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23 août 2022 2 23 /08 /août /2022 18:08

Discours complotiste d'avant garde diraient certains, mais surtout visionnaire, qui mieux qu'un Président des USA pouvait mieux définir le danger des spéculations du financement de la guerre par les complexes militaro - Industriels.

Cependant aujourd'hui la spéculation, le profit, ne se cantonnent pas à ces domaines, l'industrie pharmaceutique mais aussi le l'industrie du Big data informatique.

Quand on laisse des coteries s'installer, puis diriger les rouages de l'Etat on ne peut s'étonner qu'ils entassent des prébendes, des privilèges, des faveurs fiscales, des marchés publics juteux etc... le tout au détriment du bien public, des budgets de la Nation.

 

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Le discours d’adieu du président Dwight Eisenhower, prononcé le 17 janvier 1961, est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’à l’époque. Ike mettait en garde les citoyens américains contre le « complexe militaro-industriel » et les dangers qu’il représentait pour notre nation et le monde.

Eisenhower se méfiait à juste titre de l’industrie de l’armement, qui était à l’époque relativement nouvelle. Ike savait qu’une industrie de l’armement aussi massive pouvait dominer la nation.

Eisenhower a déclaré dans son discours : « Cette conjonction d’un immense établissement militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. L’influence totale – économique, politique, même spirituelle – est ressentie dans chaque ville, chaque maison d’État, chaque bureau du gouvernement fédéral. Nous reconnaissons la nécessité impérative de ce développement. Pourtant, nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre labeur, nos ressources et nos moyens de subsistance sont tous concernés ; il en va de même de la structure même de notre société. »

Avec des gens qui profitent des armements et de leur développement, il y aura inévitablement une poussée pour plus d’armes. Toute accumulation d’armes encouragera d’autres nations à accumuler les leurs. La course aux armements reste un danger permanent.

Eisenhower a également mis en garde :

  • « Dans les conseils de gouvernement, nous devons nous prémunir contre l’acquisition d’une influence injustifiée, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le potentiel de montée désastreuse d’un pouvoir mal placé existe et persistera. »

 

Ike pensait que le peuple américain devait être politiquement actif lorsqu’il s’agissait de réglementer l’industrie de l’armement. Il a déclaré :

  • « Seuls des citoyens alertes et bien informés peuvent obliger l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense à s’adapter à nos méthodes et objectifs pacifiques, afin que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble. »

Eisenhower a mis en garde contre ces dépenses militaires inconsidérées qui se font aux dépens du peuple américain.

Ike a déclaré : « Alors que nous regardons l’avenir de la société, nous – vous et moi, et notre gouvernement – devons éviter l’impulsion de vivre uniquement pour aujourd’hui, en pillant, pour notre propre facilité et commodité, les ressources précieuses de demain. »

Eisenhower a souligné dans son discours la nécessité de la diplomatie et du rétablissement de la paix. Il a déclaré :

  • « Le désarmement, dans l’honneur et la confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble, nous devons apprendre à composer avec les différences, non pas avec des armes, mais avec l’intelligence et un but décent. »

 

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« Des crises, il y en aura d’autres. Quand on les affronte, qu’elles soient intérieures ou étrangères, grandes ou petites, il y a toujours la tentation de penser qu’une action spectaculaire et coûteuse pourrait être la solution miraculeuse à toutes les difficultés rencontrées […], présentée comme la seule voie pour la route que nous souhaitons suivre.

Cependant chaque proposition doit être pesée à la lumière d’une considération plus large : la nécessité de maintenir l’équilibre : équilibre entre les [différents] programmes nationaux et à l’intérieur [de chacun d’entre eux], équilibre entre économie publique et économie privée, équilibre entre le coût et le gain espéré, équilibre entre le nettement nécessaire et le confortablement souhaitable, équilibre entre nos exigences essentielles en tant que nation et les devoirs imposés par la nation à l’individu, équilibre entre les actions du présent et le bien-être futur de la nation. Le jugement sage recherche équilibre et progrès ; son manque amène déséquilibre et anéantissement. […]

Mais des menaces nouvelles […] surgissent constamment. Je n’en mentionnerai que deux ici. […]

La présence simultanée d’un énorme secteur militaire et d’une vaste industrie de l’armement est un fait nouveau dans notre histoire. Cette combinaison de facteurs a des répercussions — d’ordre politique, économique et même spirituel – perceptibles dans chacune de nos villes, dans les chambres législatives de chacun des États qui constituent notre pays, dans chaque bureau de l’administration fédérale. Certes, cette évolution répond à un besoin impérieux. Mais nous nous devons de comprendre ce qu’elle implique, car ses conséquences sont graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d’existence sont en jeu, et jusqu’à la structure même de notre société.

Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble. […]

C’est la tâche de l’homme d’État que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, dans les principes de notre système démocratique – en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre.

Un autre facteur de maintien de l’équilibre implique l’élément de temps. Alors que nous envisageons la société future, nous – vous et moi, et notre gouvernement – devons éviter la tentation de vivre seulement pour le présent, pillant pour notre propre aisance et confort, les précieuses ressources de demain. Nous ne pouvons pas hypothéquer les biens matériels de nos petits-enfants sans risquer également de dilapider leur héritage politique et spirituel. Nous voulons que la démocratie survive pour toutes les générations à venir, et non pas qu’elle devienne le fantôme insolvable de demain. »

[Dwight Eisenhower, Discours de fin de mandat resté connu sous le nom du Discours du Complexe Militaro-Industriel, 17/01/1961]

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