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23 février 2024 5 23 /02 /février /2024 10:15

Depuis la création de l'Etat Français ç'est à dire sous Clovis, il n'a jamais cessé de se poser la question d'indépendance nationale, en effet la France de part sa position est l'axe de passage du Nord vers le Sud. Une place stratégique souvent enviée, elle n'a réussie à se maintenir que grâce à sa cohésion hélàs le plus souvent à marche forcée, mais elle est restée depuis plus de 1500 ans indépendante vis à vis notamment du Saint Empire Romain Germanique et autrefois de l'empire Anglo Angevin des Plantagenêts.

La dernière guerre fût un mélange de soumission à l'occupant et de résistance ; les alliés de ce fait en profitèrent pour avancer leurs pions et s'accaparer le territoire, mais ç'était sans compter sur la poigne de fer de de Gaulle qui oeuvra pour libérer Paris, et la France par la Résistance (en effet le débarquement n'aurait pu avoir lieu sans l'appui, le sabotage des avancées allemandes vers la Normandie, j'en veux pour preuve les blocage de la colonne Elster dans l'Indre par exemple, les débarquements du Sud et de Normandie bien sûr)

C'est ainsi que la France fût libérée du joug nazi, mais également de l'annexion Américaine. De 1959 à 1969 ce sont les années de redressement, puis la suite n'est qu'une lente érosion du système un effondrement vis à vis des alliés commerciaux, pour finir aujourd'hui sous leur coupe ; par ce que les hommes politiques n'ont pas eut le courage, la volonté ou l'intégrité de ne pas suivre la voie Libérale générale imposée par les anglo-saxons, que vante tant Macron ! Et pourtant il suffit que chacun fasse son travail  ; imposer la voix de la France à l'extérieur.

 

Henry

 

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C’est un aspect souvent méconnu de la Seconde Guerre mondiale : les “libérateurs” américains avaient tout simplement l’intention d’occuper et de gouverner la France. C’est le plan AMGOT. Des billets de banque avaient été imprimés aux Etats-Unis pour servir de nouvelle monnaie française et des officiers américains avaient été spécialement formés pour administrer le territoire français.

L’Amgot
Monnaie Américaine (Amgot)
Gouvernement militaire allié des territoires occupés*

Le gouvernement militaire allié des territoires occupés, en anglais Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT), est la suite envisagée par les alliés anglo-américains notamment au débarquement du 6 juin 1944 sur les côtes de Normandie.

Ce gouvernement militaire d’occupation constitué est chargé d’administrer les territoires libérés au cours de la Seconde Guerre mondiale. Dès 1942, l’administration américaine avait prévu d’imposer à la France, comme aux futurs vaincus, Allemagne, Italie, Japon, un protectorat qui aurait aboli toute souveraineté, y compris le droit de battre monnaie. Mais la raison essentielle des alliés était d’annexer l’empire colonial français riche en matières premières et en bases militaires stratégiques.

Si ce gouvernement militaire a été établi avec succès dans certains pays, dans d’autres il a été considéré comme illégitime. C’est le cas de la France.

Opposition en France
Soutenu par une très large majorité de Français, le général de Gaulle, à la tête du Comité français de la libération nationale (CFLN), puis en France du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), s’oppose vigoureusement à l’AMGOT.

Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle évoque cette affaire : « Les troupes et les services qui s’apprêtent à débarquer sont munis d’une monnaie soi-disant française, fabriquée à l’étranger, que le gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas. »

Tract Allemand

Il convient de noter l’implication de Michel Debré, jeune membre du Conseil d’État (32 ans) au sein du Comité général d’études créé à la demande du Général. Le futur Premier ministre de Charles de Gaulle, premier Président de la VRépublique, organisa la désignation et la mise en place des préfets ou commissaires de la République en remplacement de ceux nommés par Vichy.

Ces commissaires de la République institués par le GPRF furent chargés du rétablissement de la légalité républicaine lors de la libération de la France en 1944 jusqu’au 22 mars 1946. Ils furent les représentants du général de Gaulle.

Leur mission consista à rétablir les libertés républicaines et l’autorité de l’État, en empêchant toute vacance du pouvoir, et de ce fait, l’installation d’une administration militaire alliée AMGOT.


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22 janvier 2024 1 22 /01 /janvier /2024 17:57
Pour ma part beaucoup trop de faits concordants mènent hélas à cette conclusion, Louis XVI n'a pas saisi l'opportunité de réformes de taxation sur la noblesse et le clergé notamment, ce qui aurait pu sauver son poste disons. En France à chaque fois que l'on agite la taxe sur les privilégiés, ceux ci se révoltent quitte à faire sombrer le navire et ç'est bien ce qui s'est passé. Manque de caractère, indécision, ç'est peut être ce qu'on peut lui reprocher dans un contexte climatique très défavorable (l'éruption du Laki en Islande 1783-1784) Mais en comparaison de ceux qui nous gouvernent on pourrait le qualifier de  saint et de loin

Henry

 

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Assassinat de Louis XVI : prémédité par la Franc-Maçonnerie en 1785
 
 

« Décapiter le Roi de France - Lieutenant du Christ - c'est un rite sacrificiel. Lorsque Louis XVI a été décapité, un homme a plongé un mouchoir dans son sang et a aspergé la foule. Sa mort a été un contre-baptême. On vit sous les effets négatifs de ce contre-baptême. »

Quel a été, en 1789, en 1792 et en 1793, le rôle exact de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution française ? s’interroge en 1904 l’historien et essayiste Maurice Talmeyr. Rapportant que la Franc-Maçonnerie consiste, dans un premier en temps et en apparence, surtout en bals, en banquets et en démonstrations de bienfaisance, il explique qu’il s’agit d’une simple façade, les philosophes des Lumières, et en tête Voltaire, s’appliquant méthodiquement à « maçonniser » les hautes classes de la société afin de préparer la Révolution et le renversement du régime monarchique, tandis qu’en 1785, un congrès de la Franc-Maçonnerie prémédite l’assassinat du roi Louis XVI...
 
Assassinat de Louis XVI : prémédité par la Franc-Maçonnerie en 1785
Par Maurice Talmeyr

Les documents authentiques, émanant de la Maçonnerie elle-même, ne peuvent pas, on le comprend, ne pas être rares sur le rôle exact de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution française, écrit Maurice Talmeyr. Une société secrète ne serait pas une société secrète, si elle ne prenait pas le plus grand soin de cacher tout ce qui peut renseigner sur elle, et les témoignages positifs, là où par principe on les supprime, ne peuvent nécessairement pas abonder.

Néanmoins, si le véritable témoignage nous fait souvent ainsi défaut, il n’en est pas de même de certains faits, singulièrement saisissants, et qui en arrivent, rapprochés les uns des autres, à produire une lumière presque aussi probante que la lumière même des documents. Or ces faits-là sont innombrables, et la démonstration qui en résulte, c’est qu’il n’est peut-être pas une seule des grandes journées de la Révolution qui n’ait pas été, plus ou moins longtemps à l’avance, machinée et répétée dans les Loges, comme on répète et comme on machine une pièce dans un théâtre...

Suivez donc avec un peu d’attention les faits qui vont vous être exposés, et vous verrez, comme de vos yeux, tout un grand pays violemment transformé, par la plus évidente des conspirations, en une immense et véritable Loge. Vous le verrez jeté par force dans toute une succession d’épreuves maçonniques graduées, dont les premières dissimulaient soigneusement le secret final, mais dont la dernière, dès le début, avait toujours dû être le meurtre du roi, pour aboutir au but suprême et caché, c’est-à-dire à la destruction de la nationalité elle-même !

Avant d’en arriver aux faits particuliers, nous constaterons d’abord un grand fait général, c’est que l’histoire de la Révolution a toujours joui, jusqu’ici, du privilège singulier d’être acceptée comme histoire, sans que personne, au fond, l’ait jamais expliquée. D’après les documents les moins niables, et contrairement à une légende audacieusement fabriquée, la nation française, comme masse populaire, en dehors d’une certaine noblesse, d’un certain clergé et d’une certaine bourgeoisie, était alors profondément catholique et royaliste.

Au moment même où on massacrait les prêtres, où l’on détruisait avec le plus de rage tout ce qui était de la Religion traditionnelle, on avait dû renoncer à interdire les processions dans Paris, où le peuple, comme l’établissent aujourd’hui les témoignages les plus précis, obligeait, en pleine Terreur, les patrouilles de sectionnaires à rendre dans la rue les honneurs au saint Sacrement.

Taine, dans La conquête jacobine, explique qu’alors, si un prêtre portant le viatique passe dans la rue, on voit la multitude « accourir de toutes parts pour se jeter à genoux, tous, hommes, femmes, jeunes et vieux, se précipitant en adoration ». Le jour où la châsse de Saint-Leu est portée en procession rue Saint-Martin, « tout le monde se prosterne : je n’ai pas vu, dit un spectateur attentif, un seul homme qui n’ait ôté son chapeau. Au corps de garde de la section Mauconseil, toute la force armée s’est mise sous les armes. » En même temps, « les citoyennes des Halles se concertaient pour savoir s’il n’y aurait pas moyen de tapisser. Dans la semaine qui suit, elles obligent le comité révolutionnaire de Saint-Eustache à autoriser une autre procession, et, cette fois encore, chacun s’agenouille ».

Quant au culte envers le prince, poursuit Talmeyr, il se prouve par les manifestations mêmes dirigées contre sa personne. Pendant deux ans, la Révolution se fait au cri de Vive le Roi ! Ensuite, la plupart même des hommes et des femmes d’émeute, soldés pour outrager le souverain, sont tout à coup ressaisis, en face de lui, de l’insurmontable amour de leur race, pour le descendant de ses monarques. Toute leur exaltation, en sa présence, tourne, comme en octobre 1789, en respect et en tendresse.

Que voit-on, au retour de Varennes, pendant que la famille royale prend son repas ? On voit le député révolutionnaire Barnave se tenant respectueusement debout derrière le roi, et le servant comme un valet de chambre ! Et ce sentiment catholique et royaliste, presque général à cette époque, se confirme, de façon certaine, par les chiffres mêmes des élections. Dès 1790, les ennemis de la Religion et de la Monarchie ne sont plus élus partout que par le dixième, puis par le quinzième, puis par le vingtième des électeurs. Taine constate, à Paris, aux assemblées primaires de 1791, un an déjà avant le 10 août, plus de soixante-quatorze mille abstenants sur quatre-vingt-un mille deux cents inscrits !

N’est-il pas rigoureusement vrai, en conséquence, que la Révolution, considérée comme mouvement national, ne peut pas s’expliquer ? On comprend une nation comme l’Amérique, chez qui la domination anglaise est impopulaire, et qui s’en débarrasse. On ne comprend pas une nation qui a la Religion et la Monarchie dans le sang, qui les veut, qui ne veut qu’elles, et qui les renverse avec fureur. Et cette Révolution-là est tellement inexplicable que tous les historiens, quels qu’ils soient, renoncent, en réalité, à l’expliquer, car les explications par la « fatalité », la « Providence », la « force des choses », le châtiment divin, ou l’ « anarchie spontanée », les seules qu’on nous ait encore données, ne sont pas des explications.

Plus loin, notre essayiste s’interroge : où en était, au dix-huitième siècle, la Franc-Maçonnerie en France ? Elle y daterait, exactement, d’après ses propres annuaires, de soixante-quatre ans avant la Révolution, de 1725, et ses deux premiers grands maîtres auraient été deux Anglais, lord Derwentwater, et lord Harnouester. Elle est ensuite présidée par un grand seigneur français, le duc d’Antin, puis par un prince du sang, Louis de Bourbon, comte de Clermont, puis, de 1771 à 1793, par le duc de Chartres, plus tard duc d’Orléans, et, plus tard encore, Philippe-Égalité (père de Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848).

Comme en témoigne la liste de ses grands maîtres, la Franc-Maçonnerie, dans la période immédiatement antérieure à la Révolution, ne cesse pas de suivre, malgré ses crises, une marche ascendante rapide. Elle devient à la mode, finit par faire fureur et le Grand Orient en arrive à créer ces fameuses Loges d’adoption où les femmes étaient admises. Les récipiendaires femmes, nous apprend M. d’Alméras, auteur d’une histoire de Cagliostro, et qui ne semble l’ennemi ni de Cagliostro, ni des Loges, sont des « actrices, des danseuses, des bourgeoises ou des grandes dames sans préjugés ».

Alors, en résumé, la Franc-Maçonnerie, au moins en apparence, consiste surtout en bals, en banquets, en démonstrations de bienfaisance. En 1775, la duchesse de Bourbon recevait le titre de grande maîtresse de toutes les Loges d’adoption de France, le duc de Chartres l’installait lui-même dans ce pontificat féminin, au milieu de fêtes magnifiques, et on faisait une quête, à la fin du banquet, en faveur « des pères et mères retenus en prison pour n’avoir pas payé les mois de nourrice de leurs enfants ».

Telle est, pendant toute cette période, la façade de la Franc-Maçonnerie. Elle est à la fois somptueuse et amusante, avec la promesse d’un mystère, probablement inoffensif, et peut-être même agréable, à l’intérieur de la maison. Sous prétexte de philanthropie, on s’y divertit énormément. On s’y mêle entre gens de la bonne société et de la moins bonne, dans l’illusion d’une égalité sociale qui ne manque pas toujours de piment. On se donne la sensation d’une vie en double où l’on s’appelle de noms de guerre, en échangeant des mots de passe. On se procure le petit frisson d’attendre quelque chose de secret qui sera peut-être défendu.

On joue en grand, en un mot, à ces jeux innocents qui ne le sont pas toujours, et un prodigieux enjouement jette toute la société dans ce jeu-là. Les plus honnêtes gens s’en mettent, et Marie-Antoinette écrit, à cette époque, à Mme de Lamballe : « J’ai lu avec grand intérêt ce qui s’est fait dans les loges franc-maçonniques que vous avez présidées, et dont vous m’avez tant amusée. Je vois qu’on n’y fait pas que de jolies chansons, et qu’on y fait aussi du bien. »

N’existait-il donc, cependant, aucun motif de se méfier ? Si, et certains Etats, dès le milieu du dix-huitième siècle, chassaient assez rudement ces francs-maçons qui s’attachaient en France, avec une si extraordinaire activité, à amuser les Français, à les faire danser, à chatouiller leur frivolité. Le pape Clément XII, en outre, avait lancé contre eux une bulle assez suggestive, dans laquelle il les comparait « aux voleurs qui percent la maison ». On pouvait donc, dès ce moment-là, ne pas déjà voir dans les Loges de simples lieux d’amusements, comme la malheureuse Marie-Antoinette.

Une société « maçonnisée », c’est donc bien celle qui précède immédiatement la Révolution. Elle s’est « maçonnisée » pour s’amuser, mais elle s’est « maçonnisée ». C’est l’atmosphère en dehors de laquelle il ne faut pas même essayer de voir cette époque, sous peine de n’en rien voir de vrai. Et Talmeyr d’expliquer que le « maçonnisme », dès trente ou quarante ans avant 1789, est si bien déjà devenu l’ambiance générale, que les philosophes, en réalité, ne répandent pas simplement leur philosophie par leurs écrits, mais se conjurent maçonniquement pour la répandre, et dans le sens rigoureux du mot...

Ecoutez Voltaire dans sa correspondance : « Il faut, écrit-il, agir en conjurés, et non pas en zélés... Que les philosophes véritables fassent une confrérie comme les Francs-Maçons... Que les mystères de Mithra ne soient pas divulgués... Frappez, et cachez votre main... »

En 1789, entre les atrocités de la prise de la Bastille et celles des massacres d’octobre, un certain Leroy, lieutenant des chasses royales, s’écriait avec des sanglots, lors d’un dîner qui avait lieu chez d’Angevilliers, intendant des Bâtiments du Roi : « J’étais le secrétaire du Comité à qui vous devez cette Révolution et j’en mourrai de douleur et de remords !... Ce Comité se tenait chez le baron d’Holbach... Nos principaux membres étaient d’Alembert, Turgot, Condorcet, Diderot, La Harpe, et ce Lamoignon qui s’est tué dans son parc !... La plupart de ces livres que vous avez vus paraître depuis longtemps contre la religion, les mœurs et le gouvernement étaient notre ouvrage, et nous les envoyions à des colporteurs qui les recevaient pour rien, ou presque rien, et les vendaient aux plus bas prix... Voilà ce qui a changé ce peuple, et l’a conduit au point où vous le voyez aujourd’hui... Oui, j’en mourrai de douleur et de remords... »

Les lettres de Voltaire en date de mars 1763 confirment ces faits : « Pourquoi les adorateurs de la raison, écrivait-il alors à Helvetius, restent-ils dans le silence et dans la crainte ? Qui les empêcherait d’avoir chez eux une petite imprimerie et de donner des ouvrages utiles et courts dont leurs amis seraient les seuls dépositaires ? C’est ainsi qu’en ont usé ceux qui ont imprimé les dernières volontés de ce bon et honnête curé Meslier... » Et il ajoute : « On oppose ainsi, au Pédagogue chrétien et au Pensez-y bien, de petits livres philosophiques qu’on a soin de répandre partout adroitement. On ne les vend point, on les donne à des personnes affidées qui les distribuent à des jeunes gens et à des femmes... »

En réalité, poursuit Maurice Talmeyr, la conjuration philosophique n’avait que très peu perverti le peuple, et par une excellente raison, c’est que le peuple ne savait pas lire. Elle avait surtout empoisonné les hautes classes. Mais cette philosophie qui est une conjuration, et qui machine, dans le mystère, avec des masques et des trahisons, l’application de ses préceptes, n’est-elle pas, pour une époque, toute une caractéristique ?

Notre essayiste rapporte la tenue à Wilhelmsbad (Allemagne), en 1781, d’un grand congrès de la Franc-Maçonnerie universelle, où les délégations arrivaient en masse, de France, de Belgique, de Suède, d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, d’Amérique, de tous les points du globe ! Est-il exact, comme on l’a dit, qu’on ait arrêté, dix ans d’avance, dans cette tenue de Wilhemsbad, la mise à mort de Louis XVI et presque toute la Terreur ? On peut affirmer, dans tous les cas, que, trois ans plus tard, la mort du roi de Suède et celle de Louis XVI étaient décidées dans une tenue de Francfort, en 1785, comme l’atteste une lettre du cardinal Mathieu, archevêque de Besançon :

« Il y a dans mon pays, écrit le cardinal Mathieu, un détail que je puis vous donner comme certain. Il y eut à Francfort, en 1785, une assemblée de Francs-Maçons où furent convoqués deux hommes considérables de Besançon, qui faisaient partie de la Société, M. de Reymond, inspecteur des postes, et M. Maire de Bouligney, président du Parlement. Dans cette réunion le meurtre du roi de Suède et celui de Louis XVI furent résolus. MM. de Reymond et de Bouligney revinrent consternés, en se promettant de ne jamais remettre les pieds dans une Loge, et de se garder le secret. Le dernier survivant l’a dit à M. Bourgon... Vous avez pu en entendre parler ici, car il a laissé une grande réputation de probité, de droiture et de fermeté parmi nous. Je l’ai beaucoup connu, et pendant bien longtemps, car je suis à Besançon depuis quarante-deux ans. »

Ce qu’on sait aussi, et avec certitude, c’est que la réunion de Wilhemsbad avait un épilogue dans le genre des révélations désespérées du malheureux M. Leroy. Le comte de Virieu, sur qui les Illuministes avaient cru pouvoir compter, et qui avait fait partie de la délégation française, revenait terrifié du Congrès, déclarait quitter la secte, et disait au baron de Gilliers : « Je ne vous révélerai pas ce qui s’est passé ; ce que je puis seulement vous dire, c’est que tout ceci est autrement sérieux que vous ne pensez. La conspiration qui se trame est si bien ourdie qu’il sera pour ainsi dire impossible à la Monarchie et à l’Église d’y échapper. »

Enfin, c’est également encore à cette époque que l’écrivain Cazotte, qui avait appartenu aux Illuministes français (alliés à la Franc-Maçonnerie), faisait un soir, dans un dîner, cette soi-disant prophétie dont la réalisation devait, évidemment, comporter une part de coïncidence, mais qui était aussi, avant tout, comme celles de Cagliostro, et sans aucun doute possible, de l’information anticipée. Il disait aux convives qui s’en amusaient beaucoup, trois ou quatre ans avant 1789 :

« Vous, Monsieur Bailly, et vous, Monsieur de Malesherbes, vous mourrez sur l’échafaud... Vous, Madame, on vous conduira en charrette, les mains liées derrière le dos, à la place des exécutions. — Mais, Monsieur le prophète, lui répondait en riant la duchesse de Grammont, ne me laisserez-vous pas au moins un confesseur ? — Non, Madame, non, lui répondait Cazotte énigmatique, non, vous n’en aurez pas, et le dernier supplicié qui en aura un, ce sera le roi !... », rapporte Louis Blanc dans son "Histoire de la Révolution française".
 
L'effroyable vérité dans des documents occultes de 1904
Maurice Talmeyr
 
(PDF gratuit ICI)

À travers une analyse minutieuse et éclairée, l'auteur explore le rôle majeur joué par la franc-maçonnerie dans la Révolution française, en dévoilant les liens étroits entre cette organisation secrète et les grandes figures révolutionnaires de l'époque.

Avec une plume claire et précise, Maurice Talmeyr retrace l'histoire de la franc-maçonnerie et de ses membres influents, qui ont contribué à la diffusion des idées nouvelles de liberté, d'égalité et de fraternité. Il démontre comment la franc-maçonnerie a servi de terreau fertile à la naissance d'un mouvement révolutionnaire puissant, qui a finalement renversé l'Ancien Régime et fondé la République.

Mais ce livre ne se contente pas de raconter l'histoire de la Révolution française. Il aborde également les questions sensibles et controversées, telles que le rôle des Illuminés de Bavière, la participation des francs-maçons à la Terreur, ou encore la véritable nature des idéaux révolutionnaires.

"La Franc-maçonnerie et la Révolution française" est un ouvrage essentiel pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la France et de l'Europe, mais aussi pour tous ceux qui cherchent à comprendre les fondements de la démocratie moderne et de la pensée politique contemporaine. 
 
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10 avril 2023 1 10 /04 /avril /2023 18:21

La coupe de Lycurgue est une remarquable pièce de technologie créée par les anciens Romains, dont les propriétés sont restées inégalées jusqu’au XXe siècle.

The Lycurgus Cup- A 4th-century Roman glass cage cup that changes color when lit from different ...

Son existence est un rappel poignant de la mesure dans laquelle les technologies complexes des civilisations passées peuvent être perdues dans l’histoire.

Cet artefact romain en verre, la coupe de Lycurgue, est non seulement le seul exemple qui subsiste de ce type de verre, mais il présente également la transformation de couleur la plus frappante. Considérée comme l’œuvre en verre la plus étonnante de son époque, elle présente des décorations d’une grande complexité.

L’élégance énigmatique de la coupe de Lycurgue

La coupe de Lycurgue, un extraordinaire artefact romain datant du IVe siècle après J.-C., fascine depuis longtemps les historiens, les artistes et les scientifiques. Ce calice de verre unique présente un design captivant, une fabrication remarquable et des propriétés optiques inhabituelles qui ont intrigué les experts pendant des siècles. Cet article se penche sur les cinq caractéristiques distinctes de la coupe de Lycurgue qui en font une pièce d’art et d’histoire tout à fait exceptionnelle.

Le verre dichroïque – un phénomène visuel de changement de couleur

L’une des caractéristiques les plus frappantes de la coupe de Lycurgue est sa composition en verre dichroïque, qui permet au récipient de changer de couleur en fonction des conditions d’éclairage. Lorsqu’elle est éclairée de face, la coupe présente une teinte verte sereine, tandis qu’un éclairage à contre-jour révèle un rouge ardent et vibrant. Cette propriété de changement de couleur est attribuée à la présence de minuscules nanoparticules d’or et d’argent dans le verre, une découverte qui a inspiré les applications modernes de la nanotechnologie.

Un design complexe – une représentation magistrale du mythe de Lycurgue

Le nom de la coupe provient de la scène détaillée qu’elle représente, où l’on voit le roi Lycurgue de Thrace enlacé dans des vignes pour le punir d’avoir défié Dionysos, le dieu grec du vin. La scène mythologique est réalisée de main de maître selon une technique élaborée appelée diatretum, qui consiste à découper le verre autour des personnages pour créer un effet tridimensionnel saisissant. Ce motif complexe souligne l’habileté et le savoir-faire exceptionnels des artisans romains qui ont créé la coupe.

Un testament des techniques verrières antiques – L’art du verre romain

La coupe de Lycurgue est un excellent exemple des techniques de verrerie avancées pratiquées par les Romains. La création du récipient a nécessité plusieurs processus complexes, notamment le soufflage du verre, la sculpture et le polissage. Le design délicat de la coupe et le contrôle précis des propriétés de changement de couleur du verre témoignent de l’expertise et des connaissances remarquables des artisans de l’Antiquité.

Un artefact rare et précieux – L’importance culturelle de la coupe de Lycurgue

La coupe de Lycurgue est le seul exemple complet connu d’un récipient romain diatrète, ce qui en fait un artefact incroyablement rare et précieux. Son importance culturelle est encore amplifiée par son lien avec l’histoire de l’Empire romain et la mythologie de l’époque.

La coupe a été conservée dans diverses collections au cours de l’histoire, notamment au prestigieux British Museum, où elle se trouve actuellement, captivant les visiteurs par son aspect mystique et son design complexe.

Applications modernes et inspiration scientifique : l’héritage de la coupe de Lycurgue

Les propriétés optiques uniques de la coupe de Lycurgue ont suscité l’intérêt des scientifiques, en particulier dans le domaine des nanotechnologies. Les chercheurs ont étudié la composition du verre de la coupe pour mieux comprendre comment les artisans de l’Antiquité ont obtenu l’effet dichroïque. Ces recherches ont conduit à des avancées dans la science des matériaux modernes, inspirant le développement de nouvelles technologies, telles que le verre à couleur changeante et les dispositifs optiques avancés.

L’enchantement durable de la coupe de Lycurgue

Avec ses propriétés hypnotiques de changement de couleur, son design complexe et son témoignage des anciennes techniques de verrerie, la coupe de Lycurgue continue de captiver l’imagination des historiens, des artistes et des scientifiques. Alors que nous nous efforçons de percer les secrets de cet artefact mystique, son héritage se perpétue, inspirant de nouvelles générations de chercheurs et d’artisans.

La coupe de Lycurgue est un exemple éclatant de l’habileté et de la créativité extraordinaires des artisans romains qui ont donné vie à cette pièce exceptionnelle de l’histoire. L’enchantement durable de la coupe de Lycurgue garantit que son histoire continuera d’être racontée et admirée dans les années à venir, comme un témoignage de l’éclat de l’artisanat antique et de la quête toujours en évolution de la connaissance.

En savoir plus :

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16 février 2023 4 16 /02 /février /2023 19:05

L'histoire du BND, de son fondateur Reinhard Gehlen et de ses loyaux services à Washington

 

 

« Les États-Unis occupent toujours essentiellement l'Allemagne, le Japon, la République de Corée et d'autres pays. En même temps, il les appelle cyniquement des alliés égaux… De quel type de coopération s'agit-il ? ». Cette question a été posée par le président russe Vladimir Poutine lors de son discours au Kremlin le 30 septembre 2022, lors de la signature des accords sur l'entrée des nouvelles régions dans la Fédération de Russie.

 

Des ex-nazis au service de l'Oncle Sam Comment les États-Unis ont pris le contrôle du principal service de renseignement allemand

 

Le président russe n'est pas entré dans les détails, mais il est difficile d'argumenter contre ses propos. Le pays le plus fort d'Europe occidentale, l'Allemagne, agit de plus en plus contre ses intérêts nationaux. Berlin coordonne son cours de politique étrangère avec Washington non seulement lors des sommets réguliers de l'OTAN et du G7, mais aussi par des canaux plus privés. L'un d'eux est le service de renseignement étranger de l'Allemagne, officiellement appelé Service fédéral de renseignement allemand (BND).

 

Ce département a été créé dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale par d'anciens officiers nazis et SS en tant qu'organisation de renseignement privée. Le contrôle du service était entièrement entre les mains des États-Unis et d'importantes opérations de renseignement ont été menées dans l'intérêt américain. De nombreuses enquêtes journalistiques permettent de conclure que la situation n'a pas beaucoup évolué à ce jour.

Nous rappelons l'histoire du renseignement allemand comme l'un des outils les plus fidèles aux mains des États-Unis.

 

Officier, espion, nazi

L'histoire du « renseignement allemand » est inextricablement liée à son fondateur Reinhard Gehlen. Il est né le 3 avril 1902 à Erfurt, en Prusse, une partie de l'Empire allemand, dans la famille de l'Oberleutnant à la retraite Walter Gehlen. La famille est issue de l'aristocratie flamande, où les hommes servaient traditionnellement dans l'armée.

 

 

Le jeune Gehlen a toutes les chances de rompre avec la tradition familiale - après la Première Guerre mondiale, aux termes du traité de Versailles, l'Allemagne est interdite d'avoir des établissements d'enseignement militaire.

Tout a changé quand Adolf Hitler est arrivé au pouvoir. Sous son règne, l'Allemagne a repris son cours vers la militarisation. L'une des premières étapes a été la restauration des établissements d'enseignement militaire, y compris le Collège d'état-major général. Le futur patron du BND était l'un de ses premiers diplômés.

 

En 1936, Gehlen est nommé officier du département opérationnel du groupe "Sud" de l'armée allemande, sous la direction de l'un des meilleurs généraux de la Seconde Guerre mondiale, Erich von Manstein. Cela a servi de tremplin pour sa future carrière militaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Reinhard a atteint le grade de lieutenant général et est devenu chef du renseignement militaire du commandement suprême de l'Abteilung Fremde Heere Ost (FHO) de l'armée allemande. Pendant les années de guerre, cette structure a collecté de grandes quantités de données sur le renseignement technique, militaire, stratégique et politique de l'Union soviétique.

 

Des ex-nazis au service de l'Oncle Sam Comment les États-Unis ont pris le contrôle du principal service de renseignement allemand 2

Reinhard Gehlen © Wikipédia

En fait, Gehlen doit entièrement sa brillante carrière militaire aux nazis d'Hitler.

En 1944, cependant, il était déjà conscient des perspectives décroissantes du régime. En tant qu'ardent anticommuniste, il a décidé de rejoindre l'un des alliés occidentaux prêts à payer cher ses services. Le chef du renseignement a ordonné que de nombreux documents de renseignement soient copiés et cachés dans des barils étanches. Ceux-ci ont ensuite été enterrés à divers endroits dans les Alpes autrichiennes.

 
 

Il n'a pas fallu longtemps pour trouver un acheteur. En juillet 1943, le département militaire du département américain de la Défense a formé le Département des projets spéciaux. Cette organisation a commencé à développer un programme secret de recyclage des prisonniers de guerre allemands.

Le 5 avril 1945, un mois avant la reddition de l'Allemagne, le lieutenant-général et ses aides, Gerhard Wessel et Hermann Bown, se sont rendus aux Américains, emportant avec eux les renseignements soviétiques recueillis pendant la guerre et les meilleurs pro-américains. personnel.

Peu de temps auparavant, le chef d'état-major de l'armée américaine, George Catlett Marshall Jr., avait accepté d'étudier les archives des formations militaires de la Wehrmacht sur le front de l'Est. Toujours en avril 1945, un accord a été conclu entre les services de renseignement de la Grande-Bretagne et des États-Unis pour étudier l'expérience de la conduite d'opérations militaires contre l'URSS. Gehlen, avec ses données et son expérience, a eu un excellent timing.

 
 

À son arrivée aux États-Unis, il reçut le pseudonyme de Hans Holbein et délivra un certificat de service pour dissimuler le fait que l'armée américaine coopérait avec des membres SS.

À la suite de l'accord de Gehlen avec le gouvernement américain, à partir de la mi-septembre 1945, des prisonniers de guerre dans un camp avec l'adresse postale PO Box 1142, Fort Hunt, Virginie, États-Unis ont commencé des travaux de recherche sous sa direction. Le projet portait le nom de code "B" (Bolero).

 

 

Le club à thème nazi

Selon les informations obtenues des archives de la CIA, environ 200 officiers ont participé au stratagème d'octobre 1945 à avril 1946. Le résultat de leur travail a été un document de 3 657 pages, préparé pour les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada.

 

En juillet 1946, le groupe Bolero de Gehlen a été fusionné avec une autre unité de renseignement composée d'anciens nazis. Il s'agit de Keystone, un service de surveillance des transmissions radio sur le territoire européen contrôlé par l'URSS. Il était dirigé par Herman Baun et situé à Oberursel, en Allemagne. L'opération conjointe de ces deux groupes portait le nom de code Rusty et leur tâche principale était de collecter des renseignements sur l'état des forces armées de l'URSS sur les territoires européens sous son contrôle.

Quelques mois plus tard, Gehlen et le gouvernement américain ont convenu de créer une agence d'espionnage à part entière appelée The Gehlen Organization. Il a lui-même dirigé l'organisation, restant son chef permanent jusqu'à son abolition.

Certaines des premières personnes que Gehlen a recrutées étaient des officiers SS et de la Gestapo qui ont reçu de faux noms et de faux documents.

 

Les archives déclassifiées de la CIA contiennent un dossier sur l'un des membres du personnel, Heina Paul Johannes, qui a servi dans des unités SS et a rejoint l'organisation sous le nom de Karl Schuetz.

 

Parmi les premiers à se joindre, il y avait les SS-Obersturmfuhrers Frans Goring et Hans Sommer, et le SS-Sturmfuhrer Herbert Stein.

 

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Reinhard Gehlen (homme au centre) et le personnel de l'unité de contre-espionnage de la Wermacht. © Getty Images / Bettmann / Contributeur

 

 

Gehlen a également accueilli le lieutenant-général Friedrich Wilhelm von Mellenthin , ancien commandant de la 4e armée Panzer ; le général de division Nichtke, qui commandait des divisions en Pologne et en Russie ; le général de division Rudolf Kleinkamp, ​​qui dirigeait le service du personnel du haut commandement de la Wehrmacht ; le lieutenant-colonel Heinz Gudernan ; le colonel von Kretschmer, ancien attaché militaire à Tokyo ; et d'autres soldats de la Wehrmacht.

Les postes de direction à la tête des groupes étaient occupés par d'anciens officiers SS que Gehlen connaissait personnellement. Le colonel Heinz Heer est devenu l'analyste en chef; Le colonel Ulrich Noack dirigeait le groupe de recherche sur l'économie de l'URSS ; Le capitaine Blossfeldt a mené les interrogatoires.

Les agents fournissant des informations à l'organisation étaient entièrement composés de citoyens pro-hitlériens qui ont participé aux hostilités actives pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne nazie.

Nouvelles activités des anciens nazis

Les données d'enregistrement officielles pour The Gehlen Organization manquent pour des raisons évidentes. Nous savons seulement qu'il a fonctionné sous différents noms : de 1949 à 1950 sous le nom de code "Offspring", de 1950 à 1951 sous le nom de "Odeum", et de 1951 à 1956 sous le nom de "Zipper".

 

L'activité principale de l'organisation était d'obtenir des renseignements dans les pays d'Europe de l'Est et en URSS.

Le 1er avril 1946, les opérations d'essai de la nouvelle organisation ont commencé et ont ensuite reçu une évaluation positive des représentants américains.

Cependant, la première opération majeure de l'Organisation Gehlen a été lancée en 1947 et portait le nom de code "Aktion Hermes". Son objectif était d'interroger systématiquement des centaines de milliers d'anciens prisonniers de guerre allemands, qui commençaient à revenir des camps soviétiques où ils avaient été contraints de participer à la reconstruction du pays.

Les agents de l'organisation occupent des postes permanents dans les camps de rapatriement des zones occidentales, puis en Allemagne. Presque tous les rapatriés – militaires et civils – ont été contactés par des agents qui lui ont demandé où ils étaient détenus et les usines où ils travaillaient. Les agents étaient principalement intéressés par les espions de l'autre côté.

Les sujets principaux étaient l'industrie soviétique, les armements, les télécommunications et l'attitude de la population envers le gouvernement.

 

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Reinhard Gehlen en tant que major-général en 1945. © Wikipedia

 

 

Lorsque les agents de Gehlen ont découvert une augmentation marquée de la production de chars et d'avions militaires en Union soviétique après 1945, la nouvelle a troublé l'armée américaine, qui a reçu tous les rapports.

En mai 1949, les services de renseignement britanniques ont également mené l'« opération Jungle », dont le but était de préparer et d'envoyer des détachements de sabotage opérant sous le couvert de mouvements de libération nationale dans les républiques baltes et la Pologne socialiste.

À la fin des années 1940, le MI6 a créé un centre spécial à Chelsea, à Londres, pour former des agents à envoyer dans les États baltes. L'opération était dirigée par Henry Carr, directeur du département nord-européen du MI6, et le chef de la branche baltique, Alexander McKibbin.

L'Organisation Gehlen a été chargée de sélectionner des agents pour l'opération parmi les anciens nazis.

Des agents ont été transportés vers les États baltes par voie maritime sous le couvert de la société fictive de transport maritime British Baltic Fishery Protection Service, qui opérait sur un bateau militaire à grande vitesse en temps de guerre.

 

Officiellement, l'entreprise était engagée dans la protection des pêcheurs ouest-allemands contre «l'arbitraire soviétique» en mer. Les bateaux ont été modifiés (avec des poids réduits pour augmenter la vitesse).

Pour cacher l'implication du gouvernement britannique au cas où le bateau serait saisi par la marine soviétique et que l'organisation Gehlen lui fournirait un équipage allemand.

Cependant, le ministère de la Sécurité d'État (MGB) de l'URSS a été informé de l'opération par l'intermédiaire de ses agents en Grande-Bretagne, et la quasi-totalité des 42 agents de la "Jungle" ont été arrêtés.

 

 

 

 

Une fête aux dépens de qui ?

Dans ses mémoires, Gehlen écrit : "Jusqu'en 1956, nous n'avions pas la possibilité de couvrir les salariés avec une assurance publique, puisque formellement, l'employeur n'existait pas."

Au stade initial de l'Organisation Gehlen, Washington l'utilisait comme une cellule de sa propre armée. C'est l'armée américaine qui s'est chargée d'équiper le groupe d' officiers de renseignement nazis d'outils techniques allant des machines à écrire au matériel radio nécessaire.

 

L'institution nouvellement créée était financée exclusivement par le budget américain et le nombre de fonds alloués, selon des rapports de diverses sources , variait de 1,5 million de dollars à 3,4 millions de dollars par an pour 50 employés.

 

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Gehlen, Reinhard Offizier, DErster Praesident des BND 1955-68- en conversation avec des officiers dans un camp de recrutement de l'Armée de libération russe. © ullstein bild / ullstein bild via Getty Images

 

 

De plus, l'armée américaine a fourni à l'organisation de l'argent ainsi que des biens de consommation provenant de ses entrepôts, qui ont été échangés sur le marché noir contre de l'argent, comme biens de troc ou utilisés comme moyen de paiement.

En septembre 1946, l'entreprise a reçu 160 000 cigarettes, 43 300 litres d'essence et environ 50 000 $ de l'armée américaine.

Au cours de la période de juillet à octobre 1948, 82 153 barres de chocolat, 67 150 paquets de cigarettes, 4 500 lames de rasoir et 1 815 paires de chaussettes en laine destinées à The Gehlen Organization ont été produites.

La journaliste américaine Mary Ellen Rees, dans son livre « General Reinhard Gehlen : The CIA Connection », a écrit :

« L'organisation en expansion rapide de Gehlen avait constamment besoin d'argent. Ce que l'armée américaine fournissait ne suffisait pas et le « marché noir » devenait sa principale source de revenus. Le système était tout aussi efficace et éhonté. L'armée a fourni à l'organisation de l'argent pour les fournitures, que les équipes spéciales de l'organisation ont vendues au «marché noir». À la suite de ces transactions, la division des affaires criminelles de l'armée américaine a confisqué les marchandises au motif qu'elles étaient entrées illégalement sur le « marché noir », et les a de nouveau prises dans sa propriété, qui s'est ensuite retrouvée à nouveau sur le « marché noir ». Après la réforme monétaire de juin 1948, lorsque le nouveau mark allemand fut introduit, ce cycle profitable devint une question de survie. Selon Gehlen, son pouvoir d'achat a alors diminué de 70 % ».

En 1949, l'organisation Gehlen est devenue subordonnée à la CIA et est restée sous son contrôle jusqu'à ce que l'Allemagne établisse son propre gouvernement, pour lequel l'organisation a commencé à travailler.

Parmi les documents trouvés dans les archives de la CIA figurait la masse salariale de l'organisation. À l'époque, le salaire de chaque employé variait de 500 à 900 dollars américains.

Dès le début des années 1950, l'économie allemande finance l'institution par le biais d'une agence au nom de code « Institut de recherche industrielle ».

 

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Dôme du bâtiment du Reichstag, Berlin, Allemagne. © Getty Images / Hans-Peter Merten

 

 

En 1951, l'organisation a reçu 600 000 Deutsche Marks des sociétés partenaires Standart Elektrik AG, Rodenstock et Messerschmitt.

À partir de 1954, un financement mensuel a été fourni par Bonn à hauteur de 30 000 Deutsche Marks. L'argent provenait également du Reptilienfonds du chancelier fédéral .

La naissance du service de renseignement allemand

En juin 1950, Gehlen exprima son opinion en faveur de la création d'un service de renseignement étranger ouest-allemand à Hans Globke, secrétaire d'État au bureau du chancelier fédéral, et en septembre de la même année, il s'adressa au chancelier fédéral Konrad Adenauer. lui-même.

Ses opinions ont finalement trouvé un soutien en raison de l'évolution de la situation dans la politique internationale.

En juin 1950, la guerre de Corée a commencé, ce qui a clairement montré que la «guerre froide» pouvait se transformer en véritable combat à tout moment.

Dans l'Allemagne divisée, deux systèmes sociaux opposés - le communisme et le capitalisme - se faisaient littéralement face. La nouvelle guerre en Asie a souligné le besoin vital de collecter des informations sur l'ennemi et a déterminé le cours des priorités du renseignement.

La conjoncture était du côté de l'espionnage militaire - principalement contre les troupes en Allemagne de l'Est ("renseignement à courte portée"), ainsi qu'en Pologne, en Tchécoslovaquie et dans d'autres pays du bloc de l'Est, y compris la Yougoslavie et l'Albanie ("renseignement approfondi") et en Union soviétique elle-même ("renseignement à longue portée").

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Timbre soviétique de 1950, représentant les drapeaux et les peuples des États communistes, y compris ceux d'Europe de l'Est. © Wikipédia

 

 

Les efforts intensifs pour inclure l'Organisation Gehlen dans la structure du gouvernement fédéral et assurer ainsi son financement budgétaire ont été couronnés de succès cinq ans plus tard, lorsque le 11 juillet 1955, le Cabinet des ministres a finalement décidé de prendre le contrôle de l'organisation et de la subordonner. au Bureau du Chancelier fédéral.

Moins d'un an plus tard, le 1er avril 1956, l'Organisation Gehlen est finalement transformée en BND, mais sa structure n'a en rien changé. Gehlen lui-même est resté le chef permanent du renseignement pendant encore 12 ans.

Il n'y a pas de chiffres officiels ou de données indépendantes scientifiquement fondées sur l'évolution du nombre d'employés de la BND depuis 1956. Selon l'opinion généralement admise en RDA, le nombre d'employés a doublé de 1 245 personnes en 1956 à 2 500 en 1963, puis a de nouveau doublé à cinq. mille en 1968 et en 1977, le BND employait 6 500 fonctionnaires, employés, ouvriers et officiers envoyés de la Bundeswehr.

De vieilles habitudes sous un nouveau statut

Bien que le BND soit officiellement devenu le service de renseignement souverain d'un État formellement souverain, il a continué à effectuer des tâches dans l'intérêt du gouvernement américain.

Ceci est confirmé par une enquête du Washington Post et de la chaîne allemande ZDF.

L'enquête fait référence aux documents de la CIA et du BND et indique que pendant un demi-siècle à partir des années 1950, la CIA en collaboration avec le BND a lu la correspondance secrète des gouvernements de 120 pays, en tirant des bénéfices financiers de plusieurs millions de dollars. . Cela a été réalisé par l'intermédiaire de la société suisse Crypto AG, qui produit des équipements de cryptage.

Il y a beaucoup à penser que l'agence de renseignement allemande continue de mener ses activités dans l'intérêt des États-Unis à ce jour.

Par exemple, en 2015, le journal allemand Bild am Sonntag, faisant référence à une déclaration électronique du BND, a rapporté que, sur ordre de l'agence de sécurité nationale américaine (NSA), l'organisation de renseignement allemande avait collecté des informations sur l'Autriche, en utilisant des mots-clés tels que bundesamt (agence fédérale), gov (gouvernement), diplo (institutions diplomatiques, ministère des Affaires étrangères).

La publication avait précédemment rapporté que le BND avait aidé l'Agence de sécurité nationale à mener des activités d'espionnage contre des membres du gouvernement français et de la Commission européenne.

Le service de renseignement de tout pays est un signe de sa souveraineté et un outil pour résoudre les tâches de l'État subordonnées aux intérêts nationaux.

Partant de ce qui précède, ainsi que de l'histoire d'une agence aussi stratégiquement importante que le BND, il peut être raisonnable de conclure que l'Allemagne n'est pas pleinement souveraine pour le moment.

Par 'R-Techno', société de renseignement privée. 

Greatgameindia .

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15 février 2023 3 15 /02 /février /2023 17:57
A propos de l'auteur

Yuri Rubtsov  est docteur en sciences historiques, académicien de l'Académie russe des sciences militaires et membre de l'Association internationale des historiens de la Seconde Guerre mondiale.

Image en vedette : Adolf Hitler, Hjalmar Schacht et Prescott Bush (famille père Bush Président USA) (Source : The Canadian Patriot )

 

Wall Street a aidé les Alliés à financer leur triomphe de la Seconde Guerre mondiale. Mais comme d'habitude, ils ont couvert leurs paris.

JP Morgan a aidé la reconstruction de l'Allemagne après la guerre mondiale IJP Morgan, sous la direction du gouverneur de la Banque d'Angleterre, a dirigé la renégociation des paiements de réparation et organisé d'autres banques de Wall Street pour renflouer l' Allemagne avec des prêts. Cela ne s'est pas arrêté là.

Selon John Strausbaugh, l'auteur du livre « Victory City, A History Of New York and New Yorkers during World War II » : 

Via la [Banque des règlements internationaux], les banquiers américains et britanniques entretenaient une amitié essentiellement secrète avec leurs homologues nazis et japonais tout au long de la Seconde Guerre mondiale, tandis que des milliers et des milliers d'hommes américains et britanniques en uniforme étaient tués et mutilés dans le combat. vaincre les nazis et les japonais.

Les banquiers d'Hitler , Anthony Isola, 6 février 2019

Vous trouverez ci-dessous un article écrit par l'historien russe Yuri Rubtsov. La source originale de cet article était  Fort Russ tel que traduit du russe par Ollie Richardson pour Fort Russ. La version Fort Russ n'est plus disponible sur Internet. Cependant, une version en russe publiée en 2016 peut être trouvée sur ru-polit.livejournal  ICI . Il a été initialement publié en 2009.

 

 

Par Yuri Rubtsov republié de Global Research

De la Première Guerre mondiale à nos jours : la dette exprimée en dollars a été le moteur de toutes les guerres anticipées par les États-Unis.

Les créateurs de Wall Street sont les principaux acteurs. Ils étaient appelés derrière l'Allemagne nazie. Ils ont financé l'opération Barbarossa et l'invasion de l'Union soviétique.

Les Rockefeller ont financé la campagne électorale d'Hitler.

Wall Street a également « nommé » le chef de la Banque centrale allemande (Reichsbank).

Michel Chossudovsky, 3 décembre 2022

Il y a plus de 80 ans a commencé le plus grand carnage de l'histoire : la Seconde Guerre mondiale.

Si nous voulons aborder le problème de la « responsabilité de la guerre » , nous devons d'abord répondre aux questions clés suivantes :

  • Qui a aidé les nazis à prendre le pouvoir ?
  • Qui les a envoyés vers la catastrophe mondiale ?

Toute l'histoire d'avant-guerre de l'Allemagne montre que la fourniture des politiques "nécessaires" a été gérée par la tourmente financière dans laquelle le monde a été plongé à la suite de la Première Guerre mondiale. 

Les structures clés qui ont défini la stratégie de développement d'après-guerre de l'Occident étaient  les institutions financières centrales de la Grande-Bretagne et des États-Unis - la Banque d'Angleterre et le Federal Reserve System (FRS)  - et les organisations financières et industrielles associées définies comme un moyen d'établir un contrôle absolu sur le système financier de l'Allemagne et sa capacité à contrôler les processus politiques en Europe centrale.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, les étapes suivantes ont été décrites :

  1. De 1919 à 1924 –  pour préparer le terrain à un investissement financier américain massif dans l'économie allemande ;
  2. De 1924 à 1929 –  établissement du contrôle sur le système financier de l'Allemagne et soutien financier au nazisme (« socialisme national ») ;
  3. De 1929 à 1933 – provoquèrent et déclenchant une crise financière et économique profonde et  assurant l'arrivée au pouvoir des nazis ;
  4. De 1933 à 1939 –  coopération financière avec le gouvernement nazi et soutien à sa politique étrangère expansionniste,  visant à préparer et réaliser une nouvelle guerre mondiale.
« Réparations de guerre » de la Première Guerre mondiale

Dans un premier temps,  les principaux leviers pour assurer la pénétration du capital américain en Europe ont commencé avec les dettes de guerre de la Première Guerre mondiale  et le problème résolu lié aux  réparations allemandes. 

Après l'entrée officielle des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, ils ont accordé aux alliés, principalement l'Angleterre et la France, des prêts d'un montant de 8,8 milliards de dollars. La somme totale des dettes de guerre, y compris les prêts accordés aux États-Unis en 1919-1921, s'élevait à plus de 11 milliards de dollars.

Pour résoudre ce problème,  les pays créanciers ont essayé d'imposer des conditions extrêmement difficiles pour le paiement des réparations de guerre aux dépens de l'Allemagne.  Cela a été amélioré par la fuite des capitaux allemands à l'étranger et le refus de payer des impôts qui ont conduit à un déficit budgétaire de l'État qui ne pouvait être couvert que par la production de masse de marques allemandes non garanties.

Le résultat a été l'effondrement de la monnaie allemande -  la "grande inflation" de 1923 - lorsque le dollar valait 4,2 milliards de marks. Les industriels allemands ont commencé à saboter ouvertement toutes les activités de paiement des obligations de réparation, ce qui a finalement provoqué la fameuse «crise de la Ruhr» - l'occupation franco-belge de la Ruhr en janvier 1923.

Les élites dirigeantes anglo-américaines, pour prendre elles-mêmes l'initiative, ont attendu que la France se lance dans une aventure hasardeuse et prouve son incapacité à résoudre le problème. Le secrétaire d'État américain Hughes a souligné : « Il faut attendre que l'Europe mûrisse pour accepter la proposition américaine.

Le nouveau projet a été élaboré dans les profondeurs de JP Morgan & Co. sous la direction du patron de la Banque d'Angleterre,  Montagu Norman . Au cœur de ses idées se trouve le représentant de la « Dresdner Bank »  Hjalmar Schacht , qui la formule en mars 1922 à la suggestion de  John Foster Dulles , futur secrétaire d'État au cabinet du  président Eisenhower et conseiller juridique du  président W. Wilson ,  à la conférence de paix de Paris.

Dulles a remis cette note au fiduciaire en chef JP Morgan & Co., qui a ensuite recommandé Schacht  en consultation avec  Montagu Norman,  gouverneur de la Banque d'Angleterre.

En décembre 1923,  Schacht devient directeur de la Reichsbank et joue un rôle déterminant dans le rapprochement des élites financières anglo-américaines et allemandes.

À l'été 1924, le projet dit  « plan Dawes » - du nom du président du comité d'experts qui l'a créé, un banquier américain et directeur d'une des banques du groupe Morgan - est adopté à la conférence de Londres . Il a appelé à réduire de moitié les réparations et à résoudre la question des sources de leur couverture. Cependant, la tâche principale était d'assurer des conditions favorables aux investissements américains , ce qui n'était possible qu'avec la stabilisation du mark allemand. 

À cette fin, le plan a été accordé à l'Allemagne un prêt important de 200 millions de dollars, dont la moitié était due à JP Morgan.

Alors que les banques anglo-américaines ont pris le contrôle non seulement du transfert des paiements allemands mais aussi du budget, du système de circulation monétaire et dans une large mesure du système de crédit du pays.

La République de Weimar

En août 1924, l'ancien Mark allemand a été remplacé par une nouvelle situation financière stabilisée en Allemagne et, comme l'a écrit le chercheur GD Preparta, la République de Weimar était préparée pour :

L'aide économique la plus pittoresque de l'histoire, suivie de la moisson la plus amère de l'histoire du monde -  un flot imparable de sang américain versé dans les veines financières de l'Allemagne.

Les conséquences n'ont pas tardé à apparaître.

Cela était principalement dû au fait que les réparations annuelles devaient couvrir le montant de la dette payée par les alliés, formés par le soi-disant « cercle absurde de Weimar ».

L'or que l'Allemagne a payé sous forme de réparations de guerre a été  vendu, mis en gage et a disparu aux États-Unis, où il a été restitué à l'Allemagne sous la forme d'un plan d'aide ",  qui l'a donné à l'Angleterre et à la France, et elles, devaient à leur tour payer la dette de guerre des États-Unis. Il a ensuite été recouvert avec intérêt et de nouveau envoyé en Allemagne. En fin de compte, tous en Allemagne vivaient endettés [étaient endettés], et  il était clair que si Wall Street retirait ses prêts, le pays souffrait d'une faillite complète.

Deuxièmement, bien qu'un crédit formel ait été émis pour garantir le paiement, il s'agissait en fait de la restauration du potentiel militaro-industriel du pays.

Le fait est que les Allemands ont été payés en actions d'entreprises pour les prêts, de sorte que le capital américain a commencé à s'intégrer dans l'économie allemande.

Le montant total des investissements étrangers dans l'industrie allemande au cours de la période 1924-1929 s'élève à près de 63 milliards de marks-or, 30 milliards d'emprunts et le paiement des réparations - 10 milliards de marks. 70 % des revenus étaient fournis par les banques des États-Unis, et la plupart des banques appartenaient à JP Morgan. En conséquence, en 1929, l'industrie allemande occupait la deuxième place mondiale, mais elle était largement aux mains des principaux groupes industriels et financiers américains.

 

Investissements américains dans l'Allemagne nazie. Rockefeller a financé la campagne électorale d'Adolf Hitler

« Interessen-Gemeinschaft Farbenindustrie », principal fournisseur de la machine de guerre allemande, financée à 45 % de la campagne électorale d'Hitler en 1930,  et était sous le contrôle de la Standard Oil de Rockefeller.

Morgan, par l'intermédiaire de General Electric, contrôlait l'industrie allemande de la radio et de l'électricité via AEG et Siemens  (jusqu'en 1933, 30 % des actions d'AEG possédaient General Electric) via la société de télécommunications ITT - 40% du réseau téléphonique en Allemagne.

En outre,  ils détenaient une participation de 30 % dans la société de fabrication d'avions Focke-Wulf .

General Motors, appartenant à la famille DuPont, prend le contrôle d'Opel.

Henry Ford contrôlait 100% des actions de Volkswagen.

En 1926, avec la participation de la Rockefeller Bank Dillon, Reed & Co., le deuxième monopole industriel en Allemagne après IG Farben a émergé - la société métallurgique Vereinigte Stahlwerke (Steel Trust) Thyssen, Flick, Wolff, Feglera etc.

La coopération américaine avec le complexe militaro-industriel allemand  était si intense et omniprésente qu'en 1933, les secteurs clés de l'industrie allemande et les grandes banques telles que Deutsche Bank, Dresdner Bank, Danat-Bank (Darmstädter und Nationalbank), etc. .étaient sous le contrôle de la capitale financière américaine.

La force politique qui devait jouer un rôle crucial dans les plans anglo-américains se préparait simultanément. Nous parlons du financement du parti nazi et d'Adolf Hitler personnellement.

Comme l'a écrit l'ancien  chancelier allemand Brüning  dans ses mémoires, depuis 1923, Hitler a reçu de grosses sommes de l'étranger. On ne sait pas où ils sont allés, mais ils ont été reçus par des banques suisses et suédoises.

On sait également qu'en 1922 à Munich, une rencontre eut lieu entre Hitler et l'attaché militaire des États-Unis en Allemagne, le capitaine Truman Smith , qui rédigea un rapport détaillé pour ses supérieurs de Washington (au bureau du renseignement militaire) , en qu'il parlait hautement d'Hitler.

C'est par le biais du cercle de connaissances de Smith qu'Hitler a été présenté pour la première fois à l'homme d'affaires germano-américain  Ernst Franz Sedgwick Hanfstaengl , diplômé de l'Université de Harvard qui a joué un rôle important dans la formation d'Hitler en tant que politicien, soutenu par un soutien financier important, tout en le sécurisant. liens et communication avec des personnalités éminentes de l'établissement britannique.

Hitler était préparé en politique, cependant, alors que l'Allemagne sous la République de Weimar régnait, son parti restait à la périphérie de la vie publique. La situation a radicalement changé avec le début de la crise financière de 1929.

Depuis l'automne 1929, après l'effondrement de la bourse américaine déclenchée par la Réserve fédérale, la troisième étape de la stratégie de l'établissement financier anglo-américain a commencé.

La Réserve fédérale et JP Morgan ont décidé d'arrêter de prêter à l'Allemagne, inspirés par la crise bancaire et la dépression économique en Europe centrale. En septembre 1931, l'Angleterre abandonne l'étalon-or, détruisant délibérément le système international des paiements et coupant complètement le flux d'« oxygène financier » vers la République de Weimar.

Mais un miracle financier se produisit avec le parti nazi : en septembre 1930, grâce à d'importants dons de Thyssen, IG Farben et de l'industriel  Emil Kirdorf , fervent partisan d'Adolf Hitler, le parti nazi obtint 6,4 millions de voix, et se classe deuxième. place au Reichstag, après quoi des investissements généreux de l'étranger ont été activés.

Le lien principal entre les grands industriels allemands et les financiers étrangers devient Schacht .

 

 

Accord secret de 1932 : Wall Street finance le parti nazi d'Hitler 

Le 4 janvier 1932, une rencontre à lieu entre le financier britannique  Montagu Norman, gouverneur de la Banque d'Angleterre , Adolf Hitler et  Franz Von Papen, qui devient chancelier quelques mois plus tard en mai 1932. Lors de cette rencontre, un accord sur le financement du  Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei  (NSDAP ou parti nazi) a été atteint.

Cette réunion a également été suivie par des décideurs américains et  les frères Dulles , ce que leurs biographes n'aiment pas essayé.

Un an plus tard, le 14 janvier 1933, une autre réunion eu lieu entre Adolph Hitler, le financier allemand  Baron Kurt von Schroeder, le chancelier Franz von Papen et le conseiller économique d'Hitler  Wilhelm Keppler  , où le programme d'Hitler a été approuvé.

C'est là qu'ils ont finalement résolu la question du transfert du pouvoir aux nazis, et  le 30 janvier 1933, Hitler est devenu chancelier . La mise en œuvre de la quatrième étape de la stratégie a ainsi commencé.

L'attitude des élites dirigeantes anglo-américaines vis-à-vis du nouveau gouvernement nazi était très sympathique.

Lorsque Hitler a refusé de payer les réparations, ce qui, naturellement, remettait en cause le paiement des dettes de guerre, ni la Grande-Bretagne ni la France ne lui ont montré les créances des paiements. De plus, après sa visite aux États-Unis en mai 1933, Schacht est redevenu à la tête de la Reichsbank et, après sa rencontre avec le président américain et les grands banquiers de Wall Street, l'Amérique a accordé à l'Allemagne de nouveaux prêts d'un montant total de 1 milliard de dollars.

En juin, lors d'un voyage à Londres et d'une rencontre avec Montagu Norman, Schacht a également demandé un prêt britannique de 2 milliards de dollars et une réduction et une cessation des paiements sur les anciens emprunts.

Ainsi, les nazis ont obtenu ce qu'ils n'avaient pas pu obtenir avec le gouvernement précédent.

À l'été 1934,  la Grande-Bretagne signe l'accord de transfert anglo-allemand, qui devient l'un des fondements de la politique britannique envers le Troisième Reich,  et à la fin des années 1930, l'Allemagne devient le principal partenaire commercial d'Angleterre.

La Schroeder Bank est devenue le principal agent de l'Allemagne au Royaume-Uni et, en 1936, son bureau de New York s'est associé aux Rockefeller pour créer la Schroeder, Rockefeller & Co. Investment Bank, que le Times Magazine appelait « l'axe de propagande économique de Berlin-Rome  »  . .”

Comme Hitler l'a lui-même admis, il a conçu son plan quadriennal sur la base de prêts financiers étrangers, de sorte qu'il ne lui a jamais inspiré la moindre alarme.

En août 1934, la Standard Oil américaine [détenue par les Rockefeller] en Allemagne a acquis 730 000 acres de terrain et a intégré de grandes raffineries de pétrole qui ont approvisionné les nazis en pétrole . Dans le même temps,  l'Allemagne a secrètement pris la livraison des équipements les plus modernes pour les usines d'avions des États-Unis,  qui commençaient la production d'avions allemands.

L'Allemagne a reçu un grand nombre de brevets militaires des sociétés américaines Pratt et Whitney, Douglas, Curtis Wright, et la technologie américaine construit le "Junkers-87". En 1941, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage, les investissements américains dans l'économie de l'Allemagne s'élevaient à 475 millions de dollars. Standard Oil a investi 120 millions de dollars, General Motors 35 millions de dollars, ITT 30 millions de dollars et Ford 17,5 millions de dollars.

L'étroite coopération financière et économique des milieux d'affaires anglo-américains et nazis a été le contexte dans lequel, dans les années 1930, une politique d'apaisement a conduit à la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd'hui, les élites financières mondiales ont mis en place la  Grande Dépression 2.0 [2008] , avec une transition de suivi vers un  « Nouvel Ordre Mondial ».

 

Source

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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 18:40

Vous pouvez suivre les replay de "La belle Histoire de France" avec Franck Ferrand, Marc Menant animés par  l'excellente Christine Kelly. Des émissions de qualité, passionnantes dont on ne se lasse pas !

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 18:52

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 18:23

La Magna Carta est un pacte conclu durant l’été 1215 entre le roi d’Angleterre Jean sans Terre et un groupe de barons en révolte. Cet accord porte sur des questions de fiscalité, de droits féodaux et de justice.

 

La Magna Carta Libertatum ou Grande Charte est une charte de soixante-trois articles arrachés par le baronnage anglais au roi Jean sans Terre le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai.

 

Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France à Bouvines et à La Roche-aux-Moines.

 

Ce texte limite l’arbitraire royal et établit en droit l’Habeas corpus qui empêche, entre autres, l’emprisonnement arbitraire. Il garantit les droits féodaux, les libertés des villes contre l’arbitraire royal et institue le contrôle de l’impôt par le Grand Conseil du Royaume. L’archevêque de Cantorbéry Étienne Langton défend ardemment les barons, son nom restant le premier à avoir été apposé en qualité de témoin de la Grande Charte. Lorsque le pape excommunie les barons, Étienne Langton refuse de publier l’interdit et est suspendu par le pape.

 

Cette charte est la plus ancienne manifestation importante d’un long processus historique qui a conduit aux règles de légalité constitutionnelle dans les pays anglo-saxons. Il existe dans le droit public un certain nombre de conceptions erronées au sujet de la Grande Charte, on dit ainsi qu’elle fut le premier document à limiter légalement le pouvoir d’un roi anglais (ce n’était pas le premier et elle a été créée en se fondant partiellement sur la Charte des libertés) ; qu’elle a effectivement limité le pouvoir du roi (elle ne l’a guère fait au Moyen Âge).

 

La Grande Charte a été renouvelée pendant tout le Moyen Âge et plus tard à l’époque des Stuarts, celle des Tudors et aux 17ème et 18ème siècles. Au début du 19ème siècle la plupart des clauses avaient été abrogées dans la loi anglaise. L’influence de la Grande Charte hors d’Angleterre peut se remarquer dans la Constitution des États-Unis et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. En effet, à peu près chaque pays de common law qui possède une constitution a subi l’influence de la Grande Charte, ce qui en fait peut-être le document juridique le plus important dans l’histoire de la démocratie moderne, mais il marque surtout le passage d’un État simple absolu, à celui d’un État de droit, du fait de la limitation du pouvoir royal qu’il pose.

 


 

Time : 4 mn 14 / [1/2]

 

Le 15 juin 1215, les barons anglais imposent à Jean sans Terre, le plus jeune fils d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt, un traité qui sera plus tard connu sous le nom de Grande Charte.

 

Jean sans Terre (en anglais John Lackland) doit son surnom à ce qu’il n’a pas reçu de terres en apanage à sa naissance, à la différence de ses frères. Violent et sans scrupules, il réussit à se faire haïr de la noblesse comme des bourgeois, du clergé et des paysans.

 


 

Les événements qui ont conduit à la Grande Charte

Après la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066 et les acquisitions territoriales réalisées au 12ème siècle, le roi anglais, Richard Cœur de Lion apparaît en 1199, année de sa mort, comme le plus puissant souverain de la chrétienté. C’était dû à un certain nombre de facteurs dont une centralisation gouvernementale très étudiée, créée selon les procédures des nouveaux maîtres normands combinées avec les systèmes de gouvernement des indigènes anglo-saxons et l’extension à l’Angleterre de la féodalité normande. Mais après le couronnement du roi Jean sans Terre, au début du 13ème siècle, une série d’échecs retentissants qu’il subit conduisit les barons anglais à se révolter et à placer sous surveillance le pouvoir du roi.

 

 

La France

Une cause importante de mécontentement dans le royaume était l’action de Jean sans Terre en France. Au moment de son accession au trône après la mort de Richard, il n’existait aucune règle précise pour définir l’hérédité de la couronne. Jean sans Terre, comme frère cadet de Richard, fut couronné en évinçant Arthur de Bretagne, neveu de Richard. Mais Arthur avait toujours des prétentions sur les territoires angevins et Jean sans Terre avait donc besoin de l’accord du roi de France, Philippe Auguste. Pour le recevoir, il lui donna de vastes territoires de langues romanes de l’empire angevin.

 

Ensuite Jean sans Terre se maria avec Isabelle d’Angoulême dont l’ancien fiancé, un des vassaux de Jean sans Terre, fit appel à Philippe Auguste, qui confisqua alors toutes les possessions de Jean sans Terre en France, y compris la riche Normandie. Philippe Auguste déclara Arthur comme le vrai seigneur de l’Anjou qu’il envahit au milieu de 1202 pour le lui donner. Jean sans Terre dut agir pour sauver la face, mais au bout du compte son action ne le servit pas, et après qu’il eut tué Arthur dans des circonstances suspectes, il perdit le peu de soutien qu’il avait en France parmi ses barons, qui y voyaient comme une tache noire sur Jean, capable de tuer les propres membres de sa famille pour être roi.

 

Après l’échec des alliés de Jean sans Terre à la bataille de Bouvines, Philippe Auguste garda tous les territoires de Jean en France du Nord, y compris la Normandie (l’Aquitaine devait rester aux mains des Anglais jusqu’en 1453). Jean sans Terre avait beau ne pas être un fin politique, il fut obligé de comprendre que non seulement on avait vu sa piètre valeur comme chef militaire, mais qu’il avait aussi perdu des revenus importants, si bien qu’il devrait taxer encore plus ses barons qui commençaient à voir sa faiblesse.

 

 

L’Église

À l’époque du règne de Jean sans Terre une grande controverse subsistait quant à la façon d’élire l’archevêque de Cantorbéry, bien qu’il fût devenu traditionnel que le monarque nommât un candidat avec l’approbation des moines de Cantorbéry.

 

Cependant, au début du 13ème siècle, les évêques commencèrent à vouloir dire leur mot. Pour garder le contrôle, les moines élurent un des leurs comme archevêque. À ce coup Jean sans Terre, irrité que les procédures ne se fussent pas déroulées dans l’ordre, envoya à Rome l’évêque de Norwich comme celui qu’il avait choisi. Le pape Innocent III déclara les deux nominations invalides et persuada les moines d’élire Étienne Langton, qui de fait était probablement le meilleur choix. Mais Jean sans Terre refusa cette décision et exila de son royaume les moines. Exaspéré, Innocent III jeta l’interdit sur l’Angleterre en 1208 (interdiction du culte public, de la messe, des mariages, de la sonnerie de cloches à l’église, etc…) ; il excommunia Jean sans Terre en 1209 et soutint Philippe Auguste dans sa tentative d’envahir l’Angleterre en 1212.

 

Finalement Jean sans Terre recula ; il accepta de reconnaître Étienne Langton et de permettre aux exilés de revenir. Pour achever d’apaiser le pape, il lui donna l’Angleterre et l’Irlande comme territoires pontificaux et les reçut à nouveau à titre de fiefs pour 1 000 marcs par an. La fureur des barons n’en fut que plus forte car cela voulait dire qu’ils auraient encore moins d’autonomie dans leurs propres territoires.

 

 

Taxes

Malgré tout, le gouvernement de l’Angleterre ne pouvait fonctionner sans un roi fort. Une fonction publique efficace, établie par le puissant roi Henri II, avait dirigé l’Angleterre au cours du règne de Richard Ier. Mais le gouvernement du roi Jean sans Terre avait besoin d’argent pour ses troupes, car pendant cette époque de prospérité le coût des mercenaires était presque deux fois plus élevé qu’avant. La perte des territoires français, surtout la Normandie, avait considérablement réduit le revenu de l’État et il aurait fallu lever des impôts énormes pour essayer de les reconquérir. Et cependant il était difficile de lever des taxes en raison de la tradition de les maintenir au même niveau.

 

De nouvelles formes de revenu inclurent une loi sur la forêt, un ensemble de règlements sur la forêt du roi qu’il était difficile de ne pas enfreindre et qui entraînaient des punitions sévères. Au cours de ses dix-sept années de règne Jean sans Terre augmenta aussi onze fois l’écuage (le paiement d’un vassal à son suzerain pour remplacer le service militaire direct), onze fois à comparer avec les deux fois où il l’avait été au cours des trois règnes qui avaient précédé le sien. Il créa aussi le premier impôt sur le revenu qui s’élevait à ce qui était, à cette époque, la somme inouïe de 60 000 livres.

 

 

Un des quatre exemplaires restants de la Magna Carta de 1215, déposé à la bibliothèque Cotton

 

 

Rébellion et signature du document

En 1215, quelques barons d’Angleterre se réunirent et, le 10 juin, s’emparèrent de Londres par la force. S’étant alliés avec un grand nombre de neutres, des modérés qui n’étaient pas en rébellion ouverte, ils contraignirent le roi Jean sans Terre à accepter les « Articles des Barons », auquel son Grand Sceau fut apposé dans le pré de Runnymede le 15 juin 1215. En échange, les barons renouvelèrent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin. Un document en bonne forme pour enregistrer l’accord fut créé par la chancellerie royale le 15 juillet : ce fut l’original de la Magna Carta. Un nombre inconnu de copies en fut envoyé aux agents du roi, tels que les shérifs royaux et les évêques.

 

À ce moment-là la clause la plus significative pour Jean sans Terre était la clause 61, connue comme « clause de sécurité », qui était la partie la plus longue du document. Elle établissait un conseil de 25 barons qui pouvaient à tout moment se réunir et annuler la volonté du roi, au besoin par la force en saisissant ses châteaux et ses biens. Elle se fondait sur la saisie, pratique juridique médiévale connue et souvent utilisée, mais c’était la première fois qu’on l’appliquait à un monarque. De plus, le roi devait prêter au conseil un serment de loyauté.

 

Le roi Jean sans Terre n’avait pas la moindre intention de respecter la Magna Carta, puisqu’elle lui avait été extorquée par la force et que la clause 61 neutralisait en fait son pouvoir comme monarque, ne lui laissant de roi que le nom. Il la dénonça dès que les barons eurent quitté Londres, plongeant l’Angleterre dans la guerre civile appelée Première Guerre des Barons. Le pape Innocent III, lui aussi, annula cet « accord scandaleux et dégradant, arraché au roi par violence et menace. » Il rejeta tout appel à des droits, prétendant que cela abaissait la dignité du roi Jean. Il y voyait un affront contre l’autorité qu’avait l’Église sur le roi et déliait Jean sans Terre du serment qu’il avait fait d’y obéir.

 

 

Nouvelles promulgations de la Magna Carta

Jean sans Terre mourut de dysenterie pendant la guerre, le 18 octobre 1216 et la nature de la guerre en changea tout de suite. Son fils de neuf ans, Henri III, était son successeur sur le trône et ses partisans comprirent que les barons rebelles préféreraient se montrer loyaux envers un enfant, c’est pourquoi le jeune garçon fut rapidement couronné vers la fin octobre 1216 et la guerre prit fin. Les régents d’Henri III promulguèrent une nouvelle fois la Magna Carta en son nom le 12 novembre 1216, en omettant quelques clauses, comme la clause 61. Ils renouvellent l’acte en 1217. Quand il eut 18 ans, en 1225, Henri III lui-même la promulgua, cette fois dans une version plus courte avec seulement 37 articles. Henri III régna pendant 56 ans (le plus long règne d’un roi anglais au Moyen Âge) si bien qu’au moment de sa mort en 1272, la Magna Carta était devenue en Angleterre un précédent juridique incontestable et il serait plus difficile pour un monarque désormais de l’annuler, comme le roi Jean sans Terre avait essayé de le faire près de trois générations plus tôt. Édouard Ier, fils et héritier d’Henri III, et le Parlement publièrent une dernière fois la Magna Carta le 12 octobre 1297 dans le cadre d’un statut appelé Confirmatio cartarum (25 Edw. I), en confirmant la version abrégée de Henri III, celle de 1225.

 

 

Contenu

À l’origine, la Grande Charte a été écrite en latin. Une grande partie en a été copiée, presque textuellement, de la Charte des Libertés de Henri Ier, publiée quand Henri Ier était monté sur le trône en 1100, et qui soumettait le roi à certaines lois concernant la façon de traiter les fonctionnaires ecclésiastiques et les nobles, et accordant de façon réelle certaines libertés individuelles à l’Église et à la noblesse anglaise. Sur la Magna Carta, Jean Sans Terre s’engage à garantir les libertés de l’Eglise et des villes, à se soumettre à la décision du Commun Conseil pour établir un impôt et aussi à ne plus arrêter les hommes libres de façon arbitraire.

 

Le document connu habituellement aujourd’hui comme Grande Charte n’est pas celle de 1215, mais une charte plus tardive de 1225 et généralement on la présente sous la forme de la Charte de 1297 quand elle a été confirmée par Édouard Ier. Au moment de la charte de 1215, un grand nombre de dispositions n’avaient pas été faites pour opérer des changements à long terme, mais simplement pour remédier immédiatement à des abus et c’est pour cela que la Charte a été rééditée trois fois pendant le règne de Henri III (1216, 1217 et 1225) pour donner une version actualisée. Ensuite, chacun des rois qui se sont succédé pendant les deux cents années suivantes (jusqu’à Henri V en 1416) a confirmé personnellement la charte de 1225 dans sa propre charte.

 


 

Time : 3 mn 32 [Vostvfr] / [2/2]

 

Narrée par Terry Jones de Monty Python, cette animation vous ramène à l’époque médiévale, lorsque le roi Jean sans Terre (King John Lackland) régnait sur l’Angleterre.

 

Pourquoi la Magna Carta a été créé et que signifiait-elle pour ceux qui vivaient au 13ème siècle.

 


 

 

 

Jean sans Terre donne son accord lors d’une entrevue solennelle organisée dans le pré de Runnymede, à l’Ouest de Londres, le 15 juin 1215.

 

En échange, les barons renouvellent leurs serments de fidélité à Jean le 19 juin.

 

Un document en bonne forme, scellé du Grand Sceau pour enregistrer l’accord, est créé par la chancellerie royale le 15 juillet.

 

C’est l’original de la Magna Carta.

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Habeas_corpus

Fr : https://fr.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

https://mjp.univ-perp.fr/constit/uk1215.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_sans_Terre

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1100973

En : https://en.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

 

Article :

Academic

Licence CC-BY-SA.

 

Note : 

L’affirmation, largement répandue en France, selon laquelle la Magna Carta « a été rédigée en 1215, sur le sol français, dans l’abbaye cistercienne de Pontigny par des Anglais émigrés, en révolte contre leur roi, Jean sans Terre », est historiquement sans fondement : les historiens anglais et les études les plus récentes ne confirment rien de tel.

 

Le seul lien prouvé entre la Magna Carta et Pontigny est l’archevêque de Cantorbéry, Étienne Langton, qui séjourna dans l’abbaye entre 1207 et juillet 1213. Or, si celui-ci prit part à l’élaboration de la Magna Carta, aucun élément historique ne prouve qu’il l’ait fait avant que la charte du roi Henri Ier, laquelle est datée de 1100 et lui sert de base, ait été retrouvée à Saint-Paul de Londres, entre 1214 et 1215 selon les chroniqueurs Raoul de Coggeshall et Barnwell, au plus tôt le 25 août 1213 selon Roger de Wendover, en tout cas après le retour de l’archevêque en Angleterre.

 

Vidéo :

[1] 15 juin 1215 : La Grande Charte – HerodoteVideos / YouTube

[2] What is Magna Carta? – The British Library / YouTube

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 14:16

On parle aujourd'hui du Nouvel Ordre Mondial et certains balayent d'un revers de manche cette proposition, mais à y regarder de plus près cela n'a t'il pas existé,

 

Il ne subsiste aujourd’hui à peu près rien de la première station de forage montée en 1859 à Titusville, en Pennsylvanie. C’est pourtant là qu’est née l’aventure du pétrole, dont la répercussion sur l’économie mondiale devait être presque aussi importante que celle de l’électricité. L’ouvrage d’Anthony Sampson, les Sept Sœurs, va plus loin que son titre ne le laisserait croire (1). Il ne décrit pas seulement la naissance et la croissance des sept plus grandes sociétés pétrolières du monde, mais aussi la formation de l’Amérique moderne, la constitution de méga-fortunes, celles de Rockefeller ou de Gulbenkian, la lente évolution des mentalités qui président aux rapports entre le monde surdéveloppé consommateur et le tiers-monde producteur, etc.

Ces quelque cinq cents pages constituent une remarquable enquête, au fil de laquelle l’auteur égrène posément les péripéties et les arguments.

La réalité qui recouvre les activités des « Sept Sœurs » est à l’image de leur flotte pétrolière, « entreprise dépourvue de centre ou de base géographique, dont le cœur navigue en haute mer entre une source intermittente d’approvisionnement et une destination sujette à changement enfin, pour couronner le tout, n’ayant d’allégeance envers aucun pays particulier ». Il y a eu les fondations américaines d’abord. Les pionniers avaient le goût et le courage du risque, même si ils ont voulu par la suite y trouver une justification à tous leurs excès, oubliant ce qu’ils devaient à une nature extrêmement généreuse. Eux-mêmes ou leurs successeurs immédiats ont fourni quelques-uns des plus beaux exemples de ce que peut donner le « capitalisme sauvage » pratiqué par des hommes de fer. Les particularités du pétrole aggravant d’ailleurs considérablement les conséquences de cette agressivité tendance au gigantisme, au monopole et, faute de mieux, au cartel, intégration verticale. Sampson montre comment ces problèmes existaient déjà au début du siècle : on les retrouve presque inchangés aujourd’hui, comme si l’activité pétrolière restait en dehors de l’économie générale, inassimilable, indomptable.

Les hommes, après les Américains, les Anglais et les Hollandais, plus tard les Français et les Italiens, se sont donné, si l’on ose dire, des « soeurs » à leur mesure. L’histoire de chacune — l’aristocratique British Petroleum, l’ombrageuse Texaco, l’exubérante Mobil— est brossée par Sampson avec un sens de l’anecdote qui a ici toute sa valeur. On frémit rétrospectivement en pensant à l’irresponsabilité des Etats laissant des originaux jouer en toute inconscience avec une géopolitique qui devait se révéler explosive. La race des acheteurs-producteurs de pétrole en engendra naturellement une autre, celle des technocrates des Etats pétroliers. Elèves appliqués, parfois d’une brillante intelligence, apprenant d’une génération à l’autre ce que l’on voulait bien leur enseigner, mais aussi, et chaque fois un peu plus, découvrant eux-mêmes les tricheries dissimulées par les « Sept Sœurs », leurs faiblesses, découvrant, comme le dit l’un d’eux, « que ces géants étalent des gens ordinaires et qu’en vérité, le rocher de Gibraltar n’était que du carton pâte ». Leurs portraits figurent aussi dans le livre de Sampson.

Le lecteur découvrira sans surprise qu’en tant que consommateur individuel les acteurs de ce drame ne lui réservent que le rôle de figuration le moins intelligent possible : dire « Ah ! » quand l’essence arrive jusqu’à la station-service, et payer, ou ne rien dire du tout, quand la pompe est à sec, et payer encore, si possible un peu plus, pour que le précieux liquide y revienne. L’auteur montre bien comment l’étrangeté, la nouveauté d’un produit qui paraissait devoir rester ubiquiste, ont favorisé chez les gouvernements des Etats consommateurs une attitude de démission, ou à tout le moins de délégation de pouvoir, dont leurs populations devaient inévitablement faire les frais.

D’autres raisons que la simple négligence ont sous-tendu la politique de ces gouvernements.

Il s’agissait parfois d’une adhésion béate au dogme du libéralisme économique (quitte à lancer périodiquement de violentes campagnes antitrusts contre les géants du pétrole) ou de la volonté de ne pas investir — politiquement ou financièrement — dans des zones lointaines apparemment subalternes par rapport à d’autres théâtres d’opérations (coloniaux souvent) promettant, eux, de substantiels dividendes électoraux. Il y eut aussi, dans le cas des Etats-Unis notamment, les conséquences d’une diplomatie pro-israélienne, heureuse de pouvoir concéder à des intérêts privés le souci des rapports avec les pays arabes. Enfin et surtout, les « Sept Sœurs » sont apparues longtemps comme un précieux corps intermédiaire, régulant d’une façon à peu près satisfaisante une distribution mondiale, ce qu’aucun Etat ou aucun groupe d’Etats n’était et n’est encore en mesure de taire, évitant en outre aux pays acheteurs et aux pays producteurs les frictions d’une diplomatie directe.

Par suite, l’économie internationale devait subir passivement les conséquences des décisions incontrôlées des pétroliers. La recherche principale du profit encouragerait les « majors » à aller toujours de l’avant – en terme de prospection ou d’exploitation – quitte à freiner des quatre fers lorsque apparaît, récurrente, une période de surproduction. Comme le dit très bien Sampson, pendant des années, « la vente des produits pétroliers était considérée moins comme une source de profits que comme une solution au problème de leur écoulement » Le seul souci alors était de maintenir le marché de la production et celui de la consommation dans un état « confortable » pour les grandes sociétés pétrolières. On imagine aisément quelle « diplomatie » cet état d’esprit a pu engendrer.

Les Etats producteurs, négligés par les sociétés pétrolières et par les Etats consommateurs, s’aperçurent d’eux-mêmes que le pétrole pouvait devenir une arme politique ; et il le devint. Sampson relate tout au long cette prise de conscience, cette prise de pouvoir, commencée par les accords de Téhéran et de Tripoli, et qui s’affirma lors de l’embargo pétrolier de 1973. Sa connaissance des principaux protagonistes de l’affrontement nous permet de suivre les chassés-croisés de cette guerre économique. La fin du livre donne à voir un réveil général de tous les acteurs de cette saga du pétrole. Cette fois, chacun a compris l’enjeu politique que recouvre, cent dix-sept ans après l’éphémère Titusville, la production d’énergie. Mais le problème est planétaire, et, à ce niveau, peu de progrès ont été faits depuis un siècle. Au centre de l’écheveau, les « Sept Sœurs », servies par l’impuissance et la division des Etats, ont encore un bel avenir devant elles.

(1) Les Sept Sœurs, Anthony Sampson, éditions Alain Moreau, Paris, 1976, 515 pages, 54 P.

Alain-Marie Carron

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 15:04

Voilà donc un personnage controversé, Alcibiade.

Adopté par Périclès le bel intrigant est nourrit telle une vipère au sein de la démocratie Athénienne. Son ambition sans commune mesure le fait se hisser aux postes les plus convoités de la Cité. Grâce à son habileté rhétorique et ses appuis puissants il réussit à séduire un peuple dont l'élite aime a se repaitre de discours.

Entre frasques et libertinage il assume ses dépenses somptuaires sans aucune vergogne, car la vanité l'anime.

Préparant un complot oligarchique il est trempé dans l'affaire de la mutilation des statues des dieux, il est alors exilé, alors que la cité sur ses conseils préparait l'invasion de la Sicile

Alcibiade s'oriente vers Sparte ennemie héréditaire d'Athènes, il convainc alors sa nouvelle Cité de frapper Athènes en plein coeur ; grâce a son talent d'orateur il fait se détourner  des cités alliées de cette dernière.

Mais Agis roi de Sparte se méfie de lui et commande son assassinat. Dès lors alerté Alcibiade passe du côte d'un Satrape Sarde. Là il oeuvre sans cesse pour s'amender à Athènes, son retour s'opère après maintes stratagèmes et mesures, ses biens lui son rendus, mais son retour en grâce est terni par d'amères défaites que les Spartiates lui infligent.

De nouveau frappé d'exil il se refugie chez le satrape Perse de Bithynie pour y être finalement assassiné.

Voilà donc un destin exceptionnel et pourtant tragique, un homme que les dieux de l'Olympe avait servit en maintes avantages mais   l'ambition, la vanité,  la duperie et la duplicité ont corrodées ce bel ornement  pour le ternir à jamais aux yeux de l'Histoire, pour que ce nom à jamais soit associés aux pires défaut des démocraties.

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