J’ai visité une première fois l’église Notre-Dame de Vouillé par une belle journée de janvier à la fin d’une randonnée dans la vallée du Lambon. J’y suis retournée depuis plusieurs fois en randonnée. Selon la notice du Parvis sur l’église de Vouillé [1], « en 1862, le conseil de fabrique obtient, avec la suppression de la porte sud, l’aménagement d’une entrée dans le pignon ouest pour faciliter la circulation dans l’église et la vue directe de l’autel.


La façade, encadrée par deux contreforts et percée d’une baie, est d’une grande sobriété. Le pignon est surmonté d’une croix antéfixe. La porte à tympan est moderne. Au sud, dans l’angle, se distinguent les traces d’une ancienne construction. »



La plus belle pierre tombale se situe sur le côté gauche du chœur, entre les bancs : c’est celle de François ASSAILLY, écuyer, Sieur du Peux et de la Salmondière avec une épitaphe et un blason gravé :


CY GIST LE CORPS DE
MESSIRE FRANCOIS
ASAILLY ECUIER
SEIGNEUR DESPREZ
DU PEUX ET DE LA
SALMONDIERE FILS
DE MRE FRANCOIS
ASAILLY ET DE
MARIE FERRE AGE
DE 70 ANS QUI
DECEDA LE 21
JANVIER 1737
PRIÉS DIEU POUR SON AME

J’ai recherché et trouvé son acte de décès dans le registre paroissial de Vouillé :
J’ai trouvé quelques informations sur la famille ASSAILLY dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau Source Gallica [3] :
2. — Assailly (François d’), IIe du nom, sr du Peux, fut élu échevin de la commune de Niort au moyen de la résignation faite en sa faveur par Antoine Chargé, le 6 oct. 1634, et le 7 nov. 1634 déclara au greffe de l’élection vouloir vivre noblement. Il servit au ban des nobles du Poitou convoqué en 1635, et était en 1660 capitaine au régiment royal de Niort ; décéda avant le 6 sept, de cette année, revêtu de sa qualité d’échevin.
Il avait épousé Madeleine CHARGÉ. Devenue veuve, Madeleine paya, le 1er sept. 1667, à Jehannot de Bertillac la somme de 450 liv. pour sa maintenue en noblesse et privilèges.
François Assailly laissa de son mariage les enfants dont les noms suivent, et qui, le 26 févr. 1671, partagèrent sa succession avec leur mère :
1° FRANÇOIS, Ec., sr du Peux, épousa, le 30 août 1672 (Piet et son collègue, not. à Niort), Gabrielle DE BARAZAN, fille de Jean, Ec., sgr de la Salmondière. Il avait fait partie de la 2e brigade du ban des nobles du Poitou réuni à Moncoutant le 26 mai 1689. Ce fut lui qui, avec Alexis, sgr de Laubonnerie, et Madeleine, ses frère et sœur, fut confirmé dans sa noblesse par sentence du 10 janv. 1699, signée Maupeou. (O.) Le 1er sept. 1661, il avait arrenté, par acte reçu Jousseaume et Pérot, notaires à Niort, de vénérable Jean Chargé, prieur de Ruffigné, héritier de noble Guillaume Chargé, la terre noble des Prez. Il légua, le 10 janv. 1737, à Sébastien d’Assailly, Ec., sgr de Geranson, son neveu, la terre et sgrie de la Salmondière, à lui échue de sa femme. (F.)
2° PIERRE, Ec., sgr de Lorageay, assista au ban de 1691, servit dans les gentilshommes de l’escadron de M. de Granchamps; en 1706, il était officier dans les troupes du Roi au service d’Espagne, ainsi qu’il résulte des lettres du lieutenant du Roi dans la province du Poitou et de M. le maréchal de Clérembault à M. l’intendant de Poitou, 21 août 1706 (F.);
3° ALEXIS, qui suit ;
4° MADELEINE, citée dans la maintenue de noblesse.
Le Fonds Laurence (érudit) [4] qui est riche en informations sur les familles niortaises, contient également des informations sur les ASSAILLY :
J’ai trouvé dans l’Armorial du Poitou 1ère partie / D’Hozier [5] le blason de François ASSAILLY, sieur du Peux :

L’épitaphe de la pierre tombale de François ASSAILLY nous permet d’apporter quelques corrections aux deux biographies citées ci-dessus :
- François ASSAILLY avait épousé en premières noces le 21 février 1662 à Notre-Dame de Niort Marie FERRE, fille de Pierre FERRE, maître chirurgien et Magdeleine CHARGE et en secondes noces le 12 septembre 1672 à Notre-Dame de Niort Gabrielle DE BARAZAN, fille de Gabriel DE BARAZAN, sieur de la Salmondière, et de Marie GOULARD :
- De son premier mariage avec Marie FERRE, François ASSAILLY a eu au moins quatre enfants selon les relevés d’actes du Cercle Généalogique des Deux-Sèvres : Charlotte (1666), Gabrielle Henriette (1665-1665), François (1667) et Marie Magdeleine (1669).
- De son second mariage avec Gabrielle DE BARAZAN, François ASSAILLY a eu au moins quatre enfants toujours selon les relevés d’actes du Cercle Généalogique des Deux-Sèvres : Marie Gabrielle (1673) ; Jacques (1674), Noel (1676-1676), Gabriel (1677), et Pierre (1679-1679).
- Gabrielle de BARAZAN est décédée le 19 février 1687 à Vouillé et est certainement inhumée dans l’église de Vouillé, sous une des pierres tombales aux épitaphes illisibles. C’est elle qui a apporté aux ASSAILLY le château de la Salmondière, dont François ASSAILLY, son beau-fils, né en 1667, a hérité. Et c’est certainement lui (et non son père) qui en 1737, à son décès, a transmis le château à Sébastien Guillaume Alexandre ASSAILLY, fils d’un cousin.

Le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau Source Gallica [3] précise :
4. — Assailly (Sébastien-Guillaume-Alexandre d’), Chev., sgr de la Salmondière et de la Rivière d’Arthenay.
Il avait établi à Vouillé, près Niort, de concert avec M. le duc de Béthune-Charost, une communauté des Sœurs de la Providence, pour le soin des malades et l’éducation des enfants de la campagne ; mais la Révolution détruisit cette pieuse fondation et confisqua les biens qui y étaient affectés. (F.)
Sébastien avait épousé Charlotte-Rose-Cécile GRELIER DE CONCIZE, laquelle, forcée d’émigrer, emmena dans sa retraite à l’étranger ses deux fils qui suivent :
1° ALEXANDRE-CHARLES, né le 24 févr. 1772, entré, lors de la Restauration, dans la maison militaire du Roi ;
2° PHILIPPE-ANTOINE, qui suit. J’ai trouvé également dans le Fonds Laurence (érudit) [4] des informations sur Sébastien Guillaume Alexandre ASSAILLY :
Lors de mes différentes randonnées, j’ai pu admirer le château de la Salmondière.

On peut voir quelques photos de ce château dans le livre « Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres » [6] qui en fait également une description : L’ancienne seigneurerie de la Salmondière appartenait dans la première moitié du XVIème siècle à Pierre de BARAZAN. Cette famille s’y succéda jusqu’en 1672, date à laquelle Gabrielle de BARAZAN apporta en dot le domaine à son époux François d’ASSAILLY, seigneur du Peux, famille d’ancienne noblesse. Au moment de la révolution Sébastien d’ASSAILLY était propriétaire de la Salmondière. Son épouse née GRELLIER DE CONCIZE, émigra avec ses deux fils. A leur retour, le domaine revint à Antoine-Philippe, riche notable qui figurait en 1805 sur la liste des 60 propriétaires les plus imposés du Département Lui succéda Charles Philippe qui avait épousé mademoiselle DE LESTEYRIE DU SAILLANT, petite-fille du marquis DE LAFAYETTE, puis son fils Octave, conseiller Général des Deux-Sèvres, marié à Marie-Hélène CUNIN-GRIDAINE, petite-fille de l’ancien ministre Léo CUNIN-GRIDAINE. Vers 1950, Gisèle d’ASSAILLY a vendu le domaine de la Salmondière à M. DESRE qui lui-même l’a revendu quelques années plus tard à Pierre MONNET DE LORBEAU. C’est Charles-Philippe d’ASSAILLY qui fit construire en 1842 le château actuel. La demeure est flanquée côté cour de deux tours circulaires, tandis qu’à l’arrière une tour polygonale en demi hors œuvre chevauche le bâtiment. Le château possède sur sa façade principale un cadran solaire surmontant la lucarne centrale, encadré par deux petits personnages. La conception de l’intérieure a été réalisée par l’architecte niortais Pierre-Louis-Théophile SEGRETAIN ; Le château de la Salmondière possède par ailleurs une élégante orangerie. »
On peut situer Vouillé et le château de la Samondière sur la carte de Cassini Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…) [7] :

Sources:
[1] Parvis _Vouillé.pdf : L’église de Vouillé © PARVIS – 1999 Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers www.poitiers.catholique.fr/parvis.
[2] Répertoire des dessins archéologiques d’Arthur Bouneault : Le livre a plus d’un siècle. L’auteur, Alphonse Farault, conservateur adjoint de la bibliothèque de Niort, a listé les 2681 dessins réalisés par Arthur Bouneault, responsable du musée lapidaire de Niort, dans tout le département des Deux-Sèvres. On y trouve des reproductions de blasons, croix, cheminées, bas-reliefs, fenêtres… mais aussi de plates tombes. Cette liste nous sert donc à repérer les églises contenant potentiellement des pierres tombales.
[3] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau Source Gallica.
[5] Armorial du Poitou 1re partie / D’Hozier
[6] Livre « Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres », éditions A.P.P. 1991, réalisé par l’association Promotion Patrimoine [7] Carte de Cassini Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…).
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