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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 16:32
Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament

Archives départementales XVIIème siècle.

Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament
Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament

Blason tel qu'il est dans l'église de Vouillé dans les Deux-Sèvres coté gauche en face de l'autel.

Les variantes sont soit d'azur (fond bleu) ou de gueule (fond rouge). la plus ancienne étant de gueule (pour la filiation protestante) et d'azur (pour la filiation catholique).

 

_______________________________________________________________________________________________

 

 

1. L'écu étudié : ce que disent les armoriaux

Avant toute lecture symbolique, il faut établir l'objet. Trois armoriaux imprimés permettent de fixer la composition et son rattachement à la famille d'Assailly, en Poitou.

Source

Texte relevé

Apport

René Pétiet, Armorial poitevin, 1911

« Assaily, Assailly (Comtes). Niort. D'azur à 3 lis de jardin d'arg. tiges et feuilles de sin. S. : deux lions ou griffons d'or. Dev. : Terris altius. » (Armorial poitevin, archive.org)

Source la plus complète : champ, meubles, supports, devise

H. Gourdon de Genouillac, Recueil d'armoiries des maisons nobles de France, 1860

« Assailly (d'). — D'azur, à trois lis d'argent, tigés et feuillés de sinople. » (Recueil d'armoiries, archive.org)

Confirme le champ d'azur

Chassant et Tausin, Dictionnaire des devises historiques et héraldiques

« Terris altius. — D'Assailly. » (Dictionnaire des devises, archive.org)

Confirme la devise

J. de Champeaux, Devises, cris de guerre, légendes, dictons

« Aesailly [sic, pour Assailly] (d') (Poitou). — Terris altius. » (Devises, cris de guerre, archive.org)

Rattachement au Poitou

Précaution de méthode : trois couches de sens

Une lecture ésotérique honnête doit distinguer trois couches.

  1. La couche héraldique primaire. Au Moyen Âge, les armoiries servent d'abord à identifier. Michel Pastoureau montre que la couleur ne devient un concept abstrait, porteur d'une symbolique stable quel que soit son support, que progressivement, entre l'an mil et le XVe siècle (Pastoureau, Comptes rendus de l'Académie des inscriptions, 2016). Les significations médiévales des couleurs restent « multiples et non restrictives » (Aisling 1198, d'après Pastoureau).

  2. La couche des traités symboliques. Elle se développe du XIVe au XVIIe siècle, avec Bartolo de Sassoferrato (vers 1355-1358) (Heraldica.org, Bartolo), le héraut Sicille et son Blason des couleurs au XVe siècle (Sicille, Google Books), puis Vulson de La Colombière au XVIIe, qui systématise les correspondances : planètes, pierres, vertus, éléments (Wikipédia, Gueules).

  3. La couche hermétique et exégétique. Ce sont les lectures bibliques (typologie de l'Ancien Testament), mariales, christologiques et alchimiques. Elles sont légitimes comme grille de lecture, mais ne prouvent pas l'intention des premiers porteurs.

Le guide qui suit superpose ces trois couches et signale, à chaque étape, leur degré de certitude.

 

2. Les émaux

Tableau de synthèse

Émail

Tradition héraldique

Lecture chrétienne

Écho de l'Ancien Testament

Lecture alchimique

Azur (champ attesté)

« Royauté, majesté, beauté » (Armorial des principales maisons, Wikisource) ; loyauté, fidélité (Aisling 1198)

Le bleu devient un attribut marial au XIIe siècle (Aisling 1198) : ciel, manteau de la Vierge

Le « bleu » (hyacinthe) des tentures du Tabernacle, brodées de chérubins (Exode 26,1), lu par l'exégèse comme le « caractère céleste » (BPC, Exode 26)

L'air, l'espace où se sublime le volatil : le « ciel » du vaisseau alchimique

Gueules (variante)

« Courage, hardiesse, intrépidité » (Wikisource) ; mais aussi orgueil (Aisling 1198)

Pour Vulson : « justice, charité et amour ardent envers Dieu et son prochain » ; planète Mars, élément Feu (Wikipédia, Gueules). Sang du Christ et des martyrs

L'écarlate du péché qui devient blanc : « si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige » (Isaïe 1,18)

Rubedo, l'œuvre au rouge, dernière phase et achèvement du Grand Œuvre (Wikipédia, Rubedo)

Argent (lis)

« Innocence, blancheur, virginité » (Wikisource)

Pureté, virginité mariale, Transfiguration, vêtement blanc des élus

La blancheur de neige et de laine d'Isaïe 1,18 : la pureté rendue

Albedo, l'œuvre au blanc : la lumière après les ténèbres, la « résurrection » de la matière (CNRS Éditions, chapitre Alchimie) ; la Lune

Or (supports)

« Richesse, force, foi, pureté, constance » (Wikisource). Pour Bartolo, l'or est la plus noble des couleurs et figure le Soleil (Bartolo, traduction russe, Vostlit)

Lumière divine, gloire, royauté du Christ

Les deux chérubins « d'or battu » de l'Arche d'alliance (Exode 25,18-20)

Le Soleil, le métal parfait, but de la transmutation

Sinople (tiges et feuilles)

« Espérance, abondance, liberté » (Wikisource) ; joie, jeunesse (Aisling 1198)

Couleur ambivalente : vie, sève, espérance d'un côté ; poison, Diable, instabilité de l'autre (Pastoureau, Vert, Google Books)

L'enracinement : Israël « fleurira comme le lis et poussera des racines comme le Liban » (Osée 14,5)

Le lion vert du Rosarium philosophorum (1550), agent de dissolution ou « mercure » des philosophes (Genovefa, Bibliothèque Sainte-Geneviève)


 

 Deux remarques d'histoire des couleurs

  • Le mot « sinople » a d'abord désigné un rouge, avant de se fixer sur le vert (Aisling 1198 ; Wikipédia, Gueules). Pour un lecteur ésotérique, ce glissement est parlant : le vert des tiges garde la mémoire d'un feu.

  • Le gueules est l'émail le plus fréquent de l'aristocratie féodale ; Pastoureau le relève dans environ 60 % des armoiries européennes (Wikipédia, Gueules). Choisir l'azur (forme attestée tardivement) plutôt que le gueules place donc l'écu dans un registre plus contemplatif que guerrier.

3. Les meubles et les ornements

3.1 Les trois lis de jardin

Nature héraldique. Le « lis de jardin » (ou « au naturel ») n'est pas la fleur de lis stylisée des Capétiens. C'est la plante entière, avec sa tige et ses feuilles. Plusieurs familles françaises portent des lis de ce type sur azur, comme les Lefèvre d'Ormesson : « d'azur à trois lys de jardin d'argent, tigés et feuillés de sinople » (Wikipédia, Armorial des familles de France). Ce type d'armes est donc bien établi.

Lecture chrétienne.

  • Le lis est « l'emblème de la virginité ». Dans l'iconographie mariale, une tige à trois fleurs signifie que « Marie a été vierge avant, pendant et après son enfantement » (La Rose et l'imprimé, Université de Poitiers).

  • Le bouquet de lis des Annonciations signifie aussi la pureté originelle de Marie (Presses universitaires de Rennes, Tota pulchra es).

  • Le nombre trois est lu comme trinitaire. Un texte médiéval sur les fleurs de lis explique qu'elles sont trois parce que ce nombre « contient en lui le commencement, le milieu et la fin », comme la Trinité (Wikipédia, Fleur de lys).

Ancrage dans l'Ancien Testament.

  • « Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie » (Cantique des Cantiques 2,2). C'est le lilium inter spinas que la mystique médiévale applique à la Vierge (Floralens ; Eikón Imago, UCM).

  • « Il fleurira comme le lis, et il poussera des racines comme le Liban » (Osée 14,5). C'est le verset qui correspond le mieux à un lis tigé et feuillé : fleur en haut, racines en bas.

  • Les chapiteaux des colonnes du Temple de Salomon « représentaient des lis » (1 Rois 7,19) : le lis couronne ce qui s'élève.

  • « Florete flores quasi lilium » : « fleurissez comme le lis, répandez votre parfum » (Siracide 39, Vulgate, Douay-Rheims).

Lecture alchimique. Le lis blanc est le signe de l'albedo : la matière purifiée, blanchie, qui a traversé l'œuvre au noir (C.G. Jung, phases de l'alchimie). La tige verte figure la sève de la matière première, la fleur blanche le premier accomplissement.

3.2 Les griffons d'or (supports)

Nature. Le griffon réunit l'aigle (tête, ailes, serres) et le lion (corps). Critère pratique : s'il y a des ailes et un bec, c'est un griffon ; sinon, un lion.

Ambivalence biblique. La Vulgate range le griffon parmi les oiseaux impurs (Lévitique 11,13 ; Deutéronome 14,12). Isidore de Séville en fait un fauve qui déchire hommes et chevaux (Danteworlds, Griffin). Le griffon est donc, au départ, une force sauvage.

Des chérubins aux griffons : le lien avec l'Ancien Testament. C'est le rapprochement le plus fort de tout l'écu.

  • Dans l'iconographie du Proche-Orient ancien, les chérubins ont été comparés au sphinx, lion ailé à tête humaine ; quand le lion ailé a une tête d'oiseau, on l'appelle griffon (InterBible, L'archéologie et les anges). Roland de Vaux suggérait même que les sphinx avaient emprunté aux griffons leur fonction de gardiens (mémoire sur les chérubins).

  • Ces êtres hybrides protègent les arbres sacrés. Ils sont devenus les gardiens du jardin d'Éden, placés sur le chemin de l'arbre de vie après l'expulsion d'Adam (Genèse 3,24) (Presses universitaires de Rennes, Les anges n'ont pas toujours eu des ailes).

  • Sur l'Arche d'alliance : « Tu feras deux chérubins d'or [...] se faisant face l'un à l'autre », les ailes déployées au-dessus du propitiatoire (Exode 25,18-20).

Deux gardiens ailés, d'or, affrontés, encadrant ce qui est sacré : c'est exactement la disposition des supports de l'écu. Lus ainsi, les griffons font de l'écu une arche ou un jardin gardé. Les trois lis jouent le rôle de l'arbre de vie, ou de ce que contient l'Arche.

Lecture chrétienne. Chez Dante, le griffon qui tire le char de Béatrice est le Christ, « une seule personne en deux natures » (Purgatoire 31,81) (Danteworlds ; Treccani, Enciclopedia Dantesca). L'aigle correspond à la divinité, le lion à l'humanité. Chez Dante, ses parties d'aigle sont justement d'or.

Lecture alchimique. Le lion figure le soufre, principe fixe, et l'aigle le mercure, principe volatil (Albert Poisson, Théories et symboles des alchimistes, Gallica). Le griffon, qui réunit les deux, représente l'opération centrale de l'œuvre : fixer le volatil et volatiliser le fixe. C'est la conjonction des contraires, la pierre en voie d'achèvement.

3.3 Le lion : supports possibles et lion couché en pointe

Ambivalence médiévale. Dans la pensée médiévale, le lion est « un être ambivalent ». Il est souvent négatif dans l'Ancien Testament (Samson, David, Daniel ; « sauve-moi de la gueule du lion », Psaume 22) (Bulletin monumental, 1993, « Du texte à l'image : l'exemple du lion »). Avec l'Apocalypse, il devient le Christ lui-même : « le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » (Apocalypse 5,5) (même article).

Le lion couché de l'Ancien Testament. La bénédiction de Jacob donne une clé précise pour le lion « couché » :

« Juda est un jeune lion [...] Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne : qui le fera lever ? » (Genèse 49,9)

Balaam reprend la même image pour tout Israël (Nombres 24,9). Le lion couché n'est donc pas un lion vaincu. C'est une force souveraine au repos, que nul n'ose réveiller. C'est aussi la source directe du « lion de Juda » de l'Apocalypse, désigné comme radix Jacob, la racine de Jacob (Bulletin monumental). Placé en pointe, c'est-à-dire en bas, ce lion devient littéralement la racine de l'écu.

Le Physiologus. Le bestiaire chrétien ajoute deux propriétés (Physiologus, University of Victoria) :

  • le lion dort les yeux ouverts, comme le Christ dont le corps dort dans la mort tandis que sa divinité veille ;

  • le lionceau naît mort et son père lui rend la vie le troisième jour, figure de la Résurrection.

Un lion couché convient parfaitement à la première propriété : il est au repos, mais vigilant.

La fleur de lis sur le lion. Si elle est bien voulue, elle « marque » la force terrestre du sceau de la pureté ou de la fidélité royale. C'est le lion de Juda qui porte en lui la tige de Jessé.

Lecture alchimique. Le lion d'or est le soufre fixé, le Soleil terrestre. Le Rosarium philosophorum montre à l'inverse un lion vert qui dévore le Soleil, image de la dissolution de l'or ordinaire (Cahier de recherche, transmutation spirituelle). L'écu réunit les deux pôles : le vert des tiges (lion vert, matière vivante) et l'or du lion couché (matière fixée, accomplie).

 

 

4. Références bibliques précises : Ancien et Nouveau Testament

Cette section donne, pour chaque élément de l'écu, les versets exacts de l'Ancien Testament (la « figure ») et du Nouveau Testament (l'« accomplissement »). Chaque verset est donné en français dans la traduction liturgique officielle de l'AELF, puis en latin dans la Vulgate clémentine, le texte que lisaient les clercs, les hérauts et les lettrés d'Ancien Régime.

Numérotation. Les références suivent la numérotation hébraïque, celle des Bibles françaises modernes. Quand la Vulgate diffère, sa numérotation est donnée entre parenthèses : par exemple Ps 91 (90) ou Si 39,13-14 (Vg 39,17-19).

Écarts de traduction. Ils comptent pour l'héraldique. Là où les traductions modernes lisent « rose » ou « gypaète », la Vulgate dit souvent lilium ou gryps. Un lecteur médiéval ou moderne voyait donc des lis et des griffons là où nos Bibles n'en montrent plus. Ces écarts sont signalés au fil du texte.

4.1 Le lion couché : la souche de Juda

Ancien Testament

Genèse 49,9-10 — bénédiction de Jacob sur Juda : le texte fondateur du lion couché

« Juda est un jeune lion. Tu remontes du carnage, mon fils. Il s’est accroupi, il s’est couché comme un lion ; ce fauve, qui le fera lever ? Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront. » (AELF)

« Catulus leonis Juda : ad praedam, fili mi, ascendisti : requiescens accubuisti ut leo, et quasi leaena : quis suscitabit eum? Non auferetur sceptrum de Juda, et dux de femore ejus, donec veniat qui mittendus est, et ipse erit expectatio gentium. » (Vulgate)

La Vulgate dit requiescens accubuisti ut leo : « au repos, tu t'es couché comme un lion ». C'est l'attitude exacte du lion couchant. Le verset 10 lie ce lion à une descendance, celle du sceptre qui ne quittera pas Juda : le lion couché est d'emblée une image de lignée.

Nombres 24,9 — oracle de Balaam

« Puis il s’accroupit, il se couche, comme un lion, comme une lionne. Qui le fera se relever ? Béni soit celui qui te bénira, maudit soit celui qui te maudira ! » (AELF)

« Accubans dormivit ut leo, et quasi leaena, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus : qui maledixerit, in maledictione reputabitur. » (Vulgate)

La Vulgate insiste encore : accubans dormivit ut leo (« couché, il s'est endormi comme un lion »), quam suscitare nullus audebit (« que nul n'osera réveiller »). Elle y joint une bénédiction : Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus.

Nombres 23,24 — le contrepoint : le lion qui se dresse

« Voici qu’un peuple se lèvera comme une lionne, comme un lion il se dressera. Il ne se couchera pas sans avoir dévoré sa proie, sans avoir bu le sang des victimes ! » (AELF)

« Ecce populus ut leaena consurget, et quasi leo erigetur : non accubabit donec devoret praedam, et occisorum sanguinem bibat. » (Vulgate)

Nombres 23,24 et 24,9 forment une paire : le lion qui se lève, puis le lion qui se couche après la victoire. Le lion couchant de l'écu est donc un lion victorieux au repos, et non un lion abattu.

Proverbes 28,1 — le juste, assuré comme un lion

« Le coupable s’enfuit quand nul ne le poursuit, les innocents ont l’assurance des lions. » (AELF)

« Fugit impius, nemine persequente; justus autem, quasi leo confidens, absque terrore erit. » (Vulgate)

Juges 14,14 — l'énigme de Samson

« Samson leur dit : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » Au bout de trois jours, les jeunes gens n’avaient pas encore pu expliquer l’énigme. » (AELF)

« Dixitque eis : De comedente exivit cibus, et de forti egressa est dulcedo. Nec potuerunt per tres dies propositionem solvere. » (Vulgate)

De forti egressa est dulcedo : « du fort est sortie la douceur ». Appliquée à l'écu, l'image est parlante : du lion d'en bas sortent les lis d'en haut.

1 Rois 10,18-20 — le trône de Salomon, d'ivoire et d'or, gardé par des lions

« Le roi fit aussi un grand trône d’ivoire, qu’il plaqua d’or affiné. Ce trône avait six degrés, un dossier à sommet arrondi, et des bras de chaque côté du siège ; deux lions étaient debout près des bras et douze lions se tenaient là, sur les six degrés, de chaque côté. Dans aucun royaume on ne fit chose pareille. » (AELF)

« Fecit etiam rex Salomon thronum de ebore grandem : et vestivit eum auro fulvo nimis, qui habebat sex gradus : et summitas throni rotunda erat in parte posteriori : et duae manus hinc atque inde tenentes sedile : et duo leones stabant juxta manus singulas. Et duodecim leunculi stantes super sex gradus hinc atque inde : non est factum tale opus in universis regnis. » (Vulgate)

C'est le précédent biblique le plus proche de l'idée de supports : deux lions dressés de part et d'autre du siège royal (duo leones stabant juxta manus singulas), sur un trône revêtu d'or. Le thème vaut aussi bien pour des supports « lions d'or » que pour le lion placé au pied de l'écu.

Psaume 91 (90),13 — l'autre face du lion

« tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon. » (AELF)

« Super aspidem et basiliscum ambulabis, et conculcabis leonem et draconem. » (Vulgate)

Dans les Psaumes, le lion est aussi une force du mal que le juste foule aux pieds. Ce verset de la liturgie du premier dimanche de Carême rappelle l'ambivalence du lion médiéval, déjà signalée à la section 4.3.

Nouveau Testament

Apocalypse 5,5 — l'accomplissement de Genèse 49,9

« Mais l’un des Anciens me dit : « Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : il ouvrira le Livre aux sept sceaux. » (AELF)

« Et unus de senioribus dixit mihi : Ne fleveris : ecce vicit leo de tribu Juda, radix David, aperire librum, et solvere septem signacula ejus. » (Vulgate)

Vicit leo de tribu Juda, radix David : « le lion de la tribu de Juda a vaincu, la racine de David ». Le lion couché de Jacob s'est relevé : c'est le Christ ressuscité. Le mot radix (racine) justifie la place du lion en pointe, à la base de l'écu.

Luc 1,32-33 — le trône de David et le règne sans fin

« Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (AELF)

« hic erit magnus, et Filius Altissimi vocabitur, et dabit illi Dominus Deus sedem David patris ejus : et regnabit in domo Jacob in aeternum, et regni ejus non erit finis. » (Vulgate)

1 Pierre 5,8 — le lion rugissant, figure du diable

« Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. » (AELF)

« Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus tamquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret : » (Vulgate)

Le Nouveau Testament garde l'ambivalence. Le lion de Juda (Christ) et le lion rugissant (diable) s'opposent. Le lion couché et vigilant de l'écu se range du côté du premier, puisque vigilate (« veillez ») est précisément la vertu du lion qui dort les yeux ouverts.

 

4.2 Racine, tige et sinople : la lignée qui pousse

Ancien Testament

Isaïe 11,1 et 11,10 — la tige de Jessé

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. […] Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. » (AELF)

« Et egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet. […] In die illa radix Jesse, qui stat in signum populorum, ipsum gentes deprecabuntur, et erit sepulchrum ejus gloriosum. » (Vulgate)

Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet : « une tige sortira de la racine de Jessé, et une fleur montera de sa racine ». C'est le verset clé pour des lis tigés et feuillés. Le Moyen Âge en a tiré l'« Arbre de Jessé », généalogie du Christ en forme de plante, où la tige (virga) a été lue comme la Vierge (virgo) et la fleur (flos) comme le Christ. Le verset 10 ajoute que la racine se dressera in signum populorum, « comme un étendard pour les peuples » : c'est un emblème.

Nombres 17,23 (Vg 17,8) — le bâton d'Aaron qui fleurit

« Le lendemain, Moïse entra dans la tente du Témoignage, et voici : la branche d’Aaron avait fleuri pour la maison de Lévi ; la branche avait fait éclore une floraison, fleurir des fleurs et mûrir des amandes ! » (AELF)

« sequenti die regressus invenit germinasse virgam Aaron in domo Levi : et turgentibus gemmis eruperant flores, qui, foliis dilatatis, in amygdalas deformati sunt. » (Vulgate)

La Vulgate décrit une floraison complète : bourgeons, fleurs, feuilles déployées (foliis dilatatis), fruits. C'est le signe divin de l'élection d'une maison, celle de Lévi. Cette élection d'une lignée par une floraison est au plus près du programme de l'écu.

Osée 14,6-8 — fleurir comme le lis, s'enraciner comme le Liban

« Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. » (AELF)

« Ero quasi ros; Israel germinabit sicut lilium, et erumpet radix ejus ut Libani. Ibunt rami ejus, et erit quasi oliva gloria ejus, et odor ejus ut Libani. Convertentur sedentes in umbra ejus; vivent tritico, et germinabunt quasi vinea; memoriale ejus sicut vinum Libani. » (Vulgate)

Le verset réunit, dans une seule image, la fleur (germinabit sicut lilium) et la racine (erumpet radix ejus ut Libani) : l'argent et le sinople de l'écu.

Psaume 92 (91),13-14 — le juste planté dans la maison du Seigneur

« Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; » (AELF)

« Justus ut palma florebit; sicut cedrus Libani multiplicabitur. Plantati in domo Domini, in atriis domus Dei nostri florebunt. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Matthieu 1,1 — le « livre de la genèse » de Jésus-Christ

« GENEALOGIE DE JESUS, CHRIST, fils de David, fils d’Abraham. » (AELF)

« Liber generationis Jesu Christi filii David, filii Abraham. » (Vulgate)

Liber generationis ouvre le Nouveau Testament sur une généalogie. La lignée est le cadre même où s'accomplit la promesse.

Romains 15,12 — Paul cite Isaïe 11,10

« À son tour, Isaïe déclare : Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lève pour commander aux nations ; en lui les nations mettront leur espérance. » (AELF)

« Et rursus Isaias ait : Erit radix Jesse, et qui exsurget regere gentes, in eum gentes sperabunt. » (Vulgate)

Apocalypse 22,16 — « Je suis la racine et la descendance de David »

« Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. » (AELF)

« Ego Jesus misi angelum meum testificari vobis haec in ecclesiis. Ego sum radix, et genus David, stella splendida et matutina. » (Vulgate)

Éphésiens 3,17 — enracinés dans la charité

« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. » (AELF)

« Christum habitare per fidem in cordibus vestris : in caritate radicati, et fundati, » (Vulgate)

In caritate radicati et fundati : l'enracinement végétal (sinople) devient vertu. La racine de la lignée est transposée en racine spirituelle.

Jean 12,24 — le grain qui meurt en terre

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (AELF)

« Amen, amen dico vobis, nisi granum frumenti cadens in terram, mortuum fuerit, » (Vulgate)

Hébreux 9,4 — le bâton d'Aaron conservé dans l'Arche d'or

« contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; » (AELF)

« aureum habens thuribulum, et arcam testamenti circumtectam ex omni parte auro, in qua urna aurea habens manna, et virga Aaron, quae fronduerat, et tabulae testamenti, » (Vulgate)

4.3 Les lis

Ancien Testament

Cantique des Cantiques 2,1-2 et 2,16 — le lis des vallées, le lis entre les épines

« Je suis la rose du Sarone, le lis des vallées. LUI Comme le lis entre les ronces, ainsi mon amie entre les jeunes filles. ELLE […] Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui qui mène paître ses brebis parmi les lis. » (AELF)

« Ego flos campi, et lilium convallium. Sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias. […] Dilectus meus mihi, et ego illi, qui pascitur inter lilia, » (Vulgate)

Sicut lilium inter spinas est le texte-source de l'exégèse mariale du lis.

1 Rois 7,19, 22 et 26 — les lis du Temple de Salomon

« Les chapiteaux qui coiffaient les colonnes du Vestibule étaient en forme de lis de quatre coudées. […] Sur le sommet des colonnes se trouvait l’ouvrage en forme de lis. Ainsi fut terminé le travail des colonnes. […] L’épaisseur de la Mer était d’une largeur de paume, son rebord était comme le bord d’une coupe, en forme de fleur de lis. Sa contenance était de deux mille mesures. » (AELF)

« Capitella autem, quae erant super capita columnarum, quasi opere lilii fabricata erant in porticu quatuor cubitorum. […] Et super capita columnarum opus in modum lilii posuit : perfectumque est opus columnarum. […] Grossitudo autem luteris, trium unciarum erat : labiumque ejus, quasi labium calicis, et folium repandi lilii : duo millia batos capiebat. » (Vulgate)

Les lis couronnent les colonnes (super capita columnarum opus in modum lilii) et bordent la Mer d'airain (folium repandi lilii). Le lis marque l'achèvement : perfectumque est opus columnarum, « et l'œuvre des colonnes fut achevée ». C'est la place qu'il occupe dans l'écu, au sommet de la tige.

Siracide 39,13-14 (Vg 39,17-19) — « fleurissez comme le lis »

« Écoutez-moi, génération de saints : croissez comme la rose plantée au bord des eaux. Comme le Liban, exhalez votre parfum, et fleurissez comme le lis. Élevez la voix, chantez ensemble, et bénissez le Seigneur en toutes ses œuvres. » (AELF)

« In voce dicit : Obaudite me, divini fructus, et quasi rosa plantata super rivos aquarum fructificate. Quasi Libanus odorem suavitatis habete. Florete flores quasi lilium : et date odorem, et frondete in gratiam : et collaudate canticum, et benedicite Dominum in operibus suis. » (Vulgate)

La Vulgate ajoute frondete in gratiam, « couvrez-vous de feuillage pour la grâce » : c'est un appel direct à des lis feuillés.

Siracide 50,8 — le grand prêtre Simon, comme les lis au bord des eaux

« comme la rose en fleur aux jours du printemps, comme le lis près des sources d’eaux, comme les jeunes pousses du Liban aux jours de l’été, » (AELF)

« Quasi arcus refulgens inter nebulas gloriae, et quasi flos rosarum in diebus vernis, et quasi lilia quae sunt in transitu aquae, et quasi thus redolens in diebus aestatis : » (Vulgate)

Isaïe 35,1-2 — le désert fleurira

« Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. » (AELF)

« Laetabitur deserta et invia, et exsultabit solitudo, et florebit quasi lilium. Germinans germinabit, et exsultabit laetabunda et laudans : gloria Libani data est ei, decor Carmeli et Saron; ipsi videbunt gloriam Domini, et decorem Dei nostri. » (Vulgate)

Écart de traduction : l'AELF lit « comme la rose », mais la Vulgate dit florebit quasi lilium, « il fleurira comme le lis ». Pour un lecteur de la Vulgate, c'est un verset du lis.

Nouveau Testament

Matthieu 6,28-29 — les lis des champs

« Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (AELF)

« Et de vestimento quid solliciti estis? Considerate lilia agri quomodo crescunt : non laborant, neque nent. Dico autem vobis, quoniam nec Salomon in omni gloria sua coopertus est sicut unum ex istis. » (Vulgate)

Luc 12,27 — même parole chez Luc

« Observez les lis : comment poussent-ils ? Ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (AELF)

« Considerate lilia quomodo crescunt : non laborant, neque nent : dico autem vobis, nec Salomon in omni gloria sua vestiebatur sicut unum ex istis. » (Vulgate)

La parole du Christ relie explicitement le lis à l'Ancien Testament. Le lis est plus glorieux que Salomon, celui-là même qui avait orné le Temple de lis (1 R 7) et son trône de lions (1 R 10). L'écu superpose ainsi la gloire royale salomonienne (or, lions) et la gloire naturelle et donnée du lis. C'est exactement la tension de Terris altius.

4.4 Chérubins et griffons : les gardiens d'or affrontés

Ancien Testament

Genèse 3,24 — les chérubins gardiens de l'arbre de vie

« Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie. » (AELF)

« Ejecitque Adam : et collocavit ante paradisum voluptatis cherubim, et flammeum gladium, atque versatilem, ad custodiendam viam ligni vitae. » (Vulgate)

Ad custodiendam viam ligni vitae : « pour garder le chemin de l'arbre de vie ». Si les lis figurent l'arbre de vie, les supports en sont les gardiens.

Exode 25,18-20 et 22 — les deux chérubins d'or de l'Arche

« Ensuite tu forgeras deux kéroubim en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire. Fais un kéroub à une extrémité, et l’autre kéroub à l’autre extrémité ; vous ferez donc les kéroubim aux deux extrémités du propitiatoire. Les kéroubim auront les ailes déployées vers le haut et protégeront le propitiatoire de leurs ailes. Ils se feront face, le regard tourné vers le propitiatoire. […] C’est là que je te laisserai me rencontrer ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire entre les deux kéroubim situés sur l’arche du Témoignage ; là, je te donnerai mes ordres pour les fils d’Israël. » (AELF)

« Duos quoque cherubim aureos et productiles facies, ex utraque parte oraculi. Cherub unus sit in latere uno, et alter in altero. Utrumque latus propitiatorii tegant expandentes alas, et operientes oraculum, respiciantque se mutuo versis vultibus in propitiatorium quo operienda est arca, […] Inde praecipiam, et loquar ad te supra propitiatorium, ac de medio duorum cherubim, qui erunt super arcam testimonii, cuncta quae mandabo per te filiis Israel. » (Vulgate)

Tout le vocabulaire des supports est présent. Ils sont deux (duos), d'or (aureos), placés de part et d'autre (ex utraque parte), ailes déployées (expandentes alas) et affrontés (respiciantque se mutuo). Le verset 22 précise que c'est de medio duorum cherubim, « du milieu des deux chérubins », que Dieu parle. Ce qui est placé entre les deux gardiens est donc le lieu de la présence.

1 Rois 6,23 et 29 — les chérubins du Temple, entre palmes et fleurs

« Dans le Saint des saints, il fit deux kéroubim en bois d’olivier : leur hauteur était de dix coudées. […] Sur les murs de la Maison, tout autour, il sculpta des figures : sculptures de kéroubim, de palmiers et de fleurs épanouies, sur le devant et à l’extérieur. » (AELF)

« Et fecit in oraculo duos cherubim de lignis olivarum, decem cubitorum altitudinis. […] Et omnes parietes templi per circuitum sculpsit variis caelaturis et torno : et fecit in eis cherubim, et palmas, et picturas varias, quasi prominentes de pariete, et egredientes. » (Vulgate)

1 Rois 7,29 — lions, bœufs et chérubins réunis

« Sur les panneaux encadrés de bordures se trouvaient des lions, des bœufs et des kéroubim ; de même sur les bordures supérieures. Au-dessous des lions et des bœufs, des volutes descendaient. » (AELF)

« Et inter coronulas et plectas, leones et boves et cherubim, et in juncturis similiter desuper : et subter leones et boves, quasi lora ex aere dependentia. » (Vulgate)

Lions et chérubins apparaissent ensemble sur le même ouvrage. L'hésitation « lions ou griffons » de l'armorial trouve ici un précédent : les deux types de gardiens coexistaient dans le décor du Temple.

Ézéchiel 41,18-19 — le chérubin à face de lion, de part et d'autre d'un palmier

« étaient représentées : des Kéroubim et des palmiers, un palmier entre deux Kéroubim ; chaque Kéroub avait deux faces : une face d’homme, tournée vers le palmier, d’un côté, et une face de lion, vers le palmier, de l’autre, tout cela représenté sur le pourtour de la Maison. » (AELF)

« Et fabrefacta cherubim et palmae : et palma inter cherub et cherub, duasque facies habebat cherub. Faciem hominis juxta palmam ex hac parte, et faciem leonis juxta palmam ex alia parte : expressam per omnem domum in circuitu. » (Vulgate)

La composition est affrontée : un palmier entre deux chérubins, chacun tourné vers l'arbre, et le chérubin porte une face de lion. On n'est pas loin d'un griffon héraldique tenant un écu végétal.

Ézéchiel 1,10 — les quatre faces : homme, lion, bœuf, aigle

« La forme de leurs visages, c’était visage d’homme et, vers la droite, visage de lion pour tous les quatre, visage de taureau à gauche pour tous les quatre, et visage d’aigle pour tous les quatre. » (AELF)

« Similitudo autem vultus eorum, facies hominis et facies leonis a dextris ipsorum quatuor, facies autem bovis a sinistris ipsorum quatuor, et facies aquilae desuper ipsorum quatuor. » (Vulgate)

2 Samuel 1,23 — Saül et Jonathan : aigles et lions

« Saül et Jonathan, aimables, pleins de charme, ni dans la vie ni dans la mort ne furent séparés, plus rapides que les aigles, plus vaillants que les lions. » (AELF)

« Saul et Jonathas amabiles, et decori in vita sua, in morte quoque non sunt divisi : aquilis velociores, leonibus fortiores. » (Vulgate)

Aquilis velociores, leonibus fortiores : « plus rapides que les aigles, plus forts que les lions ». La lamentation de David fait l'éloge de deux hommes, un père et son fils, unis « dans la vie et dans la mort », par l'aigle et le lion réunis. C'est la définition même du griffon, appliquée à une lignée.

Daniel 7,4 — la lionne aux ailes d'aigle

« La première ressemblait à un lion, et elle avait des ailes d’aigle. Tandis que je la regardais, ses ailes lui furent arrachées, et elle fut soulevée de terre et dressée sur ses pieds, comme un homme, et un cœur d’homme lui fut donné. » (AELF)

« Prima quasi leaena, et alas habebat aquilae : aspiciebam donec evulsae sunt alae ejus, et sublata est de terra, et super pedes quasi homo stetit; et cor hominis datum est ei. » (Vulgate)

C'est le seul hybride lion-aigle explicite de l'Ancien Testament. Il figure un empire, Babylone, donc une puissance terrestre. Mais son destin est remarquable : ses ailes arrachées, il est « soulevé de terre » (sublata est de terra) et reçoit un cœur d'homme. C'est une élévation au-dessus de la terre, en écho à la devise.

Lévitique 11,13 — le griffon dans la Vulgate

« Voici, parmi les oiseaux, ceux qui seront immondes pour vous et qu’on ne mangera pas, car ce sont des choses immondes : l’aigle, le gypaète, l’orfraie, » (AELF)

« Haec sunt quae de avibus comedere non debetis, et vitanda sunt vobis : aquilam, et gryphem, et haliaeetum, » (Vulgate)

Écart de traduction : l'AELF lit « gypaète », la Vulgate gryphem. Le griffon figure donc nommément dans la Bible latine, parmi les oiseaux impurs. D'où l'ambivalence : force sauvage de la Loi, il devient chez Dante figure du Christ.

Isaïe 40,31 — prendre des ailes comme l'aigle

« mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer. » (AELF)

« qui autem sperant in Domino mutabunt fortitudinem, assument pennas sicut aquilae, current et non laborabunt, ambulabunt et non deficient. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Hébreux 9,4-5 — les « chérubins de gloire » au-dessus de l'Arche d'or

« contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; au-dessus de l’arche, les kéroubim de gloire couvraient de leur ombre la plaque d’or appelée propitiatoire. Mais il n’y a pas lieu maintenant d’entrer dans les détails. » (AELF)

« aureum habens thuribulum, et arcam testamenti circumtectam ex omni parte auro, in qua urna aurea habens manna, et virga Aaron, quae fronduerat, et tabulae testamenti, superque eam erant cherubim gloriae obumbrantia propitiatorium : de quibus non est modo dicendum per singula. » (Vulgate)

L'épître aux Hébreux relit l'Arche d'or, ses deux chérubins et le bâton fleuri d'Aaron comme figures du Christ. Elle réunit ainsi, en un seul verset, les gardiens d'or et la tige fleurie de l'écu.

Apocalypse 4,6-7 — les quatre Vivants autour du Trône

« Devant le Trône, il y a comme une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu, autour du Trône, quatre Vivants, ayant des yeux innombrables en avant et en arrière. Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un jeune taureau, le troisième Vivant a comme un visage d’homme, le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol. » (AELF)

« Et in conspectu sedis tamquam mare vitreum simile crystallo : et in medio sedis, et in circuitu sedis quatuor animalia plena oculis ante et retro. Et animal primum simile leoni, et secundum animal simile vitulo, et tertium animal habens faciem quasi hominis, et quartum animal simile aquilae volanti. » (Vulgate)

Le lion et l'aigle y sont deux des quatre Vivants, repris d'Ézéchiel 1,10. La tradition chrétienne les a attribués aux évangélistes : le lion à Marc, l'aigle à Jean. Un griffon, lion et aigle à la fois, peut alors se lire comme la réunion de la force (lion) et de la contemplation (aigle de Jean).

4.5 Les couleurs : bleu, blanc, rouge et or dans le texte biblique

Ancien Testament

Exode 26,1 — les tentures de la Demeure, brodées de chérubins

« « Pour construire la Demeure, tu feras dix tentures de lin retors, pourpre violette, pourpre rouge et cramoisi éclatant ; tu y broderas des kéroubim : ce sera une œuvre d’artiste. » (AELF)

« Tabernaculum vero ita facies : decem cortinas de bysso retorta, et hyacintho, ac purpura, coccoque bis tincto, variatas opere plumario facies. » (Vulgate)

Les quatre matières de la Vulgate recouvrent presque la palette de l'écu : byssus (lin blanc, l'argent), hyacinthus (bleu, l'azur), purpura (pourpre) et coccus bis tinctus (écarlate deux fois teint, le gueules). Le motif brodé est celui des chérubins. Un écu d'azur gardé par des êtres ailés reproduit ainsi, en petit, la tenture du sanctuaire.

Isaïe 1,18 — de l'écarlate à la blancheur

« Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. » (AELF)

« Et venite, et arguite me, dicit Dominus. Si fuerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur; et si fuerint rubra quasi vermiculus, velut lana alba erunt. » (Vulgate)

Si fuerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur : « si vos péchés sont comme l'écarlate, ils seront blanchis comme la neige ». C'est la clé biblique de la variante de gueules : des lis d'argent sur champ rouge figurent la blancheur conquise sur l'écarlate.

Nouveau Testament

Apocalypse 7,14 — des robes blanchies dans le sang

« Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. » (AELF)

« Et dixi illi : Domine mi, tu scis. Et dixit mihi : Hi sunt, qui venerunt de tribulatione magna, et laverunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agni. » (Vulgate)

C'est l'accomplissement d'Isaïe 1,18, sous une forme paradoxale : c'est le rouge (le sang de l'Agneau) qui rend blanc (dealbaverunt eas in sanguine Agni). Dans la variante de gueules, le champ rouge n'est donc pas l'opposé des lis blancs. Il en est la cause.

Matthieu 17,2 — la Transfiguration : visage de soleil, vêtements de neige

« Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (AELF)

« et transfiguratus est ante eos. Et resplenduit facies ejus sicut sol : vestimenta autem ejus facta sunt alba sicut nix. » (Vulgate)

Or et argent réunis : facies ejus sicut sol, « son visage comme le soleil », c'est l'or ; vestimenta alba sicut nix, « ses vêtements blancs comme la neige », c'est l'argent. Ce sont les deux métaux de l'écu, les supports et les lis.

Apocalypse 3,5 — le vainqueur vêtu de blanc, son nom inscrit au livre de vie

« Ainsi, le vainqueur portera des vêtements blancs ; jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie ; son nom, je le proclamerai devant mon Père et devant ses anges. » (AELF)

« Qui vicerit, sic vestietur vestimentis albis, et non delebo nomen ejus de libro vitae, et confitebor nomen ejus coram Patre meo, et coram angelis ejus. » (Vulgate)

La blancheur y est liée à la permanence d'un nom. Pour une famille, c'est une lecture directe de la pureté des lis comme garantie de la mémoire du lignage.

Apocalypse 21,18 et 21 — la Jérusalem céleste d'or pur

« Le matériau de la muraille est de jaspe, et la ville est d’or pur, d’une pureté transparente. […] Les douze portes sont douze perles, chaque porte faite d’une seule perle ; la place de la ville est d’or pur d’une parfaite transparence. » (AELF)

« Et erat structura muri ejus ex lapide jaspide : ipsa vero civitas aurum mundum simile vitro mundo. […] Et duodecim portae, duodecim margaritae sunt, per singulas : et singulae portae erant ex singulis margaritis : et platea civitatis aurum mundum, tamquam vitrum perlucidum. » (Vulgate)

4.6 La devise TERRIS ALTIUS

Ancien Testament

Isaïe 55,9 — les cieux élevés au-dessus de la terre

« Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (AELF)

« Quia sicut exaltantur caeli a terra, sic exaltatae sunt viae meae a viis vestris, et cogitationes meae a cogitationibus vestris. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Jean 12,32 — « élevé de terre »

« et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (AELF)

« Et ego, si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum. » (Vulgate)

Si exaltatus fuero a terra : « quand j'aurai été élevé de terre ». C'est l'expression néotestamentaire la plus proche de Terris altius. Isaïe dit que le ciel est élevé au-dessus de la terre (exaltantur caeli a terra) ; Jean dit que le Christ est élevé de la terre (exaltatus a terra). La devise se situe exactement entre les deux.

Jean 3,31 — celui qui vient d'en haut, celui qui est de la terre

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, » (AELF)

« Qui desursum venit, super omnes est. Qui est de terra, de terra est, et de terra loquitur. Qui de caelo venit, super omnes est. » (Vulgate)

Colossiens 3,1-2 — les réalités d'en haut, non celles de la terre

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. » (AELF)

« Igitur, si consurrexistis cum Christo : quae sursum sunt quaerite, ubi Christus est in dextera Dei sedens : quae sursum sunt sapite, non quae super terram. » (Vulgate)

Quae sursum sunt sapite, non quae super terram : c'est, en prose, le programme de la devise. Il faut s'attacher à ce qui est en haut plutôt qu'à ce qui est sur la terre, c'est-à-dire aux « terres » que possède une famille noble.

Philippiens 3,20 — notre cité est dans les cieux

« Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, » (AELF)

« Nostra autem conversatio in caelis est : unde etiam Salvatorem exspectamus Dominum nostrum Jesum Christum, » (Vulgate)

Aucune source consultée n'indique que les Assailly aient tiré leur devise d'un de ces versets. Le rapprochement reste interprétatif. Mais le latin altius et la construction a terra / super terram appartiennent bien au vocabulaire de la Vulgate que connaissait tout rédacteur de devise.

4.7 Concordance typologique : de la figure à l'accomplissement

Élément de l'écu

Ancien Testament (figure)

Nouveau Testament (accomplissement)

Idée commune

Lion d'or couché en pointe

Gn 49,9-10 ; Nb 24,9 ; Nb 23,24

Ap 5,5 ; Lc 1,32-33

La force de Juda au repos devient le Christ vainqueur, radix David

Lions d'or en supports

1 R 10,19-20 ; 1 R 7,29

Ap 4,7

Lions gardiens du trône et du sanctuaire, puis du Trône céleste

Tiges et feuilles de sinople

Is 11,1.10 ; Nb 17,23 ; Os 14,6-8 ; Ps 92,13-14

Mt 1,1 ; Rm 15,12 ; Ap 22,16 ; Ep 3,17 ; He 9,4

La lignée comme plante : racine, tige, fleur ; l'élection d'une maison

Trois lis d'argent

Ct 2,1-2.16 ; 1 R 7,19.22.26 ; Si 39,13-14 ; Si 50,8 ; Is 35,1 (Vg)

Mt 6,28-29 ; Lc 12,27

Le lis, couronnement du Temple, puis gloire donnée qui dépasse Salomon

Deux griffons d'or affrontés

Gn 3,24 ; Ex 25,18-22 ; Ez 41,18-19 ; 2 S 1,23 ; Dn 7,4 ; Lv 11,13 (Vg)

He 9,4-5 ; Ap 4,6-7

Gardiens de l'arbre de vie et de l'Arche, puis chérubins de gloire et Vivants

Champ d'azur

Ex 26,1 (hyacinthus)

Ph 3,20 ; Ap 21

Le ciel du sanctuaire, puis la cité céleste

Champ de gueules (variante)

Is 1,18 (coccinum) ; Ex 26,1 (coccus)

Ap 7,14

Le rouge qui devient blanc, puis le sang qui blanchit

Or

Ex 25,18 ; 1 R 10,18

Mt 17,2 ; Ap 21,18.21

L'or du sanctuaire et du trône, puis la lumière de la Transfiguration et de la Jérusalem céleste

Argent

Is 1,18 (nix)

Mt 17,2 ; Ap 3,5

La neige, puis le vêtement blanc des élus et du nom conservé

TERRIS ALTIUS

Is 55,9 (exaltantur caeli a terra)

Jn 12,32 (exaltatus a terra) ; Jn 3,31 ; Col 3,1-2 ; Ph 3,20

S'élever au-dessus de la terre


 

4.8 Le récit biblique de l'écu, verset par verset

Relu de bas en haut avec ces références, l'écu suit une progression qui va de la Genèse à l'Apocalypse :

  1. Genèse 49,9 : à la base, le lion de Juda se couche ; nul n'ose le réveiller. C'est la souche bénie.

  2. Isaïe 11,1 et Nombres 17,23 : de cette racine sort une tige, comme le bâton d'Aaron fleurit pour désigner une maison élue.

  3. Osée 14,6 et Cantique 2,2 : la tige s'épanouit en lis, pur « entre les épines ».

  4. 1 Rois 7,22 : le lis couronne l'ouvrage, perfectumque est opus.

  5. Exode 25,20 et Genèse 3,24 : deux gardiens d'or, affrontés, protègent ce qui est entre eux, l'arbre de vie ou l'Arche.

  6. Exode 26,1 : le tout se détache sur l'azur de la tenture du sanctuaire.

  7. Matthieu 6,29 : le lis surpasse la gloire de Salomon, c'est-à-dire l'or et les lions du trône.

  8. Apocalypse 5,5 : le lion couché s'est relevé, vainqueur, radix David.

  9. Isaïe 55,9 et Jean 12,32 : la devise scelle l'ensemble. Terris altius : plus haut que la terre, comme le ciel, comme le Christ « élevé de terre ».

 

5. La tradition alchimique : l'écu comme Grand Œuvre

La tradition alchimique décrit le Grand Œuvre en phases de couleur : noir (nigredo), blanc (albedo), parfois jaune (citrinitas), rouge (rubedo) (Wikipédia, Rubedo ; C.G. Jung). L'écu peut se lire comme une carte de ce parcours.

Phase

Élément de l'écu

Lecture

Matière première, lion vert

Tiges et feuilles de sinople

La matière vivante, encore « verte », non accomplie

Albedo

Lis d'argent

La matière purifiée ; la Lune ; la résurrection du blanc après le noir (CNRS Éditions)

Conjonction du fixe et du volatil

Griffons (lion et aigle)

L'union du soufre et du mercure (Poisson, Gallica)

Citrinitas et Soleil

L'or des supports et du lion

L'illumination, le métal parfait (Bartolo)

Rubedo (variante de gueules seulement)

Champ rouge

L'achèvement de l'œuvre, la pierre rouge

Sublimation

Champ d'azur et devise

La montée du volatil vers le « ciel » du vaisseau : Terris altius


 

Deux variantes, deux étapes de l'œuvre

  • Sur azur (forme attestée). Les lis blancs se détachent sur le ciel. L'écu représente l'œuvre au blanc sublimée : une purification qui monte. C'est une lecture contemplative, lunaire et mariale.

  • Sur gueules (variante). Les lis blancs reposent sur le rouge. L'écu réunit l'albedo et la rubedo, les deux « pierres » (au blanc et au rouge). C'est une lecture plus « achevée » et plus sacrificielle : la pureté obtenue à travers le feu, le sang ou l'épreuve. On retrouve le mouvement d'Isaïe 1,18, de l'écarlate au blanc.

Réserve sur la « langue des oiseaux »

L'hermétisme moderne, notamment Fulcanelli au XXe siècle (Les Demeures philosophales), a prétendu que les armoiries et les devises parlaient une « langue des oiseaux » fondée sur l'assonance (Wikipédia, Fulcanelli ; Wikipédia, Langue des oiseaux). C'est une grille du XXe siècle, sans valeur de preuve pour une famille d'Ancien Régime. On peut la mentionner comme lecture moderne possible, mais pas comme intention historique.

 

6. Lecture d'ensemble : lignée et quête spirituelle

Comme récit de lignée

L'écu se lit de bas en haut, comme une plante :

  1. La racine : le lion couché (s'il est retenu), une force patrimoniale et guerrière au repos.

  2. La croissance : tiges et feuilles de sinople, les générations qui poussent, l'espérance.

  3. La fleur : trois lis d'argent, l'honneur et l'intégrité, qui sont le fruit de la lignée. On peut y voir trois branches, trois générations ou trois vertus, mais seule une source familiale permettrait de choisir.

  4. La garde : les deux gardiens d'or affrontés, qui protègent l'héritage.

  5. La devise : « plus haut que les terres ». La noblesse de la lignée ne tient pas à ses fiefs, mais à ce qu'elle fait fleurir au-dessus d'eux.

C'est une devise à rebours de la noblesse terrienne : une famille qui possède des terres, et en tire son nom et ses titres, affirme que sa valeur est ailleurs.

Comme quête spirituelle

Le même écu raconte le chemin d'une âme :

  • Le point de départ : la force naturelle (lion), puissante mais « couchée », pas encore éveillée.

  • La croissance : la vie de la grâce (sinople), fragile et changeante, puisque le vert est la couleur de l'instabilité (Pastoureau, Vert).

  • La purification : les lis blancs, le « lis entre les épines », l'albedo.

  • L'union des deux natures : le griffon, qui unit terre et ciel, humain et divin, fixe et volatil.

  • L'élévation : l'azur céleste et la devise Terris altius, en écho à Isaïe 55,9.

 

7. Synthèse : interprétation ésotérique complète de l'écu

Sur le ciel d'azur du Tabernacle, trois lis vivants s'élèvent de la terre. Ils sont d'argent, couleur de la pureté et de l'œuvre au blanc, et nombreux de trois, comme la Trinité et comme la Vierge restée pure avant, pendant et après l'enfantement. Leurs tiges de sinople disent l'enracinement de la lignée et l'espérance qui la fait grandir : « il fleurira comme le lis, et poussera des racines comme le Liban ».

À la base repose le lion de Juda, couché mais vigilant, que nul n'ose réveiller. C'est la souche patriarcale, la force contenue, la racine de Jessé, marquée du lis qui annonce sa fleur.

De part et d'autre, deux griffons d'or se font face, comme les chérubins d'or de l'Arche et les gardiens de l'arbre de vie. Ils unissent l'aigle et le lion : le ciel et la terre, le divin et l'humain, le volatil et le fixe. Ils gardent le trésor, qui est la pureté de la lignée.

Le Nouveau Testament accomplit la figure : le lion couché se relève en « lion de la tribu de Juda, racine de David » (Apocalypse 5,5) ; le lis des champs surpasse la gloire de Salomon (Matthieu 6,29) ; le rouge du sang blanchit les robes des élus (Apocalypse 7,14).

La devise donne le sens du tout : TERRIS ALTIUS. Comme les cieux dominent la terre (Isaïe 55,9), comme le Christ « élevé de terre » (Jean 12,32), l'honneur de la maison doit s'élever au-dessus de ses terres. La lignée n'est qu'une tige ; sa raison d'être est la fleur.

Dans la variante de gueules, la même lecture prend un accent de feu et de sacrifice. Le lis blanc naît du rouge, comme la pureté née de l'épreuve (Isaïe 1,18), et l'œuvre alchimique réunit les deux pierres, au blanc et au rouge.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 09:14

 

 

INVENTAIRE DES CHARTES DE SYRIE  concernant le magistère de Gilbert d'Assailly (girbert Assalit) 1163- 1169 Ordre de Saint Jean de Jérusalem

 

79. 1163. Lettres patentes de Bohémond 111, fils de Raymond, prince d'Antioche, par lesquelles [il confirme]. toutes les donations que son père et les autres princes et seigneurs de sa cour avoient faites à l'ordre, et leur donne de plus un droit de bac dans l'étang, de la même manière que les autres seigneurs d'Antioche le possédoient, de l'an 1163.

 

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n° 23 (vidimus vers 1260). Ed. Pauli, Cod. dipl., I, p. 38, n° 37

.

80. 1163. Donation faite à l'ordre par Agnès et Omunde, sœurs, filles de Bertrand Pons, du consentement de leur mari et frères, d'une pièce de terre qui est devant la porte de Saint-Etienne, entre deux citernes; et, en considération de cela, le grand-maître leur donne 50 besans sarrazinois ladite donation étant confirmée par Hugues, seigneur de Césarée, de l'an 1163.

 

81. 23 novembre 1163. Confirmation faite par Baudouin, seigneur de Mirabel, de la donation que Balisan, son père, et Heluise, sa mère, avoit faite à l'ordre d'un tènement situé au terroir de Mirabel, du 23 novembre 1163.

 

82. 1163. Bail passé par Bernard, abbé du monastère de MontRabor, à Pierre de Nîmes de tout ce que son monastère avoit dans le comté de Tripoli, pour le temps de 25 ans, sous la rente de 900 besans, et moyennant 900 besans une fois payés pour le droit d'entrée, de l'année 1163.

 

Malte, Arch. de l'ordre, div. 1, vol. 2, n° 26 (orig.). Ed. Pauli, Cod. dipl., I, n°165, p. 208.

 

83. 10 août 1163. Transaction passée entre les Hospitaliers et un nommé Etienne, sa femme et ses enfants, pour certaines maisons qui avoient appartenues a Pons Catelan et Jean Calzenat, qui furent partagées entre l'ordre et ledit Etienne, par la médiation d'Arnoul, vicomte de Tyr, du 10 aout 1163.

 

84.. 1163. – Echange fait entre le grand maître Gilbert [d'Assailly] et Hugues, seigneur de Césarée, par lequel le grand maître lui donne un casal appelé Altafia, et Hugues donne au grand maître deux casaux, l'un appelé Zafaira et l'autre Abeiria, de l'an 1163.

 

85. 1163. – Instrument par lequel Bohémond III, prince d'Antioche, seigneur de Montréal et Ebron, confirme à l'ordre de Saint-Jean toutes les donations qui luy avoient été faites par plusieurs seigneurs, de l'an 1163. (V. n° 79.)

 

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n° 23 (vidimus vers 1260). Ed. Pauli, Cotd., dipl., I, n° 37, p. 38.

 

86. 1165. Donation d'Aymeri (Amaury) [lisez Baudouin] de Mirabel à l'ordre de Saint-Jean d'une vigne [lisez terre], située à la porte dudit Mirabel, de l'an 1165.

 

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n" 31 (orig.). Ed. Delaville Le Roulx, Les archives... p. 99.

 

87. 1165. Donation faite à l'ordre par Reynaud [II, le Mazoir], seigneur de Margat, du consentement de sa femme [Agnès], fille du comte de Tripoli, et d'Amaury et Bertrand, ses enfants, du casal de Toron, de celuy de l'Evêque et de plusieurs fonds de terre, de l'an 1165.

 

79. 1163. Lettres patentes de Bohémond 111, fils de Raymond, prince d'Antioche, par lesquelles [il confirme]. toutes les donations que son père et les autres princes et seigneurs de sa cour avoient faites à l'ordre, et leur donne de plus un droit de bac dans l'étang, de la même manière que les autres seigneurs d'Antioche le possédoient, de l'an 1163.

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n° 23 (vidimus vers 1260). Ed. Pauli, Cod. dipl., I, p. 38, n° 37.

80. 1163. Donation faite à l'ordre par Agnès et Omunde, sœurs, filles de Bertrand Pons, du consentement de leur mari et frères, d'une pièce de terre qui est devant la porte de Saint-Etienne, entre deux citernes; et, en considération de cela, le grand-maître leur donne 50 besans sarrazinois ladite donation étant confirmée par Hugues, seigneur de Césarée, de l'an 1163.

81. 23 novembre 1163. Confirmation faite par Baudouin, seigneur de Mirabel, de la donation que Balisan, son père, et Heluise, sa mère, avoit faite à l'ordre d'un tènement situé au terroir de Mirabel, du 23 novembre 1163.

82. 1163. Bail passé par Bernard, abbé du monastère de MontRabor, à Pierre de Nîmes de tout ce que son monastère avoit dans le comté de Tripoli, pour le temps de 25 ans, sous la rente de 900 besans, et moyennant 900 besans une fois payés pour le droit d'entrée, de l'année 1163.

Malte, Arch. de l'ordre, div. 1, vol. 2, n° 26 (orig.). Ed. Pauli, Cod. dipl., I, n°165, p. 208.

83. 10 août 1163. Transaction passée entre les Hospitaliers et un nommé Etienne, sa femme et ses enfants, pour certaines maisons qui avoient appartenues a Pons Catelan et Jean Calzenat, qui furent partagées entre l'ordre et ledit Etienne, par la médiation d'Arnoul, vicomte de Tyr, du 10 aout 1163.

84.. 1163. – Echange fait entre le grand maître Gilbert [d'Assailly] et Hugues, seigneur de Césarée, par lequel le grand maître lui donne un casal appelé Altafia, et Hugues donne au grand maître deux casaux, l'un appelé Zafaira et l'autre Abeiria, de l'an 1163.

85. 1163. – Instrument par lequel Bohémond III, prince d'Antioche, seigneur de Montréal et Ebron, confirme à l'ordre de Saint-Jean toutes les donations qui luy avoient été faites par plusieurs seigneurs, de l'an 1163. (V. n° 79.)

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n° 23 (vidimus vers 1260). Ed. Pauli, Cotd., dipl., I, n° 37, p. 38.



86. 1165. Donation d'Aymeri (Amaury) [lisez Baudouin] de Mirabel à l'ordre de Saint-Jean d'une vigne [lisez terre], située à la porte dudit Mirabel, de l'an 1165.

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n" 31 (orig.). Ed. Delaville Le Roulx, Les archives... p. 99.

87. 1165. Donation faite à l'ordre par Reynaud [II, le Mazoir], seigneur de Margat, du consentement de sa femme [Agnès], fille du comte de Tripoli, et d'Amaury et Bertrand, ses enfants, du casal de Toron, de celuy de l'Evêque et de plusieurs fonds de
terre, de l'an 1165.

88. 1166 [après 29 avril 1166]. Donation faite au grand maître Gibert [d'Assailly] par Amaury, roy de Hierusalem, d'un hôpital situé à Napoli de Syrie avec toutes ses appartenances et aumônes, faites tant par les roys ses prédécesseurs que autres personnes, à condition que cet hôpital servira toujours pour les malades, de l'année 1166.

89. 1167. Confirmation faite par Amaury, patriarche de Jérusalem, de l'échange fait entre l'ordre et Raynaud, abbé du monastère de la Latine, par lequel l'ordre avoit acquis une maison dans la ville de Jérusalem, qui servoit un besan de cense au patriarche, de l'an 1167.

90. 8 janvier 1167 [janvier 1168]. Donation de Bohémond III,. fils de Raymond, prince d'Antioche, au grand maître Gilbert [d'Assailly], de plusieurs terres et casaux dans la principauté d'Antioche, avec une confirmation de toutes les donations que l'ordre avoit eues de ses prédécesseurs, du 8 janvier 1167.

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n" 43 (orig.). Ed. Pauli, Cod. dipl., I, p. 43, n° 43.

91. 1167. Donation faite par Pétronille, fille de Porcel, et son fils Adam à l'ordre d'une maison dans Hierusalem, située à la rue des Syriens, pour laquelle ils recevront par aumône 360 besans, de l'an 1167.

93. 1168. Confirmation faite par Amaury, roy de Hierusalem, en faveur du grand maître Gilbert [d'Assailly], de la vente que Baudouin de Mirabel luy avoit fait, du consentement de sa femme [Richilde] et de ses frères [Hugues et Barisan], d'un casal appelé Sainte-Marie, de l'an 1168.

93. 20 août 1169. Donation faite par Amaury, roi de Hierusalem, & l'Hôpital de Saint-Jean, de la ville de Bulbes (Bilbéis) et ses appartenances, et autant de terre depuis la ville, en tirant vers la Syrie jusqu’à la mer, qu'il en faut pour produire 150000 besans, du 13 des calendes de septembre 1169.

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n° 53 (orig. auj. perdu). Ed. Pauli, Cod. dipl., I, n° 48, p. 49.

94. Septembre 1169. – Donation faite par Geoffroy le Tort à Guérin, abbé du monastère de Monthabor, d'une censé de douze besans à prendre toutes les années sur son casal appelé Maucreth, du mois de septembre 1169.

Malte, Arch. de l'ordre, div. I, vol. 2, n° 52. Ed. Pauli, Cod. dipl., I, n° 166, p.209.

95. 1170. Confirmation faite par Bohémond III, prince d'Antioche, en faveur du grand maître Gilbert et de l'Hôpital, du château de Crat (Krak) et de la ville de Raphanie, que Raymond II [I], comte de Tripoly, qui étoit pour lors prisonnier, leur avoit donné, de l'an 1170. (V. n° 32.)

96. Avril 1171. –Donation de Gautier, prince de Galilée, du consentement d'Eschive, sa femme, et de ses enfants, au monastère Saint-Sauveur de Monthabor, d'une censé de 20 besans sur le fondigue de Tibériade, au mois d'avril de l'an 1171.

97. Sans date [1163-1169]. Acte par lequel Robert de Blanchecour se rend donné de l'ordre entre les mains du grand maître Gilbert [d'Assailly], et veut que tous ses biens, en cas qu'il meure sans enfants, lui soient acquis, sans date.

 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 15:57


Maîtrise de Gilbert d’Assailly de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem par Guillaume de Tyr - Guillelmo Tyriensi - p. 978



Caussam porro et incentivum hujus mali, au aiunt, ministrabat, Gerbertus cognomento Assalit, Magister Domus Hospitalis quae Hierosolymis, vir magnanimus et quadam liberalitate donandi profusus, tanem instabilis et mente vagus. Hic omnes ejusdem Domus Thesauros exponens, insuper et infinitae quatitatis pecuniam mutuam fumens, omnia militibus erogavit, quoseumque invenire potuit fibi alliciens, unde praedictam domum tanta aeris alieni mole gravarit quod non erat spes solotum iri. Ipse etiam post modum desperans, officium suum deserens et administrationi renuncians, in centum millibus aureorum dimisit domum obligatam, ea tamen consideratione tot et tantas misisse dicitur expensas, quod capta et subjugata Aegypto, Belbeïs quae olim dicta est Pelusium cum universo territorio suo juri ejusdem domus ex pacto prius eum Rege inito cederet in perpetuum.



« L’en disait, que en cel proposement et en cele mauvese volenté l’avait mis seur touz les autres uns mestres de l’Ospital de Jérusalem qui avait non Girbert Assailliz, un homme sanz faille, de grant cuer, mès n’estoit mie bien estable ne fins en sa loiautez. Cil despendi tout le tresor de sa meson et par desus emprunta grant some d’avoir por données as chevaliers en soudées que il mena en cel ost avec le roi. La meson de l’Ospital en fu endetée que l’en cuida qu’ele ne se poïs jamès aquiter. Il meismes per desesperance en laissa puis sa baillie et guerpi la mestrise. Endetée en remest après lui la meson de l’Ospital de cens mille besanz ou plus. Nequedant, cil qui escuser le voudrent distrent que ces granz despens avoit il fez porce que li rois li avoit en couvenant, se l’en pooit conquere le roiaume d’Egypte, que li Ospitaux aurait la cité de Belbès à tenir comme seue à tosjorz. »



Embarquement à Dieppe de Gilbert d’Assailly pour aller voir Henry II Plantagenêt, roi d’Angleterre, mais le navire sombre, il est en mauvais état (est-ce une allégorie!!!)

 

par : Roger de Hoveden sub ann. 1183. in Henrico secundo, fol. 622.


Eodem anno Gilbertus dictus Assailly summus Magister Hospitalis Hierusalem venit in Normaniam ad Henricum Regem à quo honorificè susceptus est, et accepta à Domino Rege licentia transfretandis in Angliam, venis usque ad Depé, et ante festum sancti Michaëlis nvem quamdam quae jam ferè per annum in arena et refecta et in altum deducta suerat, cum multis tam clericis quàm laicis, qui jam longa expectatione fatigati suerant intravit, sed mox navis illa extra portum in altum ducta velut lapis in profundum descendit compagibus dissolutis, et ipse Gilberti et caeteri universi qui in ea erant praeter octo tantum qui beneficio naviculae evaserunt, submersi sunt decimo - tertio kalendas Octobris.

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 09:46

 

gilbert-d-assailly-2.jpg

Les sources diffèrent quand a l'écriture du nom, mais nous avons affaire au même personnage Gilbert d'Assailly, plus vraisemblablement Gerbert d'Assalit ou d'Assaly. 
Le nom-prénom  est commun en Limousin (tel Assalit ou Assalide),  assaillir en vieux français s'écrit assalhir et le nom s'écrit donc Assalhit 

Notée dans le Languedoc, près de Carcassonne, issu de la famille des d'Assalit ou d'Assailly  plus tard vassale des Vicomtes de Rodez. (magistrat) ; suivant une source (voir d'Assailly généalogie médiévale) ou magistrat du diocèse du Rhédésium ou de Rhédé (Vicomte de Bézier) - notamment Bernard Aton IV Trencavel.
Il succède à Arnaud de Comps/ Arnold de Comps ou Ogier de Balben à la grande Maîtrise de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem de 1163 à 1169, après avoir été bailly de Syrie dès 1146. Certaines sources le notent comme ami et confident du roi de Jérusalem Amaury 1er.
Sa Maîtrise est évoquée dans l'autre article sur Gilbert d'Assailly/Gilbertus Assalliensis.
Après sa démission de l'ordre il rentre en métropole et va s'installer en Normandie dans les domaines Henry II Plantagenêt qu'il voit à Rouen (1), durant cette période Agnès d'Assalit ou d'Assailly épouse Hugues de Chaumont en Vexin (1181-1225) seigneur de Gisors (1218 Cartulaire de Saint Germer),
Certaines sources le voient périr en haute mer sur une embarcation délabrée en partance pour Dieppe, mais n'était ce pas une allégorie de sa Maîtrise  (2)!!! en tout cas l'histoire est courante car le fils d'Henry 1er Beauclerc et de Edith/Matilde d'Ecosse, Guillaume-Adelin (1103-1120) devait périr dans un voyage similaire sur la Blanche Nef.

(1) Henry II - Roger de Hoveden, chroniqueur contemporain d'Henry Plantagenêt

(2) Médaille gravée dans l'ouvrage gravé à Parme par Bodoni, figurant une galère et cette légende : "Prima navali praelio victrix" - dans Monumens des Grands Maîtres de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem par Louis François de Villeneuve-Bargemont, 1829 - Paris

(2) Henry II - Roger de Hoveden - p. 622

Autres articles sur la ville de Niort :


Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

Lettre de création d’un régiment royal de la ville de Nyort par Louis XIII le 16 juin 1621,
Arrêt du Conseil du Roy Louis XIV portant sur la réduction des échevins et officiers de la ville de Nyort le 18 juillet 1681,
Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,
Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,
Etude sur les Poulpes, calamars, pieuvres et Hydres mythiques

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Bref historique de la ville de Niort,
Chartes originales de la ville de Nyort, par Aliènor d’Aquitaine en 1203 et confirmées par ses successeurs,

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,


 

Sur cette généalogie gilbert Assalit (Guitbert, Guilbert) est noté fils de Bertrand de Brissac et petit fils de Pons II de Ganges (baron de Ganges) lui même issu des vicomtes de Fenohlet (Fenouillet) descendant de Sentil de Cameles. Son père le goth Ansemund du Vallespir possédait la moitié de l'ancien comté du Razes, l'autre moitié plus tard ira aux Trencavel. 

 

Dans celle ci on voit le détail de l'ascendance de Sentil de Cameles fils du goth Ansemund de Vallespir et époux de Quixol de Barcelone. Ils sont les ascendants des familles de Castelnou, Fenouillet, Peyrepertuse, Ganges,  mais également de Termes. Ces parties représentent en gros la moitié de l'ancien comté du Razes, sauf Ganges, dont Agones est le plus ancien domaine qui appartenait en propre aux comtes de Maguelone, ç'est à dire à Aigulf mais avant à un Ansemund vers 740.

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 09:28
gilbert-d-assailly.gif

V ème Grand Maître de l'Ordre Souverain de Saint Jean de Jérusalem  (Ordre de Saint Jean de l'Hospital).

 

1163-c1169-1170 

 

http://www.orderofmalta.org/storia.asp?idlingua=3

 

Assalit, Assally ou de Sailly (Blason personnel Gilbert d'A., grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, vers 1161.).écartelé : au premier et au quatrième de gueules à la croix d'argent, au deuxième et au troisième d'azur semé d'étoiles d'or au lion du même brochant sur le tout
http://www.euraldic.com/blas_as.html

Gilbert d'Assailly abdique suite à une campagne désastreuse et coûteuse en Egypte, malgré l'édification de multiples places fortes et renforcements de citadelles (architecture militaire) pour l'Ordre des Hospitaliers dans les domaines francs ; c'est aussi le début de la  période de l'union des deux royaumes "Babylone et Damas" par le très honorable Saladin (1137-1193)  (Salah al Din Yusuf al-Ayyubi).

Le jeune roi de Jérusalem Amaury  1er avait attribué à l'Ordre Bilbeis, son territoire et une vingtaine de villes en Egypte afin de s'assurer sa collaboration, ceci malgré les avis de Bertrand de Blanchefort Grand Maître du Temple et principal instigateur de l'accord de 1167.

Ce traité avait été négocié sous forme d'alliance entre les états Latins et l'Egypte fatimide du Sultan Shawar contre la Syrie Ayyubide de Nur al-din (mais je reviendrais sur cet épisode dans un prochain article).

Ces évènements favorisèrent au sein même de l'Ordre de Saint Jean divisions et les complots :

http://www.aragon10.free-online.co.uk/grandmasters/rostang.html

"Aut Salliensis de Frater Gilbertus Assaliensis, animo d'excelso de qui et fuit de liberalis de tam, ut dans l'inclinaret de prodigalitatem, milites d'erga de praesertim, fecerit de sumptus de magnos d'ut d'adeo, et sumere de mutuas de pecunias de fuerit de coactus d'Ordinis d'aerario d'omni d'exhausto, conditione de hac, silicium Pelusium, pulsis d'infidelibus, expugnaret, acquireretur d'Ordini d'illud, quod III. Novembr d'ut. MCLXVIII. exsequutus d'est de feliciter. Habuit d'Ierosolymae de Capitulum de generale d'anno d'ordre technique : videret de cumque, conflasse d'alieni d'aeris multum de Se, et Ordinem plus le debere de milia d'aureorum de centum de quam, affectus de taedio, voto ex de consilia de sua de quod non succederent, abdicavit de Se de Magistri de magni d'officio, anno MCLXIX. "

Sources : Avity, d'; Gottfried, Johann Ludwig de Pierre : Archontologiae Cosmicae, Liber III : Origo Ordinum Militarium, tam Regularium, Dissertatio de Ordine Equitum Melitensum, Francfort sur Main, 1628

D'Avity voit en la gestion de Gilbert d'Assailly une marque de prodigalité, mais sous son égide ce dernier augmente considérablement le nombre de places fortes soit presque un triplement de celle ci en même temps que celui des mercernaires Turcopoles.("formaient comme une garde de guerriers domestiques" - " des chrétiens de rite oriental paraissent fournir l'essentiel des effectifs des Turcopoles" - Les Croisades et les Etats Latins d'Orient -  "Les Turcopoles..." J. Richard pp 261-270)

Si certains sont des prisonniers convertis au christiannisme selon le Libellus, il leur est attribué des tenures (Un croisé contre Saladin - Renaud de Châtillon - Pierre Aubé p. 233 (Ce livre n'est justement pas ce que semble définir le titre et il demeure une oeuvre de référence dans la connaissance de cette période, les sources sont occidentales et Moyen Orientales. Incontournable!!!))

 Cette restructuration nécessite de nouveaux aménagement hiérarchiques le grade de Maréchal (Second du Grand Maître) est créé ainsi que celui de Châtelain (Commandant de forteresse). De ce fait l'Ordre se réoriente sensiblement un côté militaire et s'engage dans des campagnes au côté du roi de Jérusalem.

La Papauté quand a elle refuse de reconnaître ce nouveau rôle militaire mais surtout l'entretien d'une milice armée au sein de l'Ordre qui ne doit servir qu'a la défense des lieux saints et dont la dépense n'est qu'une « aumône ».

 

Les rapports avec certains membres du Clergé sont assez ambigus à ce sujet, cette militarisation est vue comme une perversion. Les Hospitaliers sont reçus assez frileusement en Orient et en Occident malgré les recommandations Papales. Le patriarche Foucher reproche notamment au Pape en 1155 les privilèges accordés à l'Ordre qui le rende plus puissant mais aussi plus indépendant (exonérations dimpôts, défense aux évêques de prononcer une sentence dinterdit à lencontre dune église sous lautorité de lHôpital, excommunication dun Hospitalier impossible ). Malgré les nombreuses plaintes à l'encontre de l'Ordre les souverains Pontifes sauront temporiser les craintes des écclésiastiques.

Il est vrai que les dons en faveur de l'Hopital ne vont cesser de croître tout au long des magistères, promesses de faveurs spirituelles et salut de l'âme des donateurs. Les Miracula cautionnent la liaison mystique de l'Ordre avec l'Histoire. Une véritable organisation se met en place pour recueillir les dons et des campagnes de sollicitations trouvent écho et soutient auprès de autorités pontificales qui demande à la hiérarchie catholique ainsi qu'a la noblesse de réserver le meilleur accueil à ses visiteurs :

« Ainsi beaucoup décrits font état de dons de chevaux en faveur de lHôpital, mais aussi de terres. Ces terres ou territoires peuvent couvrir dimportantes surfaces et portent le nom de « sauveté » ou « salvetat » (beaucoup de noms de villes y font encore référence) ; elles sont délimitées géographiquement par des croix. Ces sauvetés échappent au contrôle du seigneur et il ne peut plus percevoir y dimpôt. Fait intéressant quand on sait que le donateur peut encore habiter sur les terres offertes à lOrdre.
Les dons de terrains sont tellement importants au début du XIIème siècle que lHôpital va créer des structures regroupant les plus proches : les commanderies ou baillies. Plusieurs commanderies forment un prieuré. »

-  Pauli, p.42 - avr. 1165 - donation de deux villages (casalia) par Walter, seigneur de la Galilée à Gilbert, Grandmaster au nom de l'hôpital 

Pour Gilbert d'Assailly la question est donc de fortifier l'Ordre avec les moyens financiers à disposition, mais sans appui financier du Vatican, il se voit donc obliger de contracter un emprunt pour couvrir la dette de l'Ordre à la condition de conquérir la ville de Pélusium en Egypte au profit de l'Ordre ; ce qu'il fait le 3 novembre 1168. Mais le montant de la dette se monte à 100 000 marcs d'or et finalement il abdique. Il part demander des subsides pour la défense des Etats Latins auprès de l'archevêque de Trasi, cependant que le Grand Précepteur Guy de Mauny en fait de même auprès des Princes d'Occident en 1169. Bohémond III  Prince d'Antioche en 1168 et  le roi Amalric régent du Comté de Tripoli en 1170 accordent de considérables territoires à la frontière nord-est du pays pour servir de marches face aux états sarrazins (Cartulaire i. n os 391, 411)

- Le Codice Diplomatico
(T1, fol. 229) "La narrazione della rennenzia del Grand-Maestro Gisberto d'Assaly, mandato a Roma sua sanita"  - "ce est le faict de la rassegnation que Maistre Gisbert del Hospital que fut envoiez a Rome" 

témoins de l'acte :
- Amalric - Patriarche de Jérusalem,
- Amalric - roi de Jérusaleme,
- Radulfe - évêque de Bethléem,
- Bernard - évêque de Lidde,
- Renaud - abbé du Mont Sion,
- Pierre - abbé de la vallée de Josaphat,
- Pierre - abbé du Saint Sépulchre

Cette période prélude à la montée en parallèle de Saladin son impact commençait déjà a être assez puissant sur le monde musulman et l'unification de l'Islam se faisait préssentir.

 

 Sources : - Aux origines de lOrdre de Malte, de la fondation de lHôpital de Jérusalem à sa transformation en ordre militaire - Alain Beltjens - 1995

 

Sources en ligne : http://books.google.com/books?id=GWEGdbtW8RAC&pg=PA65&lpg=PA65&dq=%22d+assailly%22&source=web&ots=bVxbpS6CxP&sig=o6YrSAuw_NRLfwC7IowDJ1KYQys#PPR9,M1

 

Adamant Média Corporation - Tous droits réservés -

ISBN 1421208431

de Joseph Delaville Deroulx (1855-1911) 

Les Hospitaliers en terre sainte et Chypre (1100-1310) réédition 2004

de l'ouvrage original de 1904

Editions Elibron Classics  : Chapitre V, p. 65 "Gilbert d'Assailly et Caste de Murols"

Les sources de cet ouvrage sont en particuliers :

- Cartulaires - Cf. Archives de l'Orient Latin

- Lettre de Gilbert à l'Archevêque de Trasi pour secours pécuniaires au sujet de la défense des Etats Latin d'Orient.

autres articles sur Niort :

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,

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Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
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Bref historique de la ville de Niort,
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