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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 16:32
Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament

Archives départementales XVIIème siècle.

Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament
Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament

Blason tel qu'il est dans l'église de Vouillé dans les Deux-Sèvres coté gauche en face de l'autel.

Les variantes sont soit d'azur (fond bleu) ou de gueule (fond rouge). la plus ancienne étant de gueule (pour la filiation protestante) et d'azur (pour la filiation catholique).

 

_______________________________________________________________________________________________

 

 

1. L'écu étudié : ce que disent les armoriaux

Avant toute lecture symbolique, il faut établir l'objet. Trois armoriaux imprimés permettent de fixer la composition et son rattachement à la famille d'Assailly, en Poitou.

Source

Texte relevé

Apport

René Pétiet, Armorial poitevin, 1911

« Assaily, Assailly (Comtes). Niort. D'azur à 3 lis de jardin d'arg. tiges et feuilles de sin. S. : deux lions ou griffons d'or. Dev. : Terris altius. » (Armorial poitevin, archive.org)

Source la plus complète : champ, meubles, supports, devise

H. Gourdon de Genouillac, Recueil d'armoiries des maisons nobles de France, 1860

« Assailly (d'). — D'azur, à trois lis d'argent, tigés et feuillés de sinople. » (Recueil d'armoiries, archive.org)

Confirme le champ d'azur

Chassant et Tausin, Dictionnaire des devises historiques et héraldiques

« Terris altius. — D'Assailly. » (Dictionnaire des devises, archive.org)

Confirme la devise

J. de Champeaux, Devises, cris de guerre, légendes, dictons

« Aesailly [sic, pour Assailly] (d') (Poitou). — Terris altius. » (Devises, cris de guerre, archive.org)

Rattachement au Poitou

Précaution de méthode : trois couches de sens

Une lecture ésotérique honnête doit distinguer trois couches.

  1. La couche héraldique primaire. Au Moyen Âge, les armoiries servent d'abord à identifier. Michel Pastoureau montre que la couleur ne devient un concept abstrait, porteur d'une symbolique stable quel que soit son support, que progressivement, entre l'an mil et le XVe siècle (Pastoureau, Comptes rendus de l'Académie des inscriptions, 2016). Les significations médiévales des couleurs restent « multiples et non restrictives » (Aisling 1198, d'après Pastoureau).

  2. La couche des traités symboliques. Elle se développe du XIVe au XVIIe siècle, avec Bartolo de Sassoferrato (vers 1355-1358) (Heraldica.org, Bartolo), le héraut Sicille et son Blason des couleurs au XVe siècle (Sicille, Google Books), puis Vulson de La Colombière au XVIIe, qui systématise les correspondances : planètes, pierres, vertus, éléments (Wikipédia, Gueules).

  3. La couche hermétique et exégétique. Ce sont les lectures bibliques (typologie de l'Ancien Testament), mariales, christologiques et alchimiques. Elles sont légitimes comme grille de lecture, mais ne prouvent pas l'intention des premiers porteurs.

Le guide qui suit superpose ces trois couches et signale, à chaque étape, leur degré de certitude.

 

2. Les émaux

Tableau de synthèse

Émail

Tradition héraldique

Lecture chrétienne

Écho de l'Ancien Testament

Lecture alchimique

Azur (champ attesté)

« Royauté, majesté, beauté » (Armorial des principales maisons, Wikisource) ; loyauté, fidélité (Aisling 1198)

Le bleu devient un attribut marial au XIIe siècle (Aisling 1198) : ciel, manteau de la Vierge

Le « bleu » (hyacinthe) des tentures du Tabernacle, brodées de chérubins (Exode 26,1), lu par l'exégèse comme le « caractère céleste » (BPC, Exode 26)

L'air, l'espace où se sublime le volatil : le « ciel » du vaisseau alchimique

Gueules (variante)

« Courage, hardiesse, intrépidité » (Wikisource) ; mais aussi orgueil (Aisling 1198)

Pour Vulson : « justice, charité et amour ardent envers Dieu et son prochain » ; planète Mars, élément Feu (Wikipédia, Gueules). Sang du Christ et des martyrs

L'écarlate du péché qui devient blanc : « si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige » (Isaïe 1,18)

Rubedo, l'œuvre au rouge, dernière phase et achèvement du Grand Œuvre (Wikipédia, Rubedo)

Argent (lis)

« Innocence, blancheur, virginité » (Wikisource)

Pureté, virginité mariale, Transfiguration, vêtement blanc des élus

La blancheur de neige et de laine d'Isaïe 1,18 : la pureté rendue

Albedo, l'œuvre au blanc : la lumière après les ténèbres, la « résurrection » de la matière (CNRS Éditions, chapitre Alchimie) ; la Lune

Or (supports)

« Richesse, force, foi, pureté, constance » (Wikisource). Pour Bartolo, l'or est la plus noble des couleurs et figure le Soleil (Bartolo, traduction russe, Vostlit)

Lumière divine, gloire, royauté du Christ

Les deux chérubins « d'or battu » de l'Arche d'alliance (Exode 25,18-20)

Le Soleil, le métal parfait, but de la transmutation

Sinople (tiges et feuilles)

« Espérance, abondance, liberté » (Wikisource) ; joie, jeunesse (Aisling 1198)

Couleur ambivalente : vie, sève, espérance d'un côté ; poison, Diable, instabilité de l'autre (Pastoureau, Vert, Google Books)

L'enracinement : Israël « fleurira comme le lis et poussera des racines comme le Liban » (Osée 14,5)

Le lion vert du Rosarium philosophorum (1550), agent de dissolution ou « mercure » des philosophes (Genovefa, Bibliothèque Sainte-Geneviève)


 

 Deux remarques d'histoire des couleurs

  • Le mot « sinople » a d'abord désigné un rouge, avant de se fixer sur le vert (Aisling 1198 ; Wikipédia, Gueules). Pour un lecteur ésotérique, ce glissement est parlant : le vert des tiges garde la mémoire d'un feu.

  • Le gueules est l'émail le plus fréquent de l'aristocratie féodale ; Pastoureau le relève dans environ 60 % des armoiries européennes (Wikipédia, Gueules). Choisir l'azur (forme attestée tardivement) plutôt que le gueules place donc l'écu dans un registre plus contemplatif que guerrier.

3. Les meubles et les ornements

3.1 Les trois lis de jardin

Nature héraldique. Le « lis de jardin » (ou « au naturel ») n'est pas la fleur de lis stylisée des Capétiens. C'est la plante entière, avec sa tige et ses feuilles. Plusieurs familles françaises portent des lis de ce type sur azur, comme les Lefèvre d'Ormesson : « d'azur à trois lys de jardin d'argent, tigés et feuillés de sinople » (Wikipédia, Armorial des familles de France). Ce type d'armes est donc bien établi.

Lecture chrétienne.

  • Le lis est « l'emblème de la virginité ». Dans l'iconographie mariale, une tige à trois fleurs signifie que « Marie a été vierge avant, pendant et après son enfantement » (La Rose et l'imprimé, Université de Poitiers).

  • Le bouquet de lis des Annonciations signifie aussi la pureté originelle de Marie (Presses universitaires de Rennes, Tota pulchra es).

  • Le nombre trois est lu comme trinitaire. Un texte médiéval sur les fleurs de lis explique qu'elles sont trois parce que ce nombre « contient en lui le commencement, le milieu et la fin », comme la Trinité (Wikipédia, Fleur de lys).

Ancrage dans l'Ancien Testament.

  • « Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie » (Cantique des Cantiques 2,2). C'est le lilium inter spinas que la mystique médiévale applique à la Vierge (Floralens ; Eikón Imago, UCM).

  • « Il fleurira comme le lis, et il poussera des racines comme le Liban » (Osée 14,5). C'est le verset qui correspond le mieux à un lis tigé et feuillé : fleur en haut, racines en bas.

  • Les chapiteaux des colonnes du Temple de Salomon « représentaient des lis » (1 Rois 7,19) : le lis couronne ce qui s'élève.

  • « Florete flores quasi lilium » : « fleurissez comme le lis, répandez votre parfum » (Siracide 39, Vulgate, Douay-Rheims).

Lecture alchimique. Le lis blanc est le signe de l'albedo : la matière purifiée, blanchie, qui a traversé l'œuvre au noir (C.G. Jung, phases de l'alchimie). La tige verte figure la sève de la matière première, la fleur blanche le premier accomplissement.

3.2 Les griffons d'or (supports)

Nature. Le griffon réunit l'aigle (tête, ailes, serres) et le lion (corps). Critère pratique : s'il y a des ailes et un bec, c'est un griffon ; sinon, un lion.

Ambivalence biblique. La Vulgate range le griffon parmi les oiseaux impurs (Lévitique 11,13 ; Deutéronome 14,12). Isidore de Séville en fait un fauve qui déchire hommes et chevaux (Danteworlds, Griffin). Le griffon est donc, au départ, une force sauvage.

Des chérubins aux griffons : le lien avec l'Ancien Testament. C'est le rapprochement le plus fort de tout l'écu.

  • Dans l'iconographie du Proche-Orient ancien, les chérubins ont été comparés au sphinx, lion ailé à tête humaine ; quand le lion ailé a une tête d'oiseau, on l'appelle griffon (InterBible, L'archéologie et les anges). Roland de Vaux suggérait même que les sphinx avaient emprunté aux griffons leur fonction de gardiens (mémoire sur les chérubins).

  • Ces êtres hybrides protègent les arbres sacrés. Ils sont devenus les gardiens du jardin d'Éden, placés sur le chemin de l'arbre de vie après l'expulsion d'Adam (Genèse 3,24) (Presses universitaires de Rennes, Les anges n'ont pas toujours eu des ailes).

  • Sur l'Arche d'alliance : « Tu feras deux chérubins d'or [...] se faisant face l'un à l'autre », les ailes déployées au-dessus du propitiatoire (Exode 25,18-20).

Deux gardiens ailés, d'or, affrontés, encadrant ce qui est sacré : c'est exactement la disposition des supports de l'écu. Lus ainsi, les griffons font de l'écu une arche ou un jardin gardé. Les trois lis jouent le rôle de l'arbre de vie, ou de ce que contient l'Arche.

Lecture chrétienne. Chez Dante, le griffon qui tire le char de Béatrice est le Christ, « une seule personne en deux natures » (Purgatoire 31,81) (Danteworlds ; Treccani, Enciclopedia Dantesca). L'aigle correspond à la divinité, le lion à l'humanité. Chez Dante, ses parties d'aigle sont justement d'or.

Lecture alchimique. Le lion figure le soufre, principe fixe, et l'aigle le mercure, principe volatil (Albert Poisson, Théories et symboles des alchimistes, Gallica). Le griffon, qui réunit les deux, représente l'opération centrale de l'œuvre : fixer le volatil et volatiliser le fixe. C'est la conjonction des contraires, la pierre en voie d'achèvement.

3.3 Le lion : supports possibles et lion couché en pointe

Ambivalence médiévale. Dans la pensée médiévale, le lion est « un être ambivalent ». Il est souvent négatif dans l'Ancien Testament (Samson, David, Daniel ; « sauve-moi de la gueule du lion », Psaume 22) (Bulletin monumental, 1993, « Du texte à l'image : l'exemple du lion »). Avec l'Apocalypse, il devient le Christ lui-même : « le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » (Apocalypse 5,5) (même article).

Le lion couché de l'Ancien Testament. La bénédiction de Jacob donne une clé précise pour le lion « couché » :

« Juda est un jeune lion [...] Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne : qui le fera lever ? » (Genèse 49,9)

Balaam reprend la même image pour tout Israël (Nombres 24,9). Le lion couché n'est donc pas un lion vaincu. C'est une force souveraine au repos, que nul n'ose réveiller. C'est aussi la source directe du « lion de Juda » de l'Apocalypse, désigné comme radix Jacob, la racine de Jacob (Bulletin monumental). Placé en pointe, c'est-à-dire en bas, ce lion devient littéralement la racine de l'écu.

Le Physiologus. Le bestiaire chrétien ajoute deux propriétés (Physiologus, University of Victoria) :

  • le lion dort les yeux ouverts, comme le Christ dont le corps dort dans la mort tandis que sa divinité veille ;

  • le lionceau naît mort et son père lui rend la vie le troisième jour, figure de la Résurrection.

Un lion couché convient parfaitement à la première propriété : il est au repos, mais vigilant.

La fleur de lis sur le lion. Si elle est bien voulue, elle « marque » la force terrestre du sceau de la pureté ou de la fidélité royale. C'est le lion de Juda qui porte en lui la tige de Jessé.

Lecture alchimique. Le lion d'or est le soufre fixé, le Soleil terrestre. Le Rosarium philosophorum montre à l'inverse un lion vert qui dévore le Soleil, image de la dissolution de l'or ordinaire (Cahier de recherche, transmutation spirituelle). L'écu réunit les deux pôles : le vert des tiges (lion vert, matière vivante) et l'or du lion couché (matière fixée, accomplie).

 

 

4. Références bibliques précises : Ancien et Nouveau Testament

Cette section donne, pour chaque élément de l'écu, les versets exacts de l'Ancien Testament (la « figure ») et du Nouveau Testament (l'« accomplissement »). Chaque verset est donné en français dans la traduction liturgique officielle de l'AELF, puis en latin dans la Vulgate clémentine, le texte que lisaient les clercs, les hérauts et les lettrés d'Ancien Régime.

Numérotation. Les références suivent la numérotation hébraïque, celle des Bibles françaises modernes. Quand la Vulgate diffère, sa numérotation est donnée entre parenthèses : par exemple Ps 91 (90) ou Si 39,13-14 (Vg 39,17-19).

Écarts de traduction. Ils comptent pour l'héraldique. Là où les traductions modernes lisent « rose » ou « gypaète », la Vulgate dit souvent lilium ou gryps. Un lecteur médiéval ou moderne voyait donc des lis et des griffons là où nos Bibles n'en montrent plus. Ces écarts sont signalés au fil du texte.

4.1 Le lion couché : la souche de Juda

Ancien Testament

Genèse 49,9-10 — bénédiction de Jacob sur Juda : le texte fondateur du lion couché

« Juda est un jeune lion. Tu remontes du carnage, mon fils. Il s’est accroupi, il s’est couché comme un lion ; ce fauve, qui le fera lever ? Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront. » (AELF)

« Catulus leonis Juda : ad praedam, fili mi, ascendisti : requiescens accubuisti ut leo, et quasi leaena : quis suscitabit eum? Non auferetur sceptrum de Juda, et dux de femore ejus, donec veniat qui mittendus est, et ipse erit expectatio gentium. » (Vulgate)

La Vulgate dit requiescens accubuisti ut leo : « au repos, tu t'es couché comme un lion ». C'est l'attitude exacte du lion couchant. Le verset 10 lie ce lion à une descendance, celle du sceptre qui ne quittera pas Juda : le lion couché est d'emblée une image de lignée.

Nombres 24,9 — oracle de Balaam

« Puis il s’accroupit, il se couche, comme un lion, comme une lionne. Qui le fera se relever ? Béni soit celui qui te bénira, maudit soit celui qui te maudira ! » (AELF)

« Accubans dormivit ut leo, et quasi leaena, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus : qui maledixerit, in maledictione reputabitur. » (Vulgate)

La Vulgate insiste encore : accubans dormivit ut leo (« couché, il s'est endormi comme un lion »), quam suscitare nullus audebit (« que nul n'osera réveiller »). Elle y joint une bénédiction : Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus.

Nombres 23,24 — le contrepoint : le lion qui se dresse

« Voici qu’un peuple se lèvera comme une lionne, comme un lion il se dressera. Il ne se couchera pas sans avoir dévoré sa proie, sans avoir bu le sang des victimes ! » (AELF)

« Ecce populus ut leaena consurget, et quasi leo erigetur : non accubabit donec devoret praedam, et occisorum sanguinem bibat. » (Vulgate)

Nombres 23,24 et 24,9 forment une paire : le lion qui se lève, puis le lion qui se couche après la victoire. Le lion couchant de l'écu est donc un lion victorieux au repos, et non un lion abattu.

Proverbes 28,1 — le juste, assuré comme un lion

« Le coupable s’enfuit quand nul ne le poursuit, les innocents ont l’assurance des lions. » (AELF)

« Fugit impius, nemine persequente; justus autem, quasi leo confidens, absque terrore erit. » (Vulgate)

Juges 14,14 — l'énigme de Samson

« Samson leur dit : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » Au bout de trois jours, les jeunes gens n’avaient pas encore pu expliquer l’énigme. » (AELF)

« Dixitque eis : De comedente exivit cibus, et de forti egressa est dulcedo. Nec potuerunt per tres dies propositionem solvere. » (Vulgate)

De forti egressa est dulcedo : « du fort est sortie la douceur ». Appliquée à l'écu, l'image est parlante : du lion d'en bas sortent les lis d'en haut.

1 Rois 10,18-20 — le trône de Salomon, d'ivoire et d'or, gardé par des lions

« Le roi fit aussi un grand trône d’ivoire, qu’il plaqua d’or affiné. Ce trône avait six degrés, un dossier à sommet arrondi, et des bras de chaque côté du siège ; deux lions étaient debout près des bras et douze lions se tenaient là, sur les six degrés, de chaque côté. Dans aucun royaume on ne fit chose pareille. » (AELF)

« Fecit etiam rex Salomon thronum de ebore grandem : et vestivit eum auro fulvo nimis, qui habebat sex gradus : et summitas throni rotunda erat in parte posteriori : et duae manus hinc atque inde tenentes sedile : et duo leones stabant juxta manus singulas. Et duodecim leunculi stantes super sex gradus hinc atque inde : non est factum tale opus in universis regnis. » (Vulgate)

C'est le précédent biblique le plus proche de l'idée de supports : deux lions dressés de part et d'autre du siège royal (duo leones stabant juxta manus singulas), sur un trône revêtu d'or. Le thème vaut aussi bien pour des supports « lions d'or » que pour le lion placé au pied de l'écu.

Psaume 91 (90),13 — l'autre face du lion

« tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon. » (AELF)

« Super aspidem et basiliscum ambulabis, et conculcabis leonem et draconem. » (Vulgate)

Dans les Psaumes, le lion est aussi une force du mal que le juste foule aux pieds. Ce verset de la liturgie du premier dimanche de Carême rappelle l'ambivalence du lion médiéval, déjà signalée à la section 4.3.

Nouveau Testament

Apocalypse 5,5 — l'accomplissement de Genèse 49,9

« Mais l’un des Anciens me dit : « Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : il ouvrira le Livre aux sept sceaux. » (AELF)

« Et unus de senioribus dixit mihi : Ne fleveris : ecce vicit leo de tribu Juda, radix David, aperire librum, et solvere septem signacula ejus. » (Vulgate)

Vicit leo de tribu Juda, radix David : « le lion de la tribu de Juda a vaincu, la racine de David ». Le lion couché de Jacob s'est relevé : c'est le Christ ressuscité. Le mot radix (racine) justifie la place du lion en pointe, à la base de l'écu.

Luc 1,32-33 — le trône de David et le règne sans fin

« Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (AELF)

« hic erit magnus, et Filius Altissimi vocabitur, et dabit illi Dominus Deus sedem David patris ejus : et regnabit in domo Jacob in aeternum, et regni ejus non erit finis. » (Vulgate)

1 Pierre 5,8 — le lion rugissant, figure du diable

« Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. » (AELF)

« Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus tamquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret : » (Vulgate)

Le Nouveau Testament garde l'ambivalence. Le lion de Juda (Christ) et le lion rugissant (diable) s'opposent. Le lion couché et vigilant de l'écu se range du côté du premier, puisque vigilate (« veillez ») est précisément la vertu du lion qui dort les yeux ouverts.

 

4.2 Racine, tige et sinople : la lignée qui pousse

Ancien Testament

Isaïe 11,1 et 11,10 — la tige de Jessé

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. […] Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. » (AELF)

« Et egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet. […] In die illa radix Jesse, qui stat in signum populorum, ipsum gentes deprecabuntur, et erit sepulchrum ejus gloriosum. » (Vulgate)

Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet : « une tige sortira de la racine de Jessé, et une fleur montera de sa racine ». C'est le verset clé pour des lis tigés et feuillés. Le Moyen Âge en a tiré l'« Arbre de Jessé », généalogie du Christ en forme de plante, où la tige (virga) a été lue comme la Vierge (virgo) et la fleur (flos) comme le Christ. Le verset 10 ajoute que la racine se dressera in signum populorum, « comme un étendard pour les peuples » : c'est un emblème.

Nombres 17,23 (Vg 17,8) — le bâton d'Aaron qui fleurit

« Le lendemain, Moïse entra dans la tente du Témoignage, et voici : la branche d’Aaron avait fleuri pour la maison de Lévi ; la branche avait fait éclore une floraison, fleurir des fleurs et mûrir des amandes ! » (AELF)

« sequenti die regressus invenit germinasse virgam Aaron in domo Levi : et turgentibus gemmis eruperant flores, qui, foliis dilatatis, in amygdalas deformati sunt. » (Vulgate)

La Vulgate décrit une floraison complète : bourgeons, fleurs, feuilles déployées (foliis dilatatis), fruits. C'est le signe divin de l'élection d'une maison, celle de Lévi. Cette élection d'une lignée par une floraison est au plus près du programme de l'écu.

Osée 14,6-8 — fleurir comme le lis, s'enraciner comme le Liban

« Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. » (AELF)

« Ero quasi ros; Israel germinabit sicut lilium, et erumpet radix ejus ut Libani. Ibunt rami ejus, et erit quasi oliva gloria ejus, et odor ejus ut Libani. Convertentur sedentes in umbra ejus; vivent tritico, et germinabunt quasi vinea; memoriale ejus sicut vinum Libani. » (Vulgate)

Le verset réunit, dans une seule image, la fleur (germinabit sicut lilium) et la racine (erumpet radix ejus ut Libani) : l'argent et le sinople de l'écu.

Psaume 92 (91),13-14 — le juste planté dans la maison du Seigneur

« Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; » (AELF)

« Justus ut palma florebit; sicut cedrus Libani multiplicabitur. Plantati in domo Domini, in atriis domus Dei nostri florebunt. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Matthieu 1,1 — le « livre de la genèse » de Jésus-Christ

« GENEALOGIE DE JESUS, CHRIST, fils de David, fils d’Abraham. » (AELF)

« Liber generationis Jesu Christi filii David, filii Abraham. » (Vulgate)

Liber generationis ouvre le Nouveau Testament sur une généalogie. La lignée est le cadre même où s'accomplit la promesse.

Romains 15,12 — Paul cite Isaïe 11,10

« À son tour, Isaïe déclare : Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lève pour commander aux nations ; en lui les nations mettront leur espérance. » (AELF)

« Et rursus Isaias ait : Erit radix Jesse, et qui exsurget regere gentes, in eum gentes sperabunt. » (Vulgate)

Apocalypse 22,16 — « Je suis la racine et la descendance de David »

« Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. » (AELF)

« Ego Jesus misi angelum meum testificari vobis haec in ecclesiis. Ego sum radix, et genus David, stella splendida et matutina. » (Vulgate)

Éphésiens 3,17 — enracinés dans la charité

« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. » (AELF)

« Christum habitare per fidem in cordibus vestris : in caritate radicati, et fundati, » (Vulgate)

In caritate radicati et fundati : l'enracinement végétal (sinople) devient vertu. La racine de la lignée est transposée en racine spirituelle.

Jean 12,24 — le grain qui meurt en terre

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (AELF)

« Amen, amen dico vobis, nisi granum frumenti cadens in terram, mortuum fuerit, » (Vulgate)

Hébreux 9,4 — le bâton d'Aaron conservé dans l'Arche d'or

« contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; » (AELF)

« aureum habens thuribulum, et arcam testamenti circumtectam ex omni parte auro, in qua urna aurea habens manna, et virga Aaron, quae fronduerat, et tabulae testamenti, » (Vulgate)

4.3 Les lis

Ancien Testament

Cantique des Cantiques 2,1-2 et 2,16 — le lis des vallées, le lis entre les épines

« Je suis la rose du Sarone, le lis des vallées. LUI Comme le lis entre les ronces, ainsi mon amie entre les jeunes filles. ELLE […] Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui qui mène paître ses brebis parmi les lis. » (AELF)

« Ego flos campi, et lilium convallium. Sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias. […] Dilectus meus mihi, et ego illi, qui pascitur inter lilia, » (Vulgate)

Sicut lilium inter spinas est le texte-source de l'exégèse mariale du lis.

1 Rois 7,19, 22 et 26 — les lis du Temple de Salomon

« Les chapiteaux qui coiffaient les colonnes du Vestibule étaient en forme de lis de quatre coudées. […] Sur le sommet des colonnes se trouvait l’ouvrage en forme de lis. Ainsi fut terminé le travail des colonnes. […] L’épaisseur de la Mer était d’une largeur de paume, son rebord était comme le bord d’une coupe, en forme de fleur de lis. Sa contenance était de deux mille mesures. » (AELF)

« Capitella autem, quae erant super capita columnarum, quasi opere lilii fabricata erant in porticu quatuor cubitorum. […] Et super capita columnarum opus in modum lilii posuit : perfectumque est opus columnarum. […] Grossitudo autem luteris, trium unciarum erat : labiumque ejus, quasi labium calicis, et folium repandi lilii : duo millia batos capiebat. » (Vulgate)

Les lis couronnent les colonnes (super capita columnarum opus in modum lilii) et bordent la Mer d'airain (folium repandi lilii). Le lis marque l'achèvement : perfectumque est opus columnarum, « et l'œuvre des colonnes fut achevée ». C'est la place qu'il occupe dans l'écu, au sommet de la tige.

Siracide 39,13-14 (Vg 39,17-19) — « fleurissez comme le lis »

« Écoutez-moi, génération de saints : croissez comme la rose plantée au bord des eaux. Comme le Liban, exhalez votre parfum, et fleurissez comme le lis. Élevez la voix, chantez ensemble, et bénissez le Seigneur en toutes ses œuvres. » (AELF)

« In voce dicit : Obaudite me, divini fructus, et quasi rosa plantata super rivos aquarum fructificate. Quasi Libanus odorem suavitatis habete. Florete flores quasi lilium : et date odorem, et frondete in gratiam : et collaudate canticum, et benedicite Dominum in operibus suis. » (Vulgate)

La Vulgate ajoute frondete in gratiam, « couvrez-vous de feuillage pour la grâce » : c'est un appel direct à des lis feuillés.

Siracide 50,8 — le grand prêtre Simon, comme les lis au bord des eaux

« comme la rose en fleur aux jours du printemps, comme le lis près des sources d’eaux, comme les jeunes pousses du Liban aux jours de l’été, » (AELF)

« Quasi arcus refulgens inter nebulas gloriae, et quasi flos rosarum in diebus vernis, et quasi lilia quae sunt in transitu aquae, et quasi thus redolens in diebus aestatis : » (Vulgate)

Isaïe 35,1-2 — le désert fleurira

« Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. » (AELF)

« Laetabitur deserta et invia, et exsultabit solitudo, et florebit quasi lilium. Germinans germinabit, et exsultabit laetabunda et laudans : gloria Libani data est ei, decor Carmeli et Saron; ipsi videbunt gloriam Domini, et decorem Dei nostri. » (Vulgate)

Écart de traduction : l'AELF lit « comme la rose », mais la Vulgate dit florebit quasi lilium, « il fleurira comme le lis ». Pour un lecteur de la Vulgate, c'est un verset du lis.

Nouveau Testament

Matthieu 6,28-29 — les lis des champs

« Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (AELF)

« Et de vestimento quid solliciti estis? Considerate lilia agri quomodo crescunt : non laborant, neque nent. Dico autem vobis, quoniam nec Salomon in omni gloria sua coopertus est sicut unum ex istis. » (Vulgate)

Luc 12,27 — même parole chez Luc

« Observez les lis : comment poussent-ils ? Ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (AELF)

« Considerate lilia quomodo crescunt : non laborant, neque nent : dico autem vobis, nec Salomon in omni gloria sua vestiebatur sicut unum ex istis. » (Vulgate)

La parole du Christ relie explicitement le lis à l'Ancien Testament. Le lis est plus glorieux que Salomon, celui-là même qui avait orné le Temple de lis (1 R 7) et son trône de lions (1 R 10). L'écu superpose ainsi la gloire royale salomonienne (or, lions) et la gloire naturelle et donnée du lis. C'est exactement la tension de Terris altius.

4.4 Chérubins et griffons : les gardiens d'or affrontés

Ancien Testament

Genèse 3,24 — les chérubins gardiens de l'arbre de vie

« Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie. » (AELF)

« Ejecitque Adam : et collocavit ante paradisum voluptatis cherubim, et flammeum gladium, atque versatilem, ad custodiendam viam ligni vitae. » (Vulgate)

Ad custodiendam viam ligni vitae : « pour garder le chemin de l'arbre de vie ». Si les lis figurent l'arbre de vie, les supports en sont les gardiens.

Exode 25,18-20 et 22 — les deux chérubins d'or de l'Arche

« Ensuite tu forgeras deux kéroubim en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire. Fais un kéroub à une extrémité, et l’autre kéroub à l’autre extrémité ; vous ferez donc les kéroubim aux deux extrémités du propitiatoire. Les kéroubim auront les ailes déployées vers le haut et protégeront le propitiatoire de leurs ailes. Ils se feront face, le regard tourné vers le propitiatoire. […] C’est là que je te laisserai me rencontrer ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire entre les deux kéroubim situés sur l’arche du Témoignage ; là, je te donnerai mes ordres pour les fils d’Israël. » (AELF)

« Duos quoque cherubim aureos et productiles facies, ex utraque parte oraculi. Cherub unus sit in latere uno, et alter in altero. Utrumque latus propitiatorii tegant expandentes alas, et operientes oraculum, respiciantque se mutuo versis vultibus in propitiatorium quo operienda est arca, […] Inde praecipiam, et loquar ad te supra propitiatorium, ac de medio duorum cherubim, qui erunt super arcam testimonii, cuncta quae mandabo per te filiis Israel. » (Vulgate)

Tout le vocabulaire des supports est présent. Ils sont deux (duos), d'or (aureos), placés de part et d'autre (ex utraque parte), ailes déployées (expandentes alas) et affrontés (respiciantque se mutuo). Le verset 22 précise que c'est de medio duorum cherubim, « du milieu des deux chérubins », que Dieu parle. Ce qui est placé entre les deux gardiens est donc le lieu de la présence.

1 Rois 6,23 et 29 — les chérubins du Temple, entre palmes et fleurs

« Dans le Saint des saints, il fit deux kéroubim en bois d’olivier : leur hauteur était de dix coudées. […] Sur les murs de la Maison, tout autour, il sculpta des figures : sculptures de kéroubim, de palmiers et de fleurs épanouies, sur le devant et à l’extérieur. » (AELF)

« Et fecit in oraculo duos cherubim de lignis olivarum, decem cubitorum altitudinis. […] Et omnes parietes templi per circuitum sculpsit variis caelaturis et torno : et fecit in eis cherubim, et palmas, et picturas varias, quasi prominentes de pariete, et egredientes. » (Vulgate)

1 Rois 7,29 — lions, bœufs et chérubins réunis

« Sur les panneaux encadrés de bordures se trouvaient des lions, des bœufs et des kéroubim ; de même sur les bordures supérieures. Au-dessous des lions et des bœufs, des volutes descendaient. » (AELF)

« Et inter coronulas et plectas, leones et boves et cherubim, et in juncturis similiter desuper : et subter leones et boves, quasi lora ex aere dependentia. » (Vulgate)

Lions et chérubins apparaissent ensemble sur le même ouvrage. L'hésitation « lions ou griffons » de l'armorial trouve ici un précédent : les deux types de gardiens coexistaient dans le décor du Temple.

Ézéchiel 41,18-19 — le chérubin à face de lion, de part et d'autre d'un palmier

« étaient représentées : des Kéroubim et des palmiers, un palmier entre deux Kéroubim ; chaque Kéroub avait deux faces : une face d’homme, tournée vers le palmier, d’un côté, et une face de lion, vers le palmier, de l’autre, tout cela représenté sur le pourtour de la Maison. » (AELF)

« Et fabrefacta cherubim et palmae : et palma inter cherub et cherub, duasque facies habebat cherub. Faciem hominis juxta palmam ex hac parte, et faciem leonis juxta palmam ex alia parte : expressam per omnem domum in circuitu. » (Vulgate)

La composition est affrontée : un palmier entre deux chérubins, chacun tourné vers l'arbre, et le chérubin porte une face de lion. On n'est pas loin d'un griffon héraldique tenant un écu végétal.

Ézéchiel 1,10 — les quatre faces : homme, lion, bœuf, aigle

« La forme de leurs visages, c’était visage d’homme et, vers la droite, visage de lion pour tous les quatre, visage de taureau à gauche pour tous les quatre, et visage d’aigle pour tous les quatre. » (AELF)

« Similitudo autem vultus eorum, facies hominis et facies leonis a dextris ipsorum quatuor, facies autem bovis a sinistris ipsorum quatuor, et facies aquilae desuper ipsorum quatuor. » (Vulgate)

2 Samuel 1,23 — Saül et Jonathan : aigles et lions

« Saül et Jonathan, aimables, pleins de charme, ni dans la vie ni dans la mort ne furent séparés, plus rapides que les aigles, plus vaillants que les lions. » (AELF)

« Saul et Jonathas amabiles, et decori in vita sua, in morte quoque non sunt divisi : aquilis velociores, leonibus fortiores. » (Vulgate)

Aquilis velociores, leonibus fortiores : « plus rapides que les aigles, plus forts que les lions ». La lamentation de David fait l'éloge de deux hommes, un père et son fils, unis « dans la vie et dans la mort », par l'aigle et le lion réunis. C'est la définition même du griffon, appliquée à une lignée.

Daniel 7,4 — la lionne aux ailes d'aigle

« La première ressemblait à un lion, et elle avait des ailes d’aigle. Tandis que je la regardais, ses ailes lui furent arrachées, et elle fut soulevée de terre et dressée sur ses pieds, comme un homme, et un cœur d’homme lui fut donné. » (AELF)

« Prima quasi leaena, et alas habebat aquilae : aspiciebam donec evulsae sunt alae ejus, et sublata est de terra, et super pedes quasi homo stetit; et cor hominis datum est ei. » (Vulgate)

C'est le seul hybride lion-aigle explicite de l'Ancien Testament. Il figure un empire, Babylone, donc une puissance terrestre. Mais son destin est remarquable : ses ailes arrachées, il est « soulevé de terre » (sublata est de terra) et reçoit un cœur d'homme. C'est une élévation au-dessus de la terre, en écho à la devise.

Lévitique 11,13 — le griffon dans la Vulgate

« Voici, parmi les oiseaux, ceux qui seront immondes pour vous et qu’on ne mangera pas, car ce sont des choses immondes : l’aigle, le gypaète, l’orfraie, » (AELF)

« Haec sunt quae de avibus comedere non debetis, et vitanda sunt vobis : aquilam, et gryphem, et haliaeetum, » (Vulgate)

Écart de traduction : l'AELF lit « gypaète », la Vulgate gryphem. Le griffon figure donc nommément dans la Bible latine, parmi les oiseaux impurs. D'où l'ambivalence : force sauvage de la Loi, il devient chez Dante figure du Christ.

Isaïe 40,31 — prendre des ailes comme l'aigle

« mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer. » (AELF)

« qui autem sperant in Domino mutabunt fortitudinem, assument pennas sicut aquilae, current et non laborabunt, ambulabunt et non deficient. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Hébreux 9,4-5 — les « chérubins de gloire » au-dessus de l'Arche d'or

« contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; au-dessus de l’arche, les kéroubim de gloire couvraient de leur ombre la plaque d’or appelée propitiatoire. Mais il n’y a pas lieu maintenant d’entrer dans les détails. » (AELF)

« aureum habens thuribulum, et arcam testamenti circumtectam ex omni parte auro, in qua urna aurea habens manna, et virga Aaron, quae fronduerat, et tabulae testamenti, superque eam erant cherubim gloriae obumbrantia propitiatorium : de quibus non est modo dicendum per singula. » (Vulgate)

L'épître aux Hébreux relit l'Arche d'or, ses deux chérubins et le bâton fleuri d'Aaron comme figures du Christ. Elle réunit ainsi, en un seul verset, les gardiens d'or et la tige fleurie de l'écu.

Apocalypse 4,6-7 — les quatre Vivants autour du Trône

« Devant le Trône, il y a comme une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu, autour du Trône, quatre Vivants, ayant des yeux innombrables en avant et en arrière. Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un jeune taureau, le troisième Vivant a comme un visage d’homme, le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol. » (AELF)

« Et in conspectu sedis tamquam mare vitreum simile crystallo : et in medio sedis, et in circuitu sedis quatuor animalia plena oculis ante et retro. Et animal primum simile leoni, et secundum animal simile vitulo, et tertium animal habens faciem quasi hominis, et quartum animal simile aquilae volanti. » (Vulgate)

Le lion et l'aigle y sont deux des quatre Vivants, repris d'Ézéchiel 1,10. La tradition chrétienne les a attribués aux évangélistes : le lion à Marc, l'aigle à Jean. Un griffon, lion et aigle à la fois, peut alors se lire comme la réunion de la force (lion) et de la contemplation (aigle de Jean).

4.5 Les couleurs : bleu, blanc, rouge et or dans le texte biblique

Ancien Testament

Exode 26,1 — les tentures de la Demeure, brodées de chérubins

« « Pour construire la Demeure, tu feras dix tentures de lin retors, pourpre violette, pourpre rouge et cramoisi éclatant ; tu y broderas des kéroubim : ce sera une œuvre d’artiste. » (AELF)

« Tabernaculum vero ita facies : decem cortinas de bysso retorta, et hyacintho, ac purpura, coccoque bis tincto, variatas opere plumario facies. » (Vulgate)

Les quatre matières de la Vulgate recouvrent presque la palette de l'écu : byssus (lin blanc, l'argent), hyacinthus (bleu, l'azur), purpura (pourpre) et coccus bis tinctus (écarlate deux fois teint, le gueules). Le motif brodé est celui des chérubins. Un écu d'azur gardé par des êtres ailés reproduit ainsi, en petit, la tenture du sanctuaire.

Isaïe 1,18 — de l'écarlate à la blancheur

« Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. » (AELF)

« Et venite, et arguite me, dicit Dominus. Si fuerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur; et si fuerint rubra quasi vermiculus, velut lana alba erunt. » (Vulgate)

Si fuerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur : « si vos péchés sont comme l'écarlate, ils seront blanchis comme la neige ». C'est la clé biblique de la variante de gueules : des lis d'argent sur champ rouge figurent la blancheur conquise sur l'écarlate.

Nouveau Testament

Apocalypse 7,14 — des robes blanchies dans le sang

« Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. » (AELF)

« Et dixi illi : Domine mi, tu scis. Et dixit mihi : Hi sunt, qui venerunt de tribulatione magna, et laverunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agni. » (Vulgate)

C'est l'accomplissement d'Isaïe 1,18, sous une forme paradoxale : c'est le rouge (le sang de l'Agneau) qui rend blanc (dealbaverunt eas in sanguine Agni). Dans la variante de gueules, le champ rouge n'est donc pas l'opposé des lis blancs. Il en est la cause.

Matthieu 17,2 — la Transfiguration : visage de soleil, vêtements de neige

« Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (AELF)

« et transfiguratus est ante eos. Et resplenduit facies ejus sicut sol : vestimenta autem ejus facta sunt alba sicut nix. » (Vulgate)

Or et argent réunis : facies ejus sicut sol, « son visage comme le soleil », c'est l'or ; vestimenta alba sicut nix, « ses vêtements blancs comme la neige », c'est l'argent. Ce sont les deux métaux de l'écu, les supports et les lis.

Apocalypse 3,5 — le vainqueur vêtu de blanc, son nom inscrit au livre de vie

« Ainsi, le vainqueur portera des vêtements blancs ; jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie ; son nom, je le proclamerai devant mon Père et devant ses anges. » (AELF)

« Qui vicerit, sic vestietur vestimentis albis, et non delebo nomen ejus de libro vitae, et confitebor nomen ejus coram Patre meo, et coram angelis ejus. » (Vulgate)

La blancheur y est liée à la permanence d'un nom. Pour une famille, c'est une lecture directe de la pureté des lis comme garantie de la mémoire du lignage.

Apocalypse 21,18 et 21 — la Jérusalem céleste d'or pur

« Le matériau de la muraille est de jaspe, et la ville est d’or pur, d’une pureté transparente. […] Les douze portes sont douze perles, chaque porte faite d’une seule perle ; la place de la ville est d’or pur d’une parfaite transparence. » (AELF)

« Et erat structura muri ejus ex lapide jaspide : ipsa vero civitas aurum mundum simile vitro mundo. […] Et duodecim portae, duodecim margaritae sunt, per singulas : et singulae portae erant ex singulis margaritis : et platea civitatis aurum mundum, tamquam vitrum perlucidum. » (Vulgate)

4.6 La devise TERRIS ALTIUS

Ancien Testament

Isaïe 55,9 — les cieux élevés au-dessus de la terre

« Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (AELF)

« Quia sicut exaltantur caeli a terra, sic exaltatae sunt viae meae a viis vestris, et cogitationes meae a cogitationibus vestris. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Jean 12,32 — « élevé de terre »

« et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (AELF)

« Et ego, si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum. » (Vulgate)

Si exaltatus fuero a terra : « quand j'aurai été élevé de terre ». C'est l'expression néotestamentaire la plus proche de Terris altius. Isaïe dit que le ciel est élevé au-dessus de la terre (exaltantur caeli a terra) ; Jean dit que le Christ est élevé de la terre (exaltatus a terra). La devise se situe exactement entre les deux.

Jean 3,31 — celui qui vient d'en haut, celui qui est de la terre

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, » (AELF)

« Qui desursum venit, super omnes est. Qui est de terra, de terra est, et de terra loquitur. Qui de caelo venit, super omnes est. » (Vulgate)

Colossiens 3,1-2 — les réalités d'en haut, non celles de la terre

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. » (AELF)

« Igitur, si consurrexistis cum Christo : quae sursum sunt quaerite, ubi Christus est in dextera Dei sedens : quae sursum sunt sapite, non quae super terram. » (Vulgate)

Quae sursum sunt sapite, non quae super terram : c'est, en prose, le programme de la devise. Il faut s'attacher à ce qui est en haut plutôt qu'à ce qui est sur la terre, c'est-à-dire aux « terres » que possède une famille noble.

Philippiens 3,20 — notre cité est dans les cieux

« Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, » (AELF)

« Nostra autem conversatio in caelis est : unde etiam Salvatorem exspectamus Dominum nostrum Jesum Christum, » (Vulgate)

Aucune source consultée n'indique que les Assailly aient tiré leur devise d'un de ces versets. Le rapprochement reste interprétatif. Mais le latin altius et la construction a terra / super terram appartiennent bien au vocabulaire de la Vulgate que connaissait tout rédacteur de devise.

4.7 Concordance typologique : de la figure à l'accomplissement

Élément de l'écu

Ancien Testament (figure)

Nouveau Testament (accomplissement)

Idée commune

Lion d'or couché en pointe

Gn 49,9-10 ; Nb 24,9 ; Nb 23,24

Ap 5,5 ; Lc 1,32-33

La force de Juda au repos devient le Christ vainqueur, radix David

Lions d'or en supports

1 R 10,19-20 ; 1 R 7,29

Ap 4,7

Lions gardiens du trône et du sanctuaire, puis du Trône céleste

Tiges et feuilles de sinople

Is 11,1.10 ; Nb 17,23 ; Os 14,6-8 ; Ps 92,13-14

Mt 1,1 ; Rm 15,12 ; Ap 22,16 ; Ep 3,17 ; He 9,4

La lignée comme plante : racine, tige, fleur ; l'élection d'une maison

Trois lis d'argent

Ct 2,1-2.16 ; 1 R 7,19.22.26 ; Si 39,13-14 ; Si 50,8 ; Is 35,1 (Vg)

Mt 6,28-29 ; Lc 12,27

Le lis, couronnement du Temple, puis gloire donnée qui dépasse Salomon

Deux griffons d'or affrontés

Gn 3,24 ; Ex 25,18-22 ; Ez 41,18-19 ; 2 S 1,23 ; Dn 7,4 ; Lv 11,13 (Vg)

He 9,4-5 ; Ap 4,6-7

Gardiens de l'arbre de vie et de l'Arche, puis chérubins de gloire et Vivants

Champ d'azur

Ex 26,1 (hyacinthus)

Ph 3,20 ; Ap 21

Le ciel du sanctuaire, puis la cité céleste

Champ de gueules (variante)

Is 1,18 (coccinum) ; Ex 26,1 (coccus)

Ap 7,14

Le rouge qui devient blanc, puis le sang qui blanchit

Or

Ex 25,18 ; 1 R 10,18

Mt 17,2 ; Ap 21,18.21

L'or du sanctuaire et du trône, puis la lumière de la Transfiguration et de la Jérusalem céleste

Argent

Is 1,18 (nix)

Mt 17,2 ; Ap 3,5

La neige, puis le vêtement blanc des élus et du nom conservé

TERRIS ALTIUS

Is 55,9 (exaltantur caeli a terra)

Jn 12,32 (exaltatus a terra) ; Jn 3,31 ; Col 3,1-2 ; Ph 3,20

S'élever au-dessus de la terre


 

4.8 Le récit biblique de l'écu, verset par verset

Relu de bas en haut avec ces références, l'écu suit une progression qui va de la Genèse à l'Apocalypse :

  1. Genèse 49,9 : à la base, le lion de Juda se couche ; nul n'ose le réveiller. C'est la souche bénie.

  2. Isaïe 11,1 et Nombres 17,23 : de cette racine sort une tige, comme le bâton d'Aaron fleurit pour désigner une maison élue.

  3. Osée 14,6 et Cantique 2,2 : la tige s'épanouit en lis, pur « entre les épines ».

  4. 1 Rois 7,22 : le lis couronne l'ouvrage, perfectumque est opus.

  5. Exode 25,20 et Genèse 3,24 : deux gardiens d'or, affrontés, protègent ce qui est entre eux, l'arbre de vie ou l'Arche.

  6. Exode 26,1 : le tout se détache sur l'azur de la tenture du sanctuaire.

  7. Matthieu 6,29 : le lis surpasse la gloire de Salomon, c'est-à-dire l'or et les lions du trône.

  8. Apocalypse 5,5 : le lion couché s'est relevé, vainqueur, radix David.

  9. Isaïe 55,9 et Jean 12,32 : la devise scelle l'ensemble. Terris altius : plus haut que la terre, comme le ciel, comme le Christ « élevé de terre ».

 

5. La tradition alchimique : l'écu comme Grand Œuvre

La tradition alchimique décrit le Grand Œuvre en phases de couleur : noir (nigredo), blanc (albedo), parfois jaune (citrinitas), rouge (rubedo) (Wikipédia, Rubedo ; C.G. Jung). L'écu peut se lire comme une carte de ce parcours.

Phase

Élément de l'écu

Lecture

Matière première, lion vert

Tiges et feuilles de sinople

La matière vivante, encore « verte », non accomplie

Albedo

Lis d'argent

La matière purifiée ; la Lune ; la résurrection du blanc après le noir (CNRS Éditions)

Conjonction du fixe et du volatil

Griffons (lion et aigle)

L'union du soufre et du mercure (Poisson, Gallica)

Citrinitas et Soleil

L'or des supports et du lion

L'illumination, le métal parfait (Bartolo)

Rubedo (variante de gueules seulement)

Champ rouge

L'achèvement de l'œuvre, la pierre rouge

Sublimation

Champ d'azur et devise

La montée du volatil vers le « ciel » du vaisseau : Terris altius


 

Deux variantes, deux étapes de l'œuvre

  • Sur azur (forme attestée). Les lis blancs se détachent sur le ciel. L'écu représente l'œuvre au blanc sublimée : une purification qui monte. C'est une lecture contemplative, lunaire et mariale.

  • Sur gueules (variante). Les lis blancs reposent sur le rouge. L'écu réunit l'albedo et la rubedo, les deux « pierres » (au blanc et au rouge). C'est une lecture plus « achevée » et plus sacrificielle : la pureté obtenue à travers le feu, le sang ou l'épreuve. On retrouve le mouvement d'Isaïe 1,18, de l'écarlate au blanc.

Réserve sur la « langue des oiseaux »

L'hermétisme moderne, notamment Fulcanelli au XXe siècle (Les Demeures philosophales), a prétendu que les armoiries et les devises parlaient une « langue des oiseaux » fondée sur l'assonance (Wikipédia, Fulcanelli ; Wikipédia, Langue des oiseaux). C'est une grille du XXe siècle, sans valeur de preuve pour une famille d'Ancien Régime. On peut la mentionner comme lecture moderne possible, mais pas comme intention historique.

 

6. Lecture d'ensemble : lignée et quête spirituelle

Comme récit de lignée

L'écu se lit de bas en haut, comme une plante :

  1. La racine : le lion couché (s'il est retenu), une force patrimoniale et guerrière au repos.

  2. La croissance : tiges et feuilles de sinople, les générations qui poussent, l'espérance.

  3. La fleur : trois lis d'argent, l'honneur et l'intégrité, qui sont le fruit de la lignée. On peut y voir trois branches, trois générations ou trois vertus, mais seule une source familiale permettrait de choisir.

  4. La garde : les deux gardiens d'or affrontés, qui protègent l'héritage.

  5. La devise : « plus haut que les terres ». La noblesse de la lignée ne tient pas à ses fiefs, mais à ce qu'elle fait fleurir au-dessus d'eux.

C'est une devise à rebours de la noblesse terrienne : une famille qui possède des terres, et en tire son nom et ses titres, affirme que sa valeur est ailleurs.

Comme quête spirituelle

Le même écu raconte le chemin d'une âme :

  • Le point de départ : la force naturelle (lion), puissante mais « couchée », pas encore éveillée.

  • La croissance : la vie de la grâce (sinople), fragile et changeante, puisque le vert est la couleur de l'instabilité (Pastoureau, Vert).

  • La purification : les lis blancs, le « lis entre les épines », l'albedo.

  • L'union des deux natures : le griffon, qui unit terre et ciel, humain et divin, fixe et volatil.

  • L'élévation : l'azur céleste et la devise Terris altius, en écho à Isaïe 55,9.

 

7. Synthèse : interprétation ésotérique complète de l'écu

Sur le ciel d'azur du Tabernacle, trois lis vivants s'élèvent de la terre. Ils sont d'argent, couleur de la pureté et de l'œuvre au blanc, et nombreux de trois, comme la Trinité et comme la Vierge restée pure avant, pendant et après l'enfantement. Leurs tiges de sinople disent l'enracinement de la lignée et l'espérance qui la fait grandir : « il fleurira comme le lis, et poussera des racines comme le Liban ».

À la base repose le lion de Juda, couché mais vigilant, que nul n'ose réveiller. C'est la souche patriarcale, la force contenue, la racine de Jessé, marquée du lis qui annonce sa fleur.

De part et d'autre, deux griffons d'or se font face, comme les chérubins d'or de l'Arche et les gardiens de l'arbre de vie. Ils unissent l'aigle et le lion : le ciel et la terre, le divin et l'humain, le volatil et le fixe. Ils gardent le trésor, qui est la pureté de la lignée.

Le Nouveau Testament accomplit la figure : le lion couché se relève en « lion de la tribu de Juda, racine de David » (Apocalypse 5,5) ; le lis des champs surpasse la gloire de Salomon (Matthieu 6,29) ; le rouge du sang blanchit les robes des élus (Apocalypse 7,14).

La devise donne le sens du tout : TERRIS ALTIUS. Comme les cieux dominent la terre (Isaïe 55,9), comme le Christ « élevé de terre » (Jean 12,32), l'honneur de la maison doit s'élever au-dessus de ses terres. La lignée n'est qu'une tige ; sa raison d'être est la fleur.

Dans la variante de gueules, la même lecture prend un accent de feu et de sacrifice. Le lis blanc naît du rouge, comme la pureté née de l'épreuve (Isaïe 1,18), et l'œuvre alchimique réunit les deux pierres, au blanc et au rouge.

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 10:39

Acte royal de Charles III le Simple daté du 14 juin 899, concernant Étienne (Stephanus) et son épouse Anne (Anna).

La source numérique de référence est CARo – Actes royaux des rois de France du Moyen Âge. Elle indique :

  • Date : 14 juin 899

  • Lieu : Tours-sur-Marne

  • Roi : Charles III le Simple

  • Bénéficiaires : Étienne et sa femme Anne

  • Objet : confirmation en pleine propriété, à titre d’alleu, de leurs biens dans les comtés de Narbonne, Roussillon, Ampurias et Besalú, ainsi que des biens qu’ils pourraient acquérir ultérieurement.

  • Référence : Philippe Lauer, Recueil des actes de Charles III le Simple, vol. I, n° 27. (Caro)

Concernant « original en ligne »

C'est important : l'original du diplôme est aujourd'hui perdu. CARo précise qu'il existait encore un original sur parchemin aux archives de l'abbaye de La Grasse, mais que le texte nous est parvenu par une copie de 1668, réalisée par Gratian Capot d'après cet original. (Caro)

Diplôme de Charles III, 14 juin 899 — CARo, acte n° 27

Le passage final donne notamment :

Signum Karoli (Monogramma) gloriosissimi regis.
Heriveus notarius ad vicem Folconis recognovit. (Caro)

Si par « Stéphane et Anna original en ligne » vous cherchez une image/scannage de la copie ancienne de 1668, plutôt que la transcription moderne, je peux aussi rechercher le manuscrit de la Collection Doat, vol. 66, fol. 103, et voir s'il est numérisé.

 

 

899, 14 juin. — Tours-sur-Marne.

Charles III, à la requête de sa mère Adélaïde et à la prière d'Arnust, archevêque de Narbonne, accorde à son fidèle Étienne et à la femme de celui-ci, Anne, de tenir en pleine propriété, à titre d'alleu, tous les biens qu'ils détiennent ou ont achetés dans les comtés de Narbonne, Roussillon, Ampurias, Besalú, et leur confirme à l'avance la propriété des biens qu'ils achèteront par chartes dans les mêmes régions.

Référence : Philippe Lauer (éd.), Recueil des actes de Charles III le Simple, roi de France (893-923), Vol. 1, Paris, 1940, no27.


A. Original perdu.

B. Copie de l'an 1668, par Gratian Capot, greffier du président Doat, Bibliothèque nationale, Collection Doat, vol. 66, fol. 103, « d'après l'original en parchemin trouvé aux archives de l'abbaye de La Grasse ».

a. Martène et Durand, Thesaurus anecdotorum, t. I, col. 58 « ex archivis domini archiepiscopi Narbonensis ».

b. Dom de Vic et Dom Vaissète, Histoire de Languedoc, t. II, preuves, col. 40, d'après les « Archives de l'église de Narbonne et Martène » ; nouv. édit., t. V, col. 106, n° xxv.

c. Recueil des historiens de la France, t. IX, p. 483, n° xvi, d'après a.

Indiqué : Georgisch, Regesta chronologico-diplomatica, t. I, col. 178.

Indiqué : Böhmer, Regesta Karolorum, n° 1909.


Texte établi d'après Ba.

In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Karolus divina propitiante clementia rex. Regiae celsitudinis mos est fideles regni sui donis multiplicibus et honoribus ingentibus honorare sublimesque efficere. Proinde ergo nos morem parentum nostrorum et ceterorum regum praedecessorum nostrorum imitabilem exequentes actionem, placuit celsitudini nostrae, interveniente venerabili genitrice nostra Adheleide, ad deprecationemque venerandi archiepiscopi sanctae Narbonensis ecclesiae Arnusti, cuidam fideli nostro nomine Stephano, quasdam res in jure proprietatis suae largire, et nostra liberalitate in alodem perpetualiter habendum concedere. Quae siquidem res sunt sitae in pago Narbonensi, hoc est : villare quod dicitur Donas cum omnibus suis appenditiis et ecclesia sancti Pauli ibidem sita ; et in eodem pago, de villa Liciniano cum finibus et adjacentiis ac villaribus ab omni integritate quartam partem una cum ecclesiis ibidem sitis in honore sancti Nazarii et sancti Felicis ; et in eodem pago, villa Manazeto, quam vocant Caput monte cum finibus et adjacentiis suis et ecclesia sancti Juliani ; et in eodem pago, in villa Plumbiaco, salinas quas parentes ipsius ibidem tenuerunt ; et in eodem pago alium villare, quod dicitur Monte Auriolo, cum omnibus adjacentiis suis ; et in eodem pago villa Morarius, quae vocatur Rexaco, cum omnibus finibus et adjacentiis suis, et ecclesia sancti Bartholomaei ; in ipso pago, in villa quae dicitur Ederas vel quantacumque infra suum terminum visus est possidere ; in eodem pago, in villa quae dicitur Berizam et in villare quod dicitur Prato omne quicquid ibidem retinet ; et in eodem pago, in suburbio Minerbense, villa quae dicitur Fellinas, quantum ibi retinet ex comparatione ; et in comitatu Russilionensi villa Tordarias cum suis villaribus et finibus atque adjacentiis earum, et ecclesia sancti Martini ibidem sita, et in terra sancti Petri, et in villa Ulmis, et in villa Lauresono, quantum ibidem retinet ; et in eodem pago, villare quod dicitur Palatiolo cum finibus et adjacentiis suis ; et infra terminum villae Helnae, quantum ex comparatione retinet ; et in eodem pago, villa Peciliano cum suis villaribus, finibus et adjacentiis, et ecclesia sancti Saturnini et sancti Felicis, vel quaecumque ibidem retinet ex comparatione, et villa quae dicitur Verneto cum finibus et adjacentiis suis, et ecclesia sancti Christophori ; et in eodem pago, villa quae dicitur Codincus cum omnibus adjacentiis suis et ecclesia ibidem sita ; et in eodem pago, villa quae dicitur Tezano cum suis villaribus, id est Anglares et Salellas, cum finibus et adjacentiis earum, et ecclesia sancti Petri ; et in eodem pago, villare quod dicitur Lotas, cum omni integritate ; et in eodem pago, Frontotedeso villare, quod dicitur Centernaco, cum omni integritate ; et in comitatu Empuritanense, villa Uliastreto cum villaribus, Velloso Castellare cum omnibus finibus suis et ecclesiis sancti Petri et sancti Johannis ; et in eodem pago villare quod dicitur Cadinus, et vocatur Cabannas, cum finibus suis et ecclesiis ab omni integritate ; et in comitatu Bisuldunense villa quae dicitur Romagnano cum suis finibus et adjacentiis, et ecclesia ibidem sita in honore sancti Amaterii ; et in comitatu Narbonense villa quae dicitur Tecanella cum omnibus finibus et adjacentiis suis. In his ergo pagis et territoriis omnibus quae supra scripta sunt vel quae ad haec pertinent ea quae praefatus Stephanus vel uxor ejus Anna per strumenta emptionis acquisierunt, aut quae deinceps obtinere potuerint, per nostrae donationis seu confirmationis praeceptum memorato Stephano perpetua firmitate possidenda concedimus, per quod praecipientes jubemus ut absque alicujus inquietudine vel contradictione teneat, habeat, vel quidquid exinde agere voluerit liberam in omnibus habeat potestatem faciendi. Et ut haec nostrae largitionis seu confirmationis praeceptio nostris futurisque temporibus majorem, in Dei nomine, obtineat soliditatis vigorem, manu propria subter eam firmavimus et anuli nostri impressione sigillari jussimus.

Signum Karoli (Monogramma) gloriosissimi regis.

Heriveus notarius ad vicem Folconis recognovit.

Datum XVIII. kalendas julii, indictione II., anno VII. regnante serenissimo Karolo. Actum apud Turnum. In Dei nomine feliciter. Amen.


Au nom de la Sainte et indivisible Trinité. Charles, par la divine miséricorde, roi. Il est de coutume pour Sa Majesté d'honorer et d'exalter les fidèles de Son royaume par de multiples dons et d'immenses honneurs. C'est pourquoi, suivant la coutume de nos parents et des autres rois qui nous ont précédés, dans un acte digne d'être imité, il a plu à Notre Altesse, avec l'intervention de notre vénérable mère Adélaïde, et à la demande du vénérable archevêque de la sainte église de Narbonne, Arnus, d'accorder à un certain fidèle nommé Étienne certaines choses en droit de propriété, et de les lui accorder en possession perpétuelle par Notre générosité. Ces choses sont situées dans le village de Narbonne, à savoir : la villa appelée Donas avec toutes ses dépendances et l'église Saint-Paul qui s'y trouve ; et dans le même village, un quart de la villa de Liciniano avec ses limites et ses dépendances, ainsi que les villas qui s'y trouvent dans toute leur intégrité, avec les églises qui s'y trouvent en l'honneur de Saint Nazaréen et de Saint Félix ; et dans le même village, la villa de Manazeto, qu'ils appellent Caput Monte, avec ses limites et dépendances, et l'église Saint-Julien ; et dans le même village, dans la villa de Plumbiaco, les mines de sel que ses parents y possédaient ; et dans le même village, une autre villa appelée Monte Auriolo, avec toutes ses dépendances ; et dans le même village, la villa de Morarius, appelée Rexaco, avec toutes ses limites et dépendances, et l'église Saint-Barthélemy ; dans le même village, dans la villa appelée Ederas, ou du moins ce qu'il possédait à l'intérieur de ses limites ; dans le même village, dans la villa appelée Berizam et dans la villa appelée Prato, tout ce qu'il y conservait ; et dans le même village, dans le faubourg de Minerben, la villa appelée Fellinas, ou du moins ce qu'il y conservait par comparaison. et dans le comté de Roussillon, la villa de Tordarias avec ses villae, ses limites et leurs contiguïtés, et l'église Saint-Martin qui s'y trouve, et sur le terrain de Saint-Pierre, et dans la villa d'Ulmis, et dans la villa de Laureson, autant qu'il en conserve ; et dans le même village, la villa appelée Palatiolo avec ses limites et ses contiguïtés ; et à l'intérieur des limites de la villa d'Helna, autant qu'elle en conserve par comparaison ; et dans le même village, la villa de Peciliano avec ses villaries, ses limites et ses contiguïtés, et l'église Saint-Saturnin et Saint-Félix, ou ce qu'elle en conserve par comparaison, et la villa appelée Verneto avec ses limites et ses contiguïtés, et l'église Saint-Christophe ; et dans le même village, la villa appelée Codincus avec toutes ses contiguïtés et l'église qui s'y trouve ; et dans le même village, la villa appelée Tezano avec ses villaries, c'est-à-dire Anglares et Salellas, avec leurs limites et leurs contiguïtés, et l'église Saint-Pierre ; et dans le même village, la villa appelée Lotas, avec toute son intégrité ; et dans le même village, la villa de Frontotedeso, appelée Centernaco, avec toute son intégrité ; et dans le comté d'Empuritanense, la villa d'Uliastreto avec ses villaries, Velloso Castellare avec toutes ses limites et les églises Saint-Pierre et Saint-Jean ; et dans le même village et ville appelés Cadinus et Cabannas, avec leurs limites et leurs églises dans toute leur intégrité ; et dans le comté de Bisuldun, la ville appelée Romagnano avec ses limites et ses accolements, et l'église qui s'y trouve en l'honneur de Sainte Amateri ; et dans le comté de Narbonne, la ville appelée Tecanella avec toutes ses limites et ses accolements. Par conséquent, dans tous les villages et territoires susmentionnés ou qui s'y rapportent, acquis par actes d'achat par ledit Étienne ou son épouse Anne, ou qu'ils pourraient acquérir ultérieurement, nous accordons par notre précepte de donation ou de confirmation à ledit Étienne la possession perpétuelle et inaliénable de ces terres. Par ce précepte, nous ordonnons aux bénéficiaires qu'ils puissent y posséder, y détenir et y agir librement, sans aucune contestation ni opposition. Afin que ce précepte de notre générosité ou de notre confirmation acquière une plus grande solidité en notre temps et à l'avenir, au nom de Dieu, nous l'avons confirmé de notre propre main et avons ordonné qu'il soit scellé de l'empreinte de notre anneau. Le signe (monogramme) du très glorieux roi Charles. Heriveus, le notaire, en lieu et place de Falco, l'a reconnu. Donné le 18e calende de juillet, par l'indiction II, en la 7e année du règne du très serein Charles. Fait à Turnum. Au nom de Dieu, avec toute sa grâce. Amen.

 

 

_________________________________________________

Identification et nature de l’acte

Le texte n’est pas, au sens strict, une donation royale ex nihilo de toutes les terres énumérées. C’est surtout un précepte de confirmation et de garantie :

  • Étienne et Anne possèdent déjà les biens, notamment par des instrumenta emptionis, c’est-à-dire des actes écrits d’achat.

  • Le roi les reconnaît comme relevant du jus proprietatis du bénéficiaire et les concède à tenir in alodem, donc en pleine propriété allodiale, hors du cadre normal d’un bénéfice précaire ou d’une tenure comtale.

  • La confirmation couvre aussi, de manière prospective, les acquisitions futures que le couple pourrait faire dans les mêmes pays.

  • Le bénéficiaire reçoit le droit de « tenir, avoir et faire » librement tout ce qu’il jugera bon avec les biens, sans contestation ni trouble.[caro.huma-num]

Le diplôme est transmis par une tradition indirecte : l’original est perdu ; le texte édité repose notamment sur une copie de 1668, faite d’après un original alors conservé aux archives de l’abbaye de Lagrasse, et sur les anciennes éditions de Martène et Durand, de l’Histoire de Languedoc et du Recueil des historiens de la France.[caro.huma-num]

Inventaire complet des biens

La liste suivante distingue les unités foncières, les fractions de biens, les salines, les dépendances, les églises et les possessions seulement partielles. Les identifications modernes proposées dans cette analyse doivent rester prudentes : plusieurs formes sont médiévales, parfois altérées par les copies, et ne correspondent pas nécessairement à une commune actuelle unique.


 

En bleu les propriétés communes avec Ansemund et Quixol dans l’énumération de l’acte de vente usufruitière à leurs enfants d’une partie de leurs domaine en 941


 

N°

Circonscription médiévale

Désignation latine

Bien ou droit confirmé

Étendue juridique indiquée

Église ou ressource citée

1

Pagus Narbonensis

villare Donas

Le vilar de Donas

Toutes dépendances

Saint-Paul

2

Narbonnais

villa Liciniano

Un quart de Liciniano

Limites, dépendances et vilaria ; un quart seulement de l’ensemble

Saint-Nazaire et Saint-Félix

3

Narbonnais

villa Manazeto, quam vocant Caput monte

Manazeto, appelé Caput Monte

Limites et dépendances

Saint-Julien

4

Narbonnais

villa Plumbiaco

Salines tenues par les parents d’Étienne

Les seules salines héréditaires signalées, non toute la villa

Mines ou salines de sel

5

Narbonnais

villare Monte Auriolo

Vilar de Monte Auriolo

Toutes dépendances

Aucune église citée

6

Narbonnais

villa Morarius, quae vocatur Rexaco

Morarius, appelé Rexaco

Limites et dépendances

Saint-Barthélemy

7

Narbonnais

villa Ederas

Ce qu’Étienne paraît posséder dans les limites d’Ederas

Possession partielle et non quantifiée

Aucune église citée

8

Narbonnais

villa Berizam

Tout ce qu’Étienne y retient

Possession partielle, mais totalité de sa quote-part

Aucune église citée

9

Narbonnais

villare Prato

Tout ce qu’Étienne y retient

Possession partielle, mais totalité de sa quote-part

Aucune église citée

10

Narbonnais, suburbium Minerbense

villa Fellinas

Ce qu’Étienne retient par acquisition

Possession partielle, expressément acquise par achat

Aucune église citée

11

Comté de Roussillon

villa Tordarias

Tordarias

Ses vilaria, limites et dépendances

Saint-Martin

12

Roussillon

terra sancti Petri

Biens en « terre de Saint-Pierre »

Quantité non précisée

Référence possiblement territoriale ou ecclésiale

13

Roussillon

villa Ulmis

Ce qu’Étienne y retient

Possession partielle

Aucune église citée

14

Roussillon

villa Lauresono

Ce qu’Étienne y retient

Possession partielle

Aucune église citée

15

Roussillon

villare Palatiolo

Vilar de Palatiolo

Limites et dépendances

Aucune église citée

16

Roussillon

villa Helna

Ce qu’Étienne y possède par acquisition

Possession partielle issue d’achat

Aucune église citée

17

Roussillon

villa Peciliano

Peciliano

Ses vilaria, limites et dépendances ; le texte admet aussi la part tenue par achat

Saint-Saturnin et Saint-Félix

18

Roussillon

villa Verneto

Verneto

Limites et dépendances

Saint-Christophe

19

Roussillon

villa Codincus

Codincus

Toutes dépendances

Église non dédicacée dans le texte

20

Roussillon

villa Tezano

Tezano

Vilaria, limites et dépendances

Saint-Pierre

21

Roussillon, dépendance de Tezano

Anglares

Vilar de Tezano

Limites et dépendances propres

Inclus dans l’ensemble de Tezano

22

Roussillon, dépendance de Tezano

Salellas

Vilar de Tezano

Limites et dépendances propres

Inclus dans l’ensemble de Tezano

23

Roussillon

villare Lotas

Vilar de Lotas

Cum omni integritate : dans sa totalité

Aucune église citée

24

Roussillon

Frontotedeso villare, quod dicitur Centernaco

Frontotedeso, appelé Centernaco

Dans sa totalité

Aucune église citée

25

Comté d’Empúries

villa Uliastreto

Uliastret

Ses vilaria

Aucune église explicitement attribuée à Uliastret dans la syntaxe du texte

26

Empúries, dépendance d’Uliastret

Velloso

Vilar dépendant

Toutes limites

Saint-Pierre et Saint-Jean, avec Castellare

27

Empúries, dépendance d’Uliastret

Castellare

Vilar dépendant

Toutes limites

Saint-Pierre et Saint-Jean, avec Velloso

28

Empúries

villare Cadinus, et vocatur Cabannas

Cadinus, appelé Cabannas

Limites et églises, en pleine intégrité

Églises non nommées

29

Comté de Besalú

villa Romagnano

Romagnano

Limites et dépendances

Sainte-Amatéri / Sainte-Amaterii

30

Comté de Narbonne

villa Tecanella

Tecanella

Toutes limites et dépendances

Aucune église citée

Cette énumération donne donc 30 entrées territoriales ou patrimoniales, si l’on compte séparément les deux vilaria d’Anglares et Salellas et les deux vilaria de Velloso et Castellare. Elle comprend :

  • 13 ensembles principaux dans le pagus Narbonensis ;

  • 13 ensembles principaux ou secondaires en Roussillon ;

  • 4 ensembles dans les comtés d’Empúries et de Besalú ;

  • auxquels s’ajoutent des droits localisés mais non chiffrés, tels que la terre de Saint-Pierre, les biens d’Ulmis, de Lauresono et d’Helna, ainsi que diverses possessions dites tenues « par acquisition ».[caro.huma-num]

Lecture territoriale

L’acte ne dessine pas un domaine compact. Il révèle au contraire un patrimoine de type réseau, dispersé entre plusieurs circonscriptions de l’ancienne Gothie :

Zone

Caractère du patrimoine

Ce que cela révèle

Narbonnais

Vilaria, villae, salines, églises et quotes-parts

Un ancrage ancien, avec une composante familiale explicite à Plumbiaco et une présence dans le secteur du Minervois

Roussillon

Bloc particulièrement dense de villae et de vilaria

Une implantation foncière structurée autour de terroirs ruraux, de dépendances et d’églises

Empúries

Uliastret, Velloso, Castellare, Cadinus/Cabannas

Une extension au sud des Albères, dans l’espace catalan carolingien

Besalú

Romagnano

Un prolongement vers l’intérieur de la Catalogne ancienne

Narbonnais méridional

Tecanella

Une possession supplémentaire, géographiquement distincte de la liste roussillonnaise

Il faut souligner que pagus, comitatus, villa et villare ne désignent pas des réalités équivalentes :

  • Le pagus est ici une grande circonscription territoriale, héritière de cadres tardo-antiques et carolingiens.

  • Le comitatus renvoie au ressort comtal : Roussillon, Empúries, Besalú.

  • La villa est généralement une unité domaniale et territoriale, qui peut comprendre habitat, terres, dépendances, église, droits d’usage et parfois des établissements secondaires.

  • Le villare désigne souvent une unité plus petite, un hameau, une dépendance ou un terroir satellitaire ; il ne faut pas le traduire mécaniquement par « village » au sens communal contemporain.

  • Les fines sont les limites territoriales ; les adjacentiae sont les dépendances, terrains attenants, droits ou éléments rattachés à l’unité principale.

L’énumération de plusieurs églises montre que le patrimoine d’Étienne ne se réduit pas à des terres arables. Il comprend également des centres ecclésiaux ruraux, donc potentiellement des droits, revenus, dîmes, dépendances ou prééminences locales associés aux sanctuaires. Le diplôme ne détaille pas la nature exacte des droits sur les églises ; il les inclut néanmoins expressément dans le complexe foncier confirmé.[caro.huma-num]


 

____________________________________________

Analyse juridique

1. Un alleu confirmé par le roi

La formule centrale est décisive : Charles accorde à Étienne les biens « dans son droit de propriété » et les lui concède « à posséder perpétuellement en alleu » (in alodem perpetualiter habendum). Cela signifie que le roi reconnaît et fortifie une propriété que le bénéficiaire prétend déjà détenir, au lieu de lui imposer une tenure révocable.

L’alleu se distingue du bénéfice par son caractère patrimonial : il est susceptible d’être transmis, vendu, échangé ou donné, selon les conditions du droit applicable. Le précepte ajoute une garantie politique et judiciaire contre les entreprises des agents royaux, comtaux ou voisins.

2. Une confirmation d’acquisitions privées

La clause finale est particulièrement remarquable :

les biens acquis par Étienne ou par sa femme Anne au moyen d’actes d’achat, ainsi que ceux qu’ils pourraient acquérir à l’avenir.

Cette formule établit trois points :

  • Anne n’est pas une simple épouse mentionnée par convention ; elle est coprotagoniste de la formation patrimoniale.

  • Une partie au moins de l’ensemble provient du marché foncier, non d’une concession princière primitive.

  • Le roi étend sa protection aux achats futurs du couple, ce qui fonctionne comme une sorte de sauvegarde royale générale sur leur expansion patrimoniale dans les pays énumérés.[caro.huma-num]

La formule ex comparatione ne doit donc pas être comprise comme une « comparaison » au sens moderne : elle signifie par acquisition, par achat ou par échange à titre onéreux. Dans votre traduction, « ce qu’il y conservait par comparaison » doit être corrigé en « ce qu’il y détenait par acquisition » ou « ce qu’il y possédait à la suite d’un achat ».

3. Une propriété fragmentée

Le texte distingue soigneusement :

  • Les possessions en pleine intégrité : cum omni integritate ;

  • Une quote-part précise : le quart de Liciniano ;

  • Les biens que le titulaire « retient » : quantum retinet, omne quicquid retinet ;

  • Les biens acquis : ex comparatione ;

  • Les salines provenant des parents d’Étienne.

Le domaine est donc hétérogène dans son origine et son intensité de possession. Certaines unités sont tenues en totalité ; d’autres ne sont que des droits partiels. La charte n’invente pas cette diversité : elle la conserve volontairement, ce qui renforce la valeur du diplôme comme photographie juridique d’un portefeuille foncier complexe à la fin du IXe siècle.

4. Une immunisation pratique

La clause dispositive ne se contente pas de reconnaître le bien. Elle donne à Étienne la faculté de :

  • posséder ;

  • détenir ;

  • administrer ;

  • accomplir librement les actes qu’il voudra sur les biens.

L’acte cherche ainsi à prévenir les troubles de possession, les revendications concurrentes et les ingérences des autorités locales. Dans les zones de contact entre Septimanie et Catalogne carolingienne, ce type de précepte royal pouvait être particulièrement utile pour sécuriser des droits dispersés et parfois fragiles.

Personnes, pouvoir et transmission

Le roi est Charles III le Simple, roi des Francs occidentaux depuis 893. La date diplomatique — « XVIII des calendes de juillet », indiction II, septième année de règne — correspond au 14 juin 899. Le lieu d’expédition, Turnum, est identifié par l’édition moderne comme Tours-sur-Marne, non comme Tours sur la Loire.[caro.huma-num]

Les personnages agissant dans l’obtention du diplôme sont :

  • Charles III le Simple : autorité concédante et confirmatrice.

  • Adélaïde : mère du roi, dont l’intervention est explicitement invoquée ; elle joue ici un rôle de médiation curiale.

  • Arnust / Arnuste : archevêque de Narbonne ; il appuie la requête d’Étienne, ce qui montre le poids de l’Église métropolitaine de Narbonne dans l’accès à la faveur royale.

  • Étienne : fidèle du roi, détenteur principal des biens.

  • Anne : épouse d’Étienne, copropriétaire ou au minimum coacquéreuse, mentionnée dans la clause de confirmation.

  • Heriveus, notaire, agissant ad vicem Folconis : il reconnaît l’acte en remplacement de Falco/Foulques.

Le fait que l’archevêque de Narbonne patronne la demande d’un propriétaire dont les biens sont dispersés sur les deux versants de l’ancienne Septimanie et de la Catalogne montre que l’acte relève d’un espace aristocratique et ecclésial transrégional. Ce n’est pas un simple document local : il relie la cour carolingienne, la métropole narbonnaise, le Roussillon, l’Empordà et Besalú.[caro.huma-num]

Points de méthode

Plusieurs corrections de votre traduction sont importantes pour l’exploitation historique :

  • « Village de Narbonne » doit être rendu par pagus de Narbonne ou pays/ressort de Narbonne, non par village.

  • « Ville » doit le plus souvent être remplacé par villa, sans assimilation automatique à une ville moderne.

  • « Accolements » est une traduction maladroite de adjacentiae ; préférer dépendances, tenants et aboutissants, ou biens attenants, selon le contexte.

  • « Comparaison » pour ex comparatione doit être remplacé par acquisition ou achat.

  • « Mines de sel » est possible, mais salines est plus sûr pour salinae.

  • « Tordarias avec ses villae » doit être compris comme Tordarias avec ses vilaria ou dépendances rurales, et non comme plusieurs villes au sens moderne.

  • « L’église Sainte Amateri » doit être conservé sous une forme prudente, par exemple Sainte-Amatéri ou Sainte-Amaterii, car l’identification hagiographique reste à vérifier sur les traditions locales et les variantes manuscrites.


 

_____________________________________________


 

Le document de 876

La charte est datée du 22 avril 876. La donatrice s’y désigne explicitement :

Anna… filia quondam Alarici vel Rautrudes

soit : « Anna, fille du défunt Alaric et de Rotrude ». Elle donne à :

Radulfo et uxori tue Ridlinde

« Radulf et à ton épouse Ridlinda », un bien situé dans le Roussillon, nommé dans l’édition comme la villa de Covengos. La donation porte plus largement sur une série d’alleux localisés, selon les traditions éditoriales, en Roussillon, Conflent, Besalú et Perapertusès.raco+1

Anna est aussi attestée auparavant, dans un jugement du 18 août 868, avec sa mère Rotrude et son grand-père maternel Bera : cette pièce confirme que la mémoire patrimoniale et la filiation maternelle étaient publiquement reconnues.fmg

Filiations certaines

Le noyau familial directement attesté par les chartes peut être présenté ainsi :


Bera I, comte de Barcelone, et Romella
│
└── Rotrude
    × Alaric, comte d’Empúries-Peralada, mort avant 844
    │
    ├── Auréol
    │
    └── Anna
        × Étienne / Stephanus / Esteve,
          juge issu d’un milieu vicomtal gothique de Narbonne
          │
          └── Aton / Ató

Les points les plus solides sont les suivants :

Personne

Lien

Base documentaire

Rotrude

Fille de Bera et de Romella

Vente de 844/845, où elle se dit fille du défunt Bera et de Romella

Alaric

Époux de Rotrude, mort avant 844/845

Même acte, où Rotrude le désigne comme son défunt mari

Auréol

Fils d’Alaric et Rotrude

L’acte de 844/845 appelle Alaric son père

Anna

Fille d’Alaric et de Rotrude

Jugement de 868 et donation de 876

Étienne

Époux d’Anna

Confirmation royale de Charles III, en 899

Aton

Fils d’Étienne et Anna

Signalé dans les reconstructions issues de la documentation familiale et vicomtale narbonnaise

La filiation d’Anna est donc de bon niveau documentaire : elle apparaît comme petite-fille de Bera I par sa mère Rotrude, et comme fille du comte Alaric par son père.raco+1

Ridlinda : hypothèse ou certitude ?

La position de Ridlinda, femme de Radulf, doit être isolée du reste car elle est moins solidement établie.

Hypothèse

Parenté proposée

Soutiens historiographiques

Limite principale

Hypothèse

Parenté proposée

Soutiens historiographiques

Limite principale

Hypothèse A

Ridlinda est fille d’Alaric et Rotrude, donc sœur d’Anna

Ramon d’Abadal ; lecture reprise par plusieurs synthèses ; Cingolani paraît également la rattacher à Rotrude

La donation de 876 ne dit jamais « ma sœur » ni « ma parente »

Hypothèse B

Ridlinda est une nièce d’Anna, possiblement fille de Bera II

Pierre Ponsich

Filiation non prouvée directement

Hypothèse C

Ridlinda n’est pas documentée comme parente d’Anna ; le lien reste indéterminé

Lecture strictement diplomatique

Ne rend pas immédiatement compte de la donation d’Anna au couple Radulf–Ridlinda

L’article de Tura Clarà Vallès insiste à juste titre sur la difficulté : Ridlinda est bien bénéficiaire de la donation, mais l’acte n’énonce pas son ascendance. L’auteur rappelle les positions d’Abadal, qui en faisait une autre fille d’Alaric, de Ponsich, qui la pensait plutôt fille de Bera II, et de Cingolani, qui l’associait à Rotrude. Il conclut que la question demeure conjecturale.raco

La prudence impose donc de formuler ainsi :

Ridlinda est très probablement apparentée à Anna, mais son degré exact de parenté n’est pas explicitement donné par la charte de 876.


 

. Anna, Étienne et leurs fils Aton et Ansemund

Le mariage d’Anna avec Étienne est capital, car il relie deux ensembles aristocratiques différents :

Branche

Base sociale et territoriale

Apport au réseau

Anna, fille d’Alaric et Rotrude

Parentèle comtale d’Empúries et héritage cognatique issu de Bera I

Prestige comtal, droits patrimoniaux en Roussillon et dans la Marche

Étienne

Juge d’origine gothique, issu d’un milieu vicomtal enraciné dans le Narbonnais et le Roussillon

Réseau judiciaire, vicomtal et foncier de Septimanie

Aton

Fils du couple

Héritier placé au croisement des intérêts comtaux catalans et de l’aristocratie narbonnaise


 

Ansemud

Fils du couple

Héritier placé au croisement des intérêts comtaux catalans et de l’aristocratie narbonnaise, fondateur des lignes vicomtales du Castelnou, Vallespir et Fenouillèdes.

 

 

La confirmation de Charles III du 14 juin 899 en faveur d’Étienne et d’Anna donne une mesure exceptionnelle de ce patrimoine : elle confirme leurs alleux dispersés dans le Narbonnais, le Roussillon, l’Empordà et le Besalú. Le roi ne traite donc pas Étienne comme un simple propriétaire local, mais comme un fidèle disposant d’un ensemble patrimonial transfrontalier entre Septimanie et Marche hispanique.books.openedition

Aton et Ansemund doivent être compris dans ce contexte. Ils n’héritent pas seulement, potentiellement, d’un patrimoine paternel narbonnais ; il se trouve aussi, par Anna, relié à la descendance de Bera I, aux réseaux d’Empúries et, selon l’hypothèse de la sororité Anna–Ridlinda, à la branche de Radulf premier comte de Bésalu.


 

.Ce que révèle la comparaison

La comparaison entre Anna, Étienne, Radulf, Ridlinda et Aton met en évidence une stratégie de double alliance :

  • Alliance comtale endogamique : Radulf, issu de Sunifred et Ermesinde (Il est le fils de Sunifred II d’Urgell et le frère de Wifred le Velu (Guifred le Velu), fondateur de la dynastie des comtes de Barcelone), épouse Ridlinda, peut-être fille d’Alaric d’Empurie- Péralda,et Rotrude. La parenté bellonide et les descendants de Bera se trouvent ainsi resserrés.

  • Alliance avec l’aristocratie judiciaire narbonnaise : Anna épouse Étienne, qui appartient à un milieu gothique fortement implanté entre Narbonne et Roussillon.

  • Circulation d’alleux par les femmes : Rotrude, Anna et Ridlinda apparaissent, directement ou indirectement, au centre de transmissions foncières. La documentation ne réduit pas les femmes à de simples relais matrimoniaux : elles vendent, donnent, possèdent et transmettent.

  • Articulation des espaces : les biens et alliances relient Empúries, Roussillon, Conflent, Besalú et Narbonne. La frontière pyrénéenne actuelle ne correspond donc pas à la logique de la parenté aristocratique de la fin du IXe siècle.

  • Aton et Ansemund comme points de jonction : fils d’Anna et Étienne, Aton et Ansemund se situent au croisement du lignage maternel comtal d’Empúries et d’un héritage paternel de juges et de vicomtes narbonnais.


 

Arbre de synthèse

BERA Ier de Barcelone
× Romella
│
└── ROTRUDE 
    × ALARIC d’Empúries-Peralada
    │
    ├── AURÉOL
    │
    ├── ANNA
    │   × ÉTIENNE / STEPHANUS
    │   │
    │   ├── ATON
    │   │
    │   └── ANSEMUND 
		x QUIXOL (fille de Guiffré de Barcelone)
    │
    └── RIDLINDA (elle est dans la parentèle familiale sans la certitude du lien, cependant assez proche pour recevoir un nombre considérable de domaines de la part d’Anna)
        × RADULF
        comte de Besalú (fils de Sunifred d’Urgell et frère de Guiffré de Barcelone)


GUIFRÉ Ier « le Velu »
comte de Barcelone
× Guinedilda
│
└── QUIXOL (fille de Guiffré de Barcelone)
          x ANSEMUND (fils d’Etienne et Anna)
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16 septembre 2026 3 16 /09 /septembre /2026 17:45

Observations préalables

Le texte est une copie du XVIIIᵉ siècle d’un acte médiéval perdu ou non conservé sous sa forme originale. Il faut donc distinguer :

  • le contenu juridique de l’acte, qui semble remonter à l’époque carolingienne ;

  • la fiabilité de la copie ;

  • l’interprétation historiographique de Lacvivier et d’Alart.

L’ouvrage moderne Catalunya carolíngia rappelle que la documentation de cette région provient souvent de copies anciennes, de regestes ou de traditions textuelles indirectes, et que la critique doit tenir compte des erreurs de transcription et des interpolations éventuelles.[publicacions.iec]

La date finale est : « sous le jour des XV calendes de juin, la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles ». Cela correspond vraisemblablement au 18 mai 941, si Louis est Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Cette identification doit toutefois être vérifiée sur l’original ou une édition critique, car la formule de datation transmise par la copie peut comporter une erreur.


Traduction française et analyse juridique du texte

Ouverture et parties

« Au nom du Seigneur.

Moi, Ansemundus, et mon épouse Kixol, nous deux ensemble, sommes les vendeurs auprès de vous, Suniefred le clerc, Sentilles, Miron, Riculf, Suniarius, Olibane et Ranlo, femme, nos acheteurs.

Par le présent acte de vente, nous vous vendons tout notre alleu que nous possédons dans le comté de Roussillon, dans la villa appelée Roderad, également appelée Monte Schapri, ou dans ses limites et confins ; et dans la villa de Sant Feliu, ou dans ses limites et confins ; et à Riliano, ou dans son territoire ; et à Ripa Fracta, ou dans son territoire ; et dans le territoire de Monte Auriolo, ou dans ses dépendances ; et dans la vallée d’Agrevolaria, ou dans ses limites et confins ; et au lieu appelé les Îles, ou au Monte Nigro, ou dans leurs limites et confins ; ainsi que dans le territoire des villages situés dans le territoire du château de Camélas ; et dans le territoire de Vallespir, au lieu appelé Ulmos, ou dans ses limites et confins ; et au Monte Bodone, avec ses dépendances, ou dans ses villages, ou dans leurs limites et confins ; et dans le territoire de Bucago, au lieu appelé Campo Cerdana, ou dans ses limites et confins ; et au lieu appelé Uxas, le village appelé de Gairo ou de Gairardo, qui autrefois portait ces noms et qui est aujourd’hui appelé Gausago, avec ses limites et confins : le tout intégralement.

Et dans le comté de Cerdagne, au lieu appelé Navarando et Talltorta, le tout intégralement, avec toutes leurs limites et confins.

Et dans le comté de Besalú, au lieu appelé Biania, dans la villa appelée Cubile Secho, ou dans ses limites et confins ; et dans la villa appelée Bevida, ou dans ses limites et confins.

Dans tous les lieux indiqués ci-dessus, ou dans leurs limites et confins, nous vous vendons tout ce que nous y possédons actuellement et retenons, tout ce qui doit nous revenir par héritage, ainsi que tout ce que nous pourrions acquérir à l’avenir : maisons, bâtiments, dépendances, cours, clos, granges, jardins, terres, vignes, prés, pâturages, bois, garrigues, eaux et cours d’eau, moulins et installations de moulins, terres à lin, voies d’accès et de retour ; en somme, tout ce que nous y possédons ou retenons aujourd’hui, provenant de nos parents, acquis par achat ou par échange, et tout ce que nous pourrions acquérir par la suite, qu’il soit déjà recherché ou encore à acquérir, rural ou urbain.

Nous vous vendons le tout intégralement, avec ses accès et retours, ainsi qu’avec ses confronts et limites, à l’exception de ce que nous aurons donné aux saintes églises de Dieu.

Nous remettons également entre les mains de nos fils désignés ci-dessus — Suniefred le clerc, Sentilles, Miron, Riculf, Suniarius et Olibane — l’alleu de Sant Feliu, avec les églises qui y sont fondées sous le vocable de Sainte-Marie et de Saint-Michel, ainsi que l’alleu de Riliano et celui de Ripa Fracta, afin qu’à compter d’aujourd’hui ils en aient la pleine maîtrise.

Quant à cette femme appelée Ranlo, elle n’aura aucun pouvoir, ni droit de tenir, posséder, vendre, donner ou aliéner l’alleu de Sant Feliu, ni celui de Riliano, ni celui de Ripa Fracta.

Prix

Et nous, vendeurs, avons reçu de vous, acheteurs, le prix dont nous étions convenus dans notre arrangement, à savoir 500 sous d’or (solidus monnaie Byzantine) ; vous nous les avez remis, et nous, vendeurs, les avons reçus directement de nos mains. Il est manifeste qu’il ne reste auprès de vous, acheteurs, aucune partie de ce prix.

Réserve d’usage et transfert différé

Tout ce qui est exposé ci-dessus, nous le transférons de notre droit sous votre pouvoir, selon la disposition suivante : tant que nous vivrons, nous le tiendrons, le posséderons et en percevrons les fruits pendant tous les jours de notre vie ; après notre décès, la pleine maîtrise en restera à vous, comme il est écrit ci-dessus.

Si l’un d’entre vous quitte ce monde sans laisser de fils ou de filles légitimes parvenus à l’âge légal, son héritage devra revenir aux frères désignés ci-dessus qui vivront à cette époque.

Si nous, vendeurs, ou n’importe quelle autre personne, venions à s’opposer au présent acte de vente pour l’annuler, nous devrons vous payer le double de la valeur que tous les biens ci-dessus auront atteinte à ce moment-là.

Désormais, personne ne pourra rompre le présent acte de vente, qui devra conserver sa pleine validité en toutes choses.

Fait l’acte de vente le 18 mai, la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles.

Ansemundus. Signe de Kixol. Nous deux ensemble avons fait cette vente et avons prié les témoins de la confirmer.

Signés de Ramaricus, Bartolomeus, Vivendus, Ingilbertus, Frambertus, Albaricus et Baldericus.

Malangeicus, prêtre, qui ai écrit et souscrit cette vente, au jour et à l’année indiqués ci-dessus. »


Détail des biens

1. Dans le comté de Roussillon

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Villa Roderad, aussi appelée Monte Schapri

Alleux et dépendances non détaillés

Sancto Felice, probablement Sant Feliu

Alleu comprenant notamment des églises

Riliano

Alleu

Ripa Fracta

Alleu

Monte Auriolo

Biens situés dans le territoire et les dépendances

Vallée d’Agrevolaria

Terres et dépendances

Les Îles

Terres ou domaine localisé

Monte Nigro

Terres et dépendances

Villages situés dans le territoire du château de Camélas

Biens dispersés dans plusieurs villages

Vallespir, lieu appelé Ulmos

Terres et dépendances

Monte Bodone

Domaine avec membres, villages et dépendances

Bucago, lieu appelé Campo Cerdana

Terres et dépendances

Uxas, anciennement Gairo ou Gairardo, appelé alors Gausago

Village et totalité de ses limites

2. Dans le comté de Cerdagne

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Navarando

Domaine entier avec toutes ses limites

Talltorta

Domaine entier avec toutes ses limites

3. Dans le comté de Besalú

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Biania, dans la villa appelée Cubile Secho

Biens situés dans la villa et ses limites

Bevida

Biens situés dans la villa et ses limites

4. Catégories de biens comprises dans la vente

La formule générale englobe pratiquement tous les éléments composant un patrimoine foncier médiéval :

  • maisons et bâtiments ;

  • dépendances et bâtiments agricoles ;

  • cours, clos et enclos ;

  • granges ;

  • jardins ;

  • terres labourables ou non cultivées ;

  • vignes ;

  • prés ;

  • pâturages ;

  • forêts ;

  • garrigues et terres incultes ;

  • eaux et cours d’eau ;

  • moulins et installations hydrauliques ;

  • terres à lin ;

  • chemins, accès et voies de retour ;

  • biens ruraux et urbains ;

  • biens reçus des parents ;

  • biens acquis par achat ;

  • biens acquis par échange ;

  • biens encore à acquérir dans l’avenir.

Il ne s’agit donc pas d’une simple vente de parcelles isolées, mais d’une aliénation générale d’un ensemble patrimonial dispersé dans plusieurs comtés.


 

Localisations les mieux établies

Les correspondances les plus solides sont les suivantes :

  • Camélas → commune actuelle de Camélas ;

  • Polig → hameau de Camélas ;

  • Vallicrosa / Vallcrosa → hameau de Camélas, aujourd’hui aussi appelé Bellecroze ;

  • Sant Feliu → probablement Saint-Féliu-d’Amont et/ou Saint-Féliu-d’Avall ;

  • Rellà → ancien toponyme de la vallée de la Têt, probablement secteur d’Ille-sur-Têt ;

  • Oms → commune actuelle d’Oms ;

  • Montboló → commune actuelle de Montbolo ;

  • Talltorta → village de Cerdagne ;

  • Montescot → commune actuelle de Montescot.

Camélas comprend aujourd’hui notamment les noyaux de Camélas, Polig et Vallicrosa, ce qui est particulièrement intéressant pour votre dossier : plusieurs noms de la liste peuvent appartenir à un même ensemble territorial médiéval plutôt qu’à des propriétés totalement indépendantes.


 


Analyse juridique

1. Une vente d’alleux

Le terme alode ou alleu désigne un bien détenu en pleine propriété, par opposition à un bien tenu d’un seigneur moyennant obligations féodales. Il faut toutefois rester prudent : dans la pratique carolingienne, le mot peut couvrir un patrimoine complexe, comprenant des terres, des droits d’usage, des bâtiments et parfois des droits sur des dépendants.

L’acte porte sur « tout notre alleu », ce qui manifeste une volonté de transférer non seulement certaines terres, mais l’ensemble des droits patrimoniaux d’Ansemundus et de Kixol dans les lieux énumérés.

2. Une vente au profit des enfants

Les acheteurs sont au nombre de six hommes et d’une femme, mais le texte identifie ensuite les six hommes comme les « fils » des vendeurs :

  • Suniefred, clerc ;

  • Sentilles ;

  • Miron ;

  • Riculf ;

  • Suniarius ;

  • Olibane.

Le passage relatif à Ranlo est particulièrement important. Ranlo apparaît parmi les acheteurs dans l’intitulé initial, mais l’acte lui refuse ensuite tout pouvoir sur trois ensembles de biens : Sant Feliu, Riliano et Ripa Fracta.

Cela explique la divergence signalée entre Lacvivier et Alart :

  • Lacvivier a compris l’acte comme une vente à l’évêque Wadalde ;

  • Alart a estimé qu’il s’agissait d’une vente par les parents au profit de leurs enfants.

À la lecture du texte fourni, la seconde interprétation paraît plus cohérente, car les bénéficiaires sont explicitement appelés les fils des vendeurs. En revanche, l’acte pourrait avoir été intégré ultérieurement au patrimoine épiscopal, ou l’un des acheteurs pourrait avoir été l’évêque ou un représentant de l’Église dans une tradition documentaire différente. Cette question ne peut être définitivement tranchée sans comparer la copie avec le regeste complet, les variantes et les actes connexes.

3. Une donation ou attribution particulière aux fils

Le texte distingue deux opérations :

  1. une vente générale à plusieurs acheteurs ;

  2. une remise particulière de certains alleux entre les mains des fils.

Les biens expressément attribués aux fils sont :

  • l’alleu de Sant Feliu ;

  • les églises de Sainte-Marie et de Saint-Michel qui y sont fondées ;

  • l’alleu de Riliano ;

  • l’alleu de Ripa Fracta.

Cette clause semble conférer aux fils une position plus forte sur ces biens que sur les autres éléments du patrimoine. Il pourrait s’agir d’une libéralité familiale, d’un partage anticipé ou d’une réserve successorale organisée par les parents.

4. Une réserve d’usufruit viager

Ansemundus et Kixol transfèrent la propriété, mais se réservent la possession et les fruits jusqu’à leur décès :

« tant que nous vivrons, nous le tiendrons, le posséderons et en percevrons les fruits ».

En termes modernes, cette clause ressemble à une réserve d’usufruit viager, même si l’on ne doit pas appliquer mécaniquement les catégories du Code civil contemporain à un acte carolingien.

Les vendeurs conservent donc :

  • la détention matérielle ;

  • l’exploitation des biens ;

  • la perception des récoltes et revenus ;

  • la jouissance économique pendant leur vie.

Les acheteurs obtiennent une propriété différée ou une maîtrise consolidée au décès des vendeurs.

5. Une clause successorale

L’acte prévoit que, si un acheteur meurt sans laisser de fils ou de filles légitimes parvenus à l’âge requis, sa part revient à ses frères survivants.

Cette clause a plusieurs conséquences :

  • elle limite la libre transmission de la part de l’acheteur ;

  • elle organise une forme de retour familial ;

  • elle privilégie la conservation du patrimoine dans le groupe des frères ;

  • elle exclut, ou du moins ne mentionne pas, d’autres héritiers possibles, notamment le conjoint ou des descendants mineurs.

La clause ne constitue pas nécessairement une règle générale de succession : elle est une stipulation particulière attachée à l’opération patrimoniale.

6. Exclusion de Ranlo

Ranlo est privée du droit :

  • de tenir ;

  • de posséder ;

  • de vendre ;

  • de donner ;

  • d’aliéner.

La portée de cette exclusion est considérable. Elle indique soit :

  • qu’elle n’est pas propriétaire des trois alleux concernés ;

  • qu’elle est une cohéritière dont les droits sont volontairement écartés ;

  • qu’une clause familiale ou matrimoniale lui interdit d’intervenir ;

  • ou que le texte a été réorganisé afin de préserver les biens au profit des héritiers masculins.

Il serait imprudent de conclure automatiquement à une incapacité juridique générale des femmes. Le document établit seulement une restriction relative à trois patrimoines précis. Ranlo est en outre désignée comme femina, tandis que les hommes sont ensuite désignés comme filii, ce qui peut refléter une hiérarchie familiale, successorale ou patrimoniale.

7. Le prix de 500 sous d’or solidus byzantin

Le prix est fixé à 500 sous . La formule affirme :

  • que le prix a été convenu ;

  • qu’il a été effectivement payé ;

  • que les vendeurs l’ont reçu de leurs mains ;

  • qu’aucun solde ne subsiste.

Il s’agit d’une clause de quittance complète, destinée à empêcher une contestation ultérieure fondée sur un prix impayé.


 

  • le pouvoir d’achat local ;

  • la valeur réelle des terres, églises, moulins et droits inclus.

La somme est cependant très élevée en comparaison d’une vente rurale ordinaire, ce qui peut indiquer l’importance exceptionnelle du patrimoine ou une formulation conventionnelle.

8. Les églises dans une transaction privée

L’acte inclut l’alleu de Sant Feliu et deux églises, Sainte-Marie et Saint-Michel. Cela ne signifie pas nécessairement que les édifices cultuels eux-mêmes sont vendus comme des biens ordinaires.

La formule peut viser :

  • les droits patrimoniaux attachés aux églises ;

  • les terres dépendant des églises ;

  • les droits de fondation ou de patronage ;

  • les revenus et dîmes ;

  • le contrôle matériel des biens ecclésiastiques.

La clause finale exclut toutefois ce que les vendeurs auraient déjà donné aux « saintes églises de Dieu ». Cette réserve montre que les donations pieuses antérieures sont censées demeurer hors de la vente.

9. Garantie et peine du double

La clause pénale prévoit que celui qui tenterait de rompre la vente devra payer le double de la valeur des biens telle qu’elle aura augmenté au moment de la contestation.

C’est une garantie classique de stabilité de l’acte :

  • elle vise les vendeurs ;

  • elle vise leurs héritiers ou ayants droit ;

  • elle vise aussi tout tiers qui contesterait la transaction ;

  • elle protège les acheteurs contre une éviction ou une revendication.

Le calcul porte non seulement sur le prix initial, mais sur la valeur améliorée ou augmentée des biens. Cette disposition renforce considérablement la protection des acquéreurs.


Portée historique et limites

L’acte révèle un patrimoine foncier extrêmement dispersé, réparti entre le Roussillon, la Cerdagne et le comté de Besalú. Il montre aussi que la propriété médiévale pouvait être organisée comme un ensemble de droits portant simultanément sur des terres, des villages, des églises, des moulins, des pâturages, des eaux et des voies d’accès.


 

En l’état, l’interprétation la plus prudente est celle d’un acte de vente patrimoniale familiale, conclu par Ansemundus et Kixol, avec paiement comptant de 500 sous, réserve de jouissance viagère, attribution privilégiée de plusieurs alleux aux fils, exclusion de Ranlo de certains biens et clause de retour entre frères. La mention de l’évêque Wadalde dans le regeste de Lacvivier doit être traitée comme une indication documentaire à vérifier, non comme une conséquence certaine du texte latin transmis.

 

 

NOTES SUR LES LIEUX :

 

 

 

- Sant Feliu → probablement Saint-Féliu-d’Amont et/ou Saint-Féliu-d’Avall


 

Un acte royal de 899, concernant l'évêché d'Elne, énumère dans le comté du Roussillon :

 

Tordarias, avec l'église Saint-Martin ;

la terre Sancti Petri ;

Ulmis ;

Lauresono ;

Palatiolo ;

des possessions dans le territoire d'Elne ;

Peciliano, avec les églises Sancti Saturnini et Sancti Felicis ;

Verneto, avec Saint-Christophe ;

Codincus ;

Tezano ;

les villae d'Anglares et Salellas ;

Lotas ;

Frontotedeso / Centernaco.

 

cathalaunia.org

 

Cet acte est particulièrement important pour votre recherche car Peciliano (Pézilla-la-Rivière) et son église Sancti Felicis sont attestés dès 899.

 

Pézilla-la-Rivière PECILIANO

 

Si le texte comporte :

 

Peciliano

Sancti Saturnini

Sancti Felicis

Elne

Tordarias

Lotas

 

alors il s'agit très probablement de Pézilla-la-Rivière. L'acte de 899 est explicite et nous avons également Lotas qui réapparait dans l’acte de 941.

 

 

Le document de 899 est peut-être exactement ce qu'il faut comparer avec le dossier Roderadi.

 

Il s'agit d'un acte de Charles III le Simple confirmant les biens d'Esteve et Anna, à la demande de l'archevêque de Narbonne Arnust. Dans le Roussillon, il énumère toute une série de possessions, dont Peciliano avec Sancti Saturnini et Sancti Felicis, mais aussi Lotas, Tordarias, Ulmis, Lauresono, etc.

 

cathalaunia.org

 

 

Dans l’acte de 941 Les trois domaines sont donc juridiquement traités ensemble :

 

Sancto Felice

Riliano

Ripa fracta

 

Ils semblent avoir un statut successoral commun.

 

 

 

898/903 — le Sancti Felicis de Peciliano : celui-ci est beaucoup plus proche de votre dossier

 

Ici, nous avons un acte extrêmement précis.

 

Le comte Radulf et Ridlindis donnent à La Grasse la villa Peciliano avec le villariunculum de Fonte Tentenata.

 

Le texte donne :

 

ipsum alode ... cum ipsas ecclesias qui ibidem sunt fundatas in honore Sancti Saturnini & Sancti Felicis

 

et surtout :

 

in termino de villa Sancti Felicis

 

Le même passage décrit le secteur du castellare, dont le terme touche :

 

termino Corneliano

termino de Millares

termino de villa Sancti Felicis.

 

Cathalunia.org

 

 

 

899 — le grand précepte de Charles III

 

Le 14 juin 899, Charles le Simple confirme les biens d'Étienne et Anna.

 

Dans le comté de Roussillon, il énumère :

 

villa Peciliano cum suis villaribus, finibus et adjacentiis, et ecclesia Sancti Saturnini et Sancti Felicis

 

puis, séparément :

 

villare quod dicitur Lotas, cum omni integritate

 

Donc 899 donne exactement la combinaison repérée :

 

Peciliano

 

avec :

 

Saint-Saturnin

Saint-Félix

 

et ailleurs :

 

Lotas

 

cathalaunia.org

 

 

 

- RILIANO est a rapprocher de Rellà dans la zone de Camélas/Thuir (Une étude archéologique confirme que le lieu nommé Rilianum est attesté dès 941 et qu'il correspond à l'ancien habitat du secteur de Reilla, entre Millas et Thuir.)

 

 

- RIPA FRACTA L'occurrence de 941 est :

 

ipsum alode de Riliano sive de Ripa Fracta

 

a rapprocher de l'ancien site de Sant Martí de la Riba, situé sur la commune actuelle

 

et les recherches toponymiques l'identifient à un site de Sant Feliu d'Avall, sur la Têt.

 

 

Le nom actuel Saint-Féliu-d'Avall est bien dans la plaine de la Têt, à proximité immédiate de Corneilla-la-Rivière, Pézilla-la-Rivière (PECILIANO), Millas, Camélas et Thuir qui constitue un véritable ensemble géographique de la vallée de la Têt.

 

Le rédacteur de l’acte de 941 parcourt effectivement les possessions d'Ansemundus et Kixol selon un ordre territorial, la séquence :

 

Roderadi / Monte Schapri → Sancto Felice → Riliano → Ripa Fracta

 

donc un parcours géographique.

 

L'Encyclopèdia Catalana identifie le site de Sant Martí de la Riba, à environ 500 m à l'est du village de Saint-Féliu-d'Avall, avec le lieu appelé Ripa Fracta, mentionné en 941.

 

Enciclopedia

 

Cette identification est fondée sur une mention postérieure :

 

Sant Martí de Riba de Fratxia

 

 

 

Plusieurs repères sont désormais localisables :

 

Rilianum → Pla-de-Reilla

Chamelas → Camélas

Monte Nigro → Saint-Michel-de-Llotes / Montner selon les occurrences

Millares → Millas

Peciliano → Pézilla la Rivière

Corneliano → Corneilla-la-Rivière.

 

 

Le diplôme de Charles III du 14 juin 899 confirme à Stephanus et Anna leurs possessions en alleu.

 

Dans le Roussillon, on trouve notamment :

 

villa Peciliano cum ecclesia Sancti Saturnini et Sancti Felicis

 

et plus loin :

 

villare ... Lotas

 

Le même diplôme contient également un Monte Auriolo, mais celui-ci est placé dans l'énumération des biens du pagus de Narbonne, tandis que le Peciliano + Sancti Felicis + Lotas appartient au bloc roussillonnais.

 

ACTE DE 915-920 SUR PECILIANO

 

Une donation de Ridlindis, veuve du comte Radulf, à La Grasse, datée 915–920, confirme la donation antérieure de Peciliano.

 

Le résumé du corpus donne :

 

Ridlindis, relicta del comte Rodulphi, confirma ... donació de la vila de Peciliano ... feta disset anys abans per ella i el seu marit...

 

Et l'étude prosopographique précise quelque chose de beaucoup plus important :

 

Peciliano avait appartenu à Anna, mère d'Aton.

 

Telma-chartes.irht.cnrs.fr

 

 

acte Artem/TELMA n° 3782, daté précisément du 24 juin 915. Ridlindis, veuve de Raoul/Radulf, comte de Roussillon, et son fils Oliba y renouvellent/confirment la donation antérieure de Pézilla (Peciliano) et de Fons Tentenata à l’abbaye de La Grasse. L'acte est conservé aux Archives départementales de l’Aude, H 23 n° 6.

 

 

- MONTE AURIOLO

 

L'acte de 927 donne :où Aton (Ato), fils de Stephanus et d’Anna, vend à l’évêque d’Elne des biens comprenant notamment la moitié de la villa Bericani, ainsi que des alleux à Monte Auriolo et Felinas.

 

Aton, filius Stephano et filius Annane

 

Donc :

 

Stephanus + Anna

↓

Aton

 

est explicitement attesté.

 

L'acte concerne notamment :

 

la moitié de Bericani / Villebersas

des alleux à Monte Auriolo

Felinas / Félines-Minervois.

 

 

C'est une deuxième branche patrimoniale :

 

Stephanus + Anna → Aton → Monte Auriolo

 

et cela est particulièrement intéressant parce que Monte Auriolo réapparaît dans votre acte de 941.

 

Ggallica.bnf.frGallica – Histoire générale de Languedoc, tome V

 

Ccathalaunia.orgCathalaunia – base Documentia

 

 

Monte Auriolo apparaît dans l’acte d’Ansemund et Quixol et donc suggère que la villa est en moitié en 941 et qu’elle provenait de l’héritage d’Etienne et Anna cité en 899.

 

La documentation toponymique montre :

 

un Monte Auriolo attesté en 899 ;

un Monte Auriolo attesté en 941–942 dans le secteur des Insulas / Queixàs / Saint-Michel-de-Llotes

 

 

899

 

Stephanus + Anna

→ Monte Auriolo dans leur patrimoine.

 

 

927

 

Aton, fils de Stephanus et Anna

→ alleux à Monte Auriolo.

 

 

941

 

Ansemundus + Kixol

→ Monte Auriolo dans le même grand ensemble que Roderadi / Monte Schapri, Sancto Felice, Rilianum, Ripa Fracta, Chamelas.

 

 

Cathalunia.org

 

 

- LLOTAS

 

 

il existe une attestation de 898

 

Le document de 898 donne :

 

in villa Insula, cum Lotas

 

et l'onomastique de l'IEC identifie cette série :

 

898 : in villa Insula, cum Lotas

899 : villare Lotas

941 : locum ubi vocant Lotas

950 : valle Lotas

951 : locum vocitante Lotas.

 

L'IEC identifie cet ensemble au futur Saint-Michel-de-Llotes, dans le Roussillon.

 

Cathalunia.org

 

 

 

 

Dans l'édition de la Catalunya Carolíngia un acte de 951 particulièrement intéressant.

 

Il concerne une permutation entre Sunifred II, comte de Cerdagne-Conflent, et La Grasse.

 

Le texte dit que Sintille (fils d’Ansemund acte de 941) et Adalai donnent leurs alleux :

 

in comitatu Rusolionense, in villa quam dicunt Petiliano et in villa quam nuncupant Comeliano...

 

et qu'en échange l'abbé donne notamment :

 

in loco quem dicunt Lotas vel Monte Auriolo,

des alleux appartenant à Sunifred comte, à Ulibano, Rigardane et de Spolii.

 

Nous avons explicitement :

 

Lotas = Monte Auriolo

 

en 951.

 

Or nous avions déjà établi que le Monte Auriolo du dossier roussillonnais de 941 se trouve probablement dans le secteur Illes–Llotes–Saint-Michel-de-Llotes.

 

 

L'IEC explique précisément que l'acte de 941 associe Lotas et ipsas Insulas, et que ipsas Insulas renvoie au secteur de Montoriol de les Illes. Le rapprochement avec Saint-Michel-de-Llotes est fondé sur la proximité géographique : Saint-Michel-de-Llotes se trouve environ trois kilomètres en aval de Camélas.

 

Le site local de Saint-Michel-de-Llotes rapporte justement une tradition selon laquelle Ansemund de Camélas aurait disposé au Xe siècle de biens à Lotas hérités de ses parents Esteve et Anna.

 

L'identification à Saint-Michel-de-Llotes est aujourd'hui très solide. L'IEC donne la série suivante :

 

898 : in villa Insula, cum Lotas

899 : villare Lotas

941 : locum ubi vocant Lotas

950 : valle Lotas

951 : locum vocitante Lotas

1008 : ad ipsas Lotas

1011 : Lotas

1054 : Lotes.

 

 

L'IEC explique en outre que le Lotas de 941 est associé à ipsas Insulas et que Saint-Michel-de-Llotes se trouve environ 3 km en aval de Camélas : l'explication toponymique est que les « îles » d'amont ont donné les « petites îles » (llotes) d'aval.

 

 

ACTE ORIGINEL POUR LLOTAS : 23/24 juin 898, diplôme de Charles III pour Theodosius.

 

Le texte donne, dans le comté de Roussillon, pagus d'Elne :

 

in villa Insula, cum Lotas et Laurigano, omnia quicquid ibi ad nostrum fiscum pertinere videtur.

 

Donc :

 

Insula + Lotas + Laurigano

 

font partie d'un même ensemble fiscal royal.

 

 

 

1008 — Lotas passe dans la famille vicomtale

 

L'Encyclopèdia Catalana signale ensuite un acte du 16 mars 1008 :

 

Pere I, premier vicomte de Fenollet, dispose en faveur d'Oda de son alleu :

 

ad ipsas Lotas

 

qui lui venait :

 

de ses parents,

 

avec également sa part d'héritage à Illa.

 

Nous avons donc :

 

898 fisc royal à Insula + Lotas

↓

899 Stephanus + Anna

↓

941 Ansemundus + Kixol

↓

1008 Pere I de Fenollet

↓

Oda

 

 

Mais le dernier maillon est particulièrement intéressant parce qu'Ansemundus est présenté comme grand-père de Pere I dans la tradition historique de Saint-Michel-de-Llotes et qui est vérifié dans les documents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Analyse de la vente d'Ansemund et Quixol de Barcelone en 941et liaison avec les parents d'Ansemund; Etienne et Anna fille d'Alaric d'Empurie
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30 juillet 2025 3 30 /07 /juillet /2025 17:31

Vouillé ici est situé près de Niort à 14 kms environ, Arthenay est un village de la commune (ou se situe le château de la Salmondière). Vouillé a une villa a l'époque romaine (classé à l'inventaire de la DRAC daté début VIème siècle couches surfaces(tessons)) de l'ancienne région Poitou-Charentes. citée comme villa Vogladise ou Vogladensis (Hincmar, Grégoire de Tour), ainsi que le site Mogothensis (Mougon) cité par Isidore de Séville ou Hispalensis. 

Donc pas Vouillé près de Poitiers  (voir article sur bataille Vouillé en 507 entre Clovis roi des Francs et Alaric II roi des Wisigoths)

Pour la généalogie détaillée méridionale le lien est en fin d'article (pour ce qui concerne les Guilhem Assalit I, II, III, IV, et leurs origines wisigothiques, mais également franques par Guillaume de Gellone (baronnie du Pouget).

 

_____________________________________

Les pierres tombales de l’église Notre-Dame de Vouillé (1/2)

J’ai visité une première fois l’église Notre-Dame de Vouillé par une belle journée de janvier à la fin d’une randonnée dans la vallée du Lambon. J’y suis retournée depuis plusieurs fois en randonnée. Selon la notice du Parvis sur l’église de Vouillé [1], « en 1862, le conseil de fabrique obtient, avec la suppression de la porte sud, l’aménagement d’une entrée dans le pignon ouest pour faciliter la circulation dans l’église et la vue directe de l’autel.

La façade, encadrée par deux contreforts et percée d’une baie, est d’une grande sobriété. Le pignon est surmonté d’une croix antéfixe. La porte à tympan est moderne. Au sud, dans l’angle, se distinguent les traces d’une ancienne construction. »

La plus belle pierre tombale se situe sur le côté gauche du chœur, entre les bancs : c’est celle de François ASSAILLY, écuyer, Sieur du Peux et de la Salmondière avec une épitaphe et un blason gravé :

CY GIST LE CORPS DE

MESSIRE FRANCOIS

ASAILLY ECUIER

SEIGNEUR DESPREZ

DU PEUX ET DE LA

SALMONDIERE FILS

DE MRE FRANCOIS

ASAILLY ET DE

MARIE FERRE AGE

DE 70 ANS QUI

DECEDA LE 21

JANVIER 1737

PRIÉS DIEU POUR SON AME

J’ai recherché et trouvé son acte de décès dans le registre paroissial de Vouillé :

AD 79 MS 1736-1745 E DEPOT 155 / 2 E 342-6 1 Vue 027/131

J’ai trouvé quelques informations sur la famille ASSAILLY dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau Source Gallica [3] :

2. — Assailly (François d’), IIe du nom, sr du Peux, fut élu échevin de la commune de Niort au moyen de la résignation faite en sa faveur par Antoine Chargé, le 6 oct. 1634, et le 7 nov. 1634 déclara au greffe de l’élection vouloir vivre noblement. Il servit au ban des nobles du Poitou convoqué en 1635, et était en 1660 capitaine au régiment royal de Niort ; décéda avant le 6 sept, de cette année, revêtu de sa qualité d’échevin.

Il avait épousé Madeleine CHARGÉ. Devenue veuve, Madeleine paya, le 1er sept. 1667, à Jehannot de Bertillac la somme de 450 liv. pour sa maintenue en noblesse et privilèges.

François Assailly laissa de son mariage les enfants dont les noms suivent, et qui, le 26 févr. 1671, partagèrent sa succession avec leur mère :

1° FRANÇOIS, Ec., sr du Peux, épousa, le 30 août 1672 (Piet et son collègue, not. à Niort), Gabrielle DE BARAZAN, fille de Jean, Ec., sgr de la Salmondière. Il avait fait partie de la 2e brigade du ban des nobles du Poitou réuni à Moncoutant le 26 mai 1689. Ce fut lui qui, avec Alexis, sgr de Laubonnerie, et Madeleine, ses frère et sœur, fut confirmé dans sa noblesse par sentence du 10 janv. 1699, signée Maupeou. (O.) Le 1er sept. 1661, il avait arrenté, par acte reçu Jousseaume et Pérot, notaires à Niort, de vénérable Jean Chargé, prieur de Ruffigné, héritier de noble Guillaume Chargé, la terre noble des Prez. Il légua, le 10 janv. 1737, à Sébastien d’Assailly, Ec., sgr de Geranson, son neveu, la terre et sgrie de la Salmondière, à lui échue de sa femme. (F.)

2° PIERRE, Ec., sgr de Lorageay, assista au ban de 1691, servit dans les gentilshommes de l’escadron de M. de Granchamps; en 1706, il était officier dans les troupes du Roi au service d’Espagne, ainsi qu’il résulte des lettres du lieutenant du Roi dans la province du Poitou et de M. le maréchal de Clérembault à M. l’intendant de Poitou, 21 août 1706 (F.);

3° ALEXIS, qui suit ;

4° MADELEINE, citée dans la maintenue de noblesse.

Le Fonds Laurence (érudit) [4] qui est riche en informations sur les familles niortaises, contient également des informations sur les ASSAILLY :

AD 79 Fonds Laurence (érudit) [Abbadie à Ayrault] Cote : AD79 25F34 Vue 563/871

J’ai trouvé dans l’Armorial du Poitou 1ère partie / D’Hozier [5] le blason de François ASSAILLY, sieur du Peux :

L’épitaphe de la pierre tombale de François ASSAILLY nous permet d’apporter quelques corrections aux deux biographies citées ci-dessus :

  • François ASSAILLY avait épousé en premières noces le 21 février 1662 à Notre-Dame de Niort Marie FERRE, fille de Pierre FERRE, maître chirurgien et Magdeleine CHARGE et en secondes noces le 12 septembre 1672 à Notre-Dame de Niort Gabrielle DE BARAZAN, fille de Gabriel DE BARAZAN, sieur de la Salmondière, et de Marie GOULARD :
AD 79 Vue 035/070 : Mariages 1659-1668E DEPOT 23 / 2 E 187-19
AD 79 Vue 039/066 : BMS 1672 E DEPOT 23 / 2 E 187-30
  • De son premier mariage avec Marie FERRE, François ASSAILLY a eu au moins quatre enfants selon les relevés d’actes du Cercle Généalogique des Deux-Sèvres : Charlotte (1666), Gabrielle Henriette (1665-1665), François (1667) et Marie Magdeleine (1669).
  • De son second mariage avec Gabrielle DE BARAZAN, François ASSAILLY a eu au moins quatre enfants toujours selon les relevés d’actes du Cercle Généalogique des Deux-Sèvres : Marie Gabrielle (1673) ; Jacques (1674), Noel (1676-1676), Gabriel (1677), et Pierre (1679-1679).
  • Gabrielle de BARAZAN est décédée le 19 février 1687 à Vouillé et est certainement inhumée dans l’église de Vouillé, sous une des pierres tombales aux épitaphes illisibles. C’est elle qui a apporté aux ASSAILLY le château de la Salmondière, dont François ASSAILLY, son beau-fils, né en 1667, a hérité. Et c’est certainement lui (et non son père) qui en 1737, à son décès, a transmis le château à Sébastien Guillaume Alexandre ASSAILLY, fils d’un cousin.

Le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau Source Gallica [3] précise :

4. — Assailly (Sébastien-Guillaume-Alexandre d’), Chev., sgr de la Salmondière et de la Rivière d’Arthenay.

Il avait établi à Vouillé, près Niort, de concert avec M. le duc de Béthune-Charost, une communauté des Sœurs de la Providence, pour le soin des malades et l’éducation des enfants de la campagne ; mais la Révolution détruisit cette pieuse fondation et confisqua les biens qui y étaient affectés. (F.)

Sébastien avait épousé Charlotte-Rose-Cécile GRELIER DE CONCIZE, laquelle, forcée d’émigrer, emmena dans sa retraite à l’étranger ses deux fils qui suivent :

1° ALEXANDRE-CHARLES, né le 24 févr. 1772, entré, lors de la Restauration, dans la maison militaire du Roi ;

2° PHILIPPE-ANTOINE, qui suit. J’ai trouvé également dans le Fonds Laurence (érudit) [4] des informations sur Sébastien Guillaume Alexandre ASSAILLY : 

AD 79 Fonds Laurence (érudit) [Abbadie à Ayrault] Vue 556/871Cote : AD79 25F34 Auteur : LAURENCE

Lors de mes différentes randonnées, j’ai pu admirer le château de la Salmondière.

On peut voir quelques photos de ce château dans le livre « Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres » [6] qui en fait également une description : L’ancienne seigneurerie de la Salmondière appartenait dans la première moitié du XVIème siècle à Pierre de BARAZAN. Cette famille s’y succéda jusqu’en 1672, date à laquelle Gabrielle de BARAZAN apporta en dot le domaine à son époux François d’ASSAILLY, seigneur du Peux, famille d’ancienne noblesse. Au moment de la révolution Sébastien d’ASSAILLY était propriétaire de la Salmondière. Son épouse née GRELLIER DE CONCIZE, émigra avec ses deux fils. A leur retour, le domaine revint à Antoine-Philippe, riche notable qui figurait en 1805 sur la liste des 60 propriétaires les plus imposés du Département Lui succéda Charles Philippe qui avait épousé mademoiselle DE LESTEYRIE DU SAILLANT, petite-fille du marquis DE LAFAYETTE, puis son fils Octave, conseiller Général des Deux-Sèvres, marié à Marie-Hélène CUNIN-GRIDAINE, petite-fille de l’ancien ministre Léo CUNIN-GRIDAINE. Vers 1950, Gisèle d’ASSAILLY a vendu le domaine de la Salmondière à M. DESRE qui lui-même l’a revendu quelques années plus tard à Pierre MONNET DE LORBEAU. C’est Charles-Philippe d’ASSAILLY qui fit construire en 1842 le château actuel. La demeure est flanquée côté cour de deux tours circulaires, tandis qu’à l’arrière une tour polygonale en demi hors œuvre chevauche le bâtiment. Le château possède sur sa façade principale un cadran solaire surmontant la lucarne centrale, encadré par deux petits personnages. La conception de l’intérieure a été réalisée par l’architecte niortais Pierre-Louis-Théophile SEGRETAIN ; Le château de la Salmondière possède par ailleurs une élégante orangerie. »

On peut situer Vouillé et le château de la Samondière sur la carte de Cassini   Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…) [7] :

Sources:

[1] Parvis _Vouillé.pdf : L’église de Vouillé © PARVIS – 1999 Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers www.poitiers.catholique.fr/parvis.

[2] Répertoire des dessins archéologiques d’Arthur Bouneault : Le livre a plus d’un siècle. L’auteur, Alphonse Farault, conservateur adjoint de la bibliothèque de Niort, a listé les 2681 dessins réalisés par Arthur Bouneault, responsable du musée lapidaire de Niort, dans tout le département des Deux-Sèvres. On y trouve des reproductions de blasons, croix, cheminées, bas-reliefs, fenêtres… mais aussi de plates tombes. Cette liste nous sert donc à repérer les églises contenant potentiellement des pierres tombales.            

[3] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau Source Gallica.

[4] Fonds Laurence (érudit) [Abbadie à Ayrault] Document conservé au Archives Départementales Fonds d’érudits Cote : AD79 25F34 Auteur : LAURENCE –

[5] Armorial du Poitou 1re partie / D’Hozier

[6] Livre « Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres », éditions A.P.P. 1991, réalisé par l’association Promotion Patrimoine [7] Carte de Cassini   Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…).

Généalogie ANSEMUND de Vallespir a ASSALIT, Fenouillèdes, Conflant, Castelnou, Peyrepertuse

Descendants de SENTILL DE CAMELAS (fils d'Ansemund)

Généalogie Adalais du Pouget-Assalit ascendants

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18 août 2023 5 18 /08 /août /2023 18:59

Du roi wisigoth Witiza à Ansemund : généalogie Assalit –Assailly, Rennes le château (Partie I)

 

Chronologie

 

 

* 711 : Les Arabes débarquent en Espagne près de Gibraltar "djabal-al-Tariq" du nom du chef berbère "Tariq Ibn Ziyad" qui a vaincu le dernier Roi des Wisigoths d'Espagne Rodrigue ou Rodéric Roi de (710) à sa mort en (†711).

 

* 719 : Les Arabes franchissent les Pyrénées.

 

* 720 : Les Arabes prennent Narbonne. Ils prennent le contrôle de la Septimanie, le Languedoc actuel. Narbonne reçoit une colonie Musulmane.

 

* 721 : Echec des Arabes commandés par El-Samh, mettent le siège devant Toulouse. Le 11 Mai 721, El-Samh périt au cours de ce siège. L'armée Arabe n'est sauvée de la déroute et ramenée en bon ordre à Narbonne que grâce à Abd-er-Rahman. Les Arabes ne peuvent prendre le contrôle de l'Aquitaine. Mais en (725), commandés par Ambizah, ils prennent Carcassonne et Nîmes, en (730), Avignon. Ils lancent des raids dans la vallée du Rhône jusqu'à la Bourgogne. Ils pillent Autun, saccagent Beaune, Sens n'est sauvée qu'en payant un tribut. Des incursions en Gévaudan, en Rouergue et dans le Velay ruinent ces pays.

 

* Octobre 732 Bataille de Poitiers (Joué les Tours exactement) entre les troupes Franques commandées par Charles Martel et l'armée arabe commandée par Abd-er-Rahman qui règne à Cordoue. Ce dernier avait envahi l'Aquitaine à la poursuite d'un chef berbère Munuza qui avait signé un accord avec Eudes, duc d'Aquitaine, contre lui.L'armée Franque remporte la bataille.

 

* 741 : Mort de Charles Martel. Ses fils Pépin le Bref vers (715) maire du palais en (741) Roi des Francs en (751)-(768) et Carloman vers (715) maire du palais d'Austrasie en (741)-(754) lui succèdent.

 

* 742 : Pépin le Bref et Carloman soumettent les Aquitains.

 

* 743 : Pépin le Bref et Carloman décident de remettre comme Roi des Francs, Chiléric III Roi des Francs de (743) à (751) mort en (†754), fils de Chilpéric II (670) Roi de Neustrie en (715)-(721).

 

* 747 : Carloman remet à son frère l'Austrasie. Il part alors pour Rome où le pape Zacharie pape en (741)-(752) lui accorde l'habit monastique.

 

* 751 : Pépin le Bref est proclamé Roi des Francs par l'assemblée du peuple à Soissons. Il obtient l'accord du pape Zacharie et reçoit l'onction de St Boniface. Le Roi Childéric III ainsi que son fils Thierry sont exilés dans les abbayes de St Bertin et de St Wandrille. Pour faire disparaître les symboles du pouvoir royal propre aux Rois Mérovingiens, ils sont, au préalable, tondus.

 

* 756 : Un Prince de la dynastie des Omeyyades de Damas renversée par les Abbassides de Bagdad, Abd er-Rahman ben Mouayia, ayant pu fuir dans le Maghreb, puis en Espagne, réussi à prendre le pouvoir à Cordoue. Il pourchasse alors les partisans des Abbassides en Espagne.

 

* 759 : Pépin le Bref prend Narbonne et Carcassonne. Les Arabes sont chassés de Septimanie qui passe sous le contrôle des Francs.

 

* 760-768 : "5" campagnes sont entreprises par Pépin le Bref contre les Aquitains pour réduire leur rébellion.

 

* 768 : Pépin le Bref reçoit une ambassade des Abbassides de Bagdad.

 

* 24 Septembre 768 : Mort de Pépin le Bref. Ses "2" fils, Charles, le futur Charlemagne, et Carloman lui succèdent.

 

* 777 : Le wali Gouverneur de Barcelone, Sulaymân al-Arabi, et de Huesca viennent rencontrer Charles à Paderborn pour solliciter son appui dans leur révolte contre l'émir de Cordoue.

 

* Mai 778 : Charles décide de réunir une importante armée composée de Francs, de Bourguignons, de Provençaux, de Lombards, de Bavarois et de Septimaniens. L'armée est divisée en "2": un corps commandé par Charles franchit les Pyrénées en pays Gascon par le col d'Ibaneta, l'autre passe par le col du Perthus. Charles s'empare de Pampelune.

 

* Août 778 : Les "2" corps d'armée se rejoignent devant les murs de Saragosse. Les habitants de la ville et le wali, Hosein ben Yahia, résistent. Les négociations échouant, après "2" à "3" semaines, Charles renonce et fait demi tour. Sur son chemin il fait raser les murailles de Pampelune.

 

* 15 Août 778 : Au col de Roncevaux, l'arrière-garde de l'armée est attaquée par des montagnards Gascons, les Vascons, que l'on peut traduire par Basques. Un des lieutenants de Charles, le Comte Roland, est tué et les Francs sont massacrés.

 

* 781 : Louis, fils cadet de Charlemagne, futur Louis 1er le Pieux, devient Roi d'Aquitaine à (3) ans. Il représente le Roi des Francs sur un territoire où son autorité est contestée et il permet de lui accorder une certaine autonomie.

 

* 785 : Les habitants de Gérone livrent leur ville à Charles.

 

 

* 789 : Les habitants d'Urgel et de Cerdagne livrent leur région à Charles.

 

* 793 : L'émir de Cordoue Hicham Ier attaque Narbonne et arrive aux portes de Carcassonne, mais il échoue.

 

* 8 juin 793 : Le "1er" raid connu des Vikings s'abat sur le monastère de Lindisfarne au nord de l'Angleterre. Mise à sac de l'abbaye et meurtre de nombreux moines. Cette attaque a un retentissement important dans l'Europe Chrétienne.

 

* 797 : Borrel, Comte d'Urgel Cerdagne, s'empare de plusieurs localités au delà des Pyrénées.

 

* 4 avril 801 : Louis Ier, dernier fils de Charlemagne et Roi d'Aquitaine, s'empare de Barcelone. Il en laisse la garde à Béra, Comte de Razès et de Conflent. La marche d'Espagne "Marca Hispanica" peut alors être constituée. Elle comprend "5" comtés.

 

* 804 : Fondation de l'abbaye de Gellone à St Guilhem le Désert par Guillaume de Gellone.

 

* 809-811 : Plusieurs offensives contre Tortosa. Echec des Francs pour atteindre l'Ebre. La marche d'Espagne reste délimitée par le cours du Llobregat.

 

* 813 : L'ermite Pelayo a en rêve une vision du tombeau de St Jacques. Il est guidé par une étoile vers un champ, le champ de l'étoile, soit "campus stellae" en latin, qui deviendra Compostelle. *

 

* 820 : Le Roi de Galice Alphonse II le Chaste fait construire une "1ère" basilique sur les lieux de la sépulture à St-Jacques de Compostelle. L'évêque d'Iria Flavia, Théodomir, décide alors de transférer l'évêché sur le site de la tombe de St Jacques, évangélisateur de l'Espagne.

 

* 826 : L'émir de Cordoue Abd al-Rahman II assiège Barcelone défendue par Bernard de Septimanie.

 

 

* 838 : 13 Décembre Mort de Pépin 1er d'Aquitaine. Louis 1er le Pieux donne le royaume d'Aquitaine à son fils cadet, Charles le Chauve au lieu du fils de Pépin 1er, Pépin II (824) Roi est déposé en (852)-(865). Ce dernier est cependant choisi comme Roi par la noblesse d'Aquitaine, en particulier Bernard de Septimanie, fils de Guillaume, fondateur de l'abbaye de Gellone.

 

* 841 : Les Arabes commandés par Al-Iskandaruni franchissent les Pyrénées.

 

* 25 juin 841 : Bataille de Fontenoy en Puisaye entre Lothaire, fils aîné de Louis l'empereur Louis le Pieux, allié à Pépin II d'Aquitaine et Charles le Chauve allié à Louis de Germanie. Charles le Chauve emporte la bataille.

 

* 14 février 842 : Serment de Strasbourg prononcé par Louis le Germanique et Charles le Chauve devant leurs troupes pour confirmer leur alliance contre Lothaire. Ce serment est le plus ancien témoin qui nous soit parvenu d'un texte en langue Française et en langue Allemande.

 

* 843 : Les "3"trois fils de Louis le Pieux signent le traité de Verdun partageant l'Empire Carolingien. Il met la Provence dans le royaume de Lothaire, nouvel empereur d'Occident (840)-(855). Pépin II d'Aquitaine peut gouverner l'Aquitaine après le traité de Verdun.

 

* 844 : Les Vikings remontent la Garonne jusqu'à Toulouse, puis la Dordogne. Bernard de Septimanie, Comte de Barcelone et Duc de Septimanie, fils de Guillaume de Gellone et petit cousin de Charlemagne, est exécuté pour avoir soutenu Pépin II contre Charles le Chauve. Charles le Chauve nomme à sa place Sunifred Marquis de Gothie. Bataille de Clavijo. St Jacques serait apparu, monté sur un cheval blanc, pendant la bataille au côté des Chrétiens contre les Maures. Cela donnera à St Jacques son surnom de Matamore – "tueur de Maure".

 

* 848 : Guillaume de Septimanie, fils de Bernard, s'empare de Barcelone. Il est exécuté l'année suivante.

 

 

* 862 : Siège de Toulouse par les Vikings.

 

* 864 : Raid Viking en Aquitaine.

 

* 6 juillet 985 : Barcelone est mise à sac par les troupes du Calife de Cordoue, Al-Mansûr. La ville est incendier et ses habitants sont tués ou emmenés en captivités.

 

* 997 : Les Sarrasins d' Al-Mansûr s'emparent de St Jacques de Compostelle. Ils détruisent le sanctuaire. La cathédrale Romane est rapidement reconstruite (1078)-(1125).

 

 

* 1020 : Attaque navale de Narbonne par les Sarrasins.

 

Source

 

 

Witiza : Roi des Wisigoths d'Espagne (702-710).

 

Associé au trône depuis 700 par son père Égica, il ne régna qu'à la mort de celui-ci (702). Il convoqua aussitôt le XVIIIe concile de Tolède qui aggrava les mesures contre les juifs et fit ajouter de nouvelles dispositions au Liber iudiciorum. Il associa son fils Akhila au trône en Septimanie et en Tarraconaise.

Witiza n’est pas élu par la noblesse wisigothe bien qu’il fût couronné et oint comme il se doit, ç’est ce que lui reprochèrent les factions goths lors de l’élection de Roderic (fils du duc de Cordoue)

 

Wittiza a laissé au moins trois fils en bas âge selon un historien andalou du Xe siècle, Ibn al-Qūṭiyya : Agila (Agila II), Ardabast (peut-être Ardo), et Olmund (ou Ansemund), qui seront évincés par Rodéric. Flavio Ataúlfo, magnat galicien, serait un petit-fils de Wittiza

 

 

 

Agila II Roi des Wisigoths (710/711 – 713/714)

 

Une partie de la noblesse wisigothique, en particulier celles qui avaient bénéficié du roi Witiza, s'opposèrent à l'élection de Rodrigo comme roi. Cette opposition semble avoir choisi Agila II comme roi et aurait le soutien de la famille Witiza. Son domaine semble s'être limité à Tarragone et à la Narbonnaise, c'est-à-dire à la vallée de l'Èbre et au nord jusqu'à la Septimanie .

Au début, il a probablement aidé les musulmans – et peut-être même leur a-t-il demandé leur aide – pour vaincre Rodrigo, avec qui il avait un conflit sur la succession au trône de Witiza. Mais ses vœux furent coupés court par la décision de Mūsà , gouverneur de l'Afrique du Nord, d'incorporer la péninsule ibérique au califat. Mūsà lui-même a mené une incursion à travers la vallée de l'Èbre (713) obtenant la soumission de Fortún Casio , ce qui réduirait le soutien à Agila II. Et il se peut même qu'Agila soit décédée à ce moment-là et que certains nobles de la région aient décidé de signer un pacte avec les musulmans.

Agila II n'est mentionnée que dans la Continuatio codicis C Parisini , une version qui continue la Chronica regum Visigothorum  qui est consignée dans un manuscrit du XIIe siècle. Cette liste ne mentionne pas Rodrigo et indique que Witiza a été remplacé par Agila et après trois ans par Ardo . Agila n'apparaît pas dans la Chronique mozarabe de 754 ni dans les chroniques asturiennes ultérieures. Cependant, son existence est corroborée par des découvertes numismatiques portant son nom dans les ateliers de Saragosse, Gérone, Tarragone et Narbonne.

 

 

 

Olemund (Ansemund) – Séville ?, v. 742] Fils du  roi wisigoth Witiza

 

Comme ses frères Ardabasto et Agila, Olemundo a conclu un pacte avec les envahisseurs musulmans à l'époque du calife  al-Walīd I. De cette manière, les descendants de Witiza ont pu conserver d'immenses propriétés foncières.

Selon le chroniqueur Ibn al-Qutiyya¹, l'arrière-petit-fils d'Olemundo, Olemundo et ses frères ont participé à l'invasion musulmane ultra-rapide, se positionnant contre le roi Rodrigo : 

Lorsque Ṭāriq ben Ziyād entra en al-Andalus, au temps d'al-Walīd ben ʿAbd al-Malik, Rodrigo écrivit aux fils du roi [Witiza], qui étaient déjà jeunes et montaient à cheval, leur demandant leur aide et que leurs mains se joignent front contre l'ennemi. Ils ont mobilisé des troupes à la frontière [de Tolède], ont avancé et ont campé à Secunda, car ils ne faisaient pas confiance à Rodrigo pour entrer à Cordoue. Et [Rodrigo] sortit vers eux. Ils ont ensuite marché pour rencontrer Ṭāriq. Lorsque les deux camps se firent face, Olmundo et ses frères s'accordèrent pour trahir Rodrigo, et cette nuit-là ils envoyèrent des messagers à Ṭāriq, pour l'informer que Rodrigo avait été l'un des chiens de son père, de son entourage, et ils lui demandèrent pour l' homme, s'ils partaient le lendemain avec lui, et qu'il leur attribuât les terres de son père, qui étaient de trois mille terres, après ce qu'on appelait « la part choisie des rois ». Quand le matin se leva, eux et ceux qui étaient avec eux rejoignirent Ṭāriq, et ils furent la cause de la victoire.

Lorsqu'ils arrivèrent à lui, ils lui dirent : « Es-tu toi-même un émir ou y a-t-il un émir au-dessus de toi ? » ben Nuṣayren Ifriqiya pour consolider [leur lien avec lui]. Ils lui ont demandé d'écrire à [Mūsà] au sujet de leur liaison avec lui et de l'engagement qu'il [Ṭāriq] leur avait donné. Il l'a fait, et ils sont allés à Mūsà, et l'ont trouvé dans sa marche [vers al-Andalus], près du territoire des Berbères, avec l'écriture de Ṭāriq sur la façon dont ils avaient accepté la soumission, et la condition qu'il avait établie avec eux. Mūsà ben Nuṣayr s'adressa [au calife] al-Walīd ben ʿAbd al-Malik, et ils se présentèrent devant lui, qui formalisa pour eux les fiançailles de Ṭāriq ben Ziyād, et garantissait ainsi à chacun d'eux un acte, et dans ses actes était : "qu'ils ne se lèveraient pas devant quiconque entrait en leur présence ou sortait."

La plupart de ses possessions étaient concentrées dans l'ouest d'al-Andalus, c'est pourquoi il a établi sa résidence habituelle à Séville. Olemundo dut mourir vers l'an 742. A cette époque son frère Ardabasto tenta de s'emparer de tous ses domaines au détriment de ses neveux.

Cependant, les fils d'Olemundo ont engagé une expédition de navires à Séville et sont allés demander une audience au calife Hisham à Damas. Le calife reconnut ses droits et força Ardabasto à restituer ce qu'il s'était illégalement approprié (743).

progéniture d'Olemundo

 

  • Sara, dite la Goda , l'aînée de la fratrie, s'installe à Séville.
  • Abbas ou Oppas, évêque de Séville.
  1. L'historien andalou Abū Bakr IbnʿUmar Ibn Al-Qutiyya était un descendant de la famille Witiza, en particulier de Sara la Goda. Il a écrit la chronique  Tarij Iftitah al-Andalus (Histoire de la conquête d'al-Andalus). Une traduction partielle peut être consultée dans Viguera Molins, María Jesús (2011). La conquête d'al-Andalus selon Ibn al-Qutiyya (Xe siècle). Aljaranda 81.

 

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ARDABAST – ARDEBAST – ARDO – ARDON  : roi de Septimanie,

 

Ardo (diminutif de Ardebast), de la famille des Balthes est né au début du VIIIe siècle, vers 702/09 et décédé après 756, selon la Foundation for Medieval Genealogy[1].

 

'Ardo, Ardón pour les Espagnols, Ardabast, est le dernier rois du Regnum Visigothorum [2]. Il règne en Septimanie de 713 à 720.

 

Une source rédigée en Septimanie ou en Catalogne, en 828, le Laterculus regum visigothorum précise que Agila II (Almounz-Akhila II) est roi de la Narbonense y de la Tarraconense, des yacimientos de Narbona, Lérida, Gerona, Tarragona y Zaragoza Manzano[3], pendant trois ans après la mort du Roi Wittiza en 710. Ardo lui succède et reste roi en Septimanie, durant sept années[4].

 

De nombreux historiens germaniques pensent qu'Ardo, le successeur de Agila II (Akhila II), pourrait être Ardebas, fils de Wittiza[5]. En fût il autrement, qui pût alors légitimement succéder à Agila II sinon son frère, la question ne se pose même pas.

 

Selon la Foundation for Medieval Genealogy, Ardo est le fils du Roi Wittiza et le frère de Agila II (Akhila II)[6].

 

Ardo ou Ardón ne figure que dans la continuation de la Chronica regum Visigothorum, dans la soi-disant Continuatio Codicis C Parisini. L'histoire officielle parle du dernier roi wisigoth Rodéric d'Hispanie (688-711), vaincu et tué par les musulmans dans la bataille de Guadalete, en 711, et de Pelayo des Asturies, peut-être car son royaume se limite à une zone limitée au nord-est[7].

 

 

Ardabast dans les sources arabes. Fils cadet du roi wisigoth Witiza et comte des chrétiens de Cordoue

Comme ses frères Ansemund et Agila , Ardabast, après avoir trahi le roi Rodrigo , a conclu un pacte avec les envahisseurs musulmans à l'époque du calife  al-Walīd I. De cette manière, les descendants de Witiza ont pu conserver d'immenses propriétés territoriales.

Selon les chroniqueurs arabes, Ardabasto était célèbre pour sa richesse, sa ruse et ses talents sociaux et de négociation. Il possédait de nombreuses propriétés, plus d'un millier, réparties dans la partie médiane d'al-Andalus, peut-être le résultat d'un pacte entre les envahisseurs musulmans et les descendants du roi Witiza : Ardabasto, Olemundo (Ansemundo) et Rómulo ou Remila .

 

À la mort d'Agila (711-714) son successeur Ardo (Ardabast ou Ardon) 714- 720 (son frère selon Ibn al-Qūṭiyya) ne règne que sur la région de Narbonne (capitale de la Septimanie), au-delà des Pyrénées.

Il règne en Septimanie peut-être avec l'appui des musulmans, nouveaux maîtres d'une grande partie de l'Hispanie, qui ont franchi les Pyrénées et envahi le sud de la Gaule à partir de 719 environ, à moins qu'il ne soit resté plus ou moins indépendant. Selon un historien andalou du Xe siècle, Ardo est l'un des trois fils du roi wisigoth Wittiza et l'un des frères du roitelet Agila II, peut-être son prédécesseur. Il siège en tant que roi (ou roitelet) à Narbonne, chef-lieu de l'ancien duché wisigoth de Septimanie, et frappe monnaie, symbole de pouvoir. Il pourrait également avoir siégé à Rennes-le-Château, l'ancienne Rhedea des Wisigoths, jadis une importante place forte, au cœur de la seule partie de la Septimanie wisigothique dont l'occupation musulmane n'est pas prouvée, mais nous y reviendrons.

 

Il est connu grâce à une chronique mozarabe : la « Chronique mozarabe de 754 » et par les monnaies retrouvées en Septimanie.

 

En 713/714 son royaume est déjà très réduit, les zones wisigothes pas encore conquises par les musulmans et pendant ses années de gouvernement Ardo doit faire face à plusieurs raids. Le wali al-Hurr conquiert Pampelune, Tarragone et Barcelone, entre les années 717 et 718, et fait des incursions dans les zones les plus montagneuses des Pyrénées.

 

Ardo établit sa cour à Narbonne, car Cesaracosta est aux mains des moros et Tarraco est défruite et sa population morte ou envoyée en esclavage. Il siège aussi à Rennes-le-Château, Rhedae en latin. Ardo fait frapper des pièces de monnaie dans la région du Roussillon[8].

 

La conquête de la Septimanie est faite par le successeur d'al-Hurr, le wāli Al-Samh. En 720/721 les villes de Narbonne, Nîmes, Béziers, Lodève, Agde et Magalona deviennent musulmanes.

 

C'est parait-il en 721 que le roi Ardo est mort. Avec lui disparaît définitivement le royaume des Wisigoths. Mais, selon la Foundation for Medieval Genealogy, Ardo est décédé après 756. Le wāli Abd ar-Rahman ordonne la confiscation de ses terres. Mais, plus tard, il le dit premier comte de l'Espagne musulmane et lui redonne quelques-unes de ses terres[9].

 

Les derniers guerriers wisigoths défendent Nîmes et Carcassonne et continuent leur résistance héroïque pour d'autres ducs ou rois non Wisigoths[10]. Certes Athanagilde II est, en 741-743, le dernier prétendant au trône wisigothique. Toutefois sa mort marque la fin de tout espoir d'un retour à la monarchie hispano-wisigothique[11].

 

Ardo des Balthes est peut-être l'ancêtre de Odda, épouse de Leibulf de Provence, ancêtres des Seigneurs des Baux.

 

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Ardo roitelet à Rhedae (719 - 725/726)

 

 

La forteresse de Rhedae.

 

Les Sarrasins chassent les moines nîmois de leurs couvents (721).

 

Au cours des années qui suivent, le reste de la Septimanie, est presque complètement conquise par les Maures d'al-Andalus. Al-Samh réunit une grande armée et prend les diocèses d’Ales, Saint-Pons, Béziers, Agde, Manguelonne, Lodève... après juste quelques semaines de sièges. Mais Nîmes résiste et Rhedae n'est pas attaquée.

 

Guillaume Besse (1645) et l'évêque Pierre de Marca (1595 - 1662), rapportent que l'archevêque de Narbonne fuyant l'offensive arabe, se réfugie à Rhedae, en 720. Et que lui et ses successeurs y demeurent pendant toute la durée de l'occupation musulmane (720 - 759), c'est à dire trente neuf ans. Ce qui laisse supposer que cette place forte est demeurée aux mains des chrétiens.

 

Enfin, de très vieux écrits espagnols, connus sous le nom de Chronique Mozarabe de 754, nous apprennent qu'Ardo, aurait régné en Septimanie de 719 à 726. L'archevêque de Narbonne, alors ultime Primat d'Espagne, ayant son siège à Rhedae, tout porte à croire, par déduction, que ce fut probablement là que se tient la dernière cour royale wisigothe (La Cité de Rhedae (texte Jean Alain Sipra)

En 737, les Wisigoths qui résistent toujours dans les environs de Narbonne (Minervois, Razès) indiquent aux troupes de Charles Martel comment couper en deux l'armée arabe en marche qui va se porter au secours de Narbonne assiégée, en empruntant le défilé de la Berre qui débouche des Corbières entre Portel et Sigean.

 

Toujours en 737, le gros de l'armée arabe franchit les Pyrénées et est mis en pièces, pris en tenaille par les Francs et Wisigoths aux alentours de Portel des Corbières.

 

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Bataille de Carcassonne (721)

 

 

Siège de Carcassonne, aux mains des Sarrasins, par les Francs.

 

En 721, le wāli Al-Samh gagne la Bataille de Carcassonne (721), ville pourtant entourée par des murailles imposantes.

 

L'armée des Sarrasins s'avance ensuite du côté de Toulouse. Mais le wāli étant informé que le duc Eudes d'Aquitaine se dispose à marcher contre lui avec des forces bien supérieures aux siennes, se replie sur Carcassonne, qui devient dès ce moment la limite du territoire sarrasin (.Histoire du comté et de la vicomté de Carcassonne, précédée de recherches historiques sur Carcassonne et son histoire sous les Volkes, les Romains, les Wisigoths et les Sarrazins, Gabriel Cros-Mayrevieille, J. B. Dumoulin, 1846. p.92.)

 

Après un siège de deux mois au moins arrivent des forces militaires réunis par Eudes d'Aquitaine, qui a battu et tué le wāli Al-Samh le 10 Juin de 721 à Toulouse.

 

Le nouveau une retraite wāli ordonne un repli sur Narbonne, mais la route est coupée par la garnison de Carcassonne, plus au sud vers Rhedae.

 

Ces luttes font que les Arabes mettent fin à toute initiative militaire et favorisent la paix avec les autorités locales autonomes, probablement dirigées par Ardo. Carcassonne, Nîmes, Rhedae... Si Ardo est encore en vie, son royaume se réduit à trois comtés.

 

Noëlle Deflou-Leca et Alain Dubreucq nous disent qu'il résiste jusqu'en 725 aux musulmans, [Sociétés en Europe: mi VIe-fin IXe siècle, Histoire médiévale, Noëlle Deflou-Leca, Alain Dubreucq, Atlande, 2003.]. La Chronique Mozarabe de 754 donne la date de 726.

 

Ibn-el Kouthya constate que son oncle Ardebast saisit les domaines des enfants de Almounz après sa mort, au commencement du règne du khalife Hicham, fils d'Abd-el-Malek (qui régné de 724 à 741). Ibn-el Kouthya enregistre que Abd er-Rahman ordonne la confiscation des terres de Ardebast, mais qui plus tard il le dit premier comte de l'Espagne musulmane et lui redonne quelques-unes de ses terres.

 

Source

 

 

 

 

Une petite note : Pierre Plantard évoque « le rejeton Ardant » pour le fameux Sigebert IV, qui serait venu se réfugier à Rhedae,  En 1992, il reconnait devant la justice française que tout est basé sur une supercherie ; cependant le terme « rejeton Ardant » est proche d’ARDON et Ardon est bien le rejeton oublié de Rennes le Château.

 

Si l’on espère trouver un lien dynastique mérovingien dans la région il faut la trouver avec les Wisigoths. Par exemple les mariages mixtes sont courants dès le VIème siècle entre les deux dynasties.

On connaît en effet Clotilde, fille de Clovis, qui épouse Amalaric, roi des Wisigoths ; Sigebert 1, roi d'Austrasie, qui épouse Brunehaut, fille du roi des Wisigoths Athanagild ; et Rigonthe, fille de Childéric 1 qui épouse Reccared roi des Wisigoths.

(Cf. Edouard Salin : La Civilisation Mérovingienne. - Première partie chapitre II).

 

      • « On en connait ni descendant ni successeur d'Ardo, cependant l'historien et archéologue Laurent Schneider fait remarquer que Wittiza (le futur Saint-Benoit d'Aniane), fils du comte de Maguelone, peut-être Ansemond, soit l'un des personnages les plus importants et leader des Wisigoths dans la région au milieu du VIIIe siècle, porte le même prénom que le père des rois Ardo et Agila II, Wittiza. Le comte Ansemond porte lui aussi une variante du nom d'Olmund, frère supposé d'Ardo et Agila II. Enfin, un des compagnons et historiographe de Saint Benoît porte le nom d'Ardo. (la Vita Benedicti Anianensis, rédigée vers 823 par Ardon, disciple et contemporain de Benoît.)» source
  •  
  • Olmund (transcrit tel quel mais dont le nom en Norrois ancien est bien  Ansemond  Osmundr du nom de personne d'origine également scandinave Ásmundr (François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986. p. 171.), formé de Ás- qui a donné Ases, et mundr qui signifie « protection », donc protégé par les Ases Osmond se retrouve également en Normandie – Viking et Wisigoth ont des origines communes)

 

Je rajoute ces mots qui auront un sens plus tard quand aux propriétés de la famille de Wittiza ou Benoît d’Aniane : « « Ne désirant point bâtir sur les fondations d’autrui », le jeune moine s’en retourne cependant dans sa patrie, en Gothie, sur des possessions familiales, à proximité du fleuve Hérault. » source –tiré  de la Vita Benedicti Anianensis. Sur l’Hérault il y a Adge, mais également Ganges et Agones ; proches d’Aniane et Gellone.

 

 

1 [SPAIN: VANDALS, SUEVI & VISIGOTHS Foundation for Medieval Genealogy ]

    1. SPAIN: VANDALS, SUEVI & VISIGOTHS Foundation for Medieval Genealogy
    2. HISTORIAS DE ESPAÑA VIEJA (XVI): ¿ QUIÉN FUE EL ÚLTIMO REY GODO
    3. Moreno, Eduardo (2006). Conquistadores, Emires Y Califas: Los Omeyas Y la    Formación de Al-Andalus. Editorial Critica. p. 44.
    4. Charlemagne et Mahomet. En Espagne (VIIIe-IXe siècles), Folio histoire, Philippe Sénac, Gallimard 2005.
    5. Francia 34/1. Forschungen zur westeuropäischen Geschichte, Volume 34, Partie 1. Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, Artemis Verlag, 2007.
    6. SPAIN: VANDALS, SUEVI & VISIGOTHS Foundation for Medieval Genealogy
    7. HISTORIAS DE ESPAÑA VIEJA (XVI): ¿ QUIÉN FUE EL ÚLTIMO REY GODO
    8. HISTORIAS DE ESPAÑA VIEJA (XVI): ¿ QUIÉN FUE EL ÚLTIMO REY GODO
    9. SPAIN: VANDALS, SUEVI & VISIGOTHS Foundation for Medieval Genealogy
    10. HISTORIAS DE ESPAÑA VIEJA (XVI): ¿ QUIÉN FUE EL ÚLTIMO REY GODO
    11. Liste des souverains du Languedoc, rois et comtes...

 

 

 

Notes sur Ardabast du point de vue du narrateur Ibn-el Kouthya :

 

ARDABAST ([702/09]- 756).

Ibn-el Kouthya nomme "Almounz, Roumlouh et Ardebast" comme les trois fils "le dernier des rois Goths en Andalousie…Witiza…encore en bas âge", leur mère"prit la régence et gouverna en leur nom à Tolède" mais ç’est "Rodrigue…le chef des armées du monarque défunt…qui vint établir sa résidence à Cordoue"[404].

Ibn-el Kouthya raconte qu’ "Ardebast" reste à Cordoue et possède"mille villages…au centre du pays" et il serait l’ancêtre "en ligne directe d'Abou Said le Comte"[405].

 

Ibn-el Kouthya raconte que "leur oncle Ardebast" s’approprie les terres d’"Almounz" (Ansemund) après sa mort "au commencement du règne du khalife Hicham, fils d'Abd-el-Malek" (qui régna de 724 à 741)[406].

Ibn-el Kouthya raconte qu’ Abd er-Rahman ordonna la confiscation des terres et domaine d’"Ardebast" mais plus tard il le nomme premier Comte d’Espagne musulmane et lui rendit certaines terres.

 

Les "fils de Wittiza", sont présentés par la Chronique d'Alphonse III comme des traîtres qui ont aidé à livrer l'Hispanie aux Maures (Wittiza avait été en opposition avec l’église ne l’oublions pas). Oppa, une figure ténébreuse mais historique, est réputée avoir été soit un frère, un demi-frère ou un fils de Wittiza, bien que ce dernier soit impossible simplement en raison de la jeunesse de Wittiza et de l'âge réputé d'Oppa en 711. Selon la version Rotensis de la Chronique d'Alphonse III, Wittiza avait trois fils: Olmund (ca), Romulus et Ardabast (Artabasdus), qui devint comte des chrétiens de Coimbra.[27] Olmund est un nom gothique (donc Ansemund « protégé des Ases), Romulus est nom romain et Ardabast (Artavasdes) est nom persan[28] (par l'arménien).

 

La fille d'Olmund, Sara al-Qutiyya, et ses frères se sont fait approprier leurs terres dans la crise de succession, par leur oncle Ardabast. Elle s'est rendue à Damas pour demander à Hisham ibn Abd al-Malik leur retour, qu'il a ensuite ordonné.

 

La Chronique du Xe siècle d'Abu Bakr Ibn Umar Ibn Al-Qutiyya - qui déclara être un descendant de Witiza par une petite-fille nommée Sara - établit que Witiza eut trois enfants : Olmundo, Artabas (Artabasdus) et Romulus (Romulus).44 Mais l'acceptation de la véracité de cette progéniture n'est pas universelle.

 

Certaines chroniques affirment l'existence d'un Flavio Sisebuto, juge des chrétiens de Coimbra, comme fils de Witiza. Certains généalogistes modernes en sont venus à identifier ce Sisebutus avec l'Artobas enregistré dans les chroniques arabes. Mais si ce comte existait vraiment, par chronologie il serait plus probable qu'il soit le frère de Witiza et non le fils.

 

Il y a également eu des spéculations selon lesquelles le roi Agila II, le rival de Rodrigo, était l'un des fils de Witiza, mais c'est une erreur en raison de données contradictoires et légendaires de l'historiographie hispano-arabe.46.

 

Oui effectivement ce Sisebuto ne peut être Ardabast qui termine ses jours en roi de Septimanie.

Source

Ardo n'est enregistré que dans une liste royale wisigothique comme régnant pendant sept ans, mais il a pu vivre sous un autre titre tel que comte

 

Source

 

 

Il est possible que la terre des Baux viennent d'Odda, une noble dame peut-être descendante d'Ardo Balthes. Baux vient d'audacieux en langue gothique, comme Balthes. Edward Gibbon écrit :

 

    Cette lignée illustre continua à s'étendre en France, dans la province gothique de Septimanie, ou Languedoc ; sous l'appellation impropre de Baux ; et un rameau de cette famille s'installa ensuite dans le royaume de Naples. Les seigneurs des Baux, près d'Arles et auprès de soixante-dix neuf lieux dits restèrent indépendants des comtes de Provence (Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain chapitre 30, note de bas de page 4.)

 

Donc Ardabast, Ardo, Ardon meurt avant la fin de la reconquête Chrétienne et il y a fort à parier étant sur Rhédae qu’il y fût enterré avec les honneurs dus à son rang, ou dans les environs très proches.

 

 

 

Ansemud comte de Nîmes, Maguelone, Adge, Beziers

 

 

Que savons-nous d’Ansemund comte de Nîmes, Maguelone, Adge et Béziers :

Comte de Nîmes (cité en 752), Ansemond est maître en plus des villes de Maguelone, d'Agde et de Béziers dont il constitue un petit état. Il refuse l'alliance avec les musulmans et s'allie aux Francs du roi Pépin le Bref qui le charge de s'emparer de Narbonne, tenue par les forces musulmanes depuis une trentaine d'années, aidées par des Goths : Ansemond est tué devant une des portes de la cité en 754 par un de ses domestiques nommé Ermen(i)ard, mandaté par un parti de Goths hostiles à l'alliance franque.

Il est remplacé à la tête du comté de Nîmes par un Franc nommé Radulfus2,3.

Caunia4, sa veuve, est tuée peu après lors des troubles qui éclatent à Nîmes, provoqués par le parti goth hostile aux Francs ; enfin ce qui est raconté par les narrateurs Francs, d’un coup miraculeux Ansemond est assassiné durant le siège de Narbonne puis sa femme lors d’une émeute à Nîmes.

 

  1. La Chronique d'Uzès l'appelle Misemundus ; il s'agit probablement d'une cacographie.
  2. Radulf, Radulphe.
  3. (en) « Radulfus » [archive], sur prosopographie.eu
  4. Caune, Caunie, Cauna.

 

Ardabast dernier roi des Wisigoths détient les comtés de Carcassonne, Narbonne et Nîmes mais aussi les villes de Béziers, Adge et Maguelone ; il perd Narbonne en 720 puis en 725 Carcassonne et Nîmes de cela on peut conclure que le royaume Wisigoth d’Ardabast était indépendant, et donc il perd également Béziers, Adge et Maguelone (villes côtières) en 721.

Les terres intérieures sont plus difficiles d’accès et permettent une résistance active, d’où le repli  sur Rhedhae plus isolée.

Il y règne à priori jusqu’en 726 environ.

 

 

 

En 737 Charles Martel pille et met à sac Nîmes détruit les forteresses d’Adge, Béziers, Maguelone mais ne peut libérer Narbonne.

 

En 752 Ansemund comte de Nîmes et des villes d’Adge, Maguelone et Beziers livre les villes à Pépin le Bref devenu roi des Francs en 751 après avoir évincé le Childéric III dernier roi mérovingien ; ainsi les rois mérovingiens sont « faits néant » ç’est à dire réduit à rien par les Carolingiens avec l’aval de l’assemblée des nobles à Soissons (La monarchie Mérovingienne est au départ élective, Clovis est élu roi des Francs par les guerriers Francs) avec l’aval de la papauté  

Ansemund doit avoir le soutien des Wisigoths mais aussi la légitimité pour livrer ses villes et qui donc pourrait le faire sinon le fils d’Ardabast. Il n’est pas sorti d’un chapeau en s’improvisant comte de Nîmes. De plus Ardabast avait le titre de premier comte de l’Espagne musulmane s’il n’était reconnu roi de Septimanie.

 

Quoiqu’il en soit, il s’allie à Pépin qui lui laisse le siège de Narbonne, mais en 759 (la date est douteuse par  plusieurs investigations parallèles certainement plus tôt) il est assassiné par Ermeniard un homme lige puis son épouse Caunia lors d’une révolte populaire à Nîmes ; alors Radulf est comte Franc de Nîmes installé par Pépin.

 

Evoquons la possibilité d’une négociation entre Ansemund et Pépin le Bref qui lui laisserait Narbonne à l’issu du siège pendant que lui assiègerait Carcassonne (qui tombe effectivement en 759) ou qu’il restituerait les domaines d’Adge, Beziers, Maguelone et Nîmes et mais par un malencontreux hasard va s’en dire favorable à Pépin tout tombe à l’eau, Ansemund est assassiné par un de ses hommes lige Pépin donne Nîmes à Radulf, ou je pense plutôt Caunia l’épouse d’Ansemund décède lors d’une malencontreuse révolte à Nîmes puis Pépin donne la ville à Radulf comte Franc.

 

N’oublions pas que les Carolingiens sont assez habiles pour éliminer toute contestation dynastique possible ou allié potentiellement dangereux.

 

Childéric III est déposé, tondu et placé en monastère à saint Omer par Pépin le Bref en 751, en 753 il fait éliminé son frère cadet Griffon par ses hommes (Pépin) à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie (Riché 1983, p. 82. Et Settipani 1993, p. 157 et 178..)

Le duc d’Aquitaine Waifre est éliminé :

 « Après s'être soumis une première fois, le duc d'Aquitaine se révolte de nouveau en 761, puis chaque année jusqu'en 768, provoquant à chaque fois une réaction punitive du roi Pépin le Bref. Au printemps 768, Pépin s'empare de Bordeaux et réussit à capturer à Saintes la mère, la sœur de Waïfre et ses nièces(Adémar de Chabannes, Chroniques, Livre I, traduction par Yves Chauvin et Georges Pon, Brépols, 2003 (ISBN 2-503-51119-8).. Le 2 juin 768, Waïfre est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin (Michel Rouche, L'Aquitaine: des Wisigoths aux Arabes [archive], Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, Éditions Touzot, 1979, p. 126). »

Il en sera de même pour l’élimination des fils de Guillaume de Gellone et la curieuse disparition  de Carloman(frère de Charlemagne). L’Histoire n’est écrite que par les vainqueurs à leur avantage et apologie.

Donc en éliminant Ansemund, son épouse Caunia, Narbonne est donné par Pépin à Milon dont le père est Guérin de Thurgovie, Nîmes à Radulf, Adge et Béziers tombent sous la férule Franque, il ne reste que Maguelone qui devient un comté et que reprends alors Aigulf certainement frère de Witiza.

Le Comté de Maguelone en propre possède de nombreuses terres, mais la seule référencée est le domaine d'Agones (noté plus ancien domaine du Comté de Maguelone), hors ce domaine appartient par la suite aux barons de Ganges, proche du chateau de Brissac et souvent cité avec lui, il semble le plus ancien domaine des Ganges ; donc un lien est fait entre le domaine d'Agones et un Ansemund qui a des terres proches, Ansemund est le nom du fondateur de la vicomté de Fenouillet ; la prénomination locale indique un lignage précis dans le Languedoc, ici on tiens a montrer par le prénom Ansemund le lien entre Ansemund comte de Narbonne, Béziers, Adge, Maguelone mais aussi en arrière plan celui du   fils de Witiza.

Ce que l'on sait ç'est qu'Ansemund de Fenouillet avait de nombreux domaines et notamment a l'extérieur de la Vicomté ; on peut considérer que la baronnie de Ganges etait une suite du Comté de Maguelone (peut être un des fils) dont un Ansemund, qui vient après Aigulf de Maguelone et qui est avant Ansemund de Fenouillet. Quand à Ansemund de Fenouillet il épouse  Quixol d'Empurie petite fille de Sunifred de Barcelone ç'est à cette occasion que la Vicomté est crée sur une partie de l'ancien domaine du Razés.

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12 décembre 2022 1 12 /12 /décembre /2022 16:45

Assalit, Assailly, cathares, Razes, Rennes le Château, Fenouillèdes, Montségur Blason Assalit (branche originelle du Languedoc)

C'est durant la période de la dernière Vicomté des Trencavels que Guillaume Assalit est viguier du Razes, 

 

Blason assailly jpeg

 

Assalit -Assailly branche récente (après 1243) Poitou Pour ce qui concerne Niort le nom Assalit est conservé de cette manière phonétique et c’est vers 1667 qu’il change a l’écrit pour se transformer en Assailly, sans pour autant avoir de particule. La branche directe du Languedoc s'éteint au XVIIème (certains étaient capitoul à Toulouse). Les Assailly sont seigneurs du Laurageais malgré tout (vers Fanjeaux) ainsi que quelques terres en Poitou, notamment Secondigny, Prahecq, Vouillé (Arthenay). Le nouveau blason est adopté en Poitou après avoir quitté le Languedoc, donc après la période de Louis IX.

Assailly (Assalit, Assalhit) D'azur, à trois lis de jardin d'argent, tigés et feuillés de sinople. Supports: deux lions ou deux griffons d'or.
Devise: TERRIS ALTIUS ou TERRA ALTIS voir en lien

 

 

 

___________________________________

 

Modification du nom de Assalhit, Assalit vers Assaillit ou Assailly :

 

 

Source : Catalogue des rolles Gascons, Normans et Francois, vol. I, ed. T. Carte, (, 1743), p.72 (grant to the petitioner of the keeping of this castle, taken from a vacated entry on m.3 of C 61/41

 

 

  Bertram (Bertran) Asalhy (Assaillit, Assailly).
Name(s): Asalhy (Assaillit, Assailly), Bertram (Bertran)
Addressees: King.
Nature of request:

Bertram Asalhy states that the king's father gave him the keeping of the castle of Penne-d'Agenais for term of life, as can be seen from his letters patent which he quotes [dated at Berwick-upon-Tweed, 10 March, 4 Edward II (1311)]. He requests confirmation of this gift.

 

Après la période Cathare, les Assalhy Asalhy Assalit partent du Languedoc pour la branche puînée, ou restent provisoirement notamment durant l'assimilation de certaines parties dans l'empire plantagenet, ainsi on retrouve cette branche au château du Penne d'Agenais sous Edouard II puis Edouard III dans les rôles Gascons. Dans les transcription le nom de Francise pour passer de Assalhy, Assalit vers Assailly, sans particule. On peut notre aussi l'Anglicisation Azeley

Lien avec grands tableaux généalogiques :

Ansemund descendance vers Fenouillet, Vallespir, Castelnou, Peyrepertuse, Ganges et Brissac.

Pouget.

Popian.

Le Quercorb est engagé en 1201 à Isarn de Fanjeaux (fils de Mirepoix) dont la mère est Aude Assalit pour 13000 sous melgoriens (une fortune à l'époque) vente confirmée en 1227 faisant passer le domaine dont ceux des Aniort dans l'escarcelle des Mirepoix. Documents

Auparavant le Quercorb avait été engagé en 1167 à Miron de Tonenses (ou Miron de Tonneins) certainement le père de Guilheme de Tonneins épouse de Guillaume II Assalit pour 11000 sous melgoriens. Documents

 

Engagement fait en 1167 par Raymond de Trencavel et son fils Roger de la terre de Cheircorb à Miron de Tonneins

Histoire Générale du Languedoc Dom Dévic Dom Vaissette T VIII Preuves 4 c.271
 

...Ego R. Trencavellus proconsul Bitterensis & Rogerius de Biterri filus meu, bona fide & intentione impignoramus & jure pignoris traitimus tibi Minori de Tonencs & uxori tua & infantibus tuis & cui verbo scripto dimittere & dare volueris, pro nostre sententia hac in carta descripta & convenentiis, nostrum castrum Balagarium cum omnibus ei pertinenbus, paeter vallem de Vindrano(*) & impignoramus vobis terram tatam quae dicitur Cheircob, excepta valle supradita de Vindrano
Sicut superius est dicitum, sic totam terram illam de Cheircorbes & castrum illod vocatur Balagarium & omnen terram ipsi castro pertinentem praeter vallem de Vindrano praetictam, impignoramus vobis sine vestro inganno, sicut nos hodie tenemus & tenere & habemus debemus, propter XI millia solidos Melgoriensis monetae bono & rectos, metebiles ac percurribiles,
 in qua terra de Cheircorb sunt ista villae scilicet Cambels & Cuculenra & Mongardin & Eissalabra & Sancto Columba & Vallis d'Anior & Eisocie & Rivels & Pendels at que Calmeta & Saltes & Villafort & Fonsfrigidus & Auriag
Estas villas omnes antedictas & omnia alia quae in terra Chicorbensi habemus & castrum praenominatum Balagario & omnia quae in omni terra Balagariensi...

(*) Vindrano est orthographié Umbrans dans le testament de Raymond Trencavel (HGL Preuves 599) Il s'agit de la vallée de l'Ambronne
 

Engagement du Quercorb par Trencavel à Isarn de Fanjeaux (Mirepoix) en 1201(Assalit viguier du Razes et Saissac gouverneur des domaines Trencavel ) 

HGL (Gallica 2017) TV Page 555 XXXVI Extrait divers actes touchant las vicomtes de Béziers (an 1201)

Ego Raymundus Rogerius per Die gratiam Carcassensis, Biterrensis, Redensis et Albiensis viccommes, perme, …ect

Concedo et recognosco tibi Isarno Bernado,(de Fanjeaux) et cui dimitere veld are aut impignorare pro vestra subdicta substantia, jure pignoris, et convenientiis volueritis, quod vos habetis et tenetis a me per pignus, castrum Balagueiro et Balagaires, Montem_Jordanum et omnen patriam meam de Quercor, vel propter XIX,M,et C sol mulgares
 

Vente définitive du Quercorb par Trencavel à Isarn de Fanjeaux (Mirepoix) 1227 (période ou Guillaume Assalit est viguier du Razes et Bertrand de Saissac (successeur des terres de Fenouillèdes) est gouverneur des domaines du fils Trancavel. (Fenouillèdes dont sont issus les Assalit) ; la reprise du domaine de la vicomté de Fenouillédes se fait par accord des barons de Ganges (Assalit et Brissac) des Peyrepertuse tous issus des vicomtes pour le mariage entre Ava de Fenouillet (dernière descendante directe des vicomtes de Fenouillet) et Pierre de Saissac. 

HGL (Gallica 2017) TV Page 646 CXLII - Charte de Trencavel vicomte de Béziers en faveur du comte de Foix (An 1227) chat Foix caisse 22

Quod nos Ttrencavellus Dei gratias Bitettensis vicecomes, dominus Albiensis, Carcassonae et Redensis, …cedimus etdonamus  vobis Rogerio-Bernadob Dei gratia comiti Fuxensi …

Totam terram de Chercobes, cum omnibus pertinentiis ejusdem terrae, silicet cascastrorum et villarum quae ibi sunt vel erunt, et militum, ae faeminarum, et dominationum, et generaliter omnium pertinentium eidem terrae, sicuti melies antecedores nostri vel aliqui pro habuerunt et tenerunt : quam videlicet terram vos de vestro proprio averi, ab Isarno Bernado de Fanojovis, a pignore XV.M melgor… 

Liens, Mirepoix, Fanjeaux, Mazerolles, Isle Jourdain, Roumengoux, Villeneuve, Roquefeuil, Aniort, Hunaut de Lanta, Foix...

 

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13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 17:47

De toutes les théories les plus échevelées aux plus sages et solides, il y a celles qu'a tenu a évoquer M. Jimmy Guieu, il y a déjà les fondements de recherches fiables, des indices logiques et imparables.

 

Pour ma part il y a déjà tous les éléments constitutifs de ce dossier.

 

Ensuite vous trouverez des analyses, une enquête menée par "l'oeil frontal" assez solide qui reprend certaines théories ; les confirme ou les infirme. Très intéressant.

 

Vous retrouverez les deux premières vidéos en liens sur le premier des liens à la suite de ces vidéos (après les textes), toujours à voir avec une saine curiosité

 

Bonne visionnage, un voyage dans les mystères et l'Histoire.

 

 

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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 16:44

Pour compléter la généalogie et procurer un peu plus d'explications.
 

Les Vicomtes de Fenouillet sont Catalans. Les seigneurs de Camélas, Ansemund et Sentill, ancêtres des Vicomtes de Fenouillet à la lueur des travaux des généalogistes catalans, sont des proceres d’origines franques et wisigothiques[60].

L'épouse d'Ansemund, Quixilona, est la fille de Guifré I de Barcelona, Comte de Cerdanya i d’Urgell (870?-897) i de Barcelona, de Girona (Guifré II) i de Besalú (878-897), comme le dit sa pierre tombale. Si nous considérons les noms de leurs enfants, à part Sentill, ils sont tous les noms typiques de la famille des comtes de Barcelone: Sunifred, Miró et Sunyer[61]. Le premier Vicomte de Fenouillet est Pere I (vers 933 - vers 1017), fils de Sentill, senyor de Cameles, très certainement le Sentilles fils de Quixilona et Ansemund[62]. Calixte de la Providence a raison, Jean de Matha ou Mota descend des barons choisis par Charlemagne pour la Marca Hispánica (ou Marca Española).

Les Vicomtes de Fenouillet sont très croyants. On trouve - entre autres en 1067 - et 1073 un Udalger de Fenouillet, vicomte de Fenouillèdes, qui souscrit en 1070, avec son fils Pierre, à l'union du monastère Saint-Martin de Lez-sur-l'Aude, dans le même païs, à celui de Saint-Pons[63]. Mais, la famille maternelle de Jean de Matha ou Mota perd sa vicomté, du fait d'un jugement de l'Inquisition, en 1269, car Pierre de Fenouillet de Barbaira, faydit, prend part à la victoire occitane de Baziège en 1219[64].

 

751  Pépin III Le Bref élu roi des Francs : Les mérovingiens , sont écartés du pouvoir par une famille noble d’Austrasie actuel Est de la France et de la future dynastie des carolingiens, pour la raison vraisemblable d'incapacité à enrayer la progression des maures sur le territoire Franc. Il en sera de même avec la destitution des Carolingiens par les Capétiens pour n'avoir pas su enrayer les invasions et incursions Vikings.

752 ou 759  Narbonne* : Pépin le Bref,  fils de Charles Martel, appelé à la rescousse par les Goths, soulevés contre les Maures, expulse ces derniers et incorpore la Septimanie dans l’empire Franc. Création de la Marche de Gothie (ex Septimanie) pour se prémunir des sarrasins. A la faveur d’un revirement des Goths qui avaient massacré la garnison ennemie, son fils Charlemagne reprend Narbonne à  Abd –  Al –  Rhaman et semble t-il Carcassonne.

*Le siège aurait duré 7 ans.

 

 

 

A N S E M U N D U S [1]

(? comte) goth de Nîmes (Maguelonne, Agde, Béziers), mentionné en 752, tué en (? 753/756)

En 752 [2], le Goth Ansemundus (Misemundus) livre Nîmes, Maguelonne, Agde et Béziers au roi Pépin [3]. Lors d'une attaque de Narbonne conjointe avec l'armée franque, il est tué par l'un de ses hommes, Ermeniardus, devant une porte de la ville [4]. Sa veuve, Cauna, est tuée lors des troubles qui éclatent à Nîmes [5] peut-être en 756 [6].
 


[1] La Chronique d'Uzès (cf. infra) l'appelle Misemundus.
[2] Chronicon Anianense (ms. Paris BN lat. 4886, f. 2v - 49v.: Kettemann, Subsidia, 1999, t. 2, p. 36; HgLg, t. II, 1875, preuves n° 1 c. 25; autres éditions, cf. Kettemann, p. 693-694): Anno DCCLII: Ansemundus gotus nemauso civitatem, magdalonam; Agaten, Biterris. pipino regi franchorum tradidit (manuscrit du XIIe siècle, dérivant d'une source perdue écrite vers le début du IXe siècle, cf. l'étude approfondie de Kettemann, op. cit., t. 1, p. 33-40, 485-528 et son tableau récapitulatif p. 528). La Chronique d'Uzès (chronicon Uticense), Kettemann, op. cit., t. 1, p. 511, place l'événement en 753 (mais il n'y a pas lieu de tenir compte de la chronologie de cette chronique) et nomme le Goth Misemundus (notes marginales d'un manuscrit de Bernard Gui du XIVe siècle, dont la source principale a été l'œuvre perdue de laquelle découlent le Chronicon Moissiacense ainsi que le Chronicon Anianense. Leur valeur historique est jugée très différemment selon les études qui leur ont été consacrées, cf. Kettemann, op. cit., t. 1, p. 505-506 et n. 76; Abadal y de Vinyals, El paso, 1953, p. 43-44 n. 66).
[3] Cf. Rouche, L'Aquitaine, 1983, p. 121; Abadal y de Vinyals, El paso, 1953, p. 42-43; Ménard, Histoire, 1874, p. 97.
[4] Chronique d'Uzès a. 743: Kettemann, op. cit., t. 1, p. 511; HgLg, t. II, c. 25 a. 754; cf. Ménard, op. cit., p. 98, qui opte pour la date de 753; Cauvet, Etude, 1877, p. 401 n. 1.
[5] Cf. Abadal y de Vinyals, op. cit., p. 44; Ménard, op. cit., p. 98.
[6] Chronique d'Uzès a. 756: Kettemann, op. cit., t. 1, p. 511; HgLg, t. II, c. 26 a. 756. Sur tous ces évènements, cf. l'interprétation de Cauvet, op. cit., p. 387-388, 400-403 qui rattache le meurtre de Cauna aux troubles qui suivent la nomination à Nîmes d'un comte franc, Radulfus (Chronique d'Uzès a. 754, Kettemann, p. 512; HgLg c. 26 a. 754) après l'assassinat de Misemundus d'après lui en 756.
 
 
________________________________________
 

A N S E M U N D U S

vicedominus de Marseille (? 2e quart du VIIIe siècle)

Une notice de plaid du 23 février 780 [1], Digne, relate le jugement que les missi de Charlemagne rendent en faveur de Maurontus, évêque de Marseille, au sujet de Chaudol [2] et d'Alpibus [3] dans le pagus d'Embrun [4]. Dans l'historique du domaine de Chaudol qui en est fait, il est dit que les témoins affirment avoir vu Ansemundus, vicedominus [5], per ordinationem Abbonis [6], patricii condam [7], pour le compte de Sainte-Marie et Saint-Victor de Marseille [8], faire la descriptio [9] de ce domaine, qu'il a tenu ce dernier per consensum Abbonis patricii vel cessionem ad partes supradictę ęcclesię et qu'il en a perçu tout le cens.     


[1] Grand cartulaire de Saint-Victor de Marseille de la fin du XIe siècle, publié par Guérard, Saint-Victor, I, 1857,  n° 31 p. 43-46 (aussi petit Cartulaire du XIIIe siècle); copie du XVIIIe siècle, publiée par la Gallia Christiana novissima, t. II, 1899, n° 42 c. 34-35; Brunterc'h, Archives, 1994, p. 179-181 (+ traduction en français p. 182-184 + avant-propos et notes p. 176-179, 184-186); Geary, Die Provence, 1994, p. 390-392; Nehlsen-von Stryk, Die boni homines, 1981, p. 349-350. Transcription d'une ancienne charte déjà presque totalement effacée (cf. Brunterc'h, op. cit., p. 176-179; Zerner, L'élaboration, 1993, p. 217-218, 245-246; Hübner, Gerichtsurkunden, 1891, n° 112 p. 18; AA. SS. Oct., t. IX,  1858, p. 370-373; Duchesne, Fastes, I, 1907, p. 276 et n. 4).
[2] Caladius: Alpes-de-Haute-Provence, arr. Digne, comm. et cant. La Javie.
[3] Le texte n'est pas clair: une fois il est question de ipsas villas, une autre fois de la villa Caladius dont l'évêque est réinvesti.
[4] Embrun, Hautes-Alpes, arr. Gap, ch.-l. cant. Il n'est pas possible de préciser à quoi se réfère ici le nom d'Alpibus (Alpes? Cf. Ganshof, Les avatars, 1949, p. 57, qui parle d'alpages; Brunterc'h, op. cit., p. 177, 182, propose Aups, sans autre commentaire; il existe bien une commune de ce nom, située dans le Var, arr. Draguignan, ch.-l. cant.).
[5] Brunterc'h, op. cit., p. 178, pense que sa fonction n'est pas celle habituelle d'un représentant de l'évêque ou de l'abbaye chargé d'administrer leur temporel, comme le pensent Geary, op. cit., p. 388, Ganshof, op. cit., p. 61 et n. 2, Buchner, Die Provence, p. 100 n. 60, mais celle d'un représentant du patrice de Provence.
[6] Cet Abbo est probablement identique au rector de Maurienne et de Suse cité en 726 et 739.
[7] D'après le texte de la notice, Abbo pourrait être mort vers 751, puisqu'une personne non nommée y affirme que Chaudol aurait appartenu au roi Charles (Charlemagne) depuis trente ans (cf. Geary, Die Provence, p. 389; du même, Aristocraty, 1985, p. 34 et n. 89; Ganshof, op. cit., p. 62 n. 1).
[8] Ce monastère est alors sans doute dirigé par l'évêque de Marseille (cf. AA. SS. Oct., op. cit., p. 365).
[9] ou poleticum: polyptique. Cf. Brunterc'h, op. cit., p. 186 n. 24 qui expose les deux interprétations actuelles de la descriptio: l'interprétation classique, l'inventaire détaillé d'un domaine, ou l'interprétation fiscaliste, l'opération par laquelle on révise ou on établit les registres d'impôts (aussi Niermeyer, lexicon, 1993 p. 324; Geary, Die Provence, p. 388).

 

_____________________________________________________________________

 

Première généalogie ANSEMUND du Vallespir marié à QUIXOL D'Ampurie

 

Quixol est descendante du Comte de Barcelone Sunifred

 

____________________________________________________________________

 

 

 

JQk
MÉLANGES ET DOCUMENTS
BÉRENGER, COMTE DE SUBSTANTION (OU DE MÀUGUIO) EN 898
La notice d'un jugement d'avril-mai 898, conservée dans
le Cartulaire de N.-D. de Nîmes, commence, d'après
l'éditeur de ce cartulaire* :
Iudicium seu et notitia simul continentur in unum, qualiter, vel
quibus presentis bonis hominibus, qui subtus , scripturi vel signa
facturi, id est in presentia: Agilardo, gratia Dei.sedis Nemau-
sensis episcopo; vel in presentia Bernardo, vices comité; Sen-
tilde, vasso; Regemundo comité; Ansemundo, vasso; Berengario,
comité; Audino; Cotilane; seu et in presentia iudicum : Milone,
Rainulfo, Sentilde, Eliane, Teotgario, Witardo,. Agambaldo iudi-
ces, etc.
Ce texte présente des fautes évidentes de ponctuation.
D'après l'usage du ixe siècle, le mot vassus, dans les men-
1. E. Germer-Durand, Cartulaire du chapitre de l'église cathédrale de
N.-D. de Nîmes, Nîmesp 1875; voir p-.- 16, pièce VIII. La pièce n'est
datée, à la fin, que du X Kal. Junias, anno primo régnante... (le nom
du roi manque.) Mais Agelardus est devenu évêque de Nîmes entre
avril 892 et avril 895 (même recueil, pièces V et VII), et il est mort entre
902 et 905 (pièces IX et X). Le nom manquant ne peut être que celui de
Charles (le Simple); et comme, en .892 et 895, on datait à Nîmes d'après
les années d'Eudes, la date de notre charte VIII ne peut se rapporter qu'au
second avènement de Charles le Simple (1er janv. 898). — Le mallus de Car-
rugière a été tenu 40 nuits avant le mallus du 23 mai 898, c'est-à-dire
vers le 13 avril.

 

 

 

Sentilde, vasso et Ansemundus, vasso, voudrait un
déterminatif ~ce mot ne suffit pas à définir l'état des deux
personnages et leur titre à siéger dans l'affaire. D'autre part,
il est impossible que deux comtes aient siégé ensemble au
tribunal dont il s'agit; impossible qu'ils aient siégé comme
assistants de leur inférieur le vicomte; impossible qu'ils
soient nommés après des vassi, personnages inférieurs
encore. Il faut lire :
... in presentia Bernardo, vices-comite ; Sentilde, vasso Rege-
mundo comité; Ansemundo, vasso Berengario comité; Audino,
etc.
On peut relever, dans l'édition du même cartulaire, une
série de fautes toutes semblables. Ainsi, dans le jugement
rendu au château des Arènes de Nîmes qui termine notre
notice, au lieu de :

 

 

 

in presentia Arlando, vasso; Regemundo comité, qui est missus;
Bernardo vice-comité; seu et iudices, etc.
on doit lire :
in presentia Arlando, vasso Regemundo comité, qui est missus
Bernardo vice-comité.
En effet, qui est missus n'a aucun sens; le motvasso n'est
pas un titre; et ni le comte Raymond, ni le vicomte Bernard
n'ont siégé comme assistants du vassal Arlandus1. .
La présence de Sentilde, vassal du comte Raymond, au
mallus tenu en commun par l'évêque et le vicomte de Nîmes,
ne fait pas difficulté : Raymond était comte de Nîmes2, et
les vassi comitis assistaient régulièrement au mallus com-
tal (ou vicomtal)8. Mais que fait ici Ansemundus^ vassal du
comte Bérenger, et quel est ce comte Bérenger? Le lieu de
1. Autres exemples : Dans la pièce IX (902), lire : Framaldo, misso vel
auditore Regemundo comité (Cf. pièce XX, p. 36). — Pièce XVI (915) :
in presentia Fredelone, vasso Regemundo comité. — Pièce ХХХ1П (928),
p. 58 : Almerado, vasso Raimundo comité.
2. Hist. du Languedoc, t. V, n° xn (890), n° xxxvn (909). Cf. t. III,
p. 44. .
3. Capitul. Aquisgranense a. 809, c. 5 (Boretius I, 148)

Carrugaria, où se tint le mallus en question, se trouvait
dans la commune actuelle d'Aiguës- Vives, tout près de la
route romaine de Nîmes à Substantion (la voie Domitienne),
et à quelque trois kilomètres du Vidourle, qui était la limite
des deux comtés de Nîmes et de Maguelone (Substantion)v
Il semble infiniment probable qu'Ansemundus était venu
du comté voisin de Substantion, où il était vassal du comte
Bérenger.
Nous savons que les jours et lieux où un comte
tenait mallus étaient notifiés à l'avance au comte et au public
des cités limitrophes1. Ansemundus se sera rendu au mallus
de Garrugière soit pour ses affaires privées, soit pour rem -
plir une mission du comte Bérenger. Carrugière, qui
touchait au comté de Substantion, était par contre éloigné des
autres comtés limitrophes de Nîmes, et ce n'est guère là que
des habitants des comtés d'Arles, d'Avignon, de Viviers,
de Mende2, seraient venus trouver le vicomte Bernard.
On ne connaissait pas de comte de Maguelone ou de

 

 

Substantion depuis le temps de Charlemagne3 jusqu'au début du
xe siècle. Un comte Bernard est attesté au temps de Charles
le Simple*; un comte Bérenger, qu'on suppose être le fils du
précédent, était en fonctions vers 950 ; suivit un Bernard II,
mort vers 986. Notre Bérenger de 898 peut être le N. du
tableau généalogique de cette dynastie comtale qu'ont dressé ,
les auteurs de YHistoire du Languedoc (t. III, p. 178).
L'usage de l'alternance des noms aurait justement fait
supposer que N. s'était appelé Bérenger.
E.-Ch. Babut.
1. Edict. Pistense de 864, c. 32 (Boretius-Krause, II, 324).
2. Je ne parle pas de Rodez, qui avait le même comte que Nîmes.
3. Hist. du Languedoc, II, p. 315 et IV, p. 1

 

Pour ce qui concerne l'interprétation : elle est simple Ansemund est avec son fils Sentill, noté Sentilde, et ils sont là a titre honorifiques, car ils descendent de l'ancien Ansemund comte Goth de Nîmes ayant servit Pépin le Bref assassiné ainsi que sa femme par des détracteurs Goths. Donc ce document prouve la succession entre Ansemund l'ancien et le nouveau. D'ailleurs on retrouve dans les premiers Consuls de Nice Assalit des documents sur les îles des Lérins, qui est l'un des descendants d'Ansemund.

 

 

___________________________________________________________________

 

Maintenant les Fenouillèdes et le Razes.

 

tableau généalogique sur les propriétés des descendants d'Ansemund sur les vicomtés de Fenouillet, de vallespir (Castelnou) de Peyrapertuse, la baronnie de Ganges, et le fief de Brissac.

 

 

https://s2.qwant.com/thumbr/0x380/c/a/9b605f6c17b512f684f769018230d37e3cf4edb2230651c7b20df91272a64b/Carte%2Bdu%2Bcarharisme.png?u=http%3A%2F%2F1.bp.blogspot.com%2F-hTTOyxTIzq0%2FVbd_XLRmJQI%2FAAAAAAAAAkI%2FeWYORM3pq8c%2Fs1600%2FCarte%252Bdu%252Bcarharisme.png&q=0&b=1&p=0&a=0

 

 

https://i0.wp.com/fenouilledes.fr/wp-content/uploads/2019/10/Image-6.png?resize=768%2C558&ssl=1

 

Légende :

Périmètre du Razés approximatif.

Triniach = Triniac = Latour de France

1 : Saint Martin Lys
2 : Quillan
3 : Axat
4 : Coustaussa
5 : Rennes les Bains
6 : Alet
7 : Cournarel
8 : Formiguères
9 : St Polycarpe
10 : Veraza
11 : Arques
12 : Bugarach
13 : Rennes le Château
14 : Caudiès
15 : Sabarda (Fenouillet)
16 : St Paul

 

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Territoires des Faydits (Chevaliers en rebellion contre les croisés)

Perdants titres, terres du fait de leur rebellion.

Termes - Termènes

Niort : à la famille des vicomtes d'Aniort

Fenolhet : à la famille des vicomtes de Fenouillèdes (Peyre) cousins Assalit baron de Ganges puis seigneurs du Lauragais, coseigneurs de Mirepoix.

Peyrepertuse : à la famille des Peyrepertuse (un des plus gros châteaux cathares) de la même famille que les vicomtes de Fenouillèdes. (Fenolhet, Peyrpertuse, Assalit, mais aussi Castelnou sont issus d'Ansemund de Castelnou ou de Vallespir)

 

Histoire des Fenouillèdes

 

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Liste des comtes, puis des vicomtes de Razès
 
 
 

Ceci est une liste des comtes de Razès, qui ont gouverné le comté de Razès, un des comtés méridionaux du Haut Moyen Âge, entre la fin du VIIIe siècle et le début du XIe siècle, puis des vicomtes de Razès, qui en ont assumé la direction jusqu'en 1247 :

Comtes de Razès

Comtes bénéficiaires
Dynastie des Bellonides
  • Olibia II de Carcassonne (? - 879), comte de Carcassonne et de Razès (865 - 872) ;
  • usurpation de Bernard II de Toulouse (? - 864), fils de Raimond Ier de Toulouse, comte de Toulouse (865 - 872), de Carcassonne et de Razès (872) ;
  • Olibia II de Carcassonne (? - 879), comte de Razès et de Conflent (872 - 877) ; A partir des années 872-874, le comté de Razès est amputé du Capcir, Fenouillèdes et Perapertusès au profit du comte de Cerdagne Miron le Vieux.
  • Acfred Ier de Carcassonne (? - 906), frère du précédent, comte de Carcassonne et de Razès (877 - 906) ;
  • Bencion de Carcassonne (? - 908), fils d'Olibia II de Carcassonne et neveu du précédent, comte de Carcassonne et de Razès (906 - 908) ;
  • Acfred II de Carcassonne (? - 933), fils d'Olibia II de Carcassonne, neveu d'Acfred Ier et frère du précédent, comte de Carcassonne et de Razès (908 - 933) ;
  • Arsinde de Carcassonne (? - ?), fille d'Olibia II de Carcassonne, nièce d'Acfred Ier et sœur des précédents, comtesse de Carcassonne et de Razès (934).

En 934, Arsinde de Carcassonne renonce à ses droits en faveur de son époux, le comte de Comminges Arnaud Ier.

Dynastie de Comminges

Après sa mort, le comte de Barcelone achète Carcassonne (4 000 mancus d'or) aux sœurs de Roger III de Carcassonne, Ermengarde, épouse de Raimond-Bernard Trencavel, vicomte d'Albi et de Nîmes, et Adélaïde, épouse de Guillaume-Raimond Ier, comte de Cerdagne.

Dynastie de Barcelone
  • Raimond-Bérenger Ier de Barcelone (vers 1023 - 1076), comte de Barcelone et de Gérone (1035 - 1076), d'Osona (1054 - 1076), de Carcassonne et de Razès, vicomte de Béziers et d'Agde (1069 - 1076) ;
  • Raimond-Bérenger II de Barcelone (1053 - 1082), fils du précédent, comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona, de Carcassonne et de Razès (1076 - 1082), conjointement à :
  • Bérenger-Raimond II de Barcelone (1053 - 1097), fils de Raimond-Bérenger Ier de Barcelone et frère du précédent, comte de Barcelone, de Gérone, d'Osona (1076 - 1097), de Carcassonne et de Razès (1076 - 1082).

Raimond-Bernard Trencavel, qui n'a pas accepté la vente des droits de son épouse mène plusieurs guerres contre les comtes de Barcelone. En 1082, il profite du discrédit jeté sur Bérenger-Raimond II de Barcelone, à la suite du meurtre de son frère, pour prendre définitivement le pouvoir à Carcassonne et dans le Razès. Finalement, les comtes de Barcelone doivent accepter l'état de fait : ils continuent à porter le titre de « comte de Razès », complètement vidé de sa substance, tandis que les Trencavel portent celui de « vicomte de Razès ».

En 1209, le Razès est occupé par les forces de la croisade des Albigeois et tombe entre les mains de Simon de Montfort. Pierre II, roi d'Aragon et comte de Barcelone, venu défendre ses prétentions, est battu et tué à la bataille de Muret en 1213. En 1258, le traité de Corbeil, entre les représentants de Jacques Ier d'Aragon et ceux de Louis IX de France, achève l'abandon du comté de Razès au rois de France.

Vicomtes de Razès

Maison Trencavel
 
Maison Trencavel
  • Bernard Aton IV Trencavel (? - 1129) fils d'Ermengarde de Carcassonne et de Raimond-Bernard Trencavel, vicomte d’Albi, de Nîmes (1074 - 1129), de Carcassonne, de Razès, de Béziers et d’Agde (1099 - 1129) ;
  • Roger Ier Trencavel (? - 1150), fils du précédent, vicomte d'Albi et de Carcassonne (1129 - 1150) ;
  • Raimond Ier Trencavel (? - 1167), fils de Bernard-Aton IV Trencavel et frère du précédent, vicomte de Béziers (1129 - 1167), d'Albi, de Carcassonne et de Razès (1150 - 1167) ;
  • Roger II Trencavel (1149 - 1194), fils du précédent, vicomte d'Albi, de Béziers, de Carcassonne et de Razès (1167 - 1194) ;
  • Raimond-Roger Trencavel (1185 - 1209), fils du précédent, vicomte d'Albi, de Béziers, de Carcassonne et de Razès (1194 - 1209).

En 1209, Raimond-Roger Trencavel est vaincu par les forces de la croisade des Albigeois et ses domaines sont attribués à un des croisés, Simon de Montfort.

 

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Par leurs ascendants, les Assalit, sont liés aux premiers comtes de Barcelone, mais aussi aux vicomtes de Fenouillédes entre autres ainsi que le Peyrapertuse.

Le Fenouillèdes tombe dans l'escarcelle de la maison de SAISSAC, par mariage, avec l'accord de la maison de Ganges ç'est à dire celle des Assalit,

 

Bertrand de Saissac sur la période qui nous intéresse est le tuteur de Raymond Roger Trencavel vicomte du Razes et régent des vicomtés.

 

Le véritable suzerain de la vicomté Trencavel est alors Pierre II d'Aragon, comme il l'est pour les terres de Fenouillèdes. Mais il est assassiné durant la bataille de Muret le 10 septembre 1213.

 

Du côté Catalan Pierre II avait nommé Assalit de Gudal viguier de la région. (certainement issu de la famille d'Ansemund)

 

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L'histoire des Trencavel vicomte du Razes

Roger II modifie son testament et meurt 3 jours après
17 mars 1193

les dernières volontées détaillées de Roger II, où l'on peut admirer l'application de Dom Vaissete à expliquer les détails et les anecdotes, mais surtout l'énonciation des participants...


Roger ordonna, au mois de décembre de l'an 1193, que les juifs de Limoux et d'Alet contribueraient à l'avenir, avec ceux de Carcassonne, aux tailles et aux questes qu'il imposait sur eux, ainsi que cela avait été pratiqué du temps de ses prédécesseurs. Il donna des lettres de sauvegarde, au mois de janvier suivant, en faveur de Pons de Bram, abbé de Saint-Hilaire, et des domaines de cette abbaye situés dans le Carcassès et le Razès, et termina ensuite, le 3 du mois de mars, par l'arbitrage de Sicard, vicomte de Lautrec, de Frotard-Pierre de Bérens, de Bernard de Boissezon et de Doat d'Alaman, les différends qu'il avait avec l'évêque d'Albi touchant la seigneurie de cette ville et de ses dépendances.

Roger ne survécut pas longtemps à ce jugement ; il fit un codicille, le jeudi 17 de mars de l'an 1193 de la nativité de Jésus-Christ, qu'on doit compter cependant de l'Incarnation ; ainsi le codicille appartient à l'an 1194. Il confirme par cet acte le testament qu'il avait fait quelques années auparavant entre les mains de Bernard, archevêque de Narbonne, et de Gaufred, évâque de Béziers. Il choisit sa sépulture dans le monastère de Notre-Dame de Cassan, au diocèse de Béziers, auquel il lègue sa table d'or ornée de pierres précieuses, cinq mille sols melgoriens, etc. Il fait d'autres legs pieux en faveur des abbayes de Villelongue, de Caunes et de Saint-Hilaire ; il supprime le droit qu'il faisait lever sur le pont de Carcassonne, et ordonne à ses héritiers de réparer le tort qu'il avait fait à la cathédrale de Saint-Nazaire et à l'église de Sainte-Marie de cette ville ; il fait quelques libéralités à plusieurs de ses domestiques, entre autres à Bernard, son notaire ou secrétaire ; il veut que Raimond-Trencavel, son frère, soit entretenu pouèr la nourriture, le vêtement et les équipages, tant qu'il demeurera à la cour de son héritier, et il confirme le legs qu'il lui avait fait dans son testament. Il institue pour son héritier universel, ainsi qu'il l'avait fait dans cet acte, Raimond-Roger, son fils, qu'il avait d'Adélaïde, sa femme légitime, fille du seigneur Raimond, comte de Toulouse, et confirme les substitutions qu'il avait faites dans ce testament. Il établit Bertrand de Saissac, à la foi, à la protection et au conseil duquel il avait déjà remis la personne et les biens de ce fils, pour son tuteur et baile (bjulum) pendant cinq ans, à compter depuis la prochaine fête de Pâques. Il le charge de régir les domaines des diocèses de Béziers et d'Agde pour l'utilité de cet enfant, avec le conseil de l'évêque de Béziers, d'Étienne de Servian, d'Elzéar de Castries et Déodat de Boussagues. Il le charge aussi d'administrer ses domaines d'Albigeois, de Rouergue et du Toulousain, avec le conseil de l'évêque d'Albi, de Guillaume de Vassal, de Bérenger de Bonfils de Lavaur et de Guilhaume de Saint-Paul. Quant au Carcassès, au Razès, au Lauragais et au Termenès, Roger chargea Bertrand de Saissac de gouverner ces pays par l'avis de ses viguiers, savoir : Arnaud de Raimond, viguier de Carcassonne, et Guillaume d'Assalit, viguier de Razès.
Il nomma pour ses exécuteurs testamentaires le même Bertrand de Saissac, les évêques et les les chevaliers dont on vient de parler, et il leur ordonna de payer toutes ses dettes, suivant la décision d'Othon, évêque de Carcassonne, de l'archidiacre Bérenger, de Guillaume Amelii et de maître Bertrand. Il laissa Raimond-Roger, son fils et son héritier, avec ses tuteurs, viguiers, conseillers, bailes, et tous ses domaines à la garde et sous la protection et administration de Raimond, fils du comte de Toulouse. Il révoque l'ancien comte de cette ville (comitem Tolosanum majorem) et tous ceux, de quelque sexe qu'ils fussent, qu'il avait nommés dans son testament pour gérer la tutelle et être bailes de son fils, excepté ceux qu'il établit dans son codicille, parce qu'il tient les autres pour suspects. Enfin, ce vicomte déclare, par serment prêté sur les saints évangiles, qu'il avait ordonné toutes ces choses pour plus grande sûreté, et qu'il faisait sceller ce codicille de son sceau et de celui de l'évêque de Carcassonne. Ce prélat, les viguiers de Carcassonne et de Razès, et quelques autres y souscrivirent ; Bernard de Canet, notaire de Roger, l'écrivit et le scella, et trente-cinq des principaux vassaux de ce vicomte s'engagèrent en même temps, par serment, de tenir la main à l'observation de tous ces articles. Bertrand de Saissac, les deux viguier de Carcassonne et de Razès, Guillaume-Hugues, sous-viguier, Amblard et Guillaume de Pelapoul, Guillaume du Puy, Pierre-Roger et Jourdain de Cabaret, Pierre-Roger de Mirepoix, Guillaume et Jourdain de Saint-Félix, Raimond-Trencavel Guillaume de Roquefort, Bernard, Pons, Roger et Guillaume Ferrol, Pierre de la Tour, Pierre de Penautier, Guillaume de Gordon, Arnaud de Morlane, etc, furent de ce nombre.

Telle est la dernière disposition de ce vicomte ; mais nous n'avons plus le testament dont il y fait mention. Il mourut trois jours après et fut inhumé comme il l'avait ordonné au monastère des chanoines réguliers de Cassan, au diocèse de Béziers, dans le nécrologe duquel on lit les paroles suivantes : le 20 de mars mourut Roger, vicomte de Béziers, notre frère. Il avait changé de disposition par rapport à sa sépulture, car dans un codicille qu'il avait fait en 1179 il l'avait choisie dans la chapelle de Saint-Martin de l'abbaye de Valmagne, au diocèse d'Agde, fondée par Trencavel, son père, et il fit par le même acte des biens considérables à ce monastère.

Ainsi finit ses jours Roger II, vicomte de Béziers, de Carcassonne, de Razès et d'Albi, à l'âge d'environ cinquante ans, après avoir possédé pendant vingt-sept ans, ces quatre vicomtés, avec les pays de Lauragais, de Minervois, de Termnès et plusieurs autres domaines que Raimond-Trencavel, son père, lui avait transmis, et avoir passé une grande partie de sa vie à faire la guerre à Raimond V, comte de Toulouse, son beau-père et son seigneur, de concert avec le roi d'Aragon avec lequel il se ligua contre lui. Du reste, nous trouvons ici une nouvelle preuve que ce vicomte avait fait sa paix avec Raimond dès l'an 1191, car il révoque dans ce codicille la tutelle de son fils qu'il avait confiée à ce prince par son testament. Or cet acte est du moins de l'an 1191 puisqu'il déclare qu'il l'avait fait entre les mains de Bernard, archevêque de Narbonne, qui mourut cette même année. Roger était donc alors en paix avec le comte de Toulouse, son beau-père. Il paraît qu'il y eut depuis quelque refroidissement entre eux, puisqu'il le regardait comme suspect dans le temps de son codicille ; mais ayant laissé par le même acte le jeune comte de Toulouse, son beau-frère, pour tuteur de son fils, c'est une preuve que cette nouvelle brouillerie n'eût point de suites.

Roger II est encore plus connu dans l'histoire de l'Église par son attachement à la secte des albigeois que dans celle de la Province par ses exploits militaires. On a parlé ailleurs de l'accusation qu'on forme contre lui d'avoir embrassé les erreurs de ces sectaires ; mais supposé qu'il ait eu le malheur de les suivre pendant quelque temps, il est du moins certain qu'il les avait abandonnées sur la fin de ses jours et qu'il mourut catholique. Outre le serment et les legs pieux qu'il fait dans son codicille, on voit par cet acte qu'il était alors très-uni avec tous les évêques de ses domaines ; et on a déjà remarqué que les chanoines réguliers du monastère de Cassan, où il fut inhumé, le qualifient leur frère.

 

 

Blason de Guillaume Assalit, Assailly

 

 

 

Assalit, Assailly, cathares, Razes, Rennes le Château, Fenouillèdes, Montségur

L'Armorial

 

Blason de Rennes le Château

 

 

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Les Assalit ou du moins Guillaume sont alliés par mariage à la famille de Mirepoix, l'originelle, ils sont co seigneurs du château et de la ville de Mirepoix.

 

Durant cette période Pierre Roger de Mirepoix est coseigneur avec Raymond de Péreille de Montségur

 

Guillaume Assalit est un des hommes d'armes de la citadelle de Montségur on y retrouve de ses enfants et donc ceux des Mirepoix.

 

Après la chûte de Montségur les cathares survivants se réfugient dans la vicomté de Fenouillèdes dont les châteaux cèderont à leur tour !

 

________________________________________

 

Les droits exercés par Peire-Rotgier de Mirapeis sur Montségur à l’époque du siège de 1243-1244 étaient d’acquisition récente, et lui venaient de son mariage avec Philippa, qui se place entre 1231 et 1234. Depuis sa reconstruction vers 1204 jusqu’à ce mariage, Montségur n’eut qu’un seigneur en titre et en fait, Raymond de Péreille, si l’on excepte, évidemment, la seigneurie purement théorique que le Français Guy de Lévis avait acquise en 1209 par droit de conquête.
De la reconstruction jusqu’à la reddition de mars 1244, parfaits et parfaites cathares résidant de façon permanente ou temporaire à Montségur y vécurent à l’ombre et sous la protection d’une communauté laïque dont le noyau était constitué par le vaste clan familial des deux coseigneurs…

 

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Compte rendu du Procès de Raymond de Péreille par l'Inquisition

 

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 par la suite vers 1400

 

Evêques d'Alet - Pierre Assalhit (Assalbit)
 
Pierre Assalhit (Assalbit)
( ? - v.1448)
Evêque d'Oloron (1412),
puis Evêque de Condom (1418),,
puis Evêque-Comte d'Alet (1421)
 
 
 

D'azur, au chevron d'or, à la bordure d'argent.

 

Evêché d'Alet

 

- Pierre d'Assalit fut le neveu de Pierre Amiel. Il est né à Limoux, fut d'abord un religieux de l'ordre de StAugustin, puis prieur à Bordeaux, abbé commendataire de Plane-Sauve, mais il bénéficia de l'aura protectrice de son oncle et le neveu suivra ses pas, devenant comme lui, le bibliothécaire apostolique, secrétaire et confesseur du pape, ce que l'on voit dans une transaction passée à Rome avec l'archevêque de Narbonne. Elevé au poste d'évêque d'Oléron, il sera ensuite transféré à Condom et enfin promu à Alet par Martin V au début du XIVème S. alors que s'éteint son oncle à Rome; un diocèse qu'il régira très longtemps, de 1419 à 1442 au moins puisque l'on sait qu'il assista aux Etats d'Occitanie convoqués par Charles VII en 1442. C'est dans ce vaste mais pauvre diocèse de la Haute Vallée de l'Aude, son pays d'origine et celui de son oncle, celui de Limoux et Brénac, que se trouvent aussi les deux Rennes des mystères religieux et trésoraires; décidément il semble bien qu'il y eut là si ce n'est des connaissances à cacher du moins des choses à surveiller de près !
(=> "Recherches historiques sur le diocèse d'Alet ..." J. T. Lasserre, Parer, 1877; "Biographies Limouxins" A. Buzaries, Limoux, Boute, 1865; Dict. Encyclop. de l'Aude s/s la dir. de Gérard Jean, Lacour, 2005).

 

 

 

Documents annexes

UN EXEMPLE DE CATHARISME ORDINAIRE :
FANJEAUX

par Michel ROQUEBERT

Guillelme de Tonneins épouse de Guillaume II Assalit

 


I - LA PERIODE DE PAIX (AVANT 1209)

Guillelme de Tonneins
Les informations deviennent plus nombreuses et plus précises dès qu'on aborde les
dernières années du XIIe siècle.

« Il y a cinquante ans, déclare en 1246 un habitant, Pierre d`En Terren, j'ai vu les
hérétiques publiquement installés à Fanjeaux. J`avais alors huit ans. Je les ai aidés une fois à
préparer des peaux d'agneaux ».

10 En 1181 et 1182 : HGL VIII, 353. 364.
11 En 1184 : HGL VIII, 376,378, 380.
12 Archives Nationales, JJ 19, 177.
13 J. RAMIERE de FORTANIER, Chartes de franchises du Lauragais (Paris, 1939), p. 418-421. La châtellenie de
Fanjeaux s’étendait notamment sur Laurac, Villasavary, Villesiscle, Cailhavel, Cailhau, Cambieure, Belvèze-du-
Razès, Gramazie, Mazerolles, Plaigne, Gaja-la-Selve, soit plus de 30 km d'est en ouest sur 13 du nord au sud.

14 Bibliothèque municipale de Toulouse, Ms

 

5
Deux figures se détachent d'emblée au sein de l`église cathare de Fanjeaux.
D'abord, dès les environs de 1193, celle de la parfaite Guillelme de Tonneins, dite aussi
Guillelme de Fonters, sans doute Fonters par sa naissance, et Tonneins par son mariage,
Tonneins étant un castrum disparu sur la commune de Lasserre de Prouille. Sa petite-fille Hélis
de Mazerolles en parle abondamment : « Feue ma grand-mère Guillelme de Tonneins fut
hérétique revêtue, et alors qu'elle tenait la secte, je l'ai vue tenir sa propre maison à Fanjeaux
avec d'autres femmes hérétiques. Et moi, qui étais alors petite-fille (puella), je suis allée maintes
fois la voir. Elle me donna plusieurs fois du pain, du vin, des noix et autres fruits »15.

Attestée jusqu'à la croisade de 1209, Guillelme de Tonneins appartient à la plus ancienne
génération de parfaites nommément connues, celle de Blanche de Laurac ou de la dame de
Roquefort dans la Montagne Noire. C'est la génération des grandes directrices de conscience
des lignages nobiliaires, qui transmettront le flambeau à la génération suivante, celle de
Garsende du Mas-Saintes-Puelles, de Marquésia Hunaud de Lanta, de Fournière de Péreille, et
d`Aude de Fanjeaux, la propre fille - l'une des filles - de Guillelme de Tonneins.

Les deux filles de Guillelme ont fait des mariages assez prestigieux.
L'une, Marquésia, a épousé Pierre-Roger de Mirepoix le Vieux, principal co-seigneur
de Mirepoix, et père du Pierre-Roger qui sera le défenseur de Montségur16.

L’autre, Aude, est devenue une « de Fanjeaux » par son mariage avec Isarn-Bernard, le
grand officier du vic
omte de Carcassonne dont on a déjà parlé. Personnage qui nous oblige à
nuancer l'idée si souvent avancée selon laquelle le catharisme n'aurait touché qu’une noblesse
désargentée, sans assises économiques solides.

En 1201, en effet, le vicomte de Carcassonne engage le Balaguèrès et le Quercorb à
Isarn-Bernard de Fanjeaux pour 13100 sous de Melgueil. Indiquons à titre de comparaison qu'en
1236 la dot d'Esclarmonde, princesse de Foix, sera de 10000 sous...

L'histoire de la descendance de Guillelme de Tonneins pourrait occuper un livre entier.
On se bornera à noter qu'en plus de ses deux filles, Guillelme a plusieurs fils, dont l'un,
Guillaume-Assalit, sera viguier du Razès en 1201 et 1217 et mourra faidit et exhérédé avant
la croisade royale de 1218 ; sa veuve Esclarmonde réfugiée à Toulouse chez des patriciens de
haut rang, tous croyants cathares, mourra de maladie vers 1236-38 en recevant le consolament
19.
La fille d'Esclarmonde et de Guillaume Assalit, Lombarde, avait été ordonnée parfaite avant
1209
  20.

Pour achever ce très rapide tableau de ce qui paraît être la plus importante famille
cathare de Fanjeaux, on notera qu`Aude et Isarn-Bernard eurent au moins cinq enfants :

15 Bibliothèque Nationale, Ms du Fonds DOAT, t. XXIII, f° 163 v°.
16 Cf. M. ROQUEBERT, « Pierre-Roger de Mirepoix, seigneur de Montségur, et sa famille » dans Montségur, 13
ans de recherche archéologique (Groupe de Recherches archéologiques de Montségur et ses environs,
Carcassonne, 1981), p. 55-69.

17 HGL, VII, 468, 473.
18 HGL, VII, Enquêteurs, 354.
19 DOAT XXIII, 14 v°, 16 r°-v°, 17 r°, 46 v° ; Ms 609, 202 v°. 213 v°.
20 DOAT XXIII, 9

 

Gaia et Braida, qui se feront parfaites avant la croisade de 1209. Braida avait épousé
Hugues de Roumegoux, viguier du Razès en 1189, charge dans laquelle il a donc succédé à son
beau-père (
je suppose une erreur, il lui succède mais pas à cette date là !) : on ne sort pas de la haute noblesse de la vicomté.

Une autre fille, Hélis, épousera Raines de Mazerolles, seigneur de Gaja, et l'un de leurs
trois fils, Pierre, sera un agent actif de l'église cathare, à Gaja même, dont il fera avec Queille
le plus important relais de la clandestinité entre le Lauragais et Montségur.

Un fils d'Aude et d'Isarn-Bernard, Roger-Isarn, mourra à Fanjeaux en 1225 en
demandant le consolament, mais il ne le recevra pas, car les parfaits arriveront trop tard.

Un autre fils, Isarn-Bernard junior, épousera Véziade, fille de Turca, ordonnée parfaite
avant la croisade, et de Raymond Ferrand qui, lui, se fera ordonner parfait à Montségur même
vers 1214. Encore un personnage de haut rang, ce Raymond Ferrand, témoin de diverses chartes
de Trencavel entre 1189 et 1202. Quant à Isarn-Bernard de Fanjeaux junior, on peut le suivre
presque année par année pendant un demi-siècle, jusqu’à sa condamnation par l`Inquisition en
1244, et même au-delà

 

__________________________

 

Marquésia Assalit épouse de Pierre Roger le Vieux de Mirepoix,

fille de Guillaume II Assalit et soeur de Guillaume III viguier du Razes

Détails sur la Famille de Mirepoix, celle Assalit, Fanjeaux

 

 

 

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JE VOUS PROPOSE PLUSIEURS VIDEOS sur ce qui concerne le RAZES et ses mystères, vous y trouverez des informations intéressantes ou pas ! A vous de voir !

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 06:00

Ansemund nom d'origine haut germanique, plutôt a orientation gothique (voir lien)

Ensuite marié à Quixol fille du comte de Barcelone.

"

Les Vicomtes de Fenouillet sont Catalans. Les seigneurs de Camélas, Ansemund et Sentill, ancêtres des Vicomtes de Fenouillet à la lueur des travaux des généalogistes catalans, sont des proceres d’origines franques et wisigothiques[60].

L'épouse d'Ansemund, Quixilona, est la fille de Guifré I de Barcelona, Comte de Cerdanya i d’Urgell (870?-897) i de Barcelona, de Girona (Guifré II) i de Besalú (878-897), comme le dit sa pierre tombale. Si nous considérons les noms de leurs enfants, à part Sentill, ils sont tous les noms typiques de la famille des comtes de Barcelone: Sunifred, Miró et Sunyer[61]. Le premier Vicomte de Fenouillet est Pere I (vers 933 - vers 1017), fils de Sentill, senyor de Cameles, très certainement le Sentilles fils de Quixilona et Ansemund[62]. Calixte de la Providence a raison, Jean de Matha ou Mota descend des barons choisis par Charlemagne pour la Marca Hispánica (ou Marca Española).

Les Vicomtes de Fenouillet sont très croyants. On trouve - entre autres en 1067 - et 1073 un Udalger de Fenouillet, vicomte de Fenouillèdes, qui souscrit en 1070, avec son fils Pierre, à l'union du monastère Saint-Martin de Lez-sur-l'Aude, dans le même païs, à celui de Saint-Pons[63]. Mais, la famille maternelle de Jean de Matha ou Mota perd sa vicomté, du fait d'un jugement de l'Inquisition, en 1269, car Pierre de Fenouillet de Barbaira, faydit, prend part à la victoire occitane de Baziège en 1219[64].

 

Pour les mariages successifs je ne suis pas remonté plus haut pour l'instant, les généalogies ont été complétées en partie avec les recherches de Settipani (pour Bertarde de Prum et Thierry III roi des Francs) Thierry et Hélène Bianco pour ce qui concerne Guillemette d'Aquitaine. 

Sunière du Roussilon est comte du Roussillon et d'Empuries dont l'origine est Bello de Carcassonne.

donc on se retrouve dans la trame originelle Goth-Franque tissée par les carolingiens et notamment par Guillaume de Gellone, mais cela était déjà préfiguré, avec des alliances plus antiques.

 

Une des branches de Ganges donne les de Pierre de Bernis, dans la description Guillaume Assalit est nommé de Poupian ou Popian, mais on retrouve par document un serment prêté par lui et sa mère pour Brissac, château des Ganges alors. Mais Vierne n'est pas une Anduze comme il est précisé (travaux de Thierry et Hélène Bianco) mais bien une Popian, dont l'ascendance Sunyer du Roussillon.

 

Pour ce qui concerne la suite, les alliances se contractent sur les familles méridionales dont les ascendants tournent autour de la lignée mérovingo-carolingienne (par Guillaume de Gellone) les branches de Barcelone, de Carcassonne plus ancienne. (Bello) issu peut être de la branche des Girardides premier comtes de Paris carolingiens. Notamment les Mirepoix - Bellisen (nom peut invoquant le comte Bello). Quoiqu'il en soit tout ce beau monde se retrouve à Montségur assiégé par le roi de France et bon nombre des noms cités dans la généalogie sont décédés dans le buché, notamment les femmes et enfants, les hommes d'armes ne sont pas considérés comme cathare mais comme combattants défenseurs du puig, même s'ils en partageaient la foi.

 

descendance sentil fils Ansemund grand format

Ascendance Adalais du Pouget-Assalit

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 15:12

Un livre assez curieux et instructif sur certains plans.

 

il faut le voir comme un livre  du XIXème, cela n'a rien de contemporain, ni aucune arrière pensée au sujet de ce livre disons assez orienté.

A lire ou a parcourir....

 

Les chevaliers poêtes de l'Allemagne, (notamment Wolfram von eschenbach et la fameuse histoire du Graal) par Octave d'Assailly

Paris Libraire académique

Didier et compagnie Libraires - éditeurs,

35 quai des Augustins

1862

 

le livre est donc dans le domaine public et est en ligne sur Google :

http://books.google.fr/books/about/Les_Chevaliers_po%C3%A8tes_de_l_Allemagne_Mi.html?hl=fr&id=HzLZAAAAMAAJ

les recherches plus récentes suggèrent un lien avec Kyot de Narbonensis ou Kyot de Provence sur cette fameuse légende à vérifier !!!

 

ALBERT LE GRAND L'ANCIEN MONDE DEVANT LE NOUVEAU  du même auteur chez le même éditeur mais en 1870 :

http://www.archive.org/stream/albertlegrandlan00assa/albertlegrandlan00assa_djvu.txt

 

sommes toutes , bonne lecture à bientôt

 


 


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