Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Contact : Administrateur@henrydarthenay.com

  • : Vouillé un peu d'Histoire
  • : Histoire, politique historique comparée, économie, finance, généalogie, techniques Moyen âge,
  • Contact

vous êtes 152 000 visiteurs 248 000 pages et je vous en remercie vues , merci de votre visite

contact :henry.darthenay@hotmail.fr
 
Facebook :
 
https://www.facebook.com/people/Henry-Darthenay/1649294905
 
Musique (un florilège d'oeuvres musicales) :
 
 http://www.youtube.com/user/henrydarthenay
 
 

Recherche

12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 16:40

Partager cet article
Repost0
9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 18:23

La Magna Carta est un pacte conclu durant l’été 1215 entre le roi d’Angleterre Jean sans Terre et un groupe de barons en révolte. Cet accord porte sur des questions de fiscalité, de droits féodaux et de justice.

 

La Magna Carta Libertatum ou Grande Charte est une charte de soixante-trois articles arrachés par le baronnage anglais au roi Jean sans Terre le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai.

 

Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France à Bouvines et à La Roche-aux-Moines.

 

Ce texte limite l’arbitraire royal et établit en droit l’Habeas corpus qui empêche, entre autres, l’emprisonnement arbitraire. Il garantit les droits féodaux, les libertés des villes contre l’arbitraire royal et institue le contrôle de l’impôt par le Grand Conseil du Royaume. L’archevêque de Cantorbéry Étienne Langton défend ardemment les barons, son nom restant le premier à avoir été apposé en qualité de témoin de la Grande Charte. Lorsque le pape excommunie les barons, Étienne Langton refuse de publier l’interdit et est suspendu par le pape.

 

Cette charte est la plus ancienne manifestation importante d’un long processus historique qui a conduit aux règles de légalité constitutionnelle dans les pays anglo-saxons. Il existe dans le droit public un certain nombre de conceptions erronées au sujet de la Grande Charte, on dit ainsi qu’elle fut le premier document à limiter légalement le pouvoir d’un roi anglais (ce n’était pas le premier et elle a été créée en se fondant partiellement sur la Charte des libertés) ; qu’elle a effectivement limité le pouvoir du roi (elle ne l’a guère fait au Moyen Âge).

 

La Grande Charte a été renouvelée pendant tout le Moyen Âge et plus tard à l’époque des Stuarts, celle des Tudors et aux 17ème et 18ème siècles. Au début du 19ème siècle la plupart des clauses avaient été abrogées dans la loi anglaise. L’influence de la Grande Charte hors d’Angleterre peut se remarquer dans la Constitution des États-Unis et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. En effet, à peu près chaque pays de common law qui possède une constitution a subi l’influence de la Grande Charte, ce qui en fait peut-être le document juridique le plus important dans l’histoire de la démocratie moderne, mais il marque surtout le passage d’un État simple absolu, à celui d’un État de droit, du fait de la limitation du pouvoir royal qu’il pose.

 


 

Time : 4 mn 14 / [1/2]

 

Le 15 juin 1215, les barons anglais imposent à Jean sans Terre, le plus jeune fils d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt, un traité qui sera plus tard connu sous le nom de Grande Charte.

 

Jean sans Terre (en anglais John Lackland) doit son surnom à ce qu’il n’a pas reçu de terres en apanage à sa naissance, à la différence de ses frères. Violent et sans scrupules, il réussit à se faire haïr de la noblesse comme des bourgeois, du clergé et des paysans.

 


 

Les événements qui ont conduit à la Grande Charte

Après la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066 et les acquisitions territoriales réalisées au 12ème siècle, le roi anglais, Richard Cœur de Lion apparaît en 1199, année de sa mort, comme le plus puissant souverain de la chrétienté. C’était dû à un certain nombre de facteurs dont une centralisation gouvernementale très étudiée, créée selon les procédures des nouveaux maîtres normands combinées avec les systèmes de gouvernement des indigènes anglo-saxons et l’extension à l’Angleterre de la féodalité normande. Mais après le couronnement du roi Jean sans Terre, au début du 13ème siècle, une série d’échecs retentissants qu’il subit conduisit les barons anglais à se révolter et à placer sous surveillance le pouvoir du roi.

 

 

La France

Une cause importante de mécontentement dans le royaume était l’action de Jean sans Terre en France. Au moment de son accession au trône après la mort de Richard, il n’existait aucune règle précise pour définir l’hérédité de la couronne. Jean sans Terre, comme frère cadet de Richard, fut couronné en évinçant Arthur de Bretagne, neveu de Richard. Mais Arthur avait toujours des prétentions sur les territoires angevins et Jean sans Terre avait donc besoin de l’accord du roi de France, Philippe Auguste. Pour le recevoir, il lui donna de vastes territoires de langues romanes de l’empire angevin.

 

Ensuite Jean sans Terre se maria avec Isabelle d’Angoulême dont l’ancien fiancé, un des vassaux de Jean sans Terre, fit appel à Philippe Auguste, qui confisqua alors toutes les possessions de Jean sans Terre en France, y compris la riche Normandie. Philippe Auguste déclara Arthur comme le vrai seigneur de l’Anjou qu’il envahit au milieu de 1202 pour le lui donner. Jean sans Terre dut agir pour sauver la face, mais au bout du compte son action ne le servit pas, et après qu’il eut tué Arthur dans des circonstances suspectes, il perdit le peu de soutien qu’il avait en France parmi ses barons, qui y voyaient comme une tache noire sur Jean, capable de tuer les propres membres de sa famille pour être roi.

 

Après l’échec des alliés de Jean sans Terre à la bataille de Bouvines, Philippe Auguste garda tous les territoires de Jean en France du Nord, y compris la Normandie (l’Aquitaine devait rester aux mains des Anglais jusqu’en 1453). Jean sans Terre avait beau ne pas être un fin politique, il fut obligé de comprendre que non seulement on avait vu sa piètre valeur comme chef militaire, mais qu’il avait aussi perdu des revenus importants, si bien qu’il devrait taxer encore plus ses barons qui commençaient à voir sa faiblesse.

 

 

L’Église

À l’époque du règne de Jean sans Terre une grande controverse subsistait quant à la façon d’élire l’archevêque de Cantorbéry, bien qu’il fût devenu traditionnel que le monarque nommât un candidat avec l’approbation des moines de Cantorbéry.

 

Cependant, au début du 13ème siècle, les évêques commencèrent à vouloir dire leur mot. Pour garder le contrôle, les moines élurent un des leurs comme archevêque. À ce coup Jean sans Terre, irrité que les procédures ne se fussent pas déroulées dans l’ordre, envoya à Rome l’évêque de Norwich comme celui qu’il avait choisi. Le pape Innocent III déclara les deux nominations invalides et persuada les moines d’élire Étienne Langton, qui de fait était probablement le meilleur choix. Mais Jean sans Terre refusa cette décision et exila de son royaume les moines. Exaspéré, Innocent III jeta l’interdit sur l’Angleterre en 1208 (interdiction du culte public, de la messe, des mariages, de la sonnerie de cloches à l’église, etc…) ; il excommunia Jean sans Terre en 1209 et soutint Philippe Auguste dans sa tentative d’envahir l’Angleterre en 1212.

 

Finalement Jean sans Terre recula ; il accepta de reconnaître Étienne Langton et de permettre aux exilés de revenir. Pour achever d’apaiser le pape, il lui donna l’Angleterre et l’Irlande comme territoires pontificaux et les reçut à nouveau à titre de fiefs pour 1 000 marcs par an. La fureur des barons n’en fut que plus forte car cela voulait dire qu’ils auraient encore moins d’autonomie dans leurs propres territoires.

 

 

Taxes

Malgré tout, le gouvernement de l’Angleterre ne pouvait fonctionner sans un roi fort. Une fonction publique efficace, établie par le puissant roi Henri II, avait dirigé l’Angleterre au cours du règne de Richard Ier. Mais le gouvernement du roi Jean sans Terre avait besoin d’argent pour ses troupes, car pendant cette époque de prospérité le coût des mercenaires était presque deux fois plus élevé qu’avant. La perte des territoires français, surtout la Normandie, avait considérablement réduit le revenu de l’État et il aurait fallu lever des impôts énormes pour essayer de les reconquérir. Et cependant il était difficile de lever des taxes en raison de la tradition de les maintenir au même niveau.

 

De nouvelles formes de revenu inclurent une loi sur la forêt, un ensemble de règlements sur la forêt du roi qu’il était difficile de ne pas enfreindre et qui entraînaient des punitions sévères. Au cours de ses dix-sept années de règne Jean sans Terre augmenta aussi onze fois l’écuage (le paiement d’un vassal à son suzerain pour remplacer le service militaire direct), onze fois à comparer avec les deux fois où il l’avait été au cours des trois règnes qui avaient précédé le sien. Il créa aussi le premier impôt sur le revenu qui s’élevait à ce qui était, à cette époque, la somme inouïe de 60 000 livres.

 

 

Un des quatre exemplaires restants de la Magna Carta de 1215, déposé à la bibliothèque Cotton

 

 

Rébellion et signature du document

En 1215, quelques barons d’Angleterre se réunirent et, le 10 juin, s’emparèrent de Londres par la force. S’étant alliés avec un grand nombre de neutres, des modérés qui n’étaient pas en rébellion ouverte, ils contraignirent le roi Jean sans Terre à accepter les « Articles des Barons », auquel son Grand Sceau fut apposé dans le pré de Runnymede le 15 juin 1215. En échange, les barons renouvelèrent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin. Un document en bonne forme pour enregistrer l’accord fut créé par la chancellerie royale le 15 juillet : ce fut l’original de la Magna Carta. Un nombre inconnu de copies en fut envoyé aux agents du roi, tels que les shérifs royaux et les évêques.

 

À ce moment-là la clause la plus significative pour Jean sans Terre était la clause 61, connue comme « clause de sécurité », qui était la partie la plus longue du document. Elle établissait un conseil de 25 barons qui pouvaient à tout moment se réunir et annuler la volonté du roi, au besoin par la force en saisissant ses châteaux et ses biens. Elle se fondait sur la saisie, pratique juridique médiévale connue et souvent utilisée, mais c’était la première fois qu’on l’appliquait à un monarque. De plus, le roi devait prêter au conseil un serment de loyauté.

 

Le roi Jean sans Terre n’avait pas la moindre intention de respecter la Magna Carta, puisqu’elle lui avait été extorquée par la force et que la clause 61 neutralisait en fait son pouvoir comme monarque, ne lui laissant de roi que le nom. Il la dénonça dès que les barons eurent quitté Londres, plongeant l’Angleterre dans la guerre civile appelée Première Guerre des Barons. Le pape Innocent III, lui aussi, annula cet « accord scandaleux et dégradant, arraché au roi par violence et menace. » Il rejeta tout appel à des droits, prétendant que cela abaissait la dignité du roi Jean. Il y voyait un affront contre l’autorité qu’avait l’Église sur le roi et déliait Jean sans Terre du serment qu’il avait fait d’y obéir.

 

 

Nouvelles promulgations de la Magna Carta

Jean sans Terre mourut de dysenterie pendant la guerre, le 18 octobre 1216 et la nature de la guerre en changea tout de suite. Son fils de neuf ans, Henri III, était son successeur sur le trône et ses partisans comprirent que les barons rebelles préféreraient se montrer loyaux envers un enfant, c’est pourquoi le jeune garçon fut rapidement couronné vers la fin octobre 1216 et la guerre prit fin. Les régents d’Henri III promulguèrent une nouvelle fois la Magna Carta en son nom le 12 novembre 1216, en omettant quelques clauses, comme la clause 61. Ils renouvellent l’acte en 1217. Quand il eut 18 ans, en 1225, Henri III lui-même la promulgua, cette fois dans une version plus courte avec seulement 37 articles. Henri III régna pendant 56 ans (le plus long règne d’un roi anglais au Moyen Âge) si bien qu’au moment de sa mort en 1272, la Magna Carta était devenue en Angleterre un précédent juridique incontestable et il serait plus difficile pour un monarque désormais de l’annuler, comme le roi Jean sans Terre avait essayé de le faire près de trois générations plus tôt. Édouard Ier, fils et héritier d’Henri III, et le Parlement publièrent une dernière fois la Magna Carta le 12 octobre 1297 dans le cadre d’un statut appelé Confirmatio cartarum (25 Edw. I), en confirmant la version abrégée de Henri III, celle de 1225.

 

 

Contenu

À l’origine, la Grande Charte a été écrite en latin. Une grande partie en a été copiée, presque textuellement, de la Charte des Libertés de Henri Ier, publiée quand Henri Ier était monté sur le trône en 1100, et qui soumettait le roi à certaines lois concernant la façon de traiter les fonctionnaires ecclésiastiques et les nobles, et accordant de façon réelle certaines libertés individuelles à l’Église et à la noblesse anglaise. Sur la Magna Carta, Jean Sans Terre s’engage à garantir les libertés de l’Eglise et des villes, à se soumettre à la décision du Commun Conseil pour établir un impôt et aussi à ne plus arrêter les hommes libres de façon arbitraire.

 

Le document connu habituellement aujourd’hui comme Grande Charte n’est pas celle de 1215, mais une charte plus tardive de 1225 et généralement on la présente sous la forme de la Charte de 1297 quand elle a été confirmée par Édouard Ier. Au moment de la charte de 1215, un grand nombre de dispositions n’avaient pas été faites pour opérer des changements à long terme, mais simplement pour remédier immédiatement à des abus et c’est pour cela que la Charte a été rééditée trois fois pendant le règne de Henri III (1216, 1217 et 1225) pour donner une version actualisée. Ensuite, chacun des rois qui se sont succédé pendant les deux cents années suivantes (jusqu’à Henri V en 1416) a confirmé personnellement la charte de 1225 dans sa propre charte.

 


 

Time : 3 mn 32 [Vostvfr] / [2/2]

 

Narrée par Terry Jones de Monty Python, cette animation vous ramène à l’époque médiévale, lorsque le roi Jean sans Terre (King John Lackland) régnait sur l’Angleterre.

 

Pourquoi la Magna Carta a été créé et que signifiait-elle pour ceux qui vivaient au 13ème siècle.

 


 

 

 

Jean sans Terre donne son accord lors d’une entrevue solennelle organisée dans le pré de Runnymede, à l’Ouest de Londres, le 15 juin 1215.

 

En échange, les barons renouvellent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin.

 

Un document en bonne forme, scellé du Grand Sceau pour enregistrer l’accord, est créé par la chancellerie royale le 15 juillet.

 

C’est l’original de la Magna Carta.

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Habeas_corpus

Fr : https://fr.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

https://mjp.univ-perp.fr/constit/uk1215.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_sans_Terre

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1100973

En : https://en.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

 

Article :

Academic

Licence CC-BY-SA.

 

Note : 

L’affirmation, largement répandue en France, selon laquelle la Magna Carta « a été rédigée en 1215, sur le sol français, dans l’abbaye cistercienne de Pontigny par des Anglais émigrés, en révolte contre leur roi, Jean sans Terre », est historiquement sans fondement : les historiens anglais et les études les plus récentes ne confirment rien de tel.

 

Le seul lien prouvé entre la Magna Carta et Pontigny est l’archevêque de Cantorbéry, Étienne Langton, qui séjourna dans l’abbaye entre 1207 et juillet 1213. Or, si celui-ci prit part à l’élaboration de la Magna Carta, aucun élément historique ne prouve qu’il l’ait fait avant que la charte du roi Henri Ier, laquelle est datée de 1100 et lui sert de base, ait été retrouvée à Saint-Paul de Londres, entre 1214 et 1215 selon les chroniqueurs Raoul de Coggeshall et Barnwell, au plus tôt le 25 août 1213 selon Roger de Wendover, en tout cas après le retour de l’archevêque en Angleterre.

 

Vidéo :

[1] 15 juin 1215 : La Grande Charte – HerodoteVideos / YouTube

[2] What is Magna Carta? – The British Library / YouTube

Partager cet article
Repost0
6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 12:32

Saviez-vous qu'il y a tout un complexe de tombes souterraines à côté de l'une des pyramides de Gizeh?

 

Peu de gens savent que le plateau de Gizeh cache tout un monde souterrain sous ses sables et nous ne parlons pas des endroits qui n'ont pas encore été fouillés. Nous nous référons à des complexes et des structures uniques comme le puits d'Osiris , autrement connu comme l'une des nombreuses tombes présumées d'Osiris, un complexe qui est resté assez inconnu du grand public. Et cela est surprenant car il est situé presque littéralement sous la pyramide de Khafré, un endroit qui suggérerait un énorme intérêt touristique.

Ou peut-être que ce n'est pas si surprenant. Sur la base des paroles d'explorateurs qui ont eu la chance de visiter le puits Osiris, vous devez payer des frais élevés d'environ 1500-2000 $ pour l'ouvrir littéralement pendant une heure ou deux. Comme il est malheureux que des lieux aussi fascinants restent fermés au public en raison de la cupidité des gens.

 

Quoi qu'il en soit, l'emplacement de la tombe d'Osiris est connu depuis des décennies. Les premières mentions de l'entrée datent des années 1930. Malgré cela, les premières vraies fouilles ont commencé en 1999 et ont été menées par le célèbre archéologue Zahi Hawass. Qui d'autre sinon lui, non? Il a participé à presque toutes les découvertes majeures en Égypte au cours des dernières décennies.

Oui, il n'a pas découvert le tombeau d'Osiris sous le plateau de Gizeh mais il a été le premier à le fouiller. Bien sûr, si quelque chose est touché par Hawass, cela devient «une chose». Une fois qu'il a publié son article sur les résultats des fouilles, le puits Osiris est devenu l'un des monuments les plus discutés dans la communauté.

Tôt ou tard, il y a eu des dizaines de théories sur l'origine du complexe funéraire et pour qui il a été créé. Les gens aiment faire des histoires irréalistes et certaines sur le puits d'Osiris sont vraiment remarquables. La réalité, cependant, est qu'en 2021, nous ne savons toujours pas grand-chose de la tombe et qu'elle n'a pas été entièrement fouillée.

Dans cette vidéo, vous pouvez voir exactement ce qui est caché dans le puits Osiris. Si vous préférez une présentation plus approfondie de ce complexe funéraire fascinant, continuez à lire ci-dessous.

 

 

 

Fouilles dans le puits Osiris

Nous allons sauter les premiers efforts archéologiques des années 1930 car l'équipe n'a pas pu aller au fond du complexe funéraire. À l'époque, le niveau de l'eau encore présente dans la chambre la plus basse était trop élevé.

Cela dit, nous passons rapidement à 1999 et à l'expédition de Zahi Hawass. À ce stade, les niveaux d'eau avaient suffisamment baissé pour permettre des excavations, bien que l'équipe ait dû pomper de l'eau pour atteindre le fond du complexe.

Plan du puits Osiris.  Crédit: Hidden Inca Tours
Plan du puits Osiris. Crédit: Hidden Inca Tours
Niveau 1

Comme nous l'avons dit, le puits d'Osiris est situé près de la pyramide de Khéphren, sur le mur ouest de la chaussée. Une fois à l'intérieur, vous vous retrouverez dans une chambre spacieuse qui vous mènera aux différents puits. Le niveau 1 (ou puits 1) est situé à environ 32 pieds au-dessous d'une échelle métallique moderne. Pour autant que nous le sachions, l'échelle est solide mais il faut quand même faire attention car il s'agit d'une longue chute.

Le niveau 1 se compose d'une seule petite chambre et de l'entrée du puits B qui mène au niveau 2. Hawass et son équipe n'ont trouvé aucun artefact au premier niveau mais le second est vraiment spectaculaire.

Vous devez descendre ces escaliers verticaux pour passer du niveau 1 au niveau 2. Crédit: Hidden Inca Tours
Vous devez descendre ces escaliers verticaux pour passer du niveau 1 au niveau 2. Crédit: Hidden Inca Tours
Niveau 2

Selon le narrateur de la vidéo, le niveau 2 est situé à 100 pieds de profondeur dans la surface. Pouvez-vous imaginer comment les anciens Égyptiens ont creusé cette profondeur avec une telle précision?

Le niveau 2 du puits d'Osiris est encore un autre mystère égyptien antique. Hawass a découvert que le deuxième niveau était à l'origine une chambre unique qui a ensuite été agrandie avec six chambres funéraires supplémentaires dans les murs. Vous pouvez les voir dans l'image ci-dessous.

Ici, vous pouvez voir à quoi ressemble le niveau 2 du puits Osiris.  Crédit: Hidden Inca Tours
Ici, vous pouvez voir à quoi ressemble le niveau 2 du puits Osiris. Crédit: Hidden Inca Tours

Les archéologues ont découvert des sarcophages de basalte massifs dans deux de ces chambres avec des restes squelettiques dans un état terrible à l'intérieur qui ont depuis été retirés pour la recherche. L'équipe a également découvert de nombreux artefacts à ce niveau, notamment de la poterie, des perles et des amulettes de différents matériaux.

Voici un autre mystère. Les archéologues ont trouvé des traces d'une substance mystérieuse que l'on pense être de l'oxyde de fer sur l'un des sarcophages de basalte et le plafond au-dessus. Des échantillons ont été extraits pour analyse mais rien n'a été dit à ce sujet depuis.

Niveau 3

Afin d'atteindre le niveau 3 le plus bas du puits Osiris, vous devez descendre un autre puits qui va encore 60 pieds. Si cette profondeur est correcte, le niveau le plus bas est situé à environ 55-60 mètres sous la surface du plateau de Gizeh.

La chambre du niveau le plus bas est de loin la plus grande. Il est grossièrement coupé mais les murs ont des longueurs presque identiques - de 28 à 31 pieds.

Voici le sarcophage massif du niveau 3. Crédit: Homare Uematsu
Voici le sarcophage massif du niveau 3. Crédit: Homare Uematsu

Même aujourd'hui, le fond du niveau 3 est recouvert d'eau jusqu'aux genoux. Il est curieux que l’eau soit limpide. Si vous voulez entrer à l'intérieur, vous devrez accepter de vous mouiller.

Au centre de cette chambre se trouve un sarcophage de granit massif, beaucoup plus grand que ceux du niveau 2. Il a été placé dans un grand emplacement creusé dans les rochers. Les archéologues ont estimé qu'il pèse entre 40 et 60 tonnes.

Des restes squelettiques ont également été découverts à l'intérieur, ainsi qu'un tas d'artefacts comme des amulettes avec l'image d'Osiris. C'est ce qui a poussé Hawass à appeler le lieu le puits d'Osiris ou le tombeau d'Osiris bien qu'il n'y ait aucune autre preuve indiquant quoi que ce soit lié à l'ancien dieu égyptien.

Les restes squelettiques de l'ensemble du complexe ont été datés de la Dynastie 26, bien qu'ils aient trouvé de la poterie de l'époque de la Dynastie 6. Cela confirme que le complexe funéraire a été utilisé. Cependant, il n'y a aucune preuve d'enterrements de cette période précoce.

Au final, le puits d'Osiris reste pour la plupart inexploré. Les archéologues doivent y retourner et pomper toute l'eau du niveau 3 afin de continuer à fouiller. Malheureusement, aucun plan de ce type ne semble être en place pour le moment.


Rejoignez la discussion et participez à des cadeaux fantastiques dans notre groupe Telegram mobile. Rejoignez Curiosmos sur Telegram aujourd'hui. t.me/Curiosmos


Sources:

Foerster, B. (13 mars 2016). Qu'est-ce que le «puits d'Osiris» à Gizeh en Égypte, qui l'a fabriqué et quand?
Grasse, R. (23 avril 2019). Découvrir le tombeau perdu d'Osiris.
Hawass, Z. (nd). L'arbre d'Osiris.
Kmtsesh. (2012, 18 février). Le puits d'Osiris: un cénotaphe de Gizeh.
Spörri, G. (2021, 31 mars). Le tombeau d'Osiris à Gizeh.

 
 
Bonjour, je m'appelle Vladislav et je suis heureux de vous avoir ici sur Curiosmos. Mon expérience en tant qu'écrivain indépendant a commencé en 2018 mais je fais partie de la famille Curiosmos depuis mi-2020. En tant qu'étudiant en histoire, j'ai une forte passion pour l'histoire et la science, et l'opportunité de rechercher et d'écrire dans ce domaine au quotidien est un rêve devenu réalité.
Partager cet article
Repost0
7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 13:29
Violence citation GANDHI

 

 

Si la non violence n'est pas dans la culture européenne qu'elle le devienne car il est temps de s'affranchir de cet enchainement pernicieux qui mutile et meurtri l'homme qui commet la violence. La maitrise de soi par la non violence demeure le seul moyen de s'élever et de tolérer autrui, même si celui ci a une vision différente de la votre. Ceci n'a pour but que de vivre ensemble en harmonie et en paix.
Partager cet article
Repost0
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 12:52

« Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l’univers. »

« Fais chacun de tes actes comme si c'était le dernier de ta vie. »

« Tout ce qui paraît au-dessus de tes forces n'est pas forcément impossible ; mais tout ce qui est possible à l'homme ne peut être au-dessus de tes forces. »

« Rien n'est avantageux qui te fait perdre le respect de toi-même. »

« La nature rend chacun de nous capable de supporter ce qui lui arrive. »

« La meilleure façon de se venger d'un ennemi, c'est de ne pas lui ressembler. »

« On est souvent injuste par omission. »

« Les effets de la colère sont beaucoup plus graves que les causes. »

« Accomplis chaque acte de ta vie comme s'il devait être le dernier. »

« Il ne faut pas en vouloir aux événements. »

« On ne perd d'autre existence que celle qu'on vit et on ne vit que celle qu'on perd. »

« Le temps est comme un fleuve que formeraient les événements. »

« L'art de vivre ressemble plus à un match de lutte qu'à un ballet. »

« Entre le plus possible dans l'âme de celui qui te parle. »

« Nous appréhendons davantage l'opinion de nos voisins sur nous-mêmes que la nôtre propre. »

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »

« Rejette l'opinion et tu seras sauvé. »

« Dès l'aurore, dis-toi d'avance : je vais rencontrer un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un égoïste. »

« Il ne s'agit plus de discourir sur ce que doit être l'homme de bien mais de devenir un homme de bien. »

« Pénètre dans l'âme qui dirige chacun et laisse tout autre pénétrer dans ton âme à toi. »

 

Une des vidéos d'André Lévy,philologue et chercheur en langues anciennes, sur Marc Aurèle... les autres vidéos sont intéressantes ! Certes chacun peut les estimer à sa façon. Un sens est donné un instant dans l'Histoire là au milieu du chaos de l'empire, sa violence, sa folie, ses errances.

 

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 12:32

 

 

 

 

[8,73] LXXIII. C'EST A TORT QU'ON ACCUSE LES PHILOSOPHES
DE PENSEES SEDITIEUSES.

C'est une grande erreur, il me semble, de considérer les vrais
philosophes comme des mécontents et des factieux qui méprisent
les magistrats, les rois et ceux qui ont part à l'administration
de l'Etat. Il n'y a au contraire personne de plus
soumis ni de plus reconnaissant, et cela se conçoit : car
s'il est des hommes à qui les gouvernants soient utiles, ce
sont ceux à qui ils assurent le bien-être du repos. Il est donc
tout naturel que ceux à qui la sécurité publique permet de
s'occuper de vivre honnêtement, honorent à l'égal d'un père
l'auteur d'un pareil bienfait ; et il y a cent fois plus à compter
sur eux que sur ces gens inquiets et jetés dans les affaires, qui,
s'ils doivent beaucoup aux princes, croient que ceux-ci leur
doivent davantage encore; gens d'ailleurs dont on ne petit
jamais, quelque étendue qu'on donne à sa libéralité, rassasier
la cupidité, qui s'accroît à mesure qu'on les gorge. Penser à
recevoir, c'est déjà oublier qu'on a reçu ; et le plus grand tort
de la cupidité; c'est d'être ingrate. Ajoutez à cela que, de tous
les hommes qui ont des fonctions clans l'Etat, il n'y en a pas
un qui ne regarde plutôt ceux qui l'ont dépassé que ceux qu'il
a laissés en arrière. Le plaisir qu'ils ressentent d'en voir beaucoup
après eux, ne balance pas la peine qu'ils ont de voir quelqu'un
avant eux. C'est le vice de toute ambition, de ne pas regarder
derrière elle. Du reste l'ambition n'est pas la, seule passion
qui soit insatiable; toutes sont ainsi faites, parce que
toutes ne finissent que pour recommencer.

L'homme intègre et pur, au contraire, qui a renoncé au
sénat, au Forum et à toute espèce de fonctions publiques, pour
se retrancher dans de plus nobles occupations, ne peut que
chérir ceux par les soins desquels il lui est donné de satisfaire
ses paisibles goûts; seul, il leur rend un hommage gratuit, et
leur a de grandes obligations sans qu'ils s'en doutent. Tout ce
qu'il a de respect et d'estime pour les instituteurs dont les
soins bienfaisants lui ont frayé la route. de la vertu, il l'étend à
ceux sous la tutelle desquels il lui est permis de cultiver la
philosophie. - Mais, me dira-t-on, un roi en protége bien
d'autres. - J'en conviens; mais de même qu'entre gens qui
sont arrivés au port, celui-là croit devoir le plus de reconnaissance
à Neptune, qui a transporté le plus d'objets précieux;
et qu'un voeu plus libéral est offert et acquitté par le
marchand que par le passager; et que, parmi les marchands
mêmes, la gratitude a plus d'effusion chez celui qui rapportait
des parfums, de la pourpre, et des produits valant leur pesant
d'or, que chez celui dont le chargement se composait de marchandises
de rebut, et bonnes tout au plus à servir de lest :
de mème le bienfait de la paix, quoique commun à tout le
monde, est bien plus profondément senti par ceux qui en
tirent le meilleur parti. Il y a beaucoup de gens en place pour
qui la paix est plus laborieuse que la guerre. Croyez-vous que
ces gens apprécient au même degré la paix, eux qui l'emploient
dans l'ivresse, dans la débauche ou dans des désordres
dont il faudrait rompre le cours, même par la guerre ?

Ne supposez pas non plus le sage assez injuste pour se croire
affranchi du tribut de reconnaissance que mérite un bien
commun à tous. Je dois beaucoup au soleil et à la lune, quoiqu'ils
ne se lèvent pas pour moi seul ; je suis particulièrement
obligé à l'année, et à Dieu qui en règle le cours, quoique ce ne
soit pas en mon honneur qu'elle suit sa marche si régulière.
La folle avarice des mortels, en distinguant les possessions et les
propriétés, a fait que personne ne regarde comme à soi ce qui
est à tout le monde. Le sage, au contraire, ne trouve rien qui
lui appartienne plus directement que ce qu'il partage avec le
genre humain. Ces biens, en effet, ne seraient pas communs,
si chacun n'en avait sa part : c'est une propriété que ce dont
on jouit en commun, même dans la plus petite proportion.

Ajoutez que les biens importants et réels ne souffrent point
ces divisions qui réduisent à peu de chose la part de chacun :
quiconque les possède jouit de leur totalité. On ne tire des
mains d'un congiaire que la part assignée à chaque tête : un
repas, une distribution de viande, comme en général tout ce
qui se prend à la main, se subdivise en portions ; mais les
biens individuels, tels que la paix et la liberté, appartiennent
aussi complétement à tous qu'à chacun en particulier. Le sage
ne perd donc pas de vue la cause qui, en lui procurant la
jouissance et les résultats de ces biens, l'affranchit de la nécessité
de prendre les armes, de faire faction, de garder les murailles
et de payer tribut sur tribut; aussi en remercie-t-il tous
les jours celui qui gouverne. Ce que la philosophie apprend
par-dessus tout, c'est à apprécier un bienfait à sa valeur, et à
le payer : le reconnaître, c'est souvent le payer. Il se plaira
donc à convenir qu'il doit infiniment à celui dont l'administration
et la prévoyance lui assurent un repos fécond, la jouissance
libre de son temps, et un calme que ne troublent point
les occupations publiques.
0 Mélibée ! c'est un dieu qui nous a fait ce loisir; car ce sera toujours
un dieu pour moi
.
Si l'on se croit obligé à la reconnaissance pour un repos dont
les plus grands bienfaits sont. ceux-ci :
Si tu vois errer mes génisses; si je puis jouer à mon aise sur mon
rustique chalumeau, c'est à lui que je le dois
;
combien plus devons-nous estimer ce repos, qui est le partage
des dieux, et qui fait les dieux !

Ecoutez, mon cher Lucilius, ma voix, qui vous appelle au
ciel par le plus court chemin. Sextius avait coutume de dire :
que Jupiter n'est pas plus puissant que l'homme de bien.
Sans doute, Jupiter a plus de choses à donner aux hommes ;
mais, à mérite égal, on n'est pas meilleur pour être plus riche;
pas plus qu'entre deux marins qui entendent également bien
la navigation, vous ne direz que celui qui a le plus beau vaisseau
soit le plus habile. Qu'a Jupiter qui le mette au-dessus
de l'hommo de bien ? C'est d'être bon plus longtemps. Le sage
ne s'en estime pas moins, parce que ses vertus sont resserrées
dans un espace moins étendu. De même qu'entre deux sages,
celui qui est mort plus âgé n'est pas plus henreux que celui
dont la vertu fut limitée à un plus petit nombre d'années; de
même Dieu ne surpasse pas le sage cri félicité, quoiqu'il le sur-
passe en âge. Ce n'est pas la durée de la vertu qui en fait la
grandeur. Jupiter possède tous les biens, mais pour en abandonner
la jouissance aux autres : le seul usage qu'il en fasse,
c'est de les faire servir au bonheur de tous. Le sage voit avec
tout autant de tranquillité et de dédain que Jupiter les richesses
concentrées dans les mains des autres ; il a même cet
avantage sur Jupiter, que ce dieu ne peut pas en user ; tandis
que lui, sage, ne le veut pas. Suivons donc Sextins qui, en
nous montrant la bonne route, nous crie :C'est par là qu'on
arrive au ciel : c'est la frugalité, c'est la tempérance, c'est le
courage qui y conduisent
. Les dieux ne sont pas dédaigneux,
non plus que jaloux ; ils admettent ceux qui veulent monter
avec eux, et leur tendent volontiers la main. Vous paraissez
surpris que l'homme puisse pénétrer chez les dieux ? Mais
Dieu lui-même descend chez les hommes, et., bien plus, dans
les hommes. Il n'y a point d'âme vertueuse là où Dieu n'est
pas. Des semences divines sont répandues dans le corps humain :
à l'aide d'une bonne culture, elles se développent et
grandissent de manière à rappeler leur origine ; mais, faute
de soin, elles meurent comme dans un terrain stérile et marécageux,
et ne donnent pour toute récolte que de mauvaises herbes.


Partager cet article
Repost0
29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 13:33

 

 

Voilà comment Fénelon (précepteur du dauphin) lui même écrivait au plus grand souverain d'Europe Louis XIV... et invectivait sa politique et les courtisans!!!

 

...."Depuis environ trente ans, vos principaux ministres ont ébranlé et renversé toutes les anciennes maximes de l'État, pour faire monter jusqu'au comble votre autorité, qui était devenue la leur parce qu'elle était dans leurs mains. On n'a plus parlé de l'État ni des règles; on n'a parlé que du Roi et de son bon plaisir. On a poussé vos revenus et vos dépenses à l'infini. On vous a élevé jusqu'au ciel, pour avoir effacé, disait-on, la grandeur de tous vos prédécesseurs ensemble, c'est-à-dire, pour avoir appauvri la France entière, afin d'introduire à la cour un luxe monstrueux et incurable. Ils ont voulu vous élever sur les ruines de toutes les conditions de l'État : comme si vous pouviez être grand en ruinant tous vos sujets sur qui votre grandeur est fondée. Il est vrai que vous avez été jaloux de l'autorité, peut-être même trop dans les choses extérieures; mais pour le fond, chaque ministre a été le maître dans l'étendue de son administration. Vous avez cru gouverner, parce que vous avez réglé les limites entre ceux qui gouvernaient. Ils ont bien montré au public leur puissance, et on ne l'a que trop sentie. Ils ont été durs, hautains, injustes, violents, de mauvaise foi. Ils n'ont connu d'autre règle, ni pour l'administration du dedans de l'État, ni pour les négociations étrangères, que de menacer, que d'écraser, que d'anéantir tout ce qui leur résistait. Ils ne vous ont parlé, que pour écarter de vous tout mérite qui pouvait leur faire ombrage. Ils vous ont accoutumé à recevoir sans cesse des louanges outrées qui vont jusqu'à l'idolâtrie, et que vous auriez dû, pour votre honneur, rejeter avec indignation"....

 

"Mais, pendant qu'ils manquent de pain, vous manquez vous-même d'argent, et vous ne voulez pas voir l'extrémité où vous êtes réduit. Parce que vous avez toujours été heureux, vous ne pouvez vous imaginer que vous cessiez jamais de l'être. Vous craignez d'ouvrir les yeux; vous craignez qu'on ne vous les ouvre; vous craignez d'être réduit à rabattre quelque chose de votre gloire. Cette gloire, qui endurcit votre cœur, vous est plus chère que la justice, que votre propre repos, que la conservation de vos peuples qui périssent tous les jours des maladies causées par la famine, enfin que votre salut éternel, incompatible avec cette idole de gloire"

 

Toujours d'actualité!!!!

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 13:55

 

Quelques notes de rapports de police concerant des écrivains au XIXème et XXème.

 

Notes et explications notamment par le Préfet Andrieux entre autre, puis quelques notes de rapports sur Victor Hugo, Vallès, Verlaine, et Colette!!!

 

La constitution des dossiers au XIXème et leur utilité par le Préfet Andrieu (dont ironie du sort Louis Aragon était le fils naturel)  :

 

- « C'est un député bien plus qu'un fonctionnaire qu'on appela en ma personne à la préfecture de police »,

 

- « Le dossier n'a pas seulement pour but de faire connaître qui vous êtes, mais surtout ce qu'on a dit de vous »,

 

- « L'agent sert moins à surveiller les gens qu'à préparer la calomnie » disait Yves Guyot en 1884,

 

- « Tout Paris a son dossier ..... les dossiers bleus sont (…), les plus nombreux et les plus variés. Ce sont les dossiers politiques ou mondains»,

 

- « Aussi mettra-t-on dans votre dossier pêle-mêle sans distinguer entre le vrai et le faux tout rapport dont vous aurez été l'objet, toute dénonciation vous concernant, tout article de journal, tout fait divers où vous serez nommé »,

 

- La réaction du préfet Andrieux à la lecture de son dossier personnel : « Je le garde au fond de ma bibliothèque avec toutes les calomnies grossières et les dénonciations haineuses qui sont d'ordinaire le fonds de ces sortes de documents. Et cependant tels qu'ils sont ces dossiers sont utiles, indispensables même pour les recherches de police, mais à la condition de n'être connus ni de particuliers, ni même de la justice et de n'être jamais ouverts que par des chefs de service expérimentés, sachant les lire et y démêler, parmi tant d'allégations inexactes et souvent contradictoires, la part de vérité qu'ils contiennent. "

 

Note des archives anglaises à ce sujet  (AMAE, Archives du ministère des Affaires étrangères, Grande-Bretagne. Affaires politiques diverse) : A Londres, le 20 octobre 1852, le représentant français a reçu l'offre de services d'un certain Aubrey, lieutenant colonel des horse guards :  « J'ai consenti non sans répugnance à écouter ce qu'il pouvait avoir à me dire, il ne m'a fallu qu'un moment pour juger que cet individu ne sait rien de précis et qu'il venait pour offrir ses services moyennant un prix qu'il voulait toucher d'avance » ce à quoi il rajoute laconiquement : « A. n'inspire aucune confiance, la somme qui lui est allouée est de 9 livres pour lui et son informateur."

 

Quelques divagations complotistes notées par Coeurderoy "Jour d'exil" : « Les sociétés de Londres, reliées à celles de Bruxelles et de Jersey se sont mises à la tête de ce mouvement concerté ; elles doivent constituer un gouvernement à Boulogne, où elles tenteront une descente prochaine avec les fonds de l'emprunt italien »

 

Victor Hugo retrace dans "l'Histoire d'un crime", l'affaire Hubert, l'histoire d'un mouchard condamné à mort par les proscrits et sauvé par l'écrivain hostile à un jugement expéditif et à la cruauté de cette peine, certainement suite à une accusation de n'avoir pas reçu en exil un proscrit et dont il donne la réponse dans le Journal "Rive Gauche" le 14 mars 1866 : « Il vient à Hauteville House trois à quatre cents visiteurs par an. Il m'est impossible de retenir tous leurs noms. En outre je suis souvent absent. Ce que je puis dire, le voici : quiconque se présente chez moi comme proscrit politique est prié d'en faire la preuve. La moindre suffit mais il en faut une. C'est une habitude dont je ne me départirai pas dans l'intérêt de la dignité de l'exilé »

 

Victor Hugo justement quelques rapports le concernant :

 

5 septembre 1879 :

 

- "On raconte que Victor Hugo se fait exploiter par une jeune fille dont il a fait sa maîtresse et qui le fait chanter après avoir ignoré longtemps que son amant était l'illustre poète.  Cette jeune fille qui demeurait du côté de la gare d'Ivry aurait un enfant (...) elle dit à Victor Hugo que cet enfant est de lui et cela le flatte énormément" il est vrai qu'il avait 77 ans.

 

- Pamphile (un pseudonyme) est l'un des proches d'Hugo rapporte par le menu le détail d'un repas

«  potage, bisque, soles grillées, côtelettes de chevreuil sauce piquante… » puis griffonnerait sur une « vieille brochure » affranchie pour éviter de payer un timbre à 25 centimes.

 

Le 2 avril 1877 par « Jack » :

 

« Victor Hugo place tout son argent en Angleterre afin de pouvoir retrouver ce qu’il possède en quittant la France dès qu’il y aura pour lui un danger quelconque »

 

Verlaine; rapport du 1er août 1873 :

 

- « (…) le ménage n’allait pas bien à cause des toquades insensées de Verlaine, dont le cerveau est depuis longtemps détraqué, lorsque le malheur amena à Paris, un gamin Rimbaud, originaire de Charleville, qui vînt tout seul présenter ses œuvres au Parnassiens. Comme moral et comme talent, ce Raimbaud, âgé de 15 à 16 ans était et est une monstruosité. Il a la mécanique des vers comme personne, mais seulement ses œuvres sont absolument inintelligibles et repoussantes. Verlaine devînt amoureux de Raimbaud, qui partagea sa flamme, et ils allèrent goûter en Belgique la paix du cœur et ce qui s’en suit (…) On a vu les deux amants à Bruxelles, pratiquer ouvertement leurs amours. Il y a quelques temps, madame Verlaine, alla trouver son mari, pour essayer de le ramener. Verlaine répondit qu’il était trop tard, qu’un rapprochement était impossible et que d’ailleurs il ne s’appartenait plus. « La vie du ménage m’est odieuse » s’écriait il. « Nous avons des amours de tigres! », et ce disant, il montra à sa femme sa poitrine tatouée et meurtrie de coups de couteau que lui avait appliqués son ami Rimbaud. Ces deux êtres se battaient et se déchiraient comme des bêtes féroces, pour avoir le plaisir de se raccommoder. »

 

 

Vallès surnommé insidieusement « l’apôtre du progrès social » ; rapport du 12 octobre 1875 :

 

- « Lorsque Vallès est arrivé à Londres il était nanti d’une somme que l’on évalue entre 100 et 200 000 francs. Il vivait à l’écart, évitant ses coreligionnaires politiques et s’attachant à faire croire qu’il était dans une position de fortune très précaire (…). Il est proprement vêtu, mais ses vêtements sont râpés, et tout indique qu’il vit de privations ».

Autre sur Vallès « Vallès est un faiseur »

 

 

Claude-Villars dit « Willy » époux de l’écrivain Colette; le 1er mai 1901 :

 

« On apprend que le romancier Claude-Villars (Henry) dit « Willy », auteur de Claudine à Paris, demeurant 93 rue de Courcelles, depuis 5 ans a retenu pour l’après-midi du 29 avril écoulé un petit appartement sis au 4ème étage d’une maison discrète de la rue Pasquier dans le but d’y rencontrer deux lesbiennes, sa femme légitime (la romancière Colette) et une dame âgée d’environ 30 ans, demeurant 107 rue de la Pompe, que l’on croît être le comtesse de Noailles »

 

 

Ce en quoi  pour conlure dans "L'exil" Alain Corbin « l'ombre des mouchards et la force avec laquelle leurs rapports pèsent sur la construction des sources risquent de déterminer le tableau brossé par l'historien" 

 

Edifiant non!!! non sur les personnes sur lesquelles on émet des rapports mais sur ceux qui les font et du crédit qui leur est accordé.

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 07:42




Ammien Marcellin - Histoire de Rome (Res gestae) - Livre XXXI - Chapitre 4 :


"Toute la race des Goths-Tervinges se montra donc, sous la conduite d'Alaviv, sur la rive gauche du Danube, et de là envoya une députation à Valens, sollicitant humblement son admission sur l'autre bord, avec promesse d'y vivre paisiblement, et de lui servir au besoin d'auxiliaire. 
Déjà la renommée avait fait pénétrer à l'intérieur cette effrayante nouvelle, que des convulsions insolites se manifestaient chez les peuples du Nord; que tout l'espace qui s'étend du pays des Marcomans et des Quades jusqu'aux plages du Pont-Euxin était inondé de populations barbares qui, poussées par d'autres nations, jusqu'alors inconnues, hors de leurs territoires, couvraient de leur foule vagabonde toute la rive du Danube. 
D'abord on n'accorda chez nous que peu d'attention à ces rumeurs, par la raison que nous ne recevons d'ordinaire avis de ces guerres lointaines que lorsqu'elles sont terminées ou assoupies. 
Le bruit ne laissait pas cependant de s'accréditer, et reçut bientôt une pleine confirmation par l'arrivée de l'ambassade barbare, qui venait avec instance implorer, au nom des peuples expulsés, leur admission en deçà du fleuve. La première impression de cette ouverture fut plutôt de satisfaction que d'alarme. Les courtisans employèrent toutes les formes d'adulation pour exalter le bonheur du prince, à qui la fortune amenait à l'improviste des recrues des extrémités de la terre. L'incorporation de ces étrangers dans notre armée allait la rendre invincible; et, converti en argent, le tribut que les provinces devaient en soldats viendrait accroître indéfiniment les ressources du trésor. 
On dépêche donc sans délai de nombreux agents, chargés de procurer des moyens de transport à tous ces hôtes redoutables. On veilla soigneusement à ce qu'aucun des destructeurs futurs de l'empire, fût-il atteint de maladie mortelle, ne restât sur l'autre bord. Jour et nuit, en vertu de la permission impériale, les Goths, entassés sur des barques, des radeaux et des troncs d'arbres creusés, étaient transportés au-delà du Danube, pour prendre possession d'un territoire en Thrace. Mais la presse était si grande, que plus d'un fut englouti par les vagues, et se noya en essayant de passer à la nage ce fleuve dangereux, dont une crue récente augmentait encore en ce moment la rapidité ordinaire. 
Et tout cet empressement, tout ce labeur, pour aboutir à la ruine du monde romain! Il est constant que les officiers chargés de cette fatale mission tentèrent, à plusieurs reprises, le recensement de la masse d'individus dont ils opéraient le passage, et que finalement ils durent y renoncer. Autant il eût valu (comme dit un poète admirable) vouloir nombrer les grains de sable soulevés par le vent sur les plages de la Libye. 
Réveillez-vous, vieux souvenirs des immenses soulèvements armés de la Perse contre la Grèce; de l'Hellespont franchi; de l'Athos ouvrant à la mer un passage artificiel; de ces innombrables escadrons passés en revue dans la plaine du Dorisque! tous faits que les âges suivants ont traités de fables, 
Mais dont l'antique témoignage est confirmé par nos propres yeux, qui ont vu cette inondation de peuples étrangers se répandre dans nos provinces, couvrir au loin nos campagnes, et envahir jusqu'à la cime des monts les plus élevés. Alaviv et Fritigern furent transportés les premiers. L'empereur leur fit distribuer des vivres pour quelque temps, et leur assigna des terres à cultiver. 
Nos barrières s'étaient ouvertes devant cette émigration armée. Le sol barbare avait vomi, comme la lave de l'Etna, ses enfants sur notre territoire. Une crise aussi menaçante exigeait du moins que la force militaire da pays fût confiée aux mains reconnues les plus fermes et les plus expérimentées; et cependant, comme si quelque divinité ennemie eût dicté les choix, elle ne comptait alors à sa tête que les noms les plus mal notés. En première ligne se présentaient Lupicin, comte de Thrace, et Maxime, commandant malencontreux, tous deux imprudents et brouillons à l'envi l'un de l'autre.
L'ignoble cupidité de ces hommes fut le principe de toutes les calamités qui suivirent. Sans rapporter toutes les malversations qu'ils commirent ou tolérèrent, touchant l'entretien de ces étrangers jusqu'alors inoffensifs, citons un fait dégoûtant et inouï, que condamneraient à coup sûr les coupables eux-mêmes s'ils étaient constitués juges dans leur propre cause.
La disette qui accablait les émigrés suggéra l'idée à ces deux misérables de la plus infâme des spéculations. Ils firent ramasser autant de chiens qu'on put en trouver, et les vendaient aux pauvres affamés, au prix d'un esclave la pièce. Des chefs en furent réduits à livrer ainsi leurs propres enfants.
Dans le même temps, Vitheric, roi des Greuthunges, arrivé sur les bords de l'Hister avec ses trois conseillers Alathée, Safrax et Farnobe, qui le dirigeaient en tout, s'empressait de solliciter par ambassade la même concession de l'humanité de Valens.
(Cette fois, l'intérêt de l'État dicta un refus, qui jeta les pétitionnaires dans la dernière perplexité. Athanaric, appréhendant la même réponse, préféra s'abstenir. Il se rappelait quelle obstination hautaine il avait montrée à l'égard de Valens lorsqu'il négociait avec lui de la paix, prétendant s'être interdit par serment de mettre le pied sur le territoire romain, et, par là, contraignant l'empereur à venir ratifier le traité au milieu des eaux du fleuve. Athanaric supposa que la rancune durait encore, et il conduisit tout son monde à Caucalanda, canton défendu par une ceinture d'épaisses forêts et de hautes montagnes, et dont il expulsa les Sarmates, qui l'occupaient."


Ammien Marcellin - Histoire de Rome (Res gestae) - Livre XXXI - Chapitre 5 :


"Cependant les Tervinges, bien qu'ils eussent obtenu le passage du fleuve, n'en restaient pas moins errants sur ses bords, où les retenait le manque de vivres. C'était l'effet des manoeuvres employées par les officiers de l'empereur pour favoriser les abominables transactions dont nous avons parlé.
Les émigrants n'en furent pas dupes; déjà ils menaçaient tout bas d'en appeler aux armes, des perfides procédés dont ils étaient victimes. Lupicin, craignant une révolte, employa toutes les forces dont il disposait pour les contraindre à prendre plus vite la route.
Cette diversion de nos troupes n'échappa point aux Greuthunges, qui, ne voyant plus de barques armées croiser sur le fleuve pour empêcher leur passage, profitèrent de l'occasion, le franchirent à la hâte sur des radeaux à peine joints, et allèrent placer leur camp sur un point très éloigné de celui de Fritigern.
Ce chef, dont la prévoyance naturelle devinait ce qui allait arriver, tout en obtempérant à l'ordre de l'empereur, mettait dans sa marche une lenteur calculée. C'était pour se ménager un puissant renfort, en laissant aux nouveaux venus le temps de le joindre. Il n'arriva donc qu'assez tard à Marcianopolis. Là se passa une scène de telle nature, qu'elle détermina une rupture ouverte.
Lupicin avait invité Fritigern et Alaviv à un festin; mais un cordon de troupes placé sur les remparts interdisait par son ordre, à tout leur monde, l'entrée de la ville; et ce fut vainement que les barbares, protestant de leur soumission et des intentions les plus pacifiques, implorèrent la grâce d'y acheter des vivres. Insensiblement les esprits s'échauffèrent de part et d'autre; on en vint aux coups. Les émigrants, outrés de cette exclusion, ulcérés déjà de s'être vu ravir leur progéniture, massacrèrent un poste, et s'emparèrent de ses armes.
On donna secrètement avis de ce qui se passait à Lupicin, qui, abruti par les excès d'une orgie prolongée, s'endormait au bruit des instruments. Appréhendant l'issue de ce démêlé, il fit faire main basse sur la garde d'honneur que les deux chefs avaient conservée autour de leur personne; exécution dont la triste nouvelle se répandit bientôt hors des murs, et mit le comble à l'exaspération de la multitude, qui, croyant ses chefs prisonniers, menaçait d'en tirer une terrible vengeance. Fritigern, esprit prompt et décidé, craignant d'être retenu comme otage, s'écria que le seul moyen de prévenir une plus grave collision, était de le laisser sortir lui et les siens; se faisant fort de calmer, par sa présence au milieu de ses compatriotes, une irritation qui n'avait pour cause de leur part que la supposition d'un guet-opens, et la croyance que leurs chefs en étaient les victimes. La proposition fut acceptée; on les laissa rejoindre leur monde, qui les accueillit avec transport. Tous deux alors, sautant sur leurs chevaux, s'éloignèrent à toute bride, bien résolus de tenter le sort des armes.
La renommée, qui publia ces détails en les envenimant, enflamma d'une ardeur guerrière toute la nation des Tervinges. L'étendard des Goths se déploie; leur cor fait entendre ses lugubres accents; des bandes armées parcourent les campagnes, et, par le ravage des moissons, le pillage et l'incendie des fermes, préludent aux calamités qui bientôt vont se développer sur une plus grande échelle.
Lupicin ramassa précipitamment quelques troupes, et, sans plan arrêté, marcha contre l'ennemi, dont il attendit la rencontre à neuf milles de la cité. Les barbares, qui voient à qui ils ont affaire, tombent tout à coup sur nos bataillons, heurtant du corps les boucliers, et perçant les hommes de leurs lances. Leur choc fut si terrible, que, tribuns et soldats, presque tout y périt. Ce corps y perdit ses enseignes, mais non son général, qui ne revint à lui-même que pour fuir pendant que l'on se battait, et qui regagna la ville à toute bride. Après ce premier succès, les ennemis, couverts d'armes romaines, se répandirent de tous côtés, ne trouvant plus d'opposition nulle part.
Arrivé à cette période de ma narration partant de phases diverses, je crois devoir (en supposant que ce livre soit lu) prier mes lecteurs de n'exiger de mol ni le détail précis des faits ni le chiffre exact des pertes. Ce serait demander l'impossible. Il faut qu'on se contente de notions approximatives, exemptes seulement de toute altération volontaire du vrai, et empreintes de cette conscience qui est le premier devoir de l'historien.
Jamais pareilles calamités n'affligèrent la république, disent ceux qui n'ont pas lu nos vieilles annales. C'est une erreur, née du sentiment trop vif des maux présents: un coup d'oeil jeté sur l'histoire des temps anciens, ou même du siècle qui s'écoule, démontrerait facilement que des événements de même nature, et aussi graves, n'ont eu que trop d'exemples.
L'Italie ne s'est elle pas vue subitement inondée de Cimbres et de Teutons, hôtes des plages les plus reculées? mais, après des maux infinis causés par eux à la république, la défaite de leurs armées, et la presque destruction de leur race par des généraux habiles, leur ont montré, à leurs dépens, ce que peut le courage réglé par la discipline.
Sous le règne de Marc Aurèle, un mélange incohérent de nations conjurées.
Mais, après une courte période, de calamités et de souffrances, l'ordre et le calme sont revenus, grâce à la rigide simplicité des moeurs de nos ancêtres, chez qui la mollesse, le luxe de table, et la passion effrénée du gain, n'avaient pas tout envahi; grâce à ce patriotisme ardent qui régnait alors dans toutes les classes, et faisait envisager à chacun, comme le port le plus désirable, une mort glorieuse en combattant pour le pays.
Des hordes de Scythes franchirent autrefois, sur deux mille vaisseaux, le Bosphore et la Propontide. Mais cette multitude armée, après avoir répandu la destruction sur ces mers et sur leurs rivages, revint sur ses pas, diminuée de plus de la moitié de son nombre.
Les deux Dèces, père et fils, trouvèrent la mort en combattant contre les barbares. Toutes les villes de Pamphylie ont souffert les horreurs d'un siège; nombre d'îles ont été ravagées, et l'incendie s'est promené sur la Macédoine entière. Thessalonique et Cyzique se virent bloquées par des myriades d'ennemis; Anchialos fut prise, et le même sort échut à Nicopolis, élevée par Trajan, en souvenir de ses victoires contre les Daces.
Philippopolis, après les alternatives d'une longue et sanglante défense, fut détruite de fond en comble; et cent mille hommes (si l'histoire dit vrai) sont ensevelis sous ses ruines. L'Épire, la Thessalie, toute la Grèce enfin a subi l'invasion étrangère. Mais, devenu empereur de général illustre, Claude commença et, après sa mort glorieuse, le terrible Aurélien consomma, la délivrance de ces provinces. Des siècles s'écoulèrent depuis sans qu'on entendît parler de barbares, si ce n'est à propos de brigandages essayés par eux sur les terres voisines, et toujours sévèrement réprimés."


Liens complémentaires :

- Rudolf Fellmann Professeur émérite d'archéologie des provinces romaines à l'université de Berne

- TACITE -Origine et territoire des Germains, dit "La Germanie" (I-IV) Traduction nouvelle avec notes de Danielle De Clercq

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 13:34



Jordanès "Histoire des Goths" :

Texte original expliquant les raisons par lesquelles les peuples goths furent contraints à demander d'intégrer l'Empire en délégation auprès de l'Empereur Valens frère de l'Empereur Valentinien Ier. Après négociations ci-dessous énumérées ils obtinrent de s'installer en Dacie Ripuaire,  Moesie et  Thrace.

CHAPITRE XXIV.

Or, peu de temps après, au rapport d'Orose, les Huns, la plus féroce de toutes les nations barbares, éclatèrent contre les Goths. Si l'on consulte l'antiquité, voici ce qu'on apprend sur leur origine: Filimer, fils de Gandaric le Grand, et roi des Goths, le cinquième de ceux qui les avaient gouvernés depuis leur sortie de file Scanzia, étant entré sur les terres de la Scythie à la tête de sa nation, comme nous l'avons dit, trouva parmi son peuple certaines sorcières que, dans la langue de ses pères, il appelle lui-même Aliorumnes. La défiance qu'elles lui inspiraient les lui fit chasser du milieu des siens; et, les ayant poursuivies loin de son armée, il les refoula dans une terre solitaire. Les esprits immondes qui vaguaient par le désert les ayant vues, s'accouplèrent à elles, se mêlant à leurs embrassements, et donnèrent le jour à cette race, la plus farouche de toutes. Elle se tint d'abord parmi les marais, rabougrie, noire, chétive : à peine appartenait-elle à l'espêce humaine, à peine sa langue ressemblait-elle à la langue des hommes. Telle était l'origine de ces Huns, qui arrivèrent sur les frontières des Goths. Leur féroce nation, comme l'historien Priscus le rapporte, demeura d'abord sur le rivage ultérieur du Palus-Méotide, faisant son unique occupation de la chasse, jusqu'à ce que, s'étant multipliée, elle portât le trouble chez les peuples voisins par ses fraudes et ses rapines. Des chasseurs d'entre les Huns étant, selon leur coutume, en quête du gibier sur le rivage ultérieur du Palus-Méotide, virent tout à coup une biche se présenter devant eux. Elle entra dans le marais, et, tantôt s'avançant, tantôt s'arrêtant, elle semblait leur indiquer un chemin. Les chasseurs la suivirent, et traversèrent à pied le Palus-Méotide, qu'ils imaginaient aussi peu guéable que la mer; et puis quand la terre de Scythie, qu'ils ignoraient, leur apparut, soudain la biche disparut. Ces esprits dont les Huns sont descendus machinèrent cela, je crois, en haine des Scythes. Les Huns, qui ne se doutaient nullement qu'il y eût un autre monde au delà du Palus-Méotide, furent saisis d'étonnement à la vue de la terre de Scythie ; et comme ils ont de la sagacité, il leur sembla voir une protection surnaturelle dans la révélation de ce chemin que peut-être personne n'avait connu jusqu'alors. Ils retournent auprès des leurs, racontent ce qui s'est passé, vantent la Scythie, tant qu'enfin ils persuadent leur nation de les suivre, et se mettent en marche tous ensemble vers ces contrées, par le chemin que la biche leur a montré. Tous les Scythes qui tombêrent dans leurs mains dès leur arrivée, ils les immolèrent à la victoire; le reste fut vaincu et subjugué. A peine en effet eurent-ils passé cet immense marais, qu'ils entraînèrent comme un tourbillon les Alipzures, les Alcidzures, les Itamares, les Tuncasses et les Boïsques, qui demeuraient sur cette côte de la Scythie. Ils soumirent également par des attaques réitérées les Alains, leurs égaux dans les combats, mais ayant plus de douceur dans les traits et dans la manière de vivre. Aussi bien ceux-là même qui peut-être auraient pu résister à leurs armes ne pouvaient soutenir la vue de leurs effroyables visages, et s'enfuyaient à leur aspect, saisis d'une mortelle épouvante. En effet, leur teint est d'une horrible noirceur; leur face est plutôt, si l'on peut parler ainsi, une masse informe de chair, qu'un visage; et ils ont moins des yeux que des trous. Leur assurance et leur courage se trahissent dans leur terrible regard. Ils exercent leur cruauté jusque sur leurs enfants dès le premier jour de leur naissance; car à l'aide du fer ils taillent les joues des mâles, afin qu'avant de sucer le lait ils soient forcés de s'accoutumer aux blessures. Aussi vieillissent-ils sans barbe aprês une adolescence sans beauté, parce que les cicatrices que le fer laisse sur leur visage y étouffent le poil à l'âge où il sied si bien. Ils sont petits, mais déliés; libres dans leurs mouvements, et pleins d'agilité pour monter à cheval; les épaules larges; toujours armés de l'arc et prêts à lancer la flèche; le port assuré, la tête toujours dressée d'orgueil; sous la figure de l'homme, ils vivent avec la cruauté des bêtes féroces. Les mouvements rapides des Huns, leurs brigandages sur un grand nombre de peuples dont le bruit venait jusqu'à eux, jetèrent les Goths dans la consternation, et ils tinrent conseil avec leur roi sur ce qu'il fallait faire pour se mettre à couvert d'un si terrible ennemi. Ermanaric lui-même, malgré ses nombreux triomphes dont nous avons parlé plus haut, ne laissait pas d'être préoccupé de l'approche des Huns, quand il se vit trahi par la perfide nation des Roxolans, l'une de celles qui reconnaissaient son autorité. Voici à quelle occasion : Le mari d'une femme nommée Sanielh et de cette nation, l'ayant perfidement abandonné, le roi, transporté de fureur, commanda qu'on attachât cette femme à des chevaux sauvages, dont on excita encore la fougue, et qui la mirent en lambeaux. Mais ses frères, Ammius et Sarus, pour venger la mort de leur soeur, frappèrent de leur glaive Ermanaric au côté; et depuis cette blessure celui-ci ne fit plus que traîner dans un corps débile une vie languissante. Profitant de sa mauvaise santé, Balamir, roi des Huns, attaqua les Ostrogoths, qui dès lors furent abandonnés par les Visigoths , avec lesquels ils étaient unis depuis longtemps. Au milieu de ces événements, Ermanaric, accablé tant par les souffrances de sa blessure que par le chagrin de voir les courses des Huns, mourut fort vieux et rassasié de jours, à la cent dixième année de sa vie; et sa mort fournit aux Huns l'occasion de l'emporter sur ceux d'entre les Goths qui demeuraient, comme nous l'avons dit, du côté de l'orient, et qui portaient le nom d'Ostrogoths.

CHAPITRE XXV.

Les Visigoths, c'est-à-dire ceux d'entre les Goths qui demeuraient à l'occident, étaient, à cause des Huns, dans les mêmes alarmes que leurs frères, et ne savaient à quoi se résoudre. A la fin, après s'être longtemps consultés, ils tombèrent d'accord d'envoyer une députation en Romanie auprès de l'empereur Valens, frère de l'empereur Valentinien Ier, pour lui demander de leur céder une partie de la Thrace ou de la Moesie pour s'y établir. Ils s'engageaient en retour a vivre sous ses lois et à se soumettre à sou autorité; et, afin de lui inspirer plus de confiance, ils promettaient de se faire chrétiens, pourvu qu'il leur envoyât des prêtres qui parlassent leur langue. Valens leur accorda aussitôt avec joie une demande qu'il eût voulu leur adresser le premier. Il reçut les Goths.dans la Moesie, et les établit dans cette province comme le rempart de l'empire contre les attaques des autres nations. Et comme en ce temps-là cet empereur, infecté des erreurs perfides des ariens, avait fait fermer toutes les églises de notre croyance, il envoya vers eux des prédicateurs de sa secte, qui d'abord versèrent le venin de leur hérésie dans l'âme de ces nouveaux venus incultes et ignorants. C'est ainsi que, par les soins de l'empereur Valens, les Visigoths devinrent non pas chrétiens, mais ariens. Ceux-ci à leur tour annoncèrent l'Évangile tant aux Ostrogoths qu'aux Gépides, auxquels les unissaient les liens du sang et de l'amitié; ils leur transmirent leurs croyances hérétiques, et attirèrent de toutes parts aux pratiques de cette secte tous les peuples qui parlaient leur langue. En même temps ils passèrent le Danube, comme il a été dit, et s'établirent, avec le consentement de l'empereur, dans la Dacie Ripuaire, la Moesie et la Thrace.

CHAPITRE XXVI.

Il leur arriva ce qui d'ordinaire arrive à toute nation encore mal établie dans un pays : ils eurent la famine. Alors Fridigerne, Alathéus et Safrach , les plus considérables d'entre eux et leurs chefs, qui les gouvernaient à défaut de rois, prenant en pitié la disette de l'armée, supplièrent les généraux romains, Lupicinus et Maximus, de leur vendre des vivres. Mais à quels excès la soif impie de l'or ne porte-t-elle pas! Poussés par la cupidité, ceux-ci se mirent à leur vendre non seulement de la viande de brebis et de boeuf, mais encore de la chair de chien et d'animaux dégoûtants morts de maladie, et si chèrement, qu'ils exigeaient un esclave pour une livre de pain, dix livres pour un peu de viande. Bientôt les esclaves manquèrent, et les meubles aussi : alors ces sordides marchands, ne pouvant plus rien leur ôter, en vinrent jusqu'à leur de-mander leurs enfants; et les pères se résignèrent à les livrer, aimant mieux, dans leur sollicitude pour ces gages si chers, leur voir perdre la liberté que la vie. N'y a-t-il pas en effet plus d'humanité à vendre un homme pour lui assurer sa nourriture, qu'à le laisser mourir de faim pour le sauver de l'esclavage? Or il arriva, dans ce temps d'affliction, que Lupicinus, le général des Romains, invita Fridigerne, régule des Goths, à un festin : c'était un piège qu'il lui tendait, comme la suite le prouva. Fridigerne, sans défiance, vint au banquet avec une suite peu nombreuse; et voilà qu'étant à table dans l'intérieur du prétoire, il entendait les cris des malheureux qui mouraient de faim. Puis il s'aperçut qu'on avait renfermé ceux qui l'accompagnaient dans un lieu séparé, et que des soldats romains, par ordre de leur général, s'efforçaient de les massacrer. Les cris pénibles des mourants tonnaient à ses oreilles, et le remplissaient de soupçons. Tout à coup, ne pouvant plus douter des embûches qu'on lui tend, Fridigerne tire son glaive au milieu du festin; il sort précipitamment, non sans courir un grand danger, délivre les siens d'une mort certaine, et les excite à exterminer les Romains. Voyant s'offrir une occasion qu'ils appelaient de leurs voeux, ces vaillants hommes aimèrent mieux s'exposer à périr en combattant que par la famine, et prirent aussitôt les armes pour immoler les généraux Lupicinus et Maximus. Ce jour-là mit lin à la disette des Goths et à la sécurité des Romains. Les Goths commencèrent dès lors à ne plus être des étrangers et des fugitifs, mais des citoyens, et les maîtres absolus des possesseurs des terres; et ils tinrent sous leur autorité toutes les provinces septentrionales jusqu'au Danube. L'empereur Valens en apprit la nouvelle à Antioche, et aussitôt il fit prendre les armes à son armée, et se dirigea sur la Thrace. II y livra une bataille qui lui fut fatale, car les Goths le vainquirent. Blessé lui-même et fugitif, il se réfugia dans une ferme auprès d'Hadrianopolis. Les Goths, ne sachant point que cette chétive masure recelât l'empereur, y mirent le feu, qui, redoublant de violence, comme il arrive, le consuma dans sa pompe royale. Ainsi s'accomplit le jugement de Dieu, qui voulut qu'il fût brûlé par ceux qu'il avait égarés vers l'hérésie, quand ils lui demandaient d'être instruits dans la vraie foi, et qu'il avait détournés du feu de la charité pour les vouer aux flammes de l'enfer. Après cette victoire si glorieuse pour eux, les Goths, devenus maîtres de la Thrace et de la Dacie Ripuaire, s'y établirent, comme si ces contrées leur eussent tou jours appartenu.

CHAPITRE XXVII.

Cependant l'empereur Gratien choisit pour succéder à Valens son oncle Théodose, qu'il rappela d'Espagne et mit à la tête de l'empire d'O-rient. Bientôt la discipline militaire fut remise en vigueur; et les Goths, voyant bannies la mollesse et la négligence des anciens princes, eurent une grande crainte. Le nouvel empereur, pour relever le courage de l'armée, tempérait la sévérité du commandement par sa libéralité et sa douceur. Doué d'ailleurs d'un génie plein d'activité, il se faisait remarquer par sa bravoure autant que par sa prudence. Dès que I'avénement d'un prince plus digne de commander eut rendu la confiance aux troupes, elles s'enhardirent à attaquer les Goths, et les chassèrent de la Thrace; mais Théodose étant tombé si dangereusement malade qu'on désespérait presque de ses jours, les Goths reprirent de nouveau courage. Ils divisèrent leur armée : Fridigerne alla ravager la Thessalie, l'Épire et l'Achaïe, tandis qu'Alathéus et Safrach gagnaient la Pannonie avec le reste des troupes. L'empereur Gratien avait quitté Rome pour passer dans les Gaules à cause de l'irruption des Wandales, quand il apprit cette nouvelle. Voyant que, tandis que Théodose succombait sans espoir à une maladie fatale, les Goths étendaient leurs ravages, il rassembla une armée, et marcha aussitôt contre eux; mais ne se fiant point en ses forces, il aima mieux les réduire par des avances et des présents; et leur ayant accordé la paix et des vivres, il conclut avec eux un traité. PIus tard, quand l'empereur Théodose se rétablit, et qu'il eut connaissance des conventions que Gratien avait conclues entre les Goths et les Romains, cette alliance, que lui-même avait désirée, le combla de joie et il se tint au traité de paix.

Partager cet article
Repost0

Pages