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13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 17:47

De toutes les théories les plus échevelées aux plus sages et solides, il y a celles qu'a tenu a évoquer M. Jimmy Guieu, il y a déjà les fondements de recherches fiables, des indices logiques et imparables.

 

Pour ma part il y a déjà tous les éléments constitutifs de ce dossier.

 

Ensuite vous trouverez des analyses, une enquête menée par "l'oeil frontal" assez solide qui reprend certaines théories ; les confirme ou les infirme. Très intéressant.

 

Vous retrouverez les deux premières vidéos en liens sur le premier des liens à la suite de ces vidéos (après les textes), toujours à voir avec une saine curiosité

 

Bonne visionnage, un voyage dans les mystères et l'Histoire.

 

 

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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 16:44

Pour compléter la généalogie et procurer un peu plus d'explications.
 

Les Vicomtes de Fenouillet sont Catalans. Les seigneurs de Camélas, Ansemund et Sentill, ancêtres des Vicomtes de Fenouillet à la lueur des travaux des généalogistes catalans, sont des proceres d’origines franques et wisigothiques[60].

L'épouse d'Ansemund, Quixilona, est la fille de Guifré I de Barcelona, Comte de Cerdanya i d’Urgell (870?-897) i de Barcelona, de Girona (Guifré II) i de Besalú (878-897), comme le dit sa pierre tombale. Si nous considérons les noms de leurs enfants, à part Sentill, ils sont tous les noms typiques de la famille des comtes de Barcelone: Sunifred, Miró et Sunyer[61]. Le premier Vicomte de Fenouillet est Pere I (vers 933 - vers 1017), fils de Sentill, senyor de Cameles, très certainement le Sentilles fils de Quixilona et Ansemund[62]. Calixte de la Providence a raison, Jean de Matha ou Mota descend des barons choisis par Charlemagne pour la Marca Hispánica (ou Marca Española).

Les Vicomtes de Fenouillet sont très croyants. On trouve - entre autres en 1067 - et 1073 un Udalger de Fenouillet, vicomte de Fenouillèdes, qui souscrit en 1070, avec son fils Pierre, à l'union du monastère Saint-Martin de Lez-sur-l'Aude, dans le même païs, à celui de Saint-Pons[63]. Mais, la famille maternelle de Jean de Matha ou Mota perd sa vicomté, du fait d'un jugement de l'Inquisition, en 1269, car Pierre de Fenouillet de Barbaira, faydit, prend part à la victoire occitane de Baziège en 1219[64].

 

751  Pépin III Le Bref élu roi des Francs : Les mérovingiens , sont écartés du pouvoir par une famille noble d’Austrasie actuel Est de la France et de la future dynastie des carolingiens, pour la raison vraisemblable d'incapacité à enrayer la progression des maures sur le territoire Franc. Il en sera de même avec la destitution des Carolingiens par les Capétiens pour n'avoir pas su enrayer les invasions et incursions Vikings.

752 ou 759  Narbonne* : Pépin le Bref,  fils de Charles Martel, appelé à la rescousse par les Goths, soulevés contre les Maures, expulse ces derniers et incorpore la Septimanie dans l’empire Franc. Création de la Marche de Gothie (ex Septimanie) pour se prémunir des sarrasins. A la faveur d’un revirement des Goths qui avaient massacré la garnison ennemie, son fils Charlemagne reprend Narbonne à  Abd –  Al –  Rhaman et semble t-il Carcassonne.

*Le siège aurait duré 7 ans.

 

 

 

A N S E M U N D U S [1]

(? comte) goth de Nîmes (Maguelonne, Agde, Béziers), mentionné en 752, tué en (? 753/756)

En 752 [2], le Goth Ansemundus (Misemundus) livre Nîmes, Maguelonne, Agde et Béziers au roi Pépin [3]. Lors d'une attaque de Narbonne conjointe avec l'armée franque, il est tué par l'un de ses hommes, Ermeniardus, devant une porte de la ville [4]. Sa veuve, Cauna, est tuée lors des troubles qui éclatent à Nîmes [5] peut-être en 756 [6].
 


[1] La Chronique d'Uzès (cf. infra) l'appelle Misemundus.
[2] Chronicon Anianense (ms. Paris BN lat. 4886, f. 2v - 49v.: Kettemann, Subsidia, 1999, t. 2, p. 36; HgLg, t. II, 1875, preuves n° 1 c. 25; autres éditions, cf. Kettemann, p. 693-694): Anno DCCLII: Ansemundus gotus nemauso civitatem, magdalonam; Agaten, Biterris. pipino regi franchorum tradidit (manuscrit du XIIe siècle, dérivant d'une source perdue écrite vers le début du IXe siècle, cf. l'étude approfondie de Kettemann, op. cit., t. 1, p. 33-40, 485-528 et son tableau récapitulatif p. 528). La Chronique d'Uzès (chronicon Uticense), Kettemann, op. cit., t. 1, p. 511, place l'événement en 753 (mais il n'y a pas lieu de tenir compte de la chronologie de cette chronique) et nomme le Goth Misemundus (notes marginales d'un manuscrit de Bernard Gui du XIVe siècle, dont la source principale a été l'œuvre perdue de laquelle découlent le Chronicon Moissiacense ainsi que le Chronicon Anianense. Leur valeur historique est jugée très différemment selon les études qui leur ont été consacrées, cf. Kettemann, op. cit., t. 1, p. 505-506 et n. 76; Abadal y de Vinyals, El paso, 1953, p. 43-44 n. 66).
[3] Cf. Rouche, L'Aquitaine, 1983, p. 121; Abadal y de Vinyals, El paso, 1953, p. 42-43; Ménard, Histoire, 1874, p. 97.
[4] Chronique d'Uzès a. 743: Kettemann, op. cit., t. 1, p. 511; HgLg, t. II, c. 25 a. 754; cf. Ménard, op. cit., p. 98, qui opte pour la date de 753; Cauvet, Etude, 1877, p. 401 n. 1.
[5] Cf. Abadal y de Vinyals, op. cit., p. 44; Ménard, op. cit., p. 98.
[6] Chronique d'Uzès a. 756: Kettemann, op. cit., t. 1, p. 511; HgLg, t. II, c. 26 a. 756. Sur tous ces évènements, cf. l'interprétation de Cauvet, op. cit., p. 387-388, 400-403 qui rattache le meurtre de Cauna aux troubles qui suivent la nomination à Nîmes d'un comte franc, Radulfus (Chronique d'Uzès a. 754, Kettemann, p. 512; HgLg c. 26 a. 754) après l'assassinat de Misemundus d'après lui en 756.
 
 
________________________________________
 

A N S E M U N D U S

vicedominus de Marseille (? 2e quart du VIIIe siècle)

Une notice de plaid du 23 février 780 [1], Digne, relate le jugement que les missi de Charlemagne rendent en faveur de Maurontus, évêque de Marseille, au sujet de Chaudol [2] et d'Alpibus [3] dans le pagus d'Embrun [4]. Dans l'historique du domaine de Chaudol qui en est fait, il est dit que les témoins affirment avoir vu Ansemundus, vicedominus [5], per ordinationem Abbonis [6], patricii condam [7], pour le compte de Sainte-Marie et Saint-Victor de Marseille [8], faire la descriptio [9] de ce domaine, qu'il a tenu ce dernier per consensum Abbonis patricii vel cessionem ad partes supradictę ęcclesię et qu'il en a perçu tout le cens.     


[1] Grand cartulaire de Saint-Victor de Marseille de la fin du XIe siècle, publié par Guérard, Saint-Victor, I, 1857,  n° 31 p. 43-46 (aussi petit Cartulaire du XIIIe siècle); copie du XVIIIe siècle, publiée par la Gallia Christiana novissima, t. II, 1899, n° 42 c. 34-35; Brunterc'h, Archives, 1994, p. 179-181 (+ traduction en français p. 182-184 + avant-propos et notes p. 176-179, 184-186); Geary, Die Provence, 1994, p. 390-392; Nehlsen-von Stryk, Die boni homines, 1981, p. 349-350. Transcription d'une ancienne charte déjà presque totalement effacée (cf. Brunterc'h, op. cit., p. 176-179; Zerner, L'élaboration, 1993, p. 217-218, 245-246; Hübner, Gerichtsurkunden, 1891, n° 112 p. 18; AA. SS. Oct., t. IX,  1858, p. 370-373; Duchesne, Fastes, I, 1907, p. 276 et n. 4).
[2] Caladius: Alpes-de-Haute-Provence, arr. Digne, comm. et cant. La Javie.
[3] Le texte n'est pas clair: une fois il est question de ipsas villas, une autre fois de la villa Caladius dont l'évêque est réinvesti.
[4] Embrun, Hautes-Alpes, arr. Gap, ch.-l. cant. Il n'est pas possible de préciser à quoi se réfère ici le nom d'Alpibus (Alpes? Cf. Ganshof, Les avatars, 1949, p. 57, qui parle d'alpages; Brunterc'h, op. cit., p. 177, 182, propose Aups, sans autre commentaire; il existe bien une commune de ce nom, située dans le Var, arr. Draguignan, ch.-l. cant.).
[5] Brunterc'h, op. cit., p. 178, pense que sa fonction n'est pas celle habituelle d'un représentant de l'évêque ou de l'abbaye chargé d'administrer leur temporel, comme le pensent Geary, op. cit., p. 388, Ganshof, op. cit., p. 61 et n. 2, Buchner, Die Provence, p. 100 n. 60, mais celle d'un représentant du patrice de Provence.
[6] Cet Abbo est probablement identique au rector de Maurienne et de Suse cité en 726 et 739.
[7] D'après le texte de la notice, Abbo pourrait être mort vers 751, puisqu'une personne non nommée y affirme que Chaudol aurait appartenu au roi Charles (Charlemagne) depuis trente ans (cf. Geary, Die Provence, p. 389; du même, Aristocraty, 1985, p. 34 et n. 89; Ganshof, op. cit., p. 62 n. 1).
[8] Ce monastère est alors sans doute dirigé par l'évêque de Marseille (cf. AA. SS. Oct., op. cit., p. 365).
[9] ou poleticum: polyptique. Cf. Brunterc'h, op. cit., p. 186 n. 24 qui expose les deux interprétations actuelles de la descriptio: l'interprétation classique, l'inventaire détaillé d'un domaine, ou l'interprétation fiscaliste, l'opération par laquelle on révise ou on établit les registres d'impôts (aussi Niermeyer, lexicon, 1993 p. 324; Geary, Die Provence, p. 388).

 

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Première généalogie ANSEMUND du Vallespir marié à QUIXOL D'Ampurie

 

Quixol est descendante du Comte de Barcelone Sunifred

 

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JQk
MÉLANGES ET DOCUMENTS
BÉRENGER, COMTE DE SUBSTANTION (OU DE MÀUGUIO) EN 898
La notice d'un jugement d'avril-mai 898, conservée dans
le Cartulaire de N.-D. de Nîmes, commence, d'après
l'éditeur de ce cartulaire* :
Iudicium seu et notitia simul continentur in unum, qualiter, vel
quibus presentis bonis hominibus, qui subtus , scripturi vel signa
facturi, id est in presentia: Agilardo, gratia Dei.sedis Nemau-
sensis episcopo; vel in presentia Bernardo, vices comité; Sen-
tilde, vasso; Regemundo comité; Ansemundo, vasso; Berengario,
comité; Audino; Cotilane; seu et in presentia iudicum : Milone,
Rainulfo, Sentilde, Eliane, Teotgario, Witardo,. Agambaldo iudi-
ces, etc.
Ce texte présente des fautes évidentes de ponctuation.
D'après l'usage du ixe siècle, le mot vassus, dans les men-
1. E. Germer-Durand, Cartulaire du chapitre de l'église cathédrale de
N.-D. de Nîmes, Nîmesp 1875; voir p-.- 16, pièce VIII. La pièce n'est
datée, à la fin, que du X Kal. Junias, anno primo régnante... (le nom
du roi manque.) Mais Agelardus est devenu évêque de Nîmes entre
avril 892 et avril 895 (même recueil, pièces V et VII), et il est mort entre
902 et 905 (pièces IX et X). Le nom manquant ne peut être que celui de
Charles (le Simple); et comme, en .892 et 895, on datait à Nîmes d'après
les années d'Eudes, la date de notre charte VIII ne peut se rapporter qu'au
second avènement de Charles le Simple (1er janv. 898). Le mallus de Car-
rugière a été tenu 40 nuits avant le mallus du 23 mai 898, c'est-à-dire
vers le 13 avril.

 

 

 

Sentilde, vasso et Ansemundus, vasso, voudrait un
déterminatif ~ce mot ne suffit pas à définir l'état des deux
personnages et leur titre à siéger dans l'affaire. D'autre part,
il est impossible que deux comtes aient siégé ensemble au
tribunal dont il s'agit; impossible qu'ils aient siégé comme
assistants de leur inférieur le vicomte; impossible qu'ils
soient nommés après des vassi, personnages inférieurs
encore. Il faut lire :
... in presentia Bernardo, vices-comite ; Sentilde, vasso Rege-
mundo comité; Ansemundo, vasso Berengario comité; Audino,
etc.
On peut relever, dans l'édition du même cartulaire, une
série de fautes toutes semblables. Ainsi, dans le jugement
rendu au château des Arènes de Nîmes qui termine notre
notice, au lieu de :

 

 

 

in presentia Arlando, vasso; Regemundo comité, qui est missus;
Bernardo vice-comité; seu et iudices, etc.
on doit lire :
in presentia Arlando, vasso Regemundo comité, qui est missus
Bernardo vice-comité.
En effet, qui est missus n'a aucun sens; le motvasso n'est
pas un titre; et ni le comte Raymond, ni le vicomte Bernard
n'ont siégé comme assistants du vassal Arlandus1. .
La présence de Sentilde, vassal du comte Raymond, au
mallus tenu en commun par l'évêque et le vicomte de Nîmes,
ne fait pas difficulté : Raymond était comte de Nîmes2, et
les vassi comitis assistaient régulièrement au mallus com-
tal (ou vicomtal)8. Mais que fait ici Ansemundus^ vassal du
comte Bérenger, et quel est ce comte Bérenger? Le lieu de
1. Autres exemples : Dans la pièce IX (902), lire : Framaldo, misso vel
auditore Regemundo comité (Cf. pièce XX, p. 36). Pièce XVI (915) :
in presentia Fredelone, vasso Regemundo comité. Pièce ХХХ1П (928),
p. 58 : Almerado, vasso Raimundo comité.
2. Hist. du Languedoc, t. V, xn (890), xxxvn (909). Cf. t. III,
p. 44. .
3. Capitul. Aquisgranense a. 809, c. 5 (Boretius I, 148)

Carrugaria, se tint le mallus en question, se trouvait
dans la commune actuelle d'Aiguës- Vives, tout près de la
route romaine de Nîmes à Substantion (la voie Domitienne),
et à quelque trois kilomètres du Vidourle, qui était la limite
des deux comtés de Nîmes et de Maguelone (Substantion)v
Il semble infiniment probable qu'Ansemundus était venu
du comté voisin de Substantion, où il était vassal du comte
Bérenger.
Nous savons que les jours et lieux un comte
tenait mallus étaient notifiés à l'avance au comte et au public
des cités limitrophes1. Ansemundus se sera rendu au mallus
de Garrugière soit pour ses affaires privées, soit pour rem -
plir une mission du comte Bérenger. Carrugière, qui
touchait au comté de Substantion, était par contre éloigné des
autres comtés limitrophes de Nîmes, et ce n'est guère que
des habitants des comtés d'Arles, d'Avignon, de Viviers,
de Mende2, seraient venus trouver le vicomte Bernard.
On ne connaissait pas de comte de Maguelone ou de

 

 

Substantion depuis le temps de Charlemagne3 jusqu'au début du
xe siècle. Un comte Bernard est attesté au temps de Charles
le Simple*; un comte Bérenger, qu'on suppose être le fils du
précédent, était en fonctions vers 950 ; suivit un Bernard II,
mort vers 986. Notre Bérenger de 898 peut être le N. du
tableau généalogique de cette dynastie comtale qu'ont dressé ,
les auteurs de YHistoire du Languedoc (t. III, p. 178).
L'usage de l'alternance des noms aurait justement fait
supposer que N. s'était appelé Bérenger.
E.-Ch. Babut.
1. Edict. Pistense de 864, c. 32 (Boretius-Krause, II, 324).
2. Je ne parle pas de Rodez, qui avait le même comte que Nîmes.
3. Hist. du Languedoc, II, p. 315 et IV, p. 1

 

Pour ce qui concerne l'interprétation : elle est simple Ansemund est avec son fils Sentill, noté Sentilde, et ils sont là a titre honorifiques, car ils descendent de l'ancien Ansemund comte Goth de Nîmes ayant servit Pépin le Bref assassiné ainsi que sa femme par des détracteurs Goths. Donc ce document prouve la succession entre Ansemund l'ancien et le nouveau. D'ailleurs on retrouve dans les premiers Consuls de Nice Assalit des documents sur les îles des Lérins, qui est l'un des descendants d'Ansemund.

 

 

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Maintenant les Fenouillèdes et le Razes.

 

tableau généalogique sur les propriétés des descendants d'Ansemund sur les vicomtés de Fenouillet, de vallespir (Castelnou) de Peyrapertuse, la baronnie de Ganges, et le fief de Brissac.

 

 

https://s2.qwant.com/thumbr/0x380/c/a/9b605f6c17b512f684f769018230d37e3cf4edb2230651c7b20df91272a64b/Carte%2Bdu%2Bcarharisme.png?u=http%3A%2F%2F1.bp.blogspot.com%2F-hTTOyxTIzq0%2FVbd_XLRmJQI%2FAAAAAAAAAkI%2FeWYORM3pq8c%2Fs1600%2FCarte%252Bdu%252Bcarharisme.png&q=0&b=1&p=0&a=0

 

 

https://i0.wp.com/fenouilledes.fr/wp-content/uploads/2019/10/Image-6.png?resize=768%2C558&ssl=1

 

Légende :

Périmètre du Razés approximatif.

Triniach = Triniac = Latour de France

1 : Saint Martin Lys
2 : Quillan
3 : Axat
4 : Coustaussa
5 : Rennes les Bains
6 : Alet
7 : Cournarel
8 : Formiguères
9 : St Polycarpe
10 : Veraza
11 : Arques
12 : Bugarach
13 : Rennes le Château
14 : Caudiès
15 : Sabarda (Fenouillet)
16 : St Paul

 

https://s2.qwant.com/thumbr/0x380/c/a/fabf5a0543528a36b63b6a821c4ba9dd9bd19bc92dde25296ab7d2a5729685/les-territoires.jpg?u=http%3A%2F%2Ffayditsdescorbieres.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2015%2F09%2Fles-territoires.jpg&q=0&b=1&p=0&a=0

Territoires des Faydits (Chevaliers en rebellion contre les croisés)

Perdants titres, terres du fait de leur rebellion.

Termes - Termènes

Niort : à la famille des vicomtes d'Aniort

Fenolhet : à la famille des vicomtes de Fenouillèdes (Peyre) cousins Assalit baron de Ganges puis seigneurs du Lauragais, coseigneurs de Mirepoix.

Peyrepertuse : à la famille des Peyrepertuse (un des plus gros châteaux cathares) de la même famille que les vicomtes de Fenouillèdes. (Fenolhet, Peyrpertuse, Assalit, mais aussi Castelnou sont issus d'Ansemund de Castelnou ou de Vallespir)

 

Histoire des Fenouillèdes

 

https://s2.qwant.com/thumbr/0x380/7/2/86a3de8c20d8eaf3fc825b357546963b894307960b1d29eb9cc4b1c9058c34/1200px-Comtats_catalans_s._VIII-XII.svg.png?u=https%3A%2F%2Fs3.amazonaws.com%2Fs3.timetoast.com%2Fpublic%2Fuploads%2Fphotos%2F12064478%2F1200px-Comtats_catalans_s._VIII-XII.svg.png&q=0&b=1&p=0&a=0

 

 

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Liste des comtes, puis des vicomtes de Razès
 
 
 

Ceci est une liste des comtes de Razès, qui ont gouverné le comté de Razès, un des comtés méridionaux du Haut Moyen Âge, entre la fin du VIIIe siècle et le début du XIe siècle, puis des vicomtes de Razès, qui en ont assumé la direction jusqu'en 1247 :

Comtes de Razès

Comtes bénéficiaires
Dynastie des Bellonides
  • Olibia II de Carcassonne (? - 879), comte de Carcassonne et de Razès (865 - 872) ;
  • usurpation de Bernard II de Toulouse (? - 864), fils de Raimond Ier de Toulouse, comte de Toulouse (865 - 872), de Carcassonne et de Razès (872) ;
  • Olibia II de Carcassonne (? - 879), comte de Razès et de Conflent (872 - 877) ; A partir des années 872-874, le comté de Razès est amputé du Capcir, Fenouillèdes et Perapertusès au profit du comte de Cerdagne Miron le Vieux.
  • Acfred Ier de Carcassonne (? - 906), frère du précédent, comte de Carcassonne et de Razès (877 - 906) ;
  • Bencion de Carcassonne (? - 908), fils d'Olibia II de Carcassonne et neveu du précédent, comte de Carcassonne et de Razès (906 - 908) ;
  • Acfred II de Carcassonne (? - 933), fils d'Olibia II de Carcassonne, neveu d'Acfred Ier et frère du précédent, comte de Carcassonne et de Razès (908 - 933) ;
  • Arsinde de Carcassonne (? - ?), fille d'Olibia II de Carcassonne, nièce d'Acfred Ier et sœur des précédents, comtesse de Carcassonne et de Razès (934).

En 934, Arsinde de Carcassonne renonce à ses droits en faveur de son époux, le comte de Comminges Arnaud Ier.

Dynastie de Comminges

Après sa mort, le comte de Barcelone achète Carcassonne (4 000 mancus d'or) aux sœurs de Roger III de Carcassonne, Ermengarde, épouse de Raimond-Bernard Trencavel, vicomte d'Albi et de Nîmes, et Adélaïde, épouse de Guillaume-Raimond Ier, comte de Cerdagne.

Dynastie de Barcelone
  • Raimond-Bérenger Ier de Barcelone (vers 1023 - 1076), comte de Barcelone et de Gérone (1035 - 1076), d'Osona (1054 - 1076), de Carcassonne et de Razès, vicomte de Béziers et d'Agde (1069 - 1076) ;
  • Raimond-Bérenger II de Barcelone (1053 - 1082), fils du précédent, comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona, de Carcassonne et de Razès (1076 - 1082), conjointement à :
  • Bérenger-Raimond II de Barcelone (1053 - 1097), fils de Raimond-Bérenger Ier de Barcelone et frère du précédent, comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona (1076 - 1097), de Carcassonne et de Razès (1076 - 1082).

Raimond-Bernard Trencavel, qui n'a pas accepté la vente des droits de son épouse mène plusieurs guerres contre les comtes de Barcelone. En 1082, il profite du discrédit jeté sur Bérenger-Raimond II de Barcelone, à la suite du meurtre de son frère, pour prendre définitivement le pouvoir à Carcassonne et dans le Razès. Finalement, les comtes de Barcelone doivent accepter l'état de fait : ils continuent à porter le titre de « comte de Razès », complètement vidé de sa substance, tandis que les Trencavel portent celui de « vicomte de Razès ».

En 1209, le Razès est occupé par les forces de la croisade des Albigeois et tombe entre les mains de Simon de Montfort. Pierre II, roi d'Aragon et comte de Barcelone, venu défendre ses prétentions, est battu et tué à la bataille de Muret en 1213. En 1258, le traité de Corbeil, entre les représentants de Jacques Ier d'Aragon et ceux de Louis IX de France, achève l'abandon du comté de Razès au rois de France.

Vicomtes de Razès

Maison Trencavel
 
Maison Trencavel
  • Bernard Aton IV Trencavel (? - 1129) fils d'Ermengarde de Carcassonne et de Raimond-Bernard Trencavel, vicomte d’Albi, de Nîmes (1074 - 1129), de Carcassonne, de Razès, de Béziers et d’Agde (1099 - 1129) ;
  • Roger Ier Trencavel (? - 1150), fils du précédent, vicomte d'Albi et de Carcassonne (1129 - 1150) ;
  • Raimond Ier Trencavel (? - 1167), fils de Bernard-Aton IV Trencavel et frère du précédent, vicomte de Béziers (1129 - 1167), d'Albi, de Carcassonne et de Razès (1150 - 1167) ;
  • Roger II Trencavel (1149 - 1194), fils du précédent, vicomte d'Albi, de Béziers, de Carcassonne et de Razès (1167 - 1194) ;
  • Raimond-Roger Trencavel (1185 - 1209), fils du précédent, vicomte d'Albi, de Béziers, de Carcassonne et de Razès (1194 - 1209).

En 1209, Raimond-Roger Trencavel est vaincu par les forces de la croisade des Albigeois et ses domaines sont attribués à un des croisés, Simon de Montfort.

 

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Par leurs ascendants, les Assalit, sont liés aux premiers comtes de Barcelone, mais aussi aux vicomtes de Fenouillédes entre autres ainsi que le Peyrapertuse.

Le Fenouillèdes tombe dans l'escarcelle de la maison de SAISSAC, par mariage, avec l'accord de la maison de Ganges ç'est à dire celle des Assalit,

 

Bertrand de Saissac sur la période qui nous intéresse est le tuteur de Raymond Roger Trencavel vicomte du Razes et régent des vicomtés.

 

Le véritable suzerain de la vicomté Trencavel est alors Pierre II d'Aragon, comme il l'est pour les terres de Fenouillèdes. Mais il est assassiné durant la bataille de Muret le 10 septembre 1213.

 

Du côté Catalan Pierre II avait nommé Assalit de Gudal viguier de la région. (certainement issu de la famille d'Ansemund)

 

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L'histoire des Trencavel vicomte du Razes

Roger II modifie son testament et meurt 3 jours après
17 mars 1193

les dernières volontées détaillées de Roger II, où l'on peut admirer l'application de Dom Vaissete à expliquer les détails et les anecdotes, mais surtout l'énonciation des participants...


Roger ordonna, au mois de décembre de l'an 1193, que les juifs de Limoux et d'Alet contribueraient à l'avenir, avec ceux de Carcassonne, aux tailles et aux questes qu'il imposait sur eux, ainsi que cela avait été pratiqué du temps de ses prédécesseurs. Il donna des lettres de sauvegarde, au mois de janvier suivant, en faveur de Pons de Bram, abbé de Saint-Hilaire, et des domaines de cette abbaye situés dans le Carcassès et le Razès, et termina ensuite, le 3 du mois de mars, par l'arbitrage de Sicard, vicomte de Lautrec, de Frotard-Pierre de Bérens, de Bernard de Boissezon et de Doat d'Alaman, les différends qu'il avait avec l'évêque d'Albi touchant la seigneurie de cette ville et de ses dépendances.

Roger ne survécut pas longtemps à ce jugement ; il fit un codicille, le jeudi 17 de mars de l'an 1193 de la nativité de Jésus-Christ, qu'on doit compter cependant de l'Incarnation ; ainsi le codicille appartient à l'an 1194. Il confirme par cet acte le testament qu'il avait fait quelques années auparavant entre les mains de Bernard, archevêque de Narbonne, et de Gaufred, évâque de Béziers. Il choisit sa sépulture dans le monastère de Notre-Dame de Cassan, au diocèse de Béziers, auquel il lègue sa table d'or ornée de pierres précieuses, cinq mille sols melgoriens, etc. Il fait d'autres legs pieux en faveur des abbayes de Villelongue, de Caunes et de Saint-Hilaire ; il supprime le droit qu'il faisait lever sur le pont de Carcassonne, et ordonne à ses héritiers de réparer le tort qu'il avait fait à la cathédrale de Saint-Nazaire et à l'église de Sainte-Marie de cette ville ; il fait quelques libéralités à plusieurs de ses domestiques, entre autres à Bernard, son notaire ou secrétaire ; il veut que Raimond-Trencavel, son frère, soit entretenu pouèr la nourriture, le vêtement et les équipages, tant qu'il demeurera à la cour de son héritier, et il confirme le legs qu'il lui avait fait dans son testament. Il institue pour son héritier universel, ainsi qu'il l'avait fait dans cet acte, Raimond-Roger, son fils, qu'il avait d'Adélaïde, sa femme légitime, fille du seigneur Raimond, comte de Toulouse, et confirme les substitutions qu'il avait faites dans ce testament. Il établit Bertrand de Saissac, à la foi, à la protection et au conseil duquel il avait déjà remis la personne et les biens de ce fils, pour son tuteur et baile (bjulum) pendant cinq ans, à compter depuis la prochaine fête de Pâques. Il le charge de régir les domaines des diocèses de Béziers et d'Agde pour l'utilité de cet enfant, avec le conseil de l'évêque de Béziers, d'Étienne de Servian, d'Elzéar de Castries et Déodat de Boussagues. Il le charge aussi d'administrer ses domaines d'Albigeois, de Rouergue et du Toulousain, avec le conseil de l'évêque d'Albi, de Guillaume de Vassal, de Bérenger de Bonfils de Lavaur et de Guilhaume de Saint-Paul. Quant au Carcassès, au Razès, au Lauragais et au Termenès, Roger chargea Bertrand de Saissac de gouverner ces pays par l'avis de ses viguiers, savoir : Arnaud de Raimond, viguier de Carcassonne, et Guillaume d'Assalit, viguier de Razès.
Il nomma pour ses exécuteurs testamentaires le même Bertrand de Saissac, les évêques et les les chevaliers dont on vient de parler, et il leur ordonna de payer toutes ses dettes, suivant la décision d'Othon, évêque de Carcassonne, de l'archidiacre Bérenger, de Guillaume Amelii et de maître Bertrand. Il laissa Raimond-Roger, son fils et son héritier, avec ses tuteurs, viguiers, conseillers, bailes, et tous ses domaines à la garde et sous la protection et administration de Raimond, fils du comte de Toulouse. Il révoque l'ancien comte de cette ville (comitem Tolosanum majorem) et tous ceux, de quelque sexe qu'ils fussent, qu'il avait nommés dans son testament pour gérer la tutelle et être bailes de son fils, excepté ceux qu'il établit dans son codicille, parce qu'il tient les autres pour suspects. Enfin, ce vicomte déclare, par serment prêté sur les saints évangiles, qu'il avait ordonné toutes ces choses pour plus grande sûreté, et qu'il faisait sceller ce codicille de son sceau et de celui de l'évêque de Carcassonne. Ce prélat, les viguiers de Carcassonne et de Razès, et quelques autres y souscrivirent ; Bernard de Canet, notaire de Roger, l'écrivit et le scella, et trente-cinq des principaux vassaux de ce vicomte s'engagèrent en même temps, par serment, de tenir la main à l'observation de tous ces articles. Bertrand de Saissac, les deux viguier de Carcassonne et de Razès, Guillaume-Hugues, sous-viguier, Amblard et Guillaume de Pelapoul, Guillaume du Puy, Pierre-Roger et Jourdain de Cabaret, Pierre-Roger de Mirepoix, Guillaume et Jourdain de Saint-Félix, Raimond-Trencavel Guillaume de Roquefort, Bernard, Pons, Roger et Guillaume Ferrol, Pierre de la Tour, Pierre de Penautier, Guillaume de Gordon, Arnaud de Morlane, etc, furent de ce nombre.

Telle est la dernière disposition de ce vicomte ; mais nous n'avons plus le testament dont il y fait mention. Il mourut trois jours après et fut inhumé comme il l'avait ordonné au monastère des chanoines réguliers de Cassan, au diocèse de Béziers, dans le nécrologe duquel on lit les paroles suivantes : le 20 de mars mourut Roger, vicomte de Béziers, notre frère. Il avait changé de disposition par rapport à sa sépulture, car dans un codicille qu'il avait fait en 1179 il l'avait choisie dans la chapelle de Saint-Martin de l'abbaye de Valmagne, au diocèse d'Agde, fondée par Trencavel, son père, et il fit par le même acte des biens considérables à ce monastère.

Ainsi finit ses jours Roger II, vicomte de Béziers, de Carcassonne, de Razès et d'Albi, à l'âge d'environ cinquante ans, après avoir possédé pendant vingt-sept ans, ces quatre vicomtés, avec les pays de Lauragais, de Minervois, de Termnès et plusieurs autres domaines que Raimond-Trencavel, son père, lui avait transmis, et avoir passé une grande partie de sa vie à faire la guerre à Raimond V, comte de Toulouse, son beau-père et son seigneur, de concert avec le roi d'Aragon avec lequel il se ligua contre lui. Du reste, nous trouvons ici une nouvelle preuve que ce vicomte avait fait sa paix avec Raimond dès l'an 1191, car il révoque dans ce codicille la tutelle de son fils qu'il avait confiée à ce prince par son testament. Or cet acte est du moins de l'an 1191 puisqu'il déclare qu'il l'avait fait entre les mains de Bernard, archevêque de Narbonne, qui mourut cette même année. Roger était donc alors en paix avec le comte de Toulouse, son beau-père. Il paraît qu'il y eut depuis quelque refroidissement entre eux, puisqu'il le regardait comme suspect dans le temps de son codicille ; mais ayant laissé par le même acte le jeune comte de Toulouse, son beau-frère, pour tuteur de son fils, c'est une preuve que cette nouvelle brouillerie n'eût point de suites.

Roger II est encore plus connu dans l'histoire de l'Église par son attachement à la secte des albigeois que dans celle de la Province par ses exploits militaires. On a parlé ailleurs de l'accusation qu'on forme contre lui d'avoir embrassé les erreurs de ces sectaires ; mais supposé qu'il ait eu le malheur de les suivre pendant quelque temps, il est du moins certain qu'il les avait abandonnées sur la fin de ses jours et qu'il mourut catholique. Outre le serment et les legs pieux qu'il fait dans son codicille, on voit par cet acte qu'il était alors très-uni avec tous les évêques de ses domaines ; et on a déjà remarqué que les chanoines réguliers du monastère de Cassan, où il fut inhumé, le qualifient leur frère.

 

 

Blason de Guillaume Assalit, Assailly

 

 

 

Assalit, Assailly, cathares, Razes, Rennes le Château, Fenouillèdes, Montségur

L'Armorial

 

Blason de Rennes le Château

 

 

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Les Assalit ou du moins Guillaume sont alliés par mariage à la famille de Mirepoix, l'originelle, ils sont co seigneurs du château et de la ville de Mirepoix.

 

Durant cette période Pierre Roger de Mirepoix est coseigneur avec Raymond de Péreille de Montségur

 

Guillaume Assalit est un des hommes d'armes de la citadelle de Montségur on y retrouve de ses enfants et donc ceux des Mirepoix.

 

Après la chûte de Montségur les cathares survivants se réfugient dans la vicomté de Fenouillèdes dont les châteaux cèderont à leur tour !

 

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Les droits exercés par Peire-Rotgier de Mirapeis sur Montségur à l’époque du siège de 1243-1244 étaient d’acquisition récente, et lui venaient de son mariage avec Philippa, qui se place entre 1231 et 1234. Depuis sa reconstruction vers 1204 jusqu’à ce mariage, Montségur n’eut qu’un seigneur en titre et en fait, Raymond de Péreille, si l’on excepte, évidemment, la seigneurie purement théorique que le Français Guy de Lévis avait acquise en 1209 par droit de conquête.
De la reconstruction jusqu’à la reddition de mars 1244, parfaits et parfaites cathares résidant de façon permanente ou temporaire à Montségur y vécurent à l’ombre et sous la protection d’une communauté laïque dont le noyau était constitué par le vaste clan familial des deux coseigneurs…

 

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Compte rendu du Procès de Raymond de Péreille par l'Inquisition

 

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 par la suite vers 1400

 

Evêques d'Alet - Pierre Assalhit (Assalbit)
 
Pierre Assalhit (Assalbit)
( ? - v.1448)
Evêque d'Oloron (1412),
puis Evêque de Condom (1418),,
puis Evêque-Comte d'Alet (1421)
 
 
 

D'azur, au chevron d'or, à la bordure d'argent.

 

Evêché d'Alet

 

- Pierre d'Assalit fut le neveu de Pierre Amiel. Il est né à Limoux, fut d'abord un religieux de l'ordre de StAugustin, puis prieur à Bordeaux, abbé commendataire de Plane-Sauve, mais il bénéficia de l'aura protectrice de son oncle et le neveu suivra ses pas, devenant comme lui, le bibliothécaire apostolique, secrétaire et confesseur du pape, ce que l'on voit dans une transaction passée à Rome avec l'archevêque de Narbonne. Elevé au poste d'évêque d'Oléron, il sera ensuite transféré à Condom et enfin promu à Alet par Martin V au début du XIVème S. alors que s'éteint son oncle à Rome; un diocèse qu'il régira très longtemps, de 1419 à 1442 au moins puisque l'on sait qu'il assista aux Etats d'Occitanie convoqués par Charles VII en 1442. C'est dans ce vaste mais pauvre diocèse de la Haute Vallée de l'Aude, son pays d'origine et celui de son oncle, celui de Limoux et Brénac, que se trouvent aussi les deux Rennes des mystères religieux et trésoraires; décidément il semble bien qu'il y eut là si ce n'est des connaissances à cacher du moins des choses à surveiller de près !
(=> "Recherches historiques sur le diocèse d'Alet ..." J. T. Lasserre, Parer, 1877; "Biographies Limouxins" A. Buzaries, Limoux, Boute, 1865; Dict. Encyclop. de l'Aude s/s la dir. de Gérard Jean, Lacour, 2005).

 

 

 

Documents annexes

UN EXEMPLE DE CATHARISME ORDINAIRE :
FANJEAUX

par Michel ROQUEBERT

Guillelme de Tonneins épouse de Guillaume II Assalit

 


I - LA PERIODE DE PAIX (AVANT 1209)

Guillelme de Tonneins
Les informations deviennent plus nombreuses et plus précises dès qu'on aborde les
dernières années du XIIe siècle.

« Il y a cinquante ans, déclare en 1246 un habitant, Pierre d`En Terren, j'ai vu les
hérétiques publiquement installés à Fanjeaux. J`avais alors huit ans. Je les ai aidés une fois à
préparer des peaux d'agneaux ».

10 En 1181 et 1182 : HGL VIII, 353. 364.
11 En 1184 : HGL VIII, 376,378, 380.
12 Archives Nationales, JJ 19, 177.
13 J. RAMIERE de FORTANIER, Chartes de franchises du Lauragais (Paris, 1939), p. 418-421. La châtellenie de
Fanjeaux s’étendait notamment sur Laurac, Villasavary, Villesiscle, Cailhavel, Cailhau, Cambieure, Belvèze-du-
Razès, Gramazie, Mazerolles, Plaigne, Gaja-la-Selve, soit plus de 30 km d'est en ouest sur 13 du nord au sud.

14 Bibliothèque municipale de Toulouse, Ms

 

5
Deux figures se détachent d'emblée au sein de l`église cathare de Fanjeaux.
D'abord, dès les environs de 1193, celle de la parfaite Guillelme de Tonneins, dite aussi
Guillelme de Fonters, sans doute Fonters par sa naissance, et Tonneins par son mariage,
Tonneins étant un castrum disparu sur la commune de Lasserre de Prouille. Sa petite-fille Hélis
de Mazerolles en parle abondamment : « Feue ma grand-mère Guillelme de Tonneins fut
hérétique revêtue, et alors qu'elle tenait la secte, je l'ai vue tenir sa propre maison à Fanjeaux
avec d'autres femmes hérétiques. Et moi, qui étais alors petite-fille (puella), je suis allée maintes
fois la voir. Elle me donna plusieurs fois du pain, du vin, des noix et autres fruits »15.

Attestée jusqu'à la croisade de 1209, Guillelme de Tonneins appartient à la plus ancienne
génération de parfaites nommément connues, celle de Blanche de Laurac ou de la dame de
Roquefort dans la Montagne Noire. C'est la génération des grandes directrices de conscience
des lignages nobiliaires, qui transmettront le flambeau à la génération suivante, celle de
Garsende du Mas-Saintes-Puelles, de Marquésia Hunaud de Lanta, de Fournière de Péreille, et
d`Aude de Fanjeaux, la propre fille - l'une des filles - de Guillelme de Tonneins.

Les deux filles de Guillelme ont fait des mariages assez prestigieux.
L'une, Marquésia, a épousé Pierre-Roger de Mirepoix le Vieux, principal co-seigneur
de Mirepoix, et père du Pierre-Roger qui sera le défenseur de Montségur16.

L’autre, Aude, est devenue une « de Fanjeaux » par son mariage avec Isarn-Bernard, le
grand officier du vic
omte de Carcassonne dont on a déjà parlé. Personnage qui nous oblige à
nuancer l'idée si souvent avancée selon laquelle le catharisme n'aurait touché qu’une noblesse
désargentée, sans assises économiques solides.

En 1201, en effet, le vicomte de Carcassonne engage le Balaguèrès et le Quercorb à
Isarn-Bernard de Fanjeaux pour 13100 sous de Melgueil. Indiquons à titre de comparaison qu'en
1236 la dot d'Esclarmonde, princesse de Foix, sera de 10000 sous...

L'histoire de la descendance de Guillelme de Tonneins pourrait occuper un livre entier.
On se bornera à noter qu'en plus de ses deux filles, Guillelme a plusieurs fils, dont l'un,
Guillaume-Assalit, sera viguier du Razès en 1201 et 1217 et mourra faidit et exhérédé avant
la croisade royale de 1218 ; sa veuve Esclarmonde réfugiée à Toulouse chez des patriciens de
haut rang, tous croyants cathares, mourra de maladie vers 1236-38 en recevant le consolament
19.
La fille d'Esclarmonde et de Guillaume Assalit, Lombarde, avait été ordonnée parfaite avant
1209
  20.

Pour achever ce très rapide tableau de ce qui paraît être la plus importante famille
cathare de Fanjeaux, on notera qu`Aude et Isarn-Bernard eurent au moins cinq enfants :

15 Bibliothèque Nationale, Ms du Fonds DOAT, t. XXIII, f° 163 v°.
16 Cf. M. ROQUEBERT, « Pierre-Roger de Mirepoix, seigneur de Montségur, et sa famille » dans Montségur, 13
ans de recherche archéologique (Groupe de Recherches archéologiques de Montségur et ses environs,
Carcassonne, 1981), p. 55-69.

17 HGL, VII, 468, 473.
18 HGL, VII, Enquêteurs, 354.
19 DOAT XXIII, 14 v°, 16 r°-v°, 17 r°, 46 v° ; Ms 609, 202 v°. 213 v°.
20 DOAT XXIII, 9

 

Gaia et Braida, qui se feront parfaites avant la croisade de 1209. Braida avait épou
Hugues de Roumegoux, viguier du Razès en 1189, charge dans laquelle il a donc succédé à son
beau-père (
je suppose une erreur, il lui succède mais pas à cette date là !) : on ne sort pas de la haute noblesse de la vicomté.

Une autre fille, Hélis, épousera Raines de Mazerolles, seigneur de Gaja, et l'un de leurs
trois fils, Pierre, sera un agent actif de l'église cathare, à Gaja même, dont il fera avec Queille
le plus important relais de la clandestinité entre le Lauragais et Montségur.

Un fils d'Aude et d'Isarn-Bernard, Roger-Isarn, mourra à Fanjeaux en 1225 en
demandant le consolament, mais il ne le recevra pas, car les parfaits arriveront trop tard.

Un autre fils, Isarn-Bernard junior, épousera Véziade, fille de Turca, ordonnée parfaite
avant la croisade, et de Raymond Ferrand qui, lui, se fera ordonner parfait à Montségur même
vers 1214. Encore un personnage de haut rang, ce Raymond Ferrand, témoin de diverses chartes
de Trencavel entre 1189 et 1202. Quant à Isarn-Bernard de Fanjeaux junior, on peut le suivre
presque année par année pendant un demi-siècle, jusqu’à sa condamnation par l`Inquisition en
1244, et même au-delà

 

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Marquésia Assalit épouse de Pierre Roger le Vieux de Mirepoix,

fille de Guillaume II Assalit et soeur de Guillaume III viguier du Razes

Détails sur la Famille de Mirepoix, celle Assalit, Fanjeaux

 

 

 

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JE VOUS PROPOSE PLUSIEURS VIDEOS sur ce qui concerne le RAZES et ses mystères, vous y trouverez des informations intéressantes ou pas ! A vous de voir !

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 06:00

Ansemund nom d'origine haut germanique, plutôt a orientation gothique (voir lien)

Ensuite marié à Quixol fille du comte de Barcelone.

"

Les Vicomtes de Fenouillet sont Catalans. Les seigneurs de Camélas, Ansemund et Sentill, ancêtres des Vicomtes de Fenouillet à la lueur des travaux des généalogistes catalans, sont des proceres d’origines franques et wisigothiques[60].

L'épouse d'Ansemund, Quixilona, est la fille de Guifré I de Barcelona, Comte de Cerdanya i d’Urgell (870?-897) i de Barcelona, de Girona (Guifré II) i de Besalú (878-897), comme le dit sa pierre tombale. Si nous considérons les noms de leurs enfants, à part Sentill, ils sont tous les noms typiques de la famille des comtes de Barcelone: Sunifred, Miró et Sunyer[61]. Le premier Vicomte de Fenouillet est Pere I (vers 933 - vers 1017), fils de Sentill, senyor de Cameles, très certainement le Sentilles fils de Quixilona et Ansemund[62]. Calixte de la Providence a raison, Jean de Matha ou Mota descend des barons choisis par Charlemagne pour la Marca Hispánica (ou Marca Española).

Les Vicomtes de Fenouillet sont très croyants. On trouve - entre autres en 1067 - et 1073 un Udalger de Fenouillet, vicomte de Fenouillèdes, qui souscrit en 1070, avec son fils Pierre, à l'union du monastère Saint-Martin de Lez-sur-l'Aude, dans le même païs, à celui de Saint-Pons[63]. Mais, la famille maternelle de Jean de Matha ou Mota perd sa vicomté, du fait d'un jugement de l'Inquisition, en 1269, car Pierre de Fenouillet de Barbaira, faydit, prend part à la victoire occitane de Baziège en 1219[64].

 

Pour les mariages successifs je ne suis pas remonté plus haut pour l'instant, les généalogies ont été complétées en partie avec les recherches de Settipani (pour Bertarde de Prum et Thierry III roi des Francs) Thierry et Hélène Bianco pour ce qui concerne Guillemette d'Aquitaine. 

Sunière du Roussilon est comte du Roussillon et d'Empuries dont l'origine est Bello de Carcassonne.

donc on se retrouve dans la trame originelle Goth-Franque tissée par les carolingiens et notamment par Guillaume de Gellone, mais cela était déjà préfiguré, avec des alliances plus antiques.

 

Une des branches de Ganges donne les de Pierre de Bernis, dans la description Guillaume Assalit est nommé de Poupian ou Popian, mais on retrouve par document un serment prêté par lui et sa mère pour Brissac, château des Ganges alors. Mais Vierne n'est pas une Anduze comme il est précisé (travaux de Thierry et Hélène Bianco) mais bien une Popian, dont l'ascendance Sunyer du Roussillon.

 

Pour ce qui concerne la suite, les alliances se contractent sur les familles méridionales dont les ascendants tournent autour de la lignée mérovingo-carolingienne (par Guillaume de Gellone) les branches de Barcelone, de Carcassonne plus ancienne. (Bello) issu peut être de la branche des Girardides premier comtes de Paris carolingiens. Notamment les Mirepoix - Bellisen (nom peut invoquant le comte Bello). Quoiqu'il en soit tout ce beau monde se retrouve à Montségur assiégé par le roi de France et bon nombre des noms cités dans la généalogie sont décédés dans le buché, notamment les femmes et enfants, les hommes d'armes ne sont pas considérés comme cathare mais comme combattants défenseurs du puig, même s'ils en partageaient la foi.

 

descendance sentil fils Ansemund grand format

Ascendance Adalais du Pouget-Assalit

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 15:12

Un livre assez curieux et instructif sur certains plans.

 

il faut le voir comme un livre  du XIXème, cela n'a rien de contemporain, ni aucune arrière pensée au sujet de ce livre disons assez orienté.

A lire ou a parcourir....

 

Les chevaliers poêtes de l'Allemagne, (notamment Wolfram von eschenbach et la fameuse histoire du Graal) par Octave d'Assailly

Paris Libraire académique

Didier et compagnie Libraires - éditeurs,

35 quai des Augustins

1862

 

le livre est donc dans le domaine public et est en ligne sur Google :

http://books.google.fr/books/about/Les_Chevaliers_po%C3%A8tes_de_l_Allemagne_Mi.html?hl=fr&id=HzLZAAAAMAAJ

les recherches plus récentes suggèrent un lien avec Kyot de Narbonensis ou Kyot de Provence sur cette fameuse légende à vérifier !!!

 

ALBERT LE GRAND L'ANCIEN MONDE DEVANT LE NOUVEAU  du même auteur chez le même éditeur mais en 1870 :

http://www.archive.org/stream/albertlegrandlan00assa/albertlegrandlan00assa_djvu.txt

 

sommes toutes , bonne lecture à bientôt

 


 


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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:58

LIVRE PREMIER



LES SEIGNEURS D'AUMELAS AVANT L'EPOQUE

DES ROIS DE MAJORQUE



CHAPITRE PREMIER




Les Abbés du Monastère d'Aniane


Dès que la Septimanie se fût livrée aux Francs qui venaient de la débarrasser du joug et de la présence des Maures, Pépin-le-Bref et, après lui Charlemagne et Louis le Débonnaire y rétablirent, ou y fondèrent un nombre considérable d'abbayes. On vit alors s'élever, sur les rives de l'Hérault, les monastères d'Aniane, de Saint-Guilhem-le-Désert, de Saint-Thibéry. Les rois, qui leur avaient procuré leur concours gracieux pour se former, leur donnèrent aussi leur appui pour se maintenir : en effet, presque tous les villages de la vallée leur furent accordés en fief. "Ces princes, dit l'Histoire du Languedoc, favorisèrent d'autant plus ces établissements, qu'outre qu'ils étaient des asyles sûrs pour la piété et la religion, l'Etat trouvait son avantage par les écoles publiques qu'on tenait dans les principales abbayes, où l'on apprenait aux peuples l'obéissance qu'ils doivent à Dieu et celle de qu'ils sont obligés de rendre à leur souverain ". ( H. G. L. T. II p. 124 Ed. du Mège.)

Vitiza, le fils d'Aigulfe, comte de Maguelone et l'un des premiers il reconnaître l'autorité de Pépin, avait abandonné la Cour et sa carrière des armes pour se retirer dans la solitude. Il avait choisi, dans le domaine de son père, les bords de l'Aniane et y avait jeté les fondements d'un monastère ; Charlemagne lui était venu en aide, 782. Ce monastère devait être la fameuse abbaye d'Aniane, et Vitiza devait être Saint Benoit, le grand réformateur des moines d'Occident.

En 799, l'Empereur confirma les donations qu'il avait déjà faites à l' Abbaye. Un diplôme de cette année parle de plusieurs lieux à elle donnés, entre autres, de ceux de Cumajacas et Caucinum, sur l'Hérault, auprès des Salices, et des terres incultes de Juvignac. près Celleneuve (H. G. L. T. II, p, 597). Louis-le-Débonnaire, ayant succédé à Charlemagne, 814, approuva la. charte de son père (H. G. L. T. II, p. 604), et, en 822, il donna à. l'abbaye, " dans le territoire de Béziers, le village et l'église de Saint-Pargoire ; et, dans le territoire de Maguelone, le château dit Mont- Calm, situé auprès du fleuve de l'Hérault, ainsi que l'église de Saint-Hilaire, avec leurs bornes et confronts s'étendant au-delà des rives du fleuve, selon les dispositions prises déjà par son auguste père de bonne mémoire". (H. G. L. T. II, p. 617.)

Une Consultation juridique de 1313 porte clairement que le château d'Aumelas et plusieurs autres, sur les deux côtés du fleuve susdit, furent donnés en fief au monastère par Charlemagne ou par son fils, à charge de reconnaissance et d'hommage. C'était évidemment un corps de baronnie ou de vicomté, ayant pour chef-lieu Aumelas. Nous connaissons deux villages qui ont relevé de l'abbaye jusqu'au moment de la Révolution, Aspiran et Saint-Ferréol.

Si les Abbés d'Aniane étaient soumis à l'égard du Prince aux charges des Seigneurs vassaux de la Couronne, ils en avaient aussi les privilèges. La juridiction des lieux leur appartenait; ils rendaient eux-mêmes la justice, ou la faisaient rendre en leur nom; ils prélevaient les usages,

fruits, dîmes, censives; ils avaient doit au serment de fidélité de la part des Hornes du pays et pouvaient les forcer à s'armer pour l'intérêt commun,, comme aussi pour l'intérêt de leur seigneur, quand ce dernier était attaqué. Le monastère ne s'occupait pas seulement que du temporel ; le service religieux lui incombait, et ce service était fait par des moines ou obédientiels, ou bien par des prêtres obédientiels et séculiers que l'on formait dans l'abbaye ; toutefois les prêtres obédientiels et séculiers avaient été présentés à l'Evêque, pour qu'il leur conférât la juridiction spirituelle. Ils portaient le titre de vicaires, et le monastère demeurait le curé primitif et perpétuel. Quelquefois l'abbé envoyait dans les localités plusieurs moines sous la direction d'un prieur. Ces petites communautés prirent le nom de prieuré au XIème siècle.

Aux faveurs des Princes s'ajoutèrent les dons particuliers de plusieurs seigneurs ou propriétaires, qui entraient souvent dans l'abbaye (H. .G. L., T. II, p.124, 662), et le avantages que celle-ci retira d'une foule de transactions faites avec les personnages importants de diverses localités (H. G. L., T. II, p. 608). C'est ce qui explique comment la maison d'Aniane pouvait nourrir trois cents religieux qu'elle compta après les premières années de sa fondation.

Mais les bénédictins, on le sait, joignaient le travail des mains à l'étude et à la prière ; aussi, à même de se suffire, ils purent encore, en un jour de calamité publique, se montrer la Providence des pauvres. " En 793, la famine, qui désolait le pays de la Septimanie, attira autour de Saint Benoît une foule de malheureux, qui vinrent à lui de toute part, dans l'espérance de trouver en lui une ressource dans leur misère, et qui se logèrent dans des cabanes qu'ils construisirent autour du monastère" ' H. G. L., T. II, p. 491)

La jolie petite ville d'Aniane se forma et grandit à l'ombre de l'abbaye. Son territoire, qui n'avait été jusque là qu'un lieu couvert de forêts et le repaire de bêtes sauvages, ne tarda pas, grâce aux travaux des moines, à offrir le spectacle d'une splendide végétation. Il en fût de même pour la contrée d'Aumelas.

A cette époque, la plupart des domaines étaient des alleux ou des terres indépendantes de tout suzerain. Pour obtenir protection des seigneurs de distinction, les propriétaires leur faisaient don de leurs possessions, et les reprenaient ensuite en fief. Ces sortes de transaction rendues nécessaires par les luttes continuelles des seigneurs entr'eux, obligeaient les suzerains à défendre leurs vassaux, lorsqu’on portait atteinte à leurs terres , et les vassaux à suivre leurs suzerains, lorsqu'ils se mettaient en guerre. Le crédit dont jouissaient les abbés auprès du roi et la haute réputation de leur vertu, non moins que la prospérité de leur monastère et leur titre de seigneurs d'Aumelas, décidèrent une quantité prodigieuse de vassaux à se regrouper autour d'eux, comme en témoigne leur cartulaire.

 

LESTANG DU POUGET : - La localité dont il est fait la plus ancienne mention, après le lieu d'Aumelas, est celle de Lestang du Pouget, désignée sous le nom de Villa Franconique, ou parce qu'elle aura eu pour maître quelque seigneur appelé Francon, ou peut-être par ce que la villa aura été bâtie par un Français lorsque les Francs, sous la conduite de Théodebert, s'emparèrent sur les Visigoths, en 530 de Lodève et Cabrières.

Nous inclinerons à admettre la première hypothèse, parce qu'au IXème siècle un Francon était vicomte de Narbonne, et que ses successeurs ont eu des fiefs dans la contrée. La villa avait porté précédemment. le nom de l'Estang de Piperel. Un seigneur, nommé Teutberg, possédait une partie de Lestang au commencement du IXème siècle. Il la laissa par testament, en 841, à un certain Amalbert, avec l'église da Notre-Dame-de-Rouvîèges.

Entre 838 et 840, Aliard et sa femme Rengradis donnèrent à Elie, abbé d'Aniane, les terres, maisons, prés, vignes qu'ils avaient au village Franconique, et leur donation fut approuvée par Louis-le-Débonnaire (France Pontificale, abbaye d'Aniane, p.347). Le tout fut repris en fief par les propriétaires, à la charge de fournir tous les ans, à l'Abbé un muid de blé et un muid de vin, payables le jour de la dédicace de Saint-Sauveur d'Aniane ;ils ne pouvaient rien aliéner pendant leur vie, et le monastère devait entrer en pleine possession de leurs biens, la jour de leur décès. Le monastère acquit aussi l'alleu de Salomon.


ROUVIEGES : - Teudéric, l'un des exécuteurs testamentaires de Teutberg, fit don, en 890, à l'abbé Gilmond des champs de vignes et prés dont il jouissait au terroir de Rouvièges (Cart. d'Aniane, Archives de Lestang).

Pons et Aifrède avaient au XIème siècle. un honneur (propriété) près de l'église de N.-D.-de-Rouvièges. Leur fils, Engelin. leur succéda, et mit plus tard à sa place Raymond Sicard et sa famille. Les Sicard se dessaisirent de leurs droits pour en investir, après 1068, Rostaing et ses enfants, auxquels ils transmirent en même temps tout l'honneur qu'ils possédaient entre Saint-Paul et la rivière d'Hérault, et les droits qu'i1s avaient sur les habitants. hommes et femmes, du pays, Or, le 4 des ides de février 1076, Rostaing et sa femme, Galbon, avec le consentement de Guillaume Pons. descendant de Pons et d'Aifrède, vendirent au monastère et à l'abbé Emmenon tous leurs droits sur le lieu et l'église de Rouvièges pour le prix de 800 sols melgoirés.

Le monastère dégagea ces biens d'une hypothèque établie en faveur de Raymond Sicard, en remettant à ce dernier une mule et 60 sols melg. Mais la sœur de Raymond ayant fait opposition à la vente, comme héritière d'Engelin, l'abbé la rendit taisante en lui accordant un alleu. Il fut aussi obligé de donner 160 sols melg. et trois muids de froment pour se débarrasser des revendications de Bringuier, Aymeric, Bernard et Dieudonné, autres parents d'Engelin (notes prises du Cartulaire). L'église, les bois, les terres cultes et incultes, le moulin, les ribeyrats, les hommes et les femmes du terroir de Rouvièges semblaient assurés à l'abbaye, quand de nouvelles contestations surgirent : Guillaume Assalid ou Assalty, avec Adalaïs sa femme, et leurs enfants, soi-disant héritiers d'Engelin et de Rostaing, intentèrent un procès au monastère. Pons, obtint, en 1118 qu'ils déguerpissent tout l'honneur du terroir de Rouvièges et aussi l'alleu qu'Emmenon avait cédé, et qu'ils approuvassent la vente qui avait été faite tout d'abord. L'acte d'accord fut passé sur "l'aire où se vanne le bled". Ainsi le terroir de Rouvièges, avec l'église de N.-D., se trouva définitivement en la possession de l'abbaye, et cela à titre de fief : c'est pourquoi Pons et ses moines firent serment de fidélité à Guillaume Assalty (not. du Cartulaire d'Aniane)
 

(La mère de Guillaume d'Assalit est Vierne de Popian (sur Lestang), son épouse Adalaïs et lui sont coseigneurs du castrum du Pouget (aux deux tiers – Guillem d’Ermengarde reçoit en 1114 des reconnaissances pour les parties du château du Pouget (en 1111 il recevait plusieurs hommages sur d’autres terres) :


1° de la part de Géronde,

2° de la part d’Adalaïs, fille d’Hugun Peyrun, et de son fils Pierre Sicard

de la part d’Assalyd ou Assalty, fils de Vierne de Popian


L’assignat de la succession de Guillem d’Ermengarde en faveur de son fils puiné donna lieu à ce dernier d’exiger deux serments de fidélité, en 1127, pour le château du Pouget, l’un de la part d’Adalaïs, fille d’Hugun Peyrun, et de l’autre de la part de Guillaume Assalty, fils de Vierne, et celui de Pierre Sicard, fils d’Adalaïs, pour le quart ou trois mois de jouissance du château du Pouget (d’Aigref., p. 15).

Un acte d’avril 1132, concernant le don fait à Guillem de Montpellier du quart du Pouget et sa reprise en fief par Adalaïs du Pouget, montre que Guillem d’Aumelas n’avait pas hérité du château en entier, avant ces actes la propriété du Pouget est sous la seule autorité et propriété des ascendants.

A partir de ce moment ces actes formèrent la baronnie de Montpellier ; en 1059 Guillem de Béliarde seigneur de Montpellier à déjà des possessions au Pouget.(1)
 

La confirmation de possession pour l’abbaye d’Aniane vaut pour les droits acquis sur :


1° N-D de Rouvièges, en 841,

2° une partie de Lestang, en 850,

3° l’église paroissiale de N-D de Rouvièges en 1076,

4° enfin la propriété d’Engelin et l’alleu de Salomon.


Cette confirmation accrédite la légitimité successorale sur les domaines de :
 

1° la villa franconique soit Teutberg avant 841,mais les autres éléments confirment la possession :

 

2°du castrum du Pouget construit par Engelin (descendant de Teutberg),

3°de Popian, car Guillaume Assalty est fils de Vierne de Popian,

4° de Brissac - Guillaume d’Assalit son fils est seigneur de Brissac, il se trouve également que ce castrum suit ensuite aux Ganges, qui dès lors deviennent maîtres à moitié du domaine de Popian, tandis que l’autre moitié est à la seigneurie de Montpellier. Donc les domaines de Popian, Brissac, le Pouget et la villa Franconique appartenaient à l’origine à une même famille dont Teutberg est noté pour la villa franconie en toute propriété et autorité sans tutelle ; dont Assalit est issu car il en possède les droits et actes (notes d’Henry - voir liens utiles ci-dessus). Il faut remarquer également que les domaines de Brissac et du Pouget suivront plus tard aux Roquefeuil, branche d’Aniort.


Saint-Amans-de-Teulet : - Sous le règne de Louis-le-Débonnaire, entre 814 et 840, Déodat Descayrel donna au monastère tout l'honneur qu'il avait à Saint-Amans-de-Teulet, avec les hommes et les femmes qui en dépendaient. - Vers 990, Guillaume et Guillelme Bernard lui cédèrent en alleu des mas ou des métairies, des maisons, des jardins et la dîme de l'église. - Après 1060, Major Dixemas et ses fils remirent à Raymond de Pignan, obédientiel de Saint-Amans-de-Teulet, et à l'abbé Emmenon, pour 20 sols melg., les serfs Pierre, Etienne, Gérald, Etienne, Gaufred et leurs sœurs Lausseloane et Sadie. - L'abbé Pierre Ier de Sauve, après 1094, accorda la moitié de la viguerie ou des droits de Justice à Géraud Durand et à sa famille, avec le conseil et le consentement de Pierre Bringuier ; le père de Durand avait possédé ce fief pendant sa vie. - Pons de Cournon et son épouse Bonnefoy abandonnèrent à Pierre Ier de Sauve la dîme du territoire de Saint-Amans, en 1114 (France Pontificale, p. 332). - Il est fait mention d'un échange qui eut lieu, en 1117, entre Pierre Bringuier d'Aniane et Pierre Ricard de Montpeyroux, à l'occasion de certaines terres, dont "l'une attenante au jardin du moine ou obédientiel qui dessert l'église au nom du monastère". - En 1120, Pierre Phisols et Delmas, son frère, du lieu de Montpeyroux, se substituent à l'abbé et les religieux pour tous leurs biens de Saint-Amans, au cas où ils mourront sans enfants. Leurs enfants, s'ils en ont, ne pourront en rien aliéner sans l'agrément de l'abbé. - La même année, l'abbé Pierre II reçoit de Raymond Bernard, du Pouget, un champ complanté d'oliviers, et lui donne en fief divers mas et les terres qui en dépendent (Cart. d'Aniane).

L'abbaye possédait donc, à Saint-Amans-de-Teulet, l'église et ses appartenances, la Justice et la plupart des terres, qu'elle donna en fief à des particuliers. Nous ne serons pas étonnés de voir donner au prieur de à l'abbé, dont il tiendra la place, le titre de seigneurs directs de Saint-Amans.
 

Popian. - Bernard Géraud, évêque de Béziers (956-978) qui, comme Manassès Jully, métropolitain d'Arles, avait envahi le monastère, acquit par échange, le 1er mai 960, l'alleu du domaine de Popian, qu'il tint d'Ary ou Henry, de sa femme Richilde et de Geoffroy, leur fils (Fr. P., p. 348).


Sainte-Eulalie. - Un certain Godoin donna, en 962, à l'abbaye, en sa personne, une ferme sise à Sainte-Eulalie, lieu dépendant de Popian (Fr. P., p. 348). L'abbé reçut la maison de Pons, prêtre, en 991 (Fr. P.) Ragon investit l'abbaye de l'église fondée dans la viguerie de Popian en l'honneur de Saint-Amand de Pouzols, et des ses dîmes et prémices, et lui céda tout l'honneur qu'il possédait dans Popian, trois métairies exceptées, 24 avril 978 (Cart. d'Aniane).
 

Plaissan. - L'abbé Ermenaud accepta, en 830, de la part d'une dame Berthilde, les biens qu'elle possédait à la Plaissan, diocèse de Béziers (Fr. P., p. 346).
 

Saint-Bauzille-de-la-Silve. - Fulcrand de Mélian rendit Pierre 1er de Sauve la dîme de l'alleu de Saint-Bauzille, 1109 (Fr. P., p. 351). - En 1123, Eléazard de Castries et Engelrade, sa femme, confirmèrent à Pierre II de Cals la concession de l'église de Saint-Bauzille, qui avait été faite au monastère par Gaucelin d'Arnaud, aïeul d'Engelrade (Fr. P., p. 352).


Carcarès. - Pons de la Motte donna à Pierre II de Cals un alleu dans la paroisse de Saint-Martin de Carcarès, 1121 (Fr. P., p. 465).


Centon. - La villa de Centon fut concédée ou plutôt restituée à l'abbaye par Guillaume, vicomte de Béziers, 990 (H. G. L. T. III, p. 465).


Le Pouget et Tressan. - Nous verrons dans la suite de cette histoire que l'abbaye d'Aniane possédait encore deux fiefs importants dans la Vicomté d'Aumelas : celui du sacristain et celui du conrazier ; ils consistaient l'un et l'autre en censives, usages, lods et ventes et autres droits seigneuriaux. Le premier de ces fiefs était établi dans les lieux du Pouget, de Saint-Amans et de Rouvièges ; le second dans ceux de Saint-Bauzille et de Tressan. leur origine était si ancienne que pour la retrouver il fallait remonter aux commencement de l'abbaye (Arch. de Lestang).


On pourrait, en consultant à fond le Cartulaire d'Aniane, se donner la satisfaction de voir une foule d'autres transactions faites dans la Vicomté ou dans les pays limitrophes. Nous nous bornerons à celles que nous avons rapportées ; elles suffisent pour établir que, seigneurs d'Aumelas, les abbés d'Aniane surent faire accepter leur autorité et leur direction dans les lieux que protégeait le château-fort placé entre leurs mains.

Nous offrirons à notre lecteur, en suivant la France Pontificale, la nomenclature des Abbés d'Aniane qui se sont succédé depuis 780 jusqu'à 1200, c'est-à-dire, pendant le temps que l'abbaye a conservé des droits sur le château d'Aumelas.


- Denoit, 780 ;

- Sénégilde, 815 ;

- Georges, 819 ;

- Tructesinde, 822 ;

- Emmenaud, 830 ;

- Elie, 838 ;

- Arnoul, 853 ;

- Gilmond, 882 ;

- Rostaing, 890 ;

- Manassès de Jully, 913 ;

- Bernard Géraud, 960 ;

- Leufroy, 971 ;

- Renaud, 972 ;

- Hugues Ier..... ;

- Sauveur....... ;

- Pons Ier avant 1036 ;

- Emmenon, 1066 ;

- Pierre Ier de Sauve, 1094 ;

- Pons II, 1115 ;

- Pierre Raymond de Cals, 1120 ;

- Guillaume, fils de Béliarde, 1146 ;

- Pierre III, 1154 ;

- Gaucelin de Raymond de Montpeyroux, 1161 ;

Raymond Guillaume de Montpellier, 1187.


* Histoire de la Vicomté d'Aumelas et la Baronnie du Pouget - Abbé A. Delouvrier. p. 10 à 17.
Montpellier, imprimerie Grollier père 1896 In-8°, XI 350 p.
 

(1) En 1155, une partie des châteaux du Pouget et de Popian sont légués par Guillem d’Aumelas à son fils puîné Raimbaud d’Orange, ainsi nommé à cause du nom de sa mère Tiburge d’Orange. Le seigneur d’Aumelas mourut, vers 1173, sans enfants à Courteson, dans la principauté d’Orange, après avoir partagé ses possessions à ses deux sœurs. La portion d’Orange, qui lui appartenait fut donnée à Tiburge, veuve de Mornas et épouse en seconde noce de Bernard de Baux, dont les descendants trouvèrent le moyen de réunir à leur domaine toute la principauté et se qualifièrent de princes d’Orange par la concession des empereurs d’Allemagne, rois de Provence. Quand au Pouget il est donné en héritage au cinquième fils de Guillem VI d’Ermessinde Guy Guerrejat, qui le légua à son tour à son neveu Burgondion.Raymond-Aton réunit les domaines grâce à la succession de la sœur aînée de Raimbaud Tiburge, épouse d’Aymard de Murviel. Tiburge sa fille n’accepte pas le mariage avec Guillem VIII de Montpellier pour cause de parenté, mais lui vend, ainsi que sa sœur en 1197 la totalité de ses domaines pour la somme de 77000 sols melg. Le domaine passe dès lors à Guillem VIII (suite voir Histoire des Guillem de Montpellier).

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:22

CHAPITRE III
 

Les Guillems de Montpellier

 
Guy, le fondateur de la dynastie des Guillems de Montpellier, fut une gentilhomme d’un rang distingué ; il descendait du fameux duc d’Aquitaine, le moine de Saint-Guillem-le-Désert. L’évêque de Maguelone, Ricuin, lui inféoda, en 990, une partie considérable de la ville de Montpellier, sous la réserve de l’hommage et du serment de fidélité. La ville était formée de deux bourgs. Montpellier et Montpeilleret, que Ricuin avait reçus des filles d’Eustorgie, fille du comte de Susbstantion et mariée au comte de Lodève. Guy ayant eut pour successeurs immédiats, dans la seigneurie du premier de ces bourgs, Guillem II, fils de Bernard Guillem ; Bernard Guillem d’Adalaïs, qui prit le nom de Guillem III, en succédant à son fils mort sans postérité ; Guillem IV de Béliarde, en 1058 Guillem V d’Ermangarde, en 1098.

Seigneurs d’une ville qui devenait tous les jours plus importante par son commerce et par le nombre de ses habitants, les Guillem travaillèrent à agrandir leur domaine en vue d’augmenter leur puissance. Le nombre des vassaux faisait alors la gloire et la force d’un suzerain, et l’usage était de récompenser les gentilshommes que les seigneurs voulaient s’attacher, en leur accordant des parties de leurs terres, moyennant l’hommage et le service militaire. Pour avoir des vassaux, les Guillems firent l’acquisition de presque tous les châteaux qui se trouvaient dans le voisinage de Montpellier, et ils les remirent aussitôt aux seigneurs qui les leur avaient vendus ou à d’autres, à titre de fiefs, et à charge de foi et hommage et de services militaires. Aussi bien M. d’Aigrefeuille constate dans son Histoire de Montpellier, page 11, que Guillem d’Ermengarde reçut, en 1111, des hommages pour les lieux de Cournonsée, de Montferrier et de Montarnaud, et qu’il acheta, e, 1112 et 1113, les châteaux de Frontignan, de Montbazin et de Popian. Le Mémorial des Nobles fait voir qu’à la date de 1114 ce dernier reçut des reconnaissances pour des parties du château du Pouget :


- 1er de la part de Géronde,

- 2ème de la part d’Adalaïs, fille d’Hugun Peyrun,

- 3ème de la part d’Assalyd ou Assalty, fils de Vierne. L’ensemble des terres acquises forma la baronnie de Montpellier, qui dépendit uniquement du seigneur de cette ville ; l’évêque de Maguelone n’avait des droits sur lui que par rapport à la partie de la ville qui lui était inféodée.

 




I
Guillem d’Ermengarde



Quant au château d’Aumelas, M. d’Aigrefeuille prétend qu’il fut acquis par Guillem V, en 1118 ; mais cette date n’est pas exacte. Il résulte, en effet, du testament que fit ce seigneur, en 1114, au moment d’aller combattre les maures d’Espagne, que ce château était déjà en son pouvoir, puisqu’il régla que, au cas où ses fils ne lui auraient pas survécu, Aumelas devait échoir à Bernard d’Anduze, avec tout l’alleu du Mont-du-Chameau, le château du Pouget et les fiefs qu’il tenait des vicomtes de Béziers et Narbonne ; tandis que tout ce qu’il possédait en commun avec l’abbaye d’Aniane dans le pays devrait revenir au moines (H. G. L. T., IV, p. 361). Une autre preuve : Guillem était déjà en expédition et se trouvait dans l’île de Majorque, en 1114, quand ses officiers reçurent le serment de fidélité d’Assalty, le fils de Vierne, dans l’église de Saint-Sauveur ou chapelle du château d’Aumelas. Or l’hommage se rendait toujours au chef-lieu de la seigneurie. M. d’Aigrefeuille s’est basé sur les hommages qui furent faits en 1118, pour fixer l’époque de l’acquisition d’Aumelas : Guillem V reçut en effet, en cette année, les serments de fidélité d’Adhémar, fils de Chiénel, de Bertrand fils d’Aliarde, d’Hugues et d’Araufrès, qui possèdaient des fiefs à Aumelas. Le Mémorial des Nobles contient, avec ces quatre serments, un acte par lequel Bernard Guiraud engagea au seigneur Guillem le fief « qu’il tenait de lui à Aumelas, à raison de la somme de 57 sols melg., qu’il lui emprunta (d’Aigref., p. 15).

Guillem d’Ermengarde fit son dernier testament, en 1121. Son fils aîné fut désigné pour lui succéder dans la seigneurie de Montpellier : ce fut Guillem VI d’Ermessinde. Aumelas fut réservé à Guillem, fils puiné de Guillem V.


 


II

Guillem d’Aumelas


L’apanage de Guillem, second fils de Guillem d’Ermengarde, fut composé des lieux et châteaux d’Aumelas, de Montarnaud, du Pouget, de Saint-Pons-de-Mauchiens et de Mazers. A ces biens vinrent s’ajouter ceux qui avaient été donnés à Bernard, troisième fils de Guillem V, et qui consistaient en rentes, revenus et droits quelconques provenant des lieux de Mireval, Montbazin, Cournonsec, Popian et certaines terres qui se trouvaient dans ces mêmes lieux : Bernard qui mourut sans postérité, les laissa à son frère d’Aumelas. D’un autre côté, Tiburge, fille et héritière de Raimbaud II, mort en Terre-Sainte, lui apporta le comté d’Orange, en lui donnant sa main. Guillem devient un riche et puissant seigneur ; il se fit appeler Guillem d’Aumelas (H. G. L. T., IV, p. 57).

L’assignat de la succession de Guillem d’Ermengarde en faveur de son fils puiné donna lieu à ce dernier d’exiger deux serments de fidélité, en 1127, pour le château du Pouget, l’un de la part d’Adalaïs, fille d’Hugun Peyrun, et de l’autre de la part de Guillaume Assalty, fils de Vierne, et celui de Pierre Sicard, fils d’Adalaïs, pour le quart ou trois mois de jouissance du château du Pouget (d’Aigref., p. 15).

Le seigneur de Montpellier aurait-il disputé à son frère le droit de vasselage sur les tenanciers du château du Pouget ? Il est plus que probable qu’il s’agissait d’autres portions du château acquises depuis 1121.

Un acte d’avril 1132, concernant le don fait à Guillem de Montpellier du quart du Pouget et sa reprise en fief par Adalaïs, montre que Guillem d’Aumelas n’avait pas hérité du château en entier.

Le sieur d’Aumelas avait pris, en 1122, sous sa protection, en qualité de baron, tout l’honneur de Carcarès compris entre Saint –Bauzille et les limites d’Aumelas, et depuis Garcias ; jusqu’à l’Hérault, moyennant l’albergue de douze chevaliers, ou douze sols melg. A son choix. Cette transaction, qui fut faite entre Guillem d’Aumelas et Pierre, abbé d’Aniane, fut approuvée par la mère de Guillem et du seigneur de Montpellier (H. G. L. T., IV, p. 383).

Les deux frères firent le voyage de la Terre-Sainte, en 1129. Ils étaient de retour en janvier 1130, suivant la manière de compter d’aujourd’hui, car alors encore l’année commençait à Pâques. Guillem d’Aumelas assista à son arrivée, au contrat de mariage entre son vassal Arnaud d’Aumelas et Sibylle, fille de Pierre Obilion et parente de l’évêque de Lodève, Pierre de Raynon (Raymond) ; Guillaume Raynon du Caylar et la plus grande partie des chevaliers de Mauguio (Melgueil) furent présent (H. G. L. T., IV, p. 43). Quelques mois après, Guillem acheta à Elzéard de Castries et à Agnès, sa femme, au prix de 700 sols melg., la plus grande partie de Vendémian et des terre au Pouget, mais 1130. Il concourut à la fondation de l’abbaye de Valmagne, en 1138, avec le vicomte de Béziers, Trencavel, et plusieurs autres seigneurs, en se dessaisissant du terrain de Tortoreire, sis dans la grande vallée, Vallis Magna (H. G. L. T., IV, p. 427).

Guillem d’Ermessinde, pendant ce temps agrandissait son domaine. Il accepta, en 1138, des portions des châteaux de Gignac, de Montpeyroux et de Pignan, qu’il bailla à fief (d’Aigref., p. 45). Il acquit en outre en 1140, au prix de 10 000 sols melg. Le château de Paulhan, qui était venu des Trencavel aux comtes de Mauguio (Melgueil), et se trouvait actuellement possédé par Béatrix, héritière de Bernard, son père, et par le comte de Provence, Raymond Béranger, son premier mari. Il en conserva le domaine utile. Mais étant à court d’argent, en 1142, pendant la révolte des habitants de Montpellier, il emprunta à Aymery, seigneur de Clermont, la somme de 8 500 sols melg. Et 30 marcs d’argent (à 46 sols le marc), et lui engagea sa terre de Paulhan (Mém. Des Nob. Doc. DXL. P. 722).

Dans les murs de Paulhan il y avait une église dépendante du château seigneurial. Son vocable, Sainte-Croix, nous fait penser au culte particulier de Guillem VI pour la vraie Croix. Il en avait rapporté un fragment considérable de la Palestine, et avait bâti en son honneur une église sur la Canourgue à Montpellier. Quand il dut se retirer à Grand-Selve, il se munit d’une partie de ce trésor pour en doter, et l’abbaye, et deux monastères qu’il fonda, en 1150, en Espagne, dans le lieu de Vallaure, auxquels il donna le nom de Santas Creuz et qu’il gouverna avec le titre d’abbé, bien qu’il ne fut pas entré dans la cléricature. L’église actuelle de Paulhan tire son nom de l’ancienne chapelle intra muros, qui pourrait bien avoir tenu de Guillem VI, seigneur de Paulhan.

Avant d’aller ensevelir sa gloire à Grand-Selve, le seigneur de Montpellier distribua ses biens à ses enfants. En vertu du testament paternel du 3 des ides de décembre 1146, le fils aîné de Guillem VI eut la seigneurie de Montpellier ; Guy son cinquième fils, hérita de Paulhan et du Pouget. Guillem sortit du monastère, en 1161, pour mettre la paix entre le seigneur de Montpellier et celui de Paulhan que des questions d’intérêts divisaient. Peu, après, ce grand homme, honneur de sa race et la gloire de Montpellier, mourut dans le cloître, avec la réputation d’un si parfait religieux que son nom figura au catalogue des saints de l’ordre de Citeaux. (H. G. L. T., IV, passim ; - voir la remarquab le Vie de B. Guillem VI par l’abbé Maurel).

Guy Guerrejat ou le Batailleur fut seigneur de Paulhan et du Pouget

, de 1146 à 1177. Il se fit estimer par sa valeur militaire, qui data de ses plus jeunes ans, et par la sagesse qu’il montra dans les affaires auxquelles il fut mêlé. En effet , encore enfant, il avait suivi son père dans ses expéditions contre les Sarrasins, et plus tard il fut souvent pris pour arbitre par les rois et les seigneurs. C’est lui qui organisa la ligue célèbre, dont parle l’Histoire du Languedoc, contre le comte de Toulouse, qui élevait des prétentions sur la vicomté de Narbonne, et voulait imposer sa juridiction à tous les lieux de la province. Guy fit jurer aux seigneurs de Montpellier, Béziers et de Narbonne, de prendre les armes et de ne les déposer qu’après le succès. Unis par les liens du sang, ils allaient combattre pour une cause commune. Le seigneur de Paulhan aurait mené cette affaire à bonne fin, si la mort n’était venue, non pas de la surprendre, mais l’arrêter au milieu des préparatifs de la guerre. Guy donna à Paulhan à son neveu Burgondion et voulut être enseveli dans l’abbaye de Valmagne, qu’il substitua à Burgondion à défaut d’héritiers, et à laquelle il confirma la donation des moulins de Paulhan qu’il lui avait été faite. Ces moulins avaient été construits, vers l’an 1080, par la comtesse Etiennette de Bigorre. Guy les avait rachetés des seigneurs de Clermont (H. G. L. T., IV, passim).

Guillem d’Aumelas maria, en 1150, sa fille aînée, Tiburge, à Aymard de Murviel (Béziers),

en stipulant que les biens qu’il donnait en dot à celle-ci passeraient à ses enfants, et qu’a leur défaut ils lui retourneraient. Or, il accordait à sa fille tout ce qu’il possédait dans le Narbonnais et dans le lieu de Cournonsec. Il donna sa seconde fille à un seigneur provençal appelé de Mornas. En 1155, le sieur d’Aumelas fit son testament.

 

Raimbaud, son fils qui devait prendre le nom d’Orange, à cause de sa mère Tiburge d’Orange, héritait du château d’Aumelas avec ses appartenances et ses dépendances, villes, masages, baillies, etc. et de plus, des châteaux de Montarnaud, de Popian, du Pouget etc. Il était placé par son père sous la protection de Guillem de Montpellier, fils de Sibylle, lequel était chargé de le faire chevalier. A part sa dot, Tiburge, sœur de Rimbaud et femme d’Aymard, devait recevoir le château de Montbazin, dans le diocèse de Maguelone, et ses fils Sicard et Raymond Aton lui étaient substitués. La seconde fille de Guillem, femme du sieur de Mornas, obtiendrait le château de Murviel, près Montpellier, et toucherait mille sols melg., de son frère, le jour ou il aurait été reçu chevalier. Guillem laissait à sa mère, Ermessinde, la jouissance d’un village. Pierre de Montpeyroux, qui s’était chargé de payer les dettes du sieur d’Aumelas, avait droit à l’usufruit des biens de la succession pendant 13 ans. Enfin, Guillem choisissait sa sépulture dans le monastère d’Aniane, auquel il confirmait la donation du domaine de Flex, faite par son frère Bernard. Guillem mourut, au mois de mai 1155 (H. G. L. T., IV, p. 164).


 




III

Raimbaud d’Orange

 

Raimbaud d’Orange n’était que le fils puîné de Guillem d’Aumelas. Son frère aîné s’était établit dans le comté d’Orange qui lui était échu. Une partie du comté était cependant revenue à Raimbaud, après la mort de Tiburge, leur mère, en 1150. Malgré l’étendue de son domaine, le seigneur d’Aumelas vit ses affaires fort dérangées en 1168 ; aussi fut-il obliger d’engager ses biens, une première fois à Guillem de Montpellier, son cousin pour une somme de 4000 sols melg., qu’il lui emprunta. Trois ans après, son beau-frère, Aymard de Murviel, lui prêta la somme de 10 300 sols melg. ; ainsi ses biens furent affectés d’une nouvelle hypothèque. Le seigneur d’Aumelas mourut, vers 1173, sans enfants à Courteson, dans la principauté d’Orange, après avoir partagé ses possessions à ses deux sœurs. La portion d’Orange, qui lui appartenait fut donnée à Tiburge, veuve de Mornas et épouse en seconde noce de Bernard de Baux, dont les descendants trouvèrent le moyen de réunir à leur domaine toute la principauté et se qualifièrent de princes d’Orange par la concession des empereurs d’Allemagne, rois de Provence. Tiburge, femme d’Aymard de Murviel, eut tous les biens de Raimbaud qui étaient dans le Languedoc, y comprise la seigneurie d’Aumelas. Raimbaud figura avec honneur parmi les poètes provencaux : Jean de Nostradamus a cité « le seigneur de Courteson, bon chevalier, vaillant aux armes et bien estimé dans la poèsie provençale (H. G. L. T., IV, p. 165). »





IV

Tiburge de Murviel


Tiburge de Murviel jouit peu de temps de la seigneurie d’Aumelas ; elle eut pour successeur son fils Raymond-Aton, comme il avait été réglé par Raimbaud.


 


V

Raymond-Aton


Raymond-Aton, mari de Foy, fille de Pierre d’Albaron, était en possession d’Aumelas en 1187. Il donna, cette année, à titre d’alleu, à Guillem VIII de Montpellier et à ses successeurs Aumelas et ses dépendances, le Pouget, Montarnaud, Cournonsec, Montbazin, avec tout ce qu’il avait à Popian,

à Saint-Pons-de-Mauchiens, à Pignan, à Mireval, à Villeneuve, à Saint Pargoire, à Adissan, à Plaissan, à Abeilhan, à Vendémian, à Saint-Amans-de-Teulet, à Sainte-Bauzille, à Carcarés, à Saint-Etienne-de-Prunet, à Saint-Georges, à Murviel de Montpellier et généralement tout ce qu’il possédait depuis la rivière de l’Hérault jusqu'à celle de la Mousson, et à partir du pont d’Aniane jusqu'à la Méditerranée, consistant en fiefs, hommes et femmes, châteaux, villes, masages, fortifications, maisons, hôtellerie, champs, devoirs, jardins, justices, seigneuries directes, dominations, baillies, etc. Guillem lui vendit le tout en fief, et il y ajouta le château de Paulhan qu’il tenait de la succession de Burgondion, héritier de Guy de Guerrejat depuis l’accord qu’il avait fait, en 1183, avec Adélaïs de Conas, veuve de Burgondion et mère de Burgondiose, décédée en bas-âge. Il lui donna aussi en fief les terres qui lui appartenaient au-delà de l’Hérault jusqu’aux limites du Fontès, et celles dont il jouissait au Pouget et à Vendémian. Il lui céda encore une hypothèque de 5 000 sols melg., sur les forts de la vallée de Cavaillon. Il se réserva toutefois de reprendre, quand bon lui semblerait, tous les châteaux érigés en fiefs, autres que ceux d’Aumelas, de Popian et Cournonsec. Raymond-Aton promit de secourir Guillem, en cas de guerre, et s’engagea à reconnaître, tant lui que ses successeurs, à perpétuité, les seigneurs de Montpellier, comme suzerains, à la condition que ces derniers ne détacheraient jamais lesdits fiefs de leur seigneurie. L’acte fût passé et l’hommage fut rendu, le jours des calendes de juillet de l’an 1187 (H. G. L. T., V, p. 534). Le seigneur d’Aumelas mourut bientôt après ; il ne laissait que deux filles, Tiburge et Sybille, qui furent placées sous la tutelle de l’aïeul Aymard de Murviel.





VI

Les Filles de Raymond-Aton


Guillem VIII, seigneur de Montpellier, convoita la main de Tiburge, fille aînée de Raymond-Aton pour le premier fils qu’il avait eu d’Agnès d’Aragon après avoir répudié Eudoxe de Constantinople, son épouse légitime. Son ambition était de placer sur la tête de ce fils la souveraineté de ce pays. Dans ce but, il eut une entrevue à Maguelone, en juin 1191, avec Aymard de Murviel, et un projet de mariage fut agréé de part et d’autre. Aymard offrit de remettre à sa pupille tous les biens de son père et de son aïeul paternel ; le château de Paulhan fut compris dans la dot. Il fut même convenu que, si Tiburge venait à mourir avant le mariage, Sybille serait mise en son lieu et place ; et réciproquement, quà défaut du fils aîné de Guillem, Tiburge pourrait réclamer le fils puîné du seigneur de Montpellier. Pour assurer le résultat de cette entrevue, on s’engagea des deux côtés à payer une forte somme, si la parole donnée était violée. Le mariage cependant ne se fit pas, Tiburge ayant donné pour motif de son refus d’épouser le fils de Guillem l’empêchement de parenté qui existait entr’eux. Au fond, elle du sentir, quand elle eut atteint l’âge nubile, une vive répugnance pour celui qui, au su de tous, était le fruit de l’adultère. Ainsi le seigneur de Montpellier fut forcé de renoncer à l’union qu’il avait tant désirée pour son fils ; mais il n’abandonna pas le dessein qu’il avait formé d’acquérir le domaine de Raymond-Aton.

Sur sa demande, et pour des motifs personnels aux filles de Raymond-Aton que nous ferons connaître, le château d’Aumelas avec toutes ses dépendances, et aussi le château de Paulhan, lui furent vendus au mois d’août 1197, en présence de Raymond de Montpellier, évêque d’Adge, et d’autres personnages ecclésiastiques et chevaliers réunis sur le bord de l’Hérault. Tiburge et sa sœur déclarèrent : « qu’étant parvenues à l’âge de la majorité, elles choisissaient, de l’avis de leurs parents et de leurs amis, entr’autres Etienne de Servian et Raymond, leur oncle. Pons et Frotard, fils de Pons, seigneur d’Olargues, pour leurs maris. Et comme, ajoutèrent-elles, nous souhaitons avoir de l’argent comptant en dot, nous vendons, tant pour cette raison que pour avoir de quoi payer les dettes et charges de l’hérédité de Raymond-Aton, notre père, et de Foy, notre mère, à vous Guillem de Montpellier, le château d’Aumelas, avec les autres domaines déjà spécifiés, lesquels sont situés dans les diocèses de Maguelone, d’Adge, de Béziers et de Lodève, pour la somme de 77 000 sols melg., dont nous vous marquerons l’emploi (H. G. L. T., V, p.17). » Elles réservèrent le château de Murviel (Montpellier), qui avait appartenu à leur aïeul maternel.





VII

Guillem VIII de Montpellier


Guillem VIII n’était pas seulement le suzerain du pays d’Aumelas ; il avait acquis tout le domaine utile qu’avaient possédé Raymond-Aton et ses filles. Il ne tarda pas à faire acte de seigneur et de propriétaire. Le 7 février 1197, c’est-à-dire quelques mois après son acquisition, il donna au monastère de Cassan (près Roujan), fondé en 1080, la métairie de Martinsac et les terrains qui s’étendaient depuis la rivière de Rouvièges jusqu’au Plan-Majou et à Leuzière, avec le droit de dépaissance pour les troupeaux sur le Causse et dans le terminal d’Aumelas, le tout en libre et franc alleu, c’est-à-dire en se réservant l’hommage seul. Il autorisa, en outre l’abbé à faire exploiter les terres incultes du Plan-Majou, moyennant la 6ème partie des fruits, comme droit d’agréer. Pons de l’Estang, de Stagno, probablement de Lestang du Pouget, s’engagea, en retour, à ne rien aliéner sans avoir pris conseil du seigneur Guillem, et à lui payer le droit de lods en cas de vente.

La 4ème partie du château du Pouget et le lieu de Tressan furent achetés par Guillem, au prix de 2 500 melg. Il les rendit aussitôt en fief à Raymond de Castries qu ils lui avaient vendus, en lui donnant l’assurance qu’ils ne seraient jamais soustraits à la suzeraineté de Montpellier. Raymond prit l’engagement de rendre l’hommage et le service militaire, quand il en serait requis, et celui de remettre son château, sauf les meubles et les armes, lorsqu’on le lui réclamerait ; il avait présenté l’autorisation de vendre, à lui donnée par son père, Raymond, et par sa mère, Ermessinde, pour assurer l’effet de la transaction.

On ne saurait contester à Guillem VIII de grandes qualités. Il gagna l’amour de ses peuples par la douceur de son gouvernement et par l’intérêt qu’il portait tant à la sûreté de sa ville de Montpellier, dont il fit rebâtir les murailles avec le concours de ses huit consuls, qu’à la prospérité de ses villages et châteaux. « Il paraissait même, dit le docteur Alain de Lisle, parmi les princes de l’époque, spécialement revêtu des armes de la Foi , dont il était le fils et le défenseur… ; l’élévation de son esprit égalait celle de sa naissance et de sa dignité (H. G. L. T., V, p.63). »

Malheureusement l’éclat de ses qualités est affaibli par ses procédés envers l’Impératrice, sa vraie femme, et envers Marie, sa fille légitime : il ne se contenta pas de chasser Eudoxe, pour la remplacer par une femme étrangère, afin disait-il d’atténuer ses torts, d’avoir des enfants mâles ; il déshérita sa fille par les moyens les plus iniques. Le pacte matrimonial conclu avec la première épouse portait que le premier enfant qui naîtrait d’elle devait hériter de Montpellier et de ses dépendances. Marie, l’unique fruit de l’union de Guillem avec Eudoxe, fut sacrifiée aux intérêts des fils illégitimes d’Agnès. Par les manœuvres indignes de son père, elle fut forcée de renoncer à tous ses droits et à reconnaître ceux qu’à son préjudice on attribuait aux enfants d’un lit criminel.

Guillem, pour se débarrasser d’elle et du remords que sa présence lui causait, la maria successivement à Barral, vicomte de Marseille, et à Bernard de Comminges. Mais il lui restait à faire légitimer ses fils adultérins. Il croyait y parvenir, grâce aux services qu’il avait rendus à l’Eglise en combattant les hérétiques. Il comptait néanmoins sans la fermeté du pape, qui répondit à sa requête par une fin de non recevoir, en prétextant la nécessité de plus amples informations. Pendant ce temps, Guillem fut surpris par la maladie ; il se hâta de disposer de tous ses biens en faveur de sa seconde famille. Il donna en particulier à Thomas, l’un de ses fils, le château de Paulhan avec les droits de viguerie qu’il avait rachetés, au mois de mai, des mains d’Adalaïs, nièce de Giraud, et mourut le 9 novembre 1202 (H. G. L. T., V, p.62).



 

VIII

Marie de Montpellier


Les droits de Marie, fille de Guillem VIII, à la seigneurie de Montpellier, étaient incontestables. Nul ne semblait plus intéressé que le sire de Comminges à les faire respecter ; mais il était dégoûté de sa femme et cherchait à rompre les liens de son mariage. Le roi d’Aragon, qui travaillait à acquérir des terres en France, comprit qu’il lui était possible d’avoir celle de Montpellier en obtenant la main de Marie, que le sieur de Comminges lui passerait bien volontiers. En effet, à peine lui eut-il manifesté ses intentions, que celui-ci s’empressa de faire déclarer son mariage nul pour cause de parenté, d’affinité et de lien existant entre lui et Béatrix de Bigorre, sa première femme, encore en vie. Marie redevenue libre, épousa le roi d’Aragon, « se constituant en dot toute hérédité de son père, 1204 ».

De concert avec son épouse, Pierre d’Aragon se mit à exercer ses droits de seigneur de Montpellier et d’Aumelas. Pierre de Ganges était alors maître de la moitié de Popian, tandis que l’autre moitié appartenait à la seigneurie de Montpellier. Pour avoir la protection des seigneurs de cette ville, présents et à venir, Pierre de Ganges leur fit don, en alleu de sa portion de Popian, et Pierre d’Aragon lui remit le tout en fief, avec la promesse qu’il ne serait séparé de sa seigneurie, ni par lui ni par ses successeurs.

Dans le contrat de mariage, Pierre d’Aragon et Marie de Montpellier avaient réglé que l’enfant auquel ils donneraient le jour, hériterait de tous les biens de la seigneurie française. Cet enfant tardait à paraître, et le roi, qui n’avait apporté dans son union avec la fille des Guillems qu’une passion d’intérêt, sentait de jour en jour une aversion plus marquée. Ils se séparèrent. Après de longs jours, il y eut entre eux un rapprochement, et un fils vint au monde en 1208. La paix et le bonheur ne régnèrent pas cependant longtemps au foyer conjugal. Marie n’eut pas seulement la douleur de se savoir abandonner de nouveau par son mari, elle vit son époux se ranger parmi ses ennemis et encourager leurs prétentions qui subsistaient toujours ; nous voulons parler des enfants d’Agnès. Pierre alla plus loin, il demanda qu’on annulât son mariage. La malheureuse femme, confiante dans la justice de sa cause, se rendit à Rome, auprès du pape, pour défendre ses intérêts et ceux de son fils, en faisant reconnaître son mariage comme valide et déclarer les enfants d’Agnès illégitimes. Elle obtint justice pleine et entière. Mais la sainte reine (on la désignait ainsi) ne put survivre aux émotions qu’elle avait éprouvées ; elle mourut à Rome et fut ensevelie à Saint-Pierre, où l’on voit encore son tombeau (avril 1213). Quelques mois après, Pierre tombait en héros sur le champ de bataille de Muret. Il avait pris les armes contre Simon de Montfort, chef de la croisade dirigée contre les Albigeois, poussé uniquement, dit-on par le dévouement qu’il avait pour ses deux sœurs, épouses des comtes de Toulouse, qui étaient alors attaqués pour crime d’hérésie et regardés comme fauteurs de désordre dans l’Etat.

L’enfant qui devait hériter de la seigneurie de Montpellier était entre les mains de Simon de Montfort. Pierre lui avait remis son fils Jacques, à titre d’otage. Jacques était la garantie d’un traité survenu précédemment entre le roi d’Aragon et le chef de la croisade.


* Histoire de la Vicomté d'Aumelas et la Baronnie du Pouget
-   Abbé A. Delouvrier. p. 25-40,Montpellier, imprimerie Grollier père 1896 In-8°, XI 350 p.

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 10:17

Cérémonie de remise des lunettes de La Fayette à la délégation américaine en 1891à Paris par Octave d'Assailly; cette paires de lunettes avaient été offertes par G. Washington à La Fayette :

 washinghton.jpg

http://www.antiquespectacles.com/topics/people/people_present.htm

 

George Washington ( 1732-1799) – given to General Lafayette (1757-1834)

These were given to Whitelaw Reid of the American Legation in Paris by Count Octave d'Assailly in 1891.  d'Assailly said that they had belonged to George Washington and were given by Washington to d'Assailly's great-grandfather, Lafayette.  The glasses were passed to the State Department in 1892 and eventually transferred to the Smithsonian in 1921. 

 Silver and mother-of-pearl scissors-glasses. There is no maker’s mark.

 There is a small silver shield engraved, "Washington" on the front of the ivory handle, The case was apparently made by Lafayette at a later date.

 Voir également la reconstruction en cours de l'Hermione qui permis en 1780 au Général de La Fayette de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

Autres articles sur la ville de Niort :

    Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,


 Liens annuaires blogs référencements : 


http://www.les-blogs.info/gestion/in.php?url_id=391" target="_blank">Les-Blogs.info : Annuaire et Guide de Blogs !

<a href="http://www.net-annuaire.com"><img src="http://www.net-annuaire.com/images/logo.gif" alt="annuaire, musique" border="0"></a>

http://www.referencement-automatique.net
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http://www.refauto.com

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http://www.refrapide.com 
 

  

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