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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 16:32
Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament

Archives départementales XVIIème siècle.

Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament
Blason Assailly avec support analyse héraldique et ésotérique ancien et nouveau testament

Blason tel qu'il est dans l'église de Vouillé dans les Deux-Sèvres coté gauche en face de l'autel.

Les variantes sont soit d'azur (fond bleu) ou de gueule (fond rouge). la plus ancienne étant de gueule (pour la filiation protestante) et d'azur (pour la filiation catholique).

 

_______________________________________________________________________________________________

 

 

1. L'écu étudié : ce que disent les armoriaux

Avant toute lecture symbolique, il faut établir l'objet. Trois armoriaux imprimés permettent de fixer la composition et son rattachement à la famille d'Assailly, en Poitou.

Source

Texte relevé

Apport

René Pétiet, Armorial poitevin, 1911

« Assaily, Assailly (Comtes). Niort. D'azur à 3 lis de jardin d'arg. tiges et feuilles de sin. S. : deux lions ou griffons d'or. Dev. : Terris altius. » (Armorial poitevin, archive.org)

Source la plus complète : champ, meubles, supports, devise

H. Gourdon de Genouillac, Recueil d'armoiries des maisons nobles de France, 1860

« Assailly (d'). — D'azur, à trois lis d'argent, tigés et feuillés de sinople. » (Recueil d'armoiries, archive.org)

Confirme le champ d'azur

Chassant et Tausin, Dictionnaire des devises historiques et héraldiques

« Terris altius. — D'Assailly. » (Dictionnaire des devises, archive.org)

Confirme la devise

J. de Champeaux, Devises, cris de guerre, légendes, dictons

« Aesailly [sic, pour Assailly] (d') (Poitou). — Terris altius. » (Devises, cris de guerre, archive.org)

Rattachement au Poitou

Précaution de méthode : trois couches de sens

Une lecture ésotérique honnête doit distinguer trois couches.

  1. La couche héraldique primaire. Au Moyen Âge, les armoiries servent d'abord à identifier. Michel Pastoureau montre que la couleur ne devient un concept abstrait, porteur d'une symbolique stable quel que soit son support, que progressivement, entre l'an mil et le XVe siècle (Pastoureau, Comptes rendus de l'Académie des inscriptions, 2016). Les significations médiévales des couleurs restent « multiples et non restrictives » (Aisling 1198, d'après Pastoureau).

  2. La couche des traités symboliques. Elle se développe du XIVe au XVIIe siècle, avec Bartolo de Sassoferrato (vers 1355-1358) (Heraldica.org, Bartolo), le héraut Sicille et son Blason des couleurs au XVe siècle (Sicille, Google Books), puis Vulson de La Colombière au XVIIe, qui systématise les correspondances : planètes, pierres, vertus, éléments (Wikipédia, Gueules).

  3. La couche hermétique et exégétique. Ce sont les lectures bibliques (typologie de l'Ancien Testament), mariales, christologiques et alchimiques. Elles sont légitimes comme grille de lecture, mais ne prouvent pas l'intention des premiers porteurs.

Le guide qui suit superpose ces trois couches et signale, à chaque étape, leur degré de certitude.

 

2. Les émaux

Tableau de synthèse

Émail

Tradition héraldique

Lecture chrétienne

Écho de l'Ancien Testament

Lecture alchimique

Azur (champ attesté)

« Royauté, majesté, beauté » (Armorial des principales maisons, Wikisource) ; loyauté, fidélité (Aisling 1198)

Le bleu devient un attribut marial au XIIe siècle (Aisling 1198) : ciel, manteau de la Vierge

Le « bleu » (hyacinthe) des tentures du Tabernacle, brodées de chérubins (Exode 26,1), lu par l'exégèse comme le « caractère céleste » (BPC, Exode 26)

L'air, l'espace où se sublime le volatil : le « ciel » du vaisseau alchimique

Gueules (variante)

« Courage, hardiesse, intrépidité » (Wikisource) ; mais aussi orgueil (Aisling 1198)

Pour Vulson : « justice, charité et amour ardent envers Dieu et son prochain » ; planète Mars, élément Feu (Wikipédia, Gueules). Sang du Christ et des martyrs

L'écarlate du péché qui devient blanc : « si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige » (Isaïe 1,18)

Rubedo, l'œuvre au rouge, dernière phase et achèvement du Grand Œuvre (Wikipédia, Rubedo)

Argent (lis)

« Innocence, blancheur, virginité » (Wikisource)

Pureté, virginité mariale, Transfiguration, vêtement blanc des élus

La blancheur de neige et de laine d'Isaïe 1,18 : la pureté rendue

Albedo, l'œuvre au blanc : la lumière après les ténèbres, la « résurrection » de la matière (CNRS Éditions, chapitre Alchimie) ; la Lune

Or (supports)

« Richesse, force, foi, pureté, constance » (Wikisource). Pour Bartolo, l'or est la plus noble des couleurs et figure le Soleil (Bartolo, traduction russe, Vostlit)

Lumière divine, gloire, royauté du Christ

Les deux chérubins « d'or battu » de l'Arche d'alliance (Exode 25,18-20)

Le Soleil, le métal parfait, but de la transmutation

Sinople (tiges et feuilles)

« Espérance, abondance, liberté » (Wikisource) ; joie, jeunesse (Aisling 1198)

Couleur ambivalente : vie, sève, espérance d'un côté ; poison, Diable, instabilité de l'autre (Pastoureau, Vert, Google Books)

L'enracinement : Israël « fleurira comme le lis et poussera des racines comme le Liban » (Osée 14,5)

Le lion vert du Rosarium philosophorum (1550), agent de dissolution ou « mercure » des philosophes (Genovefa, Bibliothèque Sainte-Geneviève)


 

 Deux remarques d'histoire des couleurs

  • Le mot « sinople » a d'abord désigné un rouge, avant de se fixer sur le vert (Aisling 1198 ; Wikipédia, Gueules). Pour un lecteur ésotérique, ce glissement est parlant : le vert des tiges garde la mémoire d'un feu.

  • Le gueules est l'émail le plus fréquent de l'aristocratie féodale ; Pastoureau le relève dans environ 60 % des armoiries européennes (Wikipédia, Gueules). Choisir l'azur (forme attestée tardivement) plutôt que le gueules place donc l'écu dans un registre plus contemplatif que guerrier.

3. Les meubles et les ornements

3.1 Les trois lis de jardin

Nature héraldique. Le « lis de jardin » (ou « au naturel ») n'est pas la fleur de lis stylisée des Capétiens. C'est la plante entière, avec sa tige et ses feuilles. Plusieurs familles françaises portent des lis de ce type sur azur, comme les Lefèvre d'Ormesson : « d'azur à trois lys de jardin d'argent, tigés et feuillés de sinople » (Wikipédia, Armorial des familles de France). Ce type d'armes est donc bien établi.

Lecture chrétienne.

  • Le lis est « l'emblème de la virginité ». Dans l'iconographie mariale, une tige à trois fleurs signifie que « Marie a été vierge avant, pendant et après son enfantement » (La Rose et l'imprimé, Université de Poitiers).

  • Le bouquet de lis des Annonciations signifie aussi la pureté originelle de Marie (Presses universitaires de Rennes, Tota pulchra es).

  • Le nombre trois est lu comme trinitaire. Un texte médiéval sur les fleurs de lis explique qu'elles sont trois parce que ce nombre « contient en lui le commencement, le milieu et la fin », comme la Trinité (Wikipédia, Fleur de lys).

Ancrage dans l'Ancien Testament.

  • « Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie » (Cantique des Cantiques 2,2). C'est le lilium inter spinas que la mystique médiévale applique à la Vierge (Floralens ; Eikón Imago, UCM).

  • « Il fleurira comme le lis, et il poussera des racines comme le Liban » (Osée 14,5). C'est le verset qui correspond le mieux à un lis tigé et feuillé : fleur en haut, racines en bas.

  • Les chapiteaux des colonnes du Temple de Salomon « représentaient des lis » (1 Rois 7,19) : le lis couronne ce qui s'élève.

  • « Florete flores quasi lilium » : « fleurissez comme le lis, répandez votre parfum » (Siracide 39, Vulgate, Douay-Rheims).

Lecture alchimique. Le lis blanc est le signe de l'albedo : la matière purifiée, blanchie, qui a traversé l'œuvre au noir (C.G. Jung, phases de l'alchimie). La tige verte figure la sève de la matière première, la fleur blanche le premier accomplissement.

3.2 Les griffons d'or (supports)

Nature. Le griffon réunit l'aigle (tête, ailes, serres) et le lion (corps). Critère pratique : s'il y a des ailes et un bec, c'est un griffon ; sinon, un lion.

Ambivalence biblique. La Vulgate range le griffon parmi les oiseaux impurs (Lévitique 11,13 ; Deutéronome 14,12). Isidore de Séville en fait un fauve qui déchire hommes et chevaux (Danteworlds, Griffin). Le griffon est donc, au départ, une force sauvage.

Des chérubins aux griffons : le lien avec l'Ancien Testament. C'est le rapprochement le plus fort de tout l'écu.

  • Dans l'iconographie du Proche-Orient ancien, les chérubins ont été comparés au sphinx, lion ailé à tête humaine ; quand le lion ailé a une tête d'oiseau, on l'appelle griffon (InterBible, L'archéologie et les anges). Roland de Vaux suggérait même que les sphinx avaient emprunté aux griffons leur fonction de gardiens (mémoire sur les chérubins).

  • Ces êtres hybrides protègent les arbres sacrés. Ils sont devenus les gardiens du jardin d'Éden, placés sur le chemin de l'arbre de vie après l'expulsion d'Adam (Genèse 3,24) (Presses universitaires de Rennes, Les anges n'ont pas toujours eu des ailes).

  • Sur l'Arche d'alliance : « Tu feras deux chérubins d'or [...] se faisant face l'un à l'autre », les ailes déployées au-dessus du propitiatoire (Exode 25,18-20).

Deux gardiens ailés, d'or, affrontés, encadrant ce qui est sacré : c'est exactement la disposition des supports de l'écu. Lus ainsi, les griffons font de l'écu une arche ou un jardin gardé. Les trois lis jouent le rôle de l'arbre de vie, ou de ce que contient l'Arche.

Lecture chrétienne. Chez Dante, le griffon qui tire le char de Béatrice est le Christ, « une seule personne en deux natures » (Purgatoire 31,81) (Danteworlds ; Treccani, Enciclopedia Dantesca). L'aigle correspond à la divinité, le lion à l'humanité. Chez Dante, ses parties d'aigle sont justement d'or.

Lecture alchimique. Le lion figure le soufre, principe fixe, et l'aigle le mercure, principe volatil (Albert Poisson, Théories et symboles des alchimistes, Gallica). Le griffon, qui réunit les deux, représente l'opération centrale de l'œuvre : fixer le volatil et volatiliser le fixe. C'est la conjonction des contraires, la pierre en voie d'achèvement.

3.3 Le lion : supports possibles et lion couché en pointe

Ambivalence médiévale. Dans la pensée médiévale, le lion est « un être ambivalent ». Il est souvent négatif dans l'Ancien Testament (Samson, David, Daniel ; « sauve-moi de la gueule du lion », Psaume 22) (Bulletin monumental, 1993, « Du texte à l'image : l'exemple du lion »). Avec l'Apocalypse, il devient le Christ lui-même : « le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » (Apocalypse 5,5) (même article).

Le lion couché de l'Ancien Testament. La bénédiction de Jacob donne une clé précise pour le lion « couché » :

« Juda est un jeune lion [...] Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne : qui le fera lever ? » (Genèse 49,9)

Balaam reprend la même image pour tout Israël (Nombres 24,9). Le lion couché n'est donc pas un lion vaincu. C'est une force souveraine au repos, que nul n'ose réveiller. C'est aussi la source directe du « lion de Juda » de l'Apocalypse, désigné comme radix Jacob, la racine de Jacob (Bulletin monumental). Placé en pointe, c'est-à-dire en bas, ce lion devient littéralement la racine de l'écu.

Le Physiologus. Le bestiaire chrétien ajoute deux propriétés (Physiologus, University of Victoria) :

  • le lion dort les yeux ouverts, comme le Christ dont le corps dort dans la mort tandis que sa divinité veille ;

  • le lionceau naît mort et son père lui rend la vie le troisième jour, figure de la Résurrection.

Un lion couché convient parfaitement à la première propriété : il est au repos, mais vigilant.

La fleur de lis sur le lion. Si elle est bien voulue, elle « marque » la force terrestre du sceau de la pureté ou de la fidélité royale. C'est le lion de Juda qui porte en lui la tige de Jessé.

Lecture alchimique. Le lion d'or est le soufre fixé, le Soleil terrestre. Le Rosarium philosophorum montre à l'inverse un lion vert qui dévore le Soleil, image de la dissolution de l'or ordinaire (Cahier de recherche, transmutation spirituelle). L'écu réunit les deux pôles : le vert des tiges (lion vert, matière vivante) et l'or du lion couché (matière fixée, accomplie).

 

 

4. Références bibliques précises : Ancien et Nouveau Testament

Cette section donne, pour chaque élément de l'écu, les versets exacts de l'Ancien Testament (la « figure ») et du Nouveau Testament (l'« accomplissement »). Chaque verset est donné en français dans la traduction liturgique officielle de l'AELF, puis en latin dans la Vulgate clémentine, le texte que lisaient les clercs, les hérauts et les lettrés d'Ancien Régime.

Numérotation. Les références suivent la numérotation hébraïque, celle des Bibles françaises modernes. Quand la Vulgate diffère, sa numérotation est donnée entre parenthèses : par exemple Ps 91 (90) ou Si 39,13-14 (Vg 39,17-19).

Écarts de traduction. Ils comptent pour l'héraldique. Là où les traductions modernes lisent « rose » ou « gypaète », la Vulgate dit souvent lilium ou gryps. Un lecteur médiéval ou moderne voyait donc des lis et des griffons là où nos Bibles n'en montrent plus. Ces écarts sont signalés au fil du texte.

4.1 Le lion couché : la souche de Juda

Ancien Testament

Genèse 49,9-10 — bénédiction de Jacob sur Juda : le texte fondateur du lion couché

« Juda est un jeune lion. Tu remontes du carnage, mon fils. Il s’est accroupi, il s’est couché comme un lion ; ce fauve, qui le fera lever ? Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront. » (AELF)

« Catulus leonis Juda : ad praedam, fili mi, ascendisti : requiescens accubuisti ut leo, et quasi leaena : quis suscitabit eum? Non auferetur sceptrum de Juda, et dux de femore ejus, donec veniat qui mittendus est, et ipse erit expectatio gentium. » (Vulgate)

La Vulgate dit requiescens accubuisti ut leo : « au repos, tu t'es couché comme un lion ». C'est l'attitude exacte du lion couchant. Le verset 10 lie ce lion à une descendance, celle du sceptre qui ne quittera pas Juda : le lion couché est d'emblée une image de lignée.

Nombres 24,9 — oracle de Balaam

« Puis il s’accroupit, il se couche, comme un lion, comme une lionne. Qui le fera se relever ? Béni soit celui qui te bénira, maudit soit celui qui te maudira ! » (AELF)

« Accubans dormivit ut leo, et quasi leaena, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus : qui maledixerit, in maledictione reputabitur. » (Vulgate)

La Vulgate insiste encore : accubans dormivit ut leo (« couché, il s'est endormi comme un lion »), quam suscitare nullus audebit (« que nul n'osera réveiller »). Elle y joint une bénédiction : Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus.

Nombres 23,24 — le contrepoint : le lion qui se dresse

« Voici qu’un peuple se lèvera comme une lionne, comme un lion il se dressera. Il ne se couchera pas sans avoir dévoré sa proie, sans avoir bu le sang des victimes ! » (AELF)

« Ecce populus ut leaena consurget, et quasi leo erigetur : non accubabit donec devoret praedam, et occisorum sanguinem bibat. » (Vulgate)

Nombres 23,24 et 24,9 forment une paire : le lion qui se lève, puis le lion qui se couche après la victoire. Le lion couchant de l'écu est donc un lion victorieux au repos, et non un lion abattu.

Proverbes 28,1 — le juste, assuré comme un lion

« Le coupable s’enfuit quand nul ne le poursuit, les innocents ont l’assurance des lions. » (AELF)

« Fugit impius, nemine persequente; justus autem, quasi leo confidens, absque terrore erit. » (Vulgate)

Juges 14,14 — l'énigme de Samson

« Samson leur dit : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » Au bout de trois jours, les jeunes gens n’avaient pas encore pu expliquer l’énigme. » (AELF)

« Dixitque eis : De comedente exivit cibus, et de forti egressa est dulcedo. Nec potuerunt per tres dies propositionem solvere. » (Vulgate)

De forti egressa est dulcedo : « du fort est sortie la douceur ». Appliquée à l'écu, l'image est parlante : du lion d'en bas sortent les lis d'en haut.

1 Rois 10,18-20 — le trône de Salomon, d'ivoire et d'or, gardé par des lions

« Le roi fit aussi un grand trône d’ivoire, qu’il plaqua d’or affiné. Ce trône avait six degrés, un dossier à sommet arrondi, et des bras de chaque côté du siège ; deux lions étaient debout près des bras et douze lions se tenaient là, sur les six degrés, de chaque côté. Dans aucun royaume on ne fit chose pareille. » (AELF)

« Fecit etiam rex Salomon thronum de ebore grandem : et vestivit eum auro fulvo nimis, qui habebat sex gradus : et summitas throni rotunda erat in parte posteriori : et duae manus hinc atque inde tenentes sedile : et duo leones stabant juxta manus singulas. Et duodecim leunculi stantes super sex gradus hinc atque inde : non est factum tale opus in universis regnis. » (Vulgate)

C'est le précédent biblique le plus proche de l'idée de supports : deux lions dressés de part et d'autre du siège royal (duo leones stabant juxta manus singulas), sur un trône revêtu d'or. Le thème vaut aussi bien pour des supports « lions d'or » que pour le lion placé au pied de l'écu.

Psaume 91 (90),13 — l'autre face du lion

« tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon. » (AELF)

« Super aspidem et basiliscum ambulabis, et conculcabis leonem et draconem. » (Vulgate)

Dans les Psaumes, le lion est aussi une force du mal que le juste foule aux pieds. Ce verset de la liturgie du premier dimanche de Carême rappelle l'ambivalence du lion médiéval, déjà signalée à la section 4.3.

Nouveau Testament

Apocalypse 5,5 — l'accomplissement de Genèse 49,9

« Mais l’un des Anciens me dit : « Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : il ouvrira le Livre aux sept sceaux. » (AELF)

« Et unus de senioribus dixit mihi : Ne fleveris : ecce vicit leo de tribu Juda, radix David, aperire librum, et solvere septem signacula ejus. » (Vulgate)

Vicit leo de tribu Juda, radix David : « le lion de la tribu de Juda a vaincu, la racine de David ». Le lion couché de Jacob s'est relevé : c'est le Christ ressuscité. Le mot radix (racine) justifie la place du lion en pointe, à la base de l'écu.

Luc 1,32-33 — le trône de David et le règne sans fin

« Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (AELF)

« hic erit magnus, et Filius Altissimi vocabitur, et dabit illi Dominus Deus sedem David patris ejus : et regnabit in domo Jacob in aeternum, et regni ejus non erit finis. » (Vulgate)

1 Pierre 5,8 — le lion rugissant, figure du diable

« Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. » (AELF)

« Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus tamquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret : » (Vulgate)

Le Nouveau Testament garde l'ambivalence. Le lion de Juda (Christ) et le lion rugissant (diable) s'opposent. Le lion couché et vigilant de l'écu se range du côté du premier, puisque vigilate (« veillez ») est précisément la vertu du lion qui dort les yeux ouverts.

 

4.2 Racine, tige et sinople : la lignée qui pousse

Ancien Testament

Isaïe 11,1 et 11,10 — la tige de Jessé

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. […] Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. » (AELF)

« Et egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet. […] In die illa radix Jesse, qui stat in signum populorum, ipsum gentes deprecabuntur, et erit sepulchrum ejus gloriosum. » (Vulgate)

Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet : « une tige sortira de la racine de Jessé, et une fleur montera de sa racine ». C'est le verset clé pour des lis tigés et feuillés. Le Moyen Âge en a tiré l'« Arbre de Jessé », généalogie du Christ en forme de plante, où la tige (virga) a été lue comme la Vierge (virgo) et la fleur (flos) comme le Christ. Le verset 10 ajoute que la racine se dressera in signum populorum, « comme un étendard pour les peuples » : c'est un emblème.

Nombres 17,23 (Vg 17,8) — le bâton d'Aaron qui fleurit

« Le lendemain, Moïse entra dans la tente du Témoignage, et voici : la branche d’Aaron avait fleuri pour la maison de Lévi ; la branche avait fait éclore une floraison, fleurir des fleurs et mûrir des amandes ! » (AELF)

« sequenti die regressus invenit germinasse virgam Aaron in domo Levi : et turgentibus gemmis eruperant flores, qui, foliis dilatatis, in amygdalas deformati sunt. » (Vulgate)

La Vulgate décrit une floraison complète : bourgeons, fleurs, feuilles déployées (foliis dilatatis), fruits. C'est le signe divin de l'élection d'une maison, celle de Lévi. Cette élection d'une lignée par une floraison est au plus près du programme de l'écu.

Osée 14,6-8 — fleurir comme le lis, s'enraciner comme le Liban

« Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. » (AELF)

« Ero quasi ros; Israel germinabit sicut lilium, et erumpet radix ejus ut Libani. Ibunt rami ejus, et erit quasi oliva gloria ejus, et odor ejus ut Libani. Convertentur sedentes in umbra ejus; vivent tritico, et germinabunt quasi vinea; memoriale ejus sicut vinum Libani. » (Vulgate)

Le verset réunit, dans une seule image, la fleur (germinabit sicut lilium) et la racine (erumpet radix ejus ut Libani) : l'argent et le sinople de l'écu.

Psaume 92 (91),13-14 — le juste planté dans la maison du Seigneur

« Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; » (AELF)

« Justus ut palma florebit; sicut cedrus Libani multiplicabitur. Plantati in domo Domini, in atriis domus Dei nostri florebunt. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Matthieu 1,1 — le « livre de la genèse » de Jésus-Christ

« GENEALOGIE DE JESUS, CHRIST, fils de David, fils d’Abraham. » (AELF)

« Liber generationis Jesu Christi filii David, filii Abraham. » (Vulgate)

Liber generationis ouvre le Nouveau Testament sur une généalogie. La lignée est le cadre même où s'accomplit la promesse.

Romains 15,12 — Paul cite Isaïe 11,10

« À son tour, Isaïe déclare : Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lève pour commander aux nations ; en lui les nations mettront leur espérance. » (AELF)

« Et rursus Isaias ait : Erit radix Jesse, et qui exsurget regere gentes, in eum gentes sperabunt. » (Vulgate)

Apocalypse 22,16 — « Je suis la racine et la descendance de David »

« Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. » (AELF)

« Ego Jesus misi angelum meum testificari vobis haec in ecclesiis. Ego sum radix, et genus David, stella splendida et matutina. » (Vulgate)

Éphésiens 3,17 — enracinés dans la charité

« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. » (AELF)

« Christum habitare per fidem in cordibus vestris : in caritate radicati, et fundati, » (Vulgate)

In caritate radicati et fundati : l'enracinement végétal (sinople) devient vertu. La racine de la lignée est transposée en racine spirituelle.

Jean 12,24 — le grain qui meurt en terre

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (AELF)

« Amen, amen dico vobis, nisi granum frumenti cadens in terram, mortuum fuerit, » (Vulgate)

Hébreux 9,4 — le bâton d'Aaron conservé dans l'Arche d'or

« contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; » (AELF)

« aureum habens thuribulum, et arcam testamenti circumtectam ex omni parte auro, in qua urna aurea habens manna, et virga Aaron, quae fronduerat, et tabulae testamenti, » (Vulgate)

4.3 Les lis

Ancien Testament

Cantique des Cantiques 2,1-2 et 2,16 — le lis des vallées, le lis entre les épines

« Je suis la rose du Sarone, le lis des vallées. LUI Comme le lis entre les ronces, ainsi mon amie entre les jeunes filles. ELLE […] Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui qui mène paître ses brebis parmi les lis. » (AELF)

« Ego flos campi, et lilium convallium. Sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias. […] Dilectus meus mihi, et ego illi, qui pascitur inter lilia, » (Vulgate)

Sicut lilium inter spinas est le texte-source de l'exégèse mariale du lis.

1 Rois 7,19, 22 et 26 — les lis du Temple de Salomon

« Les chapiteaux qui coiffaient les colonnes du Vestibule étaient en forme de lis de quatre coudées. […] Sur le sommet des colonnes se trouvait l’ouvrage en forme de lis. Ainsi fut terminé le travail des colonnes. […] L’épaisseur de la Mer était d’une largeur de paume, son rebord était comme le bord d’une coupe, en forme de fleur de lis. Sa contenance était de deux mille mesures. » (AELF)

« Capitella autem, quae erant super capita columnarum, quasi opere lilii fabricata erant in porticu quatuor cubitorum. […] Et super capita columnarum opus in modum lilii posuit : perfectumque est opus columnarum. […] Grossitudo autem luteris, trium unciarum erat : labiumque ejus, quasi labium calicis, et folium repandi lilii : duo millia batos capiebat. » (Vulgate)

Les lis couronnent les colonnes (super capita columnarum opus in modum lilii) et bordent la Mer d'airain (folium repandi lilii). Le lis marque l'achèvement : perfectumque est opus columnarum, « et l'œuvre des colonnes fut achevée ». C'est la place qu'il occupe dans l'écu, au sommet de la tige.

Siracide 39,13-14 (Vg 39,17-19) — « fleurissez comme le lis »

« Écoutez-moi, génération de saints : croissez comme la rose plantée au bord des eaux. Comme le Liban, exhalez votre parfum, et fleurissez comme le lis. Élevez la voix, chantez ensemble, et bénissez le Seigneur en toutes ses œuvres. » (AELF)

« In voce dicit : Obaudite me, divini fructus, et quasi rosa plantata super rivos aquarum fructificate. Quasi Libanus odorem suavitatis habete. Florete flores quasi lilium : et date odorem, et frondete in gratiam : et collaudate canticum, et benedicite Dominum in operibus suis. » (Vulgate)

La Vulgate ajoute frondete in gratiam, « couvrez-vous de feuillage pour la grâce » : c'est un appel direct à des lis feuillés.

Siracide 50,8 — le grand prêtre Simon, comme les lis au bord des eaux

« comme la rose en fleur aux jours du printemps, comme le lis près des sources d’eaux, comme les jeunes pousses du Liban aux jours de l’été, » (AELF)

« Quasi arcus refulgens inter nebulas gloriae, et quasi flos rosarum in diebus vernis, et quasi lilia quae sunt in transitu aquae, et quasi thus redolens in diebus aestatis : » (Vulgate)

Isaïe 35,1-2 — le désert fleurira

« Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. » (AELF)

« Laetabitur deserta et invia, et exsultabit solitudo, et florebit quasi lilium. Germinans germinabit, et exsultabit laetabunda et laudans : gloria Libani data est ei, decor Carmeli et Saron; ipsi videbunt gloriam Domini, et decorem Dei nostri. » (Vulgate)

Écart de traduction : l'AELF lit « comme la rose », mais la Vulgate dit florebit quasi lilium, « il fleurira comme le lis ». Pour un lecteur de la Vulgate, c'est un verset du lis.

Nouveau Testament

Matthieu 6,28-29 — les lis des champs

« Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (AELF)

« Et de vestimento quid solliciti estis? Considerate lilia agri quomodo crescunt : non laborant, neque nent. Dico autem vobis, quoniam nec Salomon in omni gloria sua coopertus est sicut unum ex istis. » (Vulgate)

Luc 12,27 — même parole chez Luc

« Observez les lis : comment poussent-ils ? Ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (AELF)

« Considerate lilia quomodo crescunt : non laborant, neque nent : dico autem vobis, nec Salomon in omni gloria sua vestiebatur sicut unum ex istis. » (Vulgate)

La parole du Christ relie explicitement le lis à l'Ancien Testament. Le lis est plus glorieux que Salomon, celui-là même qui avait orné le Temple de lis (1 R 7) et son trône de lions (1 R 10). L'écu superpose ainsi la gloire royale salomonienne (or, lions) et la gloire naturelle et donnée du lis. C'est exactement la tension de Terris altius.

4.4 Chérubins et griffons : les gardiens d'or affrontés

Ancien Testament

Genèse 3,24 — les chérubins gardiens de l'arbre de vie

« Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie. » (AELF)

« Ejecitque Adam : et collocavit ante paradisum voluptatis cherubim, et flammeum gladium, atque versatilem, ad custodiendam viam ligni vitae. » (Vulgate)

Ad custodiendam viam ligni vitae : « pour garder le chemin de l'arbre de vie ». Si les lis figurent l'arbre de vie, les supports en sont les gardiens.

Exode 25,18-20 et 22 — les deux chérubins d'or de l'Arche

« Ensuite tu forgeras deux kéroubim en or à placer aux deux extrémités du propitiatoire. Fais un kéroub à une extrémité, et l’autre kéroub à l’autre extrémité ; vous ferez donc les kéroubim aux deux extrémités du propitiatoire. Les kéroubim auront les ailes déployées vers le haut et protégeront le propitiatoire de leurs ailes. Ils se feront face, le regard tourné vers le propitiatoire. […] C’est là que je te laisserai me rencontrer ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire entre les deux kéroubim situés sur l’arche du Témoignage ; là, je te donnerai mes ordres pour les fils d’Israël. » (AELF)

« Duos quoque cherubim aureos et productiles facies, ex utraque parte oraculi. Cherub unus sit in latere uno, et alter in altero. Utrumque latus propitiatorii tegant expandentes alas, et operientes oraculum, respiciantque se mutuo versis vultibus in propitiatorium quo operienda est arca, […] Inde praecipiam, et loquar ad te supra propitiatorium, ac de medio duorum cherubim, qui erunt super arcam testimonii, cuncta quae mandabo per te filiis Israel. » (Vulgate)

Tout le vocabulaire des supports est présent. Ils sont deux (duos), d'or (aureos), placés de part et d'autre (ex utraque parte), ailes déployées (expandentes alas) et affrontés (respiciantque se mutuo). Le verset 22 précise que c'est de medio duorum cherubim, « du milieu des deux chérubins », que Dieu parle. Ce qui est placé entre les deux gardiens est donc le lieu de la présence.

1 Rois 6,23 et 29 — les chérubins du Temple, entre palmes et fleurs

« Dans le Saint des saints, il fit deux kéroubim en bois d’olivier : leur hauteur était de dix coudées. […] Sur les murs de la Maison, tout autour, il sculpta des figures : sculptures de kéroubim, de palmiers et de fleurs épanouies, sur le devant et à l’extérieur. » (AELF)

« Et fecit in oraculo duos cherubim de lignis olivarum, decem cubitorum altitudinis. […] Et omnes parietes templi per circuitum sculpsit variis caelaturis et torno : et fecit in eis cherubim, et palmas, et picturas varias, quasi prominentes de pariete, et egredientes. » (Vulgate)

1 Rois 7,29 — lions, bœufs et chérubins réunis

« Sur les panneaux encadrés de bordures se trouvaient des lions, des bœufs et des kéroubim ; de même sur les bordures supérieures. Au-dessous des lions et des bœufs, des volutes descendaient. » (AELF)

« Et inter coronulas et plectas, leones et boves et cherubim, et in juncturis similiter desuper : et subter leones et boves, quasi lora ex aere dependentia. » (Vulgate)

Lions et chérubins apparaissent ensemble sur le même ouvrage. L'hésitation « lions ou griffons » de l'armorial trouve ici un précédent : les deux types de gardiens coexistaient dans le décor du Temple.

Ézéchiel 41,18-19 — le chérubin à face de lion, de part et d'autre d'un palmier

« étaient représentées : des Kéroubim et des palmiers, un palmier entre deux Kéroubim ; chaque Kéroub avait deux faces : une face d’homme, tournée vers le palmier, d’un côté, et une face de lion, vers le palmier, de l’autre, tout cela représenté sur le pourtour de la Maison. » (AELF)

« Et fabrefacta cherubim et palmae : et palma inter cherub et cherub, duasque facies habebat cherub. Faciem hominis juxta palmam ex hac parte, et faciem leonis juxta palmam ex alia parte : expressam per omnem domum in circuitu. » (Vulgate)

La composition est affrontée : un palmier entre deux chérubins, chacun tourné vers l'arbre, et le chérubin porte une face de lion. On n'est pas loin d'un griffon héraldique tenant un écu végétal.

Ézéchiel 1,10 — les quatre faces : homme, lion, bœuf, aigle

« La forme de leurs visages, c’était visage d’homme et, vers la droite, visage de lion pour tous les quatre, visage de taureau à gauche pour tous les quatre, et visage d’aigle pour tous les quatre. » (AELF)

« Similitudo autem vultus eorum, facies hominis et facies leonis a dextris ipsorum quatuor, facies autem bovis a sinistris ipsorum quatuor, et facies aquilae desuper ipsorum quatuor. » (Vulgate)

2 Samuel 1,23 — Saül et Jonathan : aigles et lions

« Saül et Jonathan, aimables, pleins de charme, ni dans la vie ni dans la mort ne furent séparés, plus rapides que les aigles, plus vaillants que les lions. » (AELF)

« Saul et Jonathas amabiles, et decori in vita sua, in morte quoque non sunt divisi : aquilis velociores, leonibus fortiores. » (Vulgate)

Aquilis velociores, leonibus fortiores : « plus rapides que les aigles, plus forts que les lions ». La lamentation de David fait l'éloge de deux hommes, un père et son fils, unis « dans la vie et dans la mort », par l'aigle et le lion réunis. C'est la définition même du griffon, appliquée à une lignée.

Daniel 7,4 — la lionne aux ailes d'aigle

« La première ressemblait à un lion, et elle avait des ailes d’aigle. Tandis que je la regardais, ses ailes lui furent arrachées, et elle fut soulevée de terre et dressée sur ses pieds, comme un homme, et un cœur d’homme lui fut donné. » (AELF)

« Prima quasi leaena, et alas habebat aquilae : aspiciebam donec evulsae sunt alae ejus, et sublata est de terra, et super pedes quasi homo stetit; et cor hominis datum est ei. » (Vulgate)

C'est le seul hybride lion-aigle explicite de l'Ancien Testament. Il figure un empire, Babylone, donc une puissance terrestre. Mais son destin est remarquable : ses ailes arrachées, il est « soulevé de terre » (sublata est de terra) et reçoit un cœur d'homme. C'est une élévation au-dessus de la terre, en écho à la devise.

Lévitique 11,13 — le griffon dans la Vulgate

« Voici, parmi les oiseaux, ceux qui seront immondes pour vous et qu’on ne mangera pas, car ce sont des choses immondes : l’aigle, le gypaète, l’orfraie, » (AELF)

« Haec sunt quae de avibus comedere non debetis, et vitanda sunt vobis : aquilam, et gryphem, et haliaeetum, » (Vulgate)

Écart de traduction : l'AELF lit « gypaète », la Vulgate gryphem. Le griffon figure donc nommément dans la Bible latine, parmi les oiseaux impurs. D'où l'ambivalence : force sauvage de la Loi, il devient chez Dante figure du Christ.

Isaïe 40,31 — prendre des ailes comme l'aigle

« mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer. » (AELF)

« qui autem sperant in Domino mutabunt fortitudinem, assument pennas sicut aquilae, current et non laborabunt, ambulabunt et non deficient. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Hébreux 9,4-5 — les « chérubins de gloire » au-dessus de l'Arche d'or

« contenant un brûle-parfum en or et l’arche d’Alliance entièrement recouverte d’or, dans laquelle se trouvaient un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’Alliance ; au-dessus de l’arche, les kéroubim de gloire couvraient de leur ombre la plaque d’or appelée propitiatoire. Mais il n’y a pas lieu maintenant d’entrer dans les détails. » (AELF)

« aureum habens thuribulum, et arcam testamenti circumtectam ex omni parte auro, in qua urna aurea habens manna, et virga Aaron, quae fronduerat, et tabulae testamenti, superque eam erant cherubim gloriae obumbrantia propitiatorium : de quibus non est modo dicendum per singula. » (Vulgate)

L'épître aux Hébreux relit l'Arche d'or, ses deux chérubins et le bâton fleuri d'Aaron comme figures du Christ. Elle réunit ainsi, en un seul verset, les gardiens d'or et la tige fleurie de l'écu.

Apocalypse 4,6-7 — les quatre Vivants autour du Trône

« Devant le Trône, il y a comme une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu, autour du Trône, quatre Vivants, ayant des yeux innombrables en avant et en arrière. Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un jeune taureau, le troisième Vivant a comme un visage d’homme, le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol. » (AELF)

« Et in conspectu sedis tamquam mare vitreum simile crystallo : et in medio sedis, et in circuitu sedis quatuor animalia plena oculis ante et retro. Et animal primum simile leoni, et secundum animal simile vitulo, et tertium animal habens faciem quasi hominis, et quartum animal simile aquilae volanti. » (Vulgate)

Le lion et l'aigle y sont deux des quatre Vivants, repris d'Ézéchiel 1,10. La tradition chrétienne les a attribués aux évangélistes : le lion à Marc, l'aigle à Jean. Un griffon, lion et aigle à la fois, peut alors se lire comme la réunion de la force (lion) et de la contemplation (aigle de Jean).

4.5 Les couleurs : bleu, blanc, rouge et or dans le texte biblique

Ancien Testament

Exode 26,1 — les tentures de la Demeure, brodées de chérubins

« « Pour construire la Demeure, tu feras dix tentures de lin retors, pourpre violette, pourpre rouge et cramoisi éclatant ; tu y broderas des kéroubim : ce sera une œuvre d’artiste. » (AELF)

« Tabernaculum vero ita facies : decem cortinas de bysso retorta, et hyacintho, ac purpura, coccoque bis tincto, variatas opere plumario facies. » (Vulgate)

Les quatre matières de la Vulgate recouvrent presque la palette de l'écu : byssus (lin blanc, l'argent), hyacinthus (bleu, l'azur), purpura (pourpre) et coccus bis tinctus (écarlate deux fois teint, le gueules). Le motif brodé est celui des chérubins. Un écu d'azur gardé par des êtres ailés reproduit ainsi, en petit, la tenture du sanctuaire.

Isaïe 1,18 — de l'écarlate à la blancheur

« Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. » (AELF)

« Et venite, et arguite me, dicit Dominus. Si fuerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur; et si fuerint rubra quasi vermiculus, velut lana alba erunt. » (Vulgate)

Si fuerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur : « si vos péchés sont comme l'écarlate, ils seront blanchis comme la neige ». C'est la clé biblique de la variante de gueules : des lis d'argent sur champ rouge figurent la blancheur conquise sur l'écarlate.

Nouveau Testament

Apocalypse 7,14 — des robes blanchies dans le sang

« Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. » (AELF)

« Et dixi illi : Domine mi, tu scis. Et dixit mihi : Hi sunt, qui venerunt de tribulatione magna, et laverunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agni. » (Vulgate)

C'est l'accomplissement d'Isaïe 1,18, sous une forme paradoxale : c'est le rouge (le sang de l'Agneau) qui rend blanc (dealbaverunt eas in sanguine Agni). Dans la variante de gueules, le champ rouge n'est donc pas l'opposé des lis blancs. Il en est la cause.

Matthieu 17,2 — la Transfiguration : visage de soleil, vêtements de neige

« Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (AELF)

« et transfiguratus est ante eos. Et resplenduit facies ejus sicut sol : vestimenta autem ejus facta sunt alba sicut nix. » (Vulgate)

Or et argent réunis : facies ejus sicut sol, « son visage comme le soleil », c'est l'or ; vestimenta alba sicut nix, « ses vêtements blancs comme la neige », c'est l'argent. Ce sont les deux métaux de l'écu, les supports et les lis.

Apocalypse 3,5 — le vainqueur vêtu de blanc, son nom inscrit au livre de vie

« Ainsi, le vainqueur portera des vêtements blancs ; jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie ; son nom, je le proclamerai devant mon Père et devant ses anges. » (AELF)

« Qui vicerit, sic vestietur vestimentis albis, et non delebo nomen ejus de libro vitae, et confitebor nomen ejus coram Patre meo, et coram angelis ejus. » (Vulgate)

La blancheur y est liée à la permanence d'un nom. Pour une famille, c'est une lecture directe de la pureté des lis comme garantie de la mémoire du lignage.

Apocalypse 21,18 et 21 — la Jérusalem céleste d'or pur

« Le matériau de la muraille est de jaspe, et la ville est d’or pur, d’une pureté transparente. […] Les douze portes sont douze perles, chaque porte faite d’une seule perle ; la place de la ville est d’or pur d’une parfaite transparence. » (AELF)

« Et erat structura muri ejus ex lapide jaspide : ipsa vero civitas aurum mundum simile vitro mundo. […] Et duodecim portae, duodecim margaritae sunt, per singulas : et singulae portae erant ex singulis margaritis : et platea civitatis aurum mundum, tamquam vitrum perlucidum. » (Vulgate)

4.6 La devise TERRIS ALTIUS

Ancien Testament

Isaïe 55,9 — les cieux élevés au-dessus de la terre

« Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (AELF)

« Quia sicut exaltantur caeli a terra, sic exaltatae sunt viae meae a viis vestris, et cogitationes meae a cogitationibus vestris. » (Vulgate)

Nouveau Testament

Jean 12,32 — « élevé de terre »

« et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (AELF)

« Et ego, si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum. » (Vulgate)

Si exaltatus fuero a terra : « quand j'aurai été élevé de terre ». C'est l'expression néotestamentaire la plus proche de Terris altius. Isaïe dit que le ciel est élevé au-dessus de la terre (exaltantur caeli a terra) ; Jean dit que le Christ est élevé de la terre (exaltatus a terra). La devise se situe exactement entre les deux.

Jean 3,31 — celui qui vient d'en haut, celui qui est de la terre

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, » (AELF)

« Qui desursum venit, super omnes est. Qui est de terra, de terra est, et de terra loquitur. Qui de caelo venit, super omnes est. » (Vulgate)

Colossiens 3,1-2 — les réalités d'en haut, non celles de la terre

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. » (AELF)

« Igitur, si consurrexistis cum Christo : quae sursum sunt quaerite, ubi Christus est in dextera Dei sedens : quae sursum sunt sapite, non quae super terram. » (Vulgate)

Quae sursum sunt sapite, non quae super terram : c'est, en prose, le programme de la devise. Il faut s'attacher à ce qui est en haut plutôt qu'à ce qui est sur la terre, c'est-à-dire aux « terres » que possède une famille noble.

Philippiens 3,20 — notre cité est dans les cieux

« Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, » (AELF)

« Nostra autem conversatio in caelis est : unde etiam Salvatorem exspectamus Dominum nostrum Jesum Christum, » (Vulgate)

Aucune source consultée n'indique que les Assailly aient tiré leur devise d'un de ces versets. Le rapprochement reste interprétatif. Mais le latin altius et la construction a terra / super terram appartiennent bien au vocabulaire de la Vulgate que connaissait tout rédacteur de devise.

4.7 Concordance typologique : de la figure à l'accomplissement

Élément de l'écu

Ancien Testament (figure)

Nouveau Testament (accomplissement)

Idée commune

Lion d'or couché en pointe

Gn 49,9-10 ; Nb 24,9 ; Nb 23,24

Ap 5,5 ; Lc 1,32-33

La force de Juda au repos devient le Christ vainqueur, radix David

Lions d'or en supports

1 R 10,19-20 ; 1 R 7,29

Ap 4,7

Lions gardiens du trône et du sanctuaire, puis du Trône céleste

Tiges et feuilles de sinople

Is 11,1.10 ; Nb 17,23 ; Os 14,6-8 ; Ps 92,13-14

Mt 1,1 ; Rm 15,12 ; Ap 22,16 ; Ep 3,17 ; He 9,4

La lignée comme plante : racine, tige, fleur ; l'élection d'une maison

Trois lis d'argent

Ct 2,1-2.16 ; 1 R 7,19.22.26 ; Si 39,13-14 ; Si 50,8 ; Is 35,1 (Vg)

Mt 6,28-29 ; Lc 12,27

Le lis, couronnement du Temple, puis gloire donnée qui dépasse Salomon

Deux griffons d'or affrontés

Gn 3,24 ; Ex 25,18-22 ; Ez 41,18-19 ; 2 S 1,23 ; Dn 7,4 ; Lv 11,13 (Vg)

He 9,4-5 ; Ap 4,6-7

Gardiens de l'arbre de vie et de l'Arche, puis chérubins de gloire et Vivants

Champ d'azur

Ex 26,1 (hyacinthus)

Ph 3,20 ; Ap 21

Le ciel du sanctuaire, puis la cité céleste

Champ de gueules (variante)

Is 1,18 (coccinum) ; Ex 26,1 (coccus)

Ap 7,14

Le rouge qui devient blanc, puis le sang qui blanchit

Or

Ex 25,18 ; 1 R 10,18

Mt 17,2 ; Ap 21,18.21

L'or du sanctuaire et du trône, puis la lumière de la Transfiguration et de la Jérusalem céleste

Argent

Is 1,18 (nix)

Mt 17,2 ; Ap 3,5

La neige, puis le vêtement blanc des élus et du nom conservé

TERRIS ALTIUS

Is 55,9 (exaltantur caeli a terra)

Jn 12,32 (exaltatus a terra) ; Jn 3,31 ; Col 3,1-2 ; Ph 3,20

S'élever au-dessus de la terre


 

4.8 Le récit biblique de l'écu, verset par verset

Relu de bas en haut avec ces références, l'écu suit une progression qui va de la Genèse à l'Apocalypse :

  1. Genèse 49,9 : à la base, le lion de Juda se couche ; nul n'ose le réveiller. C'est la souche bénie.

  2. Isaïe 11,1 et Nombres 17,23 : de cette racine sort une tige, comme le bâton d'Aaron fleurit pour désigner une maison élue.

  3. Osée 14,6 et Cantique 2,2 : la tige s'épanouit en lis, pur « entre les épines ».

  4. 1 Rois 7,22 : le lis couronne l'ouvrage, perfectumque est opus.

  5. Exode 25,20 et Genèse 3,24 : deux gardiens d'or, affrontés, protègent ce qui est entre eux, l'arbre de vie ou l'Arche.

  6. Exode 26,1 : le tout se détache sur l'azur de la tenture du sanctuaire.

  7. Matthieu 6,29 : le lis surpasse la gloire de Salomon, c'est-à-dire l'or et les lions du trône.

  8. Apocalypse 5,5 : le lion couché s'est relevé, vainqueur, radix David.

  9. Isaïe 55,9 et Jean 12,32 : la devise scelle l'ensemble. Terris altius : plus haut que la terre, comme le ciel, comme le Christ « élevé de terre ».

 

5. La tradition alchimique : l'écu comme Grand Œuvre

La tradition alchimique décrit le Grand Œuvre en phases de couleur : noir (nigredo), blanc (albedo), parfois jaune (citrinitas), rouge (rubedo) (Wikipédia, Rubedo ; C.G. Jung). L'écu peut se lire comme une carte de ce parcours.

Phase

Élément de l'écu

Lecture

Matière première, lion vert

Tiges et feuilles de sinople

La matière vivante, encore « verte », non accomplie

Albedo

Lis d'argent

La matière purifiée ; la Lune ; la résurrection du blanc après le noir (CNRS Éditions)

Conjonction du fixe et du volatil

Griffons (lion et aigle)

L'union du soufre et du mercure (Poisson, Gallica)

Citrinitas et Soleil

L'or des supports et du lion

L'illumination, le métal parfait (Bartolo)

Rubedo (variante de gueules seulement)

Champ rouge

L'achèvement de l'œuvre, la pierre rouge

Sublimation

Champ d'azur et devise

La montée du volatil vers le « ciel » du vaisseau : Terris altius


 

Deux variantes, deux étapes de l'œuvre

  • Sur azur (forme attestée). Les lis blancs se détachent sur le ciel. L'écu représente l'œuvre au blanc sublimée : une purification qui monte. C'est une lecture contemplative, lunaire et mariale.

  • Sur gueules (variante). Les lis blancs reposent sur le rouge. L'écu réunit l'albedo et la rubedo, les deux « pierres » (au blanc et au rouge). C'est une lecture plus « achevée » et plus sacrificielle : la pureté obtenue à travers le feu, le sang ou l'épreuve. On retrouve le mouvement d'Isaïe 1,18, de l'écarlate au blanc.

Réserve sur la « langue des oiseaux »

L'hermétisme moderne, notamment Fulcanelli au XXe siècle (Les Demeures philosophales), a prétendu que les armoiries et les devises parlaient une « langue des oiseaux » fondée sur l'assonance (Wikipédia, Fulcanelli ; Wikipédia, Langue des oiseaux). C'est une grille du XXe siècle, sans valeur de preuve pour une famille d'Ancien Régime. On peut la mentionner comme lecture moderne possible, mais pas comme intention historique.

 

6. Lecture d'ensemble : lignée et quête spirituelle

Comme récit de lignée

L'écu se lit de bas en haut, comme une plante :

  1. La racine : le lion couché (s'il est retenu), une force patrimoniale et guerrière au repos.

  2. La croissance : tiges et feuilles de sinople, les générations qui poussent, l'espérance.

  3. La fleur : trois lis d'argent, l'honneur et l'intégrité, qui sont le fruit de la lignée. On peut y voir trois branches, trois générations ou trois vertus, mais seule une source familiale permettrait de choisir.

  4. La garde : les deux gardiens d'or affrontés, qui protègent l'héritage.

  5. La devise : « plus haut que les terres ». La noblesse de la lignée ne tient pas à ses fiefs, mais à ce qu'elle fait fleurir au-dessus d'eux.

C'est une devise à rebours de la noblesse terrienne : une famille qui possède des terres, et en tire son nom et ses titres, affirme que sa valeur est ailleurs.

Comme quête spirituelle

Le même écu raconte le chemin d'une âme :

  • Le point de départ : la force naturelle (lion), puissante mais « couchée », pas encore éveillée.

  • La croissance : la vie de la grâce (sinople), fragile et changeante, puisque le vert est la couleur de l'instabilité (Pastoureau, Vert).

  • La purification : les lis blancs, le « lis entre les épines », l'albedo.

  • L'union des deux natures : le griffon, qui unit terre et ciel, humain et divin, fixe et volatil.

  • L'élévation : l'azur céleste et la devise Terris altius, en écho à Isaïe 55,9.

 

7. Synthèse : interprétation ésotérique complète de l'écu

Sur le ciel d'azur du Tabernacle, trois lis vivants s'élèvent de la terre. Ils sont d'argent, couleur de la pureté et de l'œuvre au blanc, et nombreux de trois, comme la Trinité et comme la Vierge restée pure avant, pendant et après l'enfantement. Leurs tiges de sinople disent l'enracinement de la lignée et l'espérance qui la fait grandir : « il fleurira comme le lis, et poussera des racines comme le Liban ».

À la base repose le lion de Juda, couché mais vigilant, que nul n'ose réveiller. C'est la souche patriarcale, la force contenue, la racine de Jessé, marquée du lis qui annonce sa fleur.

De part et d'autre, deux griffons d'or se font face, comme les chérubins d'or de l'Arche et les gardiens de l'arbre de vie. Ils unissent l'aigle et le lion : le ciel et la terre, le divin et l'humain, le volatil et le fixe. Ils gardent le trésor, qui est la pureté de la lignée.

Le Nouveau Testament accomplit la figure : le lion couché se relève en « lion de la tribu de Juda, racine de David » (Apocalypse 5,5) ; le lis des champs surpasse la gloire de Salomon (Matthieu 6,29) ; le rouge du sang blanchit les robes des élus (Apocalypse 7,14).

La devise donne le sens du tout : TERRIS ALTIUS. Comme les cieux dominent la terre (Isaïe 55,9), comme le Christ « élevé de terre » (Jean 12,32), l'honneur de la maison doit s'élever au-dessus de ses terres. La lignée n'est qu'une tige ; sa raison d'être est la fleur.

Dans la variante de gueules, la même lecture prend un accent de feu et de sacrifice. Le lis blanc naît du rouge, comme la pureté née de l'épreuve (Isaïe 1,18), et l'œuvre alchimique réunit les deux pierres, au blanc et au rouge.

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 10:39

Acte royal de Charles III le Simple daté du 14 juin 899, concernant Étienne (Stephanus) et son épouse Anne (Anna).

La source numérique de référence est CARo – Actes royaux des rois de France du Moyen Âge. Elle indique :

  • Date : 14 juin 899

  • Lieu : Tours-sur-Marne

  • Roi : Charles III le Simple

  • Bénéficiaires : Étienne et sa femme Anne

  • Objet : confirmation en pleine propriété, à titre d’alleu, de leurs biens dans les comtés de Narbonne, Roussillon, Ampurias et Besalú, ainsi que des biens qu’ils pourraient acquérir ultérieurement.

  • Référence : Philippe Lauer, Recueil des actes de Charles III le Simple, vol. I, n° 27. (Caro)

Concernant « original en ligne »

C'est important : l'original du diplôme est aujourd'hui perdu. CARo précise qu'il existait encore un original sur parchemin aux archives de l'abbaye de La Grasse, mais que le texte nous est parvenu par une copie de 1668, réalisée par Gratian Capot d'après cet original. (Caro)

Diplôme de Charles III, 14 juin 899 — CARo, acte n° 27

Le passage final donne notamment :

Signum Karoli (Monogramma) gloriosissimi regis.
Heriveus notarius ad vicem Folconis recognovit. (Caro)

Si par « Stéphane et Anna original en ligne » vous cherchez une image/scannage de la copie ancienne de 1668, plutôt que la transcription moderne, je peux aussi rechercher le manuscrit de la Collection Doat, vol. 66, fol. 103, et voir s'il est numérisé.

 

 

899, 14 juin. — Tours-sur-Marne.

Charles III, à la requête de sa mère Adélaïde et à la prière d'Arnust, archevêque de Narbonne, accorde à son fidèle Étienne et à la femme de celui-ci, Anne, de tenir en pleine propriété, à titre d'alleu, tous les biens qu'ils détiennent ou ont achetés dans les comtés de Narbonne, Roussillon, Ampurias, Besalú, et leur confirme à l'avance la propriété des biens qu'ils achèteront par chartes dans les mêmes régions.

Référence : Philippe Lauer (éd.), Recueil des actes de Charles III le Simple, roi de France (893-923), Vol. 1, Paris, 1940, no27.


A. Original perdu.

B. Copie de l'an 1668, par Gratian Capot, greffier du président Doat, Bibliothèque nationale, Collection Doat, vol. 66, fol. 103, « d'après l'original en parchemin trouvé aux archives de l'abbaye de La Grasse ».

a. Martène et Durand, Thesaurus anecdotorum, t. I, col. 58 « ex archivis domini archiepiscopi Narbonensis ».

b. Dom de Vic et Dom Vaissète, Histoire de Languedoc, t. II, preuves, col. 40, d'après les « Archives de l'église de Narbonne et Martène » ; nouv. édit., t. V, col. 106, n° xxv.

c. Recueil des historiens de la France, t. IX, p. 483, n° xvi, d'après a.

Indiqué : Georgisch, Regesta chronologico-diplomatica, t. I, col. 178.

Indiqué : Böhmer, Regesta Karolorum, n° 1909.


Texte établi d'après Ba.

In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Karolus divina propitiante clementia rex. Regiae celsitudinis mos est fideles regni sui donis multiplicibus et honoribus ingentibus honorare sublimesque efficere. Proinde ergo nos morem parentum nostrorum et ceterorum regum praedecessorum nostrorum imitabilem exequentes actionem, placuit celsitudini nostrae, interveniente venerabili genitrice nostra Adheleide, ad deprecationemque venerandi archiepiscopi sanctae Narbonensis ecclesiae Arnusti, cuidam fideli nostro nomine Stephano, quasdam res in jure proprietatis suae largire, et nostra liberalitate in alodem perpetualiter habendum concedere. Quae siquidem res sunt sitae in pago Narbonensi, hoc est : villare quod dicitur Donas cum omnibus suis appenditiis et ecclesia sancti Pauli ibidem sita ; et in eodem pago, de villa Liciniano cum finibus et adjacentiis ac villaribus ab omni integritate quartam partem una cum ecclesiis ibidem sitis in honore sancti Nazarii et sancti Felicis ; et in eodem pago, villa Manazeto, quam vocant Caput monte cum finibus et adjacentiis suis et ecclesia sancti Juliani ; et in eodem pago, in villa Plumbiaco, salinas quas parentes ipsius ibidem tenuerunt ; et in eodem pago alium villare, quod dicitur Monte Auriolo, cum omnibus adjacentiis suis ; et in eodem pago villa Morarius, quae vocatur Rexaco, cum omnibus finibus et adjacentiis suis, et ecclesia sancti Bartholomaei ; in ipso pago, in villa quae dicitur Ederas vel quantacumque infra suum terminum visus est possidere ; in eodem pago, in villa quae dicitur Berizam et in villare quod dicitur Prato omne quicquid ibidem retinet ; et in eodem pago, in suburbio Minerbense, villa quae dicitur Fellinas, quantum ibi retinet ex comparatione ; et in comitatu Russilionensi villa Tordarias cum suis villaribus et finibus atque adjacentiis earum, et ecclesia sancti Martini ibidem sita, et in terra sancti Petri, et in villa Ulmis, et in villa Lauresono, quantum ibidem retinet ; et in eodem pago, villare quod dicitur Palatiolo cum finibus et adjacentiis suis ; et infra terminum villae Helnae, quantum ex comparatione retinet ; et in eodem pago, villa Peciliano cum suis villaribus, finibus et adjacentiis, et ecclesia sancti Saturnini et sancti Felicis, vel quaecumque ibidem retinet ex comparatione, et villa quae dicitur Verneto cum finibus et adjacentiis suis, et ecclesia sancti Christophori ; et in eodem pago, villa quae dicitur Codincus cum omnibus adjacentiis suis et ecclesia ibidem sita ; et in eodem pago, villa quae dicitur Tezano cum suis villaribus, id est Anglares et Salellas, cum finibus et adjacentiis earum, et ecclesia sancti Petri ; et in eodem pago, villare quod dicitur Lotas, cum omni integritate ; et in eodem pago, Frontotedeso villare, quod dicitur Centernaco, cum omni integritate ; et in comitatu Empuritanense, villa Uliastreto cum villaribus, Velloso Castellare cum omnibus finibus suis et ecclesiis sancti Petri et sancti Johannis ; et in eodem pago villare quod dicitur Cadinus, et vocatur Cabannas, cum finibus suis et ecclesiis ab omni integritate ; et in comitatu Bisuldunense villa quae dicitur Romagnano cum suis finibus et adjacentiis, et ecclesia ibidem sita in honore sancti Amaterii ; et in comitatu Narbonense villa quae dicitur Tecanella cum omnibus finibus et adjacentiis suis. In his ergo pagis et territoriis omnibus quae supra scripta sunt vel quae ad haec pertinent ea quae praefatus Stephanus vel uxor ejus Anna per strumenta emptionis acquisierunt, aut quae deinceps obtinere potuerint, per nostrae donationis seu confirmationis praeceptum memorato Stephano perpetua firmitate possidenda concedimus, per quod praecipientes jubemus ut absque alicujus inquietudine vel contradictione teneat, habeat, vel quidquid exinde agere voluerit liberam in omnibus habeat potestatem faciendi. Et ut haec nostrae largitionis seu confirmationis praeceptio nostris futurisque temporibus majorem, in Dei nomine, obtineat soliditatis vigorem, manu propria subter eam firmavimus et anuli nostri impressione sigillari jussimus.

Signum Karoli (Monogramma) gloriosissimi regis.

Heriveus notarius ad vicem Folconis recognovit.

Datum XVIII. kalendas julii, indictione II., anno VII. regnante serenissimo Karolo. Actum apud Turnum. In Dei nomine feliciter. Amen.


Au nom de la Sainte et indivisible Trinité. Charles, par la divine miséricorde, roi. Il est de coutume pour Sa Majesté d'honorer et d'exalter les fidèles de Son royaume par de multiples dons et d'immenses honneurs. C'est pourquoi, suivant la coutume de nos parents et des autres rois qui nous ont précédés, dans un acte digne d'être imité, il a plu à Notre Altesse, avec l'intervention de notre vénérable mère Adélaïde, et à la demande du vénérable archevêque de la sainte église de Narbonne, Arnus, d'accorder à un certain fidèle nommé Étienne certaines choses en droit de propriété, et de les lui accorder en possession perpétuelle par Notre générosité. Ces choses sont situées dans le village de Narbonne, à savoir : la villa appelée Donas avec toutes ses dépendances et l'église Saint-Paul qui s'y trouve ; et dans le même village, un quart de la villa de Liciniano avec ses limites et ses dépendances, ainsi que les villas qui s'y trouvent dans toute leur intégrité, avec les églises qui s'y trouvent en l'honneur de Saint Nazaréen et de Saint Félix ; et dans le même village, la villa de Manazeto, qu'ils appellent Caput Monte, avec ses limites et dépendances, et l'église Saint-Julien ; et dans le même village, dans la villa de Plumbiaco, les mines de sel que ses parents y possédaient ; et dans le même village, une autre villa appelée Monte Auriolo, avec toutes ses dépendances ; et dans le même village, la villa de Morarius, appelée Rexaco, avec toutes ses limites et dépendances, et l'église Saint-Barthélemy ; dans le même village, dans la villa appelée Ederas, ou du moins ce qu'il possédait à l'intérieur de ses limites ; dans le même village, dans la villa appelée Berizam et dans la villa appelée Prato, tout ce qu'il y conservait ; et dans le même village, dans le faubourg de Minerben, la villa appelée Fellinas, ou du moins ce qu'il y conservait par comparaison. et dans le comté de Roussillon, la villa de Tordarias avec ses villae, ses limites et leurs contiguïtés, et l'église Saint-Martin qui s'y trouve, et sur le terrain de Saint-Pierre, et dans la villa d'Ulmis, et dans la villa de Laureson, autant qu'il en conserve ; et dans le même village, la villa appelée Palatiolo avec ses limites et ses contiguïtés ; et à l'intérieur des limites de la villa d'Helna, autant qu'elle en conserve par comparaison ; et dans le même village, la villa de Peciliano avec ses villaries, ses limites et ses contiguïtés, et l'église Saint-Saturnin et Saint-Félix, ou ce qu'elle en conserve par comparaison, et la villa appelée Verneto avec ses limites et ses contiguïtés, et l'église Saint-Christophe ; et dans le même village, la villa appelée Codincus avec toutes ses contiguïtés et l'église qui s'y trouve ; et dans le même village, la villa appelée Tezano avec ses villaries, c'est-à-dire Anglares et Salellas, avec leurs limites et leurs contiguïtés, et l'église Saint-Pierre ; et dans le même village, la villa appelée Lotas, avec toute son intégrité ; et dans le même village, la villa de Frontotedeso, appelée Centernaco, avec toute son intégrité ; et dans le comté d'Empuritanense, la villa d'Uliastreto avec ses villaries, Velloso Castellare avec toutes ses limites et les églises Saint-Pierre et Saint-Jean ; et dans le même village et ville appelés Cadinus et Cabannas, avec leurs limites et leurs églises dans toute leur intégrité ; et dans le comté de Bisuldun, la ville appelée Romagnano avec ses limites et ses accolements, et l'église qui s'y trouve en l'honneur de Sainte Amateri ; et dans le comté de Narbonne, la ville appelée Tecanella avec toutes ses limites et ses accolements. Par conséquent, dans tous les villages et territoires susmentionnés ou qui s'y rapportent, acquis par actes d'achat par ledit Étienne ou son épouse Anne, ou qu'ils pourraient acquérir ultérieurement, nous accordons par notre précepte de donation ou de confirmation à ledit Étienne la possession perpétuelle et inaliénable de ces terres. Par ce précepte, nous ordonnons aux bénéficiaires qu'ils puissent y posséder, y détenir et y agir librement, sans aucune contestation ni opposition. Afin que ce précepte de notre générosité ou de notre confirmation acquière une plus grande solidité en notre temps et à l'avenir, au nom de Dieu, nous l'avons confirmé de notre propre main et avons ordonné qu'il soit scellé de l'empreinte de notre anneau. Le signe (monogramme) du très glorieux roi Charles. Heriveus, le notaire, en lieu et place de Falco, l'a reconnu. Donné le 18e calende de juillet, par l'indiction II, en la 7e année du règne du très serein Charles. Fait à Turnum. Au nom de Dieu, avec toute sa grâce. Amen.

 

 

_________________________________________________

Identification et nature de l’acte

Le texte n’est pas, au sens strict, une donation royale ex nihilo de toutes les terres énumérées. C’est surtout un précepte de confirmation et de garantie :

  • Étienne et Anne possèdent déjà les biens, notamment par des instrumenta emptionis, c’est-à-dire des actes écrits d’achat.

  • Le roi les reconnaît comme relevant du jus proprietatis du bénéficiaire et les concède à tenir in alodem, donc en pleine propriété allodiale, hors du cadre normal d’un bénéfice précaire ou d’une tenure comtale.

  • La confirmation couvre aussi, de manière prospective, les acquisitions futures que le couple pourrait faire dans les mêmes pays.

  • Le bénéficiaire reçoit le droit de « tenir, avoir et faire » librement tout ce qu’il jugera bon avec les biens, sans contestation ni trouble.[caro.huma-num]

Le diplôme est transmis par une tradition indirecte : l’original est perdu ; le texte édité repose notamment sur une copie de 1668, faite d’après un original alors conservé aux archives de l’abbaye de Lagrasse, et sur les anciennes éditions de Martène et Durand, de l’Histoire de Languedoc et du Recueil des historiens de la France.[caro.huma-num]

Inventaire complet des biens

La liste suivante distingue les unités foncières, les fractions de biens, les salines, les dépendances, les églises et les possessions seulement partielles. Les identifications modernes proposées dans cette analyse doivent rester prudentes : plusieurs formes sont médiévales, parfois altérées par les copies, et ne correspondent pas nécessairement à une commune actuelle unique.


 

En bleu les propriétés communes avec Ansemund et Quixol dans l’énumération de l’acte de vente usufruitière à leurs enfants d’une partie de leurs domaine en 941


 

Circonscription médiévale

Désignation latine

Bien ou droit confirmé

Étendue juridique indiquée

Église ou ressource citée

1

Pagus Narbonensis

villare Donas

Le vilar de Donas

Toutes dépendances

Saint-Paul

2

Narbonnais

villa Liciniano

Un quart de Liciniano

Limites, dépendances et vilaria ; un quart seulement de l’ensemble

Saint-Nazaire et Saint-Félix

3

Narbonnais

villa Manazeto, quam vocant Caput monte

Manazeto, appelé Caput Monte

Limites et dépendances

Saint-Julien

4

Narbonnais

villa Plumbiaco

Salines tenues par les parents d’Étienne

Les seules salines héréditaires signalées, non toute la villa

Mines ou salines de sel

5

Narbonnais

villare Monte Auriolo

Vilar de Monte Auriolo

Toutes dépendances

Aucune église citée

6

Narbonnais

villa Morarius, quae vocatur Rexaco

Morarius, appelé Rexaco

Limites et dépendances

Saint-Barthélemy

7

Narbonnais

villa Ederas

Ce qu’Étienne paraît posséder dans les limites d’Ederas

Possession partielle et non quantifiée

Aucune église citée

8

Narbonnais

villa Berizam

Tout ce qu’Étienne y retient

Possession partielle, mais totalité de sa quote-part

Aucune église citée

9

Narbonnais

villare Prato

Tout ce qu’Étienne y retient

Possession partielle, mais totalité de sa quote-part

Aucune église citée

10

Narbonnais, suburbium Minerbense

villa Fellinas

Ce qu’Étienne retient par acquisition

Possession partielle, expressément acquise par achat

Aucune église citée

11

Comté de Roussillon

villa Tordarias

Tordarias

Ses vilaria, limites et dépendances

Saint-Martin

12

Roussillon

terra sancti Petri

Biens en « terre de Saint-Pierre »

Quantité non précisée

Référence possiblement territoriale ou ecclésiale

13

Roussillon

villa Ulmis

Ce qu’Étienne y retient

Possession partielle

Aucune église citée

14

Roussillon

villa Lauresono

Ce qu’Étienne y retient

Possession partielle

Aucune église citée

15

Roussillon

villare Palatiolo

Vilar de Palatiolo

Limites et dépendances

Aucune église citée

16

Roussillon

villa Helna

Ce qu’Étienne y possède par acquisition

Possession partielle issue d’achat

Aucune église citée

17

Roussillon

villa Peciliano

Peciliano

Ses vilaria, limites et dépendances ; le texte admet aussi la part tenue par achat

Saint-Saturnin et Saint-Félix

18

Roussillon

villa Verneto

Verneto

Limites et dépendances

Saint-Christophe

19

Roussillon

villa Codincus

Codincus

Toutes dépendances

Église non dédicacée dans le texte

20

Roussillon

villa Tezano

Tezano

Vilaria, limites et dépendances

Saint-Pierre

21

Roussillon, dépendance de Tezano

Anglares

Vilar de Tezano

Limites et dépendances propres

Inclus dans l’ensemble de Tezano

22

Roussillon, dépendance de Tezano

Salellas

Vilar de Tezano

Limites et dépendances propres

Inclus dans l’ensemble de Tezano

23

Roussillon

villare Lotas

Vilar de Lotas

Cum omni integritate : dans sa totalité

Aucune église citée

24

Roussillon

Frontotedeso villare, quod dicitur Centernaco

Frontotedeso, appelé Centernaco

Dans sa totalité

Aucune église citée

25

Comté d’Empúries

villa Uliastreto

Uliastret

Ses vilaria

Aucune église explicitement attribuée à Uliastret dans la syntaxe du texte

26

Empúries, dépendance d’Uliastret

Velloso

Vilar dépendant

Toutes limites

Saint-Pierre et Saint-Jean, avec Castellare

27

Empúries, dépendance d’Uliastret

Castellare

Vilar dépendant

Toutes limites

Saint-Pierre et Saint-Jean, avec Velloso

28

Empúries

villare Cadinus, et vocatur Cabannas

Cadinus, appelé Cabannas

Limites et églises, en pleine intégrité

Églises non nommées

29

Comté de Besalú

villa Romagnano

Romagnano

Limites et dépendances

Sainte-Amatéri / Sainte-Amaterii

30

Comté de Narbonne

villa Tecanella

Tecanella

Toutes limites et dépendances

Aucune église citée

Cette énumération donne donc 30 entrées territoriales ou patrimoniales, si l’on compte séparément les deux vilaria d’Anglares et Salellas et les deux vilaria de Velloso et Castellare. Elle comprend :

  • 13 ensembles principaux dans le pagus Narbonensis ;

  • 13 ensembles principaux ou secondaires en Roussillon ;

  • 4 ensembles dans les comtés d’Empúries et de Besalú ;

  • auxquels s’ajoutent des droits localisés mais non chiffrés, tels que la terre de Saint-Pierre, les biens d’Ulmis, de Lauresono et d’Helna, ainsi que diverses possessions dites tenues « par acquisition ».[caro.huma-num]

Lecture territoriale

L’acte ne dessine pas un domaine compact. Il révèle au contraire un patrimoine de type réseau, dispersé entre plusieurs circonscriptions de l’ancienne Gothie :

Zone

Caractère du patrimoine

Ce que cela révèle

Narbonnais

Vilaria, villae, salines, églises et quotes-parts

Un ancrage ancien, avec une composante familiale explicite à Plumbiaco et une présence dans le secteur du Minervois

Roussillon

Bloc particulièrement dense de villae et de vilaria

Une implantation foncière structurée autour de terroirs ruraux, de dépendances et d’églises

Empúries

Uliastret, Velloso, Castellare, Cadinus/Cabannas

Une extension au sud des Albères, dans l’espace catalan carolingien

Besalú

Romagnano

Un prolongement vers l’intérieur de la Catalogne ancienne

Narbonnais méridional

Tecanella

Une possession supplémentaire, géographiquement distincte de la liste roussillonnaise

Il faut souligner que pagus, comitatus, villa et villare ne désignent pas des réalités équivalentes :

  • Le pagus est ici une grande circonscription territoriale, héritière de cadres tardo-antiques et carolingiens.

  • Le comitatus renvoie au ressort comtal : Roussillon, Empúries, Besalú.

  • La villa est généralement une unité domaniale et territoriale, qui peut comprendre habitat, terres, dépendances, église, droits d’usage et parfois des établissements secondaires.

  • Le villare désigne souvent une unité plus petite, un hameau, une dépendance ou un terroir satellitaire ; il ne faut pas le traduire mécaniquement par « village » au sens communal contemporain.

  • Les fines sont les limites territoriales ; les adjacentiae sont les dépendances, terrains attenants, droits ou éléments rattachés à l’unité principale.

L’énumération de plusieurs églises montre que le patrimoine d’Étienne ne se réduit pas à des terres arables. Il comprend également des centres ecclésiaux ruraux, donc potentiellement des droits, revenus, dîmes, dépendances ou prééminences locales associés aux sanctuaires. Le diplôme ne détaille pas la nature exacte des droits sur les églises ; il les inclut néanmoins expressément dans le complexe foncier confirmé.[caro.huma-num]


 

____________________________________________

Analyse juridique

1. Un alleu confirmé par le roi

La formule centrale est décisive : Charles accorde à Étienne les biens « dans son droit de propriété » et les lui concède « à posséder perpétuellement en alleu » (in alodem perpetualiter habendum). Cela signifie que le roi reconnaît et fortifie une propriété que le bénéficiaire prétend déjà détenir, au lieu de lui imposer une tenure révocable.

L’alleu se distingue du bénéfice par son caractère patrimonial : il est susceptible d’être transmis, vendu, échangé ou donné, selon les conditions du droit applicable. Le précepte ajoute une garantie politique et judiciaire contre les entreprises des agents royaux, comtaux ou voisins.

2. Une confirmation d’acquisitions privées

La clause finale est particulièrement remarquable :

les biens acquis par Étienne ou par sa femme Anne au moyen d’actes d’achat, ainsi que ceux qu’ils pourraient acquérir à l’avenir.

Cette formule établit trois points :

  • Anne n’est pas une simple épouse mentionnée par convention ; elle est coprotagoniste de la formation patrimoniale.

  • Une partie au moins de l’ensemble provient du marché foncier, non d’une concession princière primitive.

  • Le roi étend sa protection aux achats futurs du couple, ce qui fonctionne comme une sorte de sauvegarde royale générale sur leur expansion patrimoniale dans les pays énumérés.[caro.huma-num]

La formule ex comparatione ne doit donc pas être comprise comme une « comparaison » au sens moderne : elle signifie par acquisition, par achat ou par échange à titre onéreux. Dans votre traduction, « ce qu’il y conservait par comparaison » doit être corrigé en « ce qu’il y détenait par acquisition » ou « ce qu’il y possédait à la suite d’un achat ».

3. Une propriété fragmentée

Le texte distingue soigneusement :

  • Les possessions en pleine intégrité : cum omni integritate ;

  • Une quote-part précise : le quart de Liciniano ;

  • Les biens que le titulaire « retient » : quantum retinet, omne quicquid retinet ;

  • Les biens acquis : ex comparatione ;

  • Les salines provenant des parents d’Étienne.

Le domaine est donc hétérogène dans son origine et son intensité de possession. Certaines unités sont tenues en totalité ; d’autres ne sont que des droits partiels. La charte n’invente pas cette diversité : elle la conserve volontairement, ce qui renforce la valeur du diplôme comme photographie juridique d’un portefeuille foncier complexe à la fin du IXe siècle.

4. Une immunisation pratique

La clause dispositive ne se contente pas de reconnaître le bien. Elle donne à Étienne la faculté de :

  • posséder ;

  • détenir ;

  • administrer ;

  • accomplir librement les actes qu’il voudra sur les biens.

L’acte cherche ainsi à prévenir les troubles de possession, les revendications concurrentes et les ingérences des autorités locales. Dans les zones de contact entre Septimanie et Catalogne carolingienne, ce type de précepte royal pouvait être particulièrement utile pour sécuriser des droits dispersés et parfois fragiles.

Personnes, pouvoir et transmission

Le roi est Charles III le Simple, roi des Francs occidentaux depuis 893. La date diplomatique — « XVIII des calendes de juillet », indiction II, septième année de règne — correspond au 14 juin 899. Le lieu d’expédition, Turnum, est identifié par l’édition moderne comme Tours-sur-Marne, non comme Tours sur la Loire.[caro.huma-num]

Les personnages agissant dans l’obtention du diplôme sont :

  • Charles III le Simple : autorité concédante et confirmatrice.

  • Adélaïde : mère du roi, dont l’intervention est explicitement invoquée ; elle joue ici un rôle de médiation curiale.

  • Arnust / Arnuste : archevêque de Narbonne ; il appuie la requête d’Étienne, ce qui montre le poids de l’Église métropolitaine de Narbonne dans l’accès à la faveur royale.

  • Étienne : fidèle du roi, détenteur principal des biens.

  • Anne : épouse d’Étienne, copropriétaire ou au minimum coacquéreuse, mentionnée dans la clause de confirmation.

  • Heriveus, notaire, agissant ad vicem Folconis : il reconnaît l’acte en remplacement de Falco/Foulques.

Le fait que l’archevêque de Narbonne patronne la demande d’un propriétaire dont les biens sont dispersés sur les deux versants de l’ancienne Septimanie et de la Catalogne montre que l’acte relève d’un espace aristocratique et ecclésial transrégional. Ce n’est pas un simple document local : il relie la cour carolingienne, la métropole narbonnaise, le Roussillon, l’Empordà et Besalú.[caro.huma-num]

Points de méthode

Plusieurs corrections de votre traduction sont importantes pour l’exploitation historique :

  • « Village de Narbonne » doit être rendu par pagus de Narbonne ou pays/ressort de Narbonne, non par village.

  • « Ville » doit le plus souvent être remplacé par villa, sans assimilation automatique à une ville moderne.

  • « Accolements » est une traduction maladroite de adjacentiae ; préférer dépendances, tenants et aboutissants, ou biens attenants, selon le contexte.

  • « Comparaison » pour ex comparatione doit être remplacé par acquisition ou achat.

  • « Mines de sel » est possible, mais salines est plus sûr pour salinae.

  • « Tordarias avec ses villae » doit être compris comme Tordarias avec ses vilaria ou dépendances rurales, et non comme plusieurs villes au sens moderne.

  • « L’église Sainte Amateri » doit être conservé sous une forme prudente, par exemple Sainte-Amatéri ou Sainte-Amaterii, car l’identification hagiographique reste à vérifier sur les traditions locales et les variantes manuscrites.


 

_____________________________________________


 

Le document de 876

La charte est datée du 22 avril 876. La donatrice s’y désigne explicitement :

Anna… filia quondam Alarici vel Rautrudes

soit : « Anna, fille du défunt Alaric et de Rotrude ». Elle donne à :

Radulfo et uxori tue Ridlinde

« Radulf et à ton épouse Ridlinda », un bien situé dans le Roussillon, nommé dans l’édition comme la villa de Covengos. La donation porte plus largement sur une série d’alleux localisés, selon les traditions éditoriales, en Roussillon, Conflent, Besalú et Perapertusès.raco+1

Anna est aussi attestée auparavant, dans un jugement du 18 août 868, avec sa mère Rotrude et son grand-père maternel Bera : cette pièce confirme que la mémoire patrimoniale et la filiation maternelle étaient publiquement reconnues.fmg

Filiations certaines

Le noyau familial directement attesté par les chartes peut être présenté ainsi :


Bera I, comte de Barcelone, et Romella

└── Rotrude
    × Alaric, comte d’Empúries-Peralada, mort avant 844

    ├── Auréol

    └── Anna
        × Étienne / Stephanus / Esteve,
          juge issu d’un milieu vicomtal gothique de Narbonne

          └── Aton / Ató

Les points les plus solides sont les suivants :

Personne

Lien

Base documentaire

Rotrude

Fille de Bera et de Romella

Vente de 844/845, où elle se dit fille du défunt Bera et de Romella

Alaric

Époux de Rotrude, mort avant 844/845

Même acte, où Rotrude le désigne comme son défunt mari

Auréol

Fils d’Alaric et Rotrude

L’acte de 844/845 appelle Alaric son père

Anna

Fille d’Alaric et de Rotrude

Jugement de 868 et donation de 876

Étienne

Époux d’Anna

Confirmation royale de Charles III, en 899

Aton

Fils d’Étienne et Anna

Signalé dans les reconstructions issues de la documentation familiale et vicomtale narbonnaise

La filiation d’Anna est donc de bon niveau documentaire : elle apparaît comme petite-fille de Bera I par sa mère Rotrude, et comme fille du comte Alaric par son père.raco+1

Ridlinda : hypothèse ou certitude ?

La position de Ridlinda, femme de Radulf, doit être isolée du reste car elle est moins solidement établie.

Hypothèse

Parenté proposée

Soutiens historiographiques

Limite principale

Hypothèse

Parenté proposée

Soutiens historiographiques

Limite principale

Hypothèse A

Ridlinda est fille d’Alaric et Rotrude, donc sœur d’Anna

Ramon d’Abadal ; lecture reprise par plusieurs synthèses ; Cingolani paraît également la rattacher à Rotrude

La donation de 876 ne dit jamais « ma sœur » ni « ma parente »

Hypothèse B

Ridlinda est une nièce d’Anna, possiblement fille de Bera II

Pierre Ponsich

Filiation non prouvée directement

Hypothèse C

Ridlinda n’est pas documentée comme parente d’Anna ; le lien reste indéterminé

Lecture strictement diplomatique

Ne rend pas immédiatement compte de la donation d’Anna au couple Radulf–Ridlinda

L’article de Tura Clarà Vallès insiste à juste titre sur la difficulté : Ridlinda est bien bénéficiaire de la donation, mais l’acte n’énonce pas son ascendance. L’auteur rappelle les positions d’Abadal, qui en faisait une autre fille d’Alaric, de Ponsich, qui la pensait plutôt fille de Bera II, et de Cingolani, qui l’associait à Rotrude. Il conclut que la question demeure conjecturale.raco

La prudence impose donc de formuler ainsi :

Ridlinda est très probablement apparentée à Anna, mais son degré exact de parenté n’est pas explicitement donné par la charte de 876.


 

Anna, Étienne et leurs fils Aton et Ansemund

Le mariage d’Anna avec Étienne est capital, car il relie deux ensembles aristocratiques différents :

Branche

Base sociale et territoriale

Apport au réseau

Anna, fille d’Alaric et Rotrude

Parentèle comtale d’Empúries et héritage cognatique issu de Bera I

Prestige comtal, droits patrimoniaux en Roussillon et dans la Marche

Étienne

Juge d’origine gothique, issu d’un milieu vicomtal enraciné dans le Narbonnais et le Roussillon

Réseau judiciaire, vicomtal et foncier de Septimanie

Aton

Fils du couple

Héritier placé au croisement des intérêts comtaux catalans et de l’aristocratie narbonnaise


 

Ansemud

Fils du couple

Héritier placé au croisement des intérêts comtaux catalans et de l’aristocratie narbonnaise, fondateur des lignes vicomtales du Castelnou, Vallespir et Fenouillèdes.

 

 

La confirmation de Charles III du 14 juin 899 en faveur d’Étienne et d’Anna donne une mesure exceptionnelle de ce patrimoine : elle confirme leurs alleux dispersés dans le Narbonnais, le Roussillon, l’Empordà et le Besalú. Le roi ne traite donc pas Étienne comme un simple propriétaire local, mais comme un fidèle disposant d’un ensemble patrimonial transfrontalier entre Septimanie et Marche hispanique.books.openedition

Aton et Ansemund doivent être compris dans ce contexte. Ils n’héritent pas seulement, potentiellement, d’un patrimoine paternel narbonnais ; il se trouve aussi, par Anna, relié à la descendance de Bera I, aux réseaux d’Empúries et, selon l’hypothèse de la sororité Anna–Ridlinda, à la branche de Radulf premier comte de Bésalu.


 

.Ce que révèle la comparaison

La comparaison entre Anna, Étienne, Radulf, Ridlinda et Aton met en évidence une stratégie de double alliance :

  • Alliance comtale endogamique : Radulf, issu de Sunifred et Ermesinde (Il est le fils de Sunifred II d’Urgell et le frère de Wifred le Velu (Guifred le Velu), fondateur de la dynastie des comtes de Barcelone), épouse Ridlinda, peut-être fille d’Alaric d’Empurie- Péralda,et Rotrude. La parenté bellonide et les descendants de Bera se trouvent ainsi resserrés.

  • Alliance avec l’aristocratie judiciaire narbonnaise : Anna épouse Étienne, qui appartient à un milieu gothique fortement implanté entre Narbonne et Roussillon.

  • Circulation d’alleux par les femmes : Rotrude, Anna et Ridlinda apparaissent, directement ou indirectement, au centre de transmissions foncières. La documentation ne réduit pas les femmes à de simples relais matrimoniaux : elles vendent, donnent, possèdent et transmettent.

  • Articulation des espaces : les biens et alliances relient Empúries, Roussillon, Conflent, Besalú et Narbonne. La frontière pyrénéenne actuelle ne correspond donc pas à la logique de la parenté aristocratique de la fin du IXe siècle.

  • Aton et Ansemund comme points de jonction : fils d’Anna et Étienne, Aton et Ansemund se situent au croisement du lignage maternel comtal d’Empúries et d’un héritage paternel de juges et de vicomtes narbonnais.


 

Arbre de synthèse

BERA Ier de Barcelone
× Romella

└── ROTRUDE 
    × ALARIC d’Empúries-Peralada

    ├── AURÉOL

    ├── ANNA
× ÉTIENNE / STEPHANUS
    │   │
    │   ├── ATON
    │   │
    │   └── ANSEMUND 
		x QUIXOL (fille de Guiffré de Barcelone)

    └── RIDLINDA (elle est dans la parentèle familiale sans la certitude du lien, cependant assez proche pour recevoir un nombre considérable de domaines de la part d’Anna)
        × RADULF
        comte de Besalú (fils de Sunifred d’Urgell et frère de Guiffré de Barcelone)


GUIFRÉ Ier « le Velu »
comte de Barcelone
× Guinedilda

└── QUIXOL (fille de Guiffré de Barcelone)
          x ANSEMUND (fils d’Etienne et Anna)
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16 septembre 2026 3 16 /09 /septembre /2026 17:45

Observations préalables

Le texte est une copie du XVIIIᵉ siècle d’un acte médiéval perdu ou non conservé sous sa forme originale. Il faut donc distinguer :

  • le contenu juridique de l’acte, qui semble remonter à l’époque carolingienne ;

  • la fiabilité de la copie ;

  • l’interprétation historiographique de Lacvivier et d’Alart.

L’ouvrage moderne Catalunya carolíngia rappelle que la documentation de cette région provient souvent de copies anciennes, de regestes ou de traditions textuelles indirectes, et que la critique doit tenir compte des erreurs de transcription et des interpolations éventuelles.[publicacions.iec]

La date finale est : « sous le jour des XV calendes de juin, la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles ». Cela correspond vraisemblablement au 18 mai 941, si Louis est Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Cette identification doit toutefois être vérifiée sur l’original ou une édition critique, car la formule de datation transmise par la copie peut comporter une erreur.


Traduction française et analyse juridique du texte

Ouverture et parties

« Au nom du Seigneur.

Moi, Ansemundus, et mon épouse Kixol, nous deux ensemble, sommes les vendeurs auprès de vous, Suniefred le clerc, Sentilles, Miron, Riculf, Suniarius, Olibane et Ranlo, femme, nos acheteurs.

Par le présent acte de vente, nous vous vendons tout notre alleu que nous possédons dans le comté de Roussillon, dans la villa appelée Roderad, également appelée Monte Schapri, ou dans ses limites et confins ; et dans la villa de Sant Feliu, ou dans ses limites et confins ; et à Riliano, ou dans son territoire ; et à Ripa Fracta, ou dans son territoire ; et dans le territoire de Monte Auriolo, ou dans ses dépendances ; et dans la vallée d’Agrevolaria, ou dans ses limites et confins ; et au lieu appelé les Îles, ou au Monte Nigro, ou dans leurs limites et confins ; ainsi que dans le territoire des villages situés dans le territoire du château de Camélas ; et dans le territoire de Vallespir, au lieu appelé Ulmos, ou dans ses limites et confins ; et au Monte Bodone, avec ses dépendances, ou dans ses villages, ou dans leurs limites et confins ; et dans le territoire de Bucago, au lieu appelé Campo Cerdana, ou dans ses limites et confins ; et au lieu appelé Uxas, le village appelé de Gairo ou de Gairardo, qui autrefois portait ces noms et qui est aujourd’hui appelé Gausago, avec ses limites et confins : le tout intégralement.

Et dans le comté de Cerdagne, au lieu appelé Navarando et Talltorta, le tout intégralement, avec toutes leurs limites et confins.

Et dans le comté de Besalú, au lieu appelé Biania, dans la villa appelée Cubile Secho, ou dans ses limites et confins ; et dans la villa appelée Bevida, ou dans ses limites et confins.

Dans tous les lieux indiqués ci-dessus, ou dans leurs limites et confins, nous vous vendons tout ce que nous y possédons actuellement et retenons, tout ce qui doit nous revenir par héritage, ainsi que tout ce que nous pourrions acquérir à l’avenir : maisons, bâtiments, dépendances, cours, clos, granges, jardins, terres, vignes, prés, pâturages, bois, garrigues, eaux et cours d’eau, moulins et installations de moulins, terres à lin, voies d’accès et de retour ; en somme, tout ce que nous y possédons ou retenons aujourd’hui, provenant de nos parents, acquis par achat ou par échange, et tout ce que nous pourrions acquérir par la suite, qu’il soit déjà recherché ou encore à acquérir, rural ou urbain.

Nous vous vendons le tout intégralement, avec ses accès et retours, ainsi qu’avec ses confronts et limites, à l’exception de ce que nous aurons donné aux saintes églises de Dieu.

Nous remettons également entre les mains de nos fils désignés ci-dessus — Suniefred le clerc, Sentilles, Miron, Riculf, Suniarius et Olibane — l’alleu de Sant Feliu, avec les églises qui y sont fondées sous le vocable de Sainte-Marie et de Saint-Michel, ainsi que l’alleu de Riliano et celui de Ripa Fracta, afin qu’à compter d’aujourd’hui ils en aient la pleine maîtrise.

Quant à cette femme appelée Ranlo, elle n’aura aucun pouvoir, ni droit de tenir, posséder, vendre, donner ou aliéner l’alleu de Sant Feliu, ni celui de Riliano, ni celui de Ripa Fracta.

Prix

Et nous, vendeurs, avons reçu de vous, acheteurs, le prix dont nous étions convenus dans notre arrangement, à savoir 500 sous d’or (solidus monnaie Byzantine) ; vous nous les avez remis, et nous, vendeurs, les avons reçus directement de nos mains. Il est manifeste qu’il ne reste auprès de vous, acheteurs, aucune partie de ce prix.

Réserve d’usage et transfert différé

Tout ce qui est exposé ci-dessus, nous le transférons de notre droit sous votre pouvoir, selon la disposition suivante : tant que nous vivrons, nous le tiendrons, le posséderons et en percevrons les fruits pendant tous les jours de notre vie ; après notre décès, la pleine maîtrise en restera à vous, comme il est écrit ci-dessus.

Si l’un d’entre vous quitte ce monde sans laisser de fils ou de filles légitimes parvenus à l’âge légal, son héritage devra revenir aux frères désignés ci-dessus qui vivront à cette époque.

Si nous, vendeurs, ou n’importe quelle autre personne, venions à s’opposer au présent acte de vente pour l’annuler, nous devrons vous payer le double de la valeur que tous les biens ci-dessus auront atteinte à ce moment-là.

Désormais, personne ne pourra rompre le présent acte de vente, qui devra conserver sa pleine validité en toutes choses.

Fait l’acte de vente le 18 mai, la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles.

Ansemundus. Signe de Kixol. Nous deux ensemble avons fait cette vente et avons prié les témoins de la confirmer.

Signés de Ramaricus, Bartolomeus, Vivendus, Ingilbertus, Frambertus, Albaricus et Baldericus.

Malangeicus, prêtre, qui ai écrit et souscrit cette vente, au jour et à l’année indiqués ci-dessus. »


Détail des biens

1. Dans le comté de Roussillon

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Villa Roderad, aussi appelée Monte Schapri

Alleux et dépendances non détaillés

Sancto Felice, probablement Sant Feliu

Alleu comprenant notamment des églises

Riliano

Alleu

Ripa Fracta

Alleu

Monte Auriolo

Biens situés dans le territoire et les dépendances

Vallée d’Agrevolaria

Terres et dépendances

Les Îles

Terres ou domaine localisé

Monte Nigro

Terres et dépendances

Villages situés dans le territoire du château de Camélas

Biens dispersés dans plusieurs villages

Vallespir, lieu appelé Ulmos

Terres et dépendances

Monte Bodone

Domaine avec membres, villages et dépendances

Bucago, lieu appelé Campo Cerdana

Terres et dépendances

Uxas, anciennement Gairo ou Gairardo, appelé alors Gausago

Village et totalité de ses limites

2. Dans le comté de Cerdagne

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Navarando

Domaine entier avec toutes ses limites

Talltorta

Domaine entier avec toutes ses limites

3. Dans le comté de Besalú

Lieu mentionné

Nature ou contenu indiqué

Biania, dans la villa appelée Cubile Secho

Biens situés dans la villa et ses limites

Bevida

Biens situés dans la villa et ses limites

4. Catégories de biens comprises dans la vente

La formule générale englobe pratiquement tous les éléments composant un patrimoine foncier médiéval :

  • maisons et bâtiments ;

  • dépendances et bâtiments agricoles ;

  • cours, clos et enclos ;

  • granges ;

  • jardins ;

  • terres labourables ou non cultivées ;

  • vignes ;

  • prés ;

  • pâturages ;

  • forêts ;

  • garrigues et terres incultes ;

  • eaux et cours d’eau ;

  • moulins et installations hydrauliques ;

  • terres à lin ;

  • chemins, accès et voies de retour ;

  • biens ruraux et urbains ;

  • biens reçus des parents ;

  • biens acquis par achat ;

  • biens acquis par échange ;

  • biens encore à acquérir dans l’avenir.

Il ne s’agit donc pas d’une simple vente de parcelles isolées, mais d’une aliénation générale d’un ensemble patrimonial dispersé dans plusieurs comtés.


 

Localisations les mieux établies

Les correspondances les plus solides sont les suivantes :

  • Camélas → commune actuelle de Camélas ;

  • Polig → hameau de Camélas ;

  • Vallicrosa / Vallcrosa → hameau de Camélas, aujourd’hui aussi appelé Bellecroze ;

  • Sant Feliu → probablement Saint-Féliu-d’Amont et/ou Saint-Féliu-d’Avall ;

  • Rellà → ancien toponyme de la vallée de la Têt, probablement secteur d’Ille-sur-Têt ;

  • Oms → commune actuelle d’Oms ;

  • Montboló → commune actuelle de Montbolo ;

  • Talltorta → village de Cerdagne ;

  • Montescot → commune actuelle de Montescot.

Camélas comprend aujourd’hui notamment les noyaux de Camélas, Polig et Vallicrosa, ce qui est particulièrement intéressant pour votre dossier : plusieurs noms de la liste peuvent appartenir à un même ensemble territorial médiéval plutôt qu’à des propriétés totalement indépendantes.


 


Analyse juridique

1. Une vente d’alleux

Le terme alode ou alleu désigne un bien détenu en pleine propriété, par opposition à un bien tenu d’un seigneur moyennant obligations féodales. Il faut toutefois rester prudent : dans la pratique carolingienne, le mot peut couvrir un patrimoine complexe, comprenant des terres, des droits d’usage, des bâtiments et parfois des droits sur des dépendants.

L’acte porte sur « tout notre alleu », ce qui manifeste une volonté de transférer non seulement certaines terres, mais l’ensemble des droits patrimoniaux d’Ansemundus et de Kixol dans les lieux énumérés.

2. Une vente au profit des enfants

Les acheteurs sont au nombre de six hommes et d’une femme, mais le texte identifie ensuite les six hommes comme les « fils » des vendeurs :

  • Suniefred, clerc ;

  • Sentilles ;

  • Miron ;

  • Riculf ;

  • Suniarius ;

  • Olibane.

Le passage relatif à Ranlo est particulièrement important. Ranlo apparaît parmi les acheteurs dans l’intitulé initial, mais l’acte lui refuse ensuite tout pouvoir sur trois ensembles de biens : Sant Feliu, Riliano et Ripa Fracta.

Cela explique la divergence signalée entre Lacvivier et Alart :

  • Lacvivier a compris l’acte comme une vente à l’évêque Wadalde ;

  • Alart a estimé qu’il s’agissait d’une vente par les parents au profit de leurs enfants.

À la lecture du texte fourni, la seconde interprétation paraît plus cohérente, car les bénéficiaires sont explicitement appelés les fils des vendeurs. En revanche, l’acte pourrait avoir été intégré ultérieurement au patrimoine épiscopal, ou l’un des acheteurs pourrait avoir été l’évêque ou un représentant de l’Église dans une tradition documentaire différente. Cette question ne peut être définitivement tranchée sans comparer la copie avec le regeste complet, les variantes et les actes connexes.

3. Une donation ou attribution particulière aux fils

Le texte distingue deux opérations :

  1. une vente générale à plusieurs acheteurs ;

  2. une remise particulière de certains alleux entre les mains des fils.

Les biens expressément attribués aux fils sont :

  • l’alleu de Sant Feliu ;

  • les églises de Sainte-Marie et de Saint-Michel qui y sont fondées ;

  • l’alleu de Riliano ;

  • l’alleu de Ripa Fracta.

Cette clause semble conférer aux fils une position plus forte sur ces biens que sur les autres éléments du patrimoine. Il pourrait s’agir d’une libéralité familiale, d’un partage anticipé ou d’une réserve successorale organisée par les parents.

4. Une réserve d’usufruit viager

Ansemundus et Kixol transfèrent la propriété, mais se réservent la possession et les fruits jusqu’à leur décès :

« tant que nous vivrons, nous le tiendrons, le posséderons et en percevrons les fruits ».

En termes modernes, cette clause ressemble à une réserve d’usufruit viager, même si l’on ne doit pas appliquer mécaniquement les catégories du Code civil contemporain à un acte carolingien.

Les vendeurs conservent donc :

  • la détention matérielle ;

  • l’exploitation des biens ;

  • la perception des récoltes et revenus ;

  • la jouissance économique pendant leur vie.

Les acheteurs obtiennent une propriété différée ou une maîtrise consolidée au décès des vendeurs.

5. Une clause successorale

L’acte prévoit que, si un acheteur meurt sans laisser de fils ou de filles légitimes parvenus à l’âge requis, sa part revient à ses frères survivants.

Cette clause a plusieurs conséquences :

  • elle limite la libre transmission de la part de l’acheteur ;

  • elle organise une forme de retour familial ;

  • elle privilégie la conservation du patrimoine dans le groupe des frères ;

  • elle exclut, ou du moins ne mentionne pas, d’autres héritiers possibles, notamment le conjoint ou des descendants mineurs.

La clause ne constitue pas nécessairement une règle générale de succession : elle est une stipulation particulière attachée à l’opération patrimoniale.

6. Exclusion de Ranlo

Ranlo est privée du droit :

  • de tenir ;

  • de posséder ;

  • de vendre ;

  • de donner ;

  • d’aliéner.

La portée de cette exclusion est considérable. Elle indique soit :

  • qu’elle n’est pas propriétaire des trois alleux concernés ;

  • qu’elle est une cohéritière dont les droits sont volontairement écartés ;

  • qu’une clause familiale ou matrimoniale lui interdit d’intervenir ;

  • ou que le texte a été réorganisé afin de préserver les biens au profit des héritiers masculins.

Il serait imprudent de conclure automatiquement à une incapacité juridique générale des femmes. Le document établit seulement une restriction relative à trois patrimoines précis. Ranlo est en outre désignée comme femina, tandis que les hommes sont ensuite désignés comme filii, ce qui peut refléter une hiérarchie familiale, successorale ou patrimoniale.

7. Le prix de 500 sous d’or solidus byzantin

Le prix est fixé à 500 sous . La formule affirme :

  • que le prix a été convenu ;

  • qu’il a été effectivement payé ;

  • que les vendeurs l’ont reçu de leurs mains ;

  • qu’aucun solde ne subsiste.

Il s’agit d’une clause de quittance complète, destinée à empêcher une contestation ultérieure fondée sur un prix impayé.


 

  • le pouvoir d’achat local ;

  • la valeur réelle des terres, églises, moulins et droits inclus.

La somme est cependant très élevée en comparaison d’une vente rurale ordinaire, ce qui peut indiquer l’importance exceptionnelle du patrimoine ou une formulation conventionnelle.

8. Les églises dans une transaction privée

L’acte inclut l’alleu de Sant Feliu et deux églises, Sainte-Marie et Saint-Michel. Cela ne signifie pas nécessairement que les édifices cultuels eux-mêmes sont vendus comme des biens ordinaires.

La formule peut viser :

  • les droits patrimoniaux attachés aux églises ;

  • les terres dépendant des églises ;

  • les droits de fondation ou de patronage ;

  • les revenus et dîmes ;

  • le contrôle matériel des biens ecclésiastiques.

La clause finale exclut toutefois ce que les vendeurs auraient déjà donné aux « saintes églises de Dieu ». Cette réserve montre que les donations pieuses antérieures sont censées demeurer hors de la vente.

9. Garantie et peine du double

La clause pénale prévoit que celui qui tenterait de rompre la vente devra payer le double de la valeur des biens telle qu’elle aura augmenté au moment de la contestation.

C’est une garantie classique de stabilité de l’acte :

  • elle vise les vendeurs ;

  • elle vise leurs héritiers ou ayants droit ;

  • elle vise aussi tout tiers qui contesterait la transaction ;

  • elle protège les acheteurs contre une éviction ou une revendication.

Le calcul porte non seulement sur le prix initial, mais sur la valeur améliorée ou augmentée des biens. Cette disposition renforce considérablement la protection des acquéreurs.


Portée historique et limites

L’acte révèle un patrimoine foncier extrêmement dispersé, réparti entre le Roussillon, la Cerdagne et le comté de Besalú. Il montre aussi que la propriété médiévale pouvait être organisée comme un ensemble de droits portant simultanément sur des terres, des villages, des églises, des moulins, des pâturages, des eaux et des voies d’accès.


 

En l’état, l’interprétation la plus prudente est celle d’un acte de vente patrimoniale familiale, conclu par Ansemundus et Kixol, avec paiement comptant de 500 sous, réserve de jouissance viagère, attribution privilégiée de plusieurs alleux aux fils, exclusion de Ranlo de certains biens et clause de retour entre frères. La mention de l’évêque Wadalde dans le regeste de Lacvivier doit être traitée comme une indication documentaire à vérifier, non comme une conséquence certaine du texte latin transmis.

 

 

NOTES SUR LES LIEUX :

 

 

 

- Sant Feliu → probablement Saint-Féliu-d’Amont et/ou Saint-Féliu-d’Avall


 

Un acte royal de 899, concernant l'évêché d'Elne, énumère dans le comté du Roussillon :

 

Tordarias, avec l'église Saint-Martin ;

la terre Sancti Petri ;

Ulmis ;

Lauresono ;

Palatiolo ;

des possessions dans le territoire d'Elne ;

Peciliano, avec les églises Sancti Saturnini et Sancti Felicis ;

Verneto, avec Saint-Christophe ;

Codincus ;

Tezano ;

les villae d'Anglares et Salellas ;

Lotas ;

Frontotedeso / Centernaco.

 

cathalaunia.org

 

Cet acte est particulièrement important pour votre recherche car Peciliano (Pézilla-la-Rivière) et son église Sancti Felicis sont attestés dès 899.

 

Pézilla-la-Rivière PECILIANO

 

Si le texte comporte :

 

Peciliano

Sancti Saturnini

Sancti Felicis

Elne

Tordarias

Lotas

 

alors il s'agit très probablement de Pézilla-la-Rivière. L'acte de 899 est explicite et nous avons également Lotas qui réapparait dans l’acte de 941.

 

 

Le document de 899 est peut-être exactement ce qu'il faut comparer avec le dossier Roderadi.

 

Il s'agit d'un acte de Charles III le Simple confirmant les biens d'Esteve et Anna, à la demande de l'archevêque de Narbonne Arnust. Dans le Roussillon, il énumère toute une série de possessions, dont Peciliano avec Sancti Saturnini et Sancti Felicis, mais aussi Lotas, Tordarias, Ulmis, Lauresono, etc.

 

cathalaunia.org

 

 

Dans l’acte de 941 Les trois domaines sont donc juridiquement traités ensemble :

 

Sancto Felice

Riliano

Ripa fracta

 

Ils semblent avoir un statut successoral commun.

 

 

 

898/903 — le Sancti Felicis de Peciliano : celui-ci est beaucoup plus proche de votre dossier

 

Ici, nous avons un acte extrêmement précis.

 

Le comte Radulf et Ridlindis donnent à La Grasse la villa Peciliano avec le villariunculum de Fonte Tentenata.

 

Le texte donne :

 

ipsum alode ... cum ipsas ecclesias qui ibidem sunt fundatas in honore Sancti Saturnini & Sancti Felicis

 

et surtout :

 

in termino de villa Sancti Felicis

 

Le même passage décrit le secteur du castellare, dont le terme touche :

 

termino Corneliano

termino de Millares

termino de villa Sancti Felicis.

 

Cathalunia.org

 

 

 

899 — le grand précepte de Charles III

 

Le 14 juin 899, Charles le Simple confirme les biens d'Étienne et Anna.

 

Dans le comté de Roussillon, il énumère :

 

villa Peciliano cum suis villaribus, finibus et adjacentiis, et ecclesia Sancti Saturnini et Sancti Felicis

 

puis, séparément :

 

villare quod dicitur Lotas, cum omni integritate

 

Donc 899 donne exactement la combinaison repérée :

 

Peciliano

 

avec :

 

Saint-Saturnin

Saint-Félix

 

et ailleurs :

 

Lotas

 

cathalaunia.org

 

 

 

- RILIANO est a rapprocher de Rellà dans la zone de Camélas/Thuir (Une étude archéologique confirme que le lieu nommé Rilianum est attesté dès 941 et qu'il correspond à l'ancien habitat du secteur de Reilla, entre Millas et Thuir.)

 

 

- RIPA FRACTA L'occurrence de 941 est :

 

ipsum alode de Riliano sive de Ripa Fracta

 

a rapprocher de l'ancien site de Sant Martí de la Riba, situé sur la commune actuelle

 

et les recherches toponymiques l'identifient à un site de Sant Feliu d'Avall, sur la Têt.

 

 

Le nom actuel Saint-Féliu-d'Avall est bien dans la plaine de la Têt, à proximité immédiate de Corneilla-la-Rivière, Pézilla-la-Rivière (PECILIANO), Millas, Camélas et Thuir qui constitue un véritable ensemble géographique de la vallée de la Têt.

 

Le rédacteur de l’acte de 941 parcourt effectivement les possessions d'Ansemundus et Kixol selon un ordre territorial, la séquence :

 

Roderadi / Monte Schapri → Sancto Felice → Riliano → Ripa Fracta

 

donc un parcours géographique.

 

L'Encyclopèdia Catalana identifie le site de Sant Martí de la Riba, à environ 500 m à l'est du village de Saint-Féliu-d'Avall, avec le lieu appelé Ripa Fracta, mentionné en 941.

 

Enciclopedia

 

Cette identification est fondée sur une mention postérieure :

 

Sant Martí de Riba de Fratxia

 

 

 

Plusieurs repères sont désormais localisables :

 

Rilianum → Pla-de-Reilla

Chamelas → Camélas

Monte Nigro → Saint-Michel-de-Llotes / Montner selon les occurrences

Millares → Millas

Peciliano → Pézilla la Rivière

Corneliano → Corneilla-la-Rivière.

 

 

Le diplôme de Charles III du 14 juin 899 confirme à Stephanus et Anna leurs possessions en alleu.

 

Dans le Roussillon, on trouve notamment :

 

villa Peciliano cum ecclesia Sancti Saturnini et Sancti Felicis

 

et plus loin :

 

villare ... Lotas

 

Le même diplôme contient également un Monte Auriolo, mais celui-ci est placé dans l'énumération des biens du pagus de Narbonne, tandis que le Peciliano + Sancti Felicis + Lotas appartient au bloc roussillonnais.

 

ACTE DE 915-920 SUR PECILIANO

 

Une donation de Ridlindis, veuve du comte Radulf, à La Grasse, datée 915–920, confirme la donation antérieure de Peciliano.

 

Le résumé du corpus donne :

 

Ridlindis, relicta del comte Rodulphi, confirma ... donació de la vila de Peciliano ... feta disset anys abans per ella i el seu marit...

 

Et l'étude prosopographique précise quelque chose de beaucoup plus important :

 

Peciliano avait appartenu à Anna, mère d'Aton.

 

Telma-chartes.irht.cnrs.fr

 

 

acte Artem/TELMA n° 3782, daté précisément du 24 juin 915. Ridlindis, veuve de Raoul/Radulf, comte de Roussillon, et son fils Oliba y renouvellent/confirment la donation antérieure de Pézilla (Peciliano) et de Fons Tentenata à l’abbaye de La Grasse. L'acte est conservé aux Archives départementales de l’Aude, H 23 n° 6.

 

 

- MONTE AURIOLO

 

L'acte de 927 donne :Aton (Ato), fils de Stephanus et d’Anna, vend à l’évêque d’Elne des biens comprenant notamment la moitié de la villa Bericani, ainsi que des alleux à Monte Auriolo et Felinas.

 

Aton, filius Stephano et filius Annane

 

Donc :

 

Stephanus + Anna

Aton

 

est explicitement attesté.

 

L'acte concerne notamment :

 

la moitié de Bericani / Villebersas

des alleux à Monte Auriolo

Felinas / Félines-Minervois.

 

 

C'est une deuxième branche patrimoniale :

 

Stephanus + Anna → Aton → Monte Auriolo

 

et cela est particulièrement intéressant parce que Monte Auriolo réapparaît dans votre acte de 941.

 

Ggallica.bnf.frGallica – Histoire générale de Languedoc, tome V

 

Ccathalaunia.orgCathalaunia – base Documentia

 

 

Monte Auriolo apparaît dans l’acte d’Ansemund et Quixol et donc suggère que la villa est en moitié en 941 et qu’elle provenait de l’héritage d’Etienne et Anna cité en 899.

 

La documentation toponymique montre :

 

un Monte Auriolo attesté en 899 ;

un Monte Auriolo attesté en 941–942 dans le secteur des Insulas / Queixàs / Saint-Michel-de-Llotes

 

 

899

 

Stephanus + Anna

→ Monte Auriolo dans leur patrimoine.

 

 

927

 

Aton, fils de Stephanus et Anna

→ alleux à Monte Auriolo.

 

 

941

 

Ansemundus + Kixol

→ Monte Auriolo dans le même grand ensemble que Roderadi / Monte Schapri, Sancto Felice, Rilianum, Ripa Fracta, Chamelas.

 

 

Cathalunia.org

 

 

- LLOTAS

 

 

il existe une attestation de 898

 

Le document de 898 donne :

 

in villa Insula, cum Lotas

 

et l'onomastique de l'IEC identifie cette série :

 

898 : in villa Insula, cum Lotas

899 : villare Lotas

941 : locum ubi vocant Lotas

950 : valle Lotas

951 : locum vocitante Lotas.

 

L'IEC identifie cet ensemble au futur Saint-Michel-de-Llotes, dans le Roussillon.

 

Cathalunia.org

 

 

 

 

Dans l'édition de la Catalunya Carolíngia un acte de 951 particulièrement intéressant.

 

Il concerne une permutation entre Sunifred II, comte de Cerdagne-Conflent, et La Grasse.

 

Le texte dit que Sintille (fils d’Ansemund acte de 941) et Adalai donnent leurs alleux :

 

in comitatu Rusolionense, in villa quam dicunt Petiliano et in villa quam nuncupant Comeliano...

 

et qu'en échange l'abbé donne notamment :

 

in loco quem dicunt Lotas vel Monte Auriolo,

des alleux appartenant à Sunifred comte, à Ulibano, Rigardane et de Spolii.

 

Nous avons explicitement :

 

Lotas = Monte Auriolo

 

en 951.

 

Or nous avions déjà établi que le Monte Auriolo du dossier roussillonnais de 941 se trouve probablement dans le secteur Illes–Llotes–Saint-Michel-de-Llotes.

 

 

L'IEC explique précisément que l'acte de 941 associe Lotas et ipsas Insulas, et que ipsas Insulas renvoie au secteur de Montoriol de les Illes. Le rapprochement avec Saint-Michel-de-Llotes est fondé sur la proximité géographique : Saint-Michel-de-Llotes se trouve environ trois kilomètres en aval de Camélas.

 

Le site local de Saint-Michel-de-Llotes rapporte justement une tradition selon laquelle Ansemund de Camélas aurait disposé au Xe siècle de biens à Lotas hérités de ses parents Esteve et Anna.

 

L'identification à Saint-Michel-de-Llotes est aujourd'hui très solide. L'IEC donne la série suivante :

 

898 : in villa Insula, cum Lotas

899 : villare Lotas

941 : locum ubi vocant Lotas

950 : valle Lotas

951 : locum vocitante Lotas

1008 : ad ipsas Lotas

1011 : Lotas

1054 : Lotes.

 

 

L'IEC explique en outre que le Lotas de 941 est associé à ipsas Insulas et que Saint-Michel-de-Llotes se trouve environ 3 km en aval de Camélas : l'explication toponymique est que les « îles » d'amont ont donné les « petites îles » (llotes) d'aval.

 

 

ACTE ORIGINEL POUR LLOTAS : 23/24 juin 898, diplôme de Charles III pour Theodosius.

 

Le texte donne, dans le comté de Roussillon, pagus d'Elne :

 

in villa Insula, cum Lotas et Laurigano, omnia quicquid ibi ad nostrum fiscum pertinere videtur.

 

Donc :

 

Insula + Lotas + Laurigano

 

font partie d'un même ensemble fiscal royal.

 

 

 

1008 — Lotas passe dans la famille vicomtale

 

L'Encyclopèdia Catalana signale ensuite un acte du 16 mars 1008 :

 

Pere I, premier vicomte de Fenollet, dispose en faveur d'Oda de son alleu :

 

ad ipsas Lotas

 

qui lui venait :

 

de ses parents,

 

avec également sa part d'héritage à Illa.

 

Nous avons donc :

 

898 fisc royal à Insula + Lotas

899 Stephanus + Anna

941 Ansemundus + Kixol

1008 Pere I de Fenollet

Oda

 

 

Mais le dernier maillon est particulièrement intéressant parce qu'Ansemundus est présenté comme grand-père de Pere I dans la tradition historique de Saint-Michel-de-Llotes et qui est vérifié dans les documents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Analyse de la vente d'Ansemund et Quixol de Barcelone en 941et liaison avec les parents d'Ansemund; Etienne et Anna fille d'Alaric d'Empurie
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19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 13:33

Recherches qui permettent de déduire la descendance d’Ansemund (et Quixol) vicomte de Vallespir pour les lignages de Fenouillet, Castelnou et possiblement de Conflent et Peyrepertuse.

 

__________________________

 

 

Contexte historique dans les comtés catalans de 801 à 988 :

 

1. Contexte : la Marche d’Espagne sous les Carolingiens (fin VIIIe – début IXe siècle)


 


 

  • Après les conquêtes de Charlemagne (notamment Barcelone en 801), les comtés catalans (Barcelone, Gérone, Urgell, Cerdagne, Osona, Pallars, Ribagorce) sont intégrés à la Marche d’Espagne, une zone frontalière de l’Empire carolingien face à Al-Andalus.

  • Les comtes sont nommés par les Carolingiens, alternant entre aristocrates francs et élites locales romanisées ou wisigothiques.

genealogie-du-tronc-commun-des-vicomte-de-vallespir-fenouillet-castelnou-liens-avec-le-conflent-et-peyrapertuse-entre-840-et-988

Marche d'Espagne

Septimanie

1. Royaume de Pampelune
2. Comté d'Aragon
3. Comté de Sobrarbe
4. Comté de Ribagorça
5. Val d'Aran
6. Comté de Pallars
7. Comté d'Urgell
8. Comté de Cerdagne
9. Comté de Besalu
10. Comté de Peralada
11. Comté de Ripoll
12. Comté de Barga
13. Comté d'Empuries
14. Comté d'Osona
15. Comté de Gérone
16. Comté de Barcelone

17. Comté de Roussillon
(Rosselló)
18. Comté de Conflent
(Conflent)
19. Comté du Razès (Rasès)
20. Comté de Carcassonne (Carcassona)
21. Comté de Narbonne (Narbona)
22. Comté d'Agde et de Béziers
(Agde-Besiers)
23. Comté de Lodève (Lodeva)
24. Comté de Melgueil
(Melguelh)
25. Comté de Nîmes (Nimes)

 

 

 

Charlemagne gouvernait son empire par l'intermédiaire des comtés, sous l'autorité d'un «compagnon du roi» appelé comes/comitis (ce qui a donné en français «comte» et «comté») à qui il déléguait l'administration locale. Ce dernier était à la fois un administrateur, un juge, un chef militaire et un percepteur d'impôts. Très souvent choisis parmi les membres de la proche famille de Charlemagne, les comtes furent à l'origine d'une aristocratie dont les liens survivront, malgré les frontières, au morcellement de l'empire carolingien. Parmi eux, le comté qui joua le plus grand rôle fut celui de Barcelone.  Le titre de comte était alors révocable, puis avec le temps celui-ci devint héréditaire, ce qui allait donner lieu à des dynasties comtales catalanes. (source : https://www.axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan.htm)

 


 


2. Affaiblissement carolingien et autonomisation (IXe siècle)
  • À partir des années 840–870 : L’Empire carolingien se fragmente (traité de Verdun en 843, puis déclin des Carolingiens en Francie occidentale). Les comtes catalans, éloignés de la cour, commencent à s’autonomiser :

    • Les charges comtales deviennent héréditaires (ex. : famille des Borrellides à Barcelone).

    • Les comtes s’appuient sur les évêchés et les monastères pour légitimer leur pouvoir.

    • En 862–878, les Borrellides obtiennent la nomination à la tête de plusieurs comtés (Barcelone, Gérone, Osona) sous Charles le Chauve.

  • Processus de féodalisation :

    • Les comtes transforment leur charge en patrimoine familial, s’arrogeant des droits publics (justice, fiscalité).

    • Ils mènent des expéditions vers le sud (ex. : reconquête de Tarragone en 890) pour étendre leur influence.


3. Naissance des principautés catalanes (Xe siècle)
  • Vers 900–950 : Les comtés catalans deviennent des entités politiques quasi indépendantes, bien que théoriquement vassales des Carolingiens puis des rois de Francie occidentale.

    • Quatre principautés majeures émergent, centrées sur :

      • Barcelone (prééminence symbolique et militaire).

      • Gérone.

      • Urgell.

      • Pallars-Ribagorce.

    • Les comtes de Barcelone (comme Wifred le Velu, 870–897) et ses successeurs (Borrell II, 927–992) consolident leur pouvoir en unifiant progressivement les comtés.

  • Alliances et conflits :

    • Les comtes rivalisent entre eux (ex. : querelles entre Borrellides et Guilhemides (descendants de Guillaume de Gellone).

    • Ils collaborent avec les pouvoirs ecclésiastiques (ex. : évêché de Vic) pour renforcer leur légitimité.


4. L’indépendance de fait (seconde moitié du Xe siècle)
  • 987 : La fin de la dynastie carolingienne en Francie occidentale (avènement d’Hugues Capet) accélère l’autonomie catalane. Les comtes ne reconnaissent plus l’autorité des rois francs.

  • 988 : Le comte Borrell II refuse de prêter hommage au nouveau roi capétien, marquant une rupture définitive avec la Francie. Les comtés catalans deviennent de facto indépendants. En fait le serment d’allégeance initial était réservé aux carolingiens et non aux capétiens, usurpateurs du pouvoir légitime si l’on en juge par la réaction du comte catalan. Mais il y a surtout la réflexion que les alliances locales avec les carolingiens puissent être remises en causes par les capétiens, comme ce fût le cas dès le changement dynastique pour la transition mérovingiens puis carolingiens qui changèrent entièrement l’administration précédente. La reprise en mains des capétiens se fera plus tardivement soit par des opérations de mariages et ou par des conflits comme on le verra avec les Plantagenets entre autre dont les rois refusèrent l’allégeance et en plus demandèrent le trône du suzerain. Pour la catalogne on serait plus dans un mouvement légitimiste et indépendantiste dont une partie des comtés de la marche carolingienne retombera dans l’escarcelle capétienne a l’issue de la croisade Albigeoise, puis sous le règne de Louis XIV au moment de la guerre de succession d’Espagne.


 

________________________________________________________________________________________

___________________________


 

Identification d’Ansemund et variants dans les archives (842 - 998)

 

 

Date

Forme dans la source

Personne / identification

Parenté connue

Titre / fonction

Comté / région

Lieu précis

Référence documentaire

Tradition / source

842-08-21

Ansemundo / Ansemundus

Ansemundus

vicecomes, puis juge

Empúries, Peralada, Besalú, Girona

Empúries, église Saint-Martin

Catalunya Carolíngia, V, doc. 19

original non localisé ; copie XIIIe, Cartoral de Carlemany, pp. 12-14

845

Ansemundi / Ansemundus

Ansemundus, identité à vérifier

témoin

corpus pyrénéen

à déterminer

Catalunya Carolíngia, index anthroponymique

source éditée dans le corpus CATCAR

857

Ansemundus

Ansemundus

témoin / laïc à vérifier

Berguedà (?)

à déterminer

CATCAR, index

acte à identifier dans l'édition

870-879

Ansemundus / Ansemundo

Ansemundus, abbé de Banyoles

abbé de Sant Esteve de Banyoles

Besalú

Banyoles

dossier 870-879

plusieurs actes ; voir ci-dessous

878

Ansemundus

même abbé de Banyoles

abbé, requérant auprès du roi

Besalú / Peralada

Troyes

acte de Louis le Bègue, 878

original perdu ; tradition diplomatique

879-06-26

Ansemundus

même abbé

abbé, demandeur au plaid

Besalú / Peralada

Castelló d’Empúries

Catalunya Carolíngia V, dossier du jugement

original perdu ; plusieurs copies/transcriptions

883-12-19

Ansemundus

Ansemundus distinct ou continuateur à établir

témoin

Girona

à déterminer

CATCAR, index

acte original selon index

889-11-04

Ansemundus

Ansemundus du Biterrois

épouse Columba ; frère Giscalfredus

noble propriétaire

Béziers

Cuminiano / Comiurano, Saint-Geniès

Livre Noir de Béziers, n° 6 selon l'étude

tradition du cartulaire ; acte étudié par Magnou-Nortier

898-04-17

Ansemundus

Ansemundus

à identifier

Osona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

898-04-25

Ansemundus

probablement même milieu que précédent, mais identité non démontrée

témoin / noble selon contexte

Girona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

906-02-19

Ansemundus

Ansemundus de l'entourage de Montolieu

scribe, souscripteur

Carcassonne

territoire carcassonnais

TELMA/IRHT, charte n°2369

original conservé

923

Ansemundus

à identifier

à déterminer

Girona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

926

Ansemundus

à identifier

à déterminer

Girona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

928

Ansemundus

à identifier

à déterminer

Peralada

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

941-05-18

Ausemundus / Ansemund

Ansemund, seigneur de Camélas

épouse Quíxol ; 7 enfants

seigneur du château de Camélas

Roussillon, Vallespir, Cerdagne, Besalú

Camélas et nombreux alleux

CC VI, doc. 259

original perdu ; copie XVIIIe, ADPO, Fonds Fossa n°50

945

Ansemundus

à identifier

clerc / témoin probable

Osona / Manresa

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

946

Ansemundo

à identifier

témoin

Osona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

947

Ansemundus

à identifier

témoin

Manresa

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

951

Ansemundus

à identifier

témoin

Besalú

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

953

Ansemundus

à identifier

témoin

Osona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

954

Ansemundo

à identifier

témoin

Osona

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

955

Ansemundo

à identifier

témoin

Osona / Roussillon

à déterminer

CATCAR

occurrence indexée

957

Ansemundus

Ansemundus archilevite

archilevite de Vic

Vic / Osona

Vic, puis Montserrat

acte de dotation de Sainte-Cécile, 957

copie XVIIIe ; édition Ramon Ordeig

957

Ansemundus

autre occurrence à examiner

à déterminer

Besalú / Conflent

CATCAR

occurrence indexée

959

Ansemundus

à identifier

à déterminer

Berguedà, Manresa, Ripoll, Urgell

CATCAR

occurrences multiples

960

Ansemondo

à identifier

témoin

Osona

CATCAR

occurrence indexée

962

Ansemundo

à identifier

témoin

Occitanie

CATCAR

occurrence indexée

965

Ansemundus

à identifier

témoin

Barcelona

CATCAR

occurrence indexée

966

Ansemundus

à identifier

témoin

Manresa

CATCAR

occurrence indexée

967

Ansemundus

à identifier

témoin

Osona

CATCAR

occurrence indexée

969

Ansemundus

à identifier

témoin

Osona

CATCAR

occurrence indexée

978

Ansemundus

au moins une occurrence ecclésiastique

sacer / scribe dans un acte

Besalú/Girona

à déterminer

CATCAR V

acte à confronter au dossier de Vic

986

Ansemundo

à identifier

témoin

Vallespir

CATCAR

occurrence indexée

997

Ansemundo

à identifier

témoin

Empúries

CATCAR

occurrence indexée

998

Ansemundo

à identifier

témoin

Osona

CATCAR

occurrence indexée

Les occurrences 842–998 proviennent de l'index anthroponymique de Catalunya Carolíngia ; celui-ci est particulièrement utile pour éviter de manquer les formes Ausemundus et Ansemundo qui ne ressortent pas avec une recherche limitée à « Ansemundus ». (Publicacions IEC)



1. Le dossier de 842 : très solide, et probablement un personnage de haut rang

Le 21 août 842, à Empúries, un tribunal présidé par Gotmar, évêque de Girona, et Alaric, comte d'Empúries, entend une affaire relative aux droits épiscopaux sur les terres de Girona, Besalú, Empúries et Peralada.

La liste des juges donne explicitement :

Ansemundo vicecomiti

C'est donc un Ansemundus vicomte, et non simplement un témoin quelconque. (reconstruirelcomunal.suportmutu.org)

Le document est particulièrement important pour votre hypothèse parce que son espace politique englobe exactement plusieurs des territoires que vous cherchez :

Empúries → Peralada → Besalú → Girona.

L'original n'est pas localisé ; la tradition principale est le Cartoral de Carlemany, pp. 12-14, copie du XIIIe siècle. L'édition moderne est signalée comme Catalunya Carolíngia, V, doc. 19.

(reconstruirelcomunal.suportmutu.org)

https://publicacions.iec.cat/repository/pdf/00000336/00000046.pdf


2. L'Ansemundus abbé de Banyoles : 870-879

Ici, nous avons une identification beaucoup plus sûre, car plusieurs documents convergent.

En 879, Ansemundus est explicitement présenté comme :

abbé du monastère de Sant Esteve de Banyoles, situé dans le territoire de Besalú.

Il défend devant le tribunal de Castelló d'Empúries les possessions du monastère contre Obtared, abbé de Sant Policarp de Rasès.

Les biens litigieux sont dans le territoire de Peralada :

  • Sant Joan Sescloses ;

  • Sant Cebrià de Pineda ;

  • Sant Fruitós de la Vall de Santa Creu ;

  • Sant Pere de Rodes. (portalgironi.cat)

Le document est capital parce qu'il fournit un pont documentaire concret entre Besalú, Empúries, Peralada et Razès.

L'original est perdu ; les principales traditions sont :

  • Villanueva, Viage, XIV, ap. XXV, p. 314-317 ;

  • Monsalvatje, Noticias, XI, n° XXXVIII ;

  • Constans, Diplomatari, n° 13 ;

  • Catalunya Romànica, VIII, p. 52. ( portalgironi.cat)

Et surtout, en 878, Ansemundus se rend auprès de Louis le Bègue à Troyes avec l'évêque Teuter de Girona pour obtenir confirmation des possessions de Banyoles. Le précepte royal mentionne expressément les dépendances de Banyoles en Besalú et Peralada. (Caro)

Acte royal de Louis le Bègue, 878 — CARO

Jugement de Castelló d’Empúries, 879

Conséquence généalogique

Cet Ansemundus ne peut pas encore être identifié avec certitude avec l'Ansemundus de Camélas de 941.

Il existe cependant une continuité géographique remarquable :

Ansemundus 842 — Empúries / Peralada / Besalú

Ansemundus 870-879 — Banyoles / Besalú / Peralada / Rasès

Ansemund 941 — Roussillon / Vallespir / Cerdagne / Besalú

Cela justifie pleinement une recherche prosopographique approfondie.


3. L'Ansemundus de Carcassonne, 906

Celui-ci est à séparer provisoirement des deux précédents.

Le 19 février 906, un acte concernant l'exécution du testament d'Acfred, comte de Carcassonne, en faveur de Montolieu porte la souscription :

Signum Ansemundus

puis :

Ansemundus qui hanc scripturam scripsi...

Il est donc le scribe de l'acte, et également souscripteur. (Telma)

Cette pièce est exceptionnelle parce qu'il s'agit d'un parchemin original conservé, aujourd'hui à la BnF, Collection de Languedoc, t. 194, n° 3.

L'IRHT lui attribue le n° 2369 dans Chartes originales antérieures à 1121 conservées en France. (Telma)

Notice IRHT et fac-similés de l'original de 906

C'est une piste Carcassonne–Razes particulièrement importante

Mais attention : être le scribe de l'acte ne signifie pas être parent du comte Acfred.

Il faut donc classer cet Ansemundus comme :

Ansemundus de l'entourage documentaire de Carcassonne, 906 — identité familiale non démontrée.


4. 889 à Béziers : Ansemundus et son « frère » Giscalfredus pour la villa Cuminiano ouvre la porte au réseau aristocratique Melgueil, Lodève, Nîmes. (peut être en lien avec les barons de Ganges)

Le 4 novembre 889, un Ansemundus, son épouse Columba et Giscalfredus, probablement son frère, vendent à l'évêque de Béziers leur cinquième partie de Cuminiano/Comiurano et de l'église Saint-Geniès.

Le texte dit qu'ils tenaient ces biens de leurs parents, lesquels les avaient eux-mêmes reçus de Charles le Chauve. (OpenEdition Books)

L'étude de l'aristocratie septimanienne rapproche cet Ansemundus de la lignée de Faugères, dans l'environnement de Lunas et du Biterrois. (OpenEdition Books)

Je le classerais donc actuellement :

Ansemundus de Béziers/Faugères, 889 — probablement distinct du groupe catalan.

C'est une distinction importante : le même nom ne suffit absolument pas à établir une filiation Carcassonne → Catalogne.


5. Le dossier extraordinaire de 941 : Ansemund de Camélas

C'est le document qui mérite la plus grande attention.

Le 18 mai 941, Ansemund, seigneur du château de Camélas, et son épouse Quíxol disposent de leurs biens en faveur de leurs enfants.

Le texte porte sur des biens situés explicitement dans :

  • le comté de Roussillon ;

  • le Vallespir ;

  • le comté de Cerdagne ;

  • le comté de Besalú. (Enciclopèdia.cat)

L'original a disparu, mais une copie du XVIIIe siècle subsiste aux Archives départementales des Pyrénées-Orientales, Fonds Fossa, n° 50. (Enciclopèdia.cat)

La référence publiée est :

Catalunya Carolíngia, VI, doc. 259, 18 mai 941. (repositori.udl.cat)

Les enfants

L'acte donne notamment :

  • Sunieffredo, clerc ;

  • Sentilles / Sentill ;

  • Mirone ;

  • Riculfo ;

  • Suniario ;

  • Olibane ;

et une fille Ranlo est également signalée dans l'analyse du testament. (repositori.udl.cat)

C'est extrêmement intéressant pour la prosopographie, car les noms Sunifred, Miró, Sunyer, Oliba et Riculf sont précisément ceux qui circulent dans les familles comtales de Cerdagne, Besalú, Roussillon et Barcelone.

Acte du 18 mai 941 en entier version latine et française

LES CONJOINTS ANSEMON ET QUIXOL VENDENT A LEURS ENFANTS SUNIFRED LE CLERC, SENTILL, MIRO, RICULF, SUNYER, OLIBÀ ET RANLÓ LES ALLEUX QU'ILS ONT DANS LES COMTÉS DE ROUSSILLÓN, CERDAGNE ET BESALÚ, POUR LE PRIX DE CINQ CENTS SOUS « solidi (monnaie d’or en cours à Constantinople). ET DANS DIFFÉRENTS ENDROITS DU VALLESPIR, (voir détail plus bas) Ceci est un acte de cession en échange d’un usufruit sur les domaines jusqu’à leur décès pour la somme précitée de 500 sous d’or.

 

Original perdu.

 

- [UN]. Copie de 1140-1147 au Cartulairel d'Elna, f. 66, perdu.

 

- B. Copie du siècle xvm, certifié par Fossà : Paris, BN, Col. Moreau, vol. 6, suiv. 171-173, ex A.

 

- C.* Copie du XVIIIe siècle, certifié par Fossà : Perpignan, APO, fonds Fossà, 12 J 25, Recueil, tome 11, no. 50, ex A. OBJET : LACVIVIER, Le cartulaire, no. 50, p. 321. Le regest de Lacvivier commence par ces mots : « Vente au même Evêque [Wadalde] par Ausemundus et Kixol, son épouse, de divers alleux", mais il ajoute en note de bas de page : "Alart indique : Vente par Ause- monde et son épouse à leurs enfants». Tous les lieux qu'il répertorie ainsi que leur disposition correspondent à ceux mentionnés dans ce document.

 

« In nomine Domini. Ego Ansemundus et uxor mea Kixol, nos simul in unum, vinditores sumus

vobis Suniefredo clerico, Sentilles, Mirone, Riculfo, Suniario, Olibane et Ranlone femina, empto-

res nostros. Per hanc scripturam vindicionis nostre vindimus nos vobis omnem alodem nostrum

quod nos habemus in comitatu Russilionense, in villa Roderadi, que alium nomen vocant Monte

Schapri vel infra eius fines et termines; et in villa Sancto Felice vel infra eius fines et termines; et in

Riliano vel in eius terminio; et in Ripa fracta vel in eius terminio; et infra terminio de Monte Au-

riolo vel in eius aiacentia; et in valle Agrevolaria vel in eius fines et termines; et in locum ubi vocant

ad ipsas Insulas vel in Monte Nigro vel in illorum fines et termines; sive infra terminio de ipsos vil-

lares qui sunt infra terminio de kastro Chamelas; et infra terminio de Valle Asperi, in locum ubi va-

cant Ulmos vel infra eius fines et termines; et in Monte Bodone sive in suis membris vel in eius vil-

laribus vel in illorum fines et termines; et infra terminio de Bucago, in locum ubi vacant Campo

Cerdana vel infra eius fines et termines; et in locum ubi vacant Uxas ipso villare que vacant de Gai-

ro vel de Gairardo qui fuerunt condam et hodie vacant Gausago, cum illorum fines et termines, to-

tum ah integre.

Et in comitatu Cerdania, in locum ubi vacant Navarando et Talltorta, totum ah integre cum om-

nes fines et termines earum. Et in comitatu Bisuldunense, in locum ubi vacant Biania, in villa que nun-

cupant Cubile Secho vel infra eius fines et termines; et in villa Bevida vel infra eius fines et termines.

In istis iamdictis Iods vel infra illorum fines et termines vindimus nos vobis omnia quantum

quod nos ibidem habemus et hodie retinemus vel hereditare debemus vel que inantea adquirere po-

tueramus, tam in domibus quam in curris, in casas, casalibus, in curris, in curtalibus, in orris, in or-

talibus, in terris et in vineis, pratis, pascuis silvis, garricis, aquis aquarum, molindinis et molinaribus,

et linaribus, vieductibus et reductibus, omnia et in omnibus quantum quod nos ibidem habemus et

hodie retinemus tam ex parentorum quam ex comparatione vel ex comutatione vel que inantea ad-

quirere potuerimus tam quisitum quam ad adquirendum, tam rusticum quam hurbanum, omnia et

in omnibus sic vindimus nos vobis ah omnem integritatem, cum exia et regressia earum, et cum illo-

rum affrontationes, exceptus quod nos in sanctas Dei ecclesias donaverimus. Ipsum quoque alaudem

de Sancto Felice, cum ipsas ecclesias qui ibidem sunt fundatas in honore Sancte Marie vel Sancti

Michaelis vel ipso alode de Riliano sive de Ripa fracta, vendimus sive tradimus in potestates de istos

iam suprascriptos filios nostros, id est Sunieffredo clerico, Sentilles, Mirone, Riculfo, Suniario et

Olibane, ut de ah hodierna die et tempore maneat illis firma potestas. Ranlo quoque femina ista iam

suprascripta non habeat potestatem nec tenere nec possidere nec vindere nec donare nec alienare de

ipsum alode de Sancto Felice nec de Riliano nec de Ripa fracta.

Et accepimus nos vinditores de vos emptores predum sicut inter nos et vos bene convenit in nos-

tra diffinitionis, id est solidatas D, quod vos emptores nobis dedistis et nos vinditores de presente ma-

nibus nostris recepimus, et nichilque de ipso precio apud vos emptores non remansit, est manifestum.

Quem vero hec omnia superius inserta de nostra iure in vestra tradimus potestate, in tale vero

deliberatione ut dum nos vixerimus teneamus et possideamus et exfructare fadamus cunctis diebus

vite nostre, et post obitum nostrum maneat vobis firma potestas sicut superius insertum est. Et si

unus ex vobis migraverit de hoc seculo et filios aut filias legitimos non relinquerit post se qui ad per-

facta etate perveniant, ipsa hereditas revertere fadat ad istos iam suprascriptos illorum fratres qui ad

illum tempus iam venturi erunt. Quod si nos vinditores aud ullus homo qui contra ista scriptura vin-

ditionis venerit pro inrumpendum, quantum ad eo tempore hec omnia superius inserta melioratum

fuerit, in dupla vobis componere fadat. Et inantea ista scriptura vinditionis inrumpere non permi-

tatur, sed plenam in omnibus habeat firmitatem. 

F acta scriptura vinditionis sub die XV kalendas iunii, anno V regnante Ludovico rege, filio Ka-

rulo rege.

Ansemundus, Sig+num Chixilo, nos simul in unum qui ista scriptura vinditionem fecimus et tes-

tes firmare rogavimus. Sig+num Ramaricus. Sig+num Bartolomeus. Sig+num Vivendus. Sig+num

Ingilbertus. Sig+num Frambertus. Sig+num Albaricus. Sig+num Baldericus.

Malangeicus presbiter, qui ista vindictione scripsi et subscripsit die et anno quod supra. »

 

 

 

 

« Au nom du Seigneur. Moi, Ansemundus, et ma femme Kixol, unis comme un seul homme, vous vendons, à Suniefredo le clerc, Sentilles, Mirone, Riculfo, Suniario, Olibane et Ranlone la femme, nos acheteurs. Par cet acte de vente, nous vous vendons toutes nos terres situées dans le comté de Roussillon, dans la commune de Roderadi, également appelée Monte Schapri, ou dans ses limites ; dans la commune de Sancto Felice, ou dans ses limites ; à Riliano, ou dans ses limites ; à Ripa fracta, ou dans ses limites ; à Monte Au- riolo, ou à proximité ; dans la vallée d'Agrevolaria, ou dans ses limites ; à l'endroit où l'on appelle les Îles, ou à Monte Nigro, ou dans ses limites ; ou dans les limites des mêmes communes.et confins ; ou dans les limites des villages situés eux-mêmes dans le ressort du château de Chamelas ; et dans les limites de la Valle Asperi, au lieu-dit Ulmos (aujourd'hui désert) ou dans ses limites et confins ; et sur le Monte Bodone, ou dans ses dépendances, ses villages ou leurs limites et confins ; et dans les limites de Bucago, au lieu-dit Campo Cerdana (aujourd'hui désert) ou dans ses limites et confins ; et au lieu-dit Uxas (aujourd'hui désert), dans le village autrefois habité par Gair ou Gairardo et aujourd'hui désert (dit de Gausago), avec toutes leurs limites et confins.

 

Et dans le comté de Cerdagne, aux lieux-dits Navarrando et Talltorta (aujourd'hui déserts), le tout avec toutes leurs limites et confins.

 

Et dans le comté de Besalú, au lieu-dit Biania (aujourd'hui désert), dans la localité désormais appelée Cubile Secho ou dans ses limites et confins ; et dans la localité de Bevida ou dans ses limites et confins. Sur ces terres susmentionnées, ou dans leurs limites et confins, nous vous vendons tout ce que nous y possédons et détenons actuellement, tout ce dont nous devons hériter ou que nous avons pu acquérir précédemment : maisons, fermes, masures, exploitations agricoles, cours, collines, jardins, terres et vignes, prairies, pâturages, forêts, garrigues, cours d'eau, moulins, champs de lin, ainsi que toutes les voies d'accès et dépendances ; en somme, tout ce que nous y possédons et détenons — que ce soit par héritage, par achat, par échange ou par toute autre acquisition passée ou future, en milieu rural comme urbain — nous vous le vendons en toute intégrité, avec les droits de passage et d'accès ainsi que les droits de voisinage, à l'exception toutefois des biens que nous avons donnés aux saintes églises de Dieu. Nous vendons et cédons ledit alleu de San Felice — avec les églises qui y sont fondées en l'honneur de sainte Marie ou de saint Michel — ainsi que les alleux de Riliano ou de Ripa Fracta, à nos fils susnommés, à savoir : le clerc Sunieffred, Sentilles, Miron, Riculf, Suniario et Olibano, afin qu'ils en détiennent désormais la pleine propriété. Ladite femme susmentionnée n'a, quant à elle, aucun droit de détenir, posséder, vendre, donner ou aliéner ces mêmes alleux de San Felice, de Riliano ou de Ripa Fracta. Nous, vendeurs, avons reçu de vous, acheteurs, le prix convenu entre nous, à savoir cinq cents sous (*solidi*), somme que vous nous avez versée et que nous avons reçue ; il est établi qu'aucune partie de ce prix ne demeure entre vos mains. Nous vous transférons légalement la propriété de tous les biens susmentionnés, selon les termes suivants : nous promettons d'en conserver la jouissance et la possession durant toute notre vie, après quoi la pleine propriété vous en reviendra, comme il a été stipulé plus haut. Si l'un de vous venait à mourir sans laisser de fils ou de filles légitimes ayant atteint l'âge adulte, cet héritage reviendrait aux frères susmentionnés alors en vie. Si nous, vendeurs, ou quiconque d'autre, tentions d'enfreindre cet acte de vente, nous serions tenus de vous verser le double de la valeur qu'auront alors acquise les biens susmentionnés. Cet acte de vente est irrévocable et conserve toute sa validité juridique. Il a été rédigé le 15e jour avant les calendes de juin, en la cinquième année du règne du roi Louis, fils du roi Charles. Nous, Ansemund et le seigneur, Chixilo, avons conjointement établi cet acte de vente et appelé des témoins pour le confirmer. Seigneur Ramaricus. Signataire Barthélemy. Signataire Vivendus. Signataire Ingilbertus. Signataire Frambertus. Signataire Albaricus. Signataire Baldericus. Le prêtre Malangeicus, qui a rédigé et souscrit cet acte de vente aux jour et année susmentionnés.


5.1. La question essentielle : qui est Quíxol ?

C'est ici que la recherche devient vraiment intéressante.

Quíxol

941 : Quíxol

→ probablement Quixilona

→ morte 22 février 945

filia Wifredi comitis. (Publicacions IEC)

Une étude de Martí Aurell examine précisément ce document de 941 et les liens de Quixilona avec la famille de Guifred le Velu.

Une hypothèse ancienne identifiait Quíxol, épouse d'Ansemund, à une fille de Delà, comte d'Empúries, et de son épouse Quíxol.

Mais Aurell estime plus vraisemblable qu'elle soit Quixilona, fille de Guifred I le Velu. Il rapproche notamment :

  • son décès en 945 ;

  • une inscription funéraire la donnant comme fille du comte Wifred ;

  • la vente de ses biens en 941 ;

  • les noms des fils d'Ansemund et Quíxol ;

  • et surtout la géographie des biens en Cerdagne, Besalú et Roussillon. (repositori.udl.cat)

L'hypothèse n'est pas certaine, mais elle est beaucoup plus intéressante historiquement que les généalogies en ligne qui donnent directement Quíxol comme fille de Delà sans démonstration documentaire.


 

Le dossier Quíxol / Quixilona est particulièrement intéressant

L'acte du 18 mai 941, CC VI, doc. 259, donne la forme Quíxol pour l'épouse d'Ansemund et énumère les six fils :

Sunieffredo clerico, Sentilles, Mirone, Riculfo, Suniario et Olibane

La copie de l'acte est conservée sous forme de copie du XVIIIe siècle ; l'original est perdu. (Enciclopèdia.cat)

Mais Martí Aurell propose une identification capitale :

Quíxol, épouse d'Ansemund = Quixilona, fille de Guifred Ier.

La preuve indépendante est une inscription funéraire :

Chixiloni Deo dicata, filia Wifredi comitis

Elle donne sa mort au 22 février 945. Aurell estime que l'identification avec la Quixilona d'Ansemund est plus vraisemblable que l'ancienne hypothèse qui faisait de Quíxol une fille de Delà d'Empúries. (Repository UDL)

Mais il faut conserver le niveau de preuve

Identification

Niveau

Quíxol épouse d'Ansemund

certain en 941

Quixilona morte en 945 = épouse d'Ansemund

probable, non démontré

Quixilona = fille de Guifred Ier

certain pour la défunte de 945

Quíxol d'Ansemund = fille de Guifred Ier

hypothèse historiographique forte

Quíxol = fille de Delà d'Empúries

ancienne hypothèse, moins convaincante selon Aurell

L’élément qui renforce Aurell est justement l’onomastique des enfants : Sunifred, Miró, Sunyer, Oliba et Riculf appartiennent au stock de noms des familles comtales de Cerdagne/Besalú/Roussillon. (Repository UDL)



 

5.2. Ansemund : disparition presque complète après 941

Les formes dans le dossier roussillonnais apporte un élément important :

Ansemund / Ansemon / Ansemun / Ansemundo / Ausemund

Ansemund de Camélas n'est plus attesté personnellement après l'acte de 941.

La documentation spécialisée le considère comme connu essentiellement par cet acte. (Enciclopèdia.cat) Cela ne veut pas dire qu’il soit décédé ; il a pu entrer dans un ordre monastique par la suite.


7. Les biens de 941 : un véritable « réseau patrimonial »

Le testament permet de suivre la famille dans plusieurs zones.

Vallespir

Montboló est explicitement mentionné parmi les biens d'Ansemund et Quíxol en 941. (Enciclopèdia.cat)

Roussillon

Camélas, Oms, Llotes et d'autres biens appartiennent au patrimoine familial.

Pour Llotes, la documentation indique explicitement :

en 941, Ansemund et Quíxol disposent de leur alleu de Llotes au profit de leurs enfants.

Et en 1008, l'un des descendants dispose encore d'un bien à Llotes provenant de cet héritage. (Enciclopèdia.cat)

Camélas → Castellnou

L'importance de Camélas est confirmée par la généalogie seigneuriale ultérieure : Ansemund est considéré comme l'ancêtre de la lignée des Castellnou ; son petit-fils Guillem devient vicomte de Vallespir puis la famille prend le nom de Castellnou. (Enciclopèdia.cat)


8. 957 : un autre Ansemundus ecclésiastique, à Vic

Il faut encore distinguer l'Ansemundus de 941 de l'Ansemundus archilevite de Vic.

L'acte de dotation/consécration de Sainte-Cécile de Montserrat en 957 porte parmi les souscripteurs :

Ansemundus archilevita...

Une étude prosopographique de la cathédrale de Vic l'identifie comme :

Ce personnage est donc solidement documenté dans le milieu capitulaire de Vic, et non comme seigneur de Camélas.

Étude prosopographique de la cathédrale de Vic — PDF

L'acte de 957 est également transmis par une copie du XVIIIe siècle, l'original ayant disparu. (Enciclopèdia.cat)


9. Ce que les sources permettent déjà de conclure

Je proposerais actuellement cette reconstruction à trois niveaux de certitude :

Groupe A — Empúries/Besalú, IXe siècle

Ansemundus, vicomte, 842

⬇ probablement milieu aristocratique d'Empúries/Besalú

Ansemundus, abbé de Banyoles, 870-879

Mais la filiation entre les deux n'est pas démontrée.

Le fait qu'un même nom apparaisse à 842 et vers 870-879 dans la même aire est suggestif, mais insuffisant.


Groupe B — Carcassonne/Béziers

Ansemundus de Carcassonne, 906

et

Ansemundus de Béziers, 889

doivent pour l'instant être traités comme deux lignées distinctes du groupe catalan.

Leur proximité géographique et l'onomastique commune justifient une recherche complémentaire, mais aucune filiation directe n'est établie.


Groupe C — Camélas/Vallespir, Xe siècle

Ansemund + Quíxol, 941

est un personnage exceptionnellement bien caractérisé par son patrimoine :

Camélas → Roussillon → Vallespir → Cerdagne → Besalú.

C'est ce groupe qui donne naissance à la future aristocratie de Castellnou/Vallespir, et probablement aussi à la lignée de Fenollet. (Enciclopèdia.cat)


10. Une piste particulièrement prometteuse : 941 → 1000

Le meilleur test généalogique n'est peut-être pas de chercher directement un « Ansemundus père de X », mais de suivre chacun des sept héritiers de 941.

Par exemple :

Ansemund + Quíxol (941)
Sentill
Guillem I, vicomte de Vallespir/Castellnou
Castellnou

et parallèlement :

Ansemund + Quíxol
Pere I ?
Fenollet

L'Enciclopèdia Catalana considère précisément que les patrimoines de la future famille Fenollet autour de Camélas correspondent aux biens répartis par Ansemund en 941, et que les deux lignages présentent une onomastique commune. (Enciclopèdia.cat)

Cela donne un axe de recherche beaucoup plus solide que de simplement aligner les occurrences du nom.


11. Et surtout : Ripoll, Cerdagne et Foix

Pour votre objectif initial, je ne considère pas encore la piste Foix comme démontrée.

Le corpus CATCAR montre des occurrences dans Ripoll, Urgell/Cerdagne, Besalú, Vallespir et Empúries, mais il faut ouvrir les actes individuels avant de transformer une occurrence d'Ansemundus en lien généalogique. L'index montre par exemple des mentions en Ripoll en 959, en Vallespir en 986, et en Empúries en 997. (Publicacions IEC)

Autrement dit :

Ripoll : piste réelle.
Cerdagne : piste très forte autour de 941.
Vallespir : extrêmement forte.
Roussillon : extrêmement forte.
Empúries/Besalú : très forte dès 842.
Carcassonne/Razès : réelle mais probablement autre branche.
Foix : à démontrer par les actes, pas seulement par l'onomastique.



12. Sources primaires / éditions à conserver comme « noyau dur »

Voici les références que je considérerais comme les plus importantes pour poursuivre le dossier :

  1. 842 — Empúries, Ansemundus vicecomes
    Catalunya Carolíngia, V, doc. 19 ; Cartoral de Carlemany, pp. 12-14. (reconstruirelcomunal.suportmutu.org)

  2. 878 — précepte de Louis le Bègue pour Banyoles
    Recueil des actes de Louis II le Bègue, Louis III et Carloman II, n° 23. (Caro)

  3. 879 — jugement de Castelló d'Empúries
    Catalunya Carolíngia / Constans, Diplomatari, n° 13. (portalgironi.cat)

  4. 889 — Ansemundus + Columba + Giscalfredus, Béziers
    Livre Noir de Béziers, n° 6 / étude Magnou-Nortier. (OpenEdition Books)

  5. 906 — Ansemundus, scribe de l'acte de Montolieu
    IRHT/TELMA, Charte n° 2369, original conservé à la BnF. (telma)

  6. 941 — Ansemund + Quíxol, Camélas
    Catalunya Carolíngia, VI, doc. 259, 18 mai 941 ; copie ADPO, Fonds Fossa n° 50. (repositori.udl.cat)

  7. 957 — Ansemundus archilevita, Vic/Montserrat
    Acte de Sainte-Cécile de Montserrat ; prosopographie de Vic, RP-18. (Déposit Digital UB)

  8. 1008 — héritage de Llotes
    document permettant de suivre la transmission d'un des biens de 941. (Enciclopèdia.cat)

Corpus numérique Catalunya Carolíngia — Institut d'Estudis Catalans

Corpus des chartes originales antérieures à 1121 — IRHT/TELMA


 


 

______________________________________________________________________________________________________________________________

_________________________


 

ACTE DE DONATION D’ANSEMUND ET QUIXOL A LEURS SEPT ENFANTS DU 18 MAI 941, domaines, alleux...


 

. Le point de départ : Ansemund + Quíxol, 18 mai 941

L'acte du 18 mai 941, Catalunya Carolíngia, VI, doc. 259, est notre acte fondateur.

Ansemund est seigneur du château de Camélas. Avec son épouse Quíxol, il attribue ses biens à leurs sept enfants : six fils et une fille. Les biens se trouvent dans les comtés de :

  • Roussillon ;

  • Vallespir ;

  • Cerdagne ;

  • Besalú.

L'original est perdu ; nous disposons d'une copie du XVIIIe siècle conservée dans le fonds Fossa, APO/ADPO, n° 50. (Enciclopèdia.cat)

Les six fils sont :

  1. Sunieffredo / Sunifred, clerc ;

  2. Sentilles / Sentill ;

  3. Mirone / Miró ;

  4. Riculfo / Riculf ;

  5. Suniario / Sunyer ;

  6. Olibane / Oliba ;

et la fille :

  1. Ranlo.

Cette liste est donnée explicitement par Martí Aurell à partir de l'acte de 941. (repositori.udl.cat)


 

Acte fondateur : 18 mai 941

L'acte de 941 donne six fils et une fille :

Sunieffredo clerico, Sentilles, Mirone, Riculfo, Suniario et Olibane, plus Ranlo. Les biens sont répartis dans le Roussillon, Vallespir, Cerdagne et Besalú. (Repository UDL)

Le patrimoine comprend notamment :

  • Camélas ;

  • Llotes ;

  • les Illes ;

  • Montescot ;

  • Sant Feliu d'Amunt ;

  • Sant Feliu d'Avall ;

  • Rellà ;

  • Polig ;

  • Vallicrosa ;

  • Oms ;

  • Montboló ;

  • Buçac ;

  • Camp Cerdà ;

  • Uixes ;

  • Gosag.

Les biens sont des alleux, donc des propriétés libres, ce qui est capital pour suivre leur transmission. (Enciclopèdia.cat)



 

les six fils sont bien repris à Camélas vers 970

Un index onomastique généalogique donne les entrées suivantes :

  • Miró de Cameles — VV.970

  • Oliba I de Cameles — V.994

  • Ranlo de Cameles — VV.970, épouse Isarn I de Conflent

  • Riculf de Cameles — VV.970

  • Sunifred de Cameles — VV.970, clerc

  • Sunyer de Cameles — VV.970

  • Sentill de Cameles.

(Benasque)

C'est exactement la liste des enfants de 941, à l'exception de Ranlo qui est une fille.

Cela ne constitue toutefois pas encore un acte primaire disant « Miró, fils d'Ansemund ». L'index doit donc être utilisé comme instrument de repérage, pas comme preuve finale.

Mais il donne une direction de recherche beaucoup plus précise : les six enfants ne sont pas des noms fantômes ; la tradition documentaire/généalogique les suit à Camélas vers 970.



 

DETAIL DES ENFANTS DANS LA SUCCESSION


 


 


 

1. 941 → Sentill : le lien est certain


 

Le lien :

Sentill → fils d'Ansemund

est explicitement repris par les sources documentaires et historiques.

La Catalunya Romànica indique sans ambiguïté que :

Sentill, fils d'Ansemund, seigneur du château de Camélas, fut le père de Guillem.

Le dossier de 991 va nous permettre de passer de la simple généalogie rétrospective à un acte familial contemporain. (Enciclopèdia.cat)


 

991 : l'acte qui verrouille la branche Sentill

 

C'est le document le plus important après 941.

Le 9 novembre 991, Sentill et son épouse Adelaida donnent à leur fils Udalgar une série d'alous constituant son héritage.

La référence est :

Catalunya Carolíngia, VI, doc. 607, 9 novembre 991.

Le texte donne :

  • Teulís / Tevolici ;

  • Sant Feliu d'Avall ;

  • Volpillera ;

  • Rellà ;

  • Polig ;

  • Vallicrosa ;

dans le comté de Roussillon et le Vallespir. (Publicacions IEC)

Le point généalogique essentiel est la formule :

Ego Sintilles et uxor mea Adaliz ... donatores sumus tibi filio nostro, nomine Udalgario.

Autrement dit :

Sentill + Adelaida → Udalgar.

Et l'édition précise :

Sentill, fils d'Ansemon, seigneur du château de Camélas, fut père de Guillem ; son frère Udalgar fut archiprêtre d'Elne. (Publicacions IEC)
Schéma désormais certain
Ansemund + Quíxol

      Sentill + Adelaida

        ├── Udalgar
        └── Guillem I

Pour Udalgar, la filiation est documentée directement.

Pour Guillem, elle sera confirmée par plusieurs actes.


1. 1. Udalgar (fils de Sentill) : la branche ecclésiastique

L'acte de 991 nous donne Udalgar comme fils de Sentill et d'Adelaida.

Il reçoit son héritage personnel comprenant notamment Teulís. (Enciclopèdia.cat)

Ensuite, il entre dans l'Église.

Il apparaît :

  • vers 1000 comme prêtre ;

  • en 1009 comme archiprêtre d'Elne ;

  • en 1011 et 1022 dans des actes de consécration ;

  • en 1027 comme juge à Cuixà ;

  • en 1030 encore dans une assemblée judiciaire. (Enciclopèdia.cat)

Ainsi :

ANSEMUND

 SENTILL ─── ADELAIDA

 UDALGAR

   └── carrière ecclésiastique
       prêtre → archiprêtre d'Elne

C'est une branche parfaitement documentée :


 

L'acte du 9 novembre 991, Catalunya Carolíngia VI, doc. 607, dit explicitement :

Ego Sintilles et uxor mea Adaliz... donatores sumus tibi filio nostro, nomine Udalgario.

Donc :

Sentill + Adelaida → Udalgar.

L'édition ajoute explicitement :

Sentill, fils d'Ansemon, seigneur du château de Camélas, fut père de Guillem ; le frère de Guillem, Udalgar, fut archiprêtre d'Elne. (Publicacions IEC)
Le patrimoine transmis en 991

Udalgar reçoit des biens à :

  • Teulís ;

  • Sant Feliu d'Avall ;

  • Volpillera ;

  • Rellà ;

  • Polig ;

  • Vallicrosa.

Ils se trouvent dans le Roussillon, Vallespir et la Ribera. (Publicacions IEC)

Branche Udalgar
Ansemund

   │

 Sentill ── Adelaida

   │

 Udalgar

   │

 archiprêtre d'Elne

Udalgar est ensuite attesté dans le milieu ecclésiastique d'Elne au début du XIe siècle. (OpenEdition Books)




 

1.2. Guillem I (fils de Sentill) : le futur vicomte de Castellnou

Le même Sentill et la même Adelaida ont un autre fils :

Guillem.


 

Un Guillem, fils de Sentill, apparaît comme vicomte dès 1003

Il est attesté le 8 décembre 1006 dans l'acte d'élection d'Adalbert, abbé de Sant Genís de Besalú.

Il signe :

Vuilielmus vicecomes

donc Guillem, vicomte. (Enciclopèdia.cat)

Puis en 1018, il se désigne comme :

vicecomes Asperiensis

et en 1021 :

vicescomite de Castro Novo.

C'est un jalon capital.

Pourquoi ?

Parce qu'en 1006 il est déjà vicomte, alors que son père Sentill n'est pas présenté comme tel dans l'acte de 991.

On voit donc probablement la transformation :

seigneurie patrimoniale de Camélas → fonction vicomtale de Vallespir → Castellnou.


 

Donc l'évolution est :

Ansemund

   │

 Sentill

   │

 Guillem I

   │

 vicomte de Vallespir

   │

 vicomte de Castellnou

Les sources spécialisées sont très nettes sur cette filiation. (OpenEdition Books)

Le château de Castellnou est documenté à partir de 993 et est construit vers 988-990, sur une portion méridionale de l'ancien territoire de Camélas. (Enciclopèdia.cat)

Conclusion

Ansemund → Sentill → Guillem I = filiation établie.


 


 


Le document de 1012 apporte une preuve supplémentaire

Même si nous dépassons votre limite de 1008, cet acte est très utile pour contrôler la reconstruction.

Le 18 février 1012, Guillem signe :

Wilelmus, filius Sentille

soit :

Guillem, fils de Sentill. (Enciclopèdia.cat)

Cela confirme directement :

Sentill

Guillem

et élimine pratiquement tout doute sur la filiation.



 


 

1.3. Pere I de Fenollet : probablement un autre fils de Sentill

Voilà le point le plus délicat.

Pere I de Fenollet, premier vicomte de Fenollet, apparaît vers 1000.

L'acte fondamental est la donation du 23 février 1000 :

Bernat I Tallaferro, comte de Besalú, donne le monastère de Sant Pau de Monisat / Sant Pau de Fenolhet à Saint-Michel de Cuixà.

Pere signe comme témoin avec Arnau, vicomte de Conflent. (Enciclopèdia.cat)

La Catalunya Romànica dit :

Pere I est fils de Sentill et d'Adelaida, et frère de Guillem I.

Mais la formulation historiographique est prudente : « probablement ». (Enciclopèdia.cat)


 


 

Pourquoi l'hypothèse est forte ?

Parce que les Fenollet possèdent justement des biens autour de Camélas, héritage qui correspond aux biens distribués par Ansemund en 941. (Enciclopèdia.cat)


Le document patrimonial de 1008 est la pièce maîtresse qui confirme le lien

Le 16 mars 1008, Pere I de Fenollet effectue une permutation avec une femme nommée Odda.

Il échange des biens situés à :

  • Illa ;

  • Llotes ;

contre des possessions à :

Et c'est ici que nous avons la connexion patrimoniale la plus forte avec Ansemund.

En 941 :

Ansemund + Quíxol → leurs enfants → alleu de Llotes

En 1008 :

Pere I de Fenollet → possède Llotes et le transmet dans une permutation.

La source sur Llotes précise explicitement que Pere disposait en 1008 de l'alou qui lui venait de ses parents, et mentionne également sa part d'héritage à Illa. (Enciclopèdia.cat)

C'est extrêmement important.

Nous avons :

941
Ansemund + Quíxol

        └── distribution de Llotes aux enfants


                     Pere I ?


1008
Pere possède Llotes
comme bien provenant de ses parents

C'est la meilleure preuve patrimoniale en faveur de la descendance Ansemund → Pere.


 

Llotes devient le « marqueur ADN » de la famille

C'est probablement le meilleur fil conducteur de toute la reconstruction.

941

Llotes fait partie du patrimoine d'Ansemund et Quíxol. (Enciclopèdia.cat)

951

On retrouve Llotas dans une transaction de Sunifred, comte de Cerdagne, avec Cuixà. Le document de 951 montre que Llotes continue à être un espace patrimonial important dans le même secteur. (Publicacions IEC)

1008

Pere I de Fenollet possède un alou à Llotes et l'échange avec Odda. (Enciclopèdia.cat)

Donc :

Ansemund 941 → Llotes → Pere 1008

est une chaîne patrimoniale beaucoup plus convaincante que la seule répétition du nom.

Le document de 1008 est ici très intéressant : Pere échange une partie de son patrimoine de Llotes et Illa contre des biens situés notamment dans le comté de Razès. (Enciclopèdia.cat)

Donc, même si nous ne pouvons pas encore prouver une ascendance directe :

Ansemund de Camélas → Pere de Fenollet → Razès

est maintenant une connexion documentaire réelle vers le Razès en 1008.


 

Pere I est très probablement petit-fils d'Ansemund par Sentill ; la continuité patrimoniale de Llotes fournit un argument indépendant particulièrement fort, mais il manque encore un acte explicitant la transmission entre Sentill et Pere.

 
Pour la raison que : il faut être plus prudent sur l'idée que Llotes aurait été attribué directement à Sentill en 941.

Les sources consultées disent seulement que Llotes faisait partie de l'ensemble patrimonial distribué entre les sept enfants ; elles ne suffisent pas, dans les extraits accessibles, à établir que Sentill en était précisément l'attributaire.

C'est justement pourquoi l'acte de 941 doit être repris ligne par ligne.

Cette distinction est essentielle :

Pere possède Llotes en 1008

Sentill possédait nécessairement Llotes en 941

Pere est nécessairement héritier de Sentill par Llotes seul.

La conclusion actuelle doit donc rester :

preuve patrimoniale forte, mais chaîne successorale incomplète.


 




 

*. Sentill meurt vers 991

Les sources donnent Sentill † après 991. L'acte du 9 novembre 991 est donc probablement l'un des derniers documents le concernant directement.

La chronologie traditionnelle est :

Ansemund → Sentill → Guillem I.

La Catalunya Romànica donne :

  • Ansemund : † après 941 ;

  • Sentill : † après 991 ;

  • Guillem I : † après 1028. (Enciclopèdia.cat)




 

2. 967 : une piste pour Sunifred

Un acte du 25 août 967, Catalunya Carolíngia, VI, doc. 448, est le testament du levita Sunifred.

Il lègue notamment :

  • à Sainte-Marie d'Arles : son alleu de Palaldà ;

  • à Saint-Michel de Cuixà : ses biens de Montboló ;

  • à la cathédrale d'Elne : ses biens de Malloles ;

  • et à son fils Arimany, entre autres biens, des possessions à Brullà, Tatzó d'Avall, La Roca, Elna, etc. (Publicacions IEC)

C'est extrêmement intéressant car Montboló faisait partie du patrimoine attribué par Ansemund et Quíxol en 941.

La Catalunya Romànica propose donc que le Sunifred de 967 puisse être le Sunifred, premier fils d'Ansemund, clerc en 941. (Enciclopèdia.cat)

L'acte de 941 dit :

Sunieffredo clerico.

Or un Sunifred lévite, en 967, dispose de ses biens avant un pèlerinage et lègue notamment :

  • Montboló ;

  • Palaldà ;

  • Malloles ;

et une partie de ses biens à son fils Armany/Arimany.

L'étude de Catalunya Romànica indique explicitement que ce Sunifred de 967 pourrait être le fils d'Ansemund de 941. (Enciclopèdia.cat)

Le rapprochement patrimonial est intéressant :

Montboló apparaît dans le patrimoine d'Ansemund en 941, puis un Sunifred lévite en dispose en 967. (Enciclopèdia.cat)

Arbre provisoire
Ansemund + Quíxol

     Sunifred
     clericus 941

     Sunifred
     levita 967 ?

     Armany

Niveau : B+ / probable.


3. Mais il existe un autre fils : Oliba

Le cas d'Oliba est particulièrement intéressant.

L'acte de 941 le donne comme sixième fils d'Ansemund et Quíxol. (repositori.udl.cat)


En 993/994, un Oliba vicecomes apparaît parmi les grands du Vallespir lors d'un plaid tenu au Castellnou devant la comtesse Ermengarde, veuve d’Oliba Cabreta

Une étude prosopographique récente propose que cet Oliba soit précisément le fils d'Ansemund. (OpenEdition Books)

La Catalunya Romànica dit également que le premier titulaire du nouveau château fut un Oliba (993), probablement le septième fils d'Ansemund. (Enciclopèdia.cat)

Oliba I de Cameles — V.994, vicari Vallespir. (Benasque)

Et nous avons effectivement un Oliba vicomte en 994 à Castellnou.

Constant résume la démonstration de Ponsich :

l'un des fils d'Ansemund, Oliba, serait le vicomte Oliba cité en 994 parmi les proceres du Vallespir.


un autre Oliba vicomte de Peyrepertuse pourrait entrer en concurrence. (OpenEdition Books) et ou ce dernier est il aussi vicomte de Peyrepertuse, ce qui pour ma part serait logique puisqu’il est dans la sphère d’influence de la vicomté de Fenouillet, ç’est une portion de celle ci.

Niveau de preuve

Oliba 941 = Oliba vicomte 993/994 : probable, mais pas démontré.

Cela donne toutefois un scénario très séduisant :

Ansemund + Quíxol

        ├── Sentill
        │    ├── Udalgar
        │    └── Guillem I

        └── Oliba ?
             └── Oliba vicecomes, 993/994 ?

4. Ranlo : la piste Conflent/Urgell

C'est probablement la branche féminine la plus intéressante.

En 941, Ranlo est la fille d'Ansemund et Quíxol.

Le testament lui impose certaines restrictions patrimoniales, probablement afin que les biens ne sortent pas du lignage par mariage. La Catalunya Romànica propose que cette Ranlo puisse être la même personne que :

Ranlo, vicomtesse de Conflent, épouse d'Isarn, et mère de :

  • Sal·la, archidiacre puis évêque d'Urgell ;

  • Bernat, vicomte de Conflent. (Enciclopèdia.cat)

Et nous avons un acte extraordinaire en 974 :

Ranlo, Guisclamundus sacerdos, Guadamir et Esclua, comme exécuteurs testamentaires d'Isarn, vicomte de Conflent, donnent deux alleux à ses fils :

  • Sallane, archidiacre d'Urgell ;

  • Bernard, vicomte de Conflent.

Le premier alleu est Pi, en Cerdagne ; le second Aiguatèbia, dans le Conflent. (Publicacions IEC)

Schéma possible
Ansemund + Quíxol

        │

      Ranlo ?

        │

      Isarn

        │

   ┌────┴─────┐

 Sal·la     Bernat

 Urgell     Conflent
Mais ici je suis plus prudent

Le document de 974 prouve :

Ranlo + Isarn → Sallà + Bernat.

Il ne prouve pas que cette Ranlo soit la fille d'Ansemund.

La source historique considère cette identification comme une possibilité, pas comme un fait acquis. (Enciclopèdia.cat)

Verdict

Ranlo → Isarn → Sallà/Bernat : certain pour le couple de 974.

Ranlo de 974 = fille d'Ansemund : hypothèse sérieuse, non démontrée.

Ranlo 941 = Ranlo vicomtesse de Conflent : hypothèse, pas preuve.

Cela pourrait ouvrir une autre branche très importante vers Cerdagne–Conflent–Urgell.


 

5. Enfant n°3 Mirone.

Le nom est extrêmement intéressant parce qu'il appartient au stock onomastique des familles comtales de Cerdagne/Besalú/Roussillon. Aurell souligne précisément que Miró, avec Sunifred et Sunyer, est un nom caractéristique du groupe comtal guifredien. (Repository UDL)

Mais je n'ai pas trouvé, dans le corpus consulté jusqu'à 1020, un acte qui dise clairement :

Miró, fils d'Ansemund

puis qui permette de suivre une épouse ou des enfants.

Le résultat généalogique indexé qui donne un « Miró de Camélas » vers 970 est insuffisant comme preuve primaire ; il faut retrouver l'acte correspondant dans Catalunya Carolíngia avant de l'intégrer à l'arbre. (Benasque)

Verdict

Miró : fils certain d'Ansemund en 941 ; descendance 941-1020 non établie.


6. Enfant n°4 — Riculf

Même situation.

Le testament donne :

Riculfo.

Le nom est particulièrement intéressant historiquement : Aurell remarque que Riculf appartient à l'onomastique ancienne des familles comtales de Besalú, Cerdagne et surtout Roussillon. (Repository UDL)

pas trouvé actuellement d'acte permettant de construire une chaîne :

Riculf → épouse → fils/fille → biens

avant 1020.

L'index généalogique donne bien un Riculf de Camélas vers 970, mais, là encore, cela demande vérification dans le document original/édition avant d'être considéré comme une identification. (Benasque)

Verdict

Riculf : fils certain d'Ansemund ; descendance non démontrée.


7. Enfant n°5 — Sunyer

Le testament donne :

Suniario.

C'est encore un prénom très significatif.

Aurell relève précisément que Sunyer fait partie des noms caractéristiques du stock onomastique des comtes issus de Guifred. (Repository UDL)

Mais attention à une difficulté énorme : le Xe siècle compte plusieurs Sunyer/Suniarius de très haut rang.

Le Sunyer qui devient évêque d'Elne à la fin du Xe siècle, par exemple, appartient au milieu comtal d'Empúries-Roussillon et ne doit absolument pas être assimilé automatiquement au fils d'Ansemund.

J'ai trouvé un Sunyer de Camélas vers 970 dans un index généalogique secondaire, mais pas encore le document primaire qui établisse son identité et sa descendance. (Benasque)

Verdict

Sunyer : fils certain en 941 ; descendance non démontrée.


Reconstruction acte par acte, 941-1008

Date

Acte

Personne

Ce que l'acte apporte

Filiation

18-05-941

CC VI, doc. 259

Ansemund + Quíxol

Répartition des biens entre 7 enfants

acte fondateur

18-05-941

même acte

Sunifred

fils, clerc

certain

18-05-941

même acte

Sentill

fils

certain

18-05-941

même acte

Miró

fils

certain

18-05-941

même acte

Riculf

fils

certain

18-05-941

même acte

Sunyer

fils

certain

18-05-941

même acte

Oliba

fils

certain

18-05-941

même acte

Ranlo

fille

certain

25-08-967

CC VI, doc. 448

Sunifred levita

possède notamment Montboló ; fils Arimany

identification avec fils de 941 possible

09-11-991

CC VI, doc. 607

Sentill + Adelaida

donnent Teulís, Rellà, Polig, etc. à leur fils Udalgar

Sentill → Udalgar certain

09-11-991

même acte

Udalgar

reçoit son héritage

certain

993

plaid de Castellnou

Oliba vicecomes

premier titulaire associé à Castellnou

Oliba 941 probable

23-02-1000

donation Sant Pau de Monisat

Pere I

premier témoignage sûr de Pere ; futur Fenollet

descendant d'Ansemund probable

1003

documentation vicomtale

Guillem I

apparaît comme vicomte

Sentill → Guillem

08-12-1006

élection de l'abbé de Sant Genís

Vuilielmus vicecomes

Guillem est explicitement vicomte

certain

16-03-1008

permutation

Pere I + Odda

Pere possède Llotes + Illa et les échange contre Torrelles/Razès

fort indice de transmission familiale

Les actes de 991, 1000, 1006 et 1008 sont particulièrement importants pour passer de la généalogie hypothétique à la reconstruction patrimoniale. (Publicacions IEC)


Ce que nous pouvons maintenant dessiner

Je proposerais trois branches issues d'Ansemund, avec trois degrés de certitude.

BRANCHE A — Castellnou : certaine
ANSEMUND + QUIXOL

      SENTILL + ADELAIDA

        ├───────────────┐
        │               │
     UDALGAR         GUILLEM I
        │               │
 archiprêtre          vicomte
   d'Elne            de Vallespir

                    Castellnou

Certitude généalogique : très forte.

La filiation Sentill → Udalgar est donnée par l'acte de 991 ; Sentill → Guillem est confirmée par les actes postérieurs, notamment celui où Guillem se dit filius Sentille. (Publicacions IEC)


BRANCHE B — Fenollet : très probable
ANSEMUND + QUIXOL

      SENTILL

        └── PERE I ?

             ├── vicomte de Fenollet, vers 1000

             └── Llotes + Illa, 1008

Certitude : probable, mais pas au niveau de la branche Guillem/Udalgar.

C'est néanmoins renforcé par la continuité patrimoniale de Llotes. (Enciclopèdia.cat)


BRANCHE C — Oliba : probable
ANSEMUND + QUIXOL

       OLIBA ?

        └── Oliba vicecomes, 993/994 ?
            Castellnou

Certitude : moyenne.

Les sources spécialisées considèrent l'identification comme probable, mais signalent la possibilité d'une confusion avec Oliba de Peyrepertuse. (OpenEdition Books)


 


 

Verdict généalogique au 1008

À la date du 16 mars 1008, je considère la reconstruction suivante comme la plus défendable :

                         ANSEMUND
                    seigneur de Camélas

                    +      QUIXOL

       ┌───────────┬───────┼────────┬────────┬─────────┐
       │           │       │        │        │         │
   SUNIFRED     SENTILL   MIRÓ    RICULF   SUNYER    OLIBA
       │           │                                  │
    Arimany?       │                             Oliba
                   │                            vicecomes?
             + ADELAIDA

          ┌────────┴────────┐
          │                 │
       UDALGAR          GUILLEM I
          │                 │
   archiprêtre d'Elna    vicomte

                       CASTELLNOU

                   ┌────────────────

                PERE I ?

             vicomte de Fenollet

             Llotes + Illa

              permutation
                 1008

                 Razès
Niveau de certitude
  • Ansemund → Sentill : certain

  • Sentill → Udalgar : certain

  • Sentill → Guillem I : certain

  • Ansemund → Oliba vicomte 993 : probable

  • Ansemund → Pere I : très probable

  • Sentill → Pere I : probable, mais pas directement démontré

  • Ansemund → Sunifred 967 : possible/probable, mais identification concurrente

  • Ansemund → Ranlo vicomtesse de Conflent : hypothèse

  • Quíxol = fille de Guifred I : hypothèse historiographique forte, pas certitude

Le point le plus remarquable est que la chaîne patrimoniale Ansemund 941 → Llotes → Pere 1008 vient maintenant corroborer indépendamment la tradition généalogique qui fait de Pere un proche parent de Guillem I. (Enciclopèdia.cat)

Sources primaires à conserver

Le volume VI de Catalunya Carolíngia est ici la source de travail fondamentale : il contient le diplomataire des comtés de Roussillon, Conflent, Vallespir et Fenollet et a été édité par Pere Ponsich, révisé par Ramon Ordeig i Mata, en 2006. (Publicacions IEC)

Catalunya Carolíngia, vol. VI — PDF de l’Institut d’Estudis Catalans

SENTIL DE CAMELES

Une chaîne documentaire particulièrement robuste :

941

Ansemund + Quíxol → Sentill. (Repository UDL)

991

Sentill + Adelaida → Udalgar. (Publicacions IEC)

vers 1000

Pere I de Fenollet, fils de Sentill selon la tradition prosopographique. (Enciclopèdia.cat)

1003

Guillem I, fils de Sentill, apparaît comme vicomte. (OpenEdition Books)

1006

Guillemus vicecomes, à Sant Genís de Besalú. (OpenEdition Books)

1008

Pere I → Llotes + Illa → échange avec Odda → Razès. (Enciclopèdia.cat)

C'est donc déjà une double descendance aristocratique :

                     ANSEMUND

                        │

                     SENTILL

                    + ADELAIDA

                        │

          ┌─────────────┼─────────────┐

          │             │             │

       UDALGAR       GUILLEM I      PERE I

          │             │             │

     Elne/Église    CASTELLNOU     FENOLLET

                                      │

                                    RAZÈS

                                    1008

Et cela explique pourquoi les sources considèrent les familles Castellnou et Fenollet comme issues d'un même noyau aristocratique de Camélas. (Enciclopèdia.cat)



 


 

Pourquoi l'onomastique devient ici une vraie preuve auxiliaire

Aurell fait une observation remarquable.

Dans la descendance de Guifred Ier apparaissent :

  • Sunifred

  • Miró

  • Sunyer

  • Oliba

  • Riculf

et ce sont précisément les noms des fils d'Ansemund et Quíxol en 941, avec Sentill comme nom distinctif.

Il en conclut que l'onomastique suggère un lien avec la famille de Guifred, que ce soit par Ansemund ou par Quíxol. (Repository UDL)

Mais il ne faut pas transformer l'onomastique en acte de filiation.

Je classerais donc :

Personne

941

Correspondance vers 970

Filiation

Sunifred

fils

Sunifred de Camélas, clerc

probable

Miró

fils

Miró de Camélas

probable mais à documenter

Riculf

fils

Riculf de Camélas

probable mais à documenter

Sunyer

fils

Sunyer de Camélas

probable mais à documenter

Oliba

fils

Oliba vicomte, 993/994

probable

Sentill

fils

Sentill 991

certain

Ranlo

fille

Ranlo vicomtesse, 974

possible/probable


Un élément qui renforce considérablement la cohérence : le patrimoine

Le véritable test n'est pas seulement le prénom.

Il faut suivre les alleux.

En 941, le patrimoine d'Ansemund comprend notamment :

Camélas, Llotes, Montescot, Sant Feliu, Rellà, Polig, Vallicrosa, Oms, Montboló, Buçac, Camp Cerdà, Uixes, Gosag. (Enciclopèdia.cat)

Or :

  • Sunifred 967 → Montboló ;

  • Sentill/Udalgar 991 → Rellà, Polig, Vallicrosa, Sant Feliu d'Avall, Teulís ;

  • Pere 1008 → Llotes + Illa ;

  • la famille de Castellnou possède ensuite Camélas, Sant Feliu, Teulís, etc. (Enciclopèdia.cat)

Ce n'est donc pas seulement une répétition de prénoms.

Nous avons une continuité territoriale et patrimoniale extrêmement forte.



 

Arbre révisé au meilleur niveau de preuve

                         GUIFRED I ? 

                     Quixilona († 945)

                             ?

ANSEMUND ─────────────── QUIXOL
seigneur de Camélas           │
          │                   │
          └───────────────────┘

       ┌────────────┼─────────────────────────────┐
       │            │          │        │          │
   Sunifred      SENTILL      Miró    Riculf     Sunyer
      │             │
  Armany?      + Adelaida

             ┌──────┼─────────┐
             │      │         │
          Udalgar Guillem    Pere?
             │      │         │
           Elna  Castellnou Fenollet

                         Llotes, 1008

                            Razès

                    Oliba

              Oliba vicecomes ?
                 993/994

                    Ranlo

                    Isarn

               ┌──────┴──────┐
             Sallà         Bernat
             Urgell        Conflent

Les branches en ? restent explicitement des hypothèses.


 

____________________________________________________________________________________________________________________________

 


 

Actes mentionnant les noms Ansemond / Ansemund / Ansemundus (et variantes)

Documents entre 800 et 1000 — Languedoc, Catalogne, Septimanie et régions voisines


Note préliminaire

Le célèbre Ansemundus (Ansemond), noble goth de Septimanie, comte de Nîmes, Maguelone, Agde et Béziers (752–754), qui livra ces cités à Pépin le Bref en 752 et fut assassiné devant Narbonne en 754, est antérieur à la période demandée. Il n'est pas inclus dans la liste principale, mais il est mentionné rétrospectivement dans des sources postérieures (notamment le Chronicon Anianense).

Les actes ci-dessous sont ceux où le nom apparaît dans des documents datés entre 800 et 1000.

Actes principaux (800–1000)

1. 19 mai 844 — Aspiran et Lignan (pagus de Béziers)

Élément

Détail

Forme du nom

Hansemundus (variante Ransemundus dans le témoin A)

Rôle

Prêtre (presbyter), nommé parmi les Hispani établis à Aspiran et Lignan

Acte

Précepte du roi Charles le Chauve confirmant aux Hispani la quasi-propriété des villas d'Aspiran et d'Albinian (Lignan) dans le comté de Béziers

Lieu d'émission

Monastère Saint-Sernin de Toulouse

Source

Catalunya Carolíngia, vol. II, Els diplomes carolingis a Catalunya, doc. XVI, p. 336 ; HGL, t. 2, n° 110, col. 228

URL

publicacions.iec.cat ; archive.org (HGL)


 

Les autres personnes nommées dans le même précepte : Ranemirus, Aurifolio, Elias, Mirabilis (presbyter), Cicila.


2. 4 juillet 870 — Attigny (palais)

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemundus / Ansemundo

Rôle

Abbé du monastère de Sant Esteve de Banyoles

Acte

Précepte du roi Charles le Chauve, donné à la requête de l'abbé Ansemund, confirmant ce qui avait été accordé à l'abbé Pere (son prédécesseur) en faveur du monastère de Banyoles

Région

Catalogne (monastère en territoire de Besalú) ; acte émis à Attigny (France)

Source

Catalunya Carolíngia, vol. II, Els diplomes carolingis, p. 456–457 ; notitia conservée dans un manuscrit du XVIIIe s. de l'Arxiu de la Casa Missió de Banyoles

URL

publicacions.iec.cat


 


3. [Septembre] 878 — Troyes

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemund

Rôle

Abbé de Banyoles

Acte

Précepte du roi Louis II le Bègue, donné à la requête de l'abbé Ansemund, concédant au monastère de Banyoles l'immunité et la libre élection abbatiale, et confirmant ses possessions (Santa Maria de Romània, Sant Martí de Campmajor, Sant Julià, Sant Miquel, etc.)

Datation

Le document porte la date du 29 mai 878 (indiction X), mais la datation est discutée ; Ramon d'Abadal proposait septembre 878

Région

Catalogne (monastère de Banyoles, territoire de Besalú) ; acte émis à Troyes

Source

Catalunya Carolíngia, vol. II, Els diplomes carolingis ; Flórez (1819) ; Villanueva, Viage literario (1850)

URL

publicacions.iec.cat ; cecbanyoles.cat


 


4. 26 juin 879 — Castelló d'Empúries

Élément

Détail

Formes du nom

Ansemundus, Ansemundo, Asemundo (latin) ; Ansemon, Ansemund (catalan)

Rôle

Abbé de Sant Esteve de Banyoles, partie dans le litige

Acte

Jugement (mall públic) présidé par l'évêque Teuter de Girona et le comte Delà d'Empúries, tranchant le litige entre l'abbé Ansemund de Banyoles et l'abbé Obtared de Sant Policarp de Rasès, concernant la possession des cellules de Sant Joan Sescloses, Sant Cebrià de Pineda, Sant Fruitós et Sant Pere, dans le territoire de Peralada

Région

Catalogne (comtés de Girona, Besalú, Empúries, Rasès) ; le document mentionne aussi rétrospectivement le synode d'Attigny (874) et le concile de Troyes (878)

Source

Catalunya Carolíngia V, Els comtats de Girona, Besalú, Empúries i Peralada, doc. 52, p. 92–94 ; Villanueva, Viage, XIV, ap. XXV, p. 314–317 ; Constans, Diplomatari, n° 13, p. 179–182

URL

portalgironi.cat ; cecbanyoles.cat


 

Document original perdu ; connu par les transcriptions de Villanueva (1850), Alsius, Montsalvatje, Morera et Constans.


5. 4 novembre 889 — Béziers

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemundus

Rôle

Vendeur, avec son épouse Columba et Giscafredus

Acte

Vente à Agilbert, évêque de Béziers, du cinquième de la villa de Cuminiano (Caminiano) et de son église dédiée à Saint-Geniès. Les biens provenaient de leurs parents, qui les tenaient du roi Charles le Chauve. Prix : 25 sous. L'acte est daté de la deuxième année du règne du roi Eudes

Lieu

In territorio Bitirense (pagus de Béziers) ; villa de Cuminiano, localisée dans la viguerie de Lunas (et non à Combejean comme on l'a dit)

Source

Livre Noir de Béziers (Cartulaire du Chapitre de Saint-Nazaire), n° 6, p. 4–6 ; HGL, t. V, n° 10, col. 81 ; Doat, t. 61, fol. 6 r°

URL

gallica.bnf.fr (Livre Noir) ; books.openedition.org


 

Témoins : Sisuldus presbiter, Geirardus presbiter, Teudericus, Lenssinrius, Giran, Cevdas presbiter, Goldaldus, Teveterias, Bernardus presbiter (scribe).


6. c. 888–950 — Biterrois

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemond

Rôle

Mentionné parmi l'aristocratie locale biterroise, liée aux abbés, chanoines, évêques et vicomtes de Béziers, particulièrement à l'évêque Réginard

Acte

Actes intégrés dans le cartulaire du chapitre de Béziers (Livre Noir), dans le réseau des alleutiers locaux

Lieu

Biterrois (région de Béziers)

Source

Article de Claudie Duhamel-Amado, In regno Septimanie, in comitatu et territorio biterrensi (HAL-SHS, halshs-00360289)

URL

shs.hal.science


 

Mention secondaire non isolée à un acte précis ; peut désigner un réseau de personnes plutôt qu'un acte individuel.


7. 7 mai 955 — Comté de Rosselló, villa d'Illa

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemundo (ablatif)

Rôle

Propriétaire voisin (son verger sert de limite de propriété)

Acte

Donation par le moine Odiló au monastère de Sant Miquel et Sant Germà de Cuxà d'un alleu dans le comté de Rosselló, dans la villa d'Illa (Insula), avec un mans et un demi-jardin. Le jardin d'Ansemundo forme la troisième borne

Région

Roussillon / Conflent (monastère de Cuxà)

Source

Catalunya Carolíngia VI, Els comtats de Rosselló, Conflent, Vallespir i Fenollet, doc. 350, p. 328

URL

publicacions.iec.cat


 


8. 17 juin 957 — Entre Rosselló et Conflent (villa Illa)

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemundus

Rôle

Signataire / témoin

Acte

Donation par Suniefred et son épouse Leudeherga au monastère de Cuxà d'un alleu situé entre Rosselló et Conflent, dans la villa Illa, au lieu dit Coxano

Région

Roussillon / Conflent

Source

Catalunya Carolíngia VI, Els comtats de Rosselló, Conflent, Vallespir i Fenollet, doc. 372, p. 341

URL

publicacions.iec.cat


 


9. 19 octobre 957 — Sant Esteve de Banyoles

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemund

Rôle

Donateur (frère d'Oliba)

Acte

Donations (terres, vignes, maisons) lors de l'acte de consécration de la nouvelle église de Sant Esteve de Banyoles. Les donations concernent des biens à Deovota, Borgonyà, Porqueres, Puigpalter et Vall-llobera

Région

Catalogne (comté de Besalú)

Source

Catalunya Carolíngia V, Els comtats de Girona, Besalú, Empúries i Peralada, doc. 325, p. 293–295. Original conservé à la Biblioteca de Catalunya

URL

cecbanyoles.cat


 


10. Documents 653 et 654 — Comtés d'Urgell, Cerdagne et Berga

Élément

Détail

Forme du nom

Asemundus

Rôle

Non précisé (non accessible dans les extraits PDF disponibles)

Acte

Deux documents du volume VIII de la Catalunya Carolíngia (comtés d'Urgell, Cerdanya et Berga)

Datation

IXe–Xe siècle (le volume couvre les documents antérieurs à l'an mil)

Région

Urgell, Cerdagne ou Berga

Source

Catalunya Carolíngia VIII, Els comtats d'Urgell, Cerdanya i Berga, index des anthroponymes, p. 1011

URL

publicacions.iec.cat


 


11. Document 608 — Comtés d'Urgell, Cerdagne et Berga

Élément

Détail

Forme du nom

Seimundus (variante renvoyant à Asemundus selon l'index)

Rôle

Non précisé

Acte

Document du volume VIII de la Catalunya Carolíngia

Datation

IXe–Xe siècle

Région

Urgell, Cerdagne ou Berga

Source

Catalunya Carolíngia VIII, index des anthroponymes, p. 1047 (entrée Seimundusv. Asemundus)

URL

publicacions.iec.cat


 


Hors période (juste après l'an mil)

12 juin 1012 — Territoire de Barcelona

Élément

Détail

Forme du nom

Ansemund

Rôle

Vendeur, avec son épouse Orúcia

Acte

Vente à Olibá Suder d'une vigne dans le territoire de Barcelona, terme del Cogoll antic, pour 5 uncies et 4 mancusi d'or

Région

Catalogne (comté de Barcelona)

Source

Pergamins municipals de Barcelona, pergamins de l'époque du comte Ramon Borrell, n° 100

URL

ddd.uab.cat


 


Personnage antérieur à 800 (exclu de la liste principale)

Ansemundus, comte goth de Nîmes (752–754)

Noble goth de Septimanie, comte de Nîmes, il livra en 752 les cités de Nîmes, Maguelone, Agde et Béziers au roi Pépin le Bref. Il fut tué en 754 devant les portes de Narbonne par un de ses domestiques, Ermen(i)ard, mandaté par un parti de Goths hostiles à l'alliance franque. Il est mentionné dans le Chronicon Anianense et dans de nombreuses sources postérieures, mais les actes le concernant sont antérieurs à 800.

Sources : Wikipedia (fr) ; Chronicon Anianense


Sources et corpus consultés

Corpus

Description

URL

Histoire générale de Languedoc (HGL)

Dom Devic et Dom Vaissète, 5 volumes (1730–1745), éd. augmentée par Du Mège et Paya (Toulouse, 1840–1846)

archive.org

Catalunya Carolíngia (vol. I–VIII)

Institut d'Estudis Catalans, 1926–2020. Recueil d'environ 5 000 documents des IXe–Xe siècles

iec.cat ; catcar.iec.cat

Livre Noir de Béziers

Cartulaire du Chapitre de Saint-Nazaire de Béziers (816–1209), éd. J. Rouquette (1918)

gallica.bnf.fr

Cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Nîmes

213 chartes (834–1156)

archive.org

Pergamins municipals de Barcelona

2 688 documents (885–1908)

ajuntament.barcelona.cat

Duhamel-Amado, In regno Septimanie

Étude de l'aristocratie biterroise (fin IXe–fin Xe s.)

shs.hal.science

Duhamel-Amado, Les vicomtes de Béziers et d'Agde

Étude des vicomtes du Biterrois

books.openedition.org

Centre d'Estudis Comarcals de Banyoles

Monestirs i territori (Quadern 33)

cecbanyoles.cat

Portal Gironí d'Història i Genealogia

Transcription du jugement de 879

portalgironi.cat

Foundation for Medieval Genealogy

Catalan nobility, Toulouse nobility

fmg.ac


 


Note méthodologique

Ce dépouillement est provisoire. Les corpus suivants ont été consultés partiellement :

  • Catalunya Carolíngia vol. VI (Rosselló, Conflent, Vallespir, Fenollet) : deux mentions trouvées (docs. 350 et 372).

  • Catalunya Carolíngia vol. VIII (Urgell, Cerdanya, Berga) : l'index signale les docs. 653, 654 (forme Asemundus) et le doc. 608 (forme Seimundus), mais les textes complets n'étaient pas accessibles en ligne.

  • Catalunya Carolíngia vol. VII (comté de Barcelona) : non dépouillé intégralement.

  • Cartulaires d'Elne, Cuxà, Arles-sur-Tech, Ripoll : non dépouillés.

  • TELMA / Chartae Galliae (CNRS) : non accessible par recherche directe sur le nom.

Les noms de famille germaniques en Ans- peuvent présenter de nombreuses variantes graphiques (Anse-, Ansem-, Asem-, Hansem-, Ransem-, Seim-), ce qui rend la recherche exhaustive difficile sans accès aux index imprimés complets.


 

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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 17:25

Un petit tour du côté du Gnosticisme, c'est un peu long mais ça vaut le coup, vous vous interrogez sur la nature de notre vie sur terre, le pourquoi du comment, pourquoi existons - nous, et ce qui nous arrive. C'est suite à la découverte en 1945 en Egypte de documents gnostiques des premiers siècles après Jésus Christ que l'on a pu redécouvrir cet enseignement du Christ a ses disciples, pas celui que l'on enseigne en général, celui qui était caché. Ils offrent une multitude de réponses a nos interrogations et en ceci c'est très actuel. 

Si vous êtes curieux, n'avez pas d'a priori, écoutez cette vidéo, même en plusieurs fois, franchement c'est intéressant !

Bon visionnage.

 

Henry

 

_______________________________________________

 

1945, Égypte… Dans les sables du désert, non-loin du célèbre temple d’Abydos, des paysans découvrent dans des jarres plusieurs Codex vieux de plus 1.700 ans… Toute une bibliothèque de textes religieux rédigés dans un vieux dialecte copte, qui vont éclairer d’un jour nouveau tout ce que l’on croyait savoir des premiers temps du Christianisme. Évangiles de Philippe, de Thomas, de Marie-Madeleine, Livre secret de Jean, Apocalypse de Pierre… Nous sommes bien dans un univers chrétien, mais c’est une toute autre histoire et une toute autre vision du monde qui se déroule ici sous nos yeux… Surtout dans ces deux textes remarquablement curieux que sont la Pistis Sophia et l’Hypostase des Archontes, où est reprise la Genèse biblique, mais pour raconter une toute autre histoire… Et qui sont donc ces Archontes, ce terme d’origine grec qui semble ici désigner le gouvernement invisible de notre Monde ? Et de même ces personnages ici centraux – Sophia-Nuréa, Ialdabaôth, le Démiurge,… – qu’aucun Évangile ni même l’Ancien Testament ne mentionne (en tout cas sous ce nom), et dont les Gnostiques font les véritables créateurs de notre univers matériel ?

  • * * * * * * *

La Gnose et le Gnosticisme… Voilà très longtemps que je voulais traiter le sujet. Voilà deux grands objets historiques particulièrement malmenés depuis quelques années, autour desquels se cristallisent bien des fantasmes et surtout une immense confusion… Certains vont jusqu’à voir en eux la matrice directe du Satanisme, du Mondialisme, du Transhumanisme, du projet (au demeurant bien réel) de Nouvel Ordre Mondial, et même de la GPA… Tout cela, nous allons le voir, n’est effectivement pas sans lien, mais à vrai dire pas exactement celui que beaucoup croit et propage à tort et à travers – et sachant que rien n’est plus important que d’être rigoureux et au plus proche du vrai possible… Dans cet épisode consacré au Gnosticisme – ce mouvement chrétien des premiers siècles qui a constitué l’un des deux grands courants / versants du Christianisme primitif –, nous allons revenir en profondeur sur ce que ce dernier est (et n’est pas) fondamentalement, sa cosmogonie, ses grands principes théologiques, sa philosophie spirituelle, mais aussi son déploiement dans l’espace et le temps, ses possibles survivances et résurgences à l’échelle de l’Histoire, ainsi que sa remarquable modernité et réapparition conceptuelle récente au sein de la pop’culture. Nous verrons aussi en quoi le Gnosticisme se différencie – conceptuellement et historiquement – de la Gnose, avec laquelle il est trop souvent confondu et amalgamé. Nous explorerons et discuterons aussi ici l’importance historique de cette dernière, ce qu’elle aussi est et n’est pas, mais surtout son caractère axiologiquement neutre (comme toute connaissance) et le fait que comme tout outil, tout se joue au niveau de l’intention de celui qui l’emploie. Nous nous intéresserons aussi ici aux origines du Gnosticisme et de la pensée gnostique, en lien avec le contexte de l’époque (et en particulier le message de Jésus et la naissance du Christianisme). Nous chercherons à savoir d’où une vision du monde aussi radicale a pu émerger, et discuterons aussi des conséquences spirituelles et matérielles de la vision du monde gnostique. Un sacré programme donc, pour lequel j’ai fait appel au confrère Éric de la chaîne Le Tentacule, un excellent connaisseur des textes de Nag Hammadi et un passionné lui aussi de l’histoire du Gnosticisme et du proto-Christianisme (ainsi comme moi que de bien d’autres choses). Encore merci à lui pour ce bel échange !

Une enquête par hypnose regressive, celle ci offre une vision nouvelle ! Faut il un arrêt brutal de la Matrice, un Choc,  une réinitialisation pour nous retrouver nous, nous même, mais aussi nous et la nature. Etes vous prêt !

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22 avril 2026 3 22 /04 /avril /2026 16:35

J'ai trouvé cette vidéo, dont je partage totalement la vision ; il est difficile d'exprimer aisément la situation du monde dans le lequel nous vivons, ici Icaros apporte un point de vue que je qualifierai de lumineux ; en effet il nous décrit le déroulement des évènements comme un plan déjà préparé que des acteurs politiques appliquent sans état d'âme avec les variations théatrales dignes d'un match de catch. 

Il évoque avec maints détails le script que nous avons eut a subir avec ces acteurs qui forcent les traits tout procédant a des manoeuvres inverses à leurs discours, le tout évidemment relayé par des médias à la solde du système. Un système international binarisé à l'exces pour agir sur les consciences. 

Il souligne le caractère de l'escroquerie eschatologique des élites qui n'ont aucune profondeur spirituelle. Elles déroulent un narratif ésotérique de pacotille pour servir des intérêts supérieurs, ç'est ainsi que le messianisme israélite devrait se retrouver sacrifié en même temps que l'hégémonie anglo-américaine pour des raisons de nouvel âge et non pas de nouvel ordre mondial.

Pour finaliser l'opération, il envisage un pacte final avec la Bête, un pacte que l'on nous proposerait, il pressent l'utilisation de la divulgation extra terrestre ou la fin de la maladie. Je pense pour ma part que ce sera l'Intelligence Artificielle et le crédit social, ç'est à dire qu'après avoir détruit les religions, de nous avoir pressurés matériellement, après avoir créer les conditions du chaos par des guerres, des défaillances monétaires et financières ils offriront la sécurité matérielle moyennant l'abandon de notre souveraineté individuelle, notre renoncement a notre liberté pour être domestiqués, surveillés, parqués, soignés.

Souvenez vous de ce que je viens d'écrire nous en sommes très proches ! Est ce que votre être dans sa complexité multidimentionnelle et spirituelle doit être sacrifiée pour un peu de confort, un minima s'entend puisque les parasites s'entendront toujours pour vous réduire a l'état de servitude. 

Regardez cette vidéo elle est essentielle !

Henry

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5 avril 2026 7 05 /04 /avril /2026 11:01

Je vous propose cette excellente vidéo synthèse de plusieurs épisodes sur la religion hébraïque et base de la gnose.

Ici Arnaud Breton aborde rapidement l'évolution du monothéisme hébreu,  en passant par le polythéisme puis l' unification des deux dieux principaux Adonaï et Yahweh sous la dénomination du dernier, bien qu'il fussent très différents.

Ensuite il évoque le monde judéen et ses  courants religieux, influencés par les  dominations étrangères.

Les  Sadducéens (grands prêtres), les pharisiens, les esseniens et les zélotes sont les mouvements contemporains de la période du Christ. 

Parmis ces mouvements celui des Esseniens ou se détache la figure de Jean le Baptiste comme chef religieux puis celle de Jésus descendant de la lignée Davidique.

Donc bon visionnage, ç'est toujours instructif !

 

Henry

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 18:40
Le choc pétrolier pour la Japon va t il provoquer une crise de la dette jusqu'aux USA

AVERTISSEMENT 8-9 avril : Un Hiroshima financier 8.0 se profile

 

En juin dernier, dans notre numéro GEAB intitulé Hiroshima 8.0, nous anticipions un effondrement cathartique de la dette mondiale, amorcé par le Japon à l'automne 2025.

Le mécanisme implacable que nous avions alors identifié et décrit entre désormais dans une phase d'accélération…

Le conflit en Iran vient de lever le dernier verrou, le Japon, principal banquier du monde, étant contraint de rapatrier massivement ses capitaux pour financer son choc énergétique. Les dernières ventes d'obligations d'État japonaises à 2,25 % confirment ce tournant historique.

Dates critiques : 8-9 avril 2026 Les prochaines adjudications d'obligations du Trésor américain (à 10 et 30 ans) s'annoncent comme l'épicentre de la crise. Avec des Primary Dealers déjà saturés (taux d'absorption de 24 % le 24 mars) et le retrait des acheteurs – notamment des investisseurs japonais – lors des récentes adjudications, nous assistons à un « échec des enchères », le moment où la dette américaine ne trouve plus preneur à des prix raisonnables.

De la dette à la crise bancaire mondiale Une vente aux enchères ratée début avril provoquerait une onde de choc immédiate. La forte hausse des taux américains (choc de VaR) dévaluerait instantanément les portefeuilles obligataires des banques du monde entier.

Pour couvrir leurs pertes, elles seraient contraintes de liquider des actifs (actions, immobilier, or), entraînant un gel des prêts interbancaires. Ce serait le passage d'une crise de liquidité souveraine à une insolvabilité bancaire généralisée.

À l'abri ! Avant le 8 avril, nous conseillons vivement à nos lecteurs de réduire drastiquement leur exposition aux obligations américaines à long terme et au dollar.

Privilégiez le franc suisse (CHF) comme bouclier monétaire, car c'est la seule grande devise capable de résister à la dévaluation compétitive que la Fed et la BoJ devront initier pour sauver leurs banques.

Combinez ce coussin de liquidités suisse avec des actifs tangibles (or physique, matières premières) pour vous prémunir contre le risque d'hyperinflation monétaire.

Plus d'informations dans le prochain numéro. Ce scénario pourrait être évité si la paix revenait au Moyen-Orient, ce que nous jugeons peu probable.

Un compte rendu sera publié dans le prochain numéro de GEAB (prévu pour le 15 avril). En attendant, relisez notre numéro de juin (GEAB 196 – ci-dessous) pour comprendre la situation.

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 18:39
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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 18:35
Journalistes, ministres, artistes : la liste secrète des locataires VIP du logement social parisien

Ce dimanche 22 mars 2026, les Parisiens sont appelés à trancher entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati pour le second tour des municipales. Le logement, thème central de la campagne, se résume souvent à des promesses creuses : plus de transparence, plus de logements, plus de justice. Pourtant, un tweet posté il y a quelques jours a rappelé une vérité gênante : à Paris, le logement social reste un privilège réservé à une élite discrète.

À Paris, obtenir un HLM relève du miracle… sauf si vous êtes journaliste, ministre ou copain du maire.

Un tweet qui en dit long

Le 18 mars, un internaute a balancé une bombe : « Des centaines de journalistes bénéficient d’un logement social de la Ville de Paris pour quelques centaines d’euros par mois. La liste est aussi secrète que celle des codes nucléaires. » Le message, vu près de 300 000 fois, a relancé un débat vieux de trente ans. Exagération ?

L’héritage Chirac : quand le piston devenait une politique publique

Dès 1995, Libération révélait l’existence de locataires « privilégiés » au sein de la RIVP (Régie immobilière de la ville de Paris) et de Paris Habitat. Parmi eux, des journalistes, des ministres, des artistes, tous logés à des tarifs dérisoires dans des quartiers huppés. Jean-François Kahn, fondateur de L’Événement du jeudi, en était. Ghislaine Ottenheimer, ex-rédactrice en chef de Challenges, a même confirmé en 2011 sur le plateau du Petit Journal : « À l’époque, c’était facile d’obtenir un appartement sous Chirac. » Un système bien rodé : on attribue des logements intermédiaires (PLS) ou classiques, parfois transmissibles à vie, à ceux qui comptent. En échange, on s’assure leur bienveillance.

L’opacité, une tradition parisienne

Aujourd’hui encore, les listes d’attribution restent jalousement gardées. Aucun contrôle, aucune transparence. Les Parisiens en attente depuis dix ans peuvent en témoigner : pendant qu’ils patientent, d’autres, mieux introduits, s’installent. Et quand Le Point ou Mediapart révèlent quelques noms, c’est toujours par accident.


À lire aussi :Scandale pédocriminel à Paris : 75 agents recrutés par la mairie ont violé des enfants du périscolaire, et Audrey Pulvar ose parler de simples « dysfonctionnements »


Un parc social sous tension

Emmanuel Grégoire promet 60 000 nouveaux logements. Rachida Dati parle de rénovation massive. Mais aucun ne propose de lever le voile sur les 200 000 HLM existants. Pendant ce temps, Paris Habitat, premier bailleur social de France, est secoué par un scandale de surfacturation. Les travaux de rénovation auraient été gonflés de 50 %. Une plainte en diffamation a été déposée par Paris Habitat (le bailleur social de la Ville de Paris) contre Le Parisien. Preuve que l’opacité reste la règle.

Un vote pour la transparence ?

Ce dimanche, les Parisiens ne choisissent pas seulement un maire. Ils décident aussi de l’avenir d’un parc immobilier public immense. Publier la liste des attributions des vingt dernières années ne déclencherait peut-être pas une révolution. Mais ce serait un début.

Car tant que cette liste restera secrète, le soupçon de clientélisme planera. Et les promesses de « plus de logements pour tous » continueront de sonner faux.

par Yoann

Source : Le Média en 4-4-2

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