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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 17:33

Celui qui a pratiqué un temps soit peu le métier du travail de la pierre ou du métal ne peut acquiescer aux théories de constructions antiques concernant les monuments de taille et de nature cyclopéenne.

On ne peut par exemple affirmer qu'un ciseau de cuivre puisse tailler du granit, que des techniques de percussions ou d'abrasement peuvent réussir à obtenir des coins parfait à 90° en trois dimension en creux sur des matériaux plus durs que le granit ; que l'on puisse obtenir une planéité au micro par frottement, et que l'on ait une rugosité quasi nulle.

Tout ceci ne peut tenir face aux professionnels de la pierre, aux ingénieurs et aux scientifiques qui se donnent la peine de sortir du dogme officiel.

Ce sujet comme beaucoup demande un temps soit peu de réflexion, ce qui asservit l'Homme ç"est son aptitude a faire confiance en celui qui sait ou est sensé savoir, mais la plupart du temps il sert lui même un système qui a pour but de créer un cadre éducatif normé ou l'on ne doit pas se poser de question et ou toute question doit trouver une réponse qui favorise la notion de servitude ou de maintien dans un cadre institué.

Il ne suffit pas de se poser les questions sur la technique, mais pourquoi as t on voulu nous faire gober une "histoire à dormir debout" pour vérité alors que celle ci est ailleurs.

Et vous vous appercevrez que la culture du mensonge n'est ni récente, ni sectorisée, elle touche tout le cadre social éducatif, mais le système dans son entièreté ; ç'est un système qui pour perdurer doit mentir ! Tout doit être remis à plat !

Henry

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5 août 2025 2 05 /08 /août /2025 18:02

Il est nécessaire de s'interroger sur le rôle de la transmission tel quelle est faite par les programmes scolaires, ici Marion Sigaut s'attache a des recherches historiques documentées, elle démontre le détricotage des institutions royales par le procédé de la dette et notamment de la rente.

C'est cette même rente dont on devait conserver la reconduction qui mène ses détenteurs a agiter et déstabiliser le pouvoir en place. 

On y retrouve donc, les coteries, un prétendant, des loges, des rentiers, des philosophes qui s'allient pour des intérêts communs ; établir le capitalisme et le libéralisme économique à la place d'une monarchie usée et discréditée, et la meute féroce usera de tous les procédés pour y parvenir.

OUI, comme il est dit en dessous, "Le courage est de chercher la vérité et de la dire", et non pas de relayer des propagandes d'état qui servent des groupuscules dont le but est la  perpétuation d'intérêts particuliers et non généraux, souvent au détriment de la population.

Dans ce développement on accède a certaines compréhensions actuelles bien nécessaires à notre savoir.

 

Ayez le courage de l'objectivité et écoutant cette longue conférence de Marion Sigaut, à la suite deux livres de Steven Kaplan sur la période, vous avez en fin de vidéo plusieurs auteurs cités ; à vous de jouer.

 

Henry

Revolution Française : conférence de Marion Sigaut 4 h

Lorsque j’avais commandé au CDI un livre de Pierre Gaxotte pour préparer mon cours sur la Révolution française, certains de mes collègues étaient au bord de l’apoplexie.

 
Revolution Française : conférence de Marion Sigaut 4 h
Revolution Française : conférence de Marion Sigaut 4 h

La Fin des corporations

 

Les communautés d'arts et métiers sont une clef essentielle pour comprendre l'Ancien Régime, puisqu'elles réglementaient l'organisation du travail dans les villes et assignaient à chacun une place dans la hiérarchie de la société. Quels pouvoirs détenaient-elles ? Etaient-elles une barrière contre l'anarchie ou une entrave à la liberté des individus et du commerce ? Ces questions sont au coeur des débats sur la modernisation qui ont enflammé la France des Lumières. En 1776, Turgot, le ministre philosophe, tente de les abolir, mais le vaste mouvement de résistance qu'il soulève le contraint à reculer. Necker impose alors, avec plus ou moins de succès, un corporatisme d'Etat, à la fois plus souple et plus rationnel. Les nouvelles communautés qui se forment aux quatre coins du royaume ne sont abolies qu'en 1791, preuve qu'au début de la Révolution elles constituaient encore, malgré les critiques, l'un des piliers de l'ordre social et politique.
Dans ce récit de la lente agonie des corporations, Steven Kaplan fait revivre maître, apprentis et compagnons, montrant les conflits et les tensions qui agitaient souvent échoppes et ateliers derrière la fraternité affichée. Ce tableau coloré démystifie les visions caricaturales d'une institution dont l'histoire a longtemps été trop idéalisée avant de tomber dans l'oubli.

Steven L. Kaplan est professeur d'histoire européenne à Cornell University. Il a publié, entre autres, Les Ventres de Paris. Pouvoir et approvisionnement dans la France d'Ancien Régime(Fayard, 1988) et Le Meilleur Pain du monde. Les boulangers de Paris au XVIIIe Fayard, 1996).

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 10:29

L'imposition par défaut budgétaire par le roi implique un endettement des corporations qui sont une des bases sociale de l'Ancien Régime, puis les critiques s'amoncèlent par les principaux instigateurs du libéralisme...

Ainsi commence la destruction de la base sociale et ouvrière du système, Marion Sigault Historienne se base sur les travaux de Steven Lauren Kaplan un des éminents spécialistes du pain sous l'Ancien Régime.

Marion Sigault est considérée comme une dissidente dans le milieu de l'Histoire, mais ç'en est justement l'intérêt ; découvrir une autre vision, plus objective pour ma part de ce que l'on a tenté de nous montrer depuis deux siècles, ç'est à dire un dénigrement systématique des structures de l'Ancien Régime pour légitimer par une Histoire réécrite  l'institution Républicaine, comme on essaie aujourd'hui d'introduire le wokisme dans l'éducation. J'ai découvert Mme. Sigault il y a peu et ç'est un plaisir, une découverte toujours renouvelée, une attente à ma curiosité et ça peut l'être pour vous aussi.

L'éducation est un moule sociétal  et ç'est par ce biais que l'on tente toujours de modifier le comportement, la pensée, les moeurs des individus associés à la nation ou un groupe de nation.

Tout est a repenser, à remettre en ordre, à percer pour voir, pour construire autre chose !

 

Henry

 

Biographie

 

Nationalité : États-Unis
Né(e) le : 01/1943
Biographie :

Steven L. Kaplan est professeur à l'Université Cornell, à Sciences Po et à l'École Normale Supérieure. Il est très probablement le seul historien du pain français au monde.

Cet Américain arrivé à Paris en 1962 comme étudiant tombe littéralement amoureux du pain, court les boulangeries de la capitale pour en connaître toutes les variétés et décide d’y consacrer sa thèse de doctorat à l’université de Yale (États-Unis).

Aujourd’hui, il partage sa vie entre l’Amérique, où il enseigne l’Histoire française à Cornell (New York), et la France, où il donne des cours à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (près de Paris). Il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages universitaires sur le pain français du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours.

Vouant un véritable culte aux baguettes cuites selon les méthodes traditionnelles, il a écrit également deux livres destinés au grand public pour encourager les Français à en consommer plus : ce sont Le Retour du bon pain et Cherchez le pain , un guide des meilleures boulangeries de Paris. Pour réaliser celui-ci, Kaplan a testé environ 700 boulangeries sur les 1 260 que compte la capitale, achetant 60 baguettes par jour. " J’ai appris à beaucoup cracher ! ", dit-il en riant. Il rêve de s’établir définitivement dans notre pays un jour. " Ce qui m’attire en France, c’est ce sens du plaisir qui s’exprime aussi bien dans le débat des idées que dans l’art de vivre. "

 

 
Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/f
 
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23 février 2024 5 23 /02 /février /2024 10:15

Depuis la création de l'Etat Français ç'est à dire sous Clovis, il n'a jamais cessé de se poser la question d'indépendance nationale, en effet la France de part sa position est l'axe de passage du Nord vers le Sud. Une place stratégique souvent enviée, elle n'a réussie à se maintenir que grâce à sa cohésion hélàs le plus souvent à marche forcée, mais elle est restée depuis plus de 1500 ans indépendante vis à vis notamment du Saint Empire Romain Germanique et autrefois de l'empire Anglo Angevin des Plantagenêts.

La dernière guerre fût un mélange de soumission à l'occupant et de résistance ; les alliés de ce fait en profitèrent pour avancer leurs pions et s'accaparer le territoire, mais ç'était sans compter sur la poigne de fer de de Gaulle qui oeuvra pour libérer Paris, et la France par la Résistance (en effet le débarquement n'aurait pu avoir lieu sans l'appui, le sabotage des avancées allemandes vers la Normandie, j'en veux pour preuve les blocage de la colonne Elster dans l'Indre par exemple, les débarquements du Sud et de Normandie bien sûr)

C'est ainsi que la France fût libérée du joug nazi, mais également de l'annexion Américaine. De 1959 à 1969 ce sont les années de redressement, puis la suite n'est qu'une lente érosion du système un effondrement vis à vis des alliés commerciaux, pour finir aujourd'hui sous leur coupe ; par ce que les hommes politiques n'ont pas eut le courage, la volonté ou l'intégrité de ne pas suivre la voie Libérale générale imposée par les anglo-saxons, que vante tant Macron ! Et pourtant il suffit que chacun fasse son travail  ; imposer la voix de la France à l'extérieur.

 

Henry

 

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C’est un aspect souvent méconnu de la Seconde Guerre mondiale : les “libérateurs” américains avaient tout simplement l’intention d’occuper et de gouverner la France. C’est le plan AMGOT. Des billets de banque avaient été imprimés aux Etats-Unis pour servir de nouvelle monnaie française et des officiers américains avaient été spécialement formés pour administrer le territoire français.

L’Amgot
Monnaie Américaine (Amgot)
Gouvernement militaire allié des territoires occupés*

Le gouvernement militaire allié des territoires occupés, en anglais Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT), est la suite envisagée par les alliés anglo-américains notamment au débarquement du 6 juin 1944 sur les côtes de Normandie.

Ce gouvernement militaire d’occupation constitué est chargé d’administrer les territoires libérés au cours de la Seconde Guerre mondiale. Dès 1942, l’administration américaine avait prévu d’imposer à la France, comme aux futurs vaincus, Allemagne, Italie, Japon, un protectorat qui aurait aboli toute souveraineté, y compris le droit de battre monnaie. Mais la raison essentielle des alliés était d’annexer l’empire colonial français riche en matières premières et en bases militaires stratégiques.

Si ce gouvernement militaire a été établi avec succès dans certains pays, dans d’autres il a été considéré comme illégitime. C’est le cas de la France.

Opposition en France
Soutenu par une très large majorité de Français, le général de Gaulle, à la tête du Comité français de la libération nationale (CFLN), puis en France du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), s’oppose vigoureusement à l’AMGOT.

Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle évoque cette affaire : « Les troupes et les services qui s’apprêtent à débarquer sont munis d’une monnaie soi-disant française, fabriquée à l’étranger, que le gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas. »

Tract Allemand

Il convient de noter l’implication de Michel Debré, jeune membre du Conseil d’État (32 ans) au sein du Comité général d’études créé à la demande du Général. Le futur Premier ministre de Charles de Gaulle, premier Président de la VRépublique, organisa la désignation et la mise en place des préfets ou commissaires de la République en remplacement de ceux nommés par Vichy.

Ces commissaires de la République institués par le GPRF furent chargés du rétablissement de la légalité républicaine lors de la libération de la France en 1944 jusqu’au 22 mars 1946. Ils furent les représentants du général de Gaulle.

Leur mission consista à rétablir les libertés républicaines et l’autorité de l’État, en empêchant toute vacance du pouvoir, et de ce fait, l’installation d’une administration militaire alliée AMGOT.


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22 janvier 2024 1 22 /01 /janvier /2024 17:57
Pour ma part beaucoup trop de faits concordants mènent hélas à cette conclusion, Louis XVI n'a pas saisi l'opportunité de réformes de taxation sur la noblesse et le clergé notamment, ce qui aurait pu sauver son poste disons. En France à chaque fois que l'on agite la taxe sur les privilégiés, ceux ci se révoltent quitte à faire sombrer le navire et ç'est bien ce qui s'est passé. Manque de caractère, indécision, ç'est peut être ce qu'on peut lui reprocher dans un contexte climatique très défavorable (l'éruption du Laki en Islande 1783-1784) Mais en comparaison de ceux qui nous gouvernent on pourrait le qualifier de  saint et de loin

Henry

 

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Assassinat de Louis XVI : prémédité par la Franc-Maçonnerie en 1785
 
 

« Décapiter le Roi de France - Lieutenant du Christ - c'est un rite sacrificiel. Lorsque Louis XVI a été décapité, un homme a plongé un mouchoir dans son sang et a aspergé la foule. Sa mort a été un contre-baptême. On vit sous les effets négatifs de ce contre-baptême. »

Quel a été, en 1789, en 1792 et en 1793, le rôle exact de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution française ? s’interroge en 1904 l’historien et essayiste Maurice Talmeyr. Rapportant que la Franc-Maçonnerie consiste, dans un premier en temps et en apparence, surtout en bals, en banquets et en démonstrations de bienfaisance, il explique qu’il s’agit d’une simple façade, les philosophes des Lumières, et en tête Voltaire, s’appliquant méthodiquement à « maçonniser » les hautes classes de la société afin de préparer la Révolution et le renversement du régime monarchique, tandis qu’en 1785, un congrès de la Franc-Maçonnerie prémédite l’assassinat du roi Louis XVI...
 
Assassinat de Louis XVI : prémédité par la Franc-Maçonnerie en 1785
Par Maurice Talmeyr

Les documents authentiques, émanant de la Maçonnerie elle-même, ne peuvent pas, on le comprend, ne pas être rares sur le rôle exact de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution française, écrit Maurice Talmeyr. Une société secrète ne serait pas une société secrète, si elle ne prenait pas le plus grand soin de cacher tout ce qui peut renseigner sur elle, et les témoignages positifs, là où par principe on les supprime, ne peuvent nécessairement pas abonder.

Néanmoins, si le véritable témoignage nous fait souvent ainsi défaut, il n’en est pas de même de certains faits, singulièrement saisissants, et qui en arrivent, rapprochés les uns des autres, à produire une lumière presque aussi probante que la lumière même des documents. Or ces faits-là sont innombrables, et la démonstration qui en résulte, c’est qu’il n’est peut-être pas une seule des grandes journées de la Révolution qui n’ait pas été, plus ou moins longtemps à l’avance, machinée et répétée dans les Loges, comme on répète et comme on machine une pièce dans un théâtre...

Suivez donc avec un peu d’attention les faits qui vont vous être exposés, et vous verrez, comme de vos yeux, tout un grand pays violemment transformé, par la plus évidente des conspirations, en une immense et véritable Loge. Vous le verrez jeté par force dans toute une succession d’épreuves maçonniques graduées, dont les premières dissimulaient soigneusement le secret final, mais dont la dernière, dès le début, avait toujours dû être le meurtre du roi, pour aboutir au but suprême et caché, c’est-à-dire à la destruction de la nationalité elle-même !

Avant d’en arriver aux faits particuliers, nous constaterons d’abord un grand fait général, c’est que l’histoire de la Révolution a toujours joui, jusqu’ici, du privilège singulier d’être acceptée comme histoire, sans que personne, au fond, l’ait jamais expliquée. D’après les documents les moins niables, et contrairement à une légende audacieusement fabriquée, la nation française, comme masse populaire, en dehors d’une certaine noblesse, d’un certain clergé et d’une certaine bourgeoisie, était alors profondément catholique et royaliste.

Au moment même où on massacrait les prêtres, où l’on détruisait avec le plus de rage tout ce qui était de la Religion traditionnelle, on avait dû renoncer à interdire les processions dans Paris, où le peuple, comme l’établissent aujourd’hui les témoignages les plus précis, obligeait, en pleine Terreur, les patrouilles de sectionnaires à rendre dans la rue les honneurs au saint Sacrement.

Taine, dans La conquête jacobine, explique qu’alors, si un prêtre portant le viatique passe dans la rue, on voit la multitude « accourir de toutes parts pour se jeter à genoux, tous, hommes, femmes, jeunes et vieux, se précipitant en adoration ». Le jour où la châsse de Saint-Leu est portée en procession rue Saint-Martin, « tout le monde se prosterne : je n’ai pas vu, dit un spectateur attentif, un seul homme qui n’ait ôté son chapeau. Au corps de garde de la section Mauconseil, toute la force armée s’est mise sous les armes. » En même temps, « les citoyennes des Halles se concertaient pour savoir s’il n’y aurait pas moyen de tapisser. Dans la semaine qui suit, elles obligent le comité révolutionnaire de Saint-Eustache à autoriser une autre procession, et, cette fois encore, chacun s’agenouille ».

Quant au culte envers le prince, poursuit Talmeyr, il se prouve par les manifestations mêmes dirigées contre sa personne. Pendant deux ans, la Révolution se fait au cri de Vive le Roi ! Ensuite, la plupart même des hommes et des femmes d’émeute, soldés pour outrager le souverain, sont tout à coup ressaisis, en face de lui, de l’insurmontable amour de leur race, pour le descendant de ses monarques. Toute leur exaltation, en sa présence, tourne, comme en octobre 1789, en respect et en tendresse.

Que voit-on, au retour de Varennes, pendant que la famille royale prend son repas ? On voit le député révolutionnaire Barnave se tenant respectueusement debout derrière le roi, et le servant comme un valet de chambre ! Et ce sentiment catholique et royaliste, presque général à cette époque, se confirme, de façon certaine, par les chiffres mêmes des élections. Dès 1790, les ennemis de la Religion et de la Monarchie ne sont plus élus partout que par le dixième, puis par le quinzième, puis par le vingtième des électeurs. Taine constate, à Paris, aux assemblées primaires de 1791, un an déjà avant le 10 août, plus de soixante-quatorze mille abstenants sur quatre-vingt-un mille deux cents inscrits !

N’est-il pas rigoureusement vrai, en conséquence, que la Révolution, considérée comme mouvement national, ne peut pas s’expliquer ? On comprend une nation comme l’Amérique, chez qui la domination anglaise est impopulaire, et qui s’en débarrasse. On ne comprend pas une nation qui a la Religion et la Monarchie dans le sang, qui les veut, qui ne veut qu’elles, et qui les renverse avec fureur. Et cette Révolution-là est tellement inexplicable que tous les historiens, quels qu’ils soient, renoncent, en réalité, à l’expliquer, car les explications par la « fatalité », la « Providence », la « force des choses », le châtiment divin, ou l’ « anarchie spontanée », les seules qu’on nous ait encore données, ne sont pas des explications.

Plus loin, notre essayiste s’interroge : où en était, au dix-huitième siècle, la Franc-Maçonnerie en France ? Elle y daterait, exactement, d’après ses propres annuaires, de soixante-quatre ans avant la Révolution, de 1725, et ses deux premiers grands maîtres auraient été deux Anglais, lord Derwentwater, et lord Harnouester. Elle est ensuite présidée par un grand seigneur français, le duc d’Antin, puis par un prince du sang, Louis de Bourbon, comte de Clermont, puis, de 1771 à 1793, par le duc de Chartres, plus tard duc d’Orléans, et, plus tard encore, Philippe-Égalité (père de Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848).

Comme en témoigne la liste de ses grands maîtres, la Franc-Maçonnerie, dans la période immédiatement antérieure à la Révolution, ne cesse pas de suivre, malgré ses crises, une marche ascendante rapide. Elle devient à la mode, finit par faire fureur et le Grand Orient en arrive à créer ces fameuses Loges d’adoption où les femmes étaient admises. Les récipiendaires femmes, nous apprend M. d’Alméras, auteur d’une histoire de Cagliostro, et qui ne semble l’ennemi ni de Cagliostro, ni des Loges, sont des « actrices, des danseuses, des bourgeoises ou des grandes dames sans préjugés ».

Alors, en résumé, la Franc-Maçonnerie, au moins en apparence, consiste surtout en bals, en banquets, en démonstrations de bienfaisance. En 1775, la duchesse de Bourbon recevait le titre de grande maîtresse de toutes les Loges d’adoption de France, le duc de Chartres l’installait lui-même dans ce pontificat féminin, au milieu de fêtes magnifiques, et on faisait une quête, à la fin du banquet, en faveur « des pères et mères retenus en prison pour n’avoir pas payé les mois de nourrice de leurs enfants ».

Telle est, pendant toute cette période, la façade de la Franc-Maçonnerie. Elle est à la fois somptueuse et amusante, avec la promesse d’un mystère, probablement inoffensif, et peut-être même agréable, à l’intérieur de la maison. Sous prétexte de philanthropie, on s’y divertit énormément. On s’y mêle entre gens de la bonne société et de la moins bonne, dans l’illusion d’une égalité sociale qui ne manque pas toujours de piment. On se donne la sensation d’une vie en double où l’on s’appelle de noms de guerre, en échangeant des mots de passe. On se procure le petit frisson d’attendre quelque chose de secret qui sera peut-être défendu.

On joue en grand, en un mot, à ces jeux innocents qui ne le sont pas toujours, et un prodigieux enjouement jette toute la société dans ce jeu-là. Les plus honnêtes gens s’en mettent, et Marie-Antoinette écrit, à cette époque, à Mme de Lamballe : « J’ai lu avec grand intérêt ce qui s’est fait dans les loges franc-maçonniques que vous avez présidées, et dont vous m’avez tant amusée. Je vois qu’on n’y fait pas que de jolies chansons, et qu’on y fait aussi du bien. »

N’existait-il donc, cependant, aucun motif de se méfier ? Si, et certains Etats, dès le milieu du dix-huitième siècle, chassaient assez rudement ces francs-maçons qui s’attachaient en France, avec une si extraordinaire activité, à amuser les Français, à les faire danser, à chatouiller leur frivolité. Le pape Clément XII, en outre, avait lancé contre eux une bulle assez suggestive, dans laquelle il les comparait « aux voleurs qui percent la maison ». On pouvait donc, dès ce moment-là, ne pas déjà voir dans les Loges de simples lieux d’amusements, comme la malheureuse Marie-Antoinette.

Une société « maçonnisée », c’est donc bien celle qui précède immédiatement la Révolution. Elle s’est « maçonnisée » pour s’amuser, mais elle s’est « maçonnisée ». C’est l’atmosphère en dehors de laquelle il ne faut pas même essayer de voir cette époque, sous peine de n’en rien voir de vrai. Et Talmeyr d’expliquer que le « maçonnisme », dès trente ou quarante ans avant 1789, est si bien déjà devenu l’ambiance générale, que les philosophes, en réalité, ne répandent pas simplement leur philosophie par leurs écrits, mais se conjurent maçonniquement pour la répandre, et dans le sens rigoureux du mot...

Ecoutez Voltaire dans sa correspondance : « Il faut, écrit-il, agir en conjurés, et non pas en zélés... Que les philosophes véritables fassent une confrérie comme les Francs-Maçons... Que les mystères de Mithra ne soient pas divulgués... Frappez, et cachez votre main... »

En 1789, entre les atrocités de la prise de la Bastille et celles des massacres d’octobre, un certain Leroy, lieutenant des chasses royales, s’écriait avec des sanglots, lors d’un dîner qui avait lieu chez d’Angevilliers, intendant des Bâtiments du Roi : « J’étais le secrétaire du Comité à qui vous devez cette Révolution et j’en mourrai de douleur et de remords !... Ce Comité se tenait chez le baron d’Holbach... Nos principaux membres étaient d’Alembert, Turgot, Condorcet, Diderot, La Harpe, et ce Lamoignon qui s’est tué dans son parc !... La plupart de ces livres que vous avez vus paraître depuis longtemps contre la religion, les mœurs et le gouvernement étaient notre ouvrage, et nous les envoyions à des colporteurs qui les recevaient pour rien, ou presque rien, et les vendaient aux plus bas prix... Voilà ce qui a changé ce peuple, et l’a conduit au point où vous le voyez aujourd’hui... Oui, j’en mourrai de douleur et de remords... »

Les lettres de Voltaire en date de mars 1763 confirment ces faits : « Pourquoi les adorateurs de la raison, écrivait-il alors à Helvetius, restent-ils dans le silence et dans la crainte ? Qui les empêcherait d’avoir chez eux une petite imprimerie et de donner des ouvrages utiles et courts dont leurs amis seraient les seuls dépositaires ? C’est ainsi qu’en ont usé ceux qui ont imprimé les dernières volontés de ce bon et honnête curé Meslier... » Et il ajoute : « On oppose ainsi, au Pédagogue chrétien et au Pensez-y bien, de petits livres philosophiques qu’on a soin de répandre partout adroitement. On ne les vend point, on les donne à des personnes affidées qui les distribuent à des jeunes gens et à des femmes... »

En réalité, poursuit Maurice Talmeyr, la conjuration philosophique n’avait que très peu perverti le peuple, et par une excellente raison, c’est que le peuple ne savait pas lire. Elle avait surtout empoisonné les hautes classes. Mais cette philosophie qui est une conjuration, et qui machine, dans le mystère, avec des masques et des trahisons, l’application de ses préceptes, n’est-elle pas, pour une époque, toute une caractéristique ?

Notre essayiste rapporte la tenue à Wilhelmsbad (Allemagne), en 1781, d’un grand congrès de la Franc-Maçonnerie universelle, où les délégations arrivaient en masse, de France, de Belgique, de Suède, d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, d’Amérique, de tous les points du globe ! Est-il exact, comme on l’a dit, qu’on ait arrêté, dix ans d’avance, dans cette tenue de Wilhemsbad, la mise à mort de Louis XVI et presque toute la Terreur ? On peut affirmer, dans tous les cas, que, trois ans plus tard, la mort du roi de Suède et celle de Louis XVI étaient décidées dans une tenue de Francfort, en 1785, comme l’atteste une lettre du cardinal Mathieu, archevêque de Besançon :

« Il y a dans mon pays, écrit le cardinal Mathieu, un détail que je puis vous donner comme certain. Il y eut à Francfort, en 1785, une assemblée de Francs-Maçons où furent convoqués deux hommes considérables de Besançon, qui faisaient partie de la Société, M. de Reymond, inspecteur des postes, et M. Maire de Bouligney, président du Parlement. Dans cette réunion le meurtre du roi de Suède et celui de Louis XVI furent résolus. MM. de Reymond et de Bouligney revinrent consternés, en se promettant de ne jamais remettre les pieds dans une Loge, et de se garder le secret. Le dernier survivant l’a dit à M. Bourgon... Vous avez pu en entendre parler ici, car il a laissé une grande réputation de probité, de droiture et de fermeté parmi nous. Je l’ai beaucoup connu, et pendant bien longtemps, car je suis à Besançon depuis quarante-deux ans. »

Ce qu’on sait aussi, et avec certitude, c’est que la réunion de Wilhemsbad avait un épilogue dans le genre des révélations désespérées du malheureux M. Leroy. Le comte de Virieu, sur qui les Illuministes avaient cru pouvoir compter, et qui avait fait partie de la délégation française, revenait terrifié du Congrès, déclarait quitter la secte, et disait au baron de Gilliers : « Je ne vous révélerai pas ce qui s’est passé ; ce que je puis seulement vous dire, c’est que tout ceci est autrement sérieux que vous ne pensez. La conspiration qui se trame est si bien ourdie qu’il sera pour ainsi dire impossible à la Monarchie et à l’Église d’y échapper. »

Enfin, c’est également encore à cette époque que l’écrivain Cazotte, qui avait appartenu aux Illuministes français (alliés à la Franc-Maçonnerie), faisait un soir, dans un dîner, cette soi-disant prophétie dont la réalisation devait, évidemment, comporter une part de coïncidence, mais qui était aussi, avant tout, comme celles de Cagliostro, et sans aucun doute possible, de l’information anticipée. Il disait aux convives qui s’en amusaient beaucoup, trois ou quatre ans avant 1789 :

« Vous, Monsieur Bailly, et vous, Monsieur de Malesherbes, vous mourrez sur l’échafaud... Vous, Madame, on vous conduira en charrette, les mains liées derrière le dos, à la place des exécutions. — Mais, Monsieur le prophète, lui répondait en riant la duchesse de Grammont, ne me laisserez-vous pas au moins un confesseur ? — Non, Madame, non, lui répondait Cazotte énigmatique, non, vous n’en aurez pas, et le dernier supplicié qui en aura un, ce sera le roi !... », rapporte Louis Blanc dans son "Histoire de la Révolution française".
 
L'effroyable vérité dans des documents occultes de 1904
Maurice Talmeyr
 
(PDF gratuit ICI)

À travers une analyse minutieuse et éclairée, l'auteur explore le rôle majeur joué par la franc-maçonnerie dans la Révolution française, en dévoilant les liens étroits entre cette organisation secrète et les grandes figures révolutionnaires de l'époque.

Avec une plume claire et précise, Maurice Talmeyr retrace l'histoire de la franc-maçonnerie et de ses membres influents, qui ont contribué à la diffusion des idées nouvelles de liberté, d'égalité et de fraternité. Il démontre comment la franc-maçonnerie a servi de terreau fertile à la naissance d'un mouvement révolutionnaire puissant, qui a finalement renversé l'Ancien Régime et fondé la République.

Mais ce livre ne se contente pas de raconter l'histoire de la Révolution française. Il aborde également les questions sensibles et controversées, telles que le rôle des Illuminés de Bavière, la participation des francs-maçons à la Terreur, ou encore la véritable nature des idéaux révolutionnaires.

"La Franc-maçonnerie et la Révolution française" est un ouvrage essentiel pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la France et de l'Europe, mais aussi pour tous ceux qui cherchent à comprendre les fondements de la démocratie moderne et de la pensée politique contemporaine. 
 
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10 avril 2023 1 10 /04 /avril /2023 18:21

La coupe de Lycurgue est une remarquable pièce de technologie créée par les anciens Romains, dont les propriétés sont restées inégalées jusqu’au XXe siècle.

The Lycurgus Cup- A 4th-century Roman glass cage cup that changes color when lit from different ...

Son existence est un rappel poignant de la mesure dans laquelle les technologies complexes des civilisations passées peuvent être perdues dans l’histoire.

Cet artefact romain en verre, la coupe de Lycurgue, est non seulement le seul exemple qui subsiste de ce type de verre, mais il présente également la transformation de couleur la plus frappante. Considérée comme l’œuvre en verre la plus étonnante de son époque, elle présente des décorations d’une grande complexité.

L’élégance énigmatique de la coupe de Lycurgue

La coupe de Lycurgue, un extraordinaire artefact romain datant du IVe siècle après J.-C., fascine depuis longtemps les historiens, les artistes et les scientifiques. Ce calice de verre unique présente un design captivant, une fabrication remarquable et des propriétés optiques inhabituelles qui ont intrigué les experts pendant des siècles. Cet article se penche sur les cinq caractéristiques distinctes de la coupe de Lycurgue qui en font une pièce d’art et d’histoire tout à fait exceptionnelle.

Le verre dichroïque – un phénomène visuel de changement de couleur

L’une des caractéristiques les plus frappantes de la coupe de Lycurgue est sa composition en verre dichroïque, qui permet au récipient de changer de couleur en fonction des conditions d’éclairage. Lorsqu’elle est éclairée de face, la coupe présente une teinte verte sereine, tandis qu’un éclairage à contre-jour révèle un rouge ardent et vibrant. Cette propriété de changement de couleur est attribuée à la présence de minuscules nanoparticules d’or et d’argent dans le verre, une découverte qui a inspiré les applications modernes de la nanotechnologie.

Un design complexe – une représentation magistrale du mythe de Lycurgue

Le nom de la coupe provient de la scène détaillée qu’elle représente, où l’on voit le roi Lycurgue de Thrace enlacé dans des vignes pour le punir d’avoir défié Dionysos, le dieu grec du vin. La scène mythologique est réalisée de main de maître selon une technique élaborée appelée diatretum, qui consiste à découper le verre autour des personnages pour créer un effet tridimensionnel saisissant. Ce motif complexe souligne l’habileté et le savoir-faire exceptionnels des artisans romains qui ont créé la coupe.

Un testament des techniques verrières antiques – L’art du verre romain

La coupe de Lycurgue est un excellent exemple des techniques de verrerie avancées pratiquées par les Romains. La création du récipient a nécessité plusieurs processus complexes, notamment le soufflage du verre, la sculpture et le polissage. Le design délicat de la coupe et le contrôle précis des propriétés de changement de couleur du verre témoignent de l’expertise et des connaissances remarquables des artisans de l’Antiquité.

Un artefact rare et précieux – L’importance culturelle de la coupe de Lycurgue

La coupe de Lycurgue est le seul exemple complet connu d’un récipient romain diatrète, ce qui en fait un artefact incroyablement rare et précieux. Son importance culturelle est encore amplifiée par son lien avec l’histoire de l’Empire romain et la mythologie de l’époque.

La coupe a été conservée dans diverses collections au cours de l’histoire, notamment au prestigieux British Museum, où elle se trouve actuellement, captivant les visiteurs par son aspect mystique et son design complexe.

Applications modernes et inspiration scientifique : l’héritage de la coupe de Lycurgue

Les propriétés optiques uniques de la coupe de Lycurgue ont suscité l’intérêt des scientifiques, en particulier dans le domaine des nanotechnologies. Les chercheurs ont étudié la composition du verre de la coupe pour mieux comprendre comment les artisans de l’Antiquité ont obtenu l’effet dichroïque. Ces recherches ont conduit à des avancées dans la science des matériaux modernes, inspirant le développement de nouvelles technologies, telles que le verre à couleur changeante et les dispositifs optiques avancés.

L’enchantement durable de la coupe de Lycurgue

Avec ses propriétés hypnotiques de changement de couleur, son design complexe et son témoignage des anciennes techniques de verrerie, la coupe de Lycurgue continue de captiver l’imagination des historiens, des artistes et des scientifiques. Alors que nous nous efforçons de percer les secrets de cet artefact mystique, son héritage se perpétue, inspirant de nouvelles générations de chercheurs et d’artisans.

La coupe de Lycurgue est un exemple éclatant de l’habileté et de la créativité extraordinaires des artisans romains qui ont donné vie à cette pièce exceptionnelle de l’histoire. L’enchantement durable de la coupe de Lycurgue garantit que son histoire continuera d’être racontée et admirée dans les années à venir, comme un témoignage de l’éclat de l’artisanat antique et de la quête toujours en évolution de la connaissance.

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16 février 2023 4 16 /02 /février /2023 19:05

L'histoire du BND, de son fondateur Reinhard Gehlen et de ses loyaux services à Washington

 

 

« Les États-Unis occupent toujours essentiellement l'Allemagne, le Japon, la République de Corée et d'autres pays. En même temps, il les appelle cyniquement des alliés égaux… De quel type de coopération s'agit-il ? ». Cette question a été posée par le président russe Vladimir Poutine lors de son discours au Kremlin le 30 septembre 2022, lors de la signature des accords sur l'entrée des nouvelles régions dans la Fédération de Russie.

 

Des ex-nazis au service de l'Oncle Sam Comment les États-Unis ont pris le contrôle du principal service de renseignement allemand

 

Le président russe n'est pas entré dans les détails, mais il est difficile d'argumenter contre ses propos. Le pays le plus fort d'Europe occidentale, l'Allemagne, agit de plus en plus contre ses intérêts nationaux. Berlin coordonne son cours de politique étrangère avec Washington non seulement lors des sommets réguliers de l'OTAN et du G7, mais aussi par des canaux plus privés. L'un d'eux est le service de renseignement étranger de l'Allemagne, officiellement appelé Service fédéral de renseignement allemand (BND).

 

Ce département a été créé dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale par d'anciens officiers nazis et SS en tant qu'organisation de renseignement privée. Le contrôle du service était entièrement entre les mains des États-Unis et d'importantes opérations de renseignement ont été menées dans l'intérêt américain. De nombreuses enquêtes journalistiques permettent de conclure que la situation n'a pas beaucoup évolué à ce jour.

Nous rappelons l'histoire du renseignement allemand comme l'un des outils les plus fidèles aux mains des États-Unis.

 

Officier, espion, nazi

L'histoire du « renseignement allemand » est inextricablement liée à son fondateur Reinhard Gehlen. Il est né le 3 avril 1902 à Erfurt, en Prusse, une partie de l'Empire allemand, dans la famille de l'Oberleutnant à la retraite Walter Gehlen. La famille est issue de l'aristocratie flamande, où les hommes servaient traditionnellement dans l'armée.

 

 

Le jeune Gehlen a toutes les chances de rompre avec la tradition familiale - après la Première Guerre mondiale, aux termes du traité de Versailles, l'Allemagne est interdite d'avoir des établissements d'enseignement militaire.

Tout a changé quand Adolf Hitler est arrivé au pouvoir. Sous son règne, l'Allemagne a repris son cours vers la militarisation. L'une des premières étapes a été la restauration des établissements d'enseignement militaire, y compris le Collège d'état-major général. Le futur patron du BND était l'un de ses premiers diplômés.

 

En 1936, Gehlen est nommé officier du département opérationnel du groupe "Sud" de l'armée allemande, sous la direction de l'un des meilleurs généraux de la Seconde Guerre mondiale, Erich von Manstein. Cela a servi de tremplin pour sa future carrière militaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Reinhard a atteint le grade de lieutenant général et est devenu chef du renseignement militaire du commandement suprême de l'Abteilung Fremde Heere Ost (FHO) de l'armée allemande. Pendant les années de guerre, cette structure a collecté de grandes quantités de données sur le renseignement technique, militaire, stratégique et politique de l'Union soviétique.

 

Des ex-nazis au service de l'Oncle Sam Comment les États-Unis ont pris le contrôle du principal service de renseignement allemand 2

Reinhard Gehlen © Wikipédia

En fait, Gehlen doit entièrement sa brillante carrière militaire aux nazis d'Hitler.

En 1944, cependant, il était déjà conscient des perspectives décroissantes du régime. En tant qu'ardent anticommuniste, il a décidé de rejoindre l'un des alliés occidentaux prêts à payer cher ses services. Le chef du renseignement a ordonné que de nombreux documents de renseignement soient copiés et cachés dans des barils étanches. Ceux-ci ont ensuite été enterrés à divers endroits dans les Alpes autrichiennes.

 
 

Il n'a pas fallu longtemps pour trouver un acheteur. En juillet 1943, le département militaire du département américain de la Défense a formé le Département des projets spéciaux. Cette organisation a commencé à développer un programme secret de recyclage des prisonniers de guerre allemands.

Le 5 avril 1945, un mois avant la reddition de l'Allemagne, le lieutenant-général et ses aides, Gerhard Wessel et Hermann Bown, se sont rendus aux Américains, emportant avec eux les renseignements soviétiques recueillis pendant la guerre et les meilleurs pro-américains. personnel.

Peu de temps auparavant, le chef d'état-major de l'armée américaine, George Catlett Marshall Jr., avait accepté d'étudier les archives des formations militaires de la Wehrmacht sur le front de l'Est. Toujours en avril 1945, un accord a été conclu entre les services de renseignement de la Grande-Bretagne et des États-Unis pour étudier l'expérience de la conduite d'opérations militaires contre l'URSS. Gehlen, avec ses données et son expérience, a eu un excellent timing.

 
 

À son arrivée aux États-Unis, il reçut le pseudonyme de Hans Holbein et délivra un certificat de service pour dissimuler le fait que l'armée américaine coopérait avec des membres SS.

À la suite de l'accord de Gehlen avec le gouvernement américain, à partir de la mi-septembre 1945, des prisonniers de guerre dans un camp avec l'adresse postale PO Box 1142, Fort Hunt, Virginie, États-Unis ont commencé des travaux de recherche sous sa direction. Le projet portait le nom de code "B" (Bolero).

 

 

Le club à thème nazi

Selon les informations obtenues des archives de la CIA, environ 200 officiers ont participé au stratagème d'octobre 1945 à avril 1946. Le résultat de leur travail a été un document de 3 657 pages, préparé pour les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada.

 

En juillet 1946, le groupe Bolero de Gehlen a été fusionné avec une autre unité de renseignement composée d'anciens nazis. Il s'agit de Keystone, un service de surveillance des transmissions radio sur le territoire européen contrôlé par l'URSS. Il était dirigé par Herman Baun et situé à Oberursel, en Allemagne. L'opération conjointe de ces deux groupes portait le nom de code Rusty et leur tâche principale était de collecter des renseignements sur l'état des forces armées de l'URSS sur les territoires européens sous son contrôle.

Quelques mois plus tard, Gehlen et le gouvernement américain ont convenu de créer une agence d'espionnage à part entière appelée The Gehlen Organization. Il a lui-même dirigé l'organisation, restant son chef permanent jusqu'à son abolition.

Certaines des premières personnes que Gehlen a recrutées étaient des officiers SS et de la Gestapo qui ont reçu de faux noms et de faux documents.

 

Les archives déclassifiées de la CIA contiennent un dossier sur l'un des membres du personnel, Heina Paul Johannes, qui a servi dans des unités SS et a rejoint l'organisation sous le nom de Karl Schuetz.

 

Parmi les premiers à se joindre, il y avait les SS-Obersturmfuhrers Frans Goring et Hans Sommer, et le SS-Sturmfuhrer Herbert Stein.

 

Des ex-nazis au service de l'Oncle Sam Comment les États-Unis ont pris le contrôle du principal service de renseignement allemand 3

Reinhard Gehlen (homme au centre) et le personnel de l'unité de contre-espionnage de la Wermacht. © Getty Images / Bettmann / Contributeur

 

 

Gehlen a également accueilli le lieutenant-général Friedrich Wilhelm von Mellenthin , ancien commandant de la 4e armée Panzer ; le général de division Nichtke, qui commandait des divisions en Pologne et en Russie ; le général de division Rudolf Kleinkamp, ​​qui dirigeait le service du personnel du haut commandement de la Wehrmacht ; le lieutenant-colonel Heinz Gudernan ; le colonel von Kretschmer, ancien attaché militaire à Tokyo ; et d'autres soldats de la Wehrmacht.

Les postes de direction à la tête des groupes étaient occupés par d'anciens officiers SS que Gehlen connaissait personnellement. Le colonel Heinz Heer est devenu l'analyste en chef; Le colonel Ulrich Noack dirigeait le groupe de recherche sur l'économie de l'URSS ; Le capitaine Blossfeldt a mené les interrogatoires.

Les agents fournissant des informations à l'organisation étaient entièrement composés de citoyens pro-hitlériens qui ont participé aux hostilités actives pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne nazie.

Nouvelles activités des anciens nazis

Les données d'enregistrement officielles pour The Gehlen Organization manquent pour des raisons évidentes. Nous savons seulement qu'il a fonctionné sous différents noms : de 1949 à 1950 sous le nom de code "Offspring", de 1950 à 1951 sous le nom de "Odeum", et de 1951 à 1956 sous le nom de "Zipper".

 

L'activité principale de l'organisation était d'obtenir des renseignements dans les pays d'Europe de l'Est et en URSS.

Le 1er avril 1946, les opérations d'essai de la nouvelle organisation ont commencé et ont ensuite reçu une évaluation positive des représentants américains.

Cependant, la première opération majeure de l'Organisation Gehlen a été lancée en 1947 et portait le nom de code "Aktion Hermes". Son objectif était d'interroger systématiquement des centaines de milliers d'anciens prisonniers de guerre allemands, qui commençaient à revenir des camps soviétiques où ils avaient été contraints de participer à la reconstruction du pays.

Les agents de l'organisation occupent des postes permanents dans les camps de rapatriement des zones occidentales, puis en Allemagne. Presque tous les rapatriés – militaires et civils – ont été contactés par des agents qui lui ont demandé où ils étaient détenus et les usines où ils travaillaient. Les agents étaient principalement intéressés par les espions de l'autre côté.

Les sujets principaux étaient l'industrie soviétique, les armements, les télécommunications et l'attitude de la population envers le gouvernement.

 

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Reinhard Gehlen en tant que major-général en 1945. © Wikipedia

 

 

Lorsque les agents de Gehlen ont découvert une augmentation marquée de la production de chars et d'avions militaires en Union soviétique après 1945, la nouvelle a troublé l'armée américaine, qui a reçu tous les rapports.

En mai 1949, les services de renseignement britanniques ont également mené l'« opération Jungle », dont le but était de préparer et d'envoyer des détachements de sabotage opérant sous le couvert de mouvements de libération nationale dans les républiques baltes et la Pologne socialiste.

À la fin des années 1940, le MI6 a créé un centre spécial à Chelsea, à Londres, pour former des agents à envoyer dans les États baltes. L'opération était dirigée par Henry Carr, directeur du département nord-européen du MI6, et le chef de la branche baltique, Alexander McKibbin.

L'Organisation Gehlen a été chargée de sélectionner des agents pour l'opération parmi les anciens nazis.

Des agents ont été transportés vers les États baltes par voie maritime sous le couvert de la société fictive de transport maritime British Baltic Fishery Protection Service, qui opérait sur un bateau militaire à grande vitesse en temps de guerre.

 

Officiellement, l'entreprise était engagée dans la protection des pêcheurs ouest-allemands contre «l'arbitraire soviétique» en mer. Les bateaux ont été modifiés (avec des poids réduits pour augmenter la vitesse).

Pour cacher l'implication du gouvernement britannique au cas où le bateau serait saisi par la marine soviétique et que l'organisation Gehlen lui fournirait un équipage allemand.

Cependant, le ministère de la Sécurité d'État (MGB) de l'URSS a été informé de l'opération par l'intermédiaire de ses agents en Grande-Bretagne, et la quasi-totalité des 42 agents de la "Jungle" ont été arrêtés.

 

 

 

 

Une fête aux dépens de qui ?

Dans ses mémoires, Gehlen écrit : "Jusqu'en 1956, nous n'avions pas la possibilité de couvrir les salariés avec une assurance publique, puisque formellement, l'employeur n'existait pas."

Au stade initial de l'Organisation Gehlen, Washington l'utilisait comme une cellule de sa propre armée. C'est l'armée américaine qui s'est chargée d'équiper le groupe d' officiers de renseignement nazis d'outils techniques allant des machines à écrire au matériel radio nécessaire.

 

L'institution nouvellement créée était financée exclusivement par le budget américain et le nombre de fonds alloués, selon des rapports de diverses sources , variait de 1,5 million de dollars à 3,4 millions de dollars par an pour 50 employés.

 

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Gehlen, Reinhard Offizier, DErster Praesident des BND 1955-68- en conversation avec des officiers dans un camp de recrutement de l'Armée de libération russe. © ullstein bild / ullstein bild via Getty Images

 

 

De plus, l'armée américaine a fourni à l'organisation de l'argent ainsi que des biens de consommation provenant de ses entrepôts, qui ont été échangés sur le marché noir contre de l'argent, comme biens de troc ou utilisés comme moyen de paiement.

En septembre 1946, l'entreprise a reçu 160 000 cigarettes, 43 300 litres d'essence et environ 50 000 $ de l'armée américaine.

Au cours de la période de juillet à octobre 1948, 82 153 barres de chocolat, 67 150 paquets de cigarettes, 4 500 lames de rasoir et 1 815 paires de chaussettes en laine destinées à The Gehlen Organization ont été produites.

La journaliste américaine Mary Ellen Rees, dans son livre « General Reinhard Gehlen : The CIA Connection », a écrit :

« L'organisation en expansion rapide de Gehlen avait constamment besoin d'argent. Ce que l'armée américaine fournissait ne suffisait pas et le « marché noir » devenait sa principale source de revenus. Le système était tout aussi efficace et éhonté. L'armée a fourni à l'organisation de l'argent pour les fournitures, que les équipes spéciales de l'organisation ont vendues au «marché noir». À la suite de ces transactions, la division des affaires criminelles de l'armée américaine a confisqué les marchandises au motif qu'elles étaient entrées illégalement sur le « marché noir », et les a de nouveau prises dans sa propriété, qui s'est ensuite retrouvée à nouveau sur le « marché noir ». Après la réforme monétaire de juin 1948, lorsque le nouveau mark allemand fut introduit, ce cycle profitable devint une question de survie. Selon Gehlen, son pouvoir d'achat a alors diminué de 70 % ».

En 1949, l'organisation Gehlen est devenue subordonnée à la CIA et est restée sous son contrôle jusqu'à ce que l'Allemagne établisse son propre gouvernement, pour lequel l'organisation a commencé à travailler.

Parmi les documents trouvés dans les archives de la CIA figurait la masse salariale de l'organisation. À l'époque, le salaire de chaque employé variait de 500 à 900 dollars américains.

Dès le début des années 1950, l'économie allemande finance l'institution par le biais d'une agence au nom de code « Institut de recherche industrielle ».

 

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Dôme du bâtiment du Reichstag, Berlin, Allemagne. © Getty Images / Hans-Peter Merten

 

 

En 1951, l'organisation a reçu 600 000 Deutsche Marks des sociétés partenaires Standart Elektrik AG, Rodenstock et Messerschmitt.

À partir de 1954, un financement mensuel a été fourni par Bonn à hauteur de 30 000 Deutsche Marks. L'argent provenait également du Reptilienfonds du chancelier fédéral .

La naissance du service de renseignement allemand

En juin 1950, Gehlen exprima son opinion en faveur de la création d'un service de renseignement étranger ouest-allemand à Hans Globke, secrétaire d'État au bureau du chancelier fédéral, et en septembre de la même année, il s'adressa au chancelier fédéral Konrad Adenauer. lui-même.

Ses opinions ont finalement trouvé un soutien en raison de l'évolution de la situation dans la politique internationale.

En juin 1950, la guerre de Corée a commencé, ce qui a clairement montré que la «guerre froide» pouvait se transformer en véritable combat à tout moment.

Dans l'Allemagne divisée, deux systèmes sociaux opposés - le communisme et le capitalisme - se faisaient littéralement face. La nouvelle guerre en Asie a souligné le besoin vital de collecter des informations sur l'ennemi et a déterminé le cours des priorités du renseignement.

La conjoncture était du côté de l'espionnage militaire - principalement contre les troupes en Allemagne de l'Est ("renseignement à courte portée"), ainsi qu'en Pologne, en Tchécoslovaquie et dans d'autres pays du bloc de l'Est, y compris la Yougoslavie et l'Albanie ("renseignement approfondi") et en Union soviétique elle-même ("renseignement à longue portée").

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Timbre soviétique de 1950, représentant les drapeaux et les peuples des États communistes, y compris ceux d'Europe de l'Est. © Wikipédia

 

 

Les efforts intensifs pour inclure l'Organisation Gehlen dans la structure du gouvernement fédéral et assurer ainsi son financement budgétaire ont été couronnés de succès cinq ans plus tard, lorsque le 11 juillet 1955, le Cabinet des ministres a finalement décidé de prendre le contrôle de l'organisation et de la subordonner. au Bureau du Chancelier fédéral.

Moins d'un an plus tard, le 1er avril 1956, l'Organisation Gehlen est finalement transformée en BND, mais sa structure n'a en rien changé. Gehlen lui-même est resté le chef permanent du renseignement pendant encore 12 ans.

Il n'y a pas de chiffres officiels ou de données indépendantes scientifiquement fondées sur l'évolution du nombre d'employés de la BND depuis 1956. Selon l'opinion généralement admise en RDA, le nombre d'employés a doublé de 1 245 personnes en 1956 à 2 500 en 1963, puis a de nouveau doublé à cinq. mille en 1968 et en 1977, le BND employait 6 500 fonctionnaires, employés, ouvriers et officiers envoyés de la Bundeswehr.

De vieilles habitudes sous un nouveau statut

Bien que le BND soit officiellement devenu le service de renseignement souverain d'un État formellement souverain, il a continué à effectuer des tâches dans l'intérêt du gouvernement américain.

Ceci est confirmé par une enquête du Washington Post et de la chaîne allemande ZDF.

L'enquête fait référence aux documents de la CIA et du BND et indique que pendant un demi-siècle à partir des années 1950, la CIA en collaboration avec le BND a lu la correspondance secrète des gouvernements de 120 pays, en tirant des bénéfices financiers de plusieurs millions de dollars. . Cela a été réalisé par l'intermédiaire de la société suisse Crypto AG, qui produit des équipements de cryptage.

Il y a beaucoup à penser que l'agence de renseignement allemande continue de mener ses activités dans l'intérêt des États-Unis à ce jour.

Par exemple, en 2015, le journal allemand Bild am Sonntag, faisant référence à une déclaration électronique du BND, a rapporté que, sur ordre de l'agence de sécurité nationale américaine (NSA), l'organisation de renseignement allemande avait collecté des informations sur l'Autriche, en utilisant des mots-clés tels que bundesamt (agence fédérale), gov (gouvernement), diplo (institutions diplomatiques, ministère des Affaires étrangères).

La publication avait précédemment rapporté que le BND avait aidé l'Agence de sécurité nationale à mener des activités d'espionnage contre des membres du gouvernement français et de la Commission européenne.

Le service de renseignement de tout pays est un signe de sa souveraineté et un outil pour résoudre les tâches de l'État subordonnées aux intérêts nationaux.

Partant de ce qui précède, ainsi que de l'histoire d'une agence aussi stratégiquement importante que le BND, il peut être raisonnable de conclure que l'Allemagne n'est pas pleinement souveraine pour le moment.

Par 'R-Techno', société de renseignement privée. 

Greatgameindia .

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15 février 2023 3 15 /02 /février /2023 17:57
A propos de l'auteur

Yuri Rubtsov  est docteur en sciences historiques, académicien de l'Académie russe des sciences militaires et membre de l'Association internationale des historiens de la Seconde Guerre mondiale.

Image en vedette : Adolf Hitler, Hjalmar Schacht et Prescott Bush (famille père Bush Président USA) (Source : The Canadian Patriot )

 

Wall Street a aidé les Alliés à financer leur triomphe de la Seconde Guerre mondiale. Mais comme d'habitude, ils ont couvert leurs paris.

JP Morgan a aidé la reconstruction de l'Allemagne après la guerre mondiale IJP Morgan, sous la direction du gouverneur de la Banque d'Angleterre, a dirigé la renégociation des paiements de réparation et organisé d'autres banques de Wall Street pour renflouer l' Allemagne avec des prêts. Cela ne s'est pas arrêté là.

Selon John Strausbaugh, l'auteur du livre « Victory City, A History Of New York and New Yorkers during World War II » : 

Via la [Banque des règlements internationaux], les banquiers américains et britanniques entretenaient une amitié essentiellement secrète avec leurs homologues nazis et japonais tout au long de la Seconde Guerre mondiale, tandis que des milliers et des milliers d'hommes américains et britanniques en uniforme étaient tués et mutilés dans le combat. vaincre les nazis et les japonais.

Les banquiers d'Hitler , Anthony Isola, 6 février 2019

Vous trouverez ci-dessous un article écrit par l'historien russe Yuri Rubtsov. La source originale de cet article était  Fort Russ tel que traduit du russe par Ollie Richardson pour Fort Russ. La version Fort Russ n'est plus disponible sur Internet. Cependant, une version en russe publiée en 2016 peut être trouvée sur ru-polit.livejournal  ICI . Il a été initialement publié en 2009.

 

 

Par Yuri Rubtsov republié de Global Research

De la Première Guerre mondiale à nos jours : la dette exprimée en dollars a été le moteur de toutes les guerres anticipées par les États-Unis.

Les créateurs de Wall Street sont les principaux acteurs. Ils étaient appelés derrière l'Allemagne nazie. Ils ont financé l'opération Barbarossa et l'invasion de l'Union soviétique.

Les Rockefeller ont financé la campagne électorale d'Hitler.

Wall Street a également « nommé » le chef de la Banque centrale allemande (Reichsbank).

Michel Chossudovsky, 3 décembre 2022

Il y a plus de 80 ans a commencé le plus grand carnage de l'histoire : la Seconde Guerre mondiale.

Si nous voulons aborder le problème de la « responsabilité de la guerre » , nous devons d'abord répondre aux questions clés suivantes :

  • Qui a aidé les nazis à prendre le pouvoir ?
  • Qui les a envoyés vers la catastrophe mondiale ?

Toute l'histoire d'avant-guerre de l'Allemagne montre que la fourniture des politiques "nécessaires" a été gérée par la tourmente financière dans laquelle le monde a été plongé à la suite de la Première Guerre mondiale. 

Les structures clés qui ont défini la stratégie de développement d'après-guerre de l'Occident étaient  les institutions financières centrales de la Grande-Bretagne et des États-Unis - la Banque d'Angleterre et le Federal Reserve System (FRS)  - et les organisations financières et industrielles associées définies comme un moyen d'établir un contrôle absolu sur le système financier de l'Allemagne et sa capacité à contrôler les processus politiques en Europe centrale.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, les étapes suivantes ont été décrites :

  1. De 1919 à 1924 –  pour préparer le terrain à un investissement financier américain massif dans l'économie allemande ;
  2. De 1924 à 1929 –  établissement du contrôle sur le système financier de l'Allemagne et soutien financier au nazisme (« socialisme national ») ;
  3. De 1929 à 1933 – provoquèrent et déclenchant une crise financière et économique profonde et  assurant l'arrivée au pouvoir des nazis ;
  4. De 1933 à 1939 –  coopération financière avec le gouvernement nazi et soutien à sa politique étrangère expansionniste,  visant à préparer et réaliser une nouvelle guerre mondiale.
« Réparations de guerre » de la Première Guerre mondiale

Dans un premier temps,  les principaux leviers pour assurer la pénétration du capital américain en Europe ont commencé avec les dettes de guerre de la Première Guerre mondiale  et le problème résolu lié aux  réparations allemandes. 

Après l'entrée officielle des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, ils ont accordé aux alliés, principalement l'Angleterre et la France, des prêts d'un montant de 8,8 milliards de dollars. La somme totale des dettes de guerre, y compris les prêts accordés aux États-Unis en 1919-1921, s'élevait à plus de 11 milliards de dollars.

Pour résoudre ce problème,  les pays créanciers ont essayé d'imposer des conditions extrêmement difficiles pour le paiement des réparations de guerre aux dépens de l'Allemagne.  Cela a été amélioré par la fuite des capitaux allemands à l'étranger et le refus de payer des impôts qui ont conduit à un déficit budgétaire de l'État qui ne pouvait être couvert que par la production de masse de marques allemandes non garanties.

Le résultat a été l'effondrement de la monnaie allemande -  la "grande inflation" de 1923 - lorsque le dollar valait 4,2 milliards de marks. Les industriels allemands ont commencé à saboter ouvertement toutes les activités de paiement des obligations de réparation, ce qui a finalement provoqué la fameuse «crise de la Ruhr» - l'occupation franco-belge de la Ruhr en janvier 1923.

Les élites dirigeantes anglo-américaines, pour prendre elles-mêmes l'initiative, ont attendu que la France se lance dans une aventure hasardeuse et prouve son incapacité à résoudre le problème. Le secrétaire d'État américain Hughes a souligné : « Il faut attendre que l'Europe mûrisse pour accepter la proposition américaine.

Le nouveau projet a été élaboré dans les profondeurs de JP Morgan & Co. sous la direction du patron de la Banque d'Angleterre,  Montagu Norman . Au cœur de ses idées se trouve le représentant de la « Dresdner Bank »  Hjalmar Schacht , qui la formule en mars 1922 à la suggestion de  John Foster Dulles , futur secrétaire d'État au cabinet du  président Eisenhower et conseiller juridique du  président W. Wilson ,  à la conférence de paix de Paris.

Dulles a remis cette note au fiduciaire en chef JP Morgan & Co., qui a ensuite recommandé Schacht  en consultation avec  Montagu Norman,  gouverneur de la Banque d'Angleterre.

En décembre 1923,  Schacht devient directeur de la Reichsbank et joue un rôle déterminant dans le rapprochement des élites financières anglo-américaines et allemandes.

À l'été 1924, le projet dit  « plan Dawes » - du nom du président du comité d'experts qui l'a créé, un banquier américain et directeur d'une des banques du groupe Morgan - est adopté à la conférence de Londres . Il a appelé à réduire de moitié les réparations et à résoudre la question des sources de leur couverture. Cependant, la tâche principale était d'assurer des conditions favorables aux investissements américains , ce qui n'était possible qu'avec la stabilisation du mark allemand. 

À cette fin, le plan a été accordé à l'Allemagne un prêt important de 200 millions de dollars, dont la moitié était due à JP Morgan.

Alors que les banques anglo-américaines ont pris le contrôle non seulement du transfert des paiements allemands mais aussi du budget, du système de circulation monétaire et dans une large mesure du système de crédit du pays.

La République de Weimar

En août 1924, l'ancien Mark allemand a été remplacé par une nouvelle situation financière stabilisée en Allemagne et, comme l'a écrit le chercheur GD Preparta, la République de Weimar était préparée pour :

L'aide économique la plus pittoresque de l'histoire, suivie de la moisson la plus amère de l'histoire du monde -  un flot imparable de sang américain versé dans les veines financières de l'Allemagne.

Les conséquences n'ont pas tardé à apparaître.

Cela était principalement dû au fait que les réparations annuelles devaient couvrir le montant de la dette payée par les alliés, formés par le soi-disant « cercle absurde de Weimar ».

L'or que l'Allemagne a payé sous forme de réparations de guerre a été  vendu, mis en gage et a disparu aux États-Unis, où il a été restitué à l'Allemagne sous la forme d'un plan d'aide ",  qui l'a donné à l'Angleterre et à la France, et elles, devaient à leur tour payer la dette de guerre des États-Unis. Il a ensuite été recouvert avec intérêt et de nouveau envoyé en Allemagne. En fin de compte, tous en Allemagne vivaient endettés [étaient endettés], et  il était clair que si Wall Street retirait ses prêts, le pays souffrait d'une faillite complète.

Deuxièmement, bien qu'un crédit formel ait été émis pour garantir le paiement, il s'agissait en fait de la restauration du potentiel militaro-industriel du pays.

Le fait est que les Allemands ont été payés en actions d'entreprises pour les prêts, de sorte que le capital américain a commencé à s'intégrer dans l'économie allemande.

Le montant total des investissements étrangers dans l'industrie allemande au cours de la période 1924-1929 s'élève à près de 63 milliards de marks-or, 30 milliards d'emprunts et le paiement des réparations - 10 milliards de marks. 70 % des revenus étaient fournis par les banques des États-Unis, et la plupart des banques appartenaient à JP Morgan. En conséquence, en 1929, l'industrie allemande occupait la deuxième place mondiale, mais elle était largement aux mains des principaux groupes industriels et financiers américains.

 

Investissements américains dans l'Allemagne nazie. Rockefeller a financé la campagne électorale d'Adolf Hitler

« Interessen-Gemeinschaft Farbenindustrie », principal fournisseur de la machine de guerre allemande, financée à 45 % de la campagne électorale d'Hitler en 1930,  et était sous le contrôle de la Standard Oil de Rockefeller.

Morgan, par l'intermédiaire de General Electric, contrôlait l'industrie allemande de la radio et de l'électricité via AEG et Siemens  (jusqu'en 1933, 30 % des actions d'AEG possédaient General Electric) via la société de télécommunications ITT - 40% du réseau téléphonique en Allemagne.

En outre,  ils détenaient une participation de 30 % dans la société de fabrication d'avions Focke-Wulf .

General Motors, appartenant à la famille DuPont, prend le contrôle d'Opel.

Henry Ford contrôlait 100% des actions de Volkswagen.

En 1926, avec la participation de la Rockefeller Bank Dillon, Reed & Co., le deuxième monopole industriel en Allemagne après IG Farben a émergé - la société métallurgique Vereinigte Stahlwerke (Steel Trust) Thyssen, Flick, Wolff, Feglera etc.

La coopération américaine avec le complexe militaro-industriel allemand  était si intense et omniprésente qu'en 1933, les secteurs clés de l'industrie allemande et les grandes banques telles que Deutsche Bank, Dresdner Bank, Danat-Bank (Darmstädter und Nationalbank), etc. .étaient sous le contrôle de la capitale financière américaine.

La force politique qui devait jouer un rôle crucial dans les plans anglo-américains se préparait simultanément. Nous parlons du financement du parti nazi et d'Adolf Hitler personnellement.

Comme l'a écrit l'ancien  chancelier allemand Brüning  dans ses mémoires, depuis 1923, Hitler a reçu de grosses sommes de l'étranger. On ne sait pas où ils sont allés, mais ils ont été reçus par des banques suisses et suédoises.

On sait également qu'en 1922 à Munich, une rencontre eut lieu entre Hitler et l'attaché militaire des États-Unis en Allemagne, le capitaine Truman Smith , qui rédigea un rapport détaillé pour ses supérieurs de Washington (au bureau du renseignement militaire) , en qu'il parlait hautement d'Hitler.

C'est par le biais du cercle de connaissances de Smith qu'Hitler a été présenté pour la première fois à l'homme d'affaires germano-américain  Ernst Franz Sedgwick Hanfstaengl , diplômé de l'Université de Harvard qui a joué un rôle important dans la formation d'Hitler en tant que politicien, soutenu par un soutien financier important, tout en le sécurisant. liens et communication avec des personnalités éminentes de l'établissement britannique.

Hitler était préparé en politique, cependant, alors que l'Allemagne sous la République de Weimar régnait, son parti restait à la périphérie de la vie publique. La situation a radicalement changé avec le début de la crise financière de 1929.

Depuis l'automne 1929, après l'effondrement de la bourse américaine déclenchée par la Réserve fédérale, la troisième étape de la stratégie de l'établissement financier anglo-américain a commencé.

La Réserve fédérale et JP Morgan ont décidé d'arrêter de prêter à l'Allemagne, inspirés par la crise bancaire et la dépression économique en Europe centrale. En septembre 1931, l'Angleterre abandonne l'étalon-or, détruisant délibérément le système international des paiements et coupant complètement le flux d'« oxygène financier » vers la République de Weimar.

Mais un miracle financier se produisit avec le parti nazi : en septembre 1930, grâce à d'importants dons de Thyssen, IG Farben et de l'industriel  Emil Kirdorf , fervent partisan d'Adolf Hitler, le parti nazi obtint 6,4 millions de voix, et se classe deuxième. place au Reichstag, après quoi des investissements généreux de l'étranger ont été activés.

Le lien principal entre les grands industriels allemands et les financiers étrangers devient Schacht .

 

 

Accord secret de 1932 : Wall Street finance le parti nazi d'Hitler 

Le 4 janvier 1932, une rencontre à lieu entre le financier britannique  Montagu Norman, gouverneur de la Banque d'Angleterre , Adolf Hitler et  Franz Von Papen, qui devient chancelier quelques mois plus tard en mai 1932. Lors de cette rencontre, un accord sur le financement du  Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei  (NSDAP ou parti nazi) a été atteint.

Cette réunion a également été suivie par des décideurs américains et  les frères Dulles , ce que leurs biographes n'aiment pas essayé.

Un an plus tard, le 14 janvier 1933, une autre réunion eu lieu entre Adolph Hitler, le financier allemand  Baron Kurt von Schroeder, le chancelier Franz von Papen et le conseiller économique d'Hitler  Wilhelm Keppler  , où le programme d'Hitler a été approuvé.

C'est là qu'ils ont finalement résolu la question du transfert du pouvoir aux nazis, et  le 30 janvier 1933, Hitler est devenu chancelier . La mise en œuvre de la quatrième étape de la stratégie a ainsi commencé.

L'attitude des élites dirigeantes anglo-américaines vis-à-vis du nouveau gouvernement nazi était très sympathique.

Lorsque Hitler a refusé de payer les réparations, ce qui, naturellement, remettait en cause le paiement des dettes de guerre, ni la Grande-Bretagne ni la France ne lui ont montré les créances des paiements. De plus, après sa visite aux États-Unis en mai 1933, Schacht est redevenu à la tête de la Reichsbank et, après sa rencontre avec le président américain et les grands banquiers de Wall Street, l'Amérique a accordé à l'Allemagne de nouveaux prêts d'un montant total de 1 milliard de dollars.

En juin, lors d'un voyage à Londres et d'une rencontre avec Montagu Norman, Schacht a également demandé un prêt britannique de 2 milliards de dollars et une réduction et une cessation des paiements sur les anciens emprunts.

Ainsi, les nazis ont obtenu ce qu'ils n'avaient pas pu obtenir avec le gouvernement précédent.

À l'été 1934,  la Grande-Bretagne signe l'accord de transfert anglo-allemand, qui devient l'un des fondements de la politique britannique envers le Troisième Reich,  et à la fin des années 1930, l'Allemagne devient le principal partenaire commercial d'Angleterre.

La Schroeder Bank est devenue le principal agent de l'Allemagne au Royaume-Uni et, en 1936, son bureau de New York s'est associé aux Rockefeller pour créer la Schroeder, Rockefeller & Co. Investment Bank, que le Times Magazine appelait « l'axe de propagande économique de Berlin-Rome  »  . .”

Comme Hitler l'a lui-même admis, il a conçu son plan quadriennal sur la base de prêts financiers étrangers, de sorte qu'il ne lui a jamais inspiré la moindre alarme.

En août 1934, la Standard Oil américaine [détenue par les Rockefeller] en Allemagne a acquis 730 000 acres de terrain et a intégré de grandes raffineries de pétrole qui ont approvisionné les nazis en pétrole . Dans le même temps,  l'Allemagne a secrètement pris la livraison des équipements les plus modernes pour les usines d'avions des États-Unis,  qui commençaient la production d'avions allemands.

L'Allemagne a reçu un grand nombre de brevets militaires des sociétés américaines Pratt et Whitney, Douglas, Curtis Wright, et la technologie américaine construit le "Junkers-87". En 1941, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage, les investissements américains dans l'économie de l'Allemagne s'élevaient à 475 millions de dollars. Standard Oil a investi 120 millions de dollars, General Motors 35 millions de dollars, ITT 30 millions de dollars et Ford 17,5 millions de dollars.

L'étroite coopération financière et économique des milieux d'affaires anglo-américains et nazis a été le contexte dans lequel, dans les années 1930, une politique d'apaisement a conduit à la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd'hui, les élites financières mondiales ont mis en place la  Grande Dépression 2.0 [2008] , avec une transition de suivi vers un  « Nouvel Ordre Mondial ».

 

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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 18:40

Vous pouvez suivre les replay de "La belle Histoire de France" avec Franck Ferrand, Marc Menant animés par  l'excellente Christine Kelly. Des émissions de qualité, passionnantes dont on ne se lasse pas !

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 18:52

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