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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 13:34



Jordanès "Histoire des Goths" :

Texte original expliquant les raisons par lesquelles les peuples goths furent contraints à demander d'intégrer l'Empire en délégation auprès de l'Empereur Valens frère de l'Empereur Valentinien Ier. Après négociations ci-dessous énumérées ils obtinrent de s'installer en Dacie Ripuaire,  Moesie et  Thrace.

CHAPITRE XXIV.

Or, peu de temps après, au rapport d'Orose, les Huns, la plus féroce de toutes les nations barbares, éclatèrent contre les Goths. Si l'on consulte l'antiquité, voici ce qu'on apprend sur leur origine: Filimer, fils de Gandaric le Grand, et roi des Goths, le cinquième de ceux qui les avaient gouvernés depuis leur sortie de file Scanzia, étant entré sur les terres de la Scythie à la tête de sa nation, comme nous l'avons dit, trouva parmi son peuple certaines sorcières que, dans la langue de ses pères, il appelle lui-même Aliorumnes. La défiance qu'elles lui inspiraient les lui fit chasser du milieu des siens; et, les ayant poursuivies loin de son armée, il les refoula dans une terre solitaire. Les esprits immondes qui vaguaient par le désert les ayant vues, s'accouplèrent à elles, se mêlant à leurs embrassements, et donnèrent le jour à cette race, la plus farouche de toutes. Elle se tint d'abord parmi les marais, rabougrie, noire, chétive : à peine appartenait-elle à l'espêce humaine, à peine sa langue ressemblait-elle à la langue des hommes. Telle était l'origine de ces Huns, qui arrivèrent sur les frontières des Goths. Leur féroce nation, comme l'historien Priscus le rapporte, demeura d'abord sur le rivage ultérieur du Palus-Méotide, faisant son unique occupation de la chasse, jusqu'à ce que, s'étant multipliée, elle portât le trouble chez les peuples voisins par ses fraudes et ses rapines. Des chasseurs d'entre les Huns étant, selon leur coutume, en quête du gibier sur le rivage ultérieur du Palus-Méotide, virent tout à coup une biche se présenter devant eux. Elle entra dans le marais, et, tantôt s'avançant, tantôt s'arrêtant, elle semblait leur indiquer un chemin. Les chasseurs la suivirent, et traversèrent à pied le Palus-Méotide, qu'ils imaginaient aussi peu guéable que la mer; et puis quand la terre de Scythie, qu'ils ignoraient, leur apparut, soudain la biche disparut. Ces esprits dont les Huns sont descendus machinèrent cela, je crois, en haine des Scythes. Les Huns, qui ne se doutaient nullement qu'il y eût un autre monde au delà du Palus-Méotide, furent saisis d'étonnement à la vue de la terre de Scythie ; et comme ils ont de la sagacité, il leur sembla voir une protection surnaturelle dans la révélation de ce chemin que peut-être personne n'avait connu jusqu'alors. Ils retournent auprès des leurs, racontent ce qui s'est passé, vantent la Scythie, tant qu'enfin ils persuadent leur nation de les suivre, et se mettent en marche tous ensemble vers ces contrées, par le chemin que la biche leur a montré. Tous les Scythes qui tombêrent dans leurs mains dès leur arrivée, ils les immolèrent à la victoire; le reste fut vaincu et subjugué. A peine en effet eurent-ils passé cet immense marais, qu'ils entraînèrent comme un tourbillon les Alipzures, les Alcidzures, les Itamares, les Tuncasses et les Boïsques, qui demeuraient sur cette côte de la Scythie. Ils soumirent également par des attaques réitérées les Alains, leurs égaux dans les combats, mais ayant plus de douceur dans les traits et dans la manière de vivre. Aussi bien ceux-là même qui peut-être auraient pu résister à leurs armes ne pouvaient soutenir la vue de leurs effroyables visages, et s'enfuyaient à leur aspect, saisis d'une mortelle épouvante. En effet, leur teint est d'une horrible noirceur; leur face est plutôt, si l'on peut parler ainsi, une masse informe de chair, qu'un visage; et ils ont moins des yeux que des trous. Leur assurance et leur courage se trahissent dans leur terrible regard. Ils exercent leur cruauté jusque sur leurs enfants dès le premier jour de leur naissance; car à l'aide du fer ils taillent les joues des mâles, afin qu'avant de sucer le lait ils soient forcés de s'accoutumer aux blessures. Aussi vieillissent-ils sans barbe aprês une adolescence sans beauté, parce que les cicatrices que le fer laisse sur leur visage y étouffent le poil à l'âge où il sied si bien. Ils sont petits, mais déliés; libres dans leurs mouvements, et pleins d'agilité pour monter à cheval; les épaules larges; toujours armés de l'arc et prêts à lancer la flèche; le port assuré, la tête toujours dressée d'orgueil; sous la figure de l'homme, ils vivent avec la cruauté des bêtes féroces. Les mouvements rapides des Huns, leurs brigandages sur un grand nombre de peuples dont le bruit venait jusqu'à eux, jetèrent les Goths dans la consternation, et ils tinrent conseil avec leur roi sur ce qu'il fallait faire pour se mettre à couvert d'un si terrible ennemi. Ermanaric lui-même, malgré ses nombreux triomphes dont nous avons parlé plus haut, ne laissait pas d'être préoccupé de l'approche des Huns, quand il se vit trahi par la perfide nation des Roxolans, l'une de celles qui reconnaissaient son autorité. Voici à quelle occasion : Le mari d'une femme nommée Sanielh et de cette nation, l'ayant perfidement abandonné, le roi, transporté de fureur, commanda qu'on attachât cette femme à des chevaux sauvages, dont on excita encore la fougue, et qui la mirent en lambeaux. Mais ses frères, Ammius et Sarus, pour venger la mort de leur soeur, frappèrent de leur glaive Ermanaric au côté; et depuis cette blessure celui-ci ne fit plus que traîner dans un corps débile une vie languissante. Profitant de sa mauvaise santé, Balamir, roi des Huns, attaqua les Ostrogoths, qui dès lors furent abandonnés par les Visigoths , avec lesquels ils étaient unis depuis longtemps. Au milieu de ces événements, Ermanaric, accablé tant par les souffrances de sa blessure que par le chagrin de voir les courses des Huns, mourut fort vieux et rassasié de jours, à la cent dixième année de sa vie; et sa mort fournit aux Huns l'occasion de l'emporter sur ceux d'entre les Goths qui demeuraient, comme nous l'avons dit, du côté de l'orient, et qui portaient le nom d'Ostrogoths.

CHAPITRE XXV.

Les Visigoths, c'est-à-dire ceux d'entre les Goths qui demeuraient à l'occident, étaient, à cause des Huns, dans les mêmes alarmes que leurs frères, et ne savaient à quoi se résoudre. A la fin, après s'être longtemps consultés, ils tombèrent d'accord d'envoyer une députation en Romanie auprès de l'empereur Valens, frère de l'empereur Valentinien Ier, pour lui demander de leur céder une partie de la Thrace ou de la Moesie pour s'y établir. Ils s'engageaient en retour a vivre sous ses lois et à se soumettre à sou autorité; et, afin de lui inspirer plus de confiance, ils promettaient de se faire chrétiens, pourvu qu'il leur envoyât des prêtres qui parlassent leur langue. Valens leur accorda aussitôt avec joie une demande qu'il eût voulu leur adresser le premier. Il reçut les Goths.dans la Moesie, et les établit dans cette province comme le rempart de l'empire contre les attaques des autres nations. Et comme en ce temps-là cet empereur, infecté des erreurs perfides des ariens, avait fait fermer toutes les églises de notre croyance, il envoya vers eux des prédicateurs de sa secte, qui d'abord versèrent le venin de leur hérésie dans l'âme de ces nouveaux venus incultes et ignorants. C'est ainsi que, par les soins de l'empereur Valens, les Visigoths devinrent non pas chrétiens, mais ariens. Ceux-ci à leur tour annoncèrent l'Évangile tant aux Ostrogoths qu'aux Gépides, auxquels les unissaient les liens du sang et de l'amitié; ils leur transmirent leurs croyances hérétiques, et attirèrent de toutes parts aux pratiques de cette secte tous les peuples qui parlaient leur langue. En même temps ils passèrent le Danube, comme il a été dit, et s'établirent, avec le consentement de l'empereur, dans la Dacie Ripuaire, la Moesie et la Thrace.

CHAPITRE XXVI.

Il leur arriva ce qui d'ordinaire arrive à toute nation encore mal établie dans un pays : ils eurent la famine. Alors Fridigerne, Alathéus et Safrach , les plus considérables d'entre eux et leurs chefs, qui les gouvernaient à défaut de rois, prenant en pitié la disette de l'armée, supplièrent les généraux romains, Lupicinus et Maximus, de leur vendre des vivres. Mais à quels excès la soif impie de l'or ne porte-t-elle pas! Poussés par la cupidité, ceux-ci se mirent à leur vendre non seulement de la viande de brebis et de boeuf, mais encore de la chair de chien et d'animaux dégoûtants morts de maladie, et si chèrement, qu'ils exigeaient un esclave pour une livre de pain, dix livres pour un peu de viande. Bientôt les esclaves manquèrent, et les meubles aussi : alors ces sordides marchands, ne pouvant plus rien leur ôter, en vinrent jusqu'à leur de-mander leurs enfants; et les pères se résignèrent à les livrer, aimant mieux, dans leur sollicitude pour ces gages si chers, leur voir perdre la liberté que la vie. N'y a-t-il pas en effet plus d'humanité à vendre un homme pour lui assurer sa nourriture, qu'à le laisser mourir de faim pour le sauver de l'esclavage? Or il arriva, dans ce temps d'affliction, que Lupicinus, le général des Romains, invita Fridigerne, régule des Goths, à un festin : c'était un piège qu'il lui tendait, comme la suite le prouva. Fridigerne, sans défiance, vint au banquet avec une suite peu nombreuse; et voilà qu'étant à table dans l'intérieur du prétoire, il entendait les cris des malheureux qui mouraient de faim. Puis il s'aperçut qu'on avait renfermé ceux qui l'accompagnaient dans un lieu séparé, et que des soldats romains, par ordre de leur général, s'efforçaient de les massacrer. Les cris pénibles des mourants tonnaient à ses oreilles, et le remplissaient de soupçons. Tout à coup, ne pouvant plus douter des embûches qu'on lui tend, Fridigerne tire son glaive au milieu du festin; il sort précipitamment, non sans courir un grand danger, délivre les siens d'une mort certaine, et les excite à exterminer les Romains. Voyant s'offrir une occasion qu'ils appelaient de leurs voeux, ces vaillants hommes aimèrent mieux s'exposer à périr en combattant que par la famine, et prirent aussitôt les armes pour immoler les généraux Lupicinus et Maximus. Ce jour-là mit lin à la disette des Goths et à la sécurité des Romains. Les Goths commencèrent dès lors à ne plus être des étrangers et des fugitifs, mais des citoyens, et les maîtres absolus des possesseurs des terres; et ils tinrent sous leur autorité toutes les provinces septentrionales jusqu'au Danube. L'empereur Valens en apprit la nouvelle à Antioche, et aussitôt il fit prendre les armes à son armée, et se dirigea sur la Thrace. II y livra une bataille qui lui fut fatale, car les Goths le vainquirent. Blessé lui-même et fugitif, il se réfugia dans une ferme auprès d'Hadrianopolis. Les Goths, ne sachant point que cette chétive masure recelât l'empereur, y mirent le feu, qui, redoublant de violence, comme il arrive, le consuma dans sa pompe royale. Ainsi s'accomplit le jugement de Dieu, qui voulut qu'il fût brûlé par ceux qu'il avait égarés vers l'hérésie, quand ils lui demandaient d'être instruits dans la vraie foi, et qu'il avait détournés du feu de la charité pour les vouer aux flammes de l'enfer. Après cette victoire si glorieuse pour eux, les Goths, devenus maîtres de la Thrace et de la Dacie Ripuaire, s'y établirent, comme si ces contrées leur eussent tou jours appartenu.

CHAPITRE XXVII.

Cependant l'empereur Gratien choisit pour succéder à Valens son oncle Théodose, qu'il rappela d'Espagne et mit à la tête de l'empire d'O-rient. Bientôt la discipline militaire fut remise en vigueur; et les Goths, voyant bannies la mollesse et la négligence des anciens princes, eurent une grande crainte. Le nouvel empereur, pour relever le courage de l'armée, tempérait la sévérité du commandement par sa libéralité et sa douceur. Doué d'ailleurs d'un génie plein d'activité, il se faisait remarquer par sa bravoure autant que par sa prudence. Dès que I'avénement d'un prince plus digne de commander eut rendu la confiance aux troupes, elles s'enhardirent à attaquer les Goths, et les chassèrent de la Thrace; mais Théodose étant tombé si dangereusement malade qu'on désespérait presque de ses jours, les Goths reprirent de nouveau courage. Ils divisèrent leur armée : Fridigerne alla ravager la Thessalie, l'Épire et l'Achaïe, tandis qu'Alathéus et Safrach gagnaient la Pannonie avec le reste des troupes. L'empereur Gratien avait quitté Rome pour passer dans les Gaules à cause de l'irruption des Wandales, quand il apprit cette nouvelle. Voyant que, tandis que Théodose succombait sans espoir à une maladie fatale, les Goths étendaient leurs ravages, il rassembla une armée, et marcha aussitôt contre eux; mais ne se fiant point en ses forces, il aima mieux les réduire par des avances et des présents; et leur ayant accordé la paix et des vivres, il conclut avec eux un traité. PIus tard, quand l'empereur Théodose se rétablit, et qu'il eut connaissance des conventions que Gratien avait conclues entre les Goths et les Romains, cette alliance, que lui-même avait désirée, le combla de joie et il se tint au traité de paix.

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 12:29


Une citation d'une déclaration des Corinthiens à l'encontre de ses alliés Péloponnésiens dont Sparte entre autre "Il serait impardonnable que la richesse vous fit perdre les avantages que la pauvreté vous avait fait acquérir" 
 
les armées romaines recrutaient dans le fond extérieur à l'empire, l'armée se compte sous ce chiffre approximatif soit 350 000 soldats représentent 0,85% de la population libre et entre 3 et 4% des citoyens, tablons cela à la population européenne et voyons le différentiel. on est très largement au dessous du compte, sans compter que c'est également une armée de métier.
C'est sous Hadrien que les numéri sont adoptés pour pallier au déficit ( unités militaires) sous commandement indigène, avec conservation de leur culte et langue.
outre les légions les pérégrins des auxiliaires obtiennent la citoyenneté romaine au bout de 25 ans de service.
On est à peu près au maximum de l'expansion sous Marc Aurèle. Cela exige donc un effort constant de l'empire pour protéger ses frontières d'ou la locution latine "Si vis para bellum".- si tu veux la paix prépare la guerre.

En outre on peut constater comme durant le conflit des guerres du Péloponnése qui se déroula entre les alliés de Sparte et Athènes et sa confédération panhéllénique (de - 431 à - 404 av J.C.) que c'est la richesse économique qui prima.
Au final, si Athènes détenait la puissance et le controle maritime, ainsi que des fonds considérables pour construire sa flotte, elle ne pouvait se mesurer a Sparte et ses alliés sur terre, l'éternisation du conflit va éprouver très sensiblement l'économie des deux belligérants, Sparte ne vaincra qu'avec l'aide des fonds Perses. Thucydide le souligne justement. La guerre entre héllénes est un désastre qui anéantit à jamais tout espoir de visée expansionniste sur l'Italie, la Sicile par exemple, le sort en eut été autre si les occasions de négocier habilement la paix et l'union entre les peuples héllénes.

On peut considérer également, mais sans regret aucun le financement de la guerre d'Indépendance des Etats Unis d'Amérique par Louis XVI à un moment ou la fragilité économique française est a son zénith. Si cette guerre est une véritable projection stratégique qui contre l'impérium anglais et conforte ainsi les positions Françaises sur le plan international, elle n'en demeure pas moins une position suicidaire du point de vue économique, son financement accroit considérablement le déficit national et de ce fait met terme au régime pluriséculaire qui gouverne au destinée de la Nation. Cette action compromet les avancées sociales telle que l'Edit de Versailles (abrogeant dans les grandes lignes la Révocation de l'Edit de Nantes) qui réunit a nouveau les Français.

On peut également s'accorder sur le point des erreurs stratégiques telles que la Ligne Maginot, et les l'abandon du renouvellement du matériel militaire avant la seconde guerre mondiale alors que les Etats extérieurs continuaient a augmenter leur budget aux armées, utilisant toutes les avancées technologiques. Au final il est donc question d'apprécier un sujet sous un biais uniquement et exclusivement pragmatique ou la démagogie ou le jeu inconsidéré des alliances peut anéantir ou hypothéquer toute issue à venir. Il ne s'agit  pas évidemment de faire l'apologie de Mars mais de considérer la fin en toutes choses.

Si nous devions assister à ce jeu inconsidéré et inconséquent du positionnement des blocs, la Nation dans son ensemble devra assumer les choix de quelques uns étant donné qu'il ne sera plus proposé sur le plan de la politique international d'alternative qu'au conflit, la voie de temporisation qui a été privilégiée par nos prédécesseurs dans une vision juste et équilibrée dans un premier temps par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer à l'encontre des visées bellicistes de la guerre froide sera purement et simplement effacée. La voix de la France ne sera plus celle de l'issue salvatrice de la paix mais celle de la déchéance de l'espoir qu'elle a été et est capable d'incarner pour les hommes de bonne volonté, qui seuls sont capables de faire passer l'intérêt de leur peuples avant celui des priorités fallacieuses et démagogiques capables d'entrainer des conflits dont chacun connait l'issue.

Alcibiade (stratége grec) meurt assassiné en Phrygie sous l'instigation de Lysandre (Sparte) en 404, le grand Périclès meurt en - 429 d'une épidémie de Peste a Athènes. Toute l'aristocratie athénienne succombe en majeure partie au combat, la population civile est anéantie par les deux pestes d'Athènes.

A ce jour vous avez consultés 10 860 pages de ce site. Merci à vous.
Bien cordialement

Henry

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 14:14
Le Calamar de calamus (canne, roseau en général servant à écrire avec l'encre)
Zoologie :
de magnifiques photos et quelques explications :
les pouples :http://pagesperso-orange.fr/christian.coudre/poulpe.htm


les Céphalopodes ordre et classification :
- les octopodiformes (une couronne de huit tentacules entoure la bouche), ordre des OCTOPODA divisé en deux famille :
- les Octopodidae
- Les Argonautidae (Argonautes)

- les Décapodiformes (une couronne de dix tentacules entoure la bouche) ordre des THEUTIDA (Theutis ville d'Arcadie, du Tibre et prince d'Arcadie)
divisé en trois familles :
- Les Loliginidae,
- les sépiidae,
- Les sépiolidae.


Ces familles sont chromatophores c'est à dire qu'elles peuvent se fondre dans le paysage, par mimétisme, de se rétracter, s'allonger à volonté pour épouser le milieu, cette capacité à l'homochromie lui permet de se camoufler tout en adaptant la texture de sa surface extérieure, soit lisse, soit rugueuse.

Ils se déplacent en rampant entre nage et marche, et se propulsent par pression et souffle en cas d'attaque ils émettent de l'encre pour dissimuler leur fuite;

En général les céphalopodes ne sont pas toxiques, sauf quelques rares pieuvres, seiches ou poulpes, souvent aux couleurs vives, bleu, rouge, et jaune vif, pour signaler leur toxicité aux prédateurs, leur comportement n'est pas celui en génréral de la dissimulation, de plus ils adoptent pour certains la marche - seiche flamboyante- Leur toxicité est soit dans les muscles, la salive ou dans l'encre qu'ils rejettent. De quoi tuer un cheval....

Les céphalopodes ont une vision excellente et une intelligence très développée.


La pieuvre de Victor Hugo, à l'encre, on peut remarquer le H et le V.


Poulpe n.m. est la réfection savante, d'après le latin (1554) , de poupe(1538), poulpre (1546), emprunts au provençal pourpre, poupre qui représente le latin polypus "tumeur du nez" et "espèce de mollusque", lequel a donné par emprunt polype et, par l'anglo-normand pieuvre.
Le mot n'a pas conservé son sens médical, réservé au mot savant polype. Il désigne un mollusque (1546), sens avec lequel il a supplanté polype mais que lui dispute pieuvre. Cependant, poulpe est le seul emplyé pour désigner la chair de cet animal, en cuisine

Pieuvre n.f. est le troisième et dernier représentant en français du mot latin polypus, lui-même emprunté à un dérivé grec du nom du pied pous, podos (--> podo-, -pode). Pieuvre est issu par voie populaire de polypus, qui a donné par emprunt polype et par évolution poulpe. Il a été introduit en français par V.Hugo (Les travailleurs de la mer, 1866) qui a popularisé ce mot du parler des îles anglo-normandes, où il existait antérieurement sous les formes normandes puerve, puèvre, purve, pùerve (à comparer à l'évolution du latin oculus, pluriel oculos, adapté en oeil, yeux). Le mot désigne le poulpe commun, surtout lorsqu'il est de grande taille. Par métaphore, il a désigné une femme entretenue, une courtisane (1866), d'où parfois encore de nos jours une personne exigeante, insatiable (, Hugo, Correspondance) et aussi une entreprise, un système tentaculaire

les peuples de langue latines le nomme en général polpo, polvo, pofre, polp,
les peuples nordiques sont basés sur octopus. et l'allemand polyp.

en héraldisme:
pieuvre : déploiement de la création, esprit infernaux
araignée : destin

Les phéniciens emploient le poulpe dans l'art, pour les grecs elle est symbole de ruse, ils découvrent la teinture pourpre.
Il peut y avoir un lien entre le Kraken, créature de Poséidon et Persée, qui le tue après avoir tranché la tête de la gorgone Méduse. Méduse étant assurée de son immortalité, par foudroiement de son regard. Persée la vainc, par le bouclier et le glaive.
cela nous ramène à l'araignée qui tisse le destin et qui est tenu par les trois Parques ou les nornes qui tiennent le destin des hommes. Elles consolèrent Prosepine ou Perséphone de l'outrage qui lui avait été fait, ainsi que Cérès affligée de la perte de sa fille, c'est sous leur prières que celle ci sortie de la caverne de Sicile, entrée des enfers.

Similitude entre la Gorgone, et le Dragon "drakon" celui qui fascine, celui qui pétrifie, le regard, similitude des mots dragons et Kraken (Drakon), Le monstre ou monstrum, teratos est l'avertisssement, le signe :
dans le monde greco-romain il est la force primordiale;
il peut être aussi le chaos originel, la force insondable, gigantesque fruit de Neptune, protéiforme, alliance de l'eau et de la terre, qui oscille entre la marche et la nage, sans os, ni structure, un cerveau sur huit pattes, à l'intellect dépourvu d'affect.
L'odyssée : les sirènes et scylla sont des monstres tentaculaires qui attirent, étreignent et étouffent.
Les Métamorphoses Ovide, C'est Persée qui combat sans répit le Kraken pour délivrer Andromède.
Victor Hugo, les travailleurs de la mer, et Jules Verne, 20000 lieues sous les mers (tout deux aux éditions Hetzel) :
La puissance de la nature révélée, gigantesque, puissance terrible de la création ou l'homme est poussé au combat Homérique, tel Héraklès, Marduk, comme les chevaliers devant le dragon L'homme qui vainc qui se révèle dans le combat, le combat contre la nature, l'inconscient, contre le conscient, l'esprit contre la nature. l'épreuve, l'initiation, comme dans les salles du Palais de Knossos, véritable labyrinthe de Minos, ou l'on découvre les sauts frontaux de tauromachie entre les cornes du taureau, des poulpes de la civilisation Myonienne, des dauphins des salles aux lys. Tous ces symboles enracinés dans la mémoire de l'humanité, imprégnés dans nos fils, fils d'Arachnée, tenu par les Parques aux multiples arabesques historiques, méandres de la mémoire commune. peurs, ombres et lumière.
Tout étant différent et pourtant un.

Teuthis en grec est le nom du calamar, architeuthis est le calamar géant, et Teuthis est une ville d'Arcadie :

Pausanias - Livre VIII :

"Près du canton de Thisoa est un bourg nommé Teuthis qui était jadis une petite ville. Lorsque les Grecs allèrent au siège de Troie, cette ville, en son particulier, fournit un chef qui se nommait Teuthis suivant quelques-uns, ou Ornytus suivant d'autres; les vents contraires retenant les Grecs à Aulis et les ayant pendant longtemps empêché de partir, Teuthis se brouilla avec Agamemnon, et se mit en devoir de ramener dans leur pays les Arcadiens qu'il commandait ; 5. on dit que Minerve ayant pris alors la figure de Mêlas, fils d'Opus, chercha à détourner Teuthis de cette résolution, et que celui-ci encore bouillant de colère, la frappa à la cuisse de sa lance et emmena ses troupes d'Aulis ; de retour chez lui, il crut voir la déesse lui montrant sa cuisse blessée ; il fut dès lors attaqué d'une maladie de langueur, et dans cette partie seule de l'Arcadie, la terre ne produisait plus aucun fruit : 6. dans la suite des temps les habitants consultèrent l'oracle de Dodone, qui leur ordonna ce qu'ils devaient faire pour apaiser la déesse ; ils lui érigèrent une statue où elle était représentée avec une blessure à la cuisse ; j'ai vu moi-même cette statue qui a la cuisse enveloppée d'une bande de pourpre. Il y a outre cela à Teuthis, un temple de Vénus et un temple de Diane, 7. c'est là tout ce qu'on y voit. On a érigé sur le chemin de Gortys à Mégalopolis, un tombeau à ceux qui furent tués dans le combat contre Cléomène; les Mégalopolitains nomment ce monument Parébasium, parce que Cléomène les avait attaqués contre la foi des traités. Auprès de ce monument est une plaine de soixante stades tout au plus ; vous y voyez à droite du chemin les ruines de la ville de Brenthès, près desquelles passe le fleuve Brenthéate qui se jette dans l'Alphée, environ cinq stades plus loin."

Les arcadiens sont du même sang que les troyens. Les arcadiens pélagiques s'installent aux alentours du Tibre et crée la cité de Pallantion, du nom du roi arcadien Pallas, aîeul d'Evandres.
Enée s'allie à s'allie à Evandre contre les Latins.

Dans cette cité se trouve Lupercal (la grotte de Pan) Pan Lykaios - Pan se dit en latin Lykaius Pan, avec au génitif la forme grecque: Lykaiei Panos,
Lykaion rapport entre Pan et Loup,
La flûte de Pan, ou syrinx monocalame ou polycalame, un ou plusieurs tuyaux, suite à la panique, "Panique" le dieu Pan réunis les troupeaux par le son des roseaux assemblés par de la cire d'abeilles, Le Syrinx est aussi l'organe vocal des oiseaux,

l'Hydre de Lerne est aussi hydre comme gardien du jardin des Hespérides
Orthros enfante le Sphynx, le lion de Némée et le Ladon, (hydre gardant le jardin des Hespérides entre hydre et dragon) les deux dernières étant vaincues par Héraklès.



Le poulpe, la pieuvre, l'Hydre, l'araignée, on trouve tout ce mélange dans cette tirade de Cocteau un délice : La Machine Infernale, tirade du Sphinx :

"Inutile de fermer les yeux, de détourner la tête. Car ce n’est ni par le chant, ni par le regard que j’opère. Mais, plus adroit qu’un aveugle, plus rapide que le filet des gladiateurs, plus subtil que la foudre, plus raide qu’un cocher, plus lourd qu’une vache, plus sage qu’un élève tirant la langue sur des chiffres, plus gréé, plus voilé, plus ancré, plus bercé qu’un navire, plus incorruptible qu’un juge, plus vorace que les insectes, plus sanguinaire que les oiseaux, plus nocturne qu’un œuf, plus ingénieux que les bourreaux d’Asie, plus fourbe que le cœur, plus désinvolte qu’une main qui triche, plus fatal que les astres, plus attentif que le serpent qui humecte sa proie de salive ; je sécrète, je tire de moi, je lâche, je dévide, je déroule, j’enroule de telle sorte qu’il me suffira de vouloir ces noeuds pour les faire et d’y penser pour les tendre ou pour les détendre ; si mince qu’il t’échappe, si souple que tu t’imagineras être victime de quelque poison, si dur qu’une maladresse de ma part t’amputerait, si tendu qu’un archet obtiendrait entre nous une plainte céleste ; bouclé comme la mer, la colonne, la rose, musclé comme la pieuvre, machiné comme les décors du rêve, invisible surtout, invisible et majestueux comme la circulation du sang des statues, un fil qui te ligote avec la volubilité des arabesques folles du miel qui tombe sur du miel."

et le rapport sur le dessin de Victor Hugo :

" Prenez garde à ces lignes […] ; ce sont des forces ; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l'une dans l'autre, pivotent l'une sur l'autre, se dévident, se nouent, s'accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue . "

Enfin les vainqueurs des Hydres, dragons - Marduk, Héraklès, Persée....  :

Gilgamesh recherche l'immortalité, en fin de quête elle lui est accordée sous forme d'une plante, mais......

"La femme Utanapishtî intervient auprès de ce dernier pour qu'il fasse un geste en faveur de Gilgamesh, qui va rentrer bredouille Gilgamesh est venu ici À grand-peine et fatigue : Que vas-tu lui donner, Alors qu'il rentre au pays. Gilgamesh entendant ceci manœuvre la gaffe pour revenir au rivage. Utanapishtî s'en approche et dit Gilgamesh tu es venu ici, tu a peiné, as fait grand voyage. Que te donnerais-je pour t'en retourner au pays ? Je vais te révéler cette chose cachée, t'informer, toi, d'une chose réservée aux dieux. Il est une plante, une sorte d'épine, Qui te meurtrira les mains comme une rose, Mais qui, si tes mains s'en emparent, te donnera la vie. À ces mots Gilgamesh creuse à ses pieds pour trouver de lourdes pierres, dont il s'empare et qui l'entraînent jusqu'au fond de la mer, où il trouve la plante, qui lui pique les mains. S'étant libéré de ses pierres il remonte et la mer le repousse au rivage. Il brandit la plante devant Ur-shanabi et lui dit Voici la plante qui guérit de la peur de la mort. Grâce à elle on retrouve la vitalité. Je l'emporte à Uruk, Je verrais si cela marche sur un vieillard Et j'en absorberais moi même Pour retrouver ma jeunesse. Ils partent pour Uruk. Après vingt bêrus Ils mangèrent un morceau. Après trente autres, Ils s'arrêtèrent pour dormir. Gilgamesh, ayant aperçu un trou d'eau fraîche S'y jeta pour se baigner. Un serpent, attiré par l'odeur de la plante, Sortit furtivement de son terrier, l'emporta et en s'en retournant, rejeta ses écailles. Gilgamesh demeura là, prostré, il pleura, Les larmes ruisselant sur ses joues. Il dit à Ur-shanabi : Pour qui mes bras se sont ils épuisés ? Pour qui le sang de mon cœur a-t-il coulé ? Je n'en ai tiré aucun bienfait. C'est au lion du sol que j'en ai procuré"


Henry

autres articles :

Mythe du dragon de Nyort par M. D’Orfeuille, Saint Maixent an 7 de la République,

Parallèles entre le dragon de Niort et l’Hydre de Lerne, symbolisme des Hercules de la ville de Niort,

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 14:36


En 2002, le prix Nobel d'économie a été décerné conjointement à l'économiste Vernon Smith et au psychologue Daniel Kahneman. La modélisation mathématique des variations économiques ne peut se résumer qu'a des données, comme en Histoire ou toutes sciences humaines il faut tenir compte de l'impact psychologique d'un individu ou d'un groupe d'individu, de ses reflexes conditionnés, sa mesure dans l'action.
Thami Kabbaj dans sa "Pyschologie des grands traders" - Edition d'organisation 2007 écrit : - "Le trader novice est souvent victime d'un excès de confiance. Il pense disposer de compétences supérieures à la moyenne, ce qui l'incite à prendre des risques importants. Comme la plupart des traders il tombe dans le piège décrit par le psychologue Daniel Kahneman : l'aversion des pertes. Les traders ont tendances à prendre leurs profits très rapidement car ils sont prudents en zone de gains. Inversement, ils prennent de plus en plus de risques en cas de pertes.... Ils sont alors en situation de dissonance cognitive : ils rejettent l'information négative et se focalisent sur les rebonds éventuels du marché pour renforcer leurs positions hasardeuses pour se refaire. Cette spirale négative peut avoir des conséquences dramatiques"

En outre les Professeurs Brian Knutson et Camelia M. Kuhnen de l'Université de Stanford démontrent que le processus de "prise de risque" ou anticipation au plaisir de celui ci dépend du même circuit que celui de l'addiction.  Plus l'opération représente potentiellement un risque plus l'anticipation au plaisir est forte, le cerveau dit rationnel et raisonnable (cortex frontal) est neutralisé par le noyau accumbens.
B. Knutson rajoute en mars 2008 dans NeuroReport que la prise de risque peut dépendre également d'une excitation préalable positive, c'est-à-dire que le circuit induit est le même que celui qui active la fonction orgasmique ou la prise de cocaïne par exemple. Suggestion ironique de B. Knutson "elles peuvent être variées, une bonne nouvelle, des activités de détente durant les pauses, mais aussi de l'alcool ou des drogues". Nous voilà rassurés quand à la gestion rigoureuse de nos économies!!!

Voilà posées quelques questions sur ce qui touche à l'Economie d'une manière générale mais également d'autre domaines nécessitant une prise décision aux conséquences collectives ayant une forte  excitation neurologique, tel que la politique par exemple!!!
- mais non!!! 
- mais si!!!
 Donc un système de "fuite en avant" tout en se gardant bien de regarder la réalité en face, ni de voir, ni d'entendre, car il n'est plus aveugle et sourd que celui ou ceux qui ne veulent pas entendre et qu'il y aurait-il a faire puisqu' ils ne le pourraient pas, complétement enferrés dans leur spirale infernal. Ce qui fait s'interroger sur le  rôle des interlocuteurs qui ont a faire avec ces individus sous influence addictive, auto induite ou favorisée par des facteurs externes.

Brian Knutson "Nucléus accumbens activation mediates the influence of reward cues on financial risk taking" NeuroReport, 2008
Camelia M. Kuhnen et Brian Knutson " The neural basis of financial risk taking" Neuron 2005
Daniel Kahneman et Amos Tversky " A prospect theory ; an analysis of decision under risk" Econométrica 1977

Une expérience d'Economie expérimentale réalisée par Daniel Zizzo et Andrew Oswald de l'Université de Warwick, en  Grande Bretagne montrait que la motivation la plus profonde d'une majorité d'individu pouvait nous conduire à notre perte plutôt qu'a la reddition ou la réflexion sur l'action propre ; bref un "lâcher prise" sur une action.
Ces deux économistes dans un jeu d'argent firent participer des volontaires sains d'esprit dans le seul objectif de faire perdre les autres joueurs en dépensant ses propres gains. Conclusions, les deux tiers des participants préférérent tout perdre plutôt que de voir leur adversaires plus chanceux repartir gagnants. Donc agir contre ses propres intérêts n'est pas l'indice d'une pathologie mentale mais un mécanisme contre-productif inhérent à la nature humaine, enfin pour deux tiers d'un groupe, ceci dans des conditions dites "normales" si l'on y rajoutait d'autres paramètres les résultats seraient-ils changés, transfigurés, dumoins faut-il l'espèrer.

Au moins il faut reconnaître une forme de candeur a certains gestionnaires dont la naîveté est bien vite contrariée par la dure réalité mais dont le profit, non les pertes,  vient aux plus cyniques de l'histoire, généralement mieux hiérarchisés et qui actionnent la machine à distance.



Les deux effets cumulés, superposés, ou parallèles seraient du plus mauvais effet, aux conséquences dramatiques évidemment. Un déroulement "in vivo" de ces expérimentations et analyses auraient pour but d'en prouver la véracité, mais cela ferait-il dévier d'un iota le cours des événements vu que les "acteurs" sont "à fond"  dans leur jeu, que l'on peut sans aucun doute nommer "jeu de cons", Qui remportera la médaille olympique, certainement nous comme d'habitude, car au théatre si les acteurs jouent plus ou moins bien, au final ce sont toujours les spectateurs qui paient la pièce.


Comme si les mêmes causes procuraient les mêmes effets, Mais il y a tout de même de l'espoir :  le tiers restant, si peu qu'il pratique l'equilibre, la distanciation et l'écoute naturelle nécessaire à l'harmonie universelle!!!!

"- silence - calme - volupté - prélude à l'éternité, la paix, la sérénité" Réjouissons nous du spectacle permanent qui  chaque jours nous laisse pantois d'admiration et de gratitude infinie. Louons nos merveilleux maitres avec lesquels de l'aube au couchant et inversement (car c'est à cela qu'on les reconnaît, - ils ne s'arrêtent jamais)  nous apprenons tant.
Oui!!! Désormais, devant tant de sagesse,  dépouillons nous de tous nos vices et autre superflu tant nuisibles à l'élaboration du grand mécanisme philosophique,  Confucius n'est qu'un sôt, Sénéque un imbécile. C'est dans l'alégresse, nu dans le plus simple appareil qu'il nous faut embrasser les pieds suaves de nos bienfaiteurs, immanents créateurs de notre futur radieux.


Mais il faut abaisser le voile de la pudeur qu'un affreux séphir ironique semble vouloir soulever et qui pourrait montrer de vilains attributs!!!!


amen

Henry

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 13:25

A chief de piece il [s.e. : Cuer] il se osta de pensee et vit le jour bel et clier et le souleil qui commençoit a rayer, si se leva tout droit et commença a environner [faire le tour] la fontaine et le ma[r]bre et vit l'eaue de la fontaine, noire, hideuse et malnecte, si que pour riens n'en eust beu le soir s'il eust veue comme il faisoit. Et au perron avoit lectres entaillees et escriptes lesquelles il leur, qui disoient ainsi :

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24

Droit cy devant soubz ce perron
De marbre noir comme charbon
Sourt* la fontaine de Fortune,
Ou il n'y a qu'elle nesune*,
Et la fist compasser* et faire
Ung grand joyant* de faulx affaire*,
Qui de cest pais fust seigneur.
Jamais ne fut homs veu grigneur*
De couraige* ne de faicture*,
Et fut orrible crëature.
Ce joyant ycy fut nommé
Desespoir, par tout renommé.
Femmes et hommes il mengeoit,
Bestïal* et tout qu'il tenoit.
Et qui bura* a la fontaine
Il en souffrera puis* grant paine,
Car faicte fut par artiffice
De Virgille ou d'un sien complice,
Parquoy quant aucun tastera*
De ladicte eaue, et gictera*
L'avance* sur ce perron cy,
Tantost* sera l'air tout nercy*,
Car quelque beau temps que face
Convient qu'a coup* y se desface.

 



*jaillit
*
rien d'autre à part elle
*
construire
*
géant, déloyal

*
plus grand
*
volonté, stature




*
bétail et tout ce qu'il gardait
*
boira
*
souffrira ensuite

*quelqu'un goûtera
*
jettera
*
le reste
*
immédiatement, noirci

*sur-le-champ

- Espoir et Désespoir, Fatalité et Destin. (Enluminure "Le Livre du cuer d'amours espris" René d'Anjou) 

Nicolas Poussin  "Danse de la Musique du Temps" 1640 commande du  Cardinal Giulio Rospigliosi   :

 















Esquisse du Wallace Collection Londres. On peut remarquer que Poussin ébauche l'idée générale, sans tenir compte de tracés occultes de géométrie, esquisse/devis au commanditaire sur la forme et le mouvement général, le fonds est discuté de vive voix ou avec intermédiaire sur la signification à ordonner et agencer, si ce n'est déjà préconisé par avant. Pourquoi tant de précautions. Pour les raisons évoquées ci-dessous :




























Allégorie de la Fortune, la pauvreté, le travail, la richesse et le plaisir sous l'oeil de Chronos, la statue de Janus et les bulles de Chérubin. Cependant qu'Apollon et Aurore dévident le cycle des  jours et des nuits. Le Temps est exprimé par le sablier, on peut aussi penser au cycle des saisons, ce dernier au sens plus général est souligné par trois fois : la ronde, Apollon tenant un cerceau symbolisant le Soleil, les bulles éphéméres, et sous-jacent la course au semblant circulaire du Char d'Apollon.  Chronos maître du Temps pinçe les "Cordes" de lyre du Temps dans cet espace de jeu ; Janus rapelle l'avers et le revers d'une même monnaie, ce qui ramène a l'enluminure de la Fontaine de Fortune, sur l'Espoir et le Désespoir, la Mélancolie, l'alternance des sentiments inhérents à la condition humaine et sa "Fortune", c'est à dire à son sort. L'un vision médièvale " soleil gâté", eau d'amertume par l'artifice de la Fortune ironisant sur  la phrase de Virgile :
""La fortune sourit aux audacieux."
Poussin lui préconise dans son oeuvre en un temps nouveau celui-ci du même Virgile :
"Felix qui potuit rerum cognoscere causas Atque metus omnes et inexorabile fatum Subjecit pedibus,strepitumque Acherontis avari!"
«Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses, et qui, foulant aux pieds toute crainte, méprise l'inexorable destin et les menaces du cupide Achéron !»
Deux temps, deux visions.

Quelques lignes géométriques :

 



- Les cinq lignes horizontales au dessus de la ligne médiane du tableau , représentent les lignes musicales ou l'on inscrit les notes. La Musique des sphères célestes. Outre la complexité géométrique de l'ensemble, ou les tracés sont occultés, Poussin suggère forcément plusieurs lectures, notamment la lecture du "Harmonice Mundi" de Képler publié en 1619, où l'Univers est soumis à des lois harmoniques et où les planètes se voient attribuer un thème musical. La variation des vitesses de rotation de chaque planète est symbolisée par des notes musicales. Une loi par exemple :"Le carré de la période est proportionnel au demi-grand axe de l'ellipse"
Kepler suit le parcours de l'Héliocentrisme initié par Copernic, puis Rhéticus, dans le "Mysterium Cosmographicum" ;  Kepler modélise la dynamique de l'Univers sous la forme des polyèdres réguliers :
- Saturne - le Cube,
- Jupiter - le Tétraèdre,
- Mars le - Dodécaèdre,
- Vénus - l'Isocaèdre,
- Mercure - l'Octaèdre,
En outre au modèle Copernicien de circularité des révolutions des planètes, est transposé celui de circonvolutions élliptiques.
Képler fait publier également "Astronomia parsoptica" et "Dioptricrae" dans lesquels il développe les principes modernes de la nature de la Lumière, Chambre obscure, miroirs, lentilles et réfraction et il connait la perception des images par la vue en inversion-traduction. Ces derniers principes (dont certains calculs sont finalisés par René Descartes) sont utilisés en peinture.
Voilà donc un hommage par la peinture de Poussin aux dernières recherches scientifiques du temps, sous différents angles et degrés. Chronos pince les cordes de la lyre émettant les vibrations et les variations nécessaires à l'Harmonie du Monde, son regard est fixé sur le bas des ellipses de la colonne de Janus lui même représenté par quatres cercles-sphères, la vision traverse l'enchaînement des mains de la danse (qui n'est pas nommée ronde dans l'intitulé du tableau) ou du cycle; cette union harmonieuse sans laquelle rien n'est possible.
Ce tableau donne une clé, chérubin tient le sablier à forme de huit, ou clé d'Hermès, nombre réversible et ré-verbère, symbole de l'infini, ou celui qui lie le haut et le bas, l'un étant indissociable de l'autre....

Rien de bien sensationnel semble-t-il, et bien non si on le lie a l'Histoire politique de l'époque :

Le système de Copernic est condamné en 1616 par le Cardinal Bellarmin, l'Héliocentrisme est non conforme à l'idée que l'on doit se faire dans la chrétienté catholique suivant les Testaments du "Tabernacle de l'Univers" et la vision philisophique dite Aristotélicienne ou géocentrique du Cosmos. La terre étant ce "Tabernacle" figé et fixé depuis Ptolémée, du moins officiellement. 

Plusieurs hommes au sein même de l'Eglise soutiennent les précurseurs de l'Héliocentrisme, à l'encontre des doctrines du parti conservateur du géocentrisme. Maffeo Barberini membre de la Curie romaine s'interesse de près à cette nouvelle théorie, il se lie d'amitié avec Galilée (Galileo Galilei), lequel lui dédit un poème "Adulatio Perniciosa".
Le 20 janvier 1621 Galilée devient Consul de l'Académia Fiorentina,  le 29septembre 1623 Maffeo Barbérini est intronisé Pape sous le nom d'Urbain VIII, Galilée qui a reçu l'autorisation papale publie Sagiattore dédié au nouveau souverain Pontife. Urbain commande à son ami l'ouvrage Dialogue sur les deux grands systèmes du Monde, présentant les deux systèmes ; le géocentrique Aristotélicien et le l'héliocentrique Copernicien de façon tout à fait impartiale, ce qui lui vaut immédiatement sa traduction en procès par l'Inquisition, procès qui se déroulera du du 23 septembre 1632 au 22 juin 1633, au terme duquel l'Inquisition obtient la condamnation et l'abjuration du savant florentin. Francesco Barberini membre du tribunal Inquisitorial est l'un des deux cardinaux qui refusèrent de signer la condamnation du savant, prenant ainsi la tête du parti de la Clémence.
Le parti conservateur pro- espagnol cheville ouvrière de la Contre Réforme mené par les Borgia ;  alors qu'au dehors avait lieu la Réforme, sur fond de Guerre de Trente ans et que les forces protestantes de Gustave Adolphe II de Suède volaient de victoires en victoires ;   veut atteindre personnellement le souverain Pontife en le déstabilisant par l'affaire Galilée. Finalement souhaitant qu'Urbain par amitié se positionne en faveur de la "doctrine hérétique" de l'héliocentrisme, plus ou moins enseignée dans les Universités protestantes de manière officieuse, mais sans mesure coercitive.
Urbain VIII essaie d'échapper au complot ourdit par les Borgia, en transigeant avec Galilée son abjuration afin de lui éviter le bûcher et l'anathème. pour d'obscures raisons aux conséquences implicites théologiques évidemment toujours à visées procédurières le parti des Borgia échafaude des griefs mineurs, aux principes fallacieux, un procès en sorcellerie qui n'a pour but que la mise en difficulté ou la destitution du Pontife. Galilée est hélàs sacrifié sur l'autel de la politique, mais son toujours ami Barbérini adoucit considérablement sa détention.


- Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini « ce que n'ont pas fait les barbares, les Barberini l'ont fait »
dans l'énumération de Saint Malachie - Lilium et rosa -

Urbain VIII devient l'un des commanditaires de Poussin. Barbérini pratique le sport du népotisme non sans effets négatifs quand il s'est agit de la création de la Bibliothèque Barberini intégrée à celle du Vatican en 1902 par acquisition de Léon XIII. Comme toute propulsion népotique et excès politique, la famille assez prolifique et autogénérée sacerdotalement, abusa de ses fonctions jusqu'au terme de leur bienfaiteur le 29 juillet 1644. Ils s'enfuirent précipitamment en France sous la protection du Cardinal de Mazarin qui devait faire mentir le proverbe " l'ingratitude est le sceau de la politique", en effet il devait son élévation de statut civil a celui de la  pourpre cardinalice à cette famille.

Quel rapport  avec ce fameux tableau !!!  
Et bien son commanditaire : Giulio Rospigliosi collaborateur intime de Mafféo Barberini ou Urbain VIII. Ah oui j'oubliais Giulio Rospigliosi est élu souverain Pontife le 20 juin 1667 sous le nom de Clément IX. Autre oubli impardonnable, "Les bergers d'Arcadie" du Guerchin se trouvaient dans la Bibliothèque Barberini. Ceux qui Poussin devait à son tour produire.
Outre cette accumulation de coïncidences, Clément IX emploi Cassini pour le gestion du fleuve Pô, du Reno pour la régulation des crues mais également de multiples fortifications (Urbino et Pérouse). Clément autorise temporairement Jean-Dominique Cassini à quitte l'Italie pour rejoindre la France, en effet Louis XIV, désireux « de rendre la France aussi florissante et aussi illustre par les lettres qu'elle l'était par les armes » charge Colbert d'associer Cassini à l'Académie Royale des sciences. Cassini est l'un des premier à utiliser le gnomon a l'intérieur d'église de Bologne à des fins scientifiques, C'est celui qui reprit le flambeau de l'astrophysique Galiléenne, ses travaux confirmèrent les recherches de Képler, mais entre 1656 et 1659 soit plus de 16 ans après le tableau de Poussin. Casssini est le fondateur de l'Astronomie française, il s'installe définitivement en France en 1669 et obtient la nationalité française en 1673, ainsi il n'a plus a craindre les censures telles que celles de l'Inquisiteur de Modène en 1661. Ce même travail sur la méthodologie de détermination des longitudes terrestres par l'observation des éclipses de Soleil sera publiée en France en 1670. Cassini logera à l'Obersatoire point de fixation du  Méridien de Paris le 21 juin 1667 par les Académies, c'est à dire avant l'arrivée de ce dernier. Cassini achève de mesurer le Méridien en 1718, sa famille poursuivra son oeuvre. On doit entre autre aux Cassini les fameuses cartes.

Les recherches de Kepler confirment donc celles de Copernic et Galilée, Kepler est nommé de 1601 à 1612 mathématicus de Rodolphe II de Habsbourg, remplacant le mathématicus Nicolas Baer (Bär) ou Ursus (1551-1600). Par de "multiples coïncidences, ou d'heureux hasard", le flambeau est repris inlassablement pour aboutir parfois sous forme d'oeuvres d'art là ou normalement elles étaient censées ne pas être officiellement.

J'espère que vous aurez pris plaisir à cette petite présentation un peu sommaire d'une oeuvre baroque mais assez hermétique.

Henry
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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 14:45

 


Assemblée Nationale le 9 Juillet 1849 (soit environ 2 ans avant le coup d'Etat du 2 décembre 1851 par le Prince Président Louis Napoléon Bonaparte, futur empereur des Français le 2 décembre 1852) La révolte sera mâtée dès les premiers jours, 32 départements mis en "Etat de siège", 26 000 personnes sont arrêtées, 15 000 sont condamnés dont 9 530 déportées en Algérie, 239 au bagne de Cayenne. 80 députés sont bannis).

V. H. : "Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli.

La misère, messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu’où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de  fumier des villes, où des créatures s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver.

Voilà un fait. En voulez-vous d’autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté, après sa mort, qu’il n’avait pas mangé depuis six jours.

Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour  base l’ordre moral consolidé !"


M. Poujoulat interrompt Victor Hugo - "C'est une erreur profonde!!!"  Ce à quoi Benoît d'Asy et le groupe néo-Bonapartiste applaudissent et de rajouter qu'elle était impossible à faire disparaître.

réponse de M. VICTOR HUGO.- "Que ceux qui ont ainsi parlé se nomment eux-mêmes, c'est leur affaire. Qu'ils aient à la tribune le courage de leurs opinions de couloirs et de commissions. Quant à moi, ce n'est pas mon rôle de révéler des noms qui se cachent. Les idées se montrent, je combats les idées; quand les hommes se montreront, je combattrai les hommes. ( Agitation. ) Messieurs, vous le savez, les choses qu'on ne dit pas tout haut sont souvent celles qui font le plus de mal. Ici les paroles publiques sont pour la foule, les paroles secrètes sont pour le vote. Eh bien, je ne veux pas, moi, de paroles secrètes quand il s'agit de l'avenir du peuple et des lois de mon pays. Les paroles secrètes, je les dévoile; les influences cachées, je les démasque; c'est mon devoir. ( L'agitation redouble. ) Je continue donc. Ceux qui parlaient ainsi ajoutaient que «faire espérer au peuple un surcroit de bien-être et une diminution de malaise, c'est promettre l'impossible; qu'il n'y a rien à faire, en un mot, que ce qui a déjà été fait par tous les gouvernements dans toutes les circonstances semblables; que tout le reste est déclamation et chimère, et que la répression suffit pour le présent et la compression pour l'avenir». ( Violents murmures.-De nombreuses interpellations sont adressées à l'orateur par des membres de la droite et du centre, parmi lesquels nous remarquons MM. Denis Benoist et de Dampierre. )

Je suis heureux, messieurs, que mes paroles aient fait éclater une telle unanimité de protestations."

Donc un discours visionnaire, -  le coup d'Etat du "Prince-Président" sera validé par un plébiscite sur le projet des Réformes par le corps électoral par 7 481 000 de « oui » face à 647 000 « non ». Seuls les bulletins Oui étaient imprimés, les Non devaient être écrits à la main ; et l'on donnait le bulletin au président du bureau de vote qui le glissait lui-même dans l’urne -
Après avoir fait valider son coup d'Etat par le peuple Français a une majorité écrasante avec la méthode adéquate, il fait nommer Maréchaux de France les généraux Vaillant et Harispe  le 11 décembre ; s'assurant ainsi l'armée en cas de faillite du système.

Au-delà du rôle littéraire de l'homme, Hugo s'écarte de la prouesse littéraire pour s'ériger en guetteur des Institutions que tous savent en péril, de mémoire d'hommes du XIXème on a encore le goût amer des guerres et du châtiment public, on se souvient encore de la gloire du passé et l'on voit les vestiges qu'elle auréole encore, même si les humains se déchirent ils essaient encore de s'apprécier en non se mortifier en industrie de mort. Une page se tourne, un siècle d'apprentissage et d'espoir, un siècle ou la théorie est subalterne a  l'expérimentation et ou l'on sait reconnaitre les vagissements de nouveaux césars, ceux qui voudraient un destin et qui enchainent les peuples dans les fers de la fatalité,  forges du festin de feu de la grande guerre, exterminatrices du sentiment d'humanité universelle. Un siècle naîtra dans les flammes pour y consumer l'esprit des siècles, de la lumière. Quel est notre part d'héritage, celle qui nous éléve ou celle qui nous abaisse, celle qui affranchit ou celle qui entrave.... vous êtes toujours libre!!!! 
Ne nous croyons pas a l'écart chacun des turbulences du siècle qui nait, il saura nous rappeller et nous assigner a nos devoirs propres. L'accélération des hommes fait machiner tous les évènements de l'Histoire en un temps unique, le notre, dont nul ne pourra s' exonérer quel qu'il fût. Il n'y aura d'avenir sans conjugaison des hommes et des idées dans une projection future unanime. Il est étonnant que chacun se plaigne dans des manières de contritions flagellatoires de la ruine qui frappe a nos portes, autant laisser le malheur pénétrer nos murs, l'exhorter à nous frapper. Un pays des lumières n'en appelle qu'a ce qu'il a de meilleur, ce qui l'éléve. Clovis en son temps fit de Lutèce sa capitale, Alexandre fit d'Alexandrie le phare du monde antique, chacun su qu'une nouvelle ère commençait au travers des nouvelles cités, une nouvelle cité capitale ouverte au monde et qui est le monde, non celui du musée des idées et des touristes mais des réalisations futures!!!!! Et dire que l'on se meurt de n'avoir plus rien à penser, plus rien a espèrer, tout à craindre et rien à bâtir, enfin du moins voudrait on nous le faire croire que l'on ne s'y prendrait pas mieux. Nous valons bien mieux que ce mauvais miroir non!!!

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 13:54



Si vous aimez l'Histoire, mais également "l'innatendu", les Sciences, le mouvement, l'effervescence, mais aussi le mystère vous trouverez tout cela dans le nouveau roman historique de Jean Pierre Luminet (astrophysicien) : "Le secret de Copernic"

http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/9782253120285/livre-le-secret-de-copernic.php

L'ancien Monde européen voit sa conception de la géographie terrestre bouleversée par la découverte du nouveau Monde, l'imprimerie vient de naître, la circulation des idées, de la pensée fait surgir la Réforme, puis le Concile de Trente, le bouillonnement est intense, l'ensemble suffisamment volatile pour que tout s'embrase.
Copernic ajoute à ces échanges un principe fondamental qui révoque l'ancien système, le géocentrisme selon Ptolémée. La terre n'est pas le centre du monde, mais l'une des sphères célestes de la mécanique du  système solaire. Luminet avec sagacité propulse le lecteur au seuil du portique de l'Académie de Platon, lui fait franchir le pas, celui de la Renaissance, et le mot ici prend tout son sens!



Un second livre aussi étonnant , de Roger-Xavier Lantéri : "Les Mérovingiennes" (sainte Radegonde et Clothaire 1er ci-contre)

http://www.librairiehistoire.com/themes/histoire_de_france/moyen-age/les_merovingiennes__486-714_.asp

Intéressant pour le principe suivant : ce sont des résumés de textes originaux pour la plupart méconnus, sur la  période allant de 486 à 714 ;  des textes concernant évidemment des femmes, tirés de poémes, chroniques, correspondances, testament également. Une mine de renseignements sur les "premières dames de France" mais également sur la vie quotidienne de cette période, les moeurs, le cadre juridique, la société et le statut féminin à l'aube du Moyen Age. Ce livre est tout aussi surprenant que celui de Luminet car il se base sur des études historiques qui nous transportent littéralement dans l'espace et le temps des hommes et femmes  qui nous ont précédés ce qui  somme toute  met un bon coup de pied dans "les idées que l'on se fait sur...." et c'est tant mieux !!!

Et comme toujours, au lieu de lire n'importe quoi il vaut mieux s'abreuver directement à la source comme le font, pour le lecteur, ces deux auteurs, démarche désormais tellement originale mais nettement plus enrichissante..

Bonne lecture

H.

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 09:53

louis-XVI-et-ses-ministres.jpgTurgot est nommé au Ministère de la Marine en juillet 1774, l'un des postes les plus considérable de l'époque, car il s'agit de la construction des bâtiment de guerre du royaume. Le roi le nomme aux Finances le 24 Août.

Son prédecesseur l'Abbé Terray avait mis en exergue dans son compte rendu général de politique financière la nécessité  "de soulager les peuples d'une partie des impositions qui les accablent", tout en considérant qu'il était impossible de faire face au déficit par des moyens traditionnels.

Turgot lors de son accession au Ministère veut signifier la fin de procédés douteux en période de crise économique, de ce fait il renonce aux dons faits par les fermiers généraux à l'arrivée d'un nouveau Controleur Général des Finances, à ses indemnités d'installations et en diminuant ses propres appointements.

Le Trésor est au plus mal, la dette que nous nommerions "dette de l'Etat" est équivalente à 10 années de rentrées fiscales et l'Etat rembourse annuellement 120 millions de livres soit 1/3 du budget. Une réforme des impôts est nécessaire et pour la première fois on entend parler de la création d'un impôt sur le revenu.

Le 11 septembre 1774, Turgot réforme la Ferme Générale chargée de recueillir les impôts, mais surtout la nomination des Fermiers, et certaines pratiques incomptabibles avec un politique de restriction, le 13 un édit établit la libre circulation des grains, il réorganise les poudres et la messagerie. en 1775 il fait abattre du bétail pour éviter une contagion vétérinaire et encourage à faire importer des espèces étrangères. Le programme d'abaissement des octrois " taxes à l'entrée de villes" se termine, alors que dans le même temps la corvée royale est substituée par des taxes sur les  propriétaires, cette même année les corporations sont dissoutes afin d'abaisser les prix de revient.... la liberté de commerce des vins est établie.

En 1776 après s'être mis à dos tout ce qui comptait dans le royaume, le Parlement appuyé par les corporations, nouveaux imposés,  les Fermiers généraux et les Princes de sang tels que Conti ainsi que la reine Marie Antoinnette, fait remontrance par deux fois  au roi d'une "telle politique", sous la pression de cette coalition d'intérêt Turgot est contraint de démissionner le 12 mai 1776.

C'est donc Necker, du parti des opposants qui remporte la mise...


La guerre des Farines :


"La Guerre des Farines", par un effet de liberté de circulation des farines et blés Turgot   a à juste raison pouvoir d'équilibrer les disettes dans toutes les régions d'un des plus grand royaume d'Europe. Il existe rarement de mauvaise année générale agricole mais de mauvaises récoltes d'une région à une autre, ainsi les unes compenseraient les autres mais cela provoquerait une hausse des prix due aux stockages des blés et c'est bien ce qui se produit d'une façon si sensible que le peuple connu l'une des disettes les plus féroces de cette fins du XVIIIème. Les blés furent bien stockés et les agioteurs spéculèrent sur les cours de ce qui était la base de l'alimentation des peuples qui composaient la France.

Dès la soudure (l'entre-deux récoltes) du printemps 1775 les réserves de céréales s'épuisent, les grains nouveaux n'ayant pas encore été récoltés , la disette se manifeste déjà dans certaines régions au moment ou l'édit de Turgot sur la libre circulation des farines est appliqué. Théoriquement l'Edit est viable, mais pratiquement la rétention des céréales par les fournisseurs des régions les plus riches fait rapidement flamber les prix du pain de manière générale. Ce sont les populations les plus modestes qui patissent de la situation,  sur les marchés et lieux d'échanges la contestation enfle, à tel point que les agitations se multiplient,  les instigateurs de la  famine  sont vite trouvés et nommés :  "monopolisateurs" - "agioteurs" enfin ceux qui combinent avec l'administration la spéculation. En 17 jours 180 conflits sont enregistrés, de l'entrave l'on passe au pillage ;ce sont les distributeurs qui  font les frais des émeutes.
Le gouvernement fait donner  la troupe, 25 000 soldats arrêtent 163 émeutiers, finalement pour régler le conflit le roi fait imposer la vente des stocks aux fournisseurs à des prix imposés(1)

Le mot "accaparer" ou accapareur prend tout son sens, tel que celui d'agiotage, agioteur, il n'est donc point réaliste de chercher midi à quatorze heures.

Cette situation reviendra en 1787 mais cette fois de manière plus virulente, la guerre des farines est la première étape dans le discrédit du Régime en place et la mise en cause du Pouvoir politique, pour la première fois les Institutions sont rendues coupables d'oeuvrer à la perte de leurs peuples et à la ruine de la France, ainsi la misère sert de ciment à ce sentiment général qui scelle déjà le destin du régime.


Les lois frumentaires ou sur les céréales une préocupation multiséculaires :
  

(1) Tribun du peuple M Livius Drusus, pour que le Sénat puisse poursuivre la tâche qu'il avait entreprise avec de plus grandes forces attira les alliés et les peuple italiens en leur faisant miroiter le droit de cité. Avec l'aide de ceux-ci il fit passer de force des lois agraires et frumentaires et fit voter aussi une loi judiciaire pour que les tribunaux soient à égalité dans les mains du sénat et des chevaliers. Il ne put fournir le droit de cité qu'il avait promis aux alliés. Les Italiens en colère commencèrent à faire défection. Leurs réunions, leurs complots et leurs discours furent rapportés dans les assemblées des dirigeants. C'est pourquoi Livius Drusus mal vu du Sénat, considéré comme l'instigateur de la guerre sociale fut tué chez lui par on ne sait qui. 

 

Periochae LXXI (sur les lois frumentaires des Gracques)

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 13:11

Turgot1-copie-1.jpgEn ces temps équivoques il faut démontrer par l'Histoire que souvent certaines causes peuvent donner les mêmes effets si l'on y prend pas garde :

- La technocratie actuelle  ; à l'image de l'aristocratie du XVIIIème  (imbue de ses siècles, mais en ayant perdu la mémoire et le sens de ses devoirs) ; qui croit n'être née que d'elle même bégaie inconsciemment les remèdes qu'elle pense avoir  inventé, dans une sorte d'omnipotence et suffisance propre à une caste qui veux s'engendrer, simplement  juchée sur ces doctes certitudes érigées en dogme pour servir à l'apologie de son bon peuple qu'elle juge ignorant et parfois imbécile ; il était prononcé au césar lors de son parcours triomphal - "Souviens toi que tu n'es qu'un homme" et il aurait pu être ajouté, "La roche tarpéienne est proche du Capitole".

Donc voici les meilleurs techniciens économistes qui vont se succèder au chevet du royaume de France, malade d'un système de clientélisme et tissage de  fidèlisation à la couronne par intérêts et formules de réciprocités, tous finalement préféreront s'attirer les foudres  d'un peuple qu'il croit maléable et lointain plutôt que celles des puissants et des looby des coorporations.




- Programme de la Réforme proposée par Turgot au roi Louis XVI le 24 août 1774 :

Turgot s'adresse en ces termes à Louis XVI pour définir les lignes générales de la Réforme

"Je me borne en ce moment, Sire, à vous rappeler ces trois paroles :
- Point de banqueroute ;
- Point d'augmentation d'impositions : la raison en est dans la situation des peuples, et encore plus dans le coeur de Votre Majesté ;
- Point d'emprunt, parce que tout emprunt nécessite au bout de quelque temps, ou la banqueroute, ou l'augmentation d'impositions ;

Pour remplir ces trois points, il n'y a qu'un moyen, c'est de réduire la dépense au-dessous de la recette, pour pouvoir économiser chaque année une vingtaine de millions pour rembourser les dettes anciennes. Sans cela le premier coup de canon forcerait l'Etat à la banqueroute.

Il faut, Sire, vous armer, contre votre bonté, de votre bonté même ; considérer d'où vous vient cet argent que vous pouvez distribuer à vos courtisans, et comparer la misère de ceux auxquels on est quelquefois obligé de l'arracher par les exécutions des plus rigoureuses, à la situation des personnes qui ont le plus de titres pour obtenir vos libéralités.

On peut espérer de parvenir, par l'amélioration de la culture, par la suppression des abus dans la perception, et par une répartition plus équitable des impositions, à soulager sensiblement les peuples, sans diminuer beaucoup les revenus publics. Mais si l'économie n'a précédé, aucune réforme n'est possible.

C'est surtout de l'économie que dépendent la prospérité de votre règne, le calme dans l'intérieur, la considération au dehors, le bonheur de la nation et le vôtre."



- Ou comment la noblesse de France en vint à se faire domestiquer ; attirée par le miroir aux allouettes de la capitale et les "émargements" au Trésor en guise d'appât par le Pouvoir Institutionnel :

"On vit après la mort de Louis XIII, qui ne survécut guère à son ministre, que les grands seigneurs n'avaient point plié sous l'obéissance : c'est Henri IV qui a commencé cet ouvrage, c'est Louis XIV qui l'a fini. Au reste, je ne sais si d'avoir attiré les grands seigneurs à la cour est vraiment un si grand bien pour le Roi et pour le royaume : le revenu des terres, qui devrait circuler dans les provinces, vient se perdre dans le gouffre de la capitale ; la multiplication des courtisans multiplie aussi les intrigues, embarrasse et fatigue les ministres, et multiplie aux dépens du trésor royal, et par conséquent du peuple, les inobéissances, les exemptions de toute espèce, les grades, les distinctions et les grâces. »

Sources : Mémoires du Cardinal de Bernis - éditions du Mercure de France (1986) p. 145


- de l'Art de plaire et de se complaire à la Cour sous Louis XIV :

"Ses ministres, ses généraux, ses courtisans s'aperçurent, bientôt après qu'il fut le maître, de son faible plutôt que de son goût pour la gloire. Ils le louèrent à l'envie et le gâtèrent. Les louanges, disons mieux, la flatterie lui plaisait à tel point, que les plus grossières étaient bien reçues, les plus basses encore mieux savourées..."

 "Les fêtes fréquentes, les promenades particulières à Versailles, les voyages furent des moyens que le roi saisit pour distinguer et pour mortifier en nommant les personnes qui à chaque fois en devaient être, et pour tenir chacun assidu et attentif à lui plaire..."

Sources : Mémoires du Duc de Saint Simon - année 1715 - (1675-1755)

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:45

 

signature--dit-de-Nantes.jpg

J'ai donc décidé de mettre en ligne les trois édits (voir thème - Histoire générale/Politique/Religion) :
1 - l'Edit de Nantes par Henry IV (2 parties)
2 - l'Edit de Fontainebleau ou dit "Révocation de l'Edit de Nantes" par Louis XIV,
3 - l'Edit de Versailles dit de "Tolérance" par Louis XVI.

Pourquoi ces textes en ligne - Parce qu' on les trouve assez difficilement ensemble, et d'autre part parcequ'ils servent à s'interrroger sur la précarité des acquis dans la société humaine. La politique d'une manière générale n'est jamais figée, elle évolue, souvent en France sous l'impulsion de groupes qui infléchissent le cours de l'Histoire pour une majorité, ceci quelque soit le régime (et cela n'est pas le fait de la Révolution); au bénéfice de tous ou aux dépens de minorités ; au profit d'un groupe ou aux dépens de la généralité. Ici vous trouverez donc, trois des édits charnières assez significatifs de ces revirements dont est capable une société Française toujours sur le "fil du rasoir"!!!

Merci 

Bonne lecture. H.




HENRY par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre A tous présents et à venir. Salut.

 

Entre les grâces infinies qu'il a plu à Dieu nous départir, celle est bien des plus insignes et remarquables de nous avoir donné la vertu et la force de ne céder aux effroyables troubles, confusions et désordres qui se trouvèrent à notre avènement à ce royaume, qui était divisé en tant de parts et de factions que la plus légitime en était quasi la moindre, et de nous être néanmoins tellement roidis contre cette tourmente que nous l'ayons enfin surmontée et touchions maintenant le port de salut et repos de cet État. De quoi à lui seul en soit la gloire tout entière et à nous la grâce et l'obligation qu'il se soit voulu servir de notre labeur pour parfaire ce bon oeuvre. Auquel il a été visible à tous si nous avons porté ce qui était non seulement de notre devoir et pouvoir, mais quelque chose de plus qui n'eût peut-être pas été en autre temps bien convenable à la dignité que nous tenons, que nous n' avons plus eu crainte d'y exposer puisque nous y avons tant de fois et si librement exposé notre propre vie.

 

Et en cette grande concurrence de si grandes et périlleuses affaires ne se pouvant toutes composer tout à la fois et en même temps, il nous a fallu tenir cet ordre d'entreprendre premièrement celles qui ne se pouvaient terminer que par la force et plutôt remettre et suspendre pour quelque temps les autres qui se devaient et pouvaient traiter par la raison et la justice, comme les différends généraux d'entre nos bons sujets et les maux particuliers des plus saines parties de l'État que nous estimions pouvoir bien plus aisément guérir, après en avoir ôté la cause principale qui était en la continuation de la guerre civile. En quoi nous étant, par la grâce de Dieu, bien et heureusement succédé, et les armes et hostilités étant du tout cessées en tout le dedans du royaume, nous espérons qu'il nous succédera aussi bien aux autres affaires qui restent à y composer et que, par ce moyen, nous parviendrons à l'établissement d'une bonne paix et tranquille repos qui a toujours été le but de tous nos voeux et intentions et le prix que nous désirons de tant de peines et travaux auxquels nous avons passé ce cours de notre âge.

 

Entre les affaires auxquelles il a fallu donner patience et l'une des principales ont été les plaintes que nous avons reçues de plusieurs de nos provinces et villes catholiques de ce que l'exercice de la religion catholique n'était pas universellement rétabli comme il est porté par les édits ci-devant faits pour la pacification des troubles à l'occasion de la religion. Comme aussi les supplications et remontrances qui nous ont été faites par nos sujets de la religion prétendue réformée, tant sur l'inexécution de ce qui leur est accordé par ces édits que sur ce qu'ils désireraient y être ajouté pour l'exercice de leur dite religion, la liberté de leurs consciences, et la sûreté de leurs personnes et fortunes, présumant avoir juste sujet d'en avoir nouvelles et plus grandes appréhensions à cause de ces derniers troubles et mouvements dont le principal prétexte et fondement a été sur leur ruine. A quoi, pour ne nous charger de trop d' affaires tout à la fois, et aussi que la fureur des armes ne compatisse point à l'établissement des lois, pour bonnes qu'elles puissent être, nous avons toujours différé de temps en temps de pourvoir. Mais maintenant qu'il plaît à Dieu commencer à nous faire jouir de quelque meilleur repos, nous avons estimé ne le pouvoir mieux employer qu'à vaquer à ce qui peut concerner la gloire de son saint nom et service et à pourvoir qu'il puisse être adoré et prié par tous nos sujets et s' il ne lui a plu permettre que ce soit pour encore en une même forme et religion, que ce soit au moins d'une même intention et avec telle règle qu'il n'y ait point pour cela de trouble et de tumulte entre eux, et que nous et ce royaume puissions toujours mériter et conserver le titre glorieux de Très chrétiens qui a été par tant de mérites et dès si longtemps acquis, et par même moyen ôter la cause du mal et troubles qui peut advenir sur le fait de la religion qui est toujours le plus glissant et pénétrant de tous les autres.

 

Pour cette occasion, ayant reconnu cette affaire de très grande importance et digne de très bonne considération, après avoir repris les cahiers des plaintes de nos sujets catholiques, ayant aussi permis à nos sujets de la religion prétendue réformée de s'assembler par députés pour dresser les leurs et mettre ensemble toutes leurs remontrances et, sur ce fait, conféré avec eux par diverses fois, et revu les édits précédents, nous avons jugé nécessaire de donner maintenant sur le tout à tous nos sujets une loi générale, claire, nette et absolue, par laquelle ils soient réglés sur tous les différends qui sont ci-devant sur ce survenus entre eux, et y pourront encore survenir ci-après, et dont les uns et les autres aient sujet de se contenter, selon que la qualité du temps le peut porter. N'étant pour notre regard entrés en cette délibération que pour le seul zèle que nous avons au service de Dieu et qu'il se puisse dorénavant faire et rendre par tous nos dits sujets et établir entr'eux une bonne et perdurable paix.

 

Sur quoi nous implorons et attendons de sa divine bonté la même protection et faveur qu'il a toujours visiblement départie à ce royaume, depuis sa naissance et pendant tout ce long âge qu'il a atteint et qu'elle fasse la grâce à nos dits sujets de bien comprendre qu'en l'observation de cette notre ordonnance consiste, après ce qui est de leur devoir envers Dieu et envers nous, le principal fondement de leur union et concorde, tranquillité et repos, et du rétablissement de tout cet État en sa première splendeur, opulence et force. Comme de notre part nous promettons de la faire exactement observer sans souffrir qu'il y soit aucunement contrevenu.

 

Pour ces causes, ayant avec l'avis des princes de notre sang, autres princes et officiers de la Couronne et autres grands et notables personnages de notre Conseil d'État étant près de nous, bien et diligemment pesé et considéré toute cette affaire, avons, par cet Édit perpétuel et irrévocable, dit, déclaré et ordonné, disons, déclarons et ordonnons :

 

I. Premièrement, que la mémoire de toutes choses passées d'une part et d'autre, depuis le commencement du mois de mars 1585 jusqu'à notre avènement à la couronne et durant les autres troubles précédents et à leur occasion, demeurera éteinte et assoupie, comme de chose non advenue. Et ne sera loisible ni permis à nos procureurs généraux, ni autres personnes quelconques, publiques ni privées, en quelque temps, ni pour quelque occasion que ce soit, en faire mention, procès ou poursuite en aucunes cours ou juridictions que ce soit.

 

II. Défendons à tous nos sujets, de quelque état et qualité qu'ils soient, d'en renouveler la mémoire, s'attaquer, ressentir, injurier, ni provoquer l'un l'autre par reproche de ce qui s'est passé, pour quelque cause et prétexte que ce soit, en disputer, contester, quereller ni s'outrager ou s'offenser de fait ou de parole, mais se contenir et vivre paisiblement ensemble comme frères, amis et concitoyens, sur peine aux contrevenants d'être punis comme infracteurs de paix et perturbateurs du repos public.

 

III. Ordonnons que la religion catholique, apostolique et romaine sera remise et rétablie en tous les lieux et endroits de cestui notre royaume et pays de notre obéissance où l'exercice d'icelle a été intermis pour y être paisiblement et librement exercé sans aucun trouble ou empêchement. Défendant très expressément à toutes personnes, de quelque état, qualité ou condition qu'elles soient, sur les peines que dessus, de ne troubler, molester ni inquiéter les ecclésiastiques en la célébration du divin service, jouissance et perception des dîmes, fruits et revenus de leurs bénéfices, et tous autres droits et devoirs qui leur appartiennent; et que tous ceux qui, durant les troubles, se sont emparés des églises, maisons, biens et revenus appartenant auxdits ecclésiastiques et qui les détiennent et occupent, leur en délaissent l'entière possession et paisible jouissance, en tels droits, libertés et sûretés qu'ils avaient auparavant qu'ils en fussent dessaisis. Défendant aussi très expressément à ceux de ladite religion prétendue réformée de faire prêches ni aucun exercice de ladite religion ès églises, maisons et habitations desdits ecclésiastiques.

 

IV. Sera au choix de ces ecclésiastiques d'acheter les maisons et bâtiments construits aux places profanes sur eux occupées durant les troubles, ou contraindre les possesseurs desdits bâtiments d'acheter le fonds, le tout suivant l'estimation qui en sera faite par experts dont les parties conviendront; et à faute d'en convenir, leur en sera pourvu par les juges des lieux, sauf auxdits possesseurs le recours contre qui il appartiendra. Et [au cas] où lesdits ecclésiastiques contraindraient les possesseurs d' acheter le fonds, les deniers de l'estimation ne seront mis en leurs mains ains [mais] demeureront lesdits possesseurs chargés pour en faire profit à raison du denier vingt jusqu'à ce qu'ils aient été employés au profit de l'Église, ce qui se fera dans un an, et [au cas] où ledit temps passé, l'acquéreur ne voudrait plus continuer ladite rente, il en sera déchargé, en consignant les deniers entre les mains de personne solvable avec l'autorité de la justice. Et pour les lieux sacrés, en sera donné avis par les commissaires qui seront ordonnés pour l'exécution du présent Édit, pour sur ce y être par nous pourvu.

 

V. Ne pourront toutefois les fonds et places occupés pour les réparations et fortifications des villes et lieux de notre royaume, et les matériaux y employés, être revendiqués ni répétés [réclamés] par les ecclésiastiques ou autres personnes publiques ou privées, que lorsque lesdites réparations et fortifications seront démolies par nos ordonnances.

 

VI. Et pour ne laisser aucune occasion de troubles et différends entre nos sujets, avons permis et permettons à ceux de ladite religion prétendue réformée vivre et demeurer par toutes les villes et lieux de cestui notre royaume et pays de notre obéissance, sans être enquis, vexés, molestés ni astreints à faire chose pour le fait de la religion contre leur conscience, ni pour raison d'icelle être recherchés dans les maisons et lieux où ils voudront habiter, en se comportant au reste selon qu'il est contenu en notre présent Édit.

 

VII. Nous avons aussi permis à tous seigneurs, gentilshommes et autres personnes, tant régnicoles qu'autres, faisant profession de la religion prétendue réformée, ayant en notre royaume et pays de notre obéissance haute justice ou plein fief de haubert, comme en Normandie, soit en propriété ou usufruit, en tout ou par moitié ou pour la troisième partie, avoir en telle de leurs maisons desdites hautes justices ou fiefs susdits, qu'ils seront tenus nommer devant nos baillis et sénéchaux, chacun en son détroit, pour leur principal domicile l'exercice de ladite religion, tant qu'ils y seront résidents, et en leur absence, leurs femmes ou bien leur famille ou partie d'icelle. Et encore [en cas] que le droit de justice ou plein fief de haubert soit controversé, néanmoins l'exercice de ladite religion y pourra être fait, pourvu que les dessusdits soient en possession actuelle de ladite haute justice, encore que notre procureur général soit partie. Nous leur permettons aussi avoir ledit exercice en leurs autres maisons de haute justice ou fiefs susdits de haubert tant qu'ils y seront présents et non autrement, le tout tant pour eux, leur famille, sujets, qu'autres qui y voudront aller.

 

VIII. Es maisons des fiefs où ceux de ladite religion n'auront ladite haute justice ou fief de haubert, ne pourront faire ledit exercice que pour leur famille tant seulement. N'entendons toutefois, s'il y survenait d'autres personnes jusqu'au nombre de trente, outre leur famille, soit à l'occasion des baptêmes, visites de leurs amis, ou autrement, qu'ils en puissent être recherchés, moyennant aussi que lesdites maisons ne soient au dedans des villes, bourgs ou villages appartenant aux seigneurs hauts justiciers catholiques autres que nous esquels lesdits seigneurs catholiques ont leurs maisons. Auquel cas, ceux de ladite religion ne pourront dans lesdits villes, bourgs ou villages, faire ledit exercice, si ce n'est par permission et congé desdits seigneurs hauts justiciers, et non autrement.

 

IX. Nous permettons aussi à ceux de ladite religion faire et continuer l'exercice d'icelle en toutes les villes et lieux de notre obéissance où il était par eux établi et fait publiquement par plusieurs et diverses fois en l'année 1596 et en l'année 1597, jusqu'à la fin du mois d'août, nonobstant tous arrêts et jugements à ce contraires.

 

X. Pourra semblablement cet exercice être établi et rétabli en toutes les villes et places où il a été établi ou dû être par l'édit de pacification fait en l'année 1577, articles particuliers et conférences de Nérac et Fleix, sans que ledit établissement puisse être empêché ès lieux et places du domaine donnés par ledit édit, articles et conférences, pour lieux de bailliages ou qui le seront ci-après, encore qu'ils aient été depuis aliénés à personnes catholiques ou le seront à l'avenir. N'entendons toutefois que ledit exercice puisse être rétabli dans ès lieux et places dudit domaine qui ont été cidevant possédés par ceux de ladite religion prétendue réformée, esquels il aurait été mis en considération de leurs personnes ou à cause du privilège des fiefs, si lesdits fiefs se trouvent à présent possédés par personnes de ladite religion catholique, apostolique et romaine.

 

XI. Davantage, en chacun des anciens bailliages, sénéchaussées et gouvernements tenant lieu de bailliage, ressortissant nuement et sans moyen ès cours de parlement, nous ordonnons qu'ès faubourgs d'une ville, outre celles qui leur ont été accordées par ledit Édit, articles particuliers et conférences, et [au cas] où il n'y aurait des villes, en un bourg ou village l'exercice de ladite religion prétendue réformée se pourra faire publiquement pour tous ceux qui y voudront aller, encore qu'esdits bailliages, sénéchaussées et gouvernements il y ait plusieurs lieux où l'exercice soit à présent établi, fors et excepté pour ledit lieu de bailliage nouvellement accordé par le présent Édit, les villes esquelles il y a archevêché et évêché, sans toutefois que ceux de ladite religion prétendue réformée soient pour cela privés de ne pouvoir demander et nommer pour ledit lieu d'exercice les bourgs et villages proches desdites villes, excepté aussi les lieux et seigneuries appartenant aux ecclésiastiques, esquelles nous n'entendons que ledit second lieu de bailliage puisse être établi, les en ayant de grâce spéciale exceptés et réservés. Voulons et entendons sous le nom d' anciens bailliages parler de ceux qui étaient du temps du feu roi Henry notre très-honoré seigneur et beau-père, tenus pour bailliages, sénéchaussées et gouvernements ressortissants sans moyen en nosdites cours.

 

XII. N'entendons par le présent Édit déroger aux édits et accords ci-devant faits pour la réduction d'aucuns princes, seigneurs, gentilshommes et villes catholiques en notre obéissance, en ce qui concerne l'exercice de ladite religion, lesquels édits et accords seront entretenus et observés pour ce regard selon qu'il sera porté par les instructions des commissaires qui seront ordonnés pour l'exécution du présent Édit.

 

XIII. Défendons très expressément à tous ceux de ladite religion faire aucun exercice d'icelle tant pour le ministère, règlement, discipline ou instruction publique d'enfants et autres, en cestui notre royaume et pays de notre obéissance, en ce qui concerne la religion, fois qu'ès lieux permis et octroyés par le présent Édit.

 

XIV. Comme aussi de faire aucun exercice de ladite religion en notre Cour et suite, ni pareillement en nos terres et pays qui sont delà les monts, ni aussi en notre ville de Paris, ni à cinq lieues de ladite ville. Toutefois ceux de ladite religion demeurant esdites terres et pays de delà les monts, et en notre ville, et cinq lieues autour d'icelle, ne pourront être recherchés en leurs maisons, ni astreints à faire chose pour le regard de leur religion contre leur conscience, en se comportant au reste selon qu'il est contenu en notre présent Edit.

 

XV. Ne pourra aussi l'exercice public de ladite religion être fait aux armées, sinon aux quartiers des chefs qui en feront profession, autres toutefois que celui où sera le logis de notre personne.

 

XVI. Suivant l'article deuxième de la conférence de Nérac, nous permettons à ceux de ladite religion de pouvoir bâtir des lieux pour l'exercice d'icelle, aux villes et places où il leur est accordé, et leur seront rendus ceux qu'ils ont cidevant bâtis ou le fonds d'iceux, en l'état qu'il est à présent, même ès lieux où ledit exercice ne leur est permis, sinon qu'ils eussent été convertis en autre nature d'édifices. Auquel cas leur seront baillés par les possesseurs desdits édifices, des lieux et places de même prix et valeur qu'ils étaient avant qu'ils y eussent bâti, ou la juste estimation d'iceux à dire d'experts, sauf auxdits propriétaires et possesseurs leurs recours contre qui il appartiendra.

 

XVII. Nous défendons à tous prêcheurs lecteurs, et autres qui parlent en public, user d'aucunes paroles, discours et propos tendant à exciter le peuple à sédition. Ains [mais] leur avons enjoint et enjoignons de se contenir et comporter modestement et de ne rien dire qui ne soit à l'instruction et édification des auditeurs et à maintenir le repos et tranquillité par nous établie en notredit royaume sur les peines portées par nos précédent édits. Enjoignant très expressément à nos procureurs généraux et leurs substituts d'informer d'office contre ceux qui y contreviendront, à peine d'en répondre en leurs propres et privés noms, et de privation de leurs offices.

 

XVIII. Défendons aussi à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'enlever par force ou induction, contre le gré de leurs parents, les enfants de ladite religion pour les faire baptiser ou confirmer en l'Église catholique, apostolique et romaine. Comme aussi mêmes défenses sont faites à ceux de ladite religion prétendue réformée, le tout à peine d'être punis exemplairement.

 

XIX. Ceux de ladite religion prétendue réformée ne seront aucunement astreints ni demeureront obligés pour raison des abjurations, promesses et serments qu'ils ont ci-devant faits, ou cautions par eux baillées concernant le fait de ladite religion et n'en pourront être molestés ni travaillés en quelque sorte que ce soit.

 

XX. Seront tenus aussi garder et observer les fêtes indictes en l'Église catholique, apostolique et romaine, et ne pourront ès jours d' icelles besogner, vendre ni étaler à boutiques ouvertes, ni pareillement les artisans travailler hors leurs boutiques et en chambres et maisons fermées, esdits jours de fêtes et autres jours défendus, en aucun métier dont le bruit puisse être entendu au dehors des passants ou des voisins, dont la recherche néanmoins ne pourra être faite que par les officiers de la justice.

 

XXI. Ne pourront les livres concernant ladite religion prétendue réformée être imprimés et vendus publiquement qu'ès villes et lieux où l'exercice public de ladite religion est permis. Et pour les autres livres qui seront imprimés ès autres villes, seront vus et visités, tant par nos officiers que théologiens, ainsi qu'il est porté par nos ordonnances. Défendant très expressément l'impression, publication et vente de tous livres, libelles et écrits diffamatoires, sur les peines contenues en nos ordonnances, enjoignant à tous nos juges et officiers d'y tenir la main.

 

XXII. Ordonnons qu'il ne sera fait différence ni distinction, pour le fait de ladite religion, à recevoir les écoliers pour être instruits ès universités, collèges et écoles, et les malades et pauvres ès hôpitaux, maladreries et aumônes publiques.

 

XXIII. Ceux de ladite religion prétendue réformée seront tenus garder les lois de l'Église catholique, apostolique et romaine, reçues en notre cestui royaume pour le fait des mariages contractés et à contracter ès degrés de consanguinité et affinité.

 

XXIV. Pareillement, ceux de ladite religion payeront les droits d'entrée comme il est accoutumé pour les charges et offices dont ils seront pourvus, sans être contraints assister à aucunes cérémonies contraires à leurdite religion; et étant appelés par serment, ne seront tenus d'en faire d'autre que de lever la main, jurer et promettre à Dieu qu'ils diront la vérité; et ne seront aussi tenus de prendre dispense de serment par eux prêté en passant les contrats et obligations.

 

XXV. Voulons et ordonnons que tous ceux de ladite religion prétendue réformée et autres qui ont suivi leur parti, de quelque état, qualité ou condition qu'ils soient, tenus et contraints par toutes voies dues et raisonnables et sous les peines contenues aux édits sur ce faits payer et acquitter les dîmes aux curés et autres ecclésiastiques, et à tous autres à qui elles appartiennent selon l'usage et coutume des lieux.

 

XXVI. Les exhérédations ou privations, soit par disposition d'entre vifs ou testamentaires, faites seulement en haine ou pour cause de religion n'auront lieu tant pour le passé que pour l'avenir entre nos sujets.

 

XXVII. Afin de réunir d' autant mieux les volontés de nos sujets, comme est notre intention, et ôter toutes plaintes à l' avenir, déclarons tous ceux qui font ou feront profession de ladite religion prétendue réformée capables de tenir et exercer tous états, dignités, offices et charges publiques quelconques, royales, seigneuriales, ou des villes de notredit royaume, pays, terres et seigneuries de notre obéissance, nonobstant tous serments à ce contraires, et d'être indifféremment admis et reçus en iceux et se contenteront nos cours de parlements et autres juges d'informer et enquérir sur la vie, moeurs, religion et honnête conversation de ceux qui sont ou seront pourvus d'offices, tant d'une religion que d'autre, sans prendre d'eux autre serment que de bien et fidèlement servir le Roi en l'exercice de leurs charges et garder les ordonnances comme il a été observé de tout temps. Advenant aussi vacation desdits états, charges et offices, pour le regard de ceux qui seront en notre disposition, il y sera par nous pourvu indifféremment, sans distinction de personnes capables, comme chose qui regarde l'union de nos sujets. Entendons aussi que ceux de ladite religion prétendue réformée puissent être admis et reçus en tous conseils, délibérations, assemblées et fonctions qui dépendent des choses dites dessus sans que pour raison de ladite religion ils en puissent être rejetés ou empêchés d'en jouir.

 

XXVIII. Ordonnons pour l'enterrement des morts de ceux de ladite religion pour toutes les villes et lieux de ce royaume, qu'il leur sera pourvu promptement en chacun lieu par nos officiers et magistrats et par les commissaires que nous députerons à l'exécution de notre présent Édit d'une place la plus commode que faire se pourra. Et les cimetières qu'ils avaient par ci-devant et dont ils ont été privés à l'occasion des troubles leur seront rendus, sinon qu'ils se trouvassent à présent occupés par édifices et bâtiments, de quelque qualité qu'ils soient, auquel cas leur en sera pourvu d'autres gratuitement.

 

XXIX. Enjoignons très expressément à nosdits officiers de tenir la main à ce qu'auxdits enterrements il ne se commette aucun scandale, et seront tenus dans quinze jours après la réquisition qui en sera faite, pourvoir à ceux de ladite religion de lieu commode pour lesdites sépultures sans user de longueur et remise, à peine de cinq cents écus en leur propres et privés noms. Sont aussi faites défenses, tant auxdits officiers que tous autres, de rien exiger pour la conduite desdits corps morts, sur peine de concussion.

 

XXX. Afin que la justice soit rendue et administrée à nos sujets sans aucune suspicion, haine ou faveur, comme étant un des principaux moyens pour les maintenir en paix et concorde, avons ordonné et ordonnons qu'en notre cour de parlement de Paris sera établie une chambre composée d'un président et seize conseillers dudit parlement, laquelle sera appelée et intitulée la Chambre de l'Édit et connaîtra non seulement des causes et procès de ceux de ladite religion prétendue réformée qui seront dans l'étendue de ladite cour, mais aussi des ressorts de nos parlements de Normandie et Bretagne, selon la juridiction qui lui sera ci-après attribuée par ce présent Édit et ce, jusqu'à tant qu'en chacun desdits parlements ait été établie une chambre pour rendre la justice sur les lieux. Ordonnons aussi que des quatre offices de conseillers en notredit parlement restant de la dernière érection qui en a par nous été faite en seront présentement pourvus et reçus audit parlement quatre de ceux de ladite religion prétendue réformée suffisants et capables qui seront distribués, à savoir le premier reçu, en la Chambre de l'Édit et les autres trois, à mesure qu'ils seront reçus, en trois des Chambres des enquêtes. Et outre que des deux premiers offices de conseillers lais [laïcs] de ladite cour qui viendront à vaquer par mort, en seront aussi pourvus deux de ladite religion prétendue réformée et iceux reçus, distribués aussi aux deux autres Chambres des enquêtes.

 

XXXI. Outre la chambre ci-devant établie à Castres pour le ressort de notre cour de parlement de Toulouse, laquelle sera continuée en l'état qu'elle est, nous avons pour les mêmes considérations ordonné et ordonnons qu'en chacune de nos cours de parlement de Grenoble et Bordeaux sera pareillement établie une chambre composée de deux présidents, l'un catholique et l'autre de ladite religion prétendue réformée, et douze conseillers dont les six seront catholiques et les autres six de ladite religion, lesquels président et conseillers catholiques seront par nous pris et choisis des corps de nosdites cours. Et quant à ceux de ladite religion sera fait création nouvelle d'un président et six conseillers pour le parlement de Bordeaux et d'un président et trois conseillers pour celui de Grenoble, lesquels avec les trois conseillers de ladite religion qui sont à présent audit parlement seront employés en la chambre de Dauphiné, et seront créés lesdits offices de nouvelle création aux mêmes gages, honneurs, autorités et prérogatives que les autres desdites cours, et sera la séance de ladite chambre de Bordeaux, audit Bordeaux ou à Nérac, et celle de Dauphiné, à Grenoble.

 

XXXII. Ladite chambre de Dauphiné connaîtra des causes de ceux de ladite religion prétendue réformée du ressort de notre parlement de Provence, sans qu'ils aient besoin de prendre lettres d'évocation ni autres provisions qu'en notre chancellerie de Dauphiné, comme aussi ceux de ladite religion de Normandie et Bretagne ne seront tenus prendre lettres d'évocation ni autres provisions qu'en notre chancellerie de Paris.

 

XXXIII. Nos sujets de ladite religion du parlement de Bourgogne auront le choix et option de plaider en la chambre ordonnée au parlement de Paris ou en celle de Dauphiné. Et ne seront aussi tenus prendre lettres d'évocation ni autres provisions qu'esdites chancelleries de Paris ou Dauphiné, selon l'option qu'ils feront.

 

XXXIV. Toutes lesdites chambres composées comme dit est connaîtront et jugeront en souveraineté et dernier ressort par arrêt privativement à tous autres des procès et différends mus et à mouvoir esquels de ladite religion prétendue réformée seront parties principales, ou garants, en demandant ou défendant en toutes matières, tant civiles que criminelles, soient lesdits procès par écrit ou appellations verbales, et ce si bon semble auxdites parties et l'une d'icelles le requiert, avant contestation en cause, pour le regard des procès à mouvoir; excepté toutefois pour toutes matières bénéficiales et les possessoires des dîmes non inféodés, les patronats ecclésiastiques et les causes où il s'agira des droits et devoirs ou domaine de l'Église qui seront toutes traitées et jugées ès cours de parlement, sans que lesdites chambres de l'Édit en puissent connaître. Comme aussi nous voulons que pour juger et décider les procès criminels qui interviendront entre lesdits ecclésiastiques et ceux de ladite religion prétendue réformée, si l'ecclésiastique est défendeur, en ce cas la connaissance et jugement du procès criminel appartiendra à nos cours souveraines, privativement auxdites chambres, et [dans le cas] où l'ecclésiastique sera demandeur et celui de ladite religion défendeur, la connaissance et jugement du procès criminel appartiendra par appel et en dernier ressort auxdites chambres établies. Connaîtront aussi lesdites chambres, en temps de vacations, des matières attribuées par les édits et ordonnances aux chambres établies en temps de vacations, chacune en son ressort.

 

XXXV. Sera la chambre de Grenoble dès à présent unie et incorporée au corps de ladite cour de parlement et les présidents et conseillers de ladite religion prétendue réformée nommés présidents et conseillers de ladite cour, et tenus du rang et nombreux d'iceux. Et à ces fins seront premièrement distribués par les autres chambres, puis extraits et tirés d'icelles pour être employés et servir en celle que nous ordonnons de nouveau, à la charge toutefois qu'ils assisteront et auront voix et séance en toutes les délibérations qui se feront, les chambres assemblées, et jouiront des mêmes gages, autorités et prééminences que font les autres présidents et conseillers de ladite cour.

 

XXXVI. Voulons et entendons que lesdites chambres de Castres et Bordeaux soient réunies et incorporées en iceux parlements en la même forme que les autres quand besoin sera, et que les causes qui nous ont mû d'en faire l'établissement cesseront et n'auront plus de lieu entre nos sujets, et seront à ces fins les présidents et conseillers d'icelles, de ladite religion, nommés et tenus pour présidents et conseillers desdites cours.

 

XXXVII. Seront aussi créés et érigés de nouveau en la chambre ordonnée pour le parlement de Bordeaux deux substituts de nos procureurs et avocats généraux, dont celui du procureur sera catholique et l'autre de ladite religion, lesquels seront pourvus desdits offices aux gages compétents.

 

XXXVIII. Ne prendront tous lesdits substituts autre qualité que de substitut, et lorsque les chambres ordonnées pour les parlements de Toulouse et Bordeaux seront unies et incorporées auxdits parlements, seront lesdits substituts pourvus d'offices de conseillers en iceux.

 

XXXIX. Les expéditions de la chancellerie de la chambre de Bordeaux se feront en présence de deux conseillers d'icelle chambre, dont l'un sera catholique et l'autre de ladite religion prétendue réformée, en l'absence d'un des maîtres des requêtes de notre hôtel; et l'un des notaires et secrétaires de ladite cour de parlement de Bordeaux fera résidence au lieu où ladite chambre sera établie, ou bien un des secrétaires ordinaires de la chancellerie, pour signer les expéditions de ladite chancellerie.

 

XL. Voulons et ordonnons qu'en ladite chambre de Bordeaux il y ait deux commis du greffier dudit parlement, l'un au civil et l'autre au criminel, qui exerceront leurs charges par nos commissions et seront commis aux greffes civil et criminel et pourtant ne pourront être destitués ni révoqués par lesdits greffiers du parlement; toutefois seront tenus rendre l'émolument desdits greffes auxdits greffiers; lesquels commis seront salariés par lesdits greffiers selon qu'il sera avisé et arbitré par ladite chambre. Plus, y sera ordonné des huissiers catholiques qui seront pris en la cour ou d'ailleurs, selon notre bon plaisir, outre lesquels en sera de nouveau érigé deux de ladite religion et pourvus gratuitement, et seront tous les huissiers réglés par la chambre, tant en l'exercice et département de leurs charges qu'ès émoluments qu'ils devront prendre. Sera aussi expédiée commission d'un payeur des gages et receveur des amendes de ladite chambre pour en être pourvu tel qu'il nous plaira, si la chambre est établie ailleurs qu'en ladite ville; et la commission ci-devant accordée au payeur des gages de la chambre de Castres sortira son plein et entier effet; et sera jointe à ladite charge la commission de la recette des amendes de ladite chambre.

 

XLI. Sera pourvu de bonnes et suffisantes assignations pour les gages des officiers des chambres ordonnées par cet Édit.

 

XLII. Les présidents, conseillers et autres officiers catholiques desdites chambres seront continués le plus longuement que faire se pourra et comme nous verrons être à faire pour notre service et le bien de nos sujets et en licenciant les uns sera pourvu d'autres en leurs places avant leur pertement [départ] sans qu'ils puissent durant le temps de leur service se départir ni absenter desdites chambres sans le congé d' icelles qui sera jugé sur les causes de l'ordonnance.

 

XLIII. Seront lesdites chambres établies dedans six mois, pendant lesquels, si tant l'établissement demeure à être fait, les procès mus et à mouvoir où ceux de ladite religion seront parties, des ressorts de nos parlements de Paris, Rouen, Dijon et Rennes, seront évoqués en la chambre établie présentement à Paris en vertu de l'édit de l'an 1577, ou bien au Grand Conseil, au choix et option de ceux de ladite religion, s'ils le requièrent. Ceux qui seront du parlement de Bordeaux, en la chambre établie à Castres ou audit Grand Conseil, à leur choix, et ceux qui seront de Provence, au parlement de Grenoble. Et si lesdites Chambres ne sont établies dans trois mois après la présentation qui y aura été faite de notre présent Édit, celui de nos parlements qui en aura fait refus sera interdit de connaître et juger des causes de ceux de ladite religion.

 

XLIV. Les procès non encore jugés, pendants esdites cours de parlement et Grand Conseils, de la qualité susdite, seront renvoyés, en quelque état qu'ils soient, esdites chambres, chacun en son ressort, si l'une des parties de ladite religion le requiert, dedans quatre mois après l'établissement d'icelles, et quant à ceux qui seront discontinués et ne sont en état de juger, lesdits de la religion seront tenus faire déclaration à la première intimation et signification qui leur sera faite de la poursuite, et ledit temps passé, ne seront plus reçus à requérir lesdits renvois.

 

XLV. Lesdites chambres de Grenoble et Bordeaux, comme aussi celle de Castres, garderont les formes et style des parlements au ressort desquels elles seront établies, et jugeront en nombre égal d'une et d'autre religion, si les parties ne consentent au contraire.

 

XLVI. Tous les juges auxquels l'adresse sera faite des exécutions des arrêts, commissions desdites chambres et lettres obtenues ès chancelleries d'icelles, ensemble tous huissiers et sergents seront tenus les mettre à exécution, et lesdits huissiers et sergents faire tous exploits par tout notre royaume, sans demander placet, visa ne pareatis, à peine de suspension de leurs états et des dépens, dommages et intérêts des parties, dont la connaissance appartiendra auxdites chambres .

 

XLVII. Ne seront accordées aucunes évocations des causes dont la connaissance est attribuée auxdites chambres, sinon ès cas des ordonnances dont le renvoi sera fait à la plus prochaine chambre établie suivant notre Édit; et les partages des procès desdites chambres seront jugés en la plus prochaine, observant la proportion et forme desdites chambres dont les procès seront procédés ; excepté pour la Chambre de l'Édit en notre parlement de Paris où les procès partis seront départis en la même chambre, par les juges qui seront par nous nommés par nos lettres particulières pour cet effet, si mieux les parties n'aiment attendre le renouvellement de ladite chambre. Et advenant qu'un même procès soit parti en toutes les chambres mi-parties, le partage sera renvoyé à ladite chambre de Paris.

 

XLVIII. Les récusations qui seront proposées contre les présidents et conseillers des chambres mi-parties pourront être jugées au nombre de six, auquel nombre les parties seront tenues de se restreindre, autrement sera passé outre, sans avoir égard auxdites récusations.

XLIX. L'examen des présidents et conseillers nouvellement érigés esdites chambres mi-parties sera fait en notre privé Conseils ou par lesdites chambres, chacune en son détroit, quand elles seront en nombre suffisant, et néanmoins le serment accoutumé sera par eux prêté dans les cours où lesdites chambres seront établies et, à leur refus, en notre dit Conseil privé excepté ceux de la chambre de Languedoc, lesquels prêteront le serment ès mains de notre chancelier ou en icelle chambre.

autres articles :

Effets de la Révocation de l’Edit de Nantes ou Edit de Fontainebleau 1685,
Situation générale en Bas Poitou au XVIIème siècle,
Edit de Tolèrance signé par Louis XVI le 7 novembre 1787 à Versailles,

Récit des opérations militaires en Bas Poitou durant les guerres de religions 1562-1622 (archives nationales de l’armée de terre),
Edit de Fontainebleau ou Révocation de l’Edit de Nantes signé par Louis XIV le 16 octobre 1685,
Edit de Nantes (2ème Partie) 30 avril 1598,

 

Lettre patente de confirmation des privilèges par le roi Louis XIII, au Maire, échevins et pairs de la Ville de Nyort en 1610,

Arrêt de la Cour des Aydes : Confirmation de la Lettre patente de 1610 sous la régence de Marie de Médicis,
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