facile d'avoir à la guerre l'avantage sur les Germains. Ainsi, même avant l'arrivée des Goths,, Alarich était forcé d'en venir au combat avec les ennemis. Les Germains, ayant le dessus en cette rencontre, tuent la plupart des Wisigoths avec Alarich, leur chef, et, occupant la plus grande partie de la Gallie »

« Histoire des guerres »  - Procope - XVIII, l. 155-190


Ainsi l’on sait que la position d’Alaric est intenable sur Poitiers, il est pressé au combat par ses troupes et peu difficilement compter sur la loyauté de la milice de la ville. Clovis est au loin ne cédant pas à l’envie du combat de siège, car il a un temps restreint. La rébellion gronde dans les rangs d’Alaric et le mieux est de rejoindre au plus vite Saintes ou Bordeaux, dans l’espoir de voir arriver les renforts de son beau père Théodoric, s’ils arrivent!!!

Donc son intérêt vital n’est donc pas d’aller a une dizaine de kilomètres à l’Est c’est-à-dire en direction du territoire armoricain, allié de Clovis, soit en d’autres mots courir au suicide, mais d’aller vers le Sud, voir Sud-Est. S’il hésite à Poitiers c’est qu’il n’est pas sûr de l’emporter hors les murs, comme le souligne Procope, son intérêt donc logiquement est donc de rallier au plus vite l’une des villes suivantes, ou Saintes au pire ou au mieux Bordeaux. En ce sens il emploiera un chemin plus discret, celui qui mène de Poitiers à Saint Maixent.

Il faut souligner que l’hypothèse de Vouillé dans la Vienne est une ineptie stratégique, c’est faire injure aux « antiques », successeurs de l’Empire romain, Empire qui grâce à sa maîtrise de la stratégie pût conquérir le monde connu alors. C’est aussi les ravaler à un rang d’imbéciles et avoir une prétention peu ordinaire d’homme moderne savant, qui fort de son érudition n’est pas capable de sauver sa propre planète et tirer des leçons de sa propre Histoire.


Gageons sur le Sud ou Sud Est, je pencherais pour le Sud Est pour la raison que la via minor qui borde le golfe des Pictons, et rejoint Saintes, sur cette voie on peut également trouver des vivres, des villas, et si possible soit arriver plus vite à Saintes, ou éviter Saintes si elle s’est rendue côté Franc.

Quoiqu’il en soit cela est une hypothèse, mais ce qui ne l’est pas c’est l’épisode de Saint Maixent qui prélude à la bataille.

(Carte H.)


Ce qui signifie que d’une part Clovis et ses troupes sont sur Vouillé, ou du moins « Villa Voclade » du « Vita sancti Maxentii » recueillis par Mabillon a recouper avec celui de Grégoire de Tours. C’est ici qu’interviennent les distances, en kms énumérées au-dessus :


- Vouillé (dans le département 79) - Saint Maixent (dans le département 79) : 19, 32 kms

Vouillé dans les Deux-Sèvres est à courte distance de Saint Maixent, soit environ 20 kms, on sait que sous l’ancien régime, une lieue équivalait à la distance parcourue par un homme en une heure, et sept lieues (d’où le conte des bottes de sept lieues) environ celle d’un cheval en une heure également soit :

Avant l’édit de 1674 : la lieue de Paris valait 3,248 kms (Louis XI fait installer des l’ancêtre des relais de postes toutes les sept lieues environ)

Après l’édit de 1674 : la lieue de Paris vaut 3,898 kms, c’est sous Louis XVI que les relais sont systématisés pour les postes, afin d’avoir des chevaux frais.


En moyenne les armées antiques à pieds progressaient de 20 à 25 kms par jour, donc si un détachement

« Cuius monachi cum unum hostium cuneum » qui souligne une formation militaire constituée H. F. (épisode du miracle de Saint Maixent) est à Saint Maixent c’est soit qu’il est en queue de train d’armée et que la tête est à « Villa Voclade », ou qu’il s’est déplacé de « Villa Voclade » à Saint Maixent, mais je pencherais pour la première solution, par déduction. Ce qui fait que Clovis remonte son convoi militaire jusqu’à Saint Maixent pour y remettre de l’ordre qui plus est à cheval, soit en tout deux heures aller retour. Le déplacement moyen par jour d’un escadron est de 30 à 50 kms par jours.

Allez donc!!! par je ne sais quel tour de prestidigitation faire que Saint Maixent soit à cette distance de Poitiers (un écart possible de déplacement de troupes à pieds et à cheval en aller retour dans un même temps «Interea » ) ou bien Clovis et son armée avaient ils le don d’ubiquité, mais de cela Grégoire de Tours qui ne manque pas d’encenser le fondateur de la dynastie n’y a pas songé, quelle étourderie!!!


Calculons, aller-retour en moyenne (Saint Maixent-Poitiers soit : 53 kms X 2 = 106 kms et comptons ce rayonnement pour base de valeur sur la circonscription de Poitiers sans escompter les rajouts de distances entre voies mineures et majeures.


Ce qui donne donc, une distance cette distance minimum de 106 kms, tout en sachant que la distance maximale à cheval parcourue par un escadron est de 50 kms. Autrement dit, il faudrait des chevaux frais de rechange, notamment sur Saint Maixent, ce dont je doute, et de plus avec l’hypothèse de ces fameux chevaux réservés, ils faudrait qu’après 50 autres kms, ils soient capables, et notamment celui du monarque d’aller à la charge dans le même journée.

Autre point Hincmar souligne bien le nom de « Mogothosensis », il existe bien un Mougon :


- Vouillé (dans le département 79) - Mougon (dans le département 79) : 7,25 kms

- Mougon (dans le département 79) - Saint Maixent (dans le département 79) : 17,82 kms


Et l’on redonne la distance :


- Vouillé (dans le département 79) - Saint Maixent (dans le département 79) : 19, 32 kms

Soit à 2 kms environ des distances égales entre Vouillé-Saint Maixent d’une part et Mougon-Saint Maixent.
 

Ensuite il est bien dit :


« Villa Voclade » du « Vita sancti Maxentii » recueillis par Mabillon, le mot villa n’est pas employé au hasard. J’ai dis que de grandes propriétés existaient en bas Poitou et je l’ai voulu souligner par une carte. Mais Il y existe bien un site gallo-romain sur Vouillé dans les Deux-Sèvres puisque je l’ai déclaré, il y a 20 ans, à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Poitou-Charentes. Il s’étend en particulier sur la vallée du Lambon, sur les villages de Vouillé, Arthenay, Villeneuve, Voumoreau. Il comporte un moulin à aubes, avec bief et digue de retenu des eaux, (un autre déclaré par M. Jacques Jarry sur Voumoreau indépendamment) avec un scellement typique de la période romaine, un pont à deux arches en pierres, trois puits et un bassin alimentés par un aqueduc souterrain, auprès duquel des tessons de poteries ont été récupérés et datés au carbone 14, qui donnent mi Ivème- début Vième et un amphithéatre.

Sur cette commune se trouve également un autre site, une nécropole mérovingienne d’un demi-hectare, déclaré mais non fouillé.

Donc une villa, une villa romaine sur le lieu Vouillé. Qui curieusement semble abandonnée depuis le début du VIème.


Donc par deux fois Vouillé est nommé sur le territoire de Voclade, par Grégoire de Tours, dans H.F. et en second par Mabillon sur des textes anciens, certainement la « Vita Sancti Maxentii » de ce même Grégoire aujourd’hui perdu.


Par une autre fois le lieu du combat est cité comme étant celui de Mogothensis, et de ce fait par une quatrième fois lie Vouillé et Mougon, dans un même territoire.


Par quatre fois, l’expression ressort, sans argument contradictoire et s’y rajoute le fait de la précision du mot « Villa ». Aucun des sites proposés sur la Vienne, Vouillé, Mougon et Voulon ne cumulent autant de probabilités, et les font d’emblée être écartés par le fait même de l’impossibilité physique du parcours « Saint Maixent-Poitiers » aller retour tel qu’il est signifié.


De la bataille proprement dite :


Pour ce qui est de l’évolution du train des armées vers Saint Maixent, il est probable que Clovis poursuit Alaric, que sa colonne le rejoint au lieu dit « Villa Voclade » et qu’ils conviennent d’un combat sur terre appropriée, c’est-à-dire la plaine afin de déployer leur cavaleries respectives, comme il était d’usage de convenir de ce genre de rencontre.

Cette rencontre pourrait être forcée par l’emploi d’une autre partie l’armée qui aurait put être envoyée par Clovis sur la Via Major de Poitiers-Saintes à Rom puis Melle et tenter de fixer Alaric et ses troupes avant que Clovis n’arrive pour faire la jonction, par cette opération Alaric ne peut s’échapper et est pris en étau. Il n’a d’autre choix que d’accepter le combat sur un terrain que les belligérants décideront ; soit Vouillé.

Usage de la fancique : hache de jet ; la jeter « dans l’immensité du vide, mesurer du regard l’endroit ou ils sont sûrs de frapper, faire tourner leur bouclier, c’est un jeu pour eux que de bondir plus vite que les piques décochées, et d’atteindre l’ennemi avant elle » « Carmina » - Sidoine Apollinaire- vers 245-256


Le tranchant de cette hache est plus recourbé vers le manche, de manière à fixer un point de rotation lors du jet, donc l’équilibre par ce point permet l’accélération par le jet et la par la combinaison avec le tournoiement, l’effet est redoutable sur les cuirasses.


« Pour les Germains, ils ont beaucoup de raisonnement et d’habileté : ils restent dans les rangs, diffèrent leurs attaques quand il faut, enfin ils attendent du chef plus que de l’armée, ce qui est rare et n’a été accordé qu’a la discipline romaine » (sur les Chattes, ancêtres des Francs) « Germanie » - Tacite- 30


Les Francs ont une excellente réputation de guerriers, mais à pieds.

Ces derniers se sont vus accordée la Toxandrie par Julien L’Apostat en 358-359 puis plus tardivement une partie Rhénane, en tant que fédérés de l’Empire. Très tôt, intégrés au sein de l’armée romaine, ils sont habitués aux commandements en latin « Strategicon » de l’Empereur Maurice rédigé en 579.


Si bien que l’usage romain voulait qu’en face de la cavalerie des Alamans on employait cette tactique :

« Qu’un de leur guerriers à cheval, si habile fût-il, tenant sa bride est son bouclier, brandissant sa lance en une seule main, est dans l’impossibilité de nuire en combat singulier à l’un de nos clibanaires bardés de fer. Du plus fort des combats, même quand on se garde en général que du danger immédiat, un fantassin peut ramper à terre sans être vu, il perce le flanc du cheval, il jette à terre inopinément son cavalier pour le tuer sans grand peine » « Histoires » -Ammien Marcellin - XVI, 12


On sait qu’a cet effet pour contrer les charges frontales de cavalerie les Francs employaient pour briser la ligne de choc, la formation en coins (tactique et formation inventée par Epaminondas). Cette tactique fût répétée inlassablement contre la cavalerie des Alamans par les Francs avec le plus grand résultat.

Elle le sera sans doute sur les Wisigoths avec l’appui de la cavalerie lourde des Alains, bardée de métal, et celle très maniable des Armoricains.


Les Goths, eux privilégient la cavalerie, sur un front en plusieurs vagues successives.

Il leur faut dont un terrain relativement plat pour se déployer et partir de loin « eminus » H.F. pour augmenter l’impact du choc, la lance tenue à deux mains ; puis se replier alors que les fantassins interviennent.

C’est donc au cours d’un de ces replis, que les Wisigoths se débandèrent et que Clovis semblable à Alexandre à Gaugamèles, cherche à atteindre Alaric, le combat se termine en duel singulier.

Car il semble bien que non seulement le terrain ait été choisit selon la tradition de l’époque par les belligérants, mais aussi que ce combat final prennent la tournure d’une « Ordalie », un duel à mort «un jugement de Dieu » .

Clovis ainsi tue de ses mains Alaric, mais deux cavaliers wisigoths arrivent de chaque côtés afin de lui transpercer les flancs avec leur javelots, la cuirasse résiste, la rapidité de sa monture et son habileté à conduire son cheval le sauvèrent.

Apollinaire meurt avec une partie des premiers des sénateurs, qu’il avait en ses troupes.

Fortunat parle « des collines de cadavres ».

Ainsi se termine cette bataille pour le moins épique, sans nul doute, ou là vie et la mort se côtoient et ou la « divine Providence » intervient à condition que l’on y aide beaucoup par sa pugnacité et sa patience.


De la Paix des Francs :


IX Clovis dans sa lettre aux évêques «  Capitulara Merogingica

« Dominis sanctis et apostolica sede dignissimis épiscopes Chlothovechus  rex »

« Clovis » - Michel Rouche - Fayard - 2005 P. 440 à 446.op. Cit. pp. 1-2


Dans cette lettre unique restant de Clovis, il est fait clairement allusion aux promesses d’avant la compagne de 507. Il rassure les évêques sur ce que celles-ci (les promesses) seront tenues et qu’aucune spoliation de biens ecclésiastiques ne sera tolérée, qu’il confirme à renoncer au butin sur les populations gallo-romaines majoritaires et catholiques, lui et ses troupes, ses alliés.

Car il était d’usage de butins lors des campagnes, ce qui souligne le caractère libérateur de cette campagne et rompt avec la tradition de pillages germaniques.

« La source de la munificence est dans la guerre et le pillage, et on les persuaderait moins aisément de labourer la terre et d’attendre la saison, que de provoquer un ennemi et gagner des blessures. Mieux même, ils tiennent pour paresse et lâcheté par le sueur, ce que l’on peut obtenir par le sang » « Germanie » -Tacite 20 et 21

En ce sens Clovis apporte une Paix des Francs, similaire à la Pax romana et se hisse par le geste au moins au socle de la dignité sinon impériale, mais à celle de « Princeps »

 

 

 

Il confirme les privilèges ecclésiastiques mais cette lettre évoque les erreurs qui purent être consécutives à cette campagne de 507 ou seul le pillage et l’explusion des Wisigoths étaient autorisés, les hommes mis en servage ; aussi compte t il sur la miséricorde et le sens politique des évêques pour pacifier les esprits, informer les services administratifs de Clovis sur les erreurs commises pour faire libérer ceux qui étaient « hors la paix » et tenter de réparer les méfaits opérés durant cette opération. Que ces requêtes soient faites sous serment.

C’est donc œuvre de justice et de pacification des esprits, mais également la preuve d’une existence d’un fonctionnement de gouvernement similaires aux pratiques romaines dans la gestion des litiges.

Les Francs s’installent de manière conséquente en Aquitaine et plus particulièrement en Poitou, de nombreuses nécropoles mérovingiennes ont été trouvées en Poitou et aux alentours de Niort.

Les mines d’argent de Melle, sont exploitées du VI au Xème siècle (recensement de 10 000 oboles et deniers au nom de l’atelier de Melle et 244 pour celui de Paris)

Il naîtra a Melle un comté monétaire attribué aux Maingaud (Maingot), seigneur de Mesle, puis plus tard, Gasgougnolles et Mougon, puis Surgères.

C’est Eble Menzer de la dynastie des Ramnulfides et premier comte de Poitou qui réforme son territoire et accorde la vicomté de Mesle au Maingaud, mais supprime la vicomté de Poitou à la mort de son détenteur : Maingaud.

L’atelier d’Ardin Ardunum produit des triens d’or (VI au VIIème) La villa Ardunum est habitée par les Goar, princes Alains qui fourniront un saint sur les rives droite du Rhin à Saint Goarshaussen.

Saint Maixent recevra les reliques de Saint Léger ami du premier prince d’Aquitaine, Loup, aux côtés duquel il avait combattu

Fors est érigée en Viguerie Mérovingienne.


Donc on voit l’intérêt particulier qui est porté au verrou Niortais (voir les guerres de religions) par les mérovingiens. Le profit qu’ils en tirent et l’accroissement des dons qui sont fait à Saint Maixent, ainsi que des reliques.

Mais cela changera sous les Carolingiens après que les frontières au Sud soient consolidées et que le nouveau pouvoir aura mis en place ses hommes, écartant le mieux possible l’ancienne dynastie.

Quant à notre histoire, bien, Clovis s’empara d’Angoulème, Bordeaux, mis le siège devant Carcassonne puis remonta Tours, Clovis reçut de l'empereur d'Orient Zénon les titres de consul et de patrice. Il parut dans l'église de Saint-Martin revêtu d'une tunique de pourpre et de la chlamyde, la couronne sur la tête.
Ensuite il se montra à cheval dans les rues, et jeta au peuple des poignées d'or et d'argent. De Tours, il se rendit à Paris, et y habita le palais des Thermes, ancienne résidence des gouverneurs romains. Le résultat de cette expédition fut là destruction du royaume wisigoth de Toulouse et l'extinction de l'arianisme en Aquitaine. Les Wisigoths passèrent les Pyrénées, et occupèrent toute l'Espagne. Ils ne conservèrent en Gaule que la Septimanie, entre les Cévennes, le Rhône et la Méditerranée. Les Ostrogoths gardèrent la Provence. L'Aquitaine et la Gascogne, jusqu'aux Pyrénées, restèrent aux Francs.

 

C’était donc une nouvelle ère qui s’était ouverte, Clovis souhaitait en terminer avec les invasions, la guerre civile et religieuse, réunir les Gaules pour cet objectif, un rêve qui n’avait été possible qu’avec plusieurs batailles dont une décisive. Celle de Vouillé. Le royaume Franc apparaîtra comme le seul successeur capable de porter la tradition politique, religieuse et culturelle de la Rome antique. Clovis s’était distingué durant plusieurs batailles comme stratège mais également comme fin politique et diplomate. Par cette victoire l’arianisme et les monarchies « despotiques » seront écartés, il aurait pu en être autrement!!

La France à dès ce jour pris le relais des commandes de l’Empire d’Occident et changé la nature du Christianisme par choix, elle a orienté la destinée de l’Europe. Mais le rêve de Clovis ne fera pas long feu, ses fils se déchireront pour récupérer son royaume.


Ce texte sera amplement complété, il m’aurait fallut en faire un livre (car le sujet est vaste) Soyez rassuré, ceci n’est pas le fruit du hasard!!!

Aboutir à des recherches fécondes en brisant les barrières entre spécialités, l'érudition ou la compartimentation entasse les dogmes, conforte inlassablement le conformisme et la la soumission aux préjugés. Hors cela, seul l'esprit de synthèse en général construit. C'est un risque et une audace, mais plus que tout c'est un devoir, car c'est ce genre de démarche qui abolit les frontières de l'impossible et qui fait que la sphère de notre visibilité de l'Univers s'accroît constamment. Ouvrez les yeux!!! et réagissez!!! Cette histoire démontre "aide toi!!!, le ciel t'aidera!!!"


Pour l’instant en ce jour du dimanche 4 janvier 2009 je vous souhaites à tous, une heureuse année 2009 à vous et tous les vôtres.

 


HENRY

 

Fin de la deuxième partie, le 4 janvier 2009

PS : Aprés études M. Clifford Rogers, Professeur de stratégie et tactique Médiévale de l'Académie Militaire des Etats Unis de West Point à jugé la théorie viable et correcte, tout en émettant des réserves pour l'étude par des spécialistes de texte d'origine complémentaire. Selon lui la seule solution possible demeure la pratique de fouilles archéologiques sur les lieux. J'ai donc demandé l'avis d'un des plus grands spécialistes mondiaux dans le domaine militaire ancien, qui de ce point de vue étaye donc cette hypothèse.
Ces conclusions rejoignent donc les études militaires françaises faites au XIXème siècle à partir des textes d'originaux, notamment "études géodésiques" par le capitaine Loupiot en 1832, aux archives militaires de l'armée de terre.
Puisque jusqu'ici il n'a jamais été prouvé matériellement que la bataille de Vouillé ait eu lieu près de Poitiers.

contact : henry.arthenay@hotmail.fr
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