
Dermatose nodulaire : 113 vaches vaccinées le 18/12 seront abattues le 2/01 malgré vaccination récente. Hypothèse : virus sauvage + vaccinal submerge le système immunitaire ? Comme à Samoa 2019 où vaccination massive en pleine épidémie a flambé les cas (5000+ et 83 morts).
L’exacerbation dépendante des anticorps (ADE) est une réponse immunitaire inadéquate à une réinfection ou à une vaccination. L’ADE a été décrite pour la grippe et la dengue : les patients déjà exposés sont susceptibles de développer une infection plus grave lorsqu’ils sont exposés à un virus d’un autre type que celui rencontré lors de la première infection. Les anticorps vaccinaux semblent également responsables d’un risque accru de forme grave chez une personne naïve.
Dans le cas de la COVID-19, l’ADE est probable avec les anticorps acquis après une infection ou une vaccination. L’aggravation de la maladie par la vaccination contre la rougeole a été démontrée pour les vaccins à virus inactivé.
Des cas de rougeole atypique ont également été décrits après l’administration du vaccin vivant atténué (VVA). Les mécanismes de l’ADE sont la pénétration dans les cellules de complexes virus-anticorps, favorisée par les récepteurs FcγR ou les récepteurs du complément, et par un déséquilibre entre les anticorps neutralisants et facilitateurs. Le rôle des anticorps maternels dans l’ADE a été suggéré après la vaccination antigrippale chez les porcelets. La facilitation de l’entrée du virus dans la cellule par fixation du complément et un déséquilibre entre les taux d’anticorps anti-hémagglutinine et anti-protéine de fusion ont été proposés comme mécanisme de la rougeole atypique après l’administration du vaccin inactivé. Les anticorps induits par le vaccin antirougeoleux vivant atténué (LAV) actuel peuvent provoquer une facilitation de l’infection par les anticorps (ADE) in vitro en se liant au récepteur FcγR et en induisant le même déséquilibre.
Une campagne de vaccination récente menée lors d’une épidémie et l’historique comparatif de la rougeole avant et pendant l’ère vaccinale pourraient alerter sur une possible ADE induite par le LAV actuel : elle pourrait être causée chez les nourrissons par des anticorps maternels et chez les adultes par une diminution de l’immunité vaccinale. L’amélioration du LAV actuel ou la mise au point d’un nouveau vaccin pourraient éliminer ce phénomène.