Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Contact : Administrateur@henrydarthenay.com

  • : Vouillé un peu d'Histoire
  • : Histoire, politique historique comparée, économie, finance, généalogie, techniques Moyen âge,
  • Contact

vous êtes 152 000 visiteurs 248 000 pages et je vous en remercie vues , merci de votre visite

contact :henry.darthenay@hotmail.fr
 
Facebook :
 
https://www.facebook.com/people/Henry-Darthenay/1649294905
 
Musique (un florilège d'oeuvres musicales) :
 
 http://www.youtube.com/user/henrydarthenay
 
 

Recherche

16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 09:53

louis-XVI-et-ses-ministres.jpgTurgot est nommé au Ministère de la Marine en juillet 1774, l'un des postes les plus considérable de l'époque, car il s'agit de la construction des bâtiment de guerre du royaume. Le roi le nomme aux Finances le 24 Août.

Son prédecesseur l'Abbé Terray avait mis en exergue dans son compte rendu général de politique financière la nécessité  "de soulager les peuples d'une partie des impositions qui les accablent", tout en considérant qu'il était impossible de faire face au déficit par des moyens traditionnels.

Turgot lors de son accession au Ministère veut signifier la fin de procédés douteux en période de crise économique, de ce fait il renonce aux dons faits par les fermiers généraux à l'arrivée d'un nouveau Controleur Général des Finances, à ses indemnités d'installations et en diminuant ses propres appointements.

Le Trésor est au plus mal, la dette que nous nommerions "dette de l'Etat" est équivalente à 10 années de rentrées fiscales et l'Etat rembourse annuellement 120 millions de livres soit 1/3 du budget. Une réforme des impôts est nécessaire et pour la première fois on entend parler de la création d'un impôt sur le revenu.

Le 11 septembre 1774, Turgot réforme la Ferme Générale chargée de recueillir les impôts, mais surtout la nomination des Fermiers, et certaines pratiques incomptabibles avec un politique de restriction, le 13 un édit établit la libre circulation des grains, il réorganise les poudres et la messagerie. en 1775 il fait abattre du bétail pour éviter une contagion vétérinaire et encourage à faire importer des espèces étrangères. Le programme d'abaissement des octrois " taxes à l'entrée de villes" se termine, alors que dans le même temps la corvée royale est substituée par des taxes sur les  propriétaires, cette même année les corporations sont dissoutes afin d'abaisser les prix de revient.... la liberté de commerce des vins est établie.

En 1776 après s'être mis à dos tout ce qui comptait dans le royaume, le Parlement appuyé par les corporations, nouveaux imposés,  les Fermiers généraux et les Princes de sang tels que Conti ainsi que la reine Marie Antoinnette, fait remontrance par deux fois  au roi d'une "telle politique", sous la pression de cette coalition d'intérêt Turgot est contraint de démissionner le 12 mai 1776.

C'est donc Necker, du parti des opposants qui remporte la mise...


La guerre des Farines :


"La Guerre des Farines", par un effet de liberté de circulation des farines et blés Turgot   a à juste raison pouvoir d'équilibrer les disettes dans toutes les régions d'un des plus grand royaume d'Europe. Il existe rarement de mauvaise année générale agricole mais de mauvaises récoltes d'une région à une autre, ainsi les unes compenseraient les autres mais cela provoquerait une hausse des prix due aux stockages des blés et c'est bien ce qui se produit d'une façon si sensible que le peuple connu l'une des disettes les plus féroces de cette fins du XVIIIème. Les blés furent bien stockés et les agioteurs spéculèrent sur les cours de ce qui était la base de l'alimentation des peuples qui composaient la France.

Dès la soudure (l'entre-deux récoltes) du printemps 1775 les réserves de céréales s'épuisent, les grains nouveaux n'ayant pas encore été récoltés , la disette se manifeste déjà dans certaines régions au moment ou l'édit de Turgot sur la libre circulation des farines est appliqué. Théoriquement l'Edit est viable, mais pratiquement la rétention des céréales par les fournisseurs des régions les plus riches fait rapidement flamber les prix du pain de manière générale. Ce sont les populations les plus modestes qui patissent de la situation,  sur les marchés et lieux d'échanges la contestation enfle, à tel point que les agitations se multiplient,  les instigateurs de la  famine  sont vite trouvés et nommés :  "monopolisateurs" - "agioteurs" enfin ceux qui combinent avec l'administration la spéculation. En 17 jours 180 conflits sont enregistrés, de l'entrave l'on passe au pillage ;ce sont les distributeurs qui  font les frais des émeutes.
Le gouvernement fait donner  la troupe, 25 000 soldats arrêtent 163 émeutiers, finalement pour régler le conflit le roi fait imposer la vente des stocks aux fournisseurs à des prix imposés(1)

Le mot "accaparer" ou accapareur prend tout son sens, tel que celui d'agiotage, agioteur, il n'est donc point réaliste de chercher midi à quatorze heures.

Cette situation reviendra en 1787 mais cette fois de manière plus virulente, la guerre des farines est la première étape dans le discrédit du Régime en place et la mise en cause du Pouvoir politique, pour la première fois les Institutions sont rendues coupables d'oeuvrer à la perte de leurs peuples et à la ruine de la France, ainsi la misère sert de ciment à ce sentiment général qui scelle déjà le destin du régime.


Les lois frumentaires ou sur les céréales une préocupation multiséculaires :
  

(1) Tribun du peuple M Livius Drusus, pour que le Sénat puisse poursuivre la tâche qu'il avait entreprise avec de plus grandes forces attira les alliés et les peuple italiens en leur faisant miroiter le droit de cité. Avec l'aide de ceux-ci il fit passer de force des lois agraires et frumentaires et fit voter aussi une loi judiciaire pour que les tribunaux soient à égalité dans les mains du sénat et des chevaliers. Il ne put fournir le droit de cité qu'il avait promis aux alliés. Les Italiens en colère commencèrent à faire défection. Leurs réunions, leurs complots et leurs discours furent rapportés dans les assemblées des dirigeants. C'est pourquoi Livius Drusus mal vu du Sénat, considéré comme l'instigateur de la guerre sociale fut tué chez lui par on ne sait qui. 

 

Periochae LXXI (sur les lois frumentaires des Gracques)

Partager cet article
Repost0
7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 13:11

Turgot1-copie-1.jpgEn ces temps équivoques il faut démontrer par l'Histoire que souvent certaines causes peuvent donner les mêmes effets si l'on y prend pas garde :

- La technocratie actuelle  ; à l'image de l'aristocratie du XVIIIème  (imbue de ses siècles, mais en ayant perdu la mémoire et le sens de ses devoirs) ; qui croit n'être née que d'elle même bégaie inconsciemment les remèdes qu'elle pense avoir  inventé, dans une sorte d'omnipotence et suffisance propre à une caste qui veux s'engendrer, simplement  juchée sur ces doctes certitudes érigées en dogme pour servir à l'apologie de son bon peuple qu'elle juge ignorant et parfois imbécile ; il était prononcé au césar lors de son parcours triomphal - "Souviens toi que tu n'es qu'un homme" et il aurait pu être ajouté, "La roche tarpéienne est proche du Capitole".

Donc voici les meilleurs techniciens économistes qui vont se succèder au chevet du royaume de France, malade d'un système de clientélisme et tissage de  fidèlisation à la couronne par intérêts et formules de réciprocités, tous finalement préféreront s'attirer les foudres  d'un peuple qu'il croit maléable et lointain plutôt que celles des puissants et des looby des coorporations.




- Programme de la Réforme proposée par Turgot au roi Louis XVI le 24 août 1774 :

Turgot s'adresse en ces termes à Louis XVI pour définir les lignes générales de la Réforme

"Je me borne en ce moment, Sire, à vous rappeler ces trois paroles :
- Point de banqueroute ;
- Point d'augmentation d'impositions : la raison en est dans la situation des peuples, et encore plus dans le coeur de Votre Majesté ;
- Point d'emprunt, parce que tout emprunt nécessite au bout de quelque temps, ou la banqueroute, ou l'augmentation d'impositions ;

Pour remplir ces trois points, il n'y a qu'un moyen, c'est de réduire la dépense au-dessous de la recette, pour pouvoir économiser chaque année une vingtaine de millions pour rembourser les dettes anciennes. Sans cela le premier coup de canon forcerait l'Etat à la banqueroute.

Il faut, Sire, vous armer, contre votre bonté, de votre bonté même ; considérer d'où vous vient cet argent que vous pouvez distribuer à vos courtisans, et comparer la misère de ceux auxquels on est quelquefois obligé de l'arracher par les exécutions des plus rigoureuses, à la situation des personnes qui ont le plus de titres pour obtenir vos libéralités.

On peut espérer de parvenir, par l'amélioration de la culture, par la suppression des abus dans la perception, et par une répartition plus équitable des impositions, à soulager sensiblement les peuples, sans diminuer beaucoup les revenus publics. Mais si l'économie n'a précédé, aucune réforme n'est possible.

C'est surtout de l'économie que dépendent la prospérité de votre règne, le calme dans l'intérieur, la considération au dehors, le bonheur de la nation et le vôtre."



- Ou comment la noblesse de France en vint à se faire domestiquer ; attirée par le miroir aux allouettes de la capitale et les "émargements" au Trésor en guise d'appât par le Pouvoir Institutionnel :

"On vit après la mort de Louis XIII, qui ne survécut guère à son ministre, que les grands seigneurs n'avaient point plié sous l'obéissance : c'est Henri IV qui a commencé cet ouvrage, c'est Louis XIV qui l'a fini. Au reste, je ne sais si d'avoir attiré les grands seigneurs à la cour est vraiment un si grand bien pour le Roi et pour le royaume : le revenu des terres, qui devrait circuler dans les provinces, vient se perdre dans le gouffre de la capitale ; la multiplication des courtisans multiplie aussi les intrigues, embarrasse et fatigue les ministres, et multiplie aux dépens du trésor royal, et par conséquent du peuple, les inobéissances, les exemptions de toute espèce, les grades, les distinctions et les grâces. »

Sources : Mémoires du Cardinal de Bernis - éditions du Mercure de France (1986) p. 145


- de l'Art de plaire et de se complaire à la Cour sous Louis XIV :

"Ses ministres, ses généraux, ses courtisans s'aperçurent, bientôt après qu'il fut le maître, de son faible plutôt que de son goût pour la gloire. Ils le louèrent à l'envie et le gâtèrent. Les louanges, disons mieux, la flatterie lui plaisait à tel point, que les plus grossières étaient bien reçues, les plus basses encore mieux savourées..."

 "Les fêtes fréquentes, les promenades particulières à Versailles, les voyages furent des moyens que le roi saisit pour distinguer et pour mortifier en nommant les personnes qui à chaque fois en devaient être, et pour tenir chacun assidu et attentif à lui plaire..."

Sources : Mémoires du Duc de Saint Simon - année 1715 - (1675-1755)

Partager cet article
Repost0

Pages