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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 18:23

La Magna Carta est un pacte conclu durant l’été 1215 entre le roi d’Angleterre Jean sans Terre et un groupe de barons en révolte. Cet accord porte sur des questions de fiscalité, de droits féodaux et de justice.

 

La Magna Carta Libertatum ou Grande Charte est une charte de soixante-trois articles arrachés par le baronnage anglais au roi Jean sans Terre le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai.

 

Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France à Bouvines et à La Roche-aux-Moines.

 

Ce texte limite l’arbitraire royal et établit en droit l’Habeas corpus qui empêche, entre autres, l’emprisonnement arbitraire. Il garantit les droits féodaux, les libertés des villes contre l’arbitraire royal et institue le contrôle de l’impôt par le Grand Conseil du Royaume. L’archevêque de Cantorbéry Étienne Langton défend ardemment les barons, son nom restant le premier à avoir été apposé en qualité de témoin de la Grande Charte. Lorsque le pape excommunie les barons, Étienne Langton refuse de publier l’interdit et est suspendu par le pape.

 

Cette charte est la plus ancienne manifestation importante d’un long processus historique qui a conduit aux règles de légalité constitutionnelle dans les pays anglo-saxons. Il existe dans le droit public un certain nombre de conceptions erronées au sujet de la Grande Charte, on dit ainsi qu’elle fut le premier document à limiter légalement le pouvoir d’un roi anglais (ce n’était pas le premier et elle a été créée en se fondant partiellement sur la Charte des libertés) ; qu’elle a effectivement limité le pouvoir du roi (elle ne l’a guère fait au Moyen Âge).

 

La Grande Charte a été renouvelée pendant tout le Moyen Âge et plus tard à l’époque des Stuarts, celle des Tudors et aux 17ème et 18ème siècles. Au début du 19ème siècle la plupart des clauses avaient été abrogées dans la loi anglaise. L’influence de la Grande Charte hors d’Angleterre peut se remarquer dans la Constitution des États-Unis et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. En effet, à peu près chaque pays de common law qui possède une constitution a subi l’influence de la Grande Charte, ce qui en fait peut-être le document juridique le plus important dans l’histoire de la démocratie moderne, mais il marque surtout le passage d’un État simple absolu, à celui d’un État de droit, du fait de la limitation du pouvoir royal qu’il pose.

 


 

Time : 4 mn 14 / [1/2]

 

Le 15 juin 1215, les barons anglais imposent à Jean sans Terre, le plus jeune fils d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt, un traité qui sera plus tard connu sous le nom de Grande Charte.

 

Jean sans Terre (en anglais John Lackland) doit son surnom à ce qu’il n’a pas reçu de terres en apanage à sa naissance, à la différence de ses frères. Violent et sans scrupules, il réussit à se faire haïr de la noblesse comme des bourgeois, du clergé et des paysans.

 


 

Les événements qui ont conduit à la Grande Charte

Après la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066 et les acquisitions territoriales réalisées au 12ème siècle, le roi anglais, Richard Cœur de Lion apparaît en 1199, année de sa mort, comme le plus puissant souverain de la chrétienté. C’était dû à un certain nombre de facteurs dont une centralisation gouvernementale très étudiée, créée selon les procédures des nouveaux maîtres normands combinées avec les systèmes de gouvernement des indigènes anglo-saxons et l’extension à l’Angleterre de la féodalité normande. Mais après le couronnement du roi Jean sans Terre, au début du 13ème siècle, une série d’échecs retentissants qu’il subit conduisit les barons anglais à se révolter et à placer sous surveillance le pouvoir du roi.

 

 

La France

Une cause importante de mécontentement dans le royaume était l’action de Jean sans Terre en France. Au moment de son accession au trône après la mort de Richard, il n’existait aucune règle précise pour définir l’hérédité de la couronne. Jean sans Terre, comme frère cadet de Richard, fut couronné en évinçant Arthur de Bretagne, neveu de Richard. Mais Arthur avait toujours des prétentions sur les territoires angevins et Jean sans Terre avait donc besoin de l’accord du roi de France, Philippe Auguste. Pour le recevoir, il lui donna de vastes territoires de langues romanes de l’empire angevin.

 

Ensuite Jean sans Terre se maria avec Isabelle d’Angoulême dont l’ancien fiancé, un des vassaux de Jean sans Terre, fit appel à Philippe Auguste, qui confisqua alors toutes les possessions de Jean sans Terre en France, y compris la riche Normandie. Philippe Auguste déclara Arthur comme le vrai seigneur de l’Anjou qu’il envahit au milieu de 1202 pour le lui donner. Jean sans Terre dut agir pour sauver la face, mais au bout du compte son action ne le servit pas, et après qu’il eut tué Arthur dans des circonstances suspectes, il perdit le peu de soutien qu’il avait en France parmi ses barons, qui y voyaient comme une tache noire sur Jean, capable de tuer les propres membres de sa famille pour être roi.

 

Après l’échec des alliés de Jean sans Terre à la bataille de Bouvines, Philippe Auguste garda tous les territoires de Jean en France du Nord, y compris la Normandie (l’Aquitaine devait rester aux mains des Anglais jusqu’en 1453). Jean sans Terre avait beau ne pas être un fin politique, il fut obligé de comprendre que non seulement on avait vu sa piètre valeur comme chef militaire, mais qu’il avait aussi perdu des revenus importants, si bien qu’il devrait taxer encore plus ses barons qui commençaient à voir sa faiblesse.

 

 

L’Église

À l’époque du règne de Jean sans Terre une grande controverse subsistait quant à la façon d’élire l’archevêque de Cantorbéry, bien qu’il fût devenu traditionnel que le monarque nommât un candidat avec l’approbation des moines de Cantorbéry.

 

Cependant, au début du 13ème siècle, les évêques commencèrent à vouloir dire leur mot. Pour garder le contrôle, les moines élurent un des leurs comme archevêque. À ce coup Jean sans Terre, irrité que les procédures ne se fussent pas déroulées dans l’ordre, envoya à Rome l’évêque de Norwich comme celui qu’il avait choisi. Le pape Innocent III déclara les deux nominations invalides et persuada les moines d’élire Étienne Langton, qui de fait était probablement le meilleur choix. Mais Jean sans Terre refusa cette décision et exila de son royaume les moines. Exaspéré, Innocent III jeta l’interdit sur l’Angleterre en 1208 (interdiction du culte public, de la messe, des mariages, de la sonnerie de cloches à l’église, etc…) ; il excommunia Jean sans Terre en 1209 et soutint Philippe Auguste dans sa tentative d’envahir l’Angleterre en 1212.

 

Finalement Jean sans Terre recula ; il accepta de reconnaître Étienne Langton et de permettre aux exilés de revenir. Pour achever d’apaiser le pape, il lui donna l’Angleterre et l’Irlande comme territoires pontificaux et les reçut à nouveau à titre de fiefs pour 1 000 marcs par an. La fureur des barons n’en fut que plus forte car cela voulait dire qu’ils auraient encore moins d’autonomie dans leurs propres territoires.

 

 

Taxes

Malgré tout, le gouvernement de l’Angleterre ne pouvait fonctionner sans un roi fort. Une fonction publique efficace, établie par le puissant roi Henri II, avait dirigé l’Angleterre au cours du règne de Richard Ier. Mais le gouvernement du roi Jean sans Terre avait besoin d’argent pour ses troupes, car pendant cette époque de prospérité le coût des mercenaires était presque deux fois plus élevé qu’avant. La perte des territoires français, surtout la Normandie, avait considérablement réduit le revenu de l’État et il aurait fallu lever des impôts énormes pour essayer de les reconquérir. Et cependant il était difficile de lever des taxes en raison de la tradition de les maintenir au même niveau.

 

De nouvelles formes de revenu inclurent une loi sur la forêt, un ensemble de règlements sur la forêt du roi qu’il était difficile de ne pas enfreindre et qui entraînaient des punitions sévères. Au cours de ses dix-sept années de règne Jean sans Terre augmenta aussi onze fois l’écuage (le paiement d’un vassal à son suzerain pour remplacer le service militaire direct), onze fois à comparer avec les deux fois où il l’avait été au cours des trois règnes qui avaient précédé le sien. Il créa aussi le premier impôt sur le revenu qui s’élevait à ce qui était, à cette époque, la somme inouïe de 60 000 livres.

 

 

Un des quatre exemplaires restants de la Magna Carta de 1215, déposé à la bibliothèque Cotton

 

 

Rébellion et signature du document

En 1215, quelques barons d’Angleterre se réunirent et, le 10 juin, s’emparèrent de Londres par la force. S’étant alliés avec un grand nombre de neutres, des modérés qui n’étaient pas en rébellion ouverte, ils contraignirent le roi Jean sans Terre à accepter les « Articles des Barons », auquel son Grand Sceau fut apposé dans le pré de Runnymede le 15 juin 1215. En échange, les barons renouvelèrent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin. Un document en bonne forme pour enregistrer l’accord fut créé par la chancellerie royale le 15 juillet : ce fut l’original de la Magna Carta. Un nombre inconnu de copies en fut envoyé aux agents du roi, tels que les shérifs royaux et les évêques.

 

À ce moment-là la clause la plus significative pour Jean sans Terre était la clause 61, connue comme « clause de sécurité », qui était la partie la plus longue du document. Elle établissait un conseil de 25 barons qui pouvaient à tout moment se réunir et annuler la volonté du roi, au besoin par la force en saisissant ses châteaux et ses biens. Elle se fondait sur la saisie, pratique juridique médiévale connue et souvent utilisée, mais c’était la première fois qu’on l’appliquait à un monarque. De plus, le roi devait prêter au conseil un serment de loyauté.

 

Le roi Jean sans Terre n’avait pas la moindre intention de respecter la Magna Carta, puisqu’elle lui avait été extorquée par la force et que la clause 61 neutralisait en fait son pouvoir comme monarque, ne lui laissant de roi que le nom. Il la dénonça dès que les barons eurent quitté Londres, plongeant l’Angleterre dans la guerre civile appelée Première Guerre des Barons. Le pape Innocent III, lui aussi, annula cet « accord scandaleux et dégradant, arraché au roi par violence et menace. » Il rejeta tout appel à des droits, prétendant que cela abaissait la dignité du roi Jean. Il y voyait un affront contre l’autorité qu’avait l’Église sur le roi et déliait Jean sans Terre du serment qu’il avait fait d’y obéir.

 

 

Nouvelles promulgations de la Magna Carta

Jean sans Terre mourut de dysenterie pendant la guerre, le 18 octobre 1216 et la nature de la guerre en changea tout de suite. Son fils de neuf ans, Henri III, était son successeur sur le trône et ses partisans comprirent que les barons rebelles préféreraient se montrer loyaux envers un enfant, c’est pourquoi le jeune garçon fut rapidement couronné vers la fin octobre 1216 et la guerre prit fin. Les régents d’Henri III promulguèrent une nouvelle fois la Magna Carta en son nom le 12 novembre 1216, en omettant quelques clauses, comme la clause 61. Ils renouvellent l’acte en 1217. Quand il eut 18 ans, en 1225, Henri III lui-même la promulgua, cette fois dans une version plus courte avec seulement 37 articles. Henri III régna pendant 56 ans (le plus long règne d’un roi anglais au Moyen Âge) si bien qu’au moment de sa mort en 1272, la Magna Carta était devenue en Angleterre un précédent juridique incontestable et il serait plus difficile pour un monarque désormais de l’annuler, comme le roi Jean sans Terre avait essayé de le faire près de trois générations plus tôt. Édouard Ier, fils et héritier d’Henri III, et le Parlement publièrent une dernière fois la Magna Carta le 12 octobre 1297 dans le cadre d’un statut appelé Confirmatio cartarum (25 Edw. I), en confirmant la version abrégée de Henri III, celle de 1225.

 

 

Contenu

À l’origine, la Grande Charte a été écrite en latin. Une grande partie en a été copiée, presque textuellement, de la Charte des Libertés de Henri Ier, publiée quand Henri Ier était monté sur le trône en 1100, et qui soumettait le roi à certaines lois concernant la façon de traiter les fonctionnaires ecclésiastiques et les nobles, et accordant de façon réelle certaines libertés individuelles à l’Église et à la noblesse anglaise. Sur la Magna Carta, Jean Sans Terre s’engage à garantir les libertés de l’Eglise et des villes, à se soumettre à la décision du Commun Conseil pour établir un impôt et aussi à ne plus arrêter les hommes libres de façon arbitraire.

 

Le document connu habituellement aujourd’hui comme Grande Charte n’est pas celle de 1215, mais une charte plus tardive de 1225 et généralement on la présente sous la forme de la Charte de 1297 quand elle a été confirmée par Édouard Ier. Au moment de la charte de 1215, un grand nombre de dispositions n’avaient pas été faites pour opérer des changements à long terme, mais simplement pour remédier immédiatement à des abus et c’est pour cela que la Charte a été rééditée trois fois pendant le règne de Henri III (1216, 1217 et 1225) pour donner une version actualisée. Ensuite, chacun des rois qui se sont succédé pendant les deux cents années suivantes (jusqu’à Henri V en 1416) a confirmé personnellement la charte de 1225 dans sa propre charte.

 


 

Time : 3 mn 32 [Vostvfr] / [2/2]

 

Narrée par Terry Jones de Monty Python, cette animation vous ramène à l’époque médiévale, lorsque le roi Jean sans Terre (King John Lackland) régnait sur l’Angleterre.

 

Pourquoi la Magna Carta a été créé et que signifiait-elle pour ceux qui vivaient au 13ème siècle.

 


 

 

 

Jean sans Terre donne son accord lors d’une entrevue solennelle organisée dans le pré de Runnymede, à l’Ouest de Londres, le 15 juin 1215.

 

En échange, les barons renouvellent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin.

 

Un document en bonne forme, scellé du Grand Sceau pour enregistrer l’accord, est créé par la chancellerie royale le 15 juillet.

 

C’est l’original de la Magna Carta.

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Habeas_corpus

Fr : https://fr.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

https://mjp.univ-perp.fr/constit/uk1215.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_sans_Terre

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1100973

En : https://en.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

 

Article :

Academic

Licence CC-BY-SA.

 

Note : 

L’affirmation, largement répandue en France, selon laquelle la Magna Carta « a été rédigée en 1215, sur le sol français, dans l’abbaye cistercienne de Pontigny par des Anglais émigrés, en révolte contre leur roi, Jean sans Terre », est historiquement sans fondement : les historiens anglais et les études les plus récentes ne confirment rien de tel.

 

Le seul lien prouvé entre la Magna Carta et Pontigny est l’archevêque de Cantorbéry, Étienne Langton, qui séjourna dans l’abbaye entre 1207 et juillet 1213. Or, si celui-ci prit part à l’élaboration de la Magna Carta, aucun élément historique ne prouve qu’il l’ait fait avant que la charte du roi Henri Ier, laquelle est datée de 1100 et lui sert de base, ait été retrouvée à Saint-Paul de Londres, entre 1214 et 1215 selon les chroniqueurs Raoul de Coggeshall et Barnwell, au plus tôt le 25 août 1213 selon Roger de Wendover, en tout cas après le retour de l’archevêque en Angleterre.

 

Vidéo :

[1] 15 juin 1215 : La Grande Charte – HerodoteVideos / YouTube

[2] What is Magna Carta? – The British Library / YouTube

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 14:16

On parle aujourd'hui du Nouvel Ordre Mondial et certains balayent d'un revers de manche cette proposition, mais à y regarder de plus près cela n'a t'il pas existé,

 

Il ne subsiste aujourd’hui à peu près rien de la première station de forage montée en 1859 à Titusville, en Pennsylvanie. C’est pourtant là qu’est née l’aventure du pétrole, dont la répercussion sur l’économie mondiale devait être presque aussi importante que celle de l’électricité. L’ouvrage d’Anthony Sampson, les Sept Sœurs, va plus loin que son titre ne le laisserait croire (1). Il ne décrit pas seulement la naissance et la croissance des sept plus grandes sociétés pétrolières du monde, mais aussi la formation de l’Amérique moderne, la constitution de méga-fortunes, celles de Rockefeller ou de Gulbenkian, la lente évolution des mentalités qui président aux rapports entre le monde surdéveloppé consommateur et le tiers-monde producteur, etc.

Ces quelque cinq cents pages constituent une remarquable enquête, au fil de laquelle l’auteur égrène posément les péripéties et les arguments.

La réalité qui recouvre les activités des « Sept Sœurs » est à l’image de leur flotte pétrolière, « entreprise dépourvue de centre ou de base géographique, dont le cœur navigue en haute mer entre une source intermittente d’approvisionnement et une destination sujette à changement enfin, pour couronner le tout, n’ayant d’allégeance envers aucun pays particulier ». Il y a eu les fondations américaines d’abord. Les pionniers avaient le goût et le courage du risque, même si ils ont voulu par la suite y trouver une justification à tous leurs excès, oubliant ce qu’ils devaient à une nature extrêmement généreuse. Eux-mêmes ou leurs successeurs immédiats ont fourni quelques-uns des plus beaux exemples de ce que peut donner le « capitalisme sauvage » pratiqué par des hommes de fer. Les particularités du pétrole aggravant d’ailleurs considérablement les conséquences de cette agressivité tendance au gigantisme, au monopole et, faute de mieux, au cartel, intégration verticale. Sampson montre comment ces problèmes existaient déjà au début du siècle : on les retrouve presque inchangés aujourd’hui, comme si l’activité pétrolière restait en dehors de l’économie générale, inassimilable, indomptable.

Les hommes, après les Américains, les Anglais et les Hollandais, plus tard les Français et les Italiens, se sont donné, si l’on ose dire, des « soeurs » à leur mesure. L’histoire de chacune — l’aristocratique British Petroleum, l’ombrageuse Texaco, l’exubérante Mobil— est brossée par Sampson avec un sens de l’anecdote qui a ici toute sa valeur. On frémit rétrospectivement en pensant à l’irresponsabilité des Etats laissant des originaux jouer en toute inconscience avec une géopolitique qui devait se révéler explosive. La race des acheteurs-producteurs de pétrole en engendra naturellement une autre, celle des technocrates des Etats pétroliers. Elèves appliqués, parfois d’une brillante intelligence, apprenant d’une génération à l’autre ce que l’on voulait bien leur enseigner, mais aussi, et chaque fois un peu plus, découvrant eux-mêmes les tricheries dissimulées par les « Sept Sœurs », leurs faiblesses, découvrant, comme le dit l’un d’eux, « que ces géants étalent des gens ordinaires et qu’en vérité, le rocher de Gibraltar n’était que du carton pâte ». Leurs portraits figurent aussi dans le livre de Sampson.

Le lecteur découvrira sans surprise qu’en tant que consommateur individuel les acteurs de ce drame ne lui réservent que le rôle de figuration le moins intelligent possible : dire « Ah ! » quand l’essence arrive jusqu’à la station-service, et payer, ou ne rien dire du tout, quand la pompe est à sec, et payer encore, si possible un peu plus, pour que le précieux liquide y revienne. L’auteur montre bien comment l’étrangeté, la nouveauté d’un produit qui paraissait devoir rester ubiquiste, ont favorisé chez les gouvernements des Etats consommateurs une attitude de démission, ou à tout le moins de délégation de pouvoir, dont leurs populations devaient inévitablement faire les frais.

D’autres raisons que la simple négligence ont sous-tendu la politique de ces gouvernements.

Il s’agissait parfois d’une adhésion béate au dogme du libéralisme économique (quitte à lancer périodiquement de violentes campagnes antitrusts contre les géants du pétrole) ou de la volonté de ne pas investir — politiquement ou financièrement — dans des zones lointaines apparemment subalternes par rapport à d’autres théâtres d’opérations (coloniaux souvent) promettant, eux, de substantiels dividendes électoraux. Il y eut aussi, dans le cas des Etats-Unis notamment, les conséquences d’une diplomatie pro-israélienne, heureuse de pouvoir concéder à des intérêts privés le souci des rapports avec les pays arabes. Enfin et surtout, les « Sept Sœurs » sont apparues longtemps comme un précieux corps intermédiaire, régulant d’une façon à peu près satisfaisante une distribution mondiale, ce qu’aucun Etat ou aucun groupe d’Etats n’était et n’est encore en mesure de taire, évitant en outre aux pays acheteurs et aux pays producteurs les frictions d’une diplomatie directe.

Par suite, l’économie internationale devait subir passivement les conséquences des décisions incontrôlées des pétroliers. La recherche principale du profit encouragerait les « majors » à aller toujours de l’avant – en terme de prospection ou d’exploitation – quitte à freiner des quatre fers lorsque apparaît, récurrente, une période de surproduction. Comme le dit très bien Sampson, pendant des années, « la vente des produits pétroliers était considérée moins comme une source de profits que comme une solution au problème de leur écoulement » Le seul souci alors était de maintenir le marché de la production et celui de la consommation dans un état « confortable » pour les grandes sociétés pétrolières. On imagine aisément quelle « diplomatie » cet état d’esprit a pu engendrer.

Les Etats producteurs, négligés par les sociétés pétrolières et par les Etats consommateurs, s’aperçurent d’eux-mêmes que le pétrole pouvait devenir une arme politique ; et il le devint. Sampson relate tout au long cette prise de conscience, cette prise de pouvoir, commencée par les accords de Téhéran et de Tripoli, et qui s’affirma lors de l’embargo pétrolier de 1973. Sa connaissance des principaux protagonistes de l’affrontement nous permet de suivre les chassés-croisés de cette guerre économique. La fin du livre donne à voir un réveil général de tous les acteurs de cette saga du pétrole. Cette fois, chacun a compris l’enjeu politique que recouvre, cent dix-sept ans après l’éphémère Titusville, la production d’énergie. Mais le problème est planétaire, et, à ce niveau, peu de progrès ont été faits depuis un siècle. Au centre de l’écheveau, les « Sept Sœurs », servies par l’impuissance et la division des Etats, ont encore un bel avenir devant elles.

(1) Les Sept Sœurs, Anthony Sampson, éditions Alain Moreau, Paris, 1976, 515 pages, 54 P.

Alain-Marie Carron

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 15:04

Voilà donc un personnage controversé, Alcibiade.

Adopté par Périclès le bel intrigant est nourrit telle une vipère au sein de la démocratie Athénienne. Son ambition sans commune mesure le fait se hisser aux postes les plus convoités de la Cité. Grâce à son habileté rhétorique et ses appuis puissants il réussit à séduire un peuple dont l'élite aime a se repaitre de discours.

Entre frasques et libertinage il assume ses dépenses somptuaires sans aucune vergogne, car la vanité l'anime.

Préparant un complot oligarchique il est trempé dans l'affaire de la mutilation des statues des dieux, il est alors exilé, alors que la cité sur ses conseils préparait l'invasion de la Sicile

Alcibiade s'oriente vers Sparte ennemie héréditaire d'Athènes, il convainc alors sa nouvelle Cité de frapper Athènes en plein coeur ; grâce a son talent d'orateur il fait se détourner  des cités alliées de cette dernière.

Mais Agis roi de Sparte se méfie de lui et commande son assassinat. Dès lors alerté Alcibiade passe du côte d'un Satrape Sarde. Là il oeuvre sans cesse pour s'amender à Athènes, son retour s'opère après maintes stratagèmes et mesures, ses biens lui son rendus, mais son retour en grâce est terni par d'amères défaites que les Spartiates lui infligent.

De nouveau frappé d'exil il se refugie chez le satrape Perse de Bithynie pour y être finalement assassiné.

Voilà donc un destin exceptionnel et pourtant tragique, un homme que les dieux de l'Olympe avait servit en maintes avantages mais   l'ambition, la vanité,  la duperie et la duplicité ont corrodées ce bel ornement  pour le ternir à jamais aux yeux de l'Histoire, pour que ce nom à jamais soit associés aux pires défaut des démocraties.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:44
On ne saurait définir la société Française ou son histoire à partir de la Révolution.

Quiconque arrive depuis des siècles en France se voit absorbé plus ou moins lentement par ce caractère si particulier. N'est on pas véritablement Français lorsque l'on devient râleur, (comme les grognards de Napoléon) ç'est déjà l'un des traits, l'autre est la tare de la division déjà décrite dans la guerre des Gaules de Jules César et autres auteurs anciens.

Dans d'autres traits il y a comme une sorte de rémanence d'attitudes notamment d'action et réactions plus ou moins acquises :

- la centralisation, c'est l'un des points tout a fait signifiant de l'histoire Française (ç'est le premier occidental)

- la décentralisation ou la délégation de pouvoirs centraux par des vassaux, des féodaux d'abord temporaire,

- l'aristocratisation des vassaux, ç'est à dire la transformation d'un statut temporaire en un statut permanent, puis transmissible dans une même famille, plus ou moins interchangeable en fonction des voies offertes dans la société.

- la reprise du pouvoir central par l'un des vassaux, ce qui inclus auparavant des guerres intestines de coteries et de clans.

- la dette (maladie congénitale Française depuis des siècles (Henri IV épouse Marie de Médicis pour éponger les dettes de la France auprès de la banque des Médicis en 1600) bien avant Philippe IV le bel (vers 1300 fait rajouter du plomb dans la monnaie d'argent)

- les impossibles réformes autre maladie héréditaire

- les révoltes a plus ou moins grandes dimensions, voire de renversements la plupart du temps dus aux augmentations de taxes, impôts dont l'origine est la dette puis retour à la case départ.

Avant le XVIIIème siècle, le changement de pouvoir du point de vue dynastique se fait par coup d'état des grands vassaux ayant recueillis l'accord des autres grands vassaux via les distributions de nouveaux privilèges et prébendes,

A la fin du XVIIIème le cercle dynastique est brisé pour une démocratisation des élites, ou du moins l'accessibilité à ces élites.

La Dette :

LEGAY Marie-Laure
- La banqueroute de l’État royal : la gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution française
Paris : Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2011, 323 P. Collection En temps et lieux ; 26 ISBN 978-2-7132-2292-4

« Les interrogations actuelles sur le fonctionnement de l’État, dont les impératifs de gestion semblent reléguer au second plan le projet politique, inviteront peut-être le lecteur à faire le détour par l’histoire. Il existe en effet des précédents fameux au cours desquels l’opinion publique a mis en cause tout à la fois l’emballement de la dette, les intermédiaires financiers et jusqu’aux outils de gestion adoptés, pour solliciter des gouvernants une refonte générale de l’organisation financière qui, au vue de tous, prenait la société en otage »(M-L Legay)

"On vit après la mort de Louis XIII, qui ne survécut guère à son ministre, que les grands seigneurs n'avaient point plié sous l'obéissance : c'est Henri IV qui a commencé cet ouvrage, c'est Louis XIV qui l'a fini. Au reste, je ne sais si d'avoir attiré les grands seigneurs à la cour est vraiment un si grand bien pour le Roi et pour le royaume : le revenu des terres, qui devrait circuler dans les provinces, vient se perdre dans le gouffre de la capitale ; la multiplication des courtisans multiplie aussi les intrigues, embarrasse et fatigue les ministres, et multiplie aux dépens du trésor royal, et par conséquent du peuple, les inobéissances, les exemptions de toute espèce, les grades, les distinctions et les grâces. »
Sources : Mémoires du Cardinal de Bernis - éditions du Mercure de France (1986) p. 145

La cour sous Louis XIV :

"Ses ministres, ses généraux, ses courtisans s'aperçurent, bientôt après qu'il fut le maître, de son faible plutôt que de son goût pour la gloire. Ils le louèrent à l'envie et le gâtèrent. Les louanges, disons mieux, la flatterie lui plaisait à tel point, que les plus grossières étaient bien reçues, les plus basses encore mieux savourées..."

"Les fêtes fréquentes, les promenades particulières à Versailles, les voyages furent des moyens que le roi saisit pour distinguer et pour mortifier en nommant les personnes qui à chaque fois en devaient être, et pour tenir chacun assidu et attentif à lui plaire..."
Sources : Mémoires du Duc de Saint Simon - année 1715 - (1675-1755)

Ainsi l'on voit les prébendes, les privilèges les revenus, les émargements au trésor royal se multiplier en fonction de la richesse du pays et de ce que le pouvoir à besoin d'assurer sa position par une clientèle, des zélateurs.

Rapidement l'esprit de cour s'installe et l'art de plaire est porté à son zénith. le Budget vient a décroitre en fonction des dépenses, des subsides des façons dispendieuses de gestion, des octrois plus ou moins justifiés, de ces faits les privilèges s'amenuisent et les guerres de clans se ravivent tels des incendies que nulle eaux ne pourraient éteindre
Tant est si bien que ces clans à force de roueries et cabales en viennent a alterner au pouvoir sans vraiment pouvoir se résoudre a abandonner un instant ne serait ce qu'une once de privilèges.
il ne reste qu'une solution : la levée d'impôts.

Toute tentative désespérée de réforme s'avère impossible parce que trop tardive les clans bloquent la situation et s'y opposent, dès lors le pire est a craindre.

Parfois le climat s'en mêle :

le 8 juin 1783 le l'éruption du volcan islandais Laki accélère le processus de détérioration générale par le climat

les années 1787 1788 :

1787 1788 1789 Inondations, sécheresse, grêle, ouragans, grand froid,

1787 : en Automne la pluie tombe sans discontinuer sur la plupart des régions de France, les semailles pourrissent, on a peine a réensemencer les terres,

1788 : orages, grêle et sécheresse réduisent à néant la récolte du blé,

1788 -1789 : un Hivers d'une froidure sans pareille
Notons quelques minimales : moins 37 à Belfort, - 31 en Alsace, - 26 en Lorraine, -25 en Touraine, -24 en Bourgogne et dans le Jura, -23 dans les Ardennes, en Picardie, la vallée de la Saône et Orléans, -22 à Paris, Lyon, Rouen, Alençon, en Vendée... Le Midi est également touché avec - 18 dans la Drôme, -16 à Bordeaux, -15 à Pau, -14 à Toulouse, -13 à Marseille...
La capitale connaît 86 jours de gelée nécessitant un approvisionnement en bois de chauffage largement insuffisant.

en 1789 le pain est hors de prix.

Dans ce rappel du passé la préoccupation des évènements climatiques semble prémonitoire. Serait ce de l'extralucidité faute de mieux

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 17:51

La banqueroute de l'Etat royal. La gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution française, Marie-Laure Legay,  Paris, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 2011, 324 p. [ISBN : 978-2-7132-2292-4

 

Marie-Laure Legay Pr. en Histoire moderne, Université Lille 3

 

 

 

 

Démonstration sans anachronisme, du vacillement de la monarchie dû à l'obsolescence de l'organisation de l'Etat, mais aussi des finances publiques. Un déclin par le manque de contrôle de l'administration sur elle même, ""Il est possible, écrit l'auteur, qu'en tout premier lieu il ait été aveuglé par sa propre "science" administrative."

 

L'affairisme  noté par les contemporains met en exergue un "clientèlisme" par lequel toute réforme est impossible, tant est si bien que le Ministre des Finances s'agite souvent pour payer des dépenses inutiles. L'opinion s'émeut et s'interroge donc sur les atermoiements consécutifs à l'emballement du déficit, des intermédiaires financiers mais surtout des mesures adoptées pour regler cette crise, qui semble les prendre en otage.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 06:42

Existe t il une propagande politique par la communication, les mots, les sens, les inversions des sens...  Eric Hazan, l'interviewé est également parfois contesté, mais il donne ici un bon résumé de cette structuration plutôt ce formatage...

 

Il nomme ceci la " la Lingua Quintae Respublicae"  ou la propagande au quotidien, "La langue de la Vème République", une interview non sans humour, parfois grinçant....

 

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 17:01

Pluie noire (黒い雨, Kuroi ame) est un film japonais de Shohei Imamura, sorti en 1989. Il s'inspire du roman éponyme de Masuji Ibuse.

 

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 13:48
Pour informations sur la catastrophe ayant touchée la Vendée et la Charente Maritime,
veuillez regarder attentivement cette ancienne carte du Poitou, avant l'assèchement du Marais Poitevin, ici vous verrez que la ville de Niort est un port à 60 kms à l'intérieur des terres :
http://www.henrydarthenay.com/2-categorie-1025...6654.html
Aliénor d'Aquitaine vers 1200 décidait d'un creusement d'un canal entre Niort et Saint Maixent soit 25 kms, ensuite Niort est dégagé en canal pour en faire un port qui commerce avec l'Angleterre puisque Niort dépend du royaume Anglo-Normand des Plantagenêts. Le golfe Pictave est nommé depuis l'antiquité le Lac des deux Corbeaux.

C'est vers 1217 que la coalition des cinq abbayes les plus riches du Bas Poitou commencent l'assèchement du Marais par le canal des cinq abbés (abbayes de Saint Michel en L'Herm, Neuil sur l'Autize, l'Absie, Maillezais et l'abbaye royale de Saint Maixent),

En 1589 Henry IV demande au Hollandais Hunfroy Bradley de commencer la politique d'assèchement par les digues et autres techniques propres aux polders de Hollande.

en 1607 Sully fait par décret annoblir les colons Hollandais maistres d'ouvrage ainsi que la naturalisation, l'exemption des impots et tailles pendant 20 ans, la dixme pendant dix ans.

Ainsi il est gagné sur la mer la surface que nous retrouvon actuellement  dès 1647.

En ce sens je vous propose d'aller voir ce site qui est assez explicite techniquement
http://maraispoitevin.evail.free.fr/marais/histoire_marais.html

Napoléon III fait creuser par ordonnance un canal d'assèchement pour parfaire le tout.
Il fait également assècher et boiser la partie que nous nommons aujourd'hui les landes.

Napoléon Ier fait construire La Roche sur Yon.

L'assèchement des Marais du Nord de la France, Belgique, Hollande est pratiqué historiquement sous dépendance directe de l'Etat, Les Landes, mais aussi la Camargue.
Alors ou en est on d'une politique d'incurie sur ces entretiens, et sur le défaussement de l'Etat sur ses responsabilités qui sont de maintenir le domaine Français au mieux de ce qu'il avait été de part le passé.
L'Etat pense se déroger à ses devoirs en ouvrant le débat au public sur le financement très lourd de l'entretien, soit des digues, le creusement des canaux, la remise en fonction de l'espace agricole maraichin naturel (tel qu'il était au XIXème), car la suppression des canaux sur les cultures de la zone du Marais sec Poitevin est une recréation de zone à marais de nature maritime.
Regardez bien cette carte, elle est le passé, elle a été transformée par la volonté d'une suite d'hommes d'Etats et de coalitions, et voyez Y l'avenir.

Si l'Histoire doit servir, qu'elle serve à modifier les erreurs du passé et parfaire les oeuvres qui ont contribuées à maintenir l'unité durant plus de Mil ans, sinon les sauvegarder, ces décisions sont dans la mesure de l'Etat, et de son unique compétence pour ce qui est de l'aménagement des territoires. comme cela à toujours été,

J'ai beaucoup de peine, mais surtout de colère vis à vis de ce ramassis qui prétend nous faire le chapître.....

Il va également de soit, que l'Etat se désengage pour laisser à la base des partis et de certains représentants peu scrupuleux le soin de revevoir des gracieucetés immobilières, fermant ainsi les yeux opérations de leur maîtres de grandes villes qui en font autant. Alors pourquoi s'arracherait t on les grandes cités, sinon par charité démocratique.
La multiplicité des organismes d'études ou de controles dilue la responsabilité, si bien qu'a la fin beaucoup sont arrosés, mais personne n'est responsable!!!! Quelle étrange situation que de voir les multiples malheurs s'attarder sur la France depuis plus de trente ans, sans qu'aucune solution ne soit trouvée, et qu'aucun n'en soit l'auteur ou les auteurs. Espérons encore qu'une commission ou une étude d'enterrement ne viendra pas couler le navire qui prend déjà eaux de toutes part et pourtant les français écopent, et écopent encore!!!!

A t on vu pires calamités que les calamiteux!!!!

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 07:17




Les crises économiques obligent certains citoyens romains à être réduits en esclavage pour dettes, mais le fait devînt si outrageant que le Sénat dût intervenir sous la pression et l'émotion populaire des citoyens ; évènemement relaté par Tacite au travers de l'épisode qui suit :


Histoire du Droit :


 TITE-LIVE, VIII, 28, 1-9

Période républicaine
Des XII Tables à la fin de la République
 

Lex Poetelia Papiria (326 ap J.) (par Appius Claudius Caecus est un homme d'État et auteur romain qui fut censeur en 312 av. J.-C., consul en 307 et 296 av. J.-C. ; c'est le premier écrivain latin connu. Dès -312, il passe pour pythagoricien)


Suppression de l'esclavage pour dettes


Eo anno plebi Romanae velut aliud initium libertatis factum est quod necti desierunt ; mutatum autem ius ob unius feneratoris simul libidinem, simul crudelitatem insignem. L. Papirius is fuit, cui cum se C. Publilius ob aes alienum paternum nexum dedisset, quae aetas formaque misericordiam elicere poterant, ad libidinem et contumeliam animum accenderunt.   (Ut) florem aetatis eius fructum adventicium crediti ratus, primo perlicere adulescentem sermone incesto est conatus ; dein, postquam aspernabantur flagitium aures, minis territare atque identidem admonere fortunae ; postremo, cum ingenuitatis magis quam praesentis condicionis memorem videret, nudari iubet verberaque adferri. Quibus laceratus iuvenis cum se in publicum proripuisset, libidinem crudelitatemque conquerens feneratoris, ingens vis hominum cum aetatis miseratione atque indignitate iniuriae accensa, tum suae condiciones liberumque suorum respectu, in forum atque inde agmine facto ad curiam concurrit; et cum consules tumultu repentino coacti senatum vocarent, introeuntibus in curiam patribus laceratum iuvenis tergum procumbentes ad singulorum pedes ostentabant. Victum eo die ob impotentem iniuriam unius ingens vinculum fidei iussique consules ferre ad populum ne quis, nisi qui noxam meruisset, donec poenam lueret, in compedibus aut in nervo teneretur ; pecuniae creditae bona debitoris, non corpus obnoxium esset. Ita nexi soluti, cautumque in posterum ne necterentur.

Eo anno plebi Romanae velut aliud initium libertatis factum est quod necti desierunt ; mutatum autem ius ob unius feneratoris simul libidinem, simul crudelitatem insignem. L. Papirius is fuit, cui cum se C. Publilius ob aes alienum paternum nexum dedisset, quae aetas formaque misericordiam elicere poterant, ad libidinem et contumeliam animum accenderunt.   (Ut) florem aetatis eius fructum adventicium crediti ratus, primo perlicere adulescentem sermone incesto est conatus ; dein, postquam aspernabantur flagitium aures, minis territare atque identidem admonere fortunae ; postremo, cum ingenuitatis magis quam praesentis condicionis memorem videret, nudari iubet verberaque adferri. Quibus laceratus iuvenis cum se in publicum proripuisset, libidinem crudelitatemque conquerens feneratoris, ingens vis hominum cum aetatis miseratione atque indignitate iniuriae accensa, tum suae condicionis liberumque suorum respectu, in forum atque inde agmine facto ad curiam concurrit; et cum consules tumultu repentino coacti senatum vocarent, introeuntibus in curiam patribus laceratum iuvenis tergum procumbentes ad singulorum pedes ostentabant. Victum eo die ob impotentem iniuriam unius ingens vinculum fidei iussique consules ferre ad populum ne quis, nisi qui noxam meruisset, donec poenam lueret, in compedibus aut in nervo teneretur ; pecuniae creditae bona debitoris, non corpus obnoxium esset. Ita nexi soluti, cautumque in posterum ne necterentur. 

Cette année-là fut pour la plèbe romaine comme le début d'une ère nouvelle de liberté grâce à la disparition des esclaves pour dettes ; le droit fut modifié à cause à la fois de la passion et de la cruauté extraordinaire d'un unique créancier. Il s'agit de ce L. Papirius à qui C. Publilius avait livré sa propre personne en gage en raison des dettes de son père : la jeunesse et la beauté du garçon, qui auraient pu susciter sa pitié, ne firent qu'enflammer en son coeur un désir honteux. Ayant pensé que le jeune homme, en pleine fleur de l'âge, constituait un bénéfice inattendu de sa créance, il chercha tout d'abord à le séduire par des propos indécents; puis, comme l'adolescent repoussait cet outrage, il l'effraya par des menaces et, à diverses reprises, se mit à lui rappeler son sort ; enfin, voyant qu'il se rappelait davantage sa condition d'homme libre que sa situation présente, il le fit dépouiller de ses vêtements et ordonna d'apporter des verges.
Déchiré par ces verges, le jeune homme se précipita dehors, accusant à grands cris la passion et la cruauté de son créancier. Une foule de gens, qu'enflammaient non seulement la compassion pour son jeune âge et le traitement odieux et indigne dont il avait été l'objet, mais aussi la considération de leur propre condition et de celle de leurs enfants, accourent en masse au forum et de là, en rangs serrés, se dirigent vers la Curie. Les consuls, forcés par cette agitation soudaine, convoquent le Sénat et, à l'entrée des sénateurs dans la Curie, on leur montre avec insistance, en se jetant aux pieds de chacun d'eux, le dos lacéré du jeune homme. On rompit ce jour-là, en raison de l'outrage immodéré d'un seul homme un lien puissant du crédit, et les consuls reçurent l'ordre de proposer au peuple que nul, mis à part les criminels pendant la durée de leur peine, ne pourrait être maintenu dans les fers ou en prison. Une dette ne serait cautionnée que par les biens du débiteur, non par sa personne. C'est ainsi que furent délivrés les esclaves pour dettes, et l'on veilla pour l'avenir à ce qu'il n'y en eût plus d'autres.

 



Il en était de même à Athènes, c'est Solon (-640 à - 558 av. J.C.)qui met un terme à cet asservissement par la dette, conséquence de la ruine économique :

- Aristote -
 

PREMIÈRE PARTIE  - HISTOIRE DE LA CONSTITUTION D'ATHÈNES 
 

CHAPITRE IV - II. - ÉPOQUE DE DRACON - Constitution de Dracon

-
Mais, comme on l'a dit, les pauvres étaient soumis à la contrainte par corps pour dettes, et la terre était toujours entre les mains d'un petit nombre d'hommes.



CHAPITRE VI - SOLON : Réformes sociales. - Abolition des dettes.

Devenu maître du pouvoir, Solon affranchit le peuple, en défendant que dans le présent et à l'avenir la personne du débiteur servît de gage. Il donna des lois et abolit toutes les dettes, tant privées que publiques. C'est la réforme qu'on appelle la délivrance du fardeau (seis‹xyeia), par allusion à la charge qu'ils avaient comme rejetée de leurs épaules.

On a essayé d'attaquer Solon à ce sujet. Au moment en effet où il projetait l'abolition des dettes, il lui arriva d'en parler à l'avance à quelques-uns des nobles, et ses amis, selon la version des démocrates, firent, à l'encontre de ses projets, une manœuvre, dont il aurait aussi profité, ajoutent ceux qui le veulent calomnier. Ils s'entendirent pour emprunter de l'argent et acheter beaucoup de terre, et l'abolition des dettes survenant presque aussitôt, ils firent fortune. Ce fut, dit-on, l'origine de ces fortunes que dans la suite on fit remonter à une si haute antiquité. Mais la version des démocrates est plus plausible ; l'autre n'a pas la vraisemblance pour elle : comment un homme, qui fut si modéré et si attaché aux intérêts publics que, pouvant tourner les lois à son profit et établir sa tyrannie dans la ville, il s'attira plutôt la haine de l'un et de l'autre parti, mettant l'honneur et le salut de la cité au-des­sus de ses propres intérêts, se serait-il sali à d'aussi petites et aussi indignes opérations ? Et ce n'est pas le pouvoir qui lui manqua et c'est bien lui qui porta remède au mauvais état des affaires : lui-même l'a rappelé souvent dans ses vers et tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Il faut donc regarder comme mensongère une telle accusation


CHAPITRE XII -

SOLON -Témoignages de Solon lui-même sur ses réformes.

Voici ce qu'il dit aussi sur la misère des pauvres, serfs hier et maintenant libres, grâce à l'abolition des dettes :


"J'ai mis fin aux maux dont souffrait le peuple... Et pourquoi? Je la prends à témoin devant le tribunal du temps, la mère, très grande et très bonne, des divinités de l'Olympe, la Terre noire dont jadis j'arrachai les bornes qui se dressaient partout à sa surface : auparavant esclave, la voilà libre aujourd'hui. Ils sont nombreux, ceux que j'ai ramenés à Athènes, dans la patrie fondée par les Dieux : beaucoup avaient été vendus, les uns justement, les autres injustement ; ceux-là, réduits à l'exil par la dure nécessité, ne parlaient plus la langue attique, errants qu'ils étaient de tous côtés; - d'autres, ici même, subissaient un joug humiliant et tremblaient devant la violence de leurs maîtres; tous je les ai rendus libres. Voilà ce que j'ai fait par la force de la loi, en alliant la violence et la justice, et j'ai tenu jusqu'au haut mes promesses. J'ai donné des lois pour le bon comme pour le méchant, et elles assuraient à chacun une droite justice. Un autre eût-il pris en main, comme moi, l'aiguillon, un homme malveillant et avide, il n'eût pas contenu le peuple. Car si j'avais voulu faire ce qui plaisait alors à l'un des partis, puis ce que voulait l'autre, cette ville fût devenue veuve de bien des citoyens. Voilà pourquoi, résistant de part et d'autre, je me suis, trouvé cerné comme un loup par une meute de chiens."


Et encore ripostant par un reproche aux blâmes qui vinrent plus tard des deux côtés :


"Au peuple, puisqu'il lui faut une brutale franchise, je dirai que les biens qu'il possède aujourd'hui, il ne les a même pas vus en rêve, les yeux fermés... Quant aux grands, plus redoutables par leur force, ils devraient me louer et me traiter comme leur ami. Si en effet quelque autre

, dit-il, avait eu ce même honneur que moi, il n'aurait pas contenu le peuple, et ne l'eût pas apaisé, avant d'avoir battu le lait pour en enlever la crème. Mais moi, placé au milieu, ainsi qu'entre deux armées en bataille, je me suis tenu comme une borne infranchissable"

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 12:29


Une citation d'une déclaration des Corinthiens à l'encontre de ses alliés Péloponnésiens dont Sparte entre autre "Il serait impardonnable que la richesse vous fit perdre les avantages que la pauvreté vous avait fait acquérir" 
 
les armées romaines recrutaient dans le fond extérieur à l'empire, l'armée se compte sous ce chiffre approximatif soit 350 000 soldats représentent 0,85% de la population libre et entre 3 et 4% des citoyens, tablons cela à la population européenne et voyons le différentiel. on est très largement au dessous du compte, sans compter que c'est également une armée de métier.
C'est sous Hadrien que les numéri sont adoptés pour pallier au déficit ( unités militaires) sous commandement indigène, avec conservation de leur culte et langue.
outre les légions les pérégrins des auxiliaires obtiennent la citoyenneté romaine au bout de 25 ans de service.
On est à peu près au maximum de l'expansion sous Marc Aurèle. Cela exige donc un effort constant de l'empire pour protéger ses frontières d'ou la locution latine "Si vis para bellum".- si tu veux la paix prépare la guerre.

En outre on peut constater comme durant le conflit des guerres du Péloponnése qui se déroula entre les alliés de Sparte et Athènes et sa confédération panhéllénique (de - 431 à - 404 av J.C.) que c'est la richesse économique qui prima.
Au final, si Athènes détenait la puissance et le controle maritime, ainsi que des fonds considérables pour construire sa flotte, elle ne pouvait se mesurer a Sparte et ses alliés sur terre, l'éternisation du conflit va éprouver très sensiblement l'économie des deux belligérants, Sparte ne vaincra qu'avec l'aide des fonds Perses. Thucydide le souligne justement. La guerre entre héllénes est un désastre qui anéantit à jamais tout espoir de visée expansionniste sur l'Italie, la Sicile par exemple, le sort en eut été autre si les occasions de négocier habilement la paix et l'union entre les peuples héllénes.

On peut considérer également, mais sans regret aucun le financement de la guerre d'Indépendance des Etats Unis d'Amérique par Louis XVI à un moment ou la fragilité économique française est a son zénith. Si cette guerre est une véritable projection stratégique qui contre l'impérium anglais et conforte ainsi les positions Françaises sur le plan international, elle n'en demeure pas moins une position suicidaire du point de vue économique, son financement accroit considérablement le déficit national et de ce fait met terme au régime pluriséculaire qui gouverne au destinée de la Nation. Cette action compromet les avancées sociales telle que l'Edit de Versailles (abrogeant dans les grandes lignes la Révocation de l'Edit de Nantes) qui réunit a nouveau les Français.

On peut également s'accorder sur le point des erreurs stratégiques telles que la Ligne Maginot, et les l'abandon du renouvellement du matériel militaire avant la seconde guerre mondiale alors que les Etats extérieurs continuaient a augmenter leur budget aux armées, utilisant toutes les avancées technologiques. Au final il est donc question d'apprécier un sujet sous un biais uniquement et exclusivement pragmatique ou la démagogie ou le jeu inconsidéré des alliances peut anéantir ou hypothéquer toute issue à venir. Il ne s'agit  pas évidemment de faire l'apologie de Mars mais de considérer la fin en toutes choses.

Si nous devions assister à ce jeu inconsidéré et inconséquent du positionnement des blocs, la Nation dans son ensemble devra assumer les choix de quelques uns étant donné qu'il ne sera plus proposé sur le plan de la politique international d'alternative qu'au conflit, la voie de temporisation qui a été privilégiée par nos prédécesseurs dans une vision juste et équilibrée dans un premier temps par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer à l'encontre des visées bellicistes de la guerre froide sera purement et simplement effacée. La voix de la France ne sera plus celle de l'issue salvatrice de la paix mais celle de la déchéance de l'espoir qu'elle a été et est capable d'incarner pour les hommes de bonne volonté, qui seuls sont capables de faire passer l'intérêt de leur peuples avant celui des priorités fallacieuses et démagogiques capables d'entrainer des conflits dont chacun connait l'issue.

Alcibiade (stratége grec) meurt assassiné en Phrygie sous l'instigation de Lysandre (Sparte) en 404, le grand Périclès meurt en - 429 d'une épidémie de Peste a Athènes. Toute l'aristocratie athénienne succombe en majeure partie au combat, la population civile est anéantie par les deux pestes d'Athènes.

A ce jour vous avez consultés 10 860 pages de ce site. Merci à vous.
Bien cordialement

Henry

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