Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Contact : Administrateur@Henrydarthenay.com

  • : Vouillé un peu d'Histoire
  • : Histoire, politique historique comparée, économie, finance, généalogie, techniques Moyen âge,
  • Contact

vous êtes 1784 000 visiteurs 300 000 pages lus et je vous en remercie vues , merci de votre visite

contact :henry.arthenay@hotmail.fr
 
Facebook :
 

Youtube 

 
Crowdbunker 

 
 

Recherche

réf.

16 septembre 2026 3 16 /09 /septembre /2026 17:45

Observations préalables

Le texte est une copie du XVIIIᵉ siècle d’un acte médiéval perdu ou non conservé sous sa forme originale. Il faut donc distinguer :

  • le contenu juridique de l’acte, qui semble remonter à l’époque carolingienne ;

  • la fiabilité de la copie ;

  • l’interprétation historiographique de Lacvivier et d’Alart.

L’ouvrage moderne Catalunya carolíngia rappelle que la documentation de cette région provient souvent de copies anciennes, de regestes ou de traditions textuelles indirectes, et que la critique doit tenir compte des erreurs de transcription et des interpolations éventuelles.[publicacions.iec]

La date finale est : « sous le jour des XV calendes de juin, la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles ». Cela correspond vraisemblablement au 18 mai 941, si Louis est Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Cette identification doit toutefois être vérifiée sur l’original ou une édition critique, car la formule de datation transmise par la copie peut comporter une erreur.


Traduction française et analyse juridique du texte

Ouverture et parties

« Au nom du Seigneur.

Moi, Ansemundus, et mon épouse Kixol, nous deux ensemble, sommes les vendeurs auprès de vous, Suniefred le clerc, Sentilles, Miron, Riculf, Suniarius, Olibane et Ranlo, femme, nos acheteurs.

Par le présent acte de vente, nous vous vendons tout notre alleu que nous possédons dans le comté de Roussillon, dans la villa appelée Roderad, également appelée Monte Schapri, ou dans ses limites et confins ; et dans la villa de Sant Feliu, ou dans ses limites et confins ; et à Riliano, ou dans son territoire ; et à Ripa Fracta, ou dans son territoire ; et dans le territoire de Monte Auriolo, ou dans ses dépendances ; et dans la vallée d’Agrevolaria, ou dans ses limites et confins ; et au lieu appelé les Îles, ou au Monte Nigro, ou dans leurs limites et confins ; ainsi que dans le territoire des villages situés dans le territoire du château de Camélas ; et dans le territoire de Vallespir, au lieu appelé Ulmos, ou dans ses limites et confins ; et au Monte Bodone, avec ses dépendances, ou dans ses villages, ou dans leurs limites et confins ; et dans le territoire de Bucago, au lieu appelé Campo Cerdana, ou dans ses limites et confins ; et au lieu appelé Uxas, le village appelé de Gairo ou de Gairardo, qui autrefois portait ces noms et qui est aujourd’hui appelé Gausago, avec ses limites et confins : le tout intégralement.

Et dans le comté de Cerdagne, au lieu appelé Navarando et Talltorta, le tout intégralement, avec toutes leurs limites et confins.

Et dans le comté de Besalú, au lieu appelé Biania, dans la villa appelée Cubile Secho, ou dans ses limites et confins ; et dans la villa appelée Bevida, ou dans ses limites et confins.

Dans tous les lieux indiqués ci-dessus, ou dans leurs limites et confins, nous vous vendons tout ce que nous y possédons actuellement et retenons, tout ce qui doit nous revenir par héritage, ainsi que tout ce que nous pourrions acquérir à l’avenir : maisons, bâtiments, dépendances, cours, clos, granges, jardins, terres, vignes, prés, pâturages, bois, garrigues, eaux et cours d’eau, moulins et installations de moulins, terres à lin, voies d’accès et de retour ; en somme, tout ce que nous y possédons ou retenons aujourd’hui, provenant de nos parents, acquis par achat ou par échange, et tout ce que nous pourrions acquérir par la suite, qu’il soit déjà recherché ou encore à acquérir, rural ou urbain.

Nous vous vendons le tout intégralement, avec ses accès et retours, ainsi qu’avec ses confronts et limites, à l’exception de ce que nous aurons donné aux saintes églises de Dieu.

Nous remettons également entre les mains de nos fils désignés ci-dessus — Suniefred le clerc, Sentilles, Miron, Riculf, Suniarius et Olibane — l’alleu de Sant Feliu, avec les églises qui y sont fondées sous le vocable de Sainte-Marie et de Saint-Michel, ainsi que l’alleu de Riliano et celui de Ripa Fracta, afin qu’à compter d’aujourd’hui ils en aient la pleine maîtrise.

Quant à cette femme appelée Ranlo, elle n’aura aucun pouvoir, ni droit de tenir, posséder, vendre, donner ou aliéner l’alleu de Sant Feliu, ni celui de Riliano, ni celui de Ripa Fracta.

Prix

Et nous, vendeurs, avons reçu de vous, acheteurs, le prix dont nous étions convenus dans notre arrangement, à savoir 500 sous d’or (solidus monnaie Byzantine) ; vous nous les avez remis, et nous, vendeurs, les avons reçus directement de nos mains. Il est manifeste qu’il ne reste auprès de vous, acheteurs, aucune partie de ce prix.

Réserve d’usage et transfert différé

Tout ce qui est exposé ci-dessus, nous le transférons de notre droit sous votre pouvoir, selon la disposition suivante : tant que nous vivrons, nous le tiendrons, le posséderons et en percevrons les fruits pendant tous les jours de notre vie ; après notre décès, la pleine maîtrise en restera à vous, comme il est écrit ci-dessus.

Si l’un d’entre vous quitte ce monde sans laisser de fils ou de filles légitimes parvenus à l’âge légal, son héritage devra revenir aux frères désignés ci-dessus qui vivront à cette époque.

Si nous, vendeurs, ou n’importe quelle autre personne, venions à s’opposer au présent acte de vente pour l’annuler, nous devrons vous payer le double de la valeur que tous les biens ci-dessus auront atteinte à ce moment-là.

Désormais, personne ne pourra rompre le présent acte de vente, qui devra conserver sa pleine validité en toutes choses.

Fait l’acte de vente le 18 mai, la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles.

Ansemundus. Signe de Kixol. Nous deux ensemble avons fait cette vente et avons prié les témoins de la confirmer.

Signés de Ramaricus, Bartolomeus, Vivendus, Ingilbertus, Frambertus, Albaricus et Baldericus.

Malangeicus, prêtre, qui ai écrit et souscrit cette vente, au jour et à l’année indiqués ci-dessus. »


Détail des biens

1. Dans le comté de Roussillon

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Villa Roderad, aussi appelée Monte Schapri

Alleux et dépendances non détaillés

Sancto Felice, probablement Sant Feliu

Alleu comprenant notamment des églises

Riliano

Alleu

Ripa Fracta

Alleu

Monte Auriolo

Biens situés dans le territoire et les dépendances

Vallée d’Agrevolaria

Terres et dépendances

Les Îles

Terres ou domaine localisé

Monte Nigro

Terres et dépendances

Villages situés dans le territoire du château de Camélas

Biens dispersés dans plusieurs villages

Vallespir, lieu appelé Ulmos

Terres et dépendances

Monte Bodone

Domaine avec membres, villages et dépendances

Bucago, lieu appelé Campo Cerdana

Terres et dépendances

Uxas, anciennement Gairo ou Gairardo, appelé alors Gausago

Village et totalité de ses limites

2. Dans le comté de Cerdagne

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Navarando

Domaine entier avec toutes ses limites

Talltorta

Domaine entier avec toutes ses limites

3. Dans le comté de Besalú

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Biania, dans la villa appelée Cubile Secho

Biens situés dans la villa et ses limites

Bevida

Biens situés dans la villa et ses limites

4. Catégories de biens comprises dans la vente

La formule générale englobe pratiquement tous les éléments composant un patrimoine foncier médiéval :

  • maisons et bâtiments ;

  • dépendances et bâtiments agricoles ;

  • cours, clos et enclos ;

  • granges ;

  • jardins ;

  • terres labourables ou non cultivées ;

  • vignes ;

  • prés ;

  • pâturages ;

  • forêts ;

  • garrigues et terres incultes ;

  • eaux et cours d’eau ;

  • moulins et installations hydrauliques ;

  • terres à lin ;

  • chemins, accès et voies de retour ;

  • biens ruraux et urbains ;

  • biens reçus des parents ;

  • biens acquis par achat ;

  • biens acquis par échange ;

  • biens encore à acquérir dans l’avenir.

Il ne s’agit donc pas d’une simple vente de parcelles isolées, mais d’une aliénation générale d’un ensemble patrimonial dispersé dans plusieurs comtés.


 

Localisations les mieux établies

Les correspondances les plus solides sont les suivantes :

  • Camélas → commune actuelle de Camélas ;

  • Polig → hameau de Camélas ;

  • Vallicrosa / Vallcrosa → hameau de Camélas, aujourd’hui aussi appelé Bellecroze ;

  • Sant Feliu → probablement Saint-Féliu-d’Amont et/ou Saint-Féliu-d’Avall ;

  • Rellà → ancien toponyme de la vallée de la Têt, probablement secteur d’Ille-sur-Têt ;

  • Oms → commune actuelle d’Oms ;

  • Montboló → commune actuelle de Montbolo ;

  • Talltorta → village de Cerdagne ;

  • Montescot → commune actuelle de Montescot.

Camélas comprend aujourd’hui notamment les noyaux de Camélas, Polig et Vallicrosa, ce qui est particulièrement intéressant pour votre dossier : plusieurs noms de la liste peuvent appartenir à un même ensemble territorial médiéval plutôt qu’à des propriétés totalement indépendantes.


 


Analyse juridique

1. Une vente d’alleux

Le terme alode ou alleu désigne un bien détenu en pleine propriété, par opposition à un bien tenu d’un seigneur moyennant obligations féodales. Il faut toutefois rester prudent : dans la pratique carolingienne, le mot peut couvrir un patrimoine complexe, comprenant des terres, des droits d’usage, des bâtiments et parfois des droits sur des dépendants.

L’acte porte sur « tout notre alleu », ce qui manifeste une volonté de transférer non seulement certaines terres, mais l’ensemble des droits patrimoniaux d’Ansemundus et de Kixol dans les lieux énumérés.

2. Une vente au profit des enfants

Les acheteurs sont au nombre de six hommes et d’une femme, mais le texte identifie ensuite les six hommes comme les « fils » des vendeurs :

  • Suniefred, clerc ;

  • Sentilles ;

  • Miron ;

  • Riculf ;

  • Suniarius ;

  • Olibane.

Le passage relatif à Ranlo est particulièrement important. Ranlo apparaît parmi les acheteurs dans l’intitulé initial, mais l’acte lui refuse ensuite tout pouvoir sur trois ensembles de biens : Sant Feliu, Riliano et Ripa Fracta.

Cela explique la divergence signalée entre Lacvivier et Alart :

  • Lacvivier a compris l’acte comme une vente à l’évêque Wadalde ;

  • Alart a estimé qu’il s’agissait d’une vente par les parents au profit de leurs enfants.

À la lecture du texte fourni, la seconde interprétation paraît plus cohérente, car les bénéficiaires sont explicitement appelés les fils des vendeurs. En revanche, l’acte pourrait avoir été intégré ultérieurement au patrimoine épiscopal, ou l’un des acheteurs pourrait avoir été l’évêque ou un représentant de l’Église dans une tradition documentaire différente. Cette question ne peut être définitivement tranchée sans comparer la copie avec le regeste complet, les variantes et les actes connexes.

3. Une donation ou attribution particulière aux fils

Le texte distingue deux opérations :

  1. une vente générale à plusieurs acheteurs ;

  2. une remise particulière de certains alleux entre les mains des fils.

Les biens expressément attribués aux fils sont :

  • l’alleu de Sant Feliu ;

  • les églises de Sainte-Marie et de Saint-Michel qui y sont fondées ;

  • l’alleu de Riliano ;

  • l’alleu de Ripa Fracta.

Cette clause semble conférer aux fils une position plus forte sur ces biens que sur les autres éléments du patrimoine. Il pourrait s’agir d’une libéralité familiale, d’un partage anticipé ou d’une réserve successorale organisée par les parents.

4. Une réserve d’usufruit viager

Ansemundus et Kixol transfèrent la propriété, mais se réservent la possession et les fruits jusqu’à leur décès :

« tant que nous vivrons, nous le tiendrons, le posséderons et en percevrons les fruits ».

En termes modernes, cette clause ressemble à une réserve d’usufruit viager, même si l’on ne doit pas appliquer mécaniquement les catégories du Code civil contemporain à un acte carolingien.

Les vendeurs conservent donc :

  • la détention matérielle ;

  • l’exploitation des biens ;

  • la perception des récoltes et revenus ;

  • la jouissance économique pendant leur vie.

Les acheteurs obtiennent une propriété différée ou une maîtrise consolidée au décès des vendeurs.

5. Une clause successorale

L’acte prévoit que, si un acheteur meurt sans laisser de fils ou de filles légitimes parvenus à l’âge requis, sa part revient à ses frères survivants.

Cette clause a plusieurs conséquences :

  • elle limite la libre transmission de la part de l’acheteur ;

  • elle organise une forme de retour familial ;

  • elle privilégie la conservation du patrimoine dans le groupe des frères ;

  • elle exclut, ou du moins ne mentionne pas, d’autres héritiers possibles, notamment le conjoint ou des descendants mineurs.

La clause ne constitue pas nécessairement une règle générale de succession : elle est une stipulation particulière attachée à l’opération patrimoniale.

6. Exclusion de Ranlo

Ranlo est privée du droit :

  • de tenir ;

  • de posséder ;

  • de vendre ;

  • de donner ;

  • d’aliéner.

La portée de cette exclusion est considérable. Elle indique soit :

  • qu’elle n’est pas propriétaire des trois alleux concernés ;

  • qu’elle est une cohéritière dont les droits sont volontairement écartés ;

  • qu’une clause familiale ou matrimoniale lui interdit d’intervenir ;

  • ou que le texte a été réorganisé afin de préserver les biens au profit des héritiers masculins.

Il serait imprudent de conclure automatiquement à une incapacité juridique générale des femmes. Le document établit seulement une restriction relative à trois patrimoines précis. Ranlo est en outre désignée comme femina, tandis que les hommes sont ensuite désignés comme filii, ce qui peut refléter une hiérarchie familiale, successorale ou patrimoniale.

7. Le prix de 500 sous d’or solidus byzantin

Le prix est fixé à 500 sous . La formule affirme :

  • que le prix a été convenu ;

  • qu’il a été effectivement payé ;

  • que les vendeurs l’ont reçu de leurs mains ;

  • qu’aucun solde ne subsiste.

Il s’agit d’une clause de quittance complète, destinée à empêcher une contestation ultérieure fondée sur un prix impayé.


 

  • le pouvoir d’achat local ;

  • la valeur réelle des terres, églises, moulins et droits inclus.

La somme est cependant très élevée en comparaison d’une vente rurale ordinaire, ce qui peut indiquer l’importance exceptionnelle du patrimoine ou une formulation conventionnelle.

8. Les églises dans une transaction privée

L’acte inclut l’alleu de Sant Feliu et deux églises, Sainte-Marie et Saint-Michel. Cela ne signifie pas nécessairement que les édifices cultuels eux-mêmes sont vendus comme des biens ordinaires.

La formule peut viser :

  • les droits patrimoniaux attachés aux églises ;

  • les terres dépendant des églises ;

  • les droits de fondation ou de patronage ;

  • les revenus et dîmes ;

  • le contrôle matériel des biens ecclésiastiques.

La clause finale exclut toutefois ce que les vendeurs auraient déjà donné aux « saintes églises de Dieu ». Cette réserve montre que les donations pieuses antérieures sont censées demeurer hors de la vente.

9. Garantie et peine du double

La clause pénale prévoit que celui qui tenterait de rompre la vente devra payer le double de la valeur des biens telle qu’elle aura augmenté au moment de la contestation.

C’est une garantie classique de stabilité de l’acte :

  • elle vise les vendeurs ;

  • elle vise leurs héritiers ou ayants droit ;

  • elle vise aussi tout tiers qui contesterait la transaction ;

  • elle protège les acheteurs contre une éviction ou une revendication.

Le calcul porte non seulement sur le prix initial, mais sur la valeur améliorée ou augmentée des biens. Cette disposition renforce considérablement la protection des acquéreurs.


Portée historique et limites

L’acte révèle un patrimoine foncier extrêmement dispersé, réparti entre le Roussillon, la Cerdagne et le comté de Besalú. Il montre aussi que la propriété médiévale pouvait être organisée comme un ensemble de droits portant simultanément sur des terres, des villages, des églises, des moulins, des pâturages, des eaux et des voies d’accès.


 

En l’état, l’interprétation la plus prudente est celle d’un acte de vente patrimoniale familiale, conclu par Ansemundus et Kixol, avec paiement comptant de 500 sous, réserve de jouissance viagère, attribution privilégiée de plusieurs alleux aux fils, exclusion de Ranlo de certains biens et clause de retour entre frères. La mention de l’évêque Wadalde dans le regeste de Lacvivier doit être traitée comme une indication documentaire à vérifier, non comme une conséquence certaine du texte latin transmis.

 

 

NOTES SUR LES LIEUX :

 

 

 

- Sant Feliu → probablement Saint-Féliu-d’Amont et/ou Saint-Féliu-d’Avall


 

Un acte royal de 899, concernant l'évêché d'Elne, énumère dans le comté du Roussillon :

 

Tordarias, avec l'église Saint-Martin ;

la terre Sancti Petri ;

Ulmis ;

Lauresono ;

Palatiolo ;

des possessions dans le territoire d'Elne ;

Peciliano, avec les églises Sancti Saturnini et Sancti Felicis ;

Verneto, avec Saint-Christophe ;

Codincus ;

Tezano ;

les villae d'Anglares et Salellas ;

Lotas ;

Frontotedeso / Centernaco.

 

cathalaunia.org

 

Cet acte est particulièrement important pour votre recherche car Peciliano (Pézilla-la-Rivière) et son église Sancti Felicis sont attestés dès 899.

 

Pézilla-la-Rivière PECILIANO

 

Si le texte comporte :

 

Peciliano

Sancti Saturnini

Sancti Felicis

Elne

Tordarias

Lotas

 

alors il s'agit très probablement de Pézilla-la-Rivière. L'acte de 899 est explicite et nous avons également Lotas qui réapparait dans l’acte de 941.

 

 

Le document de 899 est peut-être exactement ce qu'il faut comparer avec le dossier Roderadi.

 

Il s'agit d'un acte de Charles III le Simple confirmant les biens d'Esteve et Anna, à la demande de l'archevêque de Narbonne Arnust. Dans le Roussillon, il énumère toute une série de possessions, dont Peciliano avec Sancti Saturnini et Sancti Felicis, mais aussi Lotas, Tordarias, Ulmis, Lauresono, etc.

 

cathalaunia.org

 

 

Dans l’acte de 941 Les trois domaines sont donc juridiquement traités ensemble :

 

Sancto Felice

Riliano

Ripa fracta

 

Ils semblent avoir un statut successoral commun.

 

 

 

898/903 — le Sancti Felicis de Peciliano : celui-ci est beaucoup plus proche de votre dossier

 

Ici, nous avons un acte extrêmement précis.

 

Le comte Radulf et Ridlindis donnent à La Grasse la villa Peciliano avec le villariunculum de Fonte Tentenata.

 

Le texte donne :

 

ipsum alode ... cum ipsas ecclesias qui ibidem sunt fundatas in honore Sancti Saturnini & Sancti Felicis

 

et surtout :

 

in termino de villa Sancti Felicis

 

Le même passage décrit le secteur du castellare, dont le terme touche :

 

termino Corneliano

termino de Millares

termino de villa Sancti Felicis.

 

Cathalunia.org

 

 

 

899 — le grand précepte de Charles III

 

Le 14 juin 899, Charles le Simple confirme les biens d'Étienne et Anna.

 

Dans le comté de Roussillon, il énumère :

 

villa Peciliano cum suis villaribus, finibus et adjacentiis, et ecclesia Sancti Saturnini et Sancti Felicis

 

puis, séparément :

 

villare quod dicitur Lotas, cum omni integritate

 

Donc 899 donne exactement la combinaison repérée :

 

Peciliano

 

avec :

 

Saint-Saturnin

Saint-Félix

 

et ailleurs :

 

Lotas

 

cathalaunia.org

 

 

 

- RILIANO est a rapprocher de Rellà dans la zone de Camélas/Thuir (Une étude archéologique confirme que le lieu nommé Rilianum est attesté dès 941 et qu'il correspond à l'ancien habitat du secteur de Reilla, entre Millas et Thuir.)

 

 

- RIPA FRACTA L'occurrence de 941 est :

 

ipsum alode de Riliano sive de Ripa Fracta

 

a rapprocher de l'ancien site de Sant Martí de la Riba, situé sur la commune actuelle

 

et les recherches toponymiques l'identifient à un site de Sant Feliu d'Avall, sur la Têt.

 

 

Le nom actuel Saint-Féliu-d'Avall est bien dans la plaine de la Têt, à proximité immédiate de Corneilla-la-Rivière, Pézilla-la-Rivière (PECILIANO), Millas, Camélas et Thuir qui constitue un véritable ensemble géographique de la vallée de la Têt.

 

Le rédacteur de l’acte de 941 parcourt effectivement les possessions d'Ansemundus et Kixol selon un ordre territorial, la séquence :

 

Roderadi / Monte Schapri → Sancto Felice → Riliano → Ripa Fracta

 

donc un parcours géographique.

 

L'Encyclopèdia Catalana identifie le site de Sant Martí de la Riba, à environ 500 m à l'est du village de Saint-Féliu-d'Avall, avec le lieu appelé Ripa Fracta, mentionné en 941.

 

Enciclopedia

 

Cette identification est fondée sur une mention postérieure :

 

Sant Martí de Riba de Fratxia

 

 

 

Plusieurs repères sont désormais localisables :

 

Rilianum → Pla-de-Reilla

Chamelas → Camélas

Monte Nigro → Saint-Michel-de-Llotes / Montner selon les occurrences

Millares → Millas

Peciliano → Pézilla la Rivière

Corneliano → Corneilla-la-Rivière.

 

 

Le diplôme de Charles III du 14 juin 899 confirme à Stephanus et Anna leurs possessions en alleu.

 

Dans le Roussillon, on trouve notamment :

 

villa Peciliano cum ecclesia Sancti Saturnini et Sancti Felicis

 

et plus loin :

 

villare ... Lotas

 

Le même diplôme contient également un Monte Auriolo, mais celui-ci est placé dans l'énumération des biens du pagus de Narbonne, tandis que le Peciliano + Sancti Felicis + Lotas appartient au bloc roussillonnais.

 

ACTE DE 915-920 SUR PECILIANO

 

Une donation de Ridlindis, veuve du comte Radulf, à La Grasse, datée 915–920, confirme la donation antérieure de Peciliano.

 

Le résumé du corpus donne :

 

Ridlindis, relicta del comte Rodulphi, confirma ... donació de la vila de Peciliano ... feta disset anys abans per ella i el seu marit...

 

Et l'étude prosopographique précise quelque chose de beaucoup plus important :

 

Peciliano avait appartenu à Anna, mère d'Aton.

 

Telma-chartes.irht.cnrs.fr

 

 

acte Artem/TELMA n° 3782, daté précisément du 24 juin 915. Ridlindis, veuve de Raoul/Radulf, comte de Roussillon, et son fils Oliba y renouvellent/confirment la donation antérieure de Pézilla (Peciliano) et de Fons Tentenata à l’abbaye de La Grasse. L'acte est conservé aux Archives départementales de l’Aude, H 23 n° 6.

 

 

- MONTE AURIOLO

 

L'acte de 927 donne :Aton (Ato), fils de Stephanus et d’Anna, vend à l’évêque d’Elne des biens comprenant notamment la moitié de la villa Bericani, ainsi que des alleux à Monte Auriolo et Felinas.

 

Aton, filius Stephano et filius Annane

 

Donc :

 

Stephanus + Anna

Aton

 

est explicitement attesté.

 

L'acte concerne notamment :

 

la moitié de Bericani / Villebersas

des alleux à Monte Auriolo

Felinas / Félines-Minervois.

 

 

C'est une deuxième branche patrimoniale :

 

Stephanus + Anna → Aton → Monte Auriolo

 

et cela est particulièrement intéressant parce que Monte Auriolo réapparaît dans votre acte de 941.

 

Ggallica.bnf.frGallica – Histoire générale de Languedoc, tome V

 

Ccathalaunia.orgCathalaunia – base Documentia

 

 

Monte Auriolo apparaît dans l’acte d’Ansemund et Quixol et donc suggère que la villa est en moitié en 941 et qu’elle provenait de l’héritage d’Etienne et Anna cité en 899.

 

La documentation toponymique montre :

 

un Monte Auriolo attesté en 899 ;

un Monte Auriolo attesté en 941–942 dans le secteur des Insulas / Queixàs / Saint-Michel-de-Llotes

 

 

899

 

Stephanus + Anna

→ Monte Auriolo dans leur patrimoine.

 

 

927

 

Aton, fils de Stephanus et Anna

→ alleux à Monte Auriolo.

 

 

941

 

Ansemundus + Kixol

→ Monte Auriolo dans le même grand ensemble que Roderadi / Monte Schapri, Sancto Felice, Rilianum, Ripa Fracta, Chamelas.

 

 

Cathalunia.org

 

 

- LLOTAS

 

 

il existe une attestation de 898

 

Le document de 898 donne :

 

in villa Insula, cum Lotas

 

et l'onomastique de l'IEC identifie cette série :

 

898 : in villa Insula, cum Lotas

899 : villare Lotas

941 : locum ubi vocant Lotas

950 : valle Lotas

951 : locum vocitante Lotas.

 

L'IEC identifie cet ensemble au futur Saint-Michel-de-Llotes, dans le Roussillon.

 

Cathalunia.org

 

 

 

 

Dans l'édition de la Catalunya Carolíngia un acte de 951 particulièrement intéressant.

 

Il concerne une permutation entre Sunifred II, comte de Cerdagne-Conflent, et La Grasse.

 

Le texte dit que Sintille (fils d’Ansemund acte de 941) et Adalai donnent leurs alleux :

 

in comitatu Rusolionense, in villa quam dicunt Petiliano et in villa quam nuncupant Comeliano...

 

et qu'en échange l'abbé donne notamment :

 

in loco quem dicunt Lotas vel Monte Auriolo,

des alleux appartenant à Sunifred comte, à Ulibano, Rigardane et de Spolii.

 

Nous avons explicitement :

 

Lotas = Monte Auriolo

 

en 951.

 

Or nous avions déjà établi que le Monte Auriolo du dossier roussillonnais de 941 se trouve probablement dans le secteur Illes–Llotes–Saint-Michel-de-Llotes.

 

 

L'IEC explique précisément que l'acte de 941 associe Lotas et ipsas Insulas, et que ipsas Insulas renvoie au secteur de Montoriol de les Illes. Le rapprochement avec Saint-Michel-de-Llotes est fondé sur la proximité géographique : Saint-Michel-de-Llotes se trouve environ trois kilomètres en aval de Camélas.

 

Le site local de Saint-Michel-de-Llotes rapporte justement une tradition selon laquelle Ansemund de Camélas aurait disposé au Xe siècle de biens à Lotas hérités de ses parents Esteve et Anna.

 

L'identification à Saint-Michel-de-Llotes est aujourd'hui très solide. L'IEC donne la série suivante :

 

898 : in villa Insula, cum Lotas

899 : villare Lotas

941 : locum ubi vocant Lotas

950 : valle Lotas

951 : locum vocitante Lotas

1008 : ad ipsas Lotas

1011 : Lotas

1054 : Lotes.

 

 

L'IEC explique en outre que le Lotas de 941 est associé à ipsas Insulas et que Saint-Michel-de-Llotes se trouve environ 3 km en aval de Camélas : l'explication toponymique est que les « îles » d'amont ont donné les « petites îles » (llotes) d'aval.

 

 

ACTE ORIGINEL POUR LLOTAS : 23/24 juin 898, diplôme de Charles III pour Theodosius.

 

Le texte donne, dans le comté de Roussillon, pagus d'Elne :

 

in villa Insula, cum Lotas et Laurigano, omnia quicquid ibi ad nostrum fiscum pertinere videtur.

 

Donc :

 

Insula + Lotas + Laurigano

 

font partie d'un même ensemble fiscal royal.

 

 

 

1008 — Lotas passe dans la famille vicomtale

 

L'Encyclopèdia Catalana signale ensuite un acte du 16 mars 1008 :

 

Pere I, premier vicomte de Fenollet, dispose en faveur d'Oda de son alleu :

 

ad ipsas Lotas

 

qui lui venait :

 

de ses parents,

 

avec également sa part d'héritage à Illa.

 

Nous avons donc :

 

898 fisc royal à Insula + Lotas

899 Stephanus + Anna

941 Ansemundus + Kixol

1008 Pere I de Fenollet

Oda

 

 

Mais le dernier maillon est particulièrement intéressant parce qu'Ansemundus est présenté comme grand-père de Pere I dans la tradition historique de Saint-Michel-de-Llotes et qui est vérifié dans les documents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Analyse de la vente d'Ansemund et Quixol de Barcelone en 941et liaison avec les parents d'Ansemund; Etienne et Anna fille d'Alaric d'Empurie
Partager cet article
Repost0

commentaires

Pages