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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 17:25



vieux-rouen-copie-1.jpg

 

Histoire de la ville de Niort :

 

La ville de Niort, comme celle de Rouen dépendait des duchés de Normandie et Aquitaine /r oyaume d'Angleterre au moment de la publication de ces statuts. Donc c'est naturellement que la ville de Niort adopte les statuts de Rouen qui elle aussi est un port. 

 

ESTABLISSEMENT ET STATUTS DE LA COMMUNAUTÉ DE ROUEN, TRADUITS EN FRANÇOIS SUR LA COPIE LATINE QUI EST AU TRÉSOR, A L'INSTAR DESQUELS STATUTS LA COMMUNAUTÉ DE NYORT A ESTÉ ÉTABLIE. 

Quand il s'agira de faire le maire de Rouen, les cent pairs.éliront trois hommes de probité de la ville qu'ils presenteront au roy afin qu'il fasse maire celuy qu'il luy plaira, et parmi ces cent pairs, qu'il en sera esleu vingt-quatre par leurs suffrages, dont douze seront appelIez eschevins et douze conseillers. Ces vingt-quatre feront serment de conserver les droits de la sainte Église, la fidelité au roy , et la justice en jugeans en conscience; et si le maire leur a ordonné de garder le secret, celuy qui le revelera sera mis à la discrétion de la communauté. Le maire et les douze eschevins s'assembleront deux fois par chacune semaine pour les affaires de la ville, et s'il se presente quelque difficulté, ils appelleront ceux des douze conseillers que bon leur semblera, pour donner leurs advis : et les douze conseillers s'assembleront chacun samedy avec le maire et les eschevins, et toutes les quinzaines, aussi jour de samedy, toute la communauté s'assemblera. Si quelqu'un manque d'assister aux jours ci-dessus, avant l'heure de prime, il payera si c'est un eschevin cinq sols, pour les affaires de la vi!le de Rouen; trois sols, si c'est un conseiller; et deux sols, si c'est un pair, à moins qu'il n'ait quelque excuse legitime, laquelle il sera obligé de faire sçavoir au maire le jour precedent; et si quelqu'un sort de l'assemblée sans permission du maire, il payera même somme que dessus: et si quelqu'un ne vient pas au mandement du maire lorsqu'il en a besoin, il payera comme dessus, à moins qu'il n'ait quelque excuse bien recevable.

Si quelqu'un des eschevins veut faire un voyage en Angleterre, par exemple, ou en quelqu'autre pays éloigné, il en demandera permission au maire et aux autres eschevins le samedy jour d'assemblée, lesquels en éliront un autre en sa place jusques à son retour.

Si pendant l'assemblée à l'hôtel de ville quelqu'un interrompt le maire ou quelqu'autre personne que le maire voudra entendre, le maire luy ordonnera de se taire; et s'il n'obeit pas, il payera sur le champ douze deniers, dont huit seront employés aux affaires de la ville, et quatre pour les sergens gagez.

Si quelqu'un des eschevins, conseillers, ou pairs étant assemblez pour rendre justice, se leve de son siege pour opiner, il payera douze deniers appliquables comme dessus.

Si dans l'assemblée des maire et eschevins à l'eschevinage, quelqu'un dit des injures dans l'audience, il sera mis à la discrétion des maire et eschevins, eu égard à l'énormité de l'injure et aux recidives.

Si le maire viole l'institution de la communauté, il payera deux fois autant qu'un eschevin, parce qu'il doit montrer l'exemple du droit, de l'equité et de l'observation des statuts.

Si quelqu'un découyre un larron ou faussaire pris dans Rouen, saisi de quelque chose qui luy appartienne, elle luy sera rendue, en faisant preuve par les voisins; et le larron ou faussaire sera jugé par la communauté et appliqué au pilory, afin que tout le monde le voie et le reconnaisse, et s'il y a eu forfait et quelque membre mutilé, il sera remis aujuge royal pour en faire justice.

Si quelque juré de la communauté a tué quelqu'autre juré et qu'il en soit convaincu et fugitif, sa maison sera rasée, et s'il peut estre pris, il sera livré à la justice royale.

Si un juré a estropié un autre juré, il sera châtié par le juge royal et mis à la discrétion de la communauté.

Si quelqu'un a excité une sedition dans la ville de Rouen, et que deux des vingt-quatre jurez l'ayent veu et deposé, il en demeurera convaincu, et on adjoutera foy à leur témoignage, à cause du serment qu'ils auront fait à leur promotion à l'eschevinage.On adjoutera aussi foy au témoignage de deux pairs, et le coupable demeurera à discrétion, et sera châtié par le maire selon son démerité.

Si quelqu'un a dit des injures en ville, soit dans uné rue, ou dans une maison, il en sera convaincu par le témoignage de deux des pairs, même sans faire serment, et sera châtié à discrétion du maire et des eschevins selon la qualité de l'injure, et l'habitude où il sera d'en improferer; et si l'injurié n'a pas de témoin parmy les pairs, l'affaire sera jugée selon la loy du pays.

Si quelqu'un a esté mis au pilory, non pas pour un larcin, mais pour avoir transgressé les statuts de la communauté, et que quelqu'un luy ait fait insulte, l'insultant payera vingt sols,

dont y en aura cinq pour l'insulté, et quinze pour les affaires de la ville de Rouen; et si celuy qui aura fait l'insulte ne veut, ou ne peut payer vingt sols, il sera mis au pilory.

Si quelque femme est convaincue d'être querelleuse et meschante, elle sera liée avec une corde sous les esselles, et plongée trois fois dans l'eau: si neanmoins quelqu'un des jurez luy fait insulte, il payera dix sols, et si c'est une femme, elle payera aussi dix sols, ou sera pareillement plongée en l'eau.

Si quelqu'un qui ne sera point de la communauté a offensé un juré, il luy sera ordonné de reparer l' injure, et s'il n'y satisfait pas, défenses seront faites aux jurez d'avoir aucun commerce avec luy, soit en vendant, acheptant, ou prêtant, et de le recevoir en leur maison; si ce n'est en cas que le roy ou un fils de France soit à Rouen, et si pour tout cela il ne repare pas le forfait, la communauté Je dénoncera au juge royal, et prendra le fait et cause de son juré, et si quelqu'un des jurez contrevient aux défenses; il sera mis à la discrétion du maire et des eschevins.

Si quelqu'un s'estant plaint aux maire et eschevins de quel que mal fait, et aprés abandonne sa poursuite, il sera tenu de donner caution que pour raison de ce mal fait, il ne méfera point à celui dont il s'estait plaint; et si ensuite il y contrevient, il sera puni comme transgresseur de son serment.

Si quelqu'un des jurez a esté mis en la misericorde de la communauté, et qu'il employe quelqu'un de nos voisins pour demander grace, sa peine sera doublée, à moins que ce ne soit par ordre du roy, parce que nous ne voulons point avoir la malveillance des puissances voisines que nous encourrions par ]e refus de la grace qu'ils nous demanderaient.

Si quelqu'un se prétent estre de nos jurez et que nous en doutions, il en fera preuve par le témoignage de deux autres Jurez.

Si un clerc ou un soldat doit quelque chose à un habitant de Rouen, et ne veuille pas subir Je jugement du maire, ny des pairs de la communauté, il sera défendu à tout le monde d'avoir aucun commerce ny frequentation avec Juy, si ce n'est que le roy ou son fils soient à Rouen, ou qu'on y tienne leurs assises: et si quelqu'un contrevient à cette défense, il payera la debte au creancier, et sera exposé à la misericordedu maire et de la communauté qui assistera le creancier pour luy faire rendre justice.

S'il y a quelque different en la communauté pour quelque debte, pour quelque convention, ou pour quelque marché, il sera terminé par l'entremise de deux des vingt-quatre jurez

qui en seront crûs à leurs paroles sans faire serment, parce qu'ils l'ont fait en entrant dans leurs charges, et s'il arrive qu'ils sortent de leurs charges, et que pour raison de ce il y ait procez ou que l'on ne convienne pas de ce qui se sera passé devant eux, ils en seront crûs à leur serment; et si quelqu'un des vingt-quatre jurez est appellé en témoignage du fait avec un ou plusieurs des pairs, celuy qui sera des vingtquatre en sera crû à son seul rapport sans serment: mais les autres seront obligés de jurer.

Que si trois des autres pairs portent témoignage, l'affaire se vuidera par leur serment; et si aucun de la communauté n'a esté témoin, le procez sera reglé par la loi et la coutume du pays; et s'il s'agist de dix sols ou au dessous, les pairs en seront crûs à leur témoignage sans serment.

Si quelqu'un a fait clameur de haro Sur la terre d'autruy, il donnera caution, et s'il s'y trouve mal fondé, il sera obligé de payer aux maire et eschevins cinquante-neuf sols, monnoye d'Anjou.

Si quelqu'un veut faire attribuer droit de justice fonciere à quelque sienne terre, elIe luy sera accordée, mais s'il ne rend pas justice aux parties en deux quinzaines, la communauté la rendra, à moins qu'il n'ait eu quelque juste empêchement qu'il fera connoitre aux maire et aux eschevins.

Si quelqu'un veut avoir droit de plaidz, il luy sera accordé il la charge de rendre justice aux parties en deux huitaines, et s'il ne le fait pas, la communauté le fera, à moins qu'il n'ait quelque legitime excuse connue des maire et des eschevins,

Si quelqu'un doit quelque chose qu'il ne puisse ou ne veuille payer, on donnera au creancier autant de son bien et jusques à concurrence de la debte, et s'il n'a pas de quoypayer, il sera chassé de la ville de Rouen jusqu'à ce qu'il ait contenté Je maire et satisfai t à son creancier: et si après cela on le trouve en la ville de Rouen, il sera mis et retenu en la prison de la communauté jusques à ce que luy ou quelqu'un de ses amis ait payé cent sols, et alors il fera serment de n'y point retourner jusqu'à ce qu'il ait satisfait.

Si un homme estranger se plaint à la communauté qu'illuy soit dû quelque chose par un juré, son seigneur justicier aura le l'envoi de la cause s'il le demande: mais s'il ne rend pas justice dans trois jours, la communauté la rendra.

Si la communauté est mandée pour alIer trouver le roy ou ses officiers, le maire et les eschevins choisiront ceux qu'ils voudront pour la garde de la ville de Rouen: et si aprés l'heure marquée pour le voyage quelqu'un est trouvé en la ville, il en sera convaincu par ceux qui auront resté pour la garde de la ville, et sera à la discrétion du roy et de la communauté de démolir sa maison, ou de luy faire payer cent sols s'il n'a point de maison: et si aprés que la communauté sera partie quelqu'un veut retourner en ville pour quelque affaire, il ne le pourra sans permission du maire, ou sans faire apparoir d'un exoine pour maladie, à faute de quoy il sera mis à discrétion.

Quand il y aura ordre du roy , le maire de Rouen doit commander la communauté et la mener à l'armée, et personne ne restera en ville que par son ordre, autrement il sera puni par le maire ainsi qu'il appartiendra, s'il n'a une excllse raisonnable.

Personne ne demeurera hors de la ville au del

Quiconque parmy les jurez se voudra plaindre, viendra pardevant le maire, et le maire lui rendra justice de toutes affaires hors des duels dont la connoissance appartiendra au bailly royal.

Ceux qui seront surpris en adultere ne seront point jugez par nous, mais par la main de l''église. Si le maire et les jurez veulent faire quelque députation, ils la feront de leur propre authorité , sans estre obligez d'en demander permission à personne.

Si quelque larron est pris et atteint hors de Rouen, ou dans la banlieue, il sera amené au maire, et sera jugé par Iuy et par le bailly du roy, et sera châtié aux frais du roy, et par les ministres du bailly et tout ce dont le larron se trouvera saisi appartiendra au roy, à moins que quelqu'un ne fasse preuve qu'il luy appartient, auquel cas tout luy sera entierement rendu; et si le larron a quelque maison hors de Rouen ou dans la banlieue où il demeurait, ell sera démolie par la justice de la communauté si tôt que le larron aura esté jugé; et aprés cela le roy ,jouira de toutes les terres et tenements du larron, et en aura les fruits et profits par an et jour, aprés quoy les seigneurs d'où réleveront les tenemens, les demanderont au roy ou à ses officiers, et ils leur seront accordez pour en jouir à perpetuité; et ainsi en usera-t'on des homicides et des autres qui pour quelques délits se seront rendus fugitifs hors du royaume.

Si quelqu'un des jurez a esté mis au pilory pour crime, et qu'ensuite quelqu'un luy fasse insulte et luy reprocbe son crime et sa punition, il sera aussi mis au pilory, ou bien sa maison sera démolie, ou il payera cent sols, au choix du maire et des pairs.

Celui qui se trouvera avoir violé son serment, sera mis en la misericorde du maire et des pairs qui auront le choix de faire démolir sa maison de ville ou cette de campagne, et s'il n'en' a point, il sera chassé de la ville pour an et jour à la discrétion du maire et des pairs.

Si quelqu'un des jurez veut sortir de la communauté, il ne jouira plus des privileges d'icelle, et n'y pourra plus retourner sinon aprés an et jour, auquel cas y rentrant, il sera obligé de faire de nouveau serment par devant le maire et les pairs à l' eschevinage.

Si le maire a livré à un creancier les maisons et tenemens de son debiteur , celui-cy demeurera quitte: mais si ensuite il se trouve que le debiteur ait une maison à la campagne, le maire la pourra livrer au creancier en payement.

Le maire doit garder les clefs de la ville, et par l'advis des pairs les confier à des personnes és mains desquelles elles soient en seureté.

Si quelqu'un abandonne la garde de la ville, il sera mis en la misericorde du maire, selon qu'il y aura necessité de faire garde.

Si quelqu'un des jurez refuse de venir au mandement dumaire, il sera puni de la peine conténue en l'ordre, à la discrétion du maire et des pairs.

Et est à remarquer que toutes les amandes qui viendront au maire pom les causes cy-dessus, seront employées aux affaires communes par advis du maire et des pairs.

Si un juré a fait appeller un autre juré ailleurs que devant le maire, il sera mis à la mercy du maire et des pairs, à moins que le maire ne soit absent.

Si ]e gouverneur pour le roy veut se plaindre d'un juré, il s'adressera au maire qui luy en rendra justice.

Qu'on scache derechef que le statut de la communauté de Rouen est, que si quelqu'un de la communauté ait proferé des injures, et que d'eux des escbevins l'ayent ouy, il en sera

convaincu à leur seul rapport: mais la preuve ne pourra estre faite par deux des jurez, à moins qu'ils ne fassent le serment; et si un seul l'avoit ouy, l'accusé en sera crû à son serment, et peut s'en purger par six personnes.

Si quelqu'un de la campagne a méprisé le serment de la communauté en estant convaincu, il sera pris, chargé de fers et mis en prison, jusqu'à ce qu'il ait fait satisfaction à la communauté.

Le gouverneur de la ville ne peut point connoître du forfait des jurez de ]a communauté, à moins qu'il n'y ait quelque homme mort, et celuy qui est atteint d'un meurtre, il est mis en la main du roy avec tous ses biens: et s'il a une maison en ville, elle appartiendra au maire et à la communauté pour employer aux frais de justice; et si quelqu'un qui ne sera point de la communauté afait insulte à un juré de la communauté et qu'il puisse estre pris, il sera mis en prison et chargé de fers, jusqu'à ce qu'il ait fait satisfaction à la communauté; et s'il ne peut pas estre pris, la communauté demandera justice au seigneur de l'accusé, et s'il ne la rend pas, ils atteùdront l'occasion de le prendre pour la demander à la communauté.

Quiconque des jurez a tiré un couteau, une épée, ou autre arme pointue sur un homme, doit estre pris et mis en prison jusqu'à ce qu'il ait fait satisfaction à la communauté.

S'il est besoin d'aller en quelque lieu pour les affaires dé la ville, il Y sera pourvu par le maire et par les pairs; et si quelqu'un refuse d'aller en estant requis, il sera mis à la mercy du maire et des pairs. .

Le maire au commencement de son année fera serment qu'il n'employera jamais le seigneur du lieu ny les barons pour estre continué au delà de son année dans la mairie, si ce n'est du commun consentement de toute la ville.

Le maire, les eschevins etles pairs feront serment au commencement de leurs exercices de juger toujours équitablement, et de ne faire jamais aucune injustice par amitié ,.ou par hayne. Ils feront aussi serment de ne prendre jamais d'argent ny de present: mais de juger en conscience.

Et si quelqu'un des jurez se trouve avoir pris quelque present pour une affaire traitée à l' eschevinage, sa maison sera sans contredit démolie, et jamais lui ny ses héritiers n'auront le commandement dans la communauté.

 

 

Sources : Thrésors de la ville de Nyort, Augier de la Terraudière, 1866 2ème édition chez Clousot à Niort. p.174 à 182.


autres articles :

 

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 14:45

louis-XIV-en-majest--.jpgHistoire de la ville de Niort : situation du Bas Poitou au moment de la révocation de l'Edit de Nantes :

"il a été reconnu qu'au moyen des privilèges de noblesse, cy devant accordés aux maires, eschevins et conseillers des villes de Poitiers, Niort, ... il se commet de grands abus, en ce que la plupart de ceux qui parviennent aux dites charges, ne pouvant satisfaire à la dépense qu'il convient de faire ... sont obligés d'abandonner leur commerce et profession ordinaire et de quitter les villes pour résider à la campagne qu'ils peuplent de quantité de pauvres nobles à la surcharge de nos sujets taillables, pour à quoi remédier, nous avons révoqué et révoquons les dits privilèges pour l'avenir ». 
La noblesse d'échevinage à Niort. Bulletin Soc. Stat., H. Proust.1882-1884, tome V, p. 450.
 

Corruption au niveau des attributions des charges d'eschevins sur la ville de Niort : 

30 juin
1673. - Distribution des places d'échevins et pairs vacantes dans le corps de ville. Le maire prend par droit de chaire la place d'échevin vacante; la première qui sera vacante est promise à Pierre Rousseau, sur la recommandation du duc et de la duchesse de Navailles. La place de pair d'Augier. maire, monté échevin, est donnée à Pierre MOREAU, sieur de la Richardière, premier consul de la juridiction des marchands de la ville; il paiera trente livres pour son entrée. Le procureur du roi présente à cette occasion des remontrances au sujet des abus commis par les fils d'échevins. qui ne prennent les places de leurs pères que pour en faire un commerce honteux et les vendre à beaux deniers comptants... Le corps de ville décide sur ce sujet qu'il sera fait un règlement, que les fils d'échevins devront demander la place trois jours après le décès de leur père et la garder trois ans avant de pouvoir la résigner »
- Ephémérides - Bardonnet Mém. Soc. Stat.,p.342
_______________________________________________________________________________________Par 


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Arrêt du Conseil d'Etat du roi Louis XIV du 18 juillet 1681, ce dernier montre sa toute puissance face à la corruption, mais est-ce bien là le véritable fond d'une affaire qui est commune. Il est vrai que les abus sont patents, mais curieusement ces libéralités toujours reconduites et dont la corruptabilité ne se découvre qu'a la fin de plusieurs siècles d'exercices de métier de gouvernant est bien étonnante. J'y verrai plutôt l'abandon d'une pièce du jeu d'échec, Niort ne réprésentant plus aucun intérêt économique ou stratégique notoire pour les raisons qui seront démontrées ensuite. Si la ville commerce encore avec la Belle Province ( Québec) pour les peaux notamment et ce depuis le début en 1608 ; elle n'est plus considérée comme une place de développement économique, comme Nantes ou Bordeaux, pour le principe du nouveau commerce des esclaves ; plus rentable ; de la nouvelle construction de Rochefort (comme base de construction navale au milieu de marais) qui mobilise l'énergie du Poitou tout entier. Niort aussi bien que La Rochelle ou bien Fontenay-Le-Comte, font partie d'une coalition protestante virulente depuis 1534, date à laquelle Calvin se rendit à Poitiers ; période qu'il consacra à la prédication avec notamment les étudiants de la ville. Sa prédication fit effet d'autant plus facilement qu'elle touchait un secteur ou le commerce d'exportation était florissant ; à Fontenay-Le-Comte venaient de s'installer des imprimeurs. Létude des Lettres et textes antiques fut vulgarisée, mais également l'étude des textes bibliques et leur interprétation accessible à tous. La bourgeoisie, la noblesse du Poitou, d'Aunis et Saintonge,  adhérérent rapidement à cette nouvelle religion ; notamment sous l'instigation de Jean de Saint Gelais Abbé de Saint Maixent et Evèque d'Uzes (suite d'Arnaud de Saint Gelais (abbé de 1509-1512), puis son neveu Jacques de Saint Gelais (1512-1528) - la famille de Saint Gelais comptant parmis les plus anciennes du bas Poitou) 
Louis XIII en 1621 fait abandonner La Rochelle par Niort moyennant une assurance de paix après les exils de 1608 (départ de 60 navires pour le Québec de La Rochelle) et les guerres de religions qui ravagèrent l'intérieur des terres d'une façon dramatique, sans escompter un quelconque appui maritime. En 1681 Louis le "Grand" vide l'intérieur des possibles contestations et velléités à l'encontre de sa politique. La Cour comptait se régaler des restes du labeur des industries des détracteurs de la foi officielle, sans n'avoir que l'effort d'intriguer à leur perte ; même le mémoire de Vauban sur l'issu de cette désastreuse politique est écarté. Ces années 1681-1685 sont des années terribles en métropole, elles fourniront le prétexte de guerre aux ligues étrangères, appuyés par les nouveaux exilés de France. A ceci s'ajouteront la famine, les épidémies et une période de désordre climatique. Le Soleil, "roi des astres",  aura allumé les brandons d'un feu qui couvera un siècle et qui surgira pour embraser toute l'Europe.

Et pour faire bonne mesure je joins le lien suivant www.histoiredevendee.com/ch20.htm#PRÉLUDES%20DE%20LA%20SAINT-BARTHÉLEMY.%20-%20BATAILLE%20DE%20MONTCONTOUR%20(3%20Octobre%201569).%20-%20REPRISE%20DE%20NIORT%20ET%20DE%20LUSIGNAN.%20-%20FONTENAY%20ÉVACUÉ%20PAR%20LES%20PROTESTANTS%20(11%20Octobre%201569).%20-%20MARANS%20PRIS%20ET%20REPRIS%20PAR%20LES%20DEUX%20PARTIS.%20-%20AFFAIRE%20DE%20LILE-DELLE.%20-%20GUÉ-DE-VELLUIRE,%20BEAUVOIR,%20ETC

Déjà à quelques kilomètres la vue change, et pourtant on est toujours sur le même terrain!!!! C'est de bonne guerre!!!!

 

«On voyoit que les cavaliers n'estaient logez que chez ceux de notre religion et qu'ils n'en partaient qu'après avoir entièrement ruiné leurs hostes... un jour, au bourg de Fressine, un seul cavalier, dans moins de deux heures fit changer trois des meilleures familles »
- Journal de Jean Migault, Maître d'école (1681-1688). Weiss et Clouzot.Paris, 1910, p. 67.

dragonnades-2.jpg

«1688, - Le 27 février de la mesme année, sur l'avis donné à M, Foucault, intendant de cette province, que les nouveaux convertis, au prejudice des defenses portées par les declarations du Roy, faisoient une assemblée proche le château de Granry, mon dit sieur se transporta sur les lieux, avec deux compagnies de dragons, et ayant surpris ces seditieux dans le délit, qui d'abord firent quelques resistances de peu de durée, parce qu'ils furent obligés de prendre la fuite, qui de ça, que de là, dans un étrange désordre de confusion, M. l'Intendant en fit arrester un grand nombre, dont cinq des plus coupables furent condamnés d'estre pendus, et qui estant conduits au lieu où leur sentence fut exécutée, firent amande honorable à Dieu et au très-saint Sacrement devant le grand portail de nostre église; quarente autres furent condamnés aux galères, et le château de Granry, démoli rez terre, On tient que cette assemblée estoit composée d'environ dix-huit cent personnes, qui se prometoient d'en faire une autre, et bientost beaucoup plus nombreuse, si celle-cy n'avoit pas esté rigoureusement réprimée »

- L'Abbaye de St-Maixent, Richard T, XVIII. p, 419.

 




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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 12:28

 

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Histoire de la Ville de Niort : 


Quelques dates  (sans aucun commentaire, cela se suffit à lui même) :

- 2 février 1671 : nouveaut traité secret entre la France et l'Angleterre contre les provinces unies de Hollande,
- mars 1672 : début du conflit avec la Hollande,
- février l'Angleterre rompt le traité,
- 1676-1677 : la Hollande est défaite à Agosta et Cassel, elle perd la Guyane,
- 4 juin M. de Vauban est nommé Commissaire aux fortifications,
- 25 octobre 1679 : traité secret entre le Brandebourg et la France,

- novembre 1680 : Interdiction de mariages entre protestants et catholiques,
- 18 mars 1681 M. de Louvois fait donner les premières dragonnades en Poitou,
- 30 août 1682 : Interdiction de réunion pour les protestants,
- 9 octobre 1683 : Mariage secret entre Louis XIV et Madame de Maintenon (née à Niort, née d'Aubigné),
- mars 1685 Ordonnance coloniale ou "Code noir" qui fixe les régles de l'esclavage,
- 18 octobre 1685 : Révocation de l'Edit de Nantes,
-  8 novembre 1685 : Edit de Postdam par lequel le grand électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, organise l'accueil des exilés protestants.

- 9 juillet 1686 : Création de la Ligue d'Augsbourg, réunissant, les états d'Allemagne, la Bavière et la Suède contre la France. La guerre durera jusqu'en 1697
- 17 mai 1689 : l'Angleterre se joint à la Ligue d'Augsbourg
- janvier 1695 : création de l'impôt par capitation (par tête) pour financer l'effort de guerre contre la Ligue, jusqu'en décembre 1697,
- 11 mai 1700 : Création de la Loterie Royale,
- mars 1701 : Rétablissement de l'impôt par capitation,
- septembre 1701 : première émission de papier de monnaie ou "billet",
- 14 octobre 1710 : création d'un nouvel impôt de guerre "le Dixième" supprimé en 1717,
- 1er septembre 1715 mort de Louis XIV, après avoir vu disparaître le Grand Dauphin en 1711, le Dauphin en 1712, Charles de France en 1714. Sa succession directe se résume à son aiière-petit-fils alors âgé de quatre ans.

 Louis-XIV-bataille-de-Tournai.jpg

ARREST DU CONSEIL D'ESTAT DU ROY 
PORTANT RÉDUCTION DU NOMBRE DES ESCHEVINS ET OFFICIERS DE L'HOTEL COMMUN DE LA VILLE DE NYORT, ET RÉGLEMENT SUR CE SUJET.

(Du 18 juillet 1681 .)

Extrait des registres du conseil d'estat du roy.

LE ROY estant en son conseil, ayant esté informé que la maison de ville de Nyort est composée de cent officiers; sçavoir d'un maire, de douze eschevins, de douze autres eschevins appellez conseillers, et de soixante seize pairs; et que ce grand nombre d'officiers tourne non-seulement à la charge des autres habitans de ladite ville, au moyen des privileges et exemptions dont ils jouissent: mais aussi à cause des brigues continuelles qui arrivent dans ledit hôtel de ville. Et Sa Majesté voulant, pour le bien de ladite viIle deNyort, reduire les officiers dudit hôtel de ville au nombre qui est absolument necessaire , et regler en même lernps toutes choses sur ce sujet, afin qu'il n'en arrive pas de desordre: Sa Majesté estant en son conseil, a ordonné et ordonne ce qui ensuit.

Qu'à l'avenir, à commencer du jour et datte de la publication du present arest et réglement, il n'y aura en ladite ville de Nyort qu'un maire et six eschevins, et que ledit maire sera élu tous les ans par le maire qui se trouvera en charge, et par les six eschevins qui seront tenus, comme il est, et a de coutume de nommer trois personnes pour ladite charge de maire, lesquelles trois personnes seront prises de tous les bons habitans de ladite ville, excepté les petits marchands et artisans; que l'une des trois personnes sera choisie par le senéchal de Poitou, ou en son absence, par le lieutenant general de la ville, sans que l'un desdits eschevins élisans puisse étre élu maire, ni même d'un an aprés être sorti d'eschevinage, ni que le maire sortant de mairie puisse être élu eschevin qu'après deux ans, et qu'il ne puisse être continué, que pour des causes extraordinaires dont il sera fait mention dans l'acte de l'élection; laquelle en ce cas devra être faite tout d'une voix, et être approuvée par Sa Majesté.

Que les eschevins seront trois ans eschevins, dont tous les ans il en sortira deux de charge, et qu'il en entrera deux autres nouveaux, qui seront élus d'entre tous les bons habitans de la ville; comme le maire, par le maire, et les six eschevins : et qu'aprés êtrR sorti de l'eschevinage, il ne poura être élu de trois ans eschevin.

Que les nouveaux eschevins prendront les dernieres places, et monteront successivement aux premieres; et les deux plus anciens sortiront de l'eschevinage pour faire place aux nouveaux, sans que les habitans de ladite ville faisant profession de la religion prétendue réformée puissent être élus esdites charges de maire et eschevins : mais seulement ceux faisans profession de la religion catholique, apostolique et romaine.

Que le maire pourra porter l'épée, ainsi qu'il est accoutumé, et que les eschevins seront revétus de robes semblables à celles des juges-consuls, avec cette distinction qu'ils porteront sur l'épaule un roquet d'escarlatte.

Que les elections et installations seront faites aux jours accoutumez, à la reserve de celle qui sera faite le lendemain de la publication du present arrest.

Que le procureur de la police, le secretaire dudit hôtel de

ville, receveurs, et autres menus officiers demeureront dans leurs offices, tant qu'il sera jugé par le maire et les six eschevins, qui en pourront élire d'autres en leurs places, dans le temps des élections seulement.

Que les baux des revenus dudit hôlel de ville, et de tous les ouvrages publics dudit Nyort , seront faits devant le maire et les six eschevins, et qu'ils seront signés au moins de quatre d'entr'eux, avec le maire.

Que ladite ville de Nyort sera, pour ce qui regarde la police, separée en six quartiers, dont chacun aura soin d'un quartier, et que tous lesdits qnartiers seront donnez tous les ans à chaque eschevin, dans le temps des elec!ions , aprés qu'elles auront été faites; lesquels quartiers Seront assignés par le maire aux eschevins , et que lesdits eschevins rapporteront au corps de ville, une fois au moins toutes les semaines, les affaires du quartier dont ils auront le soin, dans lesquels ils seront obligez de taire la visite chaque semaine.

Que le maire aura toujours la police generale Sur toute la ville, comme il a eu jusques icy; et que lorsqu'il ira faire la visite dans un quartier, il sera accompagné de l'eschevin à qui ce quartier sera assigné.

Que ledit maire rendra son compte trois mois aprés qu'il sera sorti de charge, au plus tard, par devant le maire nouveau et les six eschevins.

Qu'en cas que le maire vienne à déceder pendant son année de mairie, le premier eschevin en fera les fonctions jusques au temps de l'election et que pareillement si un eschevin vient à mourir dans l'année, quelqu'autre eschevin prendra le soin de son quartier, par la destination du maire, jusques au temes de l'election, que l'on élira à toutes les places vacantes par mort, ou autrement, entre les maire et eschevins qui se trouveront en place.

Que toutes les affaires de la maison de ville passeront par l'avis des maire et six eschevins; et que s'il arrive quelque affaire publique qui interesse toute la ville, ils pourront convoquer les habitans pour prendre leurs avis: et qu'au surplus il en sera usé comme par le passé.

Et d'autant que Sa Majesté estime important à son service, et au bien de ladite ville, de choisir pour la premiere fois les maire et eschevins dudit Nyort , elle a pour cette fin choisi et nommé, sçavoir pour ladite charge de maire le sr MARSAULT de la Cailletiere, president en l'élection de Nyort; et pour celle d'eschevins, les sieurs Jean FRANCE doyen des conseillers, Charles GUYOT avocat du roy. Christophle AUGIER de la Terraudiere avocat, Isaac MAROT procureur du roy, Pierre DAGUlN sieur de Beauregard , et Laurens CHEBROU , comme personnes desquelles Sa Majesté a receu des temoignages de leur probité, et de leur zèle à son service, et ainsi qu'au bien et avantage de ladite ville; desirant à l'égard dudit sieur MARSAULT de la Cailletiere, pour des considerations importantes à son service, qn'il exerce ladite charge de maire pendant deux ans, et ce sans tirer à conséquence. Veut Sa Majesté que le present arrest et réglement soit à ['avenir gardé; observé et executé en ladite ville de Nyort, selon sa forme et teneur: Enjoint pour cette fin Sa Majesté au gouverneur et ses lieutenans generaux en Poitou; comme aussi à l'intendant de la justice, police et finances en ladite province, de tenir la main chacun comme il appartiendra, à l'execution du present arest. Fait au conseil d'Estat du roy Sa Majesté. y estant, tenu à Versailles le dix-huitiéme juillet mil six cent quatrevingt-un. Signé, LE TELLIER.

LOUIS, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre: à notre amé et féal conseiller d'Eslat, Me des requêtes ordinaire de notre hôtel, intendant de la justice, police et finances en Poitou, le sieur DE MARILLAC, salut. Voulant que l'arrest de ce jourd'huy, donné en notre conseil d'Estat, nous y étant, cy attaché sous le contre conseill de notre chancellerie, portant réduction du nombre des eschevins et officiers de ville, et autres menus officiers dans leurs offices, tant qu'il sera jugé par le maire et les six éschevins, qui en pourront élire d'autres en leurs places, dans le temps des élections seulement.....Enjoint pour cette fin Sa Majesté au gouverneur et ses lieutenants généraux en Poitou ; comme aussi à l'intendant de la justice, police et finances en ladite province, de tenir la mains chacun comme il appartiendra, à l'exécution du présent arest. Fait au conseil d'Estat du roy Sa Majesté. y estant, tenu à Versailles le dix-huitiéme juillet mil six cent quatrevingt-un. Signé, LE TELLIER.


Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 09:49

 

Histoire de la ville de Niort :

 

Louis XIII crée le régiment royal de Niort ainsi que douze compagnies le 26 juin 1621 au camp de Saint Jean d'Angély. Il est bien noté que catholiques et protestants sont admis. Ces Compagnies comme énumérées une partie ci-dessous servent à la défense de la région et des côtes (notamment en Charente Maritime actuelle et Vendée) suivant le besoin (1674), le détail en est donné pour la composition, lors d'une revue (un médecin est toujours attaché à l'Etat-Major).

 

 

Nous sommes avant la révocation de l'Edit de Nantes qui à lieu en Octobre 1685, mais les premières dragonnades effectives ont lieu dès 1679. Dès ces jours les dragons du roi (Louis XIV) logeront chez les protestants, seront nourris à leurs frais et certains devront abjurer leur foi, d'autres seront conduits aux galères. M. de Vauban dans son "Mémoire pour la défense des huguenots" démontre inéluctablement les conséquences calamiteuses de cette révocation. Il s'en suivra une guerre civile par intermédiaire, ou les protestants en exil soutiendront la coalition étrangère contre Louis XIV. Le mémoire de M. de Vauban, ne sera pas lu par le roi, car il ne lui sera pas présenté. La cour soutenant des hommes plus jeunes, plus en vue, futiles, moins sages et pas forcément plus compétents, mais qui avaient l'heurt de plaire aux esprits qui semblent faire de la météorologie de salon.

 

Le 6 juillet 1414 Jean de Berry, comte de Poitou, Estampes, Boulogne, Auvergne avait lui par lettres exemptés maire, éschevins, bourgeois et habitants de la ville de Niort de Ban et arrière Ban (servir à l'Ost du roy - participer à la levée des troupes en cas de guerre) :

"Que nozdiz bourgeois et habitans, ne aucun d'eulx vous ne vous molestiez, ne empeschiez, ne souffrez estre molestiez, ne empeschiez en corps ne en biens, pour non servir ne envoier pardevers mondit seigneur...." (1)

 

Cette dispense ne s'accorde plus qu'aux maire, eschevins et conseillers de Niort le 28 novembre 1551, et enfin à quelques personnes, car les guerres de religions commencent. ( contresigné par Gauvaing échesvin) (2)

 

r--giment-Louis-XIII-1.jpg 

 

"LE roy desirant establir quelque ordre pour la garde et la conservation de la ville de Nyort, par le moyen duquel tous ses subjects tant catholiques que de la religion pretandue reformée y soient admis, et s'estant faict representer le roolle des principaux hahitans de ladite vine, veult et ordonne qu'il soit estably douze compagnies soubz la charge de douze capitaines, lieutenans et enseignes cy dessus desnommez.

Mandons au sieur de Parabere, gouverneur de ladite ville, de prendre et recevoir leur serment, et ensuite les establir et ordronner à la garde des portes de ladife ville, et leur commander ce qu'ils auront il faire pour la seureté et Conservation d'icelle, tenant la main il ce qu'ils vivent et se comportent ensemblernent en toute union, amitié et concorde. Faict au camp de St. .Jean d'Angely Je 26 juin 1621. Signé Louys et plus bas, PHELlPPEAUX.

 

 

Depuis ce temps là ledit regirnent s'est toujours maintenu suivant son establissement et les officiers en ont esté renouvelIez de temps en temps, ayans non seulement esté employés pour la garde de la ville, mais encore pour servir au dehors soit pour aller en party comme j'on fit pendant les guerrescivilles des princes contre les ennemis de l'estat, sur lesquels on fit des prisonniers et du butin, soit pour aler servir sur es costes de la province, comme il est arrivé l'année 1674.

Monsieur le duc DE LA VIEUVILLE gouverneur de Poitou ayant ordonné un détachement de 500 hommes d'infanterie dudit regiment avec leurs officiers qui sont allés servir sur lescosts avec un zele extraordinaire pour le service du roy, dont Monsieur Je duc de la Vieuville a témoigné estre tres-satisfait par diverses lettres qu'il en a escrites au S. de la Terraudiere maire, pur les soings duquel la chose a esté conduite, et a donné une attestation publique du service qu'ils ont rendu, en la forme qui suit.

Le Duc DE LA VIEUVILLE, pair de France, chevallier d'honneur de la reine, gouverneur et lieutenant generaJ pour le roy du haut et bas Poictou, Chastelleraudois et Loudounois.

Certiffions à tous qu'il appartiendra que les cinq cens hommes destachés du regimcnt de Nyort pour le service du roy par nos ordres pour la deffence des costes de Poictou, et commendés par les sieurs de la Voute France, de la Fontenelle, Migau1t, Villepain Marot, de Luns Guyot, el

la Brosse Chebrou, capitaines; Jacques Fradet, Pierre Chehrou, Gabriel Hugueteau et Jean Gresseau, lieutenans, et ledit Chebrou ayde-major; Louis Madien, Jacques Gorrin et Jean Bidault soubs

lieutenans, avec 20 sergents et 20 caporaux, ont bien et fidellement servi Sa Majesté dans l'isle de Bouin, aux Sables d'Olonne et ailleurs, et bien vcscu en tous les endroits de leur passage et lieux de garnison, en foy de quoy nous avons signé ces presentes de nostre main, icelles fait signer à nostre secretaire et apposer le seau de nos armes. Aux Sables le dernier juillet 1614. Signé le duc DE LA VIEUVILLE, et plus bas par Monseigneur, TACONNET , et scellé des armes dudit Seigneur.

Et au paravant, sçavoir le 13 dudit mois de juillet, ledit détachement avoit passé en reveue à Beauvoir sur' mer devant Monsieur DE MARILLAC intendant de Poitou, qui en fit dresser un estat en la forme qui suit :

 r--giment-Louis-XIII-2.jpg

REVEUE DES CINQ COMPAGNIES DÉTACHÉES DU RÉGIMENT D'INFANTERIE DE NYORT, A LEUR PASSAGE A BEAUVOIR SUR MER, POUR ALLER EN L'ISLE DE BOUIN.

 

COMPAGNIE DE LA VOUTE.

Capitaine présent, trois chevaux,

Lieutenant present, un cheval, Sous-lieutenant present, un cheval, Quatre sergens, deux chevaux,

Cent trois soldats et un tambour.

 

COMPAGNIE DE FONTENELLE.

Capitaine present, trois chevaux,

Lieutenant present ,un cheval,

Sous-lieutenant present, un cheyal, Quatre sergens presens, deux chevaux,

Cent soldats. et un tambour.

 

COMPAGNIE DE VILLEPAIN.

Capitaine present, trois chevaux,

Lieutenant present, deux chevaux,

Sous-lieutenant, un cheval,

Quatre sergens, deux chevaux,

Cent soldats et un tambour.

 

COMPAGNIE DE LUNS.

Capitaine present, trois chevaux,

Lieutenant present, un cheval,

Sous-lieutenant present, un cheval,

Quatre sergens presens, deux chevaux,

Cent soldats et un tambour.

 

COMPAGNIE DE LA BROUSSE.

Capitaine present, trois chevaux ,

Lieutenant present, un cheval,

Sous-lieutenant present, un cheval,

Quatre sergens , deux chevaux ,

Cent cinq soldats et le tambour.

 

ESTAT MAJOR.

Major VILLEPAIN , troisiéme capitaine suprâ.

Ayde-major, lieutenant dudit troisiéme capitaine.

Chirurgien present.

 

La revue cy-dessus a esté faite par nous RENÉ DE MARILLAC, chevallier seigneur d'Olinville, conseiller du roy en ses conseils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, commissaire départy pour l'execution des Ordres de Sa Majesté en la generalité de Poictiers, dans laquelle rcveue nous avons trouvé tous les officiers et soldats cy dessus presens et effectifs. Fait audit Beauvoir les an et jour que dessus. Signé DE MARILLAC, et plus bas par Monseigneur, DUPONT."

 

Sources : Thrésor de la ville de Nyort, Augier de la Terraudière, 1886 2ème édition, chez Clouzot à Niort, p.119, 120,121, 122.

 

1) ibid. p. 61,

2) ibid. p. 62.


Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 09:34

Marie-de-Medicis-r--gente.jpg

Histoire de la ville de Niort

 

Par ce document, l'arrêt de la Cour des aides confime les lettres patentes des privilèges accordés par Henry III ; sous la régence de Marie de Médicis pour Louis ( Louis XIII, qui ne deviendra majeur légalement que le 20 octobre 1614 à l'âge de treize ans)

Par cet arrêt il est définit la nature des droits et prérogatives de manière générale, pour les maires, eschevins (douze), conseillers (douze) et  pairs de la ville de Niort (soixante quinze), notamment l'exemption d'impôt (taille)  le renouvellement de titre et la transmissibilité de ces droits aux "enfants males" issus de mariage "loyal" (fait devant la loi) dans la mesure ou ceux-ci reprennent la charge et vivent dans  la ville de Niort, auxquels cas ils se voient perdre ces dits privilèges :

 

 

"VEU par la cour les lettres patanles du roy données on mois de juin dernier mil six cens dix, signées LOUIS et sur le reply par le roy la royne regente sa mere presante , PHELYPEAUX obtenues par les maire, eschevins, conseillers, pairs, manans et habitans de la ville de Nyort en Poictou par lesquelles et pour les causes y mentionnées, sa Majesté leur a continué et confirmé, tous et chascungs les privilleges, prerogatives, préeminances, franchises, droictz, uz et coustumes à eux donnez et concedez par ses predecesseurs roys, mesmes par le feu roy dernier deceddé, ainsy qu'ilz sont contenus et declarez par toutes les Lettres de. ses predecesseurs et pour en jouir comme ilz en ont ci-devant bien et deuhement jouy et usé, jouissent et usent à présent, ainsy que plus au long le contiennent lesdites lettres, les precedantes lettres desd. Privilleges, mesmes celles dudit deffunct roy dernier deceddé du mois d'aougst 1591 (Henry III) , la sentence des commissaires deputez pour le regallement des tailles du 22 may 1599 par laquelleauroit esté ordonné que lesditcz maire, eschevins et douze conseillers jurez de lad. ville et leurs enfans masles procréez et à procréer en loial mariage, et leur lignée masculine qui vivront noblement et qui au l'oient servy et serviroient le roy en personne quand les nobles du pays seroient mandez, ou que par vieillesse ne le pouroient plus servir et non aultrement, demeureroient quittes et exempts des tailles, et sans prejudice des aultres privilleges à eulx conceddez par leurs lettres de chartres du mois de novembre 1461. Requeste aux fins aux la veriffication desdites lettres, conclusions du procureur general du roy, et tout consideré; la cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées au greffe de ladite cour, pour en jouir par lesdits impetrans sellon qu'ils en ont bien et deuehment jouy par cy-devant, et à la charge que le maire, douze eschevins et douze conseillers de ladite ville, leurs enfants masles procréez en loial mariage qui vivent et vivront noblement, du jour qu'ilz auront esté appellez esdites charges, serviront le l'oyen armes continuellement en personne quand les nobles du pays seront mandez, sinon que par vieillesse ou maladie ilz ne peussent servir et non aultrement, et que ceux des dessusdictz qui ne vivront noblement, ains continueront leur profession roturiere ,demeureront contribuables aux tailles et aydes, sans qu'ilz puissent acquerir à eux et leurs enfants de leur chef, tiltre de noblesse, sans prejudice neantmoings de leurs privilleges en aultres choses, et outre, à la charge que ceux qui seront cy-après pourveus esdites charges, ne pourront transmettre à leurs enfans lesd. privilleges, sinon et en cas qu'ils meurent vestus et saisis desdites charges, lesquelles ilz ne pourront resigner à aultres personnes que originaires de ladite ville,en quoi faisans, les resignans demeureront privez de leurs privilleges. Prononcé le 3 de septembre 1610. Signé, BAUSSAN."

 

Extrait des Registres de la Cour des Aydes.

 

Sources : Thésors de la ville de Nyort, Augier de la Terraudière, 1866 2ème édition chez Clouzot à Niort p.50,51 et 52


Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 09:00

  Louis-XIII-enfant.jpg

Histoire de la Ville de Niort :

 

Reconduction par lettre patente des privilèges accordés par les rois successifs. Il y a une vague énumération des anciennes lettres patentes, mais chaque roi à son avènement confirmait les anciennes chartes.  

Le 13 mai 1610 Marie de Médicis est couronnée reine de France à la basilique de Saint Denis, le 14 mai 1610 Henry IV est assassiné de deux coups de couteau par Ravaillac rue de la Ferronnerie à Paris. Louis XIII lui succède, il préside dès cette même année  un lit de justice qui nomme sa mère Marie de Médicis régente.

Dès 1611 Maximilien de Béthune, duc de Sully, en désacord avec la politique menée par la régente, démissionne de sa charge de Surintendant des Finances et de son poste de Conseil du Roi.

 

"LOUIS, par la grace de Dieu roy de France et de Navarre; à tous presens et à venir Salut. Sçavoir faisons, que nous avons rereue l'humble supplication de noz chers et hien-amez les maire, eschevins, conseillers, pairs, manans et habitans de nostre ville de Nyort, en nostre pays de Poictou, contenans que de longtemps et mesmement du regne de Philippes Auguste 1204 il leur auroit, en consideration de leur grande fidellité et affection au service de ceste couronne, esté accordé, conceddé, donné et octroyé plusieurs beaux et notables privilleges, libertez, prerogatives, préeminences, franchises et libertez, droictz, uz et coustumes à plain speciffiez par les lettres patentes en forme de chartres des roys noz predecesseurs Charles VIII, Louys IX, Philippes III, Louys X, et autres nosdits predecesseurs et par eulx confirmez de temps en temps jusques aux roys Henry III, nostre tres-honnoré seigneur et oncle, et Henry IV aussy nostre tres-honnoré seigneur et pere, derniers deceddez que Dieu absolve, lesquels ont esté verifiez où besoing a esté et du contenu lesdits exposans ont bien et deuement jouy et usé, jouissent et usent encores à present etc. Avons à iceulx exposans maire, eschevins, conseillers et pairs, manans et habitans de nostredite ville de Nyort continué et confirmé, continuons et confirmons par ces presentes tous et chascungs lesdits privilleges, prerogatives, préeminences, franchises, droictz, uz et coustumes àeulx donnez et conceddez et octroyez, et depuis continuez et confirmez par nosd. predecesseurs roys, mesmernent par le feu roy dernier deceddé nostre tres-honnoré seigneur (Henry IV) et pere ainsiqu'ilz sont contenuz et declarez par toutes lesdites lettres. Voulons et nous plaist qu'ilz en jouissent et usent

plainement et paisiblement en la mesme forme et maniere qu'ils en ont cy-devant bien et deuement jouy et usé, jouissent et usent encores à present. Sy donnons en mandement, etc. Donné à Paris on moys de juin l'an de grace mil six cens dix et de nostre regne le premier, Signé Louys et sur le reply par le roy la royne regente sa mere presente, Signé PHELYPEAUX, et à costé visa contentor. Signé LE CLER, et scellé du grand sceau de cire verte à lacqs de soye rouge et verte à queue pendante, et au dos Registrata, et a coté est écrit:

Registrées en la cour des Aydes ouy le procureur general du roy pour jouir par les impetrans selon qu'ilz en ont ci-devant bien et deuement jouy aux charges portées par l'arrest de ladite cour du jourd'huy à Paris le troisiesme jour de septembre mil six cens dix. Signé Dupuy.

Registrées en la chambre des comptes ouy le procureur general du roy, pour jouir par les impetrans de l'effect et contenu en icelles comme ilz en ont cy-devant bien.et deuement jouy et usé, jouissent- et usent à présent suivant l'arrest de ce faictz le douziesme jour d'aoust mil six cens dix. Signé BOURLON." 

 

 

Sources : Thrésors de la ville de Nyort, Augier de la Terraudière, 1866 2ème édition chez Clousot à Niort. p.49,50.

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 17:14

sceau-ali--nor.jpg

 

Histoire de la Ville de Niort : Cette charte est la confirmation de celle accordée par Jean Sans Terre, fils d'Aliénor le 31 août 1199.



Première charte de France dite de "Franche commune" accordé à la communauté de la ville de Niort faite en 1203 par Aliénor duchesse d'Aquitaine, comtesse du Poitou (héritière de Guillaume X d'Aquitaine et comte de Poitou  de la dynastie des Ramnulfides (soit depuis Ramnulf 1er comte de Poitiers 839, duc d'Aquitaine en 845, issu du mariage du comte Gérard et Hildegarde fille de Louis le pieux)).

Elle épouse dans un premier temps Louis VII (roi de France), ce mariage est cassé par décision pontificale pour raison de parentèle trop proche (cousinage au 4ème degré), elle convole en seconde noce avec Henry II Plantagenêt (roi d'Angleterre), par ce fait elle devient reine d'Angleterre, duchesse de Normandie et comtesse d'Anjou en plus de ses titres naturels. 

ali--nor-mariage.jpg

Cette charte est naturellement reconduite par liens de vassalité entre la couronne d'Angleterre à celle de France par les successeurs de Philippe Auguste, mais également aux fins de s'attacher la ville :

 

ALIENOR, Dei gratiâ, Regina Angliae , Duchissa Normaniae et Aquitaniae, Comitiza Andegaviae, Universis ad quospraesens scriptura pervenerit salutem in salutis auctore;noverit Universitas vestra, quod Nos concessimus, quod Burgenses nostri de Niorto faciant et habeant Communiam in Villà suâ de Niorto, cum omnibus libertatibus et liberis consuetudinibus suis ad Communiam su am pertinentibus , salvo jure Ecelesiae Dei et nostro: et ut haec nostra concessio robur habeat irrevocabile, Sigilli nostri applicatione communivimus. His testibus Radulpho de Faya, Ranulpho Jocellino Capellanis nostris, Capicerio de Calviniaco, Magistro Richardo Clerico nostro, et Galfrido Clerico nostro de Camera, et muItis aliis. Actum Anno ab Incarnatione Domini millesimo ducentesimo tertio, Regnantibus Philippo Rege Francorum, et Joanne Rege Angliae.  (1)

 

Confirmations de la communauté par Philippe Auguste, Louis IX et Philippe IV le Bel :

 

.

PHILIPPUS, Dei gratiâ , Francorum Rex, notum facimus universis tàm praesentibus quàm futuris, quod Nos Litteras inclitae recordationis carissimi Domini et Genitoris nostri PHILIPPI quondàm Francorum Regis vidimus in haec verba.

PHILIPPUS, Dei graliâ, Francorum Rex, notum facimus universis tàm praesentibus quàm futuris, quod Nos Litteras inclitae recordationis praecarissimi Domini et Genitoris nostri LUDOVICI Regis Francorum vidimus in haec verba.

LUDOVICUS, Dei gratiâ, Francorum Rex, universis ad quos Litterae praesentes pervenerint salutem, notum facimus quod Nos concessimus dilectis et fidelibus Burgensibus nostris Niorti, ut habeant Communiam cum libertatibus ad Communi am pertinentibus apud Niortum, et mus suos , et liberas consuetudines suas, et libertates, ac donationes quas habuerunt et tenuerunt temporibus HENRICI et RICHARDI quondàm Regum Angliae; Concessimus etiarn eis quod eos extra manum nostram et Haeredum nostrorum, vel Fratrum nostrorum non ponemus ni si de voluntate ipsorum, quod ut ratum maneat in perpetuum praesentem cartam Sigilli nostri auto ritate fecimus consignari. Actum apud Sanctum .Maxentium Anno Domini millesimo ducentesimo tricesimo mense Julio.

 

Nos autem.dictis nostris Burgensihus de Niorto , omnia et singula suprà dicta, prout eis justè, rationabiliter, et pacificè hactenùs usi sunt, autoritate Regiâ confirmamus. Quod ut ratum et stabiie permaneat in futurum, praesentibus Litteris nostris fecimus apponi Sigillurn. Actum apud Fonteneium

Anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo primo mense Martio.

.

Nos vero dictis nostris Burgensibus de Niorto, omnia et singula suprà dicta, prout eis justè, rationabiliter, et pacificè hactenùs usi sunt, autoritate Regià conftrmamus, salvo in omnibus aliis jure nostro, et jure quolibet alieno; quod ut firmum et stabile perseveret, praesentes Litteras fecimus com muniri. Actum Angolismis Anno Domini millesimo ducente simo octogesimo quinto mense Martio (2)

 

Sources

(1) Thrésor de la ville de Nyort
- Augier de la Terraudière 1866 2ème édition chez Clouzot à Niort p.13,14,
(2) ibid, 14,15,
 
Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 09:26


blason-niort-hercules.jpgHistoire de la ville de Niort :


La légende décrite concernant le dragon de Niort offre un curieux parallèle avec celle d'Hercule et l'hydre de Lerne.

 

 

 

Lerne se trouve au bord de la mer, non loin d'Argos. Le mont Pontinos se dresse à ses côtés portant un bois de platanes sacrés, de l'autre coule le fleuve du même nom et le lac Alcyonien.

 

 

 

Les marais de Lerne sont hantés par un gigantesque serpent aquatique né de Typhon et Echnida, il a pour fonction de garder une des portes du Tartare, (enfers souterrains et chemin des champs Elyséens) Dionysos y l'emprunta pour y chercher Sémélé tout comme Hadès Perséphone.

 

 

 

A cet effet chaque année étaient célébrés des Mystères nocturnes de Déméter Lernéenne.

 

 

 

Hercule est donc dépêché par Eurysthée pour anéantir ce monstre et récupérer l'or gisant au fond des insondables marais. Athéna guide les pas d'Hercule et le fait conduire par Iolaos au lieu ou la bête a élu domicile ; . Il tire des flèches enflammées dans le repaire situé sous le platane sacré d'ou coule la septuple source du fleuve, enfumée elle surgit cependant qu'Hercule retient son souffle, puis par maints procédés et stratagèmes, il en vient à trancher les six têtes cependant qu'Iolaos incendiait les alentours pour stériliser la terre afin que celles ci uen fois  tombées à terre ne se régénèrent ; Hercule use alors des brandons pour cautériser les coupes et éviter que le sang venimeux ne se répande.

 

La tête immortelle est tranchée par une serpe d'or dont la forme évoque la Lune. La dépouille du monstre est ensevelie, auparavant Hercule trempe la pointe de ses flèches dans les entrailles de la bête afin d'en faire des traits irrémédiablement mortels.

 

 

 

Les armes de la ville de Niort sont souvent parées de « sauvages », portant une masse, comme Hercule, le nom de ce dernier apparait plusieurs fois dans la ville, bien que les attributs héraldiques soient tardifs, ils rejoignent semble-t-il indirectement l'histoire du chevalier Alloneau (vainqueur de la bête en celte). En effet, outre la situation de la ville, il y est évoqué aussi un trésor. Le mausolée semble également d'une période tardive mais nous trouvons l'explication dans plusieurs sens et qui se corroborent entre eux :

 

 

 

- La mise à mort de l'Hydre par Hercule rappelle la suppression des rites de fertilités pratiqués à Lerne, alors sous influence de cultes crétois et ayant la forme de la triade Déméter, Hécate et Perséphone, par l'incendie de la ville.

 

- Dans l'Enéide Virgile s'emploie a démontrer que l'Hydre n'est autre qu'un ensemble de rivières souterraines dont l'irruption alimenterait les marais. Hercule vient donc assécher les terrains par le feu et obstruer les issues ou diriger les canaux.

 

 

 

 * L'Hydre est un monstre aquatique des eaux stagnantes, souvent il est il donné l'épithète de « Lacedaemon » pour les eaux vives, ou courantes notamment dans Homère. 

 

hercule-et-l-hydre-de-lerne.jpg


 

Les 7 têtes représentent les 7 planètes connues, et se référent à l'histoire de Gilgamesh, le déroulement des Travaux d'Hercule suit le processus des saisons et notamment le cours astrologique, ayant en point de référence les 2 points d'équinoxes et de solstices.

 

 

 

Donc le parallèle est assez parlant, la ville est au bord de marais, d'un fleuve alimenté par des rivières souterraines, une colline, et aussi proche de la mer Le mausolée fort probablement daterait de la période du début de l'assèchement des Marais du « Lac des 2 Corbeaux » ancien nom gaulois du Marais Poitevin en partance de l'abbaye de Maillezais, centre alors culturel important, puisque Rabelais y élabora plusieurs livre dont le « Tiers Livre » Assez ironiquement le mausolée soulignait que l'assèchement des Marais provoquerait la mort de la ville qui tenait son commerce florissant justement grâce à cet accès facilité par la mer, et qui rivalisait au Moyen-Age avec Bordeaux. Une hypothèse somme toute assez interessante non !!!

 

- Pausanias, Apollodore, Strabon,

- Hésiode : Théogonie,

- Hygin : Fables,

- Euripide : Héraklès

- Servius -Virgile : Enéide -

 

Contexte historique :

 

La légende est citée la première fois dans les "Chroniques de Niort" en 1589, date importante pour la ville et le Marais Poitevin tout particulièrement  en effet le 8 avril 1589 Henri IV fait publier un Edit concernant tous les marais du royaume :

 

(...) ne s'estant trouvé aucun des subjects de sa Majesté qui lui ayt offre, soit à raison des grandes difficultés, risques et dépenses ou autrement, le Roi accepte celle du sieur Hunfroy Bradley, de Bergues-sur-le-Zoom, duché de Brabant, qui a suffisance, expérience et pratique de l'art et profession de Maistre des digues, et lui concède le droit de desseicher tous palus et les marais estans dans le royaume (...)  

 

Les colons Hollandais viennent s'installer en Bas Poitou, en 1607 Sully, par Edit, confère aux principaux initiateurs de l'ouvrage un titre de noblesse, les colons se verront accorder la naturalisation, l'exemption de tailles et autres impôts durant vingt ans, de dixmes durant dix ans.

Les travaux s'achèvent en 1647 pour une surface de 5 500 hectares et sous le nom de "Canal de ceinture des Hollandais",

Les privilèges sont confirmés par Louis XIII, cependant en 1672 Louis XIV déclare la guerre à la Hollande, en 1685 la révocation de l'Edit de Nantes provoque un départ massif des colons.

 

Ce travail est la suite de la coalition menées en 1217 par les cinq abbayes du Bas Poitou : - Saint Michel en l'Herm, l'Absie, Nieul sur l'Autize, Maillezais et Saint Maixent - pour l'assèchement des marais, désigné sous le nom du "Canal des cinq abbés (abbay(es))" 

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

D’Assailly,

 

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 09:18


dragon-Niort.jpg

 

Histoire de la Ville de Niort  :


Etrait de la conception mythologique des dragons que l'on s'en faisait au XIXème siècle par M. Jouyneau Desloges, membre de l'Académie celtique, 1810, t. V.

Poitiers, 26 novembre 1809.

 

Notice sur le monument et la fable du dragon de Niort, extraite d'une dissertation de M. d'Orfeuille, sur l'existence des dragons.

Par Eloi Johanneau, tome V de l'Académie celtique.

 

 

 

 

 

"Cet extrait était rédigé quand j'ai reçu la lettre de M. Jouyneau Desloges, insérée page 51 de ce Numéro, dans laquelle il est déjà question de ce même dragon. Quoique ce savant confrère ait puisé à la même source que moi, et que je lui en doive même la communication, je n'ai pas cru devoir supprimer mon extrait, parce qu'il est plus étendu que le sien, et que je l'ai accompagné de réflexions qui me sont particulières; qu'en outre, j'ai été obligé, pour le composer, de rapprocher et mettre en ordre tous les renseignements que j'ai trouvés épars dans la prose, les vers et les notes de M. d'Orfeuille, car cette dissertation est en prose et en vers. Elle a été imprimée à Saint-Maixent, en l'an 7.

 

 

 

Si cette dissertation ne traitait que du sujet annoncé dans le titre, on sent bien que je ne perdrais pas mon temps à en faire l'extrait; attendu que personne ne croit plus à la réalité de l'existence des dragons, et que je suis persuadé, en particulier, que les fables qu'on en raconte et les cérémonies religieuses qui en sont la suite, ne sont que des allégories astronomiques qu'on retrouve dans les mythologies de tous les peuples. Mais il est aussi question, dans la dissertation de M. d'Orfeuille, d'un monument élevé, à Niort, à un guerrier vainqueur d'un dragon; et c'est même ce monument qui a donné lieu à la dissertation et à l'opinion que l'auteur y défend. Je me bornerai donc, dans cet extrait, à faire connaître ce monument singulier et la fable ancienne qui l'aura fait ériger, dans les temps postérieurs, après avoir été regardée et crue sans doute comme une histoire véritable, étant appuyée sur la tradition d'une cité toute entière.

 

 

 

M. d'Orfeuille commence sa dissertation par nous apprendre qu'en se promenant, en 1788, sur le cimetière de l'hôpital général de Niort, et y considérant les tombeaux qui s'y trouvaient épars, il en vit un qui lui parut devoir fixer particulièrement son attention; que les figures qu'il y remarqua, les inscriptions qu'il y découvrit, lui apprirent bientôt par quel motif on l'avait élevé autrefois; que le fait lui parut extraordinaire; mais qu'il eut la négligence de ne prendre copie d'aucune des inscriptions; qu'elles le frappèrent cependant à un tel point, qu'il ne les a pas encore oubliées entièrement (il écrivait en l'an 7); qu'en repassant au même endroit, en 1792, il vit avec surprise que ce monument qui lui semblait mériter d'être soigneusement conservé, était presque entièrement détruit; qu'il ne restait plus alors que le couvercle du mausolée, et que même il avait été transporté à quelques pas de la place où il l'avait vu d'abord; que depuis cette époque, il n'a pu s'empêcher de faire des réflexions sur ce monument singulier; qu'ayant cru y trouver la preuve de l'existence des dragons, cela l'avait engagé alors à faire des recherches pour la confirmer et pour recueillir, dans la mémoire de ses concitoyens, toutes les preuves que ce monument pouvait lui fournir de l'existence du dragon de Niort, et qu'il aurait pu avoir oubliées. M. d'Orfeuille, comme on voit, est bien persuadé de l'existence de ce dragon; et en effet, si nous n(étions pas aussi instruit que nous le sommes aujourd'hui en histoire naturelle, il serait difficile de nier un monument dont la tradition, conservée jusqu'à nos jours dans la mémoire de tous les habitants d'une cité, est confirmée par un monument sépulcral placé dans un cimetière public, et exposé à la vue de tout le monde.

 

Mais aucune tradition, aucun monument, ne pourront jamais faire croire qu'il a existé des monstres tels que le dragon de Niort et le serpent Python.

 

 

 

Voici, au reste, la description de ce monument, faite en grande partie d'après la gravure que M. d'Orfeuille a jointe à sa dissertation. Sur la pierre tombale qui recouvrait le mausolée, on voit représenté un guerrier couvert d'une cuirasse et d'une cotte d'armes. A côté de lui et à sa gauche, est un serpent ailé couvert d'écailles, droit sur sa queue, lequel s'élève au dessus du guerrier et semble lui lancer le venin dont ses joues sont pleines. On lisait encore, il y a dix ans, à un des bouts du mausolée, l'épitaphe suivante :

 

 

 

SISTE VIATOR,

 

REM HABES PAUCIS: vase-hercule.jpg

 

HI PERIERE SIMUL.

 

 

 

c'est-à-dire,

 

 

 

Arrête-toi, voyageur, voici le fait en peu de mots : ils ont péri ensemble.

 

 

 

 

 

Sur un des côtés était, en langue latine, le nom du guerrier, l'époque et les circonstances de cette tragique aventure, avec cette autre inscription :

 

 

 

HOMO OCCUBUIT SERPENTIS VENENO.

 

 

 

L'homme a péri par le venin du serpent.

 

 

 

En supposant que la figure du personnage sculptée sur le couvercle du tombeau, soit dans une proportion naturelle, le guerrier devait avoir environ 5 pieds 2 pouces de haut, et le serpent 10 pieds de long.

 

 

 

 

 

Voici maintenant comme la tradition explique ce monument, et raconte l'événement qui l'a fait ériger :

 

 

 

Un soldat avait été condamné à mort pour crime de désertion; il apprit qu'à Niort, sa patrie, un énorme serpent faisait depuis trois mois des ravages, et qu'on promettait une grande récompense à celui qui pourrait en délivrer la contrée. Ce guerrier se présente; on l'admet à combattre le monstre, et on lui promet de lui accorder sa grâce s'il parvient à le détruire. Couvert d'un masque de verre et armé de toutes pièces, l'intrépide soldat va à l'antre obscur où se tient le monstre ailé qu'il trouve endormi. Réveillé par une première blessure, il se lève, prend son essor et vole contre l'agresseur. Tous les spectateurs effrayés se retirent, lui seul reste et l'attend de pied ferme. Le dragon tombe sur lui et le terrasse de son poids; mais au moment qu'il ouvre la gueule pour le dévorer, le soldat saisit cet instant pour lui enfoncer son poignard dans la gorge. Le monstre tombe à ses pieds. Notre brave guerrier allait recueillir les fruits de sa victoire, lorsque poussé par une fatale curiosité, il ôtât son masque pour considérer à son aise le redoutable ennemi dont il venait de triompher. Déjà il en avait fait le tour, quand le monstre blessé mortellement et nageant dans son sang, recueille des forces qui paraissaient épuisées, s'élance subitement au cou de son vainqueur, et lui communique un venin si malfaisant, que ce brave guerrier périt au milieu de son triomphe.

 

 

 

Parmi les nombreuses histoire de dragons que M. d'Orfeuille cite à l'appui de son opinion sur la réalité du dragon de Niort, il en est une qui mérite plus d'attention que les autres, c'est celle du dragon du village de Torcy, près Lunéville, que Dom Calmet, dans sa lettre sur les dragons (voyez le Journal de Verdun, du mois de Juin 1751, page 430), prétend avoir été tué ers le commencement du siècle dernier, et dont on voyait encore, il y a environ 60 ans, un tombeau élevé en mémoire de cet événement, sur lequel était la figure d'un dragon. Mais ce monument, ainsi que celui de Niort, ne prouve pas plus la réalité du fait, que les tombeaux des dieux égyptiens, grecs et romains, ne prouvaient la réalité de l'existence de ces dieux sur la terre. Tous ces monuments ne prouvent que la crédulité des peuples, qui, après un long laps de siècles, ont fini par regarder des allégories comme des histoires, et des personnages fabuleux comme des personnages historiques. Je pense donc qu'on peut admettre les dates, quoiqu'un peu trop récentes peut-être, assignées au monument du dragon de Torcy et à celui de Niort; mais je ne peux croire à celles fixées pour l'événement, puisqu'il n'a jamais eu lieu qu'en allégorie; que toutes les allégories appartiennent à des religions bien anciennes, et que celles de nos contrées en particulier, sont de l'invention des druides. Le seul nom d'Alloneau qui signifie en celtique le vainqueur de la bête, comme je l'ai déjà remarqué dans une note sur la lettre de M. Jouyneau Desloges, me persuade que la victoire qu'on lui attribue, est une victoire allégorique, comme celle d'Apollon Pythius, vainqueur du serpent Python, que la fable en est au moins aussi ancienne. Je pourrais le prouver; mais comme le but de l'Académie n'est pas d'expliquer les fables, mais de se borner à les recueillir, je termine ici cette Notice, en invitant tous les savants qui en connaissent de semblables, de vouloir bien les recueillir et nous les communiquer.

 

 

 

Quoique ce soit des fables ou des traditions fabuleuses, que le peuple seul les raconte et y croit encore, elles n'en méritent pas moins l'attention et la curiosité d'un antiquaire philosophe, puisqu'il est certain qu'elles appartiennent à la mythologie de nos ancêtres. Quand elles auront été recueillies et expliquées, nous reconnaîtrons alors qu'il ne leur a manqué que d'être chantées par des poètes anciens, comme l'ont été les fables des Grecs et des Romains, pour nous intéresser plutôt.

 

 

 

Eloi Johanneau."

 

 

 

 

 

 

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

D’Assailly

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 08:56

Numériser0002

Vue équestre de Niort au début du XVIIème (d'après une gravure de Chastillon)

 

Histoire de la Ville de Niort :

 

Blason de la ville de Niort Deux Sèvres :

 

d'azur semé de fleurs de lys d'or à la tour donjonnée d'argent, maçonnée et ajourée de sable, brochant sur le tout, posée sur des ondes aussi d'argent mouvant de la pointe (le donjon est le donjon initial, les ondes, la Sèvre mais aussi la mer car Niort était un port, les lys car le frère de Saint Louis Alphonse de Poitiers qui le portait "a partie a dextre" avait reçu le comté de Poitiers en apanage. Louis XI, par lettres patentes en 1461, confère la noblesse héréditaire au maire, échevins, conseillers municipaux, ainsi que confirmation et concession permanente de son écu.

 

En 1203 la première charte de France de "Franche Commune" est attribué à la ville par Jean sans Terre, puis confirmée par Aliènor d'Aquitaine.

 

 

Niort date vraisemblablement du VIème siècle, Novogorum, Novioritum (nouveau gué, Novioregum (Noticia Provinciarum et civitatem galliae honorii augusti), elle se situe sur l'axe secondaire de la voie romaine menant de Saintes à Nantes bordant le golfe Pictave (nommé aussi "lac des 2 corbeaux"), cette position stratégique se révélera comme étant la clé du couloir nord sud dans l'ouest et l'enjeu d'âpres combats

 

  Cette situation en fait sa richesse dès le Moyen Age, foires et marchés se développent. L'accessibilité portuaire est mis en oeuvre tout au long du Moyen Age, les méandres du golfe se prolongent jusqu'à 40 kms avant d'atteindre la mer. Une partie des marais poitevins est asséchée et  drainée par la coalition de 5 abbayes dont l'abbaye royale de Saint Maixent, l'abbaye de Maillezais.

 

La ville est ceinturée  de remparts sur 2 800 m (au XIVème, comparez avec Carcassonne 1500m de fortifications extérieures et 1100m intérieures) il subsiste les deux donjons jumeaux carrés reconstruits en 1158 sous Henri Plantagenêt reliés plus tard par un bâtiment central faisant office d'habitat plus confortable. Malgré sa position de noeud axial stratégique les ouvrages défensifs ne suffiront jamais à combler le déficit naturel du sol, maisen cas de siège le Marais offre toujours une issue de secours et une cache sûre.

 

Elle faisait partie des villes d'Aliènor d'Aquitaine, puis de ses fils Jean et Richard (Coeur de lion), fruits de son union avec Henri Plantagenêt alors comte d'Anjou. Cette alliance réunie l'Aquitaine, le Poitou, L'Anjou, le Maine, la Normandie puis l'Angleterre lors de son accession au trône en 1154. Niort alterne entre les deux camps au gré de multiples batailles, sièges (poliorcétique), hommages liges rompus, bien avant la guerre de cent ans. 

Pour noter la violence des combats, en 1346 Saint Maixent fût ravagée par les Anglais et ses hâbitants massacrés

En 1368 par le Prince Noir héritier du trône d'Angleterre convoque les Etats Généraux de la province pour imposer une redevance de 10 sols par foyer ( impôt du fouage) ; les Niortais se révoltent, la ville est prise d'assaut, incendiée et une grande partie de la population massacrée, cette répression s'explique aussi par les nombreuses offensives françaises

 

 Duguesclin reprend la cité le 26 mars 1372 par ruse (revêtue d'un uniforme ennemi une avant garde française entre et  la nuit ouvre une des portes de la cité) ; après Thouars, Fontenay-le-Comte, Melle et la bataille de Chizé, le Poitou tombe définitivement. En 1436 le Poitou est rattaché à la couronne.

La ville prend un essort exceptionnel sous la suzeraineté de Jean de Berry, les halles couvertes sont restaurées et agrandies pour devenir "les plus grandes d'Europe", un hôtel de ville est construit doté d'une horloge, 700 m de remparts ajoutés.  Le vin de la région est réputé sur la zone commerciale Atlantique (vin blanc cépage chenin dit "chemière"), les drapperies, faïences partent vers la Baltique sur les navires de la ligue hanséatique. Cette dynamique économique va de paire avec une effervescence intellectuelle (Rabelais-Abbaye de Maillezais),  pour l'artisanat d'art dont la faïence avec Bernard de Palissy. L'expansion rapide de l'imprimerie dans le Bas Poitou permet aussi la vulgarisation des évangiles.

 

Niort devient majoritairement calviniste dès 1557 et cette position ainsi que celle stratégique en font un enjeu majeur des  guerres de religions ; elle bascule d'un côté puis de l'autre au cours d'affrontements terribles, batailles effroyables et sanglantes (Duc de Joyeuse et Amiral de Coligny).

Henry IV fait assécher une partie des marais par les Hollandais, spécialisés dans la technique, les marais sont sources d'épidémies rémanentes, la région gagne environ 40 à 50kms sur la mer, la terre y est riche par les dépôts alluvionnaires de la Sèvre, les eaux poissonneuses, les côtes exploitent les salines, les tanneries importent des peaux d'Amérique du Nord. Henry IV réinstaure la paix sociale avec l'Edit de Nantes.

 

A la mort d'Henri IV Marie de Médicis assure la régence, la gestion du royaume est calamiteuse et le pays encore en déficit (décidément c'est une tradition). Les querelles partisanes ressurgissent donc et les cours étrangères financent ces divisions pour affaiblir le royaume. Louis XIII accède au trône et remarque le poitevin Armand du Plessis, il le nomme "aux affaires". Des villes de France se soulèvent dont celles de l'Ouest, finalement Richelieu fait tomber définitivement les places de Niort et Saint Maixent dernière cité sur la route de  La Rochelle.

La révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV le 22 septembre 1685 et les premières "dragonnades" (régiment de dragons casernés sur Niort) ruinent définitivement la région En 1681 l'Intendant de la Province Louvois fait loger les dragons chez ceux qui ne veulent pas se convertir. Le culte est interdit et punissable de galère.

Les familles protestantes s'éxilent, leurs biens sont saisis. Sous Louis XV la France perd "La Belle province" le Canada ou bon nombre de poitevins émigrent, les importations de peaux cessent. Les huguenots s'expatrient vers la Suisse, les pays du Nord de l'Europe, l'Irlande du Nord, la Nouvelle Angleterre. En 50 ans la population de Niort passe de 11 000 à 7 000 âmes ; en Poitou l'exil s'évaluerait à environ 18 000 personnes. L'Edit de tolérance de 1787 par Louis XVI réinstaure le droit de culte.

Napoléon 1er lassé par les rebellions inscessantes des régions du Poitou et de la Bretagne les divises, une partie du bas Poitou (Vendée) sera réunie à Nantes (Capitale des Ducs de Bretagne) et ses environ (Loire Atlantique) en une nouvelle entité  : les Pays de Loire.

 

Au cours de ces batailles et sièges la population fût parfois pratiquement exterminée. Du fait des guerres , celle entre la l'Angleterre et la France, puis celle des religions, il ne reste pratiquement aucun pratimoine complet dans un rayon de 20 kms autour de Niort du fait de l'établissement d'une contre marche , une ceinture de villages fortifiés et châteaux défensifs contrôlant les voies et accès fut totalement anéantis (contre marche pour empécher les assaillants d'y loger, les 20 kms environ correspondent au temps de marche de l'infanterie pour attaquer la ville) puis démantelés (sur ordre de Richelieu pour éviter que les révoltes n'ai lieu dans les villes de France et qu'on n'y puisse les déloger), idem pour les édifices religieux, mobilier et archives. Ce qui contraste avec ce paysage de plaine ou la mer des blés ondule sous la brise, ce marais si apaisant.

 

En outre on peut noter la naissance à Niort de Mme de Maintenon (Françoise d'Aubigné) petite fille du poète Agrippa d'Aubigné, écuyer d'Henri de Navarre,  elle vécu à Niort dans la misère jusqu'au jour de son premier mariage avec le poète Scarron, veuve elle fût la gouvernante des enfants de Mme de Montespan  et du roi Louis XIV qui l'épousa ensuite en secret

Je vous propose également la vidéo réalisée et conçue par M. Auzanneau-Fouquet Jean- Marie, assez explicite quand aux "Mystères de Niort", avec son aimable accord :


 

Sources :

Jean Favier, Les Plantagenêts. Origine et destin , éd. Fayard, Paris, 2004.

 

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

D’Assailly


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