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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 18:29
 
 
 
 
Le parc nucléaire français à l'ère du numérique - L'EnerGeek
 
 

La commission d’enquête parlementaire sur les raisons de la perte d’indépendance et de souveraineté énergétique de la France poursuit ses auditions : après celle d’Yves Bréchet, haut commissaire à l’énergie atomique et membre de l’Académie des sciences, qui avait très vigoureusement dénoncé les errements de l’État en matière énergétique et, surtout, la décision insensée, aberrante scientifiquement, d’abandonner le nucléaire au profit d’énergies aléatoires, c’est au tour d’Henri Proglio d’expliquer les fautes majeures des gouvernements français de ces quinze dernières années en matière de choix stratégiques, de politiques énergétique et industrielle.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela secoue ! Henri Proglio, ancien président d’EDF de 2009 à 2014, raconte pendant plusieurs heures comment EDF a été littéralement saccagé au profit d’intérêts politiques et, surtout, au détriment de la France.

EDF, dit-il, était en 2009 un outil industriel florissant, c’était l’entreprise préférée des Français, le premier opérateur européen de l’électricité. « Lors de sa création en 45, le gouvernement considérait que l’électricité était un élément essentiel de l’économie et qu’on devait donc la considérer comme stratégique », raconte-t-il. « Au vu du peu de ressources naturelles de la France (charbon, gaz), le gouvernement s’est lancé trois défis : indépendance énergétique, compétitivité du territoire, et le défi du service public de l’électricité. Défi adossé à un choix technologique clair, l’hydraulique et le nucléaire. »

Le parc nucléaire fournit alors 75 à 80 % de l’énergie en France, l’hydraulique 12 à 15 %. Henri Proglio explique que sur ces bases solides et extrêmement avantageuses pour notre pays, on pouvait envisager de réserver une portion congrue aux énergies renouvelables qui sont, rappelle-t-il, intermittentes, pas utiles en période de pointe et qu’on ne peut stocker : il faudra encore 20 à 25 ans de recherche pour trouver comment stocker l’énergie produite par les renouvelables… « L’injection du renouvelable dans le système impose une flexibilité au nucléaire qu’il n’a pas spontanément », ajoute-t-il. Pour lui, « la France n’est pas un pays dans lequel le renouvelable a une place considérable à prendre ». Vertigineux.

Puis tout a dérapé avec la décision « prise au doigt mouillé » de la politique du mix énergétique, avec la part du nucléaire réduite à 50 %.

De plus, comme l’explique brillamment Géraldine Woessner, dans une chronique sur Europe 1, « en 2010, Jean-Louis Borloo fait voter cette loi qui oblige la France à vendre à prix cassé un quart de sa production nucléaire à ses concurrents, qui vont s’enrichir sans rien faire au détriment des Français dont la facture augmente pour compenser la perte. Ça va plomber pendant douze ans les capacités d’investissement d’EDF. »

 

Pourquoi ces choix politiques désastreux qui s’apparentent à de la haute trahison ?

Cette situation florissante et de quasi-monopole européen d’EDF ne plaît pas à Bruxelles, obsédée par la concurrence et dont les choix ou diktats sont presque toujours d’origine allemande. En effet, le problème vient d’Allemagne, de la faillite de sa transition énergétique et des conséquences de celle-ci sur l’industrie allemande : « Les énergéticiens allemands étaient à la ramasse totale et l’Allemagne était totalement vulnérable en matière énergétique. Comment voulez-vous que ce pays, qui a fondé sa richesse, son efficacité et sa fiabilité sur son industrie, accepte que la France dispose d’un outil compétitif aussi puissant qu’EDF à sa porte ? L’obsession allemande depuis trente ans, c’est la désintégration d’EDF. Ils ont réussi. » Puis Henri Proglio porte l’estocade : « Il n’y a qu’en France qu’on parle du couple franco-allemand, on n’en parle jamais en Allemagne […] on n’a rien négocié contre le sacrifice d’EDF, je n’ai pas connaissance de contreparties qu’on ait obtenues. »

Ajoutons que l’intérêt bassement politique et électoral de François Hollande en 2012 le pousse à négocier avec les Verts et à leur promettre la fermeture de 28 réacteurs nucléaires, politique poursuivie et aggravée par Emmanuel Macron.

Sciemment, ils ont cloué le cercueil de la puissance et surtout de l’indépendance énergétique française au profit d’intérêts adverses – l’Allemagne – ou supranationaux - l’Europe.

Et la guerre en Ukraine ne fait que révéler cette faiblesse structurelle de la France, elle n’est en rien la cause de nos problèmes d’approvisionnement en électricité, elle en est juste le révélateur. Alors que, comme le dit rageusement Henri Proglio, la France était exportatrice nette d’électricité en 2009.

Au fait, une dernière question à nos dirigeants : « Pourquoi la France ne prend pas l’initiative, comme l’Espagne et le Portugal, de sortir du marché européen de l’énergie ? »

Que retenir de ces différentes auditions, toutes plus explosives les unes que les autres ? Incompétence, inconséquence, idéologie, trahison ? Nos dirigeants politiques ont atteint des sommets. En cochant toutes les cases.

 
 
 
 
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