Acte royal de Charles III le Simple daté du 14 juin 899, concernant Étienne (Stephanus) et son épouse Anne (Anna).
La source numérique de référence est CARo – Actes royaux des rois de France du Moyen Âge. Elle indique :
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Date : 14 juin 899
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Lieu : Tours-sur-Marne
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Roi : Charles III le Simple
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Bénéficiaires : Étienne et sa femme Anne
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Objet : confirmation en pleine propriété, à titre d’alleu, de leurs biens dans les comtés de Narbonne, Roussillon, Ampurias et Besalú, ainsi que des biens qu’ils pourraient acquérir ultérieurement.
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Référence : Philippe Lauer, Recueil des actes de Charles III le Simple, vol. I, n° 27. (Caro)
C'est important : l'original du diplôme est aujourd'hui perdu. CARo précise qu'il existait encore un original sur parchemin aux archives de l'abbaye de La Grasse, mais que le texte nous est parvenu par une copie de 1668, réalisée par Gratian Capot d'après cet original. (Caro)
Diplôme de Charles III, 14 juin 899 — CARo, acte n° 27
Le passage final donne notamment :
Signum Karoli (Monogramma) gloriosissimi regis.
Heriveus notarius ad vicem Folconis recognovit. (Caro)
Si par « Stéphane et Anna original en ligne » vous cherchez une image/scannage de la copie ancienne de 1668, plutôt que la transcription moderne, je peux aussi rechercher le manuscrit de la Collection Doat, vol. 66, fol. 103, et voir s'il est numérisé.
Charles III, à la requête de sa mère Adélaïde et à la prière d'Arnust, archevêque de Narbonne, accorde à son fidèle Étienne et à la femme de celui-ci, Anne, de tenir en pleine propriété, à titre d'alleu, tous les biens qu'ils détiennent ou ont achetés dans les comtés de Narbonne, Roussillon, Ampurias, Besalú, et leur confirme à l'avance la propriété des biens qu'ils achèteront par chartes dans les mêmes régions.
Référence : Philippe Lauer (éd.), Recueil des actes de Charles III le Simple, roi de France (893-923), Vol. 1, Paris, 1940, no27.
A. Original perdu.
B. Copie de l'an 1668, par Gratian Capot, greffier du président Doat, Bibliothèque nationale, Collection Doat, vol. 66, fol. 103, « d'après l'original en parchemin trouvé aux archives de l'abbaye de La Grasse ».
a. Martène et Durand, Thesaurus anecdotorum, t. I, col. 58 « ex archivis domini archiepiscopi Narbonensis ».
b. Dom de Vic et Dom Vaissète, Histoire de Languedoc, t. II, preuves, col. 40, d'après les « Archives de l'église de Narbonne et Martène » ; nouv. édit., t. V, col. 106, n° xxv.
c. Recueil des historiens de la France, t. IX, p. 483, n° xvi, d'après a.
Indiqué : Georgisch, Regesta chronologico-diplomatica, t. I, col. 178.
Indiqué : Böhmer, Regesta Karolorum, n° 1909.
Texte établi d'après Ba.
In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Karolus divina propitiante clementia rex. Regiae celsitudinis mos est fideles regni sui donis multiplicibus et honoribus ingentibus honorare sublimesque efficere. Proinde ergo nos morem parentum nostrorum et ceterorum regum praedecessorum nostrorum imitabilem exequentes actionem, placuit celsitudini nostrae, interveniente venerabili genitrice nostra Adheleide, ad deprecationemque venerandi archiepiscopi sanctae Narbonensis ecclesiae Arnusti, cuidam fideli nostro nomine Stephano, quasdam res in jure proprietatis suae largire, et nostra liberalitate in alodem perpetualiter habendum concedere. Quae siquidem res sunt sitae in pago Narbonensi, hoc est : villare quod dicitur Donas cum omnibus suis appenditiis et ecclesia sancti Pauli ibidem sita ; et in eodem pago, de villa Liciniano cum finibus et adjacentiis ac villaribus ab omni integritate quartam partem una cum ecclesiis ibidem sitis in honore sancti Nazarii et sancti Felicis ; et in eodem pago, villa Manazeto, quam vocant Caput monte cum finibus et adjacentiis suis et ecclesia sancti Juliani ; et in eodem pago, in villa Plumbiaco, salinas quas parentes ipsius ibidem tenuerunt ; et in eodem pago alium villare, quod dicitur Monte Auriolo, cum omnibus adjacentiis suis ; et in eodem pago villa Morarius, quae vocatur Rexaco, cum omnibus finibus et adjacentiis suis, et ecclesia sancti Bartholomaei ; in ipso pago, in villa quae dicitur Ederas vel quantacumque infra suum terminum visus est possidere ; in eodem pago, in villa quae dicitur Berizam et in villare quod dicitur Prato omne quicquid ibidem retinet ; et in eodem pago, in suburbio Minerbense, villa quae dicitur Fellinas, quantum ibi retinet ex comparatione ; et in comitatu Russilionensi villa Tordarias cum suis villaribus et finibus atque adjacentiis earum, et ecclesia sancti Martini ibidem sita, et in terra sancti Petri, et in villa Ulmis, et in villa Lauresono, quantum ibidem retinet ; et in eodem pago, villare quod dicitur Palatiolo cum finibus et adjacentiis suis ; et infra terminum villae Helnae, quantum ex comparatione retinet ; et in eodem pago, villa Peciliano cum suis villaribus, finibus et adjacentiis, et ecclesia sancti Saturnini et sancti Felicis, vel quaecumque ibidem retinet ex comparatione, et villa quae dicitur Verneto cum finibus et adjacentiis suis, et ecclesia sancti Christophori ; et in eodem pago, villa quae dicitur Codincus cum omnibus adjacentiis suis et ecclesia ibidem sita ; et in eodem pago, villa quae dicitur Tezano cum suis villaribus, id est Anglares et Salellas, cum finibus et adjacentiis earum, et ecclesia sancti Petri ; et in eodem pago, villare quod dicitur Lotas, cum omni integritate ; et in eodem pago, Frontotedeso villare, quod dicitur Centernaco, cum omni integritate ; et in comitatu Empuritanense, villa Uliastreto cum villaribus, Velloso Castellare cum omnibus finibus suis et ecclesiis sancti Petri et sancti Johannis ; et in eodem pago villare quod dicitur Cadinus, et vocatur Cabannas, cum finibus suis et ecclesiis ab omni integritate ; et in comitatu Bisuldunense villa quae dicitur Romagnano cum suis finibus et adjacentiis, et ecclesia ibidem sita in honore sancti Amaterii ; et in comitatu Narbonense villa quae dicitur Tecanella cum omnibus finibus et adjacentiis suis. In his ergo pagis et territoriis omnibus quae supra scripta sunt vel quae ad haec pertinent ea quae praefatus Stephanus vel uxor ejus Anna per strumenta emptionis acquisierunt, aut quae deinceps obtinere potuerint, per nostrae donationis seu confirmationis praeceptum memorato Stephano perpetua firmitate possidenda concedimus, per quod praecipientes jubemus ut absque alicujus inquietudine vel contradictione teneat, habeat, vel quidquid exinde agere voluerit liberam in omnibus habeat potestatem faciendi. Et ut haec nostrae largitionis seu confirmationis praeceptio nostris futurisque temporibus majorem, in Dei nomine, obtineat soliditatis vigorem, manu propria subter eam firmavimus et anuli nostri impressione sigillari jussimus.
Signum Karoli (Monogramma) gloriosissimi regis.
Heriveus notarius ad vicem Folconis recognovit.
Datum XVIII. kalendas julii, indictione II., anno VII. regnante serenissimo Karolo. Actum apud Turnum. In Dei nomine feliciter. Amen.
Au nom de la Sainte et indivisible Trinité. Charles, par la divine miséricorde, roi. Il est de coutume pour Sa Majesté d'honorer et d'exalter les fidèles de Son royaume par de multiples dons et d'immenses honneurs. C'est pourquoi, suivant la coutume de nos parents et des autres rois qui nous ont précédés, dans un acte digne d'être imité, il a plu à Notre Altesse, avec l'intervention de notre vénérable mère Adélaïde, et à la demande du vénérable archevêque de la sainte église de Narbonne, Arnus, d'accorder à un certain fidèle nommé Étienne certaines choses en droit de propriété, et de les lui accorder en possession perpétuelle par Notre générosité. Ces choses sont situées dans le village de Narbonne, à savoir : la villa appelée Donas avec toutes ses dépendances et l'église Saint-Paul qui s'y trouve ; et dans le même village, un quart de la villa de Liciniano avec ses limites et ses dépendances, ainsi que les villas qui s'y trouvent dans toute leur intégrité, avec les églises qui s'y trouvent en l'honneur de Saint Nazaréen et de Saint Félix ; et dans le même village, la villa de Manazeto, qu'ils appellent Caput Monte, avec ses limites et dépendances, et l'église Saint-Julien ; et dans le même village, dans la villa de Plumbiaco, les mines de sel que ses parents y possédaient ; et dans le même village, une autre villa appelée Monte Auriolo, avec toutes ses dépendances ; et dans le même village, la villa de Morarius, appelée Rexaco, avec toutes ses limites et dépendances, et l'église Saint-Barthélemy ; dans le même village, dans la villa appelée Ederas, ou du moins ce qu'il possédait à l'intérieur de ses limites ; dans le même village, dans la villa appelée Berizam et dans la villa appelée Prato, tout ce qu'il y conservait ; et dans le même village, dans le faubourg de Minerben, la villa appelée Fellinas, ou du moins ce qu'il y conservait par comparaison. et dans le comté de Roussillon, la villa de Tordarias avec ses villae, ses limites et leurs contiguïtés, et l'église Saint-Martin qui s'y trouve, et sur le terrain de Saint-Pierre, et dans la villa d'Ulmis, et dans la villa de Laureson, autant qu'il en conserve ; et dans le même village, la villa appelée Palatiolo avec ses limites et ses contiguïtés ; et à l'intérieur des limites de la villa d'Helna, autant qu'elle en conserve par comparaison ; et dans le même village, la villa de Peciliano avec ses villaries, ses limites et ses contiguïtés, et l'église Saint-Saturnin et Saint-Félix, ou ce qu'elle en conserve par comparaison, et la villa appelée Verneto avec ses limites et ses contiguïtés, et l'église Saint-Christophe ; et dans le même village, la villa appelée Codincus avec toutes ses contiguïtés et l'église qui s'y trouve ; et dans le même village, la villa appelée Tezano avec ses villaries, c'est-à-dire Anglares et Salellas, avec leurs limites et leurs contiguïtés, et l'église Saint-Pierre ; et dans le même village, la villa appelée Lotas, avec toute son intégrité ; et dans le même village, la villa de Frontotedeso, appelée Centernaco, avec toute son intégrité ; et dans le comté d'Empuritanense, la villa d'Uliastreto avec ses villaries, Velloso Castellare avec toutes ses limites et les églises Saint-Pierre et Saint-Jean ; et dans le même village et ville appelés Cadinus et Cabannas, avec leurs limites et leurs églises dans toute leur intégrité ; et dans le comté de Bisuldun, la ville appelée Romagnano avec ses limites et ses accolements, et l'église qui s'y trouve en l'honneur de Sainte Amateri ; et dans le comté de Narbonne, la ville appelée Tecanella avec toutes ses limites et ses accolements. Par conséquent, dans tous les villages et territoires susmentionnés ou qui s'y rapportent, acquis par actes d'achat par ledit Étienne ou son épouse Anne, ou qu'ils pourraient acquérir ultérieurement, nous accordons par notre précepte de donation ou de confirmation à ledit Étienne la possession perpétuelle et inaliénable de ces terres. Par ce précepte, nous ordonnons aux bénéficiaires qu'ils puissent y posséder, y détenir et y agir librement, sans aucune contestation ni opposition. Afin que ce précepte de notre générosité ou de notre confirmation acquière une plus grande solidité en notre temps et à l'avenir, au nom de Dieu, nous l'avons confirmé de notre propre main et avons ordonné qu'il soit scellé de l'empreinte de notre anneau. Le signe (monogramme) du très glorieux roi Charles. Heriveus, le notaire, en lieu et place de Falco, l'a reconnu. Donné le 18e calende de juillet, par l'indiction II, en la 7e année du règne du très serein Charles. Fait à Turnum. Au nom de Dieu, avec toute sa grâce. Amen.
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Identification et nature de l’acte
Le texte n’est pas, au sens strict, une donation royale ex nihilo de toutes les terres énumérées. C’est surtout un précepte de confirmation et de garantie :
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Étienne et Anne possèdent déjà les biens, notamment par des instrumenta emptionis, c’est-à-dire des actes écrits d’achat.
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Le roi les reconnaît comme relevant du jus proprietatis du bénéficiaire et les concède à tenir in alodem, donc en pleine propriété allodiale, hors du cadre normal d’un bénéfice précaire ou d’une tenure comtale.
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La confirmation couvre aussi, de manière prospective, les acquisitions futures que le couple pourrait faire dans les mêmes pays.
-
Le bénéficiaire reçoit le droit de « tenir, avoir et faire » librement tout ce qu’il jugera bon avec les biens, sans contestation ni trouble.[caro.huma-num]
Le diplôme est transmis par une tradition indirecte : l’original est perdu ; le texte édité repose notamment sur une copie de 1668, faite d’après un original alors conservé aux archives de l’abbaye de Lagrasse, et sur les anciennes éditions de Martène et Durand, de l’Histoire de Languedoc et du Recueil des historiens de la France.[caro.huma-num]
Inventaire complet des biens
La liste suivante distingue les unités foncières, les fractions de biens, les salines, les dépendances, les églises et les possessions seulement partielles. Les identifications modernes proposées dans cette analyse doivent rester prudentes : plusieurs formes sont médiévales, parfois altérées par les copies, et ne correspondent pas nécessairement à une commune actuelle unique.
En bleu les propriétés communes avec Ansemund et Quixol dans l’énumération de l’acte de vente usufruitière à leurs enfants d’une partie de leurs domaine en 941
|
N° |
Circonscription médiévale |
Désignation latine |
Bien ou droit confirmé |
Étendue juridique indiquée |
Église ou ressource citée |
|---|---|---|---|---|---|
|
1 |
Pagus Narbonensis |
villare Donas |
Le vilar de Donas |
Toutes dépendances |
Saint-Paul |
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2 |
Narbonnais |
villa Liciniano |
Un quart de Liciniano |
Limites, dépendances et vilaria ; un quart seulement de l’ensemble |
Saint-Nazaire et Saint-Félix |
|
3 |
Narbonnais |
villa Manazeto, quam vocant Caput monte |
Manazeto, appelé Caput Monte |
Limites et dépendances |
Saint-Julien |
|
4 |
Narbonnais |
villa Plumbiaco |
Salines tenues par les parents d’Étienne |
Les seules salines héréditaires signalées, non toute la villa |
Mines ou salines de sel |
|
5 |
Narbonnais |
villare Monte Auriolo |
Vilar de Monte Auriolo |
Toutes dépendances |
Aucune église citée |
|
6 |
Narbonnais |
villa Morarius, quae vocatur Rexaco |
Morarius, appelé Rexaco |
Limites et dépendances |
Saint-Barthélemy |
|
7 |
Narbonnais |
villa Ederas |
Ce qu’Étienne paraît posséder dans les limites d’Ederas |
Possession partielle et non quantifiée |
Aucune église citée |
|
8 |
Narbonnais |
villa Berizam |
Tout ce qu’Étienne y retient |
Possession partielle, mais totalité de sa quote-part |
Aucune église citée |
|
9 |
Narbonnais |
villare Prato |
Tout ce qu’Étienne y retient |
Possession partielle, mais totalité de sa quote-part |
Aucune église citée |
|
10 |
Narbonnais, suburbium Minerbense |
villa Fellinas |
Ce qu’Étienne retient par acquisition |
Possession partielle, expressément acquise par achat |
Aucune église citée |
|
11 |
Comté de Roussillon |
villa Tordarias |
Tordarias |
Ses vilaria, limites et dépendances |
Saint-Martin |
|
12 |
Roussillon |
terra sancti Petri |
Biens en « terre de Saint-Pierre » |
Quantité non précisée |
Référence possiblement territoriale ou ecclésiale |
|
13 |
Roussillon |
villa Ulmis |
Ce qu’Étienne y retient |
Possession partielle |
Aucune église citée |
|
14 |
Roussillon |
villa Lauresono |
Ce qu’Étienne y retient |
Possession partielle |
Aucune église citée |
|
15 |
Roussillon |
villare Palatiolo |
Vilar de Palatiolo |
Limites et dépendances |
Aucune église citée |
|
16 |
Roussillon |
villa Helna |
Ce qu’Étienne y possède par acquisition |
Possession partielle issue d’achat |
Aucune église citée |
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17 |
Roussillon |
villa Peciliano |
Peciliano |
Ses vilaria, limites et dépendances ; le texte admet aussi la part tenue par achat |
Saint-Saturnin et Saint-Félix |
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18 |
Roussillon |
villa Verneto |
Verneto |
Limites et dépendances |
Saint-Christophe |
|
19 |
Roussillon |
villa Codincus |
Codincus |
Toutes dépendances |
Église non dédicacée dans le texte |
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20 |
Roussillon |
villa Tezano |
Tezano |
Vilaria, limites et dépendances |
Saint-Pierre |
|
21 |
Roussillon, dépendance de Tezano |
Anglares |
Vilar de Tezano |
Limites et dépendances propres |
Inclus dans l’ensemble de Tezano |
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22 |
Roussillon, dépendance de Tezano |
Salellas |
Vilar de Tezano |
Limites et dépendances propres |
Inclus dans l’ensemble de Tezano |
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23 |
Roussillon |
villare Lotas |
Vilar de Lotas |
Cum omni integritate : dans sa totalité |
Aucune église citée |
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24 |
Roussillon |
Frontotedeso villare, quod dicitur Centernaco |
Frontotedeso, appelé Centernaco |
Dans sa totalité |
Aucune église citée |
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25 |
Comté d’Empúries |
villa Uliastreto |
Uliastret |
Ses vilaria |
Aucune église explicitement attribuée à Uliastret dans la syntaxe du texte |
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26 |
Empúries, dépendance d’Uliastret |
Velloso |
Vilar dépendant |
Toutes limites |
Saint-Pierre et Saint-Jean, avec Castellare |
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27 |
Empúries, dépendance d’Uliastret |
Castellare |
Vilar dépendant |
Toutes limites |
Saint-Pierre et Saint-Jean, avec Velloso |
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28 |
Empúries |
villare Cadinus, et vocatur Cabannas |
Cadinus, appelé Cabannas |
Limites et églises, en pleine intégrité |
Églises non nommées |
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29 |
Comté de Besalú |
villa Romagnano |
Romagnano |
Limites et dépendances |
Sainte-Amatéri / Sainte-Amaterii |
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30 |
Comté de Narbonne |
villa Tecanella |
Tecanella |
Toutes limites et dépendances |
Aucune église citée |
Cette énumération donne donc 30 entrées territoriales ou patrimoniales, si l’on compte séparément les deux vilaria d’Anglares et Salellas et les deux vilaria de Velloso et Castellare. Elle comprend :
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13 ensembles principaux dans le pagus Narbonensis ;
-
13 ensembles principaux ou secondaires en Roussillon ;
-
4 ensembles dans les comtés d’Empúries et de Besalú ;
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auxquels s’ajoutent des droits localisés mais non chiffrés, tels que la terre de Saint-Pierre, les biens d’Ulmis, de Lauresono et d’Helna, ainsi que diverses possessions dites tenues « par acquisition ».[caro.huma-num]
Lecture territoriale
L’acte ne dessine pas un domaine compact. Il révèle au contraire un patrimoine de type réseau, dispersé entre plusieurs circonscriptions de l’ancienne Gothie :
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Zone |
Caractère du patrimoine |
Ce que cela révèle |
|---|---|---|
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Narbonnais |
Vilaria, villae, salines, églises et quotes-parts |
Un ancrage ancien, avec une composante familiale explicite à Plumbiaco et une présence dans le secteur du Minervois |
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Roussillon |
Bloc particulièrement dense de villae et de vilaria |
Une implantation foncière structurée autour de terroirs ruraux, de dépendances et d’églises |
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Empúries |
Uliastret, Velloso, Castellare, Cadinus/Cabannas |
Une extension au sud des Albères, dans l’espace catalan carolingien |
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Besalú |
Romagnano |
Un prolongement vers l’intérieur de la Catalogne ancienne |
|
Narbonnais méridional |
Tecanella |
Une possession supplémentaire, géographiquement distincte de la liste roussillonnaise |
Il faut souligner que pagus, comitatus, villa et villare ne désignent pas des réalités équivalentes :
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Le pagus est ici une grande circonscription territoriale, héritière de cadres tardo-antiques et carolingiens.
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Le comitatus renvoie au ressort comtal : Roussillon, Empúries, Besalú.
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La villa est généralement une unité domaniale et territoriale, qui peut comprendre habitat, terres, dépendances, église, droits d’usage et parfois des établissements secondaires.
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Le villare désigne souvent une unité plus petite, un hameau, une dépendance ou un terroir satellitaire ; il ne faut pas le traduire mécaniquement par « village » au sens communal contemporain.
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Les fines sont les limites territoriales ; les adjacentiae sont les dépendances, terrains attenants, droits ou éléments rattachés à l’unité principale.
L’énumération de plusieurs églises montre que le patrimoine d’Étienne ne se réduit pas à des terres arables. Il comprend également des centres ecclésiaux ruraux, donc potentiellement des droits, revenus, dîmes, dépendances ou prééminences locales associés aux sanctuaires. Le diplôme ne détaille pas la nature exacte des droits sur les églises ; il les inclut néanmoins expressément dans le complexe foncier confirmé.[caro.huma-num]
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Analyse juridique
La formule centrale est décisive : Charles accorde à Étienne les biens « dans son droit de propriété » et les lui concède « à posséder perpétuellement en alleu » (in alodem perpetualiter habendum). Cela signifie que le roi reconnaît et fortifie une propriété que le bénéficiaire prétend déjà détenir, au lieu de lui imposer une tenure révocable.
L’alleu se distingue du bénéfice par son caractère patrimonial : il est susceptible d’être transmis, vendu, échangé ou donné, selon les conditions du droit applicable. Le précepte ajoute une garantie politique et judiciaire contre les entreprises des agents royaux, comtaux ou voisins.
La clause finale est particulièrement remarquable :
les biens acquis par Étienne ou par sa femme Anne au moyen d’actes d’achat, ainsi que ceux qu’ils pourraient acquérir à l’avenir.
Cette formule établit trois points :
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Anne n’est pas une simple épouse mentionnée par convention ; elle est coprotagoniste de la formation patrimoniale.
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Une partie au moins de l’ensemble provient du marché foncier, non d’une concession princière primitive.
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Le roi étend sa protection aux achats futurs du couple, ce qui fonctionne comme une sorte de sauvegarde royale générale sur leur expansion patrimoniale dans les pays énumérés.[caro.huma-num]
La formule ex comparatione ne doit donc pas être comprise comme une « comparaison » au sens moderne : elle signifie par acquisition, par achat ou par échange à titre onéreux. Dans votre traduction, « ce qu’il y conservait par comparaison » doit être corrigé en « ce qu’il y détenait par acquisition » ou « ce qu’il y possédait à la suite d’un achat ».
Le texte distingue soigneusement :
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Les possessions en pleine intégrité : cum omni integritate ;
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Une quote-part précise : le quart de Liciniano ;
-
Les biens que le titulaire « retient » : quantum retinet, omne quicquid retinet ;
-
Les biens acquis : ex comparatione ;
-
Les salines provenant des parents d’Étienne.
Le domaine est donc hétérogène dans son origine et son intensité de possession. Certaines unités sont tenues en totalité ; d’autres ne sont que des droits partiels. La charte n’invente pas cette diversité : elle la conserve volontairement, ce qui renforce la valeur du diplôme comme photographie juridique d’un portefeuille foncier complexe à la fin du IXe siècle.
La clause dispositive ne se contente pas de reconnaître le bien. Elle donne à Étienne la faculté de :
-
posséder ;
-
détenir ;
-
administrer ;
-
accomplir librement les actes qu’il voudra sur les biens.
L’acte cherche ainsi à prévenir les troubles de possession, les revendications concurrentes et les ingérences des autorités locales. Dans les zones de contact entre Septimanie et Catalogne carolingienne, ce type de précepte royal pouvait être particulièrement utile pour sécuriser des droits dispersés et parfois fragiles.
Personnes, pouvoir et transmission
Le roi est Charles III le Simple, roi des Francs occidentaux depuis 893. La date diplomatique — « XVIII des calendes de juillet », indiction II, septième année de règne — correspond au 14 juin 899. Le lieu d’expédition, Turnum, est identifié par l’édition moderne comme Tours-sur-Marne, non comme Tours sur la Loire.[caro.huma-num]
Les personnages agissant dans l’obtention du diplôme sont :
-
Charles III le Simple : autorité concédante et confirmatrice.
-
Adélaïde : mère du roi, dont l’intervention est explicitement invoquée ; elle joue ici un rôle de médiation curiale.
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Arnust / Arnuste : archevêque de Narbonne ; il appuie la requête d’Étienne, ce qui montre le poids de l’Église métropolitaine de Narbonne dans l’accès à la faveur royale.
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Étienne : fidèle du roi, détenteur principal des biens.
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Anne : épouse d’Étienne, copropriétaire ou au minimum coacquéreuse, mentionnée dans la clause de confirmation.
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Heriveus, notaire, agissant ad vicem Folconis : il reconnaît l’acte en remplacement de Falco/Foulques.
Le fait que l’archevêque de Narbonne patronne la demande d’un propriétaire dont les biens sont dispersés sur les deux versants de l’ancienne Septimanie et de la Catalogne montre que l’acte relève d’un espace aristocratique et ecclésial transrégional. Ce n’est pas un simple document local : il relie la cour carolingienne, la métropole narbonnaise, le Roussillon, l’Empordà et Besalú.[caro.huma-num]
Points de méthode
Plusieurs corrections de votre traduction sont importantes pour l’exploitation historique :
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« Village de Narbonne » doit être rendu par pagus de Narbonne ou pays/ressort de Narbonne, non par village.
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« Ville » doit le plus souvent être remplacé par villa, sans assimilation automatique à une ville moderne.
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« Accolements » est une traduction maladroite de adjacentiae ; préférer dépendances, tenants et aboutissants, ou biens attenants, selon le contexte.
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« Comparaison » pour ex comparatione doit être remplacé par acquisition ou achat.
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« Mines de sel » est possible, mais salines est plus sûr pour salinae.
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« Tordarias avec ses villae » doit être compris comme Tordarias avec ses vilaria ou dépendances rurales, et non comme plusieurs villes au sens moderne.
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« L’église Sainte Amateri » doit être conservé sous une forme prudente, par exemple Sainte-Amatéri ou Sainte-Amaterii, car l’identification hagiographique reste à vérifier sur les traditions locales et les variantes manuscrites.
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Le document de 876
La charte est datée du 22 avril 876. La donatrice s’y désigne explicitement :
Anna… filia quondam Alarici vel Rautrudes
soit : « Anna, fille du défunt Alaric et de Rotrude ». Elle donne à :
Radulfo et uxori tue Ridlinde
« Radulf et à ton épouse Ridlinda », un bien situé dans le Roussillon, nommé dans l’édition comme la villa de Covengos. La donation porte plus largement sur une série d’alleux localisés, selon les traditions éditoriales, en Roussillon, Conflent, Besalú et Perapertusès.raco+1
Anna est aussi attestée auparavant, dans un jugement du 18 août 868, avec sa mère Rotrude et son grand-père maternel Bera : cette pièce confirme que la mémoire patrimoniale et la filiation maternelle étaient publiquement reconnues.fmg
Filiations certaines
Le noyau familial directement attesté par les chartes peut être présenté ainsi :
Bera I, comte de Barcelone, et Romella
│
└── Rotrude
× Alaric, comte d’Empúries-Peralada, mort avant 844
│
├── Auréol
│
└── Anna
× Étienne / Stephanus / Esteve,
juge issu d’un milieu vicomtal gothique de Narbonne
│
└── Aton / Ató
Les points les plus solides sont les suivants :
|
Personne |
Lien |
Base documentaire |
|---|---|---|
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Rotrude |
Fille de Bera et de Romella |
Vente de 844/845, où elle se dit fille du défunt Bera et de Romella |
|
Alaric |
Époux de Rotrude, mort avant 844/845 |
Même acte, où Rotrude le désigne comme son défunt mari |
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Auréol |
Fils d’Alaric et Rotrude |
L’acte de 844/845 appelle Alaric son père |
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Anna |
Fille d’Alaric et de Rotrude |
Jugement de 868 et donation de 876 |
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Étienne |
Époux d’Anna |
Confirmation royale de Charles III, en 899 |
|
Aton |
Fils d’Étienne et Anna |
Signalé dans les reconstructions issues de la documentation familiale et vicomtale narbonnaise |
La filiation d’Anna est donc de bon niveau documentaire : elle apparaît comme petite-fille de Bera I par sa mère Rotrude, et comme fille du comte Alaric par son père.raco+1
Ridlinda : hypothèse ou certitude ?
La position de Ridlinda, femme de Radulf, doit être isolée du reste car elle est moins solidement établie.
|
Hypothèse |
Parenté proposée |
Soutiens historiographiques |
Limite principale |
|---|
|
Hypothèse |
Parenté proposée |
Soutiens historiographiques |
Limite principale |
|---|---|---|---|
|
Hypothèse A |
Ridlinda est fille d’Alaric et Rotrude, donc sœur d’Anna |
Ramon d’Abadal ; lecture reprise par plusieurs synthèses ; Cingolani paraît également la rattacher à Rotrude |
La donation de 876 ne dit jamais « ma sœur » ni « ma parente » |
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Hypothèse B |
Ridlinda est une nièce d’Anna, possiblement fille de Bera II |
Pierre Ponsich |
Filiation non prouvée directement |
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Hypothèse C |
Ridlinda n’est pas documentée comme parente d’Anna ; le lien reste indéterminé |
Lecture strictement diplomatique |
Ne rend pas immédiatement compte de la donation d’Anna au couple Radulf–Ridlinda |
L’article de Tura Clarà Vallès insiste à juste titre sur la difficulté : Ridlinda est bien bénéficiaire de la donation, mais l’acte n’énonce pas son ascendance. L’auteur rappelle les positions d’Abadal, qui en faisait une autre fille d’Alaric, de Ponsich, qui la pensait plutôt fille de Bera II, et de Cingolani, qui l’associait à Rotrude. Il conclut que la question demeure conjecturale.raco
La prudence impose donc de formuler ainsi :
Ridlinda est très probablement apparentée à Anna, mais son degré exact de parenté n’est pas explicitement donné par la charte de 876.
. Anna, Étienne et leurs fils Aton et Ansemund
Le mariage d’Anna avec Étienne est capital, car il relie deux ensembles aristocratiques différents :
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Branche |
Base sociale et territoriale |
Apport au réseau |
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Anna, fille d’Alaric et Rotrude |
Parentèle comtale d’Empúries et héritage cognatique issu de Bera I |
Prestige comtal, droits patrimoniaux en Roussillon et dans la Marche |
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Étienne |
Juge d’origine gothique, issu d’un milieu vicomtal enraciné dans le Narbonnais et le Roussillon |
Réseau judiciaire, vicomtal et foncier de Septimanie |
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Aton |
Fils du couple |
Héritier placé au croisement des intérêts comtaux catalans et de l’aristocratie narbonnaise |
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Ansemud |
Fils du couple |
Héritier placé au croisement des intérêts comtaux catalans et de l’aristocratie narbonnaise, fondateur des lignes vicomtales du Castelnou, Vallespir et Fenouillèdes. |
La confirmation de Charles III du 14 juin 899 en faveur d’Étienne et d’Anna donne une mesure exceptionnelle de ce patrimoine : elle confirme leurs alleux dispersés dans le Narbonnais, le Roussillon, l’Empordà et le Besalú. Le roi ne traite donc pas Étienne comme un simple propriétaire local, mais comme un fidèle disposant d’un ensemble patrimonial transfrontalier entre Septimanie et Marche hispanique.books.openedition
Aton et Ansemund doivent être compris dans ce contexte. Ils n’héritent pas seulement, potentiellement, d’un patrimoine paternel narbonnais ; il se trouve aussi, par Anna, relié à la descendance de Bera I, aux réseaux d’Empúries et, selon l’hypothèse de la sororité Anna–Ridlinda, à la branche de Radulf premier comte de Bésalu.
.Ce que révèle la comparaison
La comparaison entre Anna, Étienne, Radulf, Ridlinda et Aton met en évidence une stratégie de double alliance :
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Alliance comtale endogamique : Radulf, issu de Sunifred et Ermesinde (Il est le fils de Sunifred II d’Urgell et le frère de Wifred le Velu (Guifred le Velu), fondateur de la dynastie des comtes de Barcelone), épouse Ridlinda, peut-être fille d’Alaric d’Empurie- Péralda,et Rotrude. La parenté bellonide et les descendants de Bera se trouvent ainsi resserrés.
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Alliance avec l’aristocratie judiciaire narbonnaise : Anna épouse Étienne, qui appartient à un milieu gothique fortement implanté entre Narbonne et Roussillon.
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Circulation d’alleux par les femmes : Rotrude, Anna et Ridlinda apparaissent, directement ou indirectement, au centre de transmissions foncières. La documentation ne réduit pas les femmes à de simples relais matrimoniaux : elles vendent, donnent, possèdent et transmettent.
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Articulation des espaces : les biens et alliances relient Empúries, Roussillon, Conflent, Besalú et Narbonne. La frontière pyrénéenne actuelle ne correspond donc pas à la logique de la parenté aristocratique de la fin du IXe siècle.
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Aton et Ansemund comme points de jonction : fils d’Anna et Étienne, Aton et Ansemund se situent au croisement du lignage maternel comtal d’Empúries et d’un héritage paternel de juges et de vicomtes narbonnais.
Arbre de synthèse
BERA Ier de Barcelone
× Romella
│
└── ROTRUDE
× ALARIC d’Empúries-Peralada
│
├── AURÉOL
│
├── ANNA
│ × ÉTIENNE / STEPHANUS
│ │
│ ├── ATON
│ │
│ └── ANSEMUND
x QUIXOL (fille de Guiffré de Barcelone)
│
└── RIDLINDA (elle est dans la parentèle familiale sans la certitude du lien, cependant assez proche pour recevoir un nombre considérable de domaines de la part d’Anna)
× RADULF
comte de Besalú (fils de Sunifred d’Urgell et frère de Guiffré de Barcelone)
GUIFRÉ Ier « le Velu »
comte de Barcelone
× Guinedilda
│
└── QUIXOL (fille de Guiffré de Barcelone)
x ANSEMUND (fils d’Etienne et Anna)